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gneux et ingrat se permet encore tous les jours contre les prêtres et contre la piété.

NOUVELLES POLITIQUES (1).

PARIS. Il a été conclu à Paris, le a février dernier, par les ministres des grandes puissances, une convention qui statue, que pour diminuer la masse des inscriptions de rentes sur le graud-livre, l'inscription de six millions de rentes livrée par la France aux quatre cours, en vertu de la convention du 9 octobre dernier, restera en dépôt entre les mains des commissaires de ces cours jusqu'au 5 juin 1820; en échange de cette inscription, la France remettra, le 1er, ju 1820, des bons du trésor pour cent millions de francs, lesdits bons portant intérêt de cing pour cent.

-M. Dupla est nommé sous-préfet d'Oléron; M. Clément, de Rémiremont; M. Ruel, d'Alikirch, et M. d'Imbert de Montrefel, de Loudun.

- Une commission composée de conseillers d'Etat et de maîtres des requêtes, s'occupe d'une loi relative à la responsabilité des agens ministériels, et du mode pour les mettre en jugement en cas d'abus de pouvoir.

-Le ministre de l'intérieur a invité les préfets à lui envoyer avant le 25 avril la liste des condamnés qui se feroient remarquer par leur bonne conduite, et qu'ils jugeroient dignes de participer aux bienfaits de l'ordonnance du 6 février 1818.

- Le ministre de l'intérieur vient d'ordonner que les détenus pour délits politiques soient séparés des autres prisonniers.

-M. le prince de Monaco est mort à l'âge de 61 ans. Son fils, le duc de Valentinois, pair de France, étoit investi de la principauté de Monaco depuis 1814.

-Le sieur Eymery, libraire de la Minerve, a fait faillite, et s'est enfui, dit-on, en Hollande.

Les rédacteurs de la Bibliothèque historique, MM. Chevalier et Reynauld, ont été transférés de la Force dans une maison de santé. -Le dépôt de mendicité établi dans l'hospice de Las, à Agen, vient d'être supprimé.

-Le maire de Bache (Pas de Calais) a été autorisé à acquérir, pour la paroisse, une maison et ses dépendances, afin de former le presbytère.

- Il y a déjà des germes de division entre les deux chambres de Bavière. Les députés sont mécontens de ce que les sénateurs, dans leur adresse au roi, ont parlé de leurs dispositions à repousser l'esprit d'innovation.

(1) Nous sommes forcés de renvoyer les nouvelles ecclésiastiques au

numéro suivant.

reaux,

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 20, la chambre s'est réunie après avoir examiné, dans les bu le projet de loi pour le changement de l'année financière. M. le comte Ricard a prononcé l'éloge de M. le maréchal de Pérignon, doot le fils sera admis dans la séance prochaine. La chambre a nommé une commission pour faire un rapport sur le projet de loi ci-dessus. Cette commission est formée de MM. les ducs de Doudeauville et deLevis, le marquis de Beurnonville et d'Hebouville, et le vicomte Dubouchage. M. le marquis de Barthélemy a soumis à la chambre une proposition tendant à supplier le Roi de présenter un projet de loi qui fasse éprouver à l'organisation des colleges électoraux les modifications dont la nécessité peut paroître indispensable. De vifs débats se sont engagés. M. le vicomte de Montmorency, M. le marquis de Pastoret, MM. les comtes de Polignac et de Castellane, ont parlé en faveur de la proposition, qui a été combattue d'un autre côté par MM. de Lally-Tolendal, de Cazes, Boissy-d'Anglas, Garnier, Barbe-Marbois, Chollet, de la Rochefoucauld-Liancourt, de Broglie et Lanjuinais. L'ordre du jour ayant été demandé et mis aux voix, on a délibéré an scrutin, et il y a eu 51 voix pour adopter l'ordre du jour, et 89 pour le rejeter. On est allé ensuite au scrutin sur la question de savoir si la chambre s'occuperoit de la proposition; il y a eu 89 voir pour l'affirmative et 49 pour la négative. Le président a déclaré en conséquence que la chambre s'occuperoit de la proposition de M. de Barthélemy.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

