Le rationalisme chrétien a la fin du XIe siècle: ou, Monologium et proslogium de Saint Anselme, sur l'essence divine

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Amyot, 1842 - 356 pages
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Page liii - Et certes on ne doit pas trouver étrange, que Dieu en me créant ait mis en moi cette idée pour être comme la marque de l'ouvrier empreinte sur son ouvrage...
Page liv - Dieu se trouve contenue) par la même faculté par laquelle je me conçois moi-même; c'est-à-dire que lorsque je fais réflexion sur moi, non seulement je connais que je suis une chose imparfaite, incomplète, et dépendante d'autrui, qui tend et qui aspire sans cesse à quelque chose de meilleur et de plus grand que je ne suis...
Page lii - Par le nom de Dieu j'entends une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute-puissante, et par laquelle moi-même et toutes les autres choses qui sont (s'il est vrai qu'il y en ait qui existent) ont été créées et produites. Or, ces avantages sont si grands et si éminents, que plus attentivement je les considère, et moins je me persuade que l'idée que j'en ai puisse tirer son origine de moi seul. Et par conséquent il faut nécessairement conclure de tout...
Page liii - ... j'ai en quelque façon premièrement en moi la notion de l'infini que du fini, c'est-à-dire de Dieu que de moi-même ; car comment serait-il possible que je pusse connaître que je doute et que je désire, c'est-à-dire qu'il me manque quelque chose...
Page liii - Et il n'est pas aussi nécessaire que cette marque soit quelque chose de différent de ce même ouvrage : mais de cela seul que Dieu m'a créé, il est fort croyable qu'il m'a en quelque façon produit à son image et semblance, et que je conçois cette ressemblance dans laquelle l'idée de Dieu se trouve contenue par la même faculté par laquelle je me conçois moi-même, c'est-à-dire que lorsque je fais réflexion sur moi, non seulement je connais que je suis une...
Page lxxiii - Dieu par démonstration, & qu'une masse :de matiere, dont les parties sont sans perception, ne sçauroit faire un tout qui pense. Je ne méprise point l'argument inventé, il ya quelques siècles, par Anselme, qui prouve que l'être parfait doit exister ; quoique je trouve qu'il manque quelque chose à cet argument, parce qu'il suppose que l'être parfait est possible. Car si ce seul point se démonstre encore, la démonstration toute entiere sera entierement achevé.
Page 11 - ... ne soit un grand bien? Celui-là donc est bon par soi-même, puisque c'est par sa bonté que tout est bien. Il suit que tous les autres biens sont biens par un autre, et ce bien-là seul par lui-même. Mais aucun bien, tel par la vertu d'un autre, n'est égal à celui qui l'est par soi-même, ou n'est plus grand que lui. Celui-là donc est seul souverainement bon qui est bon par soi ; car cela seul est suprême qui est tellement élevé au-dessus des autres , qu'il n'a ni égal ni supérieur.
Page xxxvi - Quid plura et plura? Bonum hoc et bonum illud : toile hoc et illud, et vide ipsum bonum, si potes ; ita Deum videbis, non alio bono bonum, sed bonum omnis boni.
Page lii - Partant, dit-il, il ne reste que la seule idée de Dieu dans laquelle il faut considérer s'il ya quelque chose qui n'ait pu venir de moi-même.
Page li - Car lorsque je pense que la pierre est une substance ou bien une chose qui de soi est capable d'exister, et que je suis aussi moi-même une substance, quoique je conçoive bien que je suis une chose qui pense et non étendue, et que la pierre au contraire est une chose étendue et qui ne pense point, et qu'ainsi entre ces deux conceptions il se rencontre une notable différence ; toutefois elles semblent convenir en ce point qu'elles représentent toutes doux dus substances.

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