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teur) d'Erechthée ou d'Egée-Adam, ce Pandion, roi supposė d'Athènes, se confond avec le Triopas, roi supposé de Thessalie et père d'Erysichthon1-Adam, avec qui, parfois, le confond la légende 2.

Selon cette légende, l'Attique aurait reçu, sous son règne, la double visite de Déméter et de Dio-Nysus, venant enseigner aux hommes, l'une, la culture du blé, l'autre, celle de la vigne et l'art de faire le vin.

Ce fait, du moins en ce qui regarde Dio-Nysus, serait complétement inadmissible si l'on s'en tenait aux données de la compilation mythologique.

Suivant ces données, en effet, le Pandion, successeur supposé d'Erichthonius, et qui aurait reçu cette double visite, aurait précédé de cinq générations le héros Thésée qui aurait été lui-même contemporain de Minos et par conséquent de son cousin germain Dio-Nysos. Comment aurait-il pu recevoir à sa cour un personnage apparu si longtemps après lui?

La difficulté serait grande aux yeux de l'érudition classique. Elle disparaît si vous consentez à reconnaître avec môi, mon R. Père, sous le nom de Pandion, père ou créateur d'Erechthée ou Boutės-Adam, comme aussi de Philomèle ou Procné-Eve3, le Créateur, premier et souverain Seigneur de l'Eden où il donnait des lois à l'homme, et qui, plus tard, au moment du Déluge et après le cataclysme, recevait dans son alliance le juste ou parfait Noë, en grec Ato-Nuoos, premier planteur de la vigne et premier fabricateur et buveur du vin.

Il en est de même pour Déméter. Sous le nom de cette Divinité enseignant à l'homme la culture du blé, se montre ici, comme bien souvent ailleurs, un dédoublement féminin de Zeus-pater, représentant grec de la Divinité qui, sous le nom de Jéhovah, avait initié le premier homme, dans l'Eden, à la culture de la terre et de ses fruits; ut operaretur“. Et avec

Callim. Hymn. Anμnong, 24.

Diod. sicul. v-62-2.
Apollod. 11-14-8.

• Gen. 11-15.

VI SÉRIE. TOME XVI.- N° 96; 1878 (95e vol. de la coll.) 27

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Démétér, comme avec Dio-Nysos, dans Athènes, c'est sur la terre antediluvienne que nous sommes encore reportės.

La même terre antédiluvienne se montre encore à nous dans l'Athènes à laquelle Minos-Noë aurait déclaré la guerre, prélevant sur cette ville, et emportant sur son navire sept couples masculins et féminins d'adolescents destinés à être offerts en sacrifice1, et qui sont, nous l'avons noté déjà, pour les sept couples d'animaux purs, destinés au sacrifice, que Noë avait pris sur la terre antediluvienne pour les enfermer avec lui dans son arche et les transporter, au-delà des eaux du déluge, sur la terre où il devait en faire un holocauste au Seigneur 2.

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Et ce qui est dit de la peste et de la famine qui auraient alors désolé la ville d'Athènes s'explique comme souvenir de la stérilité ainsi que de tous les autres fléaux, y compris la loi de mort don't avait été frappée la terre antédiluvienne en punition de la révolte de nos premiers parents".

A la même terre antediluvienne, confondue avec l'Eden, remonte encore la fable au sujet d'une école de sculpture fondée dan: Athènes par Dædales; -école de sculpture la plus ancienne à coup sûr qui ait existé dans ce monde, puisque, dáns son fondateur Dædale, le premier qui ait jamais modelé des images des Dieux", images à la fois animées et intelligentes, tout comme en faisait, du reste, Hæphestos", nommé aussi Dædale, puisque, dis-je, dans ce Dædale-Hephæstos, nous avons eu déjà l'occasion de reconnaître un représentant défiguré du Dieu qui avait créé à son image le premier couple humain, soit fait des êtres humains qui étaient des images d'Héloïm ou des Dieux.

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C'est, en effet, dans l'Eden, l'Athènes antediluvienne, que

Apollod. 11-15 8; Paus. 1-27-10; Ovid. Met. VIII-170; Diod. sicul. 1v-6-4; Plut. in vit. Thes. XV.

* Gen. VII-2 et VII-20.

Apollod.

-15-8.

Gen. 11-17-sq.

Paus. v-25-13.

6 Hygin., fab. 274, p. 329.

Hesiod. op. 70 sq; Hom. Ili., XVIII-417, sq.

• Guigniaut, rel. pl. cxlu, fig. 275.

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Gen. 1-27.

l'ouvrier divin avait d'abord placé l'homme, son ouvrage, et qu'il semblait en avoir formé le corps1; -- dans l'Eden, l'Athènes antediluvienne, qu'il semblait surtout avoir modelé et animé le corps de la femme 2; type des servantes d'or (ut operaretur), œuvre d'Héphæstos-Daedale et qui soutenaient dans sa marche (adjutor) le dieu Boiteux (7vos pour yaos, terrenus, Adam).

3

Je ne parle pas de la tradition d'après laquelle on montrait dans Athènes le tombeau d'un roi de Mégare", dont le nom, Nisus, ou n'ayant pas d'égal (n ioos), rappelle le premier homme dont il était dit qu'il n'avait pas de compagne semblable à lui (similis, os). Son empire et sa vie tenaient à la conservation d'un cheveu d'or ou de pourpre qu'il portait sur la tête et qui, enlevé par sa fille Scylla, ou la voleuse, aurait amené le triomphe sur lui du roi Minos, soit de Noë3.