:

Le 19, la chambre a entendu un rapport de M. Magneval, sur des pétitions, la plupart relatives à des intérêts particuliers ou à des projets sur l'administration; on a passé à l'ordre du jour. La chambre a cependant manifesté son improbation sur l'ouvrage d'un sicuṛ Mazuyer, de Strasbourg, ouvrage qui a pour titre l'Etat actuel® des sociétés en Europe, et qui est rempli de déclamations; l'auteur propose la suppression de la noblesse. La chambre passe à la délibération sur les derniers articles du projet de loi sur le commerce et la fabrication du salpêtre. Ces articles, au nombre de quatre, n'ont occasionné aucune discussion, et ont été adoptés avec les amendemens de la commission. MM. de Chauvelin et Ternaux avoient présenté quelques amendemens qui ont été rejetés. On a voté au scrutin sur l'ensemble de la loi. Il y a eu 151 boules pour et 41 contre. Le projet est accepté. La chambre s'est retirée dans les bureaux pour examiner la résolution de la chambre des pairs sur le droit d'aubaine, et les projets de cis sur les compte des ministères et sur ́ les rentes.

Le

20,

les bureaux ont nommé les commissions qui doivent s'occuper de ces trois objets. Il n'y a pas eu de séance depuis.

(Samedi 27 février 1819.)

Mandemens pour le Carême.

(No. 475).

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Si nous nous abstenons, et si nous devons nous a abstenir en effet, de reudre compte de tous les Mandemens qui paroissent, et qui offriroient souvent les mêmes idées, ou bien qui n'ayant trait qu'à des circonstances particulières et locales, présenteroient par conséquent moins d'intérêt hors des diocèses respectifs, nous avons coutume, chaque année, de faire connoître quelques-uns des Mandemens publiés à l'occasion du Carême, surtout lorsqu'ils renferment quelque chose de particulier, qu'ils sont relatifs à quelque fait remarquable, ou qu'ils réfutent quelque mauvaise doctrine; et nos lecteurs ont paru approuver cet usage. Nous donnerons donc aujourd'hui quelques extraits de Mandemens qui viennent de paroître, et qui se recommandent sous différens rapports.

S. Em. M. le cardinal de Périgord, grand-aumônier de France, s'exprime ainsi dans son Mandement du 12 février (1), adressé au clergé et aux fidèles soumis à sa juridiction:

La loi imposée au corps des fidèles, est universelle, N. T. C. F., parce que tous nous sommes pécheurs, et que nous avons un égal besoin d'implorer la miséricorde divine; parce que tous nous sommes chrétiens et disciples de la croix, et qu'appelés à régner avec Jésus-Christ, comme dit l'Apôtre, nous devons acquérir avec lui une exacle ressemblance; et si l'Eglise use de douceur et se relâche de la sévérité du précepte, c'est quand une véritable nécessité l'y autorise, et non pour flatter notre délicatesse, ou pour compatir à une foiblesse imaginaire. Conduite et dirigée par l'esprit de Dieu, elle ne sauroit devenir complice de nos transgressions; et sur

(1) 8 pages in-4°.; prix, 75 cent. frane de port. A Paris, Adrien La Clere, au bureau du journal. Tome XIX. L'Ami de la Religion et du Rot. E

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prendre son indulgence, ne sauroit être un titre d'excuse et un motif de justification aux yeux de celui qui sonde les cœurs et les reins si l'Eglise modere l'austérité de sa loi, ce ne sera pas sans doute en faveur de ces heureux du siècle, assis au sein de l'abondance, environnés de toutes les jouissances de la vie, dont la santé est florissante, et qui voudroient encore trouver, dans une délicatesse prétendue, ou dans les calculs d'une feinte économie, des raisons de dispense, quand ils devroient puiser, dans leur mollesse accoutumée, de nouveaux motifs de mortification et de pénitence; mais l'Eglise reservera surtout son indulgence pour ceux de ses enfans qui, affligés d'infirmités corporelles, expient chaque jour, par les souffrances et les privations, les fautes dont ils s'étoient rendus coupables envers le Seigneur; et pour les pauvres, qui se nourrissent d'un pain trempé de leurs larmes, et consument leurs forces dans de pénibles travaux.

