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HIST. XVI s. Et avoient l'authorité souveraine | moins fiers, 4. p. m, 133. Mais d'autres leur répli de commander alternativement l'un après l'autre, quent par ces deux vers du même auteur: Ce perAratus et luy, AMYOT, Arat. 38. Et affin que l'on tire ruquier superbe est l'effroi du quartier, Et son counuict et jour, il fault que les canoniers alternati- rage est peint sur son visage altier, Lutr. 1, 223. La vement s'entre-raffraischissent, CARL. V, 25. vérité est que la rime d'altier et fier n'est plus qu'une rime pour les yeux et doit être bannie aujourd'hui; mais autrefois elle était exacte; Chifflet, Gramm. p. 188, note que altier se prononce comme enfer, hiver. Mais alors il ne rimait pas avec quartier. -HIST. XVI S. Fort altier [en bonne part] en son ame d'avoir eu un si bon visage, et tant de louanges du plus grand capitaine de France, CARL. 1, 19.

-ETYM. Alternative, et le suffixe ment. ALTERNE (al-tèr-n'), adj. || 1° Terme de géométrie. Angles alternes internes, ou simplement alternes, angles formés par une sécante et deux parallèles, et situés l'un d'un côté, l'autre de l'autre de la sécante, en dedans des deux parallèles. Angles alternes externes, angles disposés de même, mais en dehors des deux parallèles. || 2° En termes de botanique, feuilles alternes, feuilles disposées les unes au-dessus des autres les deux côtés opposés de la tige.

ETYM. Ital. altiero; de altus, haut (voy. HAUT). + ALTIÈREMENT (al-tiê-re-man), adv. D'une manière altière.

ETYM. Altière au féminin, et ment.

† ALTIMETRIE (al-ti-mé-trie), s. f. Mauvais mot. Voy. HYPSOMÉTRIE.

fALTITUDE (al-ti-tu-d'), s. f. Terme de géographie. Hauteur par rapport au niveau de la mer. Les altitudes de plusieurs localités et de diverses montagnes.

alterée ne muée, ORESME, Eth. 25. || xv s. Mais qui
s'altere en trop chantant Peut bien trois fois ou qua-
tre, Sans vergongne, boire d'autant, BASSELIN, I.
XVI S. Le vin s'altere aux caves, MONT. 1, 20. Ils
souffroient d'estre fouettez jusques à la mort sans
alterer leur visage, ID. I, 307. Le degousté charge
la fadeur au vin; l'alteré, la friandise, ID. II, 373.
Il se sentit tellement embrasé et alteré, que toute
son attente n'estoit qu'à complaire à sa chere cap-
tive, YVER, p. 544. Et y estoit la peinture en reputa- - ETYM. Alternus, de alter (voy. AUTRE).
tion de retenir la vraye perfection, sans y avoir ALTERNÉ, ÉE (al-tèr-né, née), adj. En termes
rien de corrompu ny d'alteré, AMYOT, Aratus, 14. Il de blason, se dit des pièces qui se correspondent.
no beuvoit jamais estant à la guerre que de l'eau, ALTERNER (al-tèr-né), v. n. || 1o Faire une chose à
si ce n'estoit aucunefois qu'il se trouvoit excessive- deux et tour à tour. Ces deux employés alternent
ment alteré, ID. Caton, 3. De ne plus s'alterer con- tous les mois. || 2° Se succéder régulièrement. Dans
tre [se brouiller avec] les femmes, CARL. II, 9. Cela cette allée les ormeaux alternent avec les tilleuls.
les altera tellement que chacun d'eux taschoit à 30 Terme d'agriculture. Varier la culture. On al-HAUT).
desarçonner son compagnon, Satir. Mén. p. 114. Des terne chaque année. || 4° V. a. Dans le même sens,
estrangers alterez de nostre sang, ib. p. 163. La de-alterner un champ; alterner une culture.
coction de deux poulets ou chapons alterés avec
ozeille, scabieuse.... O. DE SERRES, 947. Estant la
personne fort alterée en temps chaud, pourra
boire.... ID. 948. Les rois de France et de Polongne,
sous couleur de porter un mommon, entrent chez
Nantouillet, mettent tout par place jusques à rom-
pre les coffres, piller la vaisselle et l'argent mon-
noié au profit de quelques alterez qui les suivoient,
D'AUB. Hist. II, 104.

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- ETYM. Provenç. et espagn. alterar; ital. alterare; d'alterare, de alter, autre (voy. AUTRE). On voit la série des sens : changer, émouvoir, affecter, et, finalement, causer de la soif.

ALTERNANCE (al-tèr-nan-s'), s. f. Il 1° Action
d'alterner. || 2° En botanique, loi d'alternance dans la
disposition des pièces qui composent les verticilles
floraux, qui fait que chacune d'elles correspond à
l'intervalle qui sépare les deux pièces voisines,
placées devant ou derrière. || 3° On appelle aussi alter-
nance la superposition des couches de terrain stra-
tifiées. || 4° Succession naturelle des espèces végéta-
les sur un sol non cultivé.

-ETYM. Alternant.
ALTERNANT, ANTE (al-tèr-nan, nan-t'), adj.
|| 1° Qui alterne. Deux professeurs qui font tour à
tour le même cours sont des professeurs alternants.
12° Se dit, en minéralogie, d'une roche dont les
fouillets sont alternativement de nature différente.
ALTERNAT (al-tèr-na), s. m. Action ou droit
d'alterner.

