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Rapprochés les uns des autres, ces textes populaires, sont relevés par M. Edm. Le Blant sous les titres: Sortie d'Egypte,

Noé, Sacrifice d'Abraham, - Elie enlevé au ciel, Passage de la mer Rouge, -Job, David et Goliath, Saint Pierre délivré de la prison, - Suzanne, Les trois jeunes hébreux dans la fournaise,

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Daniel,

- Jonas,

Le bon Pasteur, Brebis aux pieds de Jésus-Christ, - Banquet céleste, Admission du défunt en paradis, Lazare, Résurrection de Notre-Seigneur, tout cela rangé sous divers chapitres est, à mes yeux, une véritable trouvaille; mais de cés trouvailles qui n'arrivent qu'aux bons chercheurs. Mon avis peut n'être pas d'un grand poids pour bien des antiquaires qui me connaissent tout au plus comme un médiévite. Mais enfin, avec plus ou moins de compétence et de modestie (trop convenable), j'avais publié en divers endroits une cinquantaine de sarcophages 1; et l'idée m'était venue plus d'une fois de chercher quelque lien pour des groupements similaires, sans jamais aboutir à résultats satisfaisants.

En raison de cette trouvc ille, dira quelque interprète moderne, que devient le symbolisme? - Calmez-vous, il demeurera sous la protection des grands docteurs ecclésiastiques qui nous l'ont transmis, mais qui ne répondent pas toujours des associés inférieurs qu'on leur prête parfois; et celui qui signe ce compte-rendu ne saurait être suspect de répudier les enseignements donnés par saint Justin, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Augustin, etc. On lui a même reproché d'en abuser plutôt, dans l'explication des Vitraux de Bourges; sur quoi sa conscience est restée fort tranquille. Mais rien n'empêche le bel et bon symbolisme de s'en tenir à sa vraie place sans déborder outre mesure. De ce que tel ou tel fait biblique a été transporté par plusieurs saints Pères à l'état de type où Jésus-Christ était montré prophétiquement aux patriarches et aux Juifs, s'ensuit-il que son simple rôle historique se perde par la gran

dations de l'âme; car c'est l'expression presque générale pour les prières avant et après la mort du fidèle.

M. Edm. Le Blant qui ne connaît pas tous mes volumes, en cite plusieurs qu'il redresse fort à bon droit, avec une main légère devant laquelle je m'incline sans peine, et même avec reconnaissance.

deur de cette signification divine? Assurément, non. L'AncienTestament ne laisse pas pour cela d'être une source de leçons graves où le chrétien le plus terre à terre peut trouver de quoi nourrir son cœur.

D'ailleurs, qu'on veuille bien expliquer pourquoi les Recommandations de l'âme, si anciennes, si universelles, si pieuses, si navrantes même, n'auront pas trouvé place sur la tombe du fidèle aux époques où tout le monde les comprenait et ne pouvait manquer d'en conserver un profond souvenir après les avoir entendues une ou deux fois sur quelque membre de la famille.

Puis la sortie de ce monde, l'assistance divine sur les grands serviteurs de Dieu, la miséricorde céleste pour le pécheur, la résurrection attendue, etc., ne sont-ce pas des types qu'on peut compter voir sur des tombeaux chrétiens? L'ouvrage nouveau de M. Edmond Le Blant satisfait à ces desiderata qu'on n'avait pas assez mis en lumière, et il restera bien d'autres récits bibliques dans les peintures et sculptures primitives, pour ceux qui tiennent avec raison au symbolisme. Rien n'est donc fort changé pour l'étude de nos vieux monuments, sinon qu'un large trait de lumière y pénètre ainsi pour simplifier la recherche des intentions, et mettre chaque chose à sa place.

Une Journée du Chrétien, qui mérite la longue réputation dont elle a joui en France, a imaginé d'insérer comme préparation lointaine à la mort, des prières rédigées par une dame protestante convertie. On s'y étend sur tous les symptômes physiques qui annoncent la séparation de l'âme avec le corps, et certaines personnes tiennent cela pour fort édifiant. Je ne les en blâme pas, sans partager leur enthousiasme pour cette formule, singulièrement réaliste ; mais que l'on examine plutôt attentivement tout ce que renferment de pieux et de profond les prières liturgiques destinées à cet instant et à celui de la sépulture. Je crois qu'on y trouvera un aliment bien plus substantiel et tout autrement pénétré de l'esprit divin. Ceux qui lisent aisément le latin et le grec en verront bien d'autres dans la petite collection formée par M. Edmond Le Blant, et dont je lui adresse mes très-sincères félicitations.

Charles CAHIER, S. J.

ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE.

Mgr de la Tour d'Auvergne, archevêque de Bourges, publie un savant ouvrage ayant pour titre :

La Tradition catholique sur l'Infaillibilité pontificale, ou la définition du concile du Vatican, devant l'Ecriture, les Pères et l'Histoire 1.