A Taphos, le héros de cette aventure prenait le nom de Plérélas, et sa fille celui de Comatho ".

Mais c'est bien de l'Eden qu'il s'agit, nous avons pu déjà nous en convaincre, dans la fable qui attribuait la construction des murailles de la citadelle d'Athènes à deux Pélasges ou Adamiles sous les noms de qui, Agrolas et Hyperbios, j'ai précédemment cru pouvoir reconnaitre nos premiers parents, constructeurs supposés de l'enceinte d'Eden, où ils avaient été placés de Dieu".

N'est-ce pas aux souvenirs de la tradition sacrée et, en particulier, du trait de Caïn, voué à un exil sans termes en punition du meurtre de son frère, - que s'est établie, dans l'Athènes historique, la loi frappant d'exil tout meurtrier, même involontaire? L'indice de cette origine première se révèle assez en effet dans les légendes où Cain, fratricide et frappé d'exil, se montre sous les divers noms de Bellerophon 3,

▲ Gen. 11-7.

2 Gen. 11-22.

5 Hom. Ili. xvIII-417.

Apollod. 1-19-4.

* Apollod. 11-4-5.

Apollod. 11-4-7.

7 Paus. 1-28-3.

8 Apollod. 11-3-1.

V. lett., Annales, t. XIV, p. 68.

8

de Télamon1, de Tydée3, de Quiris, et aussi de Polynice*, de Déniophon, comme de Teucer

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ac

Après avoir vu si souvent le premier-né de la femme se confondre mythologiquement avec le Sauveur promis à Eve, et, par suite, avec le Sauvé du Déluge, soit Noë, c'est, d'abord, Cain que nous reconnaissons sous le nom de Teucer qui, de TεUXW, comparo, TEXTOS, acquisitus, offre une traduction de celui de Cain, interprété dans le sens de acquiro (p quiro); et c'est ainsi que ce héros passait pour avoir été le meurtrier de son frère. Puis, sous ce même nom, s'offre à nous un représentant de Noë, dans le trait qui nous le fait voir plaidant sa cause du bord de son vaisseau, c'est-à-dire du bord de l'arche, sur laquelle le patriarche s'était vu à l'abri de toutes les entreprises ennemies.

Sous ce même nom de Teucer, du grec Teux signifiant aussi fabriquer, construire (fabricor), pouvait d'ailleurs être aussi désigné Noë, en tant que fabricateur de son arche; Teʊxpos αντίθεος ;

se

Noë qui, ayant reçu un arc divin en signe d'alliance, retrouve sous ce caractère dans le Teucer, archer sans rival; Noë qui, enfermé dans son arche, se retrouve dans le Teucer enfermé dans le cheval de bois, nommé aussi Bapwax, soit vaisseau de Nak ou Noash 8.

Nous savons, mon R. Père, que la fable de Prométhée, donnant le feu à l'homme dans une tige de férule, s'est formée du trait de la tradition sacrée qui montrait le Créateur mettant sous la garde de nos premiers parents le bois qui ouvrait les yeux et donnait la lumière et, sans doute aussi, le feu qui en est la source. Or, dans ce fait, relié à la fable qui montrait Dé-Méter (dédoublement féminin de Zeus-pater pour Jéhovah) s'armant de deux pins aliumés, comme de deux flambeaux,

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pour aller à la recherche de sa fille, est la source évidente de ce que raconte Pausanias, au sujet de l'autel que Prométhée avait dans l'Académie d'Athènes, et servant de point de départ à la course aux flambeaux qui se célébrait annuellement en mémoire du feu et de la lumière dus à ce dieu 1, soit de l'arbre lumineux de la science mis, de Dieu, dans l'Eden, sous la garde de nos premiers parents.

Car, à cette terre primitive, se rapporte toute fable des premiers temps, et se rattache mythologiquement tout ancien usage. On peut citer pour exemple ce qui est rapporté de l'institution première de l'aréopage.

Suivant la légende, en effet, ce tribunal, composé des douze grands Dieux, se serait, pour la première fois réuni à l'occasion du meurtre d'un Halirrhotius, que le prétendu dieu Mars aurait tué au moment où il attentait à la pudeur de sa fille Alcippe.

Dans le prétendu dieu Mars, époux d'une fille de CécropsAdam, on ne saurait voir que le même Adam, figurant, sous ce nom de Mars, comme époux de la première femme, de même qu'il en était supposé le père sous le nom de Cécrops; d'où il suit que c'est la première femme encore qui se montre sous le nom d'Alcippe, fille supposée de Mars-Adam.

Si l'on a vu, dans le personnage de Mars, un dieu de la guerre, c'est à raison de la mission donnée au premier homme de soumettre tout ce qui habitait l'eau, la terre et les airs .

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Et la même mission ayant aussi été donnée à la première femme explique le nom d'Alcippe ou de très-puissante, très-forte (aλxn, vis, robur, еt лоs, augmentatif) qui désigne ici Eve, comme fille de Mars-Adam.

Quant au nom d'Halirrhotius, soit agité, poussé par les flots, il désigne ici le Serpent démon qui avait séduit Eve (serpens decepit ou seduxit me) mais qui devait aussi la poursuivre de ses attaques (inimicitias ponam...) et que l'on voit, sous forme de dragon, lancé ou jeté par les flots, soit sur le rocher où il

Paus. 1-30-2.

Apollod. 11-14-2; Paus. 1-21-4. " Gen. 1-28.

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