»Pour vous, N. T. C. F., qui servez sous les drapeaux du Prince, si vous ne pouvez tous remplir le jeûne extérieur et cor. porel (et il est loin de notre pensée de vous imposer à cet égard un joug qui surpasseroit vos travaux et vos forces), vous entrerez dans l'esprit du précepte, et vous offrirez chaque jour à Dieu le sacrifice d'un cœur droit et sincère. Avec quelle joie nous avons appris le bien qui s'est opéré parmi vous, dans l'année qui s'est écoulée, et les bénédictions dont Dieu a couronnés son œuvre; des cœurs où repose le véritable honneur ont aussi été le sanctuaire des vertus chrétiennes; et dans vos rangs, où le Roi ne compte que des sujets fidèles et dévoués, l'Eglise a trouvé des enfans nombreux et dociles. Continuez à honorer la Religion par vos sentimens et par votre conduite, comme vous honorez la patrie par votre bravoure; encouragez le ministère de ceux qui vous servent de guides dans les voies du salut, et donnez-leur, dans cette sainte quarantaine, un nouveau témoignage de votre soumission à l'Eglise, et de votre zèle pour l'accomplissement de vos devoirs ».

MM. les vicaires généraux du diocèse de Paris, dans leur Mandement (1), du 15 du même mois, opposent à l'incrédulité la nouveauté de ses systêmes, les excès de ses

(1) 16 pages in-4°.; prix, 1 fr. franc de port. A Paris, chez Adr. Le Clare, au bureau du journal.

partisans, et les suites désastreuses de leurs leçons; puis ils ajoutent:

« Mais si nous vous exhortons, N. T. C. F., vous prononcer avec force contre toutes les tentatives de l'incrédulité, nous devons vous avertir aussi que, de fausses opinions, autre genre d'ennemis, cherchent à vous détourner, dans la pratique même de la religion, de la voie tracée par l'autorité de l'Eglise. Afin de vous prémunir contre des principes Rouveaus, qui rendroient bien plus fatale l'une des grandes plaies de l'Eglise, en concourant à éloigner de vos familles les bénédictions divines, nous vous avertissons que la seule doctrine que vous devez suivre concernant la sainte alliance conjugale, est celle que le saint concile de Trente a enseignée, que l'Eglise universelle a constamment reconnue et pratiquée, dont le saint Siége a maintenu l'observance, et que le clergé de France a toujours conciliée, et qu'il concilie encore aujourd'hui, avec les règles civiles établies par les lois du royaume.

» Tel est, N. T. C. F., entre les autres enseignemens, celui de ce saint concile, touchant les empêchemens du mariage : « Si quelqu'un dit que l'Eglise n'a pu établir des em» pêchemens dirimans du mariage, ou qu'elle a erré en les » établissant, qu'il soit anathêine». Si quis dixerit Ecclesiam non potuisse.constituere impedimenta matrimonium dirimensia, vel in iis constituendis errasse; anathema sit. Il est donc du devoir du chrétien de reconnoître daus l'Eglise le pouvoir d'établir des empêchemens dirimans du mariage des fideles, de respecter sans exception, dans ceux qu'elle a établis, le sage et légitime usage de l'autorité qu'elle a reçue de JésusChrist, et à laquelle ses enfans doivent l'obéissance, dans toutes les parties de l'univers, et sous tous les empires du monde.

» Vous connoissez encore, N. T. C. F., la discipline établie par le même concile, et pratiquée depuis plusieurs siècles dans les diocèses de France, concernant la célébration du mariage en présence du pasteur ou d'un autre prêtre délégué par lui. Refusez votre confiance à toutes les innovations que des hommes sans mission voudroient introduire sur cette sainte discipline. L'Eglise a-t-elle reçu pour principe de son fondateur, de livrer l'exécution de ses lois à des in

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