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briller à mes yeux le doux rayon de l'espérance.

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Axajacatl a compris la méchanceté qui s'échappe de la lèvre perfide et le piége funeste et trompeur de l'Esprit. Il presse contre sa poitrine les pauvres innocents, et les recommande au ciel dans sa prière noble et touchante. Ensuite, au milieu du tumulte guerrier, et du fracas des coquilles brisées, et des tambours, et des chants des anciens, et des chevelures hérissées, il s'arrête là où Moquihuic attend encourageant ses guerriers à de son épouse chérie et la nouvelle encore plus chère et plus désirée, qu'Axajacatl est tombé dans le piége, qu'il se livre, et que Mexico ouvre à sa fureur les portes qui font sa défense.

nouveaux massacres

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» Mais Mexitli est puissant et il ravive pour le combat la noire chevelure et le regard perçant comme une flèche d'Axajacatt; Mexitli est puissant au delà de toute expression; la terre brûle partout où roule sa prunelle gonflée par la colère, et l'Océan effrayé se courbe et rentre en lui-même faisant entendre d'horribles mugissements; il est puissant Mexitli à la couleur d'azur, au dos enveloppé d'anneaux de serpent.

» Au premier choc, Moquihuix tombe, et de sa lèvre enflammée fuit le dieu des ténèbres en lançant le tonnerre. Axajacatl fixe son regard sur sa poitrine carrée, le génie fourvoyé soupire, et il lui arrache le cœur, trophée sublime de sa puissance. L'amour de la patrie ne faiblit pás. Salut, Axajacall, empereur aux trente couronnes, que le dieu de l'élément humide accueille la noire vapeur de ton glaive ensanglanté ; il n'est pas pour ta gloire de meilleur encens. A toi, o Cuaticlue1, à la chevelure ornée de la fleur divine, j'offrirai la coupe d'or de l'onde de Bimini, remplie le matin, tant qu'elle sera aimée du ciel du Mexique : la coupe d'or de l'onde de Bimini qui noircit la blanche chevelure des mortels et rend à la poitrine sublime la vigueur des premiers ans.

Achille SACCHI.

Déesse des fleurs, épouse du très-beau Omacatl, dieu de la joie; elle n'aimait que les fleurs fraîchement cueillies et qui n'avaient jamais été profanées par les narines des mortels.

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OBSERVATIONS.

Notre conviction profonde, comme celle d'un grand nombre d'esprits éminents, c'est que les Vérités primitives, révélées à l'homme au premier jour de la création, se sont propagées par la tradition dans le monde entier, et qu'il en reste encore des traces plus ou moins reconnaissables à travers les altérations qu'elles ont subies par le langage, l'imagination et les passions de l'homme. Le successeur lui-même de l'immortel Pie IX, l'érudit Léon XIII, par son BREF récent de félicitation à MM. le chevalier Bonnetty et au missionnaire Perny au sujet de la traduction et de la réimpression avec caractères chinois du savant ouvrage du P. Prẻmare, sur les Vestiges du Christianisme trouvés dans les livres sacrés de la Chine 1, semble partager notre sentiment.

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Dans le beau Chant mexicain que nous avons traduit d'après la version italienne, nous avons remarqué un passage qui vient à l'appui de notre opinion, et sur lequel nous ferons quelques courtes observations. Ce passage que le traducteur italien trouve obscur, et qu'il interprète para homme », est très-clair à nos yeux, et comme lui nous pensons que le Poète mexicain, par « cette poussière fugitive qui retourne à la terre, qui s'agite » dans l'air, désireuse du ciel,» a voulu réellement parler de l'homme. Selon nous, ce texte n'est qu'une reproduction de celui de la Genèse Pulvis es et in pulverem reverteris : Tu es poussière et tu retourneras en poussière 2. C'est la sentence de condamnation que Dieu prononça contre nos premiers parents, lorsqu'ils eurent transgressé ses ordres. « Cette poussière qui » s'agite en l'air, désireuse du ciel », c'est l'homme lui-même » dans lequel réside l'esprit, d'après Job3, et qui retourne à » Dieu ».

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On me dira peut-être. Etes-vous bien sûr que les Mexicains

Voir ce Bref dans les Annales, N° d'août, p. 143, et le beau volume du p. Prémare, même adresse. Prix. 20 fr.

* Genès. c. III, 19.

* Spiritus est in hominibus (Job c. XXXII, 8).

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Spiritus redeat ad Deum (Eccle., XII, 7).

VI SÉRIE. TOME XVI.- N° 94; 1878 (95° vol.de la coll.) 18

aient eu connaissance des grands faits historiques relatés dans la Bible, la formation de l'homme, sa déchéance, son châtiment par le déluge? Nous répondons affirmativement à cette demande :

1o Les Péruviens reconnaissent que le corps humain fut composé de terre'. Les sauvages Hurons avaient appris que Dieu avec un peu de terre fit un homme 2.