Cet ouvrage a cela de particulier que la première rédaction a été brûlée lors de l'incendie du palais épiscopal, il y a quelques années. Mais le savant et courageux prélati s'est remis à l'ouvrage et a refait son œuvre. On peut dire que la question importante qui y est traitée a été étudiée sous toutes ses faces et qu'il ne reste plus rien à élucider. Voici le bref très-élogieux qui lui a été adressé par S. S. Léon XIII.

A notre vénérable frère Charles-Amable,

archevêque de Bourges.

LÉON XIII, PAPE,

Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique, Comme il est défendu de rien ajouter ou retrancher à la doctrine enseignée par le Christ, vénérable frère, et qu'ainsi il n'est permis ni au souverain Pontife ni à toute l'Église enseignante d'introduire un nouveau dogme, il s'ensuit nécessairement que, s'il se présente quelque chose d'obscur, de difficile et comme en germe dans les saintes lettres ou dans la tradition, il leur appartient seulement de l'expliquer, de l'élucider, de le définir. Cela étant hors de doute, vous avez pris, sans contredit, le meilleur moyen pour défendre la révélation divine du dogme de l'Infaillibilité défini par le concile œcuménique du Vatican, qui est, non-seulement de vous appuyer sur l'autorité des Écritures, mais encore de parcourir toute la suite. des âges et de tirer de chacun d'eux des témoignages abondants de la tradition perpétuelle de ce dogme.

Assurément, vous avez entrepris un travail immense, mais qui venge victorieusement de toutes les calomnies le caractère

Paris, librairie Palmé.

de cette définition, et qui répand une nouvelle lumière sur la pureté et la sainteté de la doctrine catholique. Nous vous félicitons donc, et Nous vous remercions vivement des deux premiers volumes de votre très-savant ouvrage intitulé: La Tradition catholique sur l'Infaillibilité pontificale, dans lesquels vous passez en revue la tradition des dix premiers siècles; Nous vous souhaitons, en même temps, la santé et les forces. nécessaires afin que vous puissiez mener à bonne fin une œuvre aussi considérable, pour l'honneur de notre sainte religion et de l'Église.

Comme présage des célestes faveurs que Nous demandons pour vous, et en témoignage de notre toute particulière bienveillance, Nous vous donnons avec amour, vénérable frère, ainsi qu'au clergé et aux fidèles de votre diocèse, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 19 septembre 1878, la première année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE.

Bibliographie

La Redoute du capitaine Emporte-Pièce, par M. Gondry du Jardinet, volume in-12 de 256 pages, à Paris chez Palmė, prix, 2 fr.

S'il paraît de très-mauvais livres, fort heureusement il en paraît quelques-uns de bons, et que les familles peuvent faire lire à leurs enfants. Les Annales ne peuvent les signaler tous. Mais nous recevons celui-ci et ne pouvons que le recommander; c'est un dialogue entre un capitaine non chrétien qui connaît peu le christianisme et un docteur chrétien qui lui apprend ce que c'est, par toutes sortes de procédés, et à la fin le capitaine devient chrétien instruit.

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DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE.
Numéro 95. Novembre 1878.

Enseignement Catholique.

CONFÉRENCES SUR LA THÉOLOGIE dans ses Rapports avec la Philosophie.

2o ANNÉE (18351).

15° CONFÉRENCE THÉOLOGIQUE.

LE DOGME DE LA CHUTE.

Nous parlerons aujourd'hui de l'Etat primitif de l'homme et de sa chute. Suivant notre plan accoutumé: 1° Nous prouverons le dogme par les preuves qui lui sont propres : la Révélation, l'Ecriture, la Tradition; 2° Nous examinerons les hérésies qui ont attaqué le dogme; 3° Nous exposerons certaines considérations qui l'expliquent plus ou moins bien.

La question dogmatique en renferme implicitement deux autres: 1° L'homme a-t-il été créé dans un état supérieur d'où il soit déchu par sa faute? 2o Quelle est la nature de cette faute et quelles en ont été les suites?

Quant à la première partie de la question, le dogme est suffisamment prouvé par le récit de la Genèse, par le NouveauTestament et par l'Ancien; enfin, par toutes les traditions juives et chrétiennes; ce dogme est la base du Judaïsme et du Christianisme il l'est même de toutes les religions, de l'aveu de Voltaire.

Voir le dernier article au N° précédent, ci-dessus, p. 245.

2 Plusieurs conférences de cette année ont été insérées quant à la substance dans le Cours d'introduction à l'étude des vérités chrétiennes dans l'Université catholique. Voir pour cette conférence la 1re Leçon Univ. cathol. t. I, p. 76 (1re série).

Vie SÉRIE. TOME XVI.- No 95; 1878 (95° vol. de la coll.). 24

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