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du mépris de ce commandement. Les enfans mal élevez deviennent des hommes indociles & vicieux, qui élevent mal leurs enfans: au contraire la bonne éducation fe perpétue dans les familles. Sous le nom de peres, font compris tous ceux que Dieu a établis au deffus de nous. Les évêques & les prêtres particulierement les pafteurs, de qui nous avons reçû la naiffance fpirituelle par le baptême, & la nourriture par les autres facremens & par la parole de Dieu, & qui veillent fur nous, pour rendre compte à Dieu de nos ames. Nous devons auffi regarder comme nos peres, les princes, les magiftrats, & tous ceux qui exercent fur nous la Rom. xiij puiffance publique. Qui refifte à cette 1.Pet. ij 13 puiffance, refifte à l'ordre de Dieu; Ephe. vi. 5.& il faut obéir aux loix, non feuleColoff. iij. ment par la crainte de la peine, mais par obligation de confcience. Il en eft de même des ferviteurs à l'égard de leurs maîtres. Ils doivent leur obéir avec crainte & fimplicité de cœur non pas comme à des hommes

Heb.xiij.17

2. 5.

&c.

22.

Tit, ij. 9.

à

à qui ils veulent plaire, ne les fervant bien que quand ils font fous leurs yeux; mais du fond du cœur, comme faifant la volonté de Dieu, & attendant la recompenfe de Juy. Les. maîtres, de leur côté, doivent les traiter av juftice & avec douceur : confiderant qu'ils ont auffi un maître dans le ciel.

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Du Cinquième commandement.

E cinquiéme commandement défend de tuer ; c'eftà-dire de procurer la mort des hommes, en quelque

,

maniere que ce foit ; parce qu'ils font nos freres & les images de Dieu. On Gen. ix. 6. pardonne l'homicide involontaire Numxxxv. quoique ce foit toûjours un grand malheur: mais le meurtrier de guetEx.xxj 14 à-pens eft digne de mort. Vous l'arraMaht. xxv cherez de mon autel, dit Dieu dans

6.

Deu. xix. 3.

32.

la loy, pour le faire mourir. Tous ceux qui prendront le glaive, dit Jefus-Chrift, periront par le glaive. Il eft toutefois permis aux juges de faire mourir, fuivant les loix, ceux qui

ont commis de grands crimes, afin de mettre en fûreté les gens de biens & par la même raifon, il eft permis de tuer les ennemis de l'état en guerre legitime, obeiffant à fon Prince. Même un particulier étant attaqué, peut tuer celui qui eft prêt à lui ôter la vie, s'il n'a point d'autre moyen de fe défendre. Mais il n'eft jamais permis de Rom. xije fe vanger. Dieu s'eft refervé la van- i). xiij. s geance, & il a établi des princes & des magiftrats, pour l'exercer fur la térre. De là vient, que le duel eft un grand crime: parce que le particulier y cherche à fe faire justice à luy même : & d'ailleurs il expofe fa vie temerairement. Or nous ne fommes pas à nous, mais à Dieu; il ne nous eft 20, point permis d'attenter contre nôtre vie, fous quelque pretexte que ce foit: il faut attendre en patience que Dieu nous retire de deflus la terre, où il nous a mis. Ce commandement déEx. xxj z8. fend auffi tout ce qui tend à la mort, &c. comme de bleffer ou de frapper.Il dé- Matth, v fent la haine & la colere, qui en eft la fource & tout ce qu'elles produi

2. Cor vji

212

fent, comme les injures de paroles, les affronts, les querelles & les difputes trop aigres. Au contraire ïl.ordonne de conferver, autant qu'il nous eft poffible, la vie & la fanté de nôtre prochain: même de ceux qui nous haïffent. On rapporte à ce comman dement le fcandale : qui eft comme un meurtre fpirituel, par lequel on tue l'ame du prochain, la faisant tomber dans le peché. Ainfi un ecclefiaftique fcandaleux, eft celuy, qui par fa vie déreglée donne occafion aux laïques de vivre mal, à fon exemple. Ainfi ceux qui apprennent à des enfans le mal qu'ils ignorent : ceux qui compofent,ou debitent des livres pernicieux: les femmes qui fe parent pour fe faire aimer; tous ceux-là donnent fcandale & participent aux pechez de ceux qui le prennent. Ce peché est si Math. viij. grand que Jefus-Chrift dit, qu'il vaudroit mieux être jetté avec une pierre au cou au fond de la mer, que de fcandalifer le moindre des fideles.

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