2° Pour expliquer la source des maux qui nous accablent, les Mexicains montraient en peinture la conversation de la femme et du serpent. Le serpent, représenté en rapport avec la mère des hommes, etc., est le génie du mal, un véritable démon

3o Les Mexicains savaient qu'il y a eu un Déluge. « D'après la version des peuples de Michoucan", « Tezpi s'embarqua » dans un acalli spacieux avec sa femme, ses enfants, plusieurs » animaux... » Lorsque le Grand-Esprit ordonna que les eaux se retirassent, Tezpi fit sortir de sa barque un vautour. L'oiseau qui se nourrit de chair morte ne revint pas à cause du grand nombre de cadavres dont était jonchée la terre. Tezpi envoya d'autres oiseaux parmi lesquels le colibri seul revint tenant à son bec un rameau garni de feuilles 5. Les Indiens d'Amérique savaient qu'il y avait eu un Déluge. Notre réponse est donc catégorique et fondée.

Dans le Chant mexicain que nous avons traduit, nous remarquons plusieurs autres passages qui nous paraissent des réminiscences du récit biblique. Que signifient ce serpent qui enlace le corps du dieu Mexitli et les quatre autres qui sont posés aux quatre coins de son trône ?... Et ces guerriers morts dans le combat, revêtus de plumes d'oiseaux, de peaux d'animaux, ne

Hist. des Incas, par Garcillasso de la Vega, péruvien de la race royale. Part. II, ch. I. Voir Roselly de Lorgues, le Christ devant le

siècle. Passim.

2 Annal. de l'Associat. de la propag. 1829, no 16, p. 314.

5 Edda Island. Edit. de Resenius, 14.

Alias Michuacan.

De Humboldt, Vues des Cordillières, t. II, p. 177. Voir les nombreux extraits de M. de Humboldt dans les Annales, 1re et 2e série, et les articles de M. l'abbé Brasseur sur le déluge mexicain, t. XI, XII, XIII (4• série).

nous rappellent-ils pas Adam et Eve revêtus après leur chute, par la main du Seigneur, de tuniques faites de peaux d'animaux1?

Il serait difficile, ce nous semble, d'après tous ces témoignages, de ne pas reconnaître que notre explication du texte que nous avons voulu élucider repose sur des données historiques qui la rendent, sinon certaine, du moins très-probable. Recueillons avec soin les traditions éparses dans les monuments antiques, séparons l'ivraie du bon grain, rejetons les scories, et à l'aide du flambeau d'une saine critique nous verrons briller à nos yeux le métal pur de tout alliage, la Vérité. Colligite quæ superaverunt fragmenta ne pereant2.

L'abbé M. BLANC,

curé de Domazan.

1 Et fecit Dominus Adæ et uxori ejus tunicas pèlliceas (Genes., C. III, 21.)

2 Jean, c. VI, 12.

Histoire ecclésiastique.

DOCUMENTS HISTORIQUES

Et comparaison entre le protestantisme et le catholicisme.

Le dernier cahier, p. 186, renferme sous la forme d'une histoire extraite de l'Almanach catholique que nous avons publié en 1829 un Bilan de la révolution de 1789 en hommes et en argent. Nous extrayons du même Almanach de 1830 les documents suivants sur le Protestantisme et le Catholicisme. Nos lecteurs nous pardonneront cette faiblesse de père qui fait revivre un enfant mort depuis 48 ans.

FÉLIX ET STÉPHANIE.

HISTOIRE VÉRITABLE ET AUTHENTIQUE,

Dans laquelle on démontre, par des calculs et des chiffres, que le Protestantisme est inférieur au Catholicisme pour le bonheur des peuples et des individus.

>>

« Comme ce peuple catholique est ignorant! Combien sont grands et nombreux les préjugés au milieu desquels il vit! » Nous cherchons bien à l'éclairer et à l'instruire, mais je >> doute que nous en venions à bout. Aussi, comme je vais » m'ennuyer au milieu de ces Catholiques qui n'entendent >> rien aux progrès des lumières, ni au perfectionnement de la >> civilisation! >>

C'est ainsi que parlait notre jeune homme, en se promenant dans le salon où il attendait le maître de la maison. Il le vit arriver à travers les arbres du jardin, accompagné de sa fille, qui lui donnait l'appui de son bras... Le vieillard était grand, pâle, maigre, à figure austère et à front ridė. On l'aurait cru dur et difficile, si la physionomie de la jeune personne n'avait exprimé tout d'abord la confiance, la sérénité, l'affection. C'était un de ces visages simples, tranquilles, aux yeux bleus, aux cheveux blonds, qui n'ont plus le caractère de l'ignorance, mais qui

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