Page images
PDF
EPUB

pratiques. Je n'ai fait qu'effleurer un sujet très-vaste; je n'ai cité qu'une très-petite partie des témoignages qui parlent du culte des Poissons et des Divinités ichthyomorphes. Il aurait fallu parler des dieux ou des héros qui se précipitent dans la mer, dans les fleuves, dans les étangs, des personnes qui sont transformées en poissons, des divinités qui se livrent à la pêche, etc1.

On comprend que si l'on voulait examiner tous les récits mythologiques qui se rattachent au culte que nous venons d'indiquer, on dépasserait facilement les bornes assignées à un simple article. Je n'ai eu l'intention, en rassemblant quelques textes anciens, que de faire voir comment le culte de la Hache se lie intimement à l'offrande du Poisson.

4

J. DE WITTE.

Voyez le curieux vase reproduit dans l'Élite des monuments céramograph., t. III, pl. XIV.

Histoire de l'Église.

HISTOIRE APOLOGÉTIQUE DE LA PAPAUTÉ

DEPUIS SAINT PIERRE JUSQU'A PIE IX Par Mgr FÈVRE, protonotaire apostolique'.

Depuis vingt ans, le fait qui caractérise, d'une manière générale, la situation religieuse de l'Europe, c'est la guerre au Pape; et le faux principe qui caractérise d'une manière plus générale encore cette guerre au Souverain-Pontife, c'est que tous les ennemis de la Chaire Apostolique s'appuient, pour servir les desseins de l'ambition et les complots de l'impiété, sur les vieilles objections du Gallicanisme et du Protestantisme. Dans la guerre contre le Saint-Siége, l'arme préférée pour couvrir les attentats de la politique et les mensonges de la diplomatie, ce sont des accusations empruntées à l'histoire.

La guerre présente n'est qu'un épisode de cette guerre dixhuit fois séculaire qui éclate sur le berceau de la Papauté et se perpétue dans toutes les contrées du monde chrétien; c'est, depuis l'ère de grâce, la forme de la lutte antique du bien et du mal, qui agitent si profondément les entrailles de l'humanité. Dans son évolution, cette guerre acharnée des passions contre Rome a parcouru trois phases: phase des persécutions sanglantes des Césars, phase des hérésies et des schismes, phase des oppressions hypocrites ou violentes de la Révolution. Nous traversons, depuis trois siècles, cette dernière phase.

Dans cette longue guerre, l'Eglise a toujours eu ses apologistes. De Tertullien à l'abbé Gorini, ses défenseurs portent sur leur drapeau cette devise: « Unum gestit, ne ignorata damnetur2: l'Eglise ne craint qu'une chose, les condamnations de l'ignorance. »

Ce que l'abbé Gorini a fait, contre les rationalistes, pour la défense générale de l'Eglise ; ce que Bossuet, avec son génie,

17 forts volumes in-8, papier vergé. Prix: 35 fr. Trois volumes ont paru chez l'éditeur, M. Vivès.

2 Tertul. t. 1, p. 260 (Pat. lat. de Migne.)

avait élevé contre les Protestants, à l'immortalité d'un chefd'œuvre, l'auteur l'a tenté pour la défense exclusive, continue et complète du Saint-Siége contre tous les ennemis qui l'attaquent depuis quatre siècles. Son champ clos, c'est le champ de Phistoire, non l'arène de la philosophie ou du droit pur. Mgr Fèvre veut prendre l'un après l'autre tous les faits d'histoire. où protestants, jansenistes, parlementaires, épiscopaux et pseudo-philosophes se flattent de convaincre la Papauté d'erreur dans ses jugements ou d'excès dans ses entreprises, et montrer que ce sont eux qui s'abusent. Ensuite, conformément aux bons usages de l'apologétique chrétienne, il passe de la défensive à l'offensive, prend un à un les actes doctrinaux et les empiétements législatifs des adversaires, pour établir qu'il y a excès dans leurs entreprises, parce qu'il y a défaut dans leurs jugements. Enfin il présente une défense historique du Saint-Siége: 1° contre les protestants, tels que Flaccus Illyricus, Mosheim, Duplessis-Mornay, Merle d'Aubigné, Malan, Bost et Puaux; 2° contre les jansénistes, tels que Duvergier de Hauranne, Quesnel, Ellies Dupin, Febronius et Scipion Ricci; 3o contre les parlementaires, tels que Richer, Dupuis, Camus, Portalis, Dupin, Isambert, Baroche et Cavour; 4o contre les épiscopaux, tels que Pierre de Marca, Maimbourg, Bossuet, Fleury, Tillemont, La Luzerne, Maret, Dupanloup, Gratry; 5° contre les rationalistes, libéraux ou césariens, tels que Guizot, les Thierry, Michelet, John Russell, Gladstone, Minghetti et Bismarck. En inscrivant sur son blason la Croix pontificale, l'auteur n'oublie pas qu'il ne suffit point d'inscrire la croix sur son écu pour porter des coups de lance enchantée.

