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56.

45.iij. 20.

Joan. ix

fois fans les voir, ni en approcher. Il fuffifoit de toucher le bordde fon manteau pour être guéri.Par tout où il paffoit, on apportoit les malades des envi- Matth. iv. rons,& on les mettoit dans les ruës & dans les places des villes. Souvent même on affiegeoit la maison où il étoit logé, & on ne lui donnoit pas le loifir de Mare. j.15. manger. On le fuivoit par tout, me dans les lieux deferts, où il étoit contraint de se retirer pour éviter la foule. Il rendit la vûë à plusieurs aveugles; entre-autres à un aveugle né, en lui mettant fur les yeux un peu de bouë. Il fit parler des muets & entendre des fourds, redreffa des boiteux & des perfonnes courbées. Il chaffa les demons des corps de plufieurs poffedez. Enfin il rendit la vie à plufieurs morts. L'histoire nous en marque trois : une jeune fille qui venoit de mourir, un jeune homme que l'on portoit en terre, & Lazare enterré depuis quatre jours. On vit Jefus Jo. xi marcher fur les eaux, & il y fit marcher faint Pierre. Une fois il appaifa une tempête, en menaçant les vents

Marc. 36.

Luc. vij it.

Jo, vj.

& la mer. Il fit quelquefois prendre à fes difciples une quantité extraordinaire de poiffon. Un jour il raffafia de cinq pains & de deux poiffons, cinq mille hommes, qui l'avoient fuivi dans le defert; & une autre fois, il en rassasia quatre mille, avec fept pains. Il fe rendit invifible quand il voulut. Il conoiffoit les plus fecrettes penfées des homMarc. xvij. mes,& prédifoit l'avenir.Etant en prieLuc,ix.181. re fur le mont de Tabor, avec trois de

fes difciples, Pierre, Jacques & Jean; tout d'un coup il fut transfiguré, c'eftà-dire que fes habits devinrent plus blancs que la neige, & fon vifage plus éclatant que le foleil. Les difciples virent Moyfe & Elie, qui s'entretenoient avec lui, & ils entendirent une voix qui dit: Celui-cy eft mon fils bien aimé, en qui je me plais, écoutez-le. Jo...5.xij. Tous ces miracles prouvoient manifeftement que Jefus étoit ce qu'il difoit, c'eft-à-dire le Chrift & le fils de Dieu. Il n'en faifoit pas

feulement par luy

même, mais il donnoit encore à fes difciples le pouvoir d'en faire de femblables, & même de plus grands,

LECON XXXI.

Des vertus de Jefus-Chrift.

N même tems que Jefus
faifoit tous ces miracles,

il montroit l'exemple de Matth. xj.
toutes fortes de vertus. Il 12.

étoit humble de cœur : il fe difoit fils. de l'homme, ce qui fignifioit un homme du commun & de petite naiffance, comme il paroiffoit. Je fuis venu, difoit-il, pour fervir, & non pas pour être fervi. Il cachoit fes mira- matth. xxi cles le plus fouvent, défendant aux malades de dire qu'il les eût gueris, & faifant taire les démons, qui crioient qu'il étoit le fils de Dieu. Il Jo. vj. 13. s'enfuit tout feul, lorfque ceux qu'il avoit nourris dans le defert, le vou

28,

loient enlever, pour le faire leur roy. Phij &

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Ce n'étoit point fa gloire qu'il cherchoit, mais celle de fon pere qui l'avoit envoyé. Il étoit plein de douceur & de bonté, ne conteftoit point, Matth. xij, n'élevoit point fa voix, & ne rebutoit perfonne. On lui amena un jour des enfans pour les benir & prier pour eux les apôtres le vouloient empêcher; mais il les en reprit ; fit approMatth. xix. cher les enfans, les embraffa & les benit en leur impofant les mains : &

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dit; qu'il falloit reffembler aux enMatt. xviij. fans, & être petits comme eux, pour entrer dans le royaume des cieux. Il fouffroit avec une patience merveilleufe les défauts de fes difciples, qui étoient des hommes groffiers & ignorans, & les importunitez des malades & des autres, dont il étoit continuellement accablé. Il paffa fa vie Luc, ix. 58. dans une extrême pauvreté, n'ayant ni terre ni maifon, ni feulement où repofer fa tête. Il fubfiftoit de ce que lui fourniffoient liberalement ceux qu'il inftruifoit: particulierement de Jo. iv, 6. faintes femmes, qui le fuivoient pour le fervir. Il fouffroit toutes les in

commoditez de la pauvreté, le chaud, le froid, la faim, la foif, la laffitude: faifant fes voyages à pied, & marchant en plein midi, quoiqu'il vécut dans un païs fort chaud. Jamais il ne fit de miracle pour fa commodité. Jamais on ne le vit rire, tant il étoit grave & ferieux. Toutefois il étoit Jo. xj. 35 tendre & plein de compaffion. Il pleura la mort de Lazare fon ami, qu'il Luc. xix. 4. alloit reffufciter; & il pleura une autre fois, voyant Jerufalem, & penfant aux malheurs qui lui devoient arriver: tant il aimoit fa patrie, toute ingrate qu'elle étoit. Il étoit charitable & bien-faifant à tout le monde. Il recevoit doucement les pecheurs Jo. ij. 13. qui fe vouloient convertir, & ne faifoit point de difficulté de manger avec eux. Mais pour les pecheurs endurcis, il les reprenoit avec force : principalement les hypocrites, commes les fcribes & les pharifiens : à qui il reprochoit hautement tous leurs vices, quoiqu'il fçût bien qu'il attiroit par là leur haine mortelle. Mais enmême tems qu'il blâmoit leurs ac

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