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dont on nous lave dans le baptême, marque principalement le premier effet de la grace, qui eft de nous purifier, & d'effacer nos pechez: l'onction du faint chrême marque le fecond, qui eft l'infufion du faint Efprit & la grace fanctifiante. Or quoi que l'on ait déja receu une onction au baptême; l'impofition des mains & l'onction fur le front qui fe fait à la confirmation, eft trés importante pour nous rendre Chrétiens parfaits, & pour nous fortifier contre les ennemis de Fet. V. 2. nôtre falut. Ces ennemis font trois principalement le diable, toûjours attentif à nous furprendre : le monde, Jo. xvij 14 c'eft-à-dire l'exemple & la compagnie des hommes corrompus: la chair c'est-à-dire nôtre concupifcence & nos mauvaifes inclinations. On nous marque fur le front avec la croix, pour montrer que nous ne devons point rougir de ce que la religion chrétienne femble avoir de bas & méprifable; que nous devons faire gloire d'appartenir à Jefus-Chrift, & d'imiter fes fouffrances, & pour nous y preparer, on

Gal. 5. 17.

Luc. ix. 62.

nous frape fur la jouë. C'eft donc un grand peché de negliger ce facrement, quoy qu'il ne foit pas fi abfolumment neceffaire que le baptême. On ne reçoit qu'une fois la confirmation nonplus que le baptême, parce que l'un & l'autre impriment un caractere en l'ame, qui ne s'efface jamais.

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Prés le baptême & la confirmation, l'euchariftie eft neceffaire pour nourrir le Chrétien, & lui donner

la force de perfeverer dans la grace. Jo. vj. 14. Auffi Jefus-Chrift a dit : Si vous ne mangez la chair du fils de l'homme, & fi vous ne beuvez fon fang, vous n'aurez point la vie en vous. Le pain & le vin qui font la nourriture la plus commune de nos corps, font la matiere de ce facrement, pour montrer qu'il eft la nourriture de nôtre ame; & comme il faut tous les jours fe nourrir, pour reparer les forces que l'on perd à tous momens : l'ufage de ce facrement doit être frequent & ordinaire

cap. 10.

dinaire. On le confacre au faint facrifice de la meffe, qui eft l'action la plus fainte & la plus importante de la religion: c'eft pourquoi il eft neceffaire de la bien entendre. Tous les facrifices des fruits & d'animaux, que conc. Trid les fideles offroient à Dieu fous la loi feff. xxij, de nature & fous la loi écrite, n'étoient que des figures du grand facrifice que Jefus-Chrift devoit accomplir Heb, x. fur la croix: & ce facrifice a feul été capable de remplir les quatre fins pour lefquelles on offroit tous les facrifices. La premiere de rendre à Dieu un honeur convenable à fa fouveraine majefté. La feconde, de fatisfaire fa juftice pour les pechez des hommes. La troifiéme, d'obtenir les graces dont ils ont befoin. La quatrième, de le remercier de fes bienfaits. Il n'eft donc plus permis d'offrir d'autre facrifice mais il faut continuellement renouveller la memoire de celui de JesusChrist, pour obeir à l'ordre qu'il nous en a donné; quand il a dit: Faites cecy en memoire de moi; & pour Luc. xxj. nous appliquer, à chacun en particu- 19. Tome II.

Ff

de Eccl de

facer. in

for,

lier, la vertu de cet ineftimable facrifice. Avant que de celebrer la messe,

il y a plufieurs preparations neceflaiPont.Rom. res. Le lieu doit être faint, c'est-à-dire dic. de al autant qu'il fe peut, une église confatar.confecr. crée folemnellement, ou du moins de bened. un oratoire beni par l'évêque. L'audun. & va. tel où doit repofer le facré corps de Jefus-Chrift, doit contenir quelques reliques des faints, & être confacré par plufieurs prieres accompagnées d'onctions & d'encenfemens dans la fuite d'une longue ceremonie. Les vaiffeaux facrez & les ornemens dont on fe fert à l'autel ont auffi leurs benedictions particulieres: afin que tout contribue à rendre plus fenfible la majefté de cet augufte facrement. Le tems de le celebrer, eft regulierement entre tierce & fexté, aprés avoir chanté la plus grande partie de l'offiv.Hift eccl. ce. Le prêtre qui doit celebrer, prie , 17. &c. en fon particulier, recitant des pfeaumes destinez à cette preparation, & meditant la grandeur du myftere dont il va s'approcher. Il benit de l'eau, dont il afperge le peuple, pour le

Conc. Trid fell. xxij cap. 5.

liv. xxxvj.

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