Cet ouvrage ne peut, sous aucun rapport, se confondre avec l'histoire de l'Eglise ou avec l'histoire de la Papauté ; il n'en est ni l'équivalent, ni l'analogue; il s'en distingue, au contraire, par tout ce qui forme son être propre, par son objet, par son plan, par sa méthode et par sa forme. Dans son objet, il est consacré à la défense des Papes attaqués par quatre séries d'ennemis; dans son plan, il groupe, en chaque volume, toutes les questions solidaires ou connexes qui déterminent les prérogatives ou manifestent la puissance de la Chaire apostolique ;

par sa méthode, il a moins pour but de raconter les faits que de réfuter les accusations pár lesquelles on a voulu éclipser la puissance ou effacer les prérogatives du Saint-Siége; - dans la forme, il admet tous les genres que comporte le style judi

ciaire, l'exposition sommaire, le mémoire, le rapport, le réquisitoire, la plaidoirie et le jugement. Dans son ensemble, il présente non pas l'histoire positive, mais l'histoire critique et apologétique de la Papauté : c'est le dossier de la défense, c'est la justification des Papes par l'histoire.

Outre son avantage propre, cet ouvrage offre, pour toutes les histoires de l'Eglise et de la Papauté, un complément nécessaire, en ce sens qu'il approfondit exclusivement ce que tous les historiens, sans exception, n'ont pu toucher qu'en passant. Par son point de vue spécial, par le rapprochement synthétique de toutes les questions controversées, par la condensation scientifique de toutes les apologies écrites depuis Baronius, ce livre, si l'on peut ainsi dire, repose sur le granit inattaquable de l'érudition; il est d'ailleurs pris dans le vif de la situation présente, de manière à répondre, non-seulement aux agressions du passé, mais à toutes les querelles et à tous les attentats que méditent, pour demain, le Rationalisme et la Révolution ! Là est l'intérêt palpitant et la haute portée de ce livre.

Au surplus, voici le plan sommaire de cet ouvrage.

Dans le premier volume, l'auteur étudie les origines de la papauté de S. Pierre jusqu'à Constantin; dans le deuxième, il expose, dans leur expansion à travers l'histoire des huit premiers siècles, les prérogatives de la souveraineté pontificale pour le commandement et le gouvernement, pour le pouvoir législatif et judiciaire, pour le prosélytisme de l'apostolat et la garantie de son indépendance par la constitution du pouvoir temporel; dans le troisième volume, il représente les rapports des Papes avec les Eglises d'Orient, depuis le concile de Nicée jusqu'à Photius et au concile de Florence; dans le quatrième, il défend la Constitution pontificale du moyen âge considérée pour la première fois dans son ensemble organique; dans le cinquième, il reprend en particulier les faits imputés aux Papes du moyen âge dans leurs rapports avec les Eglises d'Occident; dans le sixième, il étudie avec un soin particulier les rapports des Papes avec la France, depuis Philippe le Bel jusqu'à Napoléon Ier; enfin, dans le septième volume, il parle des papes de l'ère moderne, depuis Léon X jusqu'à Pie IX.

[ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small]
[merged small][ocr errors][merged small]

CONFERENCES SUR LA THÉOLOGIE dans ses Rapports avec la Philosophie.

DEUXIÈME ANNÉE (1835-1836").

16e CONFÉRENCE THÉOLOGIQUE.

CONCEPTION PHILOSOPHIQUE SUR LE PÉCHÉ ORIGINEL2.

Le dogme du péché originel doit être maintenant considéré sous le rapport des conceptions qui ont pour objet de l'expliquer. Or, deux sortes de conceptions sont relatives à ce dogme: 1° les unes traditionnelles; 2° les autres philosophiques; nous ne nous occuperons aujourd'hui que des dernières.

Remarquons d'abord que l'homme, en observant les faits de sa nature propre et ceux de sa nature extérieure, peut parvenir à se faire une notion plus ou moins complète de ce qui s'est passé loin de lui. De là, les systèmes géologiques, astronomiques et historiques qui résultent de l'examen de certains faits, au moyen desquels on arrive à une construction plus ou moins parfaite de l'histoire, du système du monde, ou de l'organisation primitive du globe. La géologie, en particulier, a constaté par l'examen de certains faits physiques, les révolutions du globe, et même le nombre et la nature de ces révolutions; ce qu'on a fait pour le globe terrestre, on peut le faire

Voir le dernier article au N° précédent, ci-dessus, p. 326.

2 Voir la seconde leçon du Cours d'introduction à l'étude des vérités chrétiennes dans l'Université catholique, t. I, p. 217, 1re série).

Vic SÈRIE. TOME XVI.-No 96; 1878 (95° vol. de la coll.) 26

« PreviousContinue »