- ETYM. Voy. ALTERNER.
ALTERNATIF, IVE (al-tèr-na-tif, ti-v'), adj.
||1° Qui vient tour à tour. Mouvement alternatif.
Culture alternative. Un mouvement alternatif de
l'appétit au dégoût, BOSS. Am. des plais. || 2° Pro-
position alternative, proposition contenant deux
parties opposées dont l'une doit nécessairement être
admise, comme par exemple: Il faut ou payer ou
rendre. || 3° En termes de botanique, pétales alter-
natifs, pétales qui sont insérés aux points qui sépa-
rent les lobes du calice. || 4° En termes de droit,
obligation alternative, obligation dans laquelle le
débiteur a le choix de se libérer par la délivrance
d'une des choses spécifiées.

HIST. XVI's. Et estoyent les compaignies si alternatives, que, quand les unes se retiroient, il en revenoit d'autres, CARL. V, 1.

- ETYM. Alterner.
ALTERNATIVE (al-tèr-na-ti-v'), s. f. || 1° Succes-
sion de deux choses qui reviennent tour à tour. Vi-
vez-vous encore dans ces alternatives de grâce et de
péché? MASS. Rech. [Si on ne menait une vie égale
et uniforme] on ne pourrait comparer, sans beau-
coup d'erreur ou d'incertitude, les transpirations
de différents temps; une alternative irrégulière
d'intempérance et de sobriété brouillerait tout,
FONTEN. Dodart. 2° Option entre deux choses, en-
tre deux propositions. Vous jugez bien que dans l'al-
ternative qu'elle me proposait je n'avais qu'un parti
à prendre, FONTEN. Candaule, Gygès.

HIST. XVI s. Par la vicissitude et alternation
des heureux succès et malheureux evenemens,
M. DU. BELL. 294.

ETYM. Alternatif.
ALTERNATIVEMENT (al-tèr-na-ti-ve-man), adv.
Tour à tour. Des plages alternativement sèches et
noyées. Ils ont commandé alternativemert.

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ETYM. Altercari, proprement prendre la parole à son tour, et de là le sens d'altercation qu'il a en latin; de alter (voy. AUTRE),

ALTESSE (al-tè-s'), s. f. 1 1 Titre d'honneur donné
ordinairement aux princes et aux princesses du
sang.... Je sais, sage princesse, Quelles soumis-
sions je dois à Votre Aktesse, ROTROU, Vencesl. II, 1.
Le cardinal de Bouillon prétendait à Rome l'altesse
éminentissime, ST-SIM. 53, 140. L'Italie, fertile en
mots honorifiques, nous a donné l'altesse vers 1600,
et les gens d'Église même s'en sont emparés; elle est
due aux princes du sang, et on la donne par cour-
toisie aux princes étrangers sortis de maisons sou-
veraines, quand on leur écrit, DE CAILLIÈRES, 1690.
|| 2° La personne même qui porte ce titre. Je vais
au palais d'une altesse, Et j'achète un habit de
cour, BERANG. Hab. de cour.

ETYM. Provenç. altezza, auteza; ital. altezza.
Ce mot est exactement le même que hautesse. Seu-
lement dans le premier la prononciation conforme
à l'étymologie a prévalu, tandis que dans l'autre la
prononciation est conforme à l'usage français qui
veut que al des Latins se change en au. Altesse
vient de altus, haut (voy. ce mot).
ALTHÆA (al-té-a), s. m. Plante, espèce de gui-
mauve.

HIST. XVI S. Gargarismes faits de racines de althea, figues, etc. PARE, VI, 8.

ETYM. Latin althæa, du grec 20αía, du verbe 20w, guérir, parce que la guimauve était regardée comme un remède excellent.

ALTIER, IÈRE (al-tié, tiê-r'. Cet homme altier et dur; dites: al-tié-et-dur. Des grammairiens veulent qu'on prononce al-tiê-r' et-dur; mais cela est mauvais, même en poésie: l'hiatus vaut mieux que cette articulation de l'r), adj. Qui a de l'orgueil, de la hauteur ou qui marque l'orgueil, la hauteur. Un caractère altier. Humeur altière. Démarche altière. Don Diègue est trop altier, et je connais mon père, CORN. Cid, 1, 3. Le Jourdain ne voit plus l'Arabe vagabond Ni l'altier Philistin par d'éternels ravages.... RAC. Athal. II, 5. Peut-être on t'a conté la fameuse disgrâce De l'altière Vasthi, dont j'occupe la place, ID. Esth. I, 1. Pour un si bas emploi ma muse est trop altière, BOIL. Sat. 1. Et fausse trop souvent, cette altière sagesse N'attend qu'un crime heureux pour montrer sa bassesse, GRESSET, Édouard III, II, 6. Incapable de ces passions altières et véhémentes qui sont presque les seules sources du sublime, VAUVEN. Mont. et Pasc. || En prose, il suit toujours le substantif; en vers et dans la prose élevée, il le précède souvent.

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- ETYM. Altitudo, bauteur, de altus, haut (voy. ALTO (al-to), s. m. || 1° Instrument à quatre cordes, de même forme, mais un peu plus grand que le violon. On le nomme aussi, mais très-rarement, viole, de son nom italien viola, et plus souvent quinte, parce qu'il descend une quinte au-dessous du violon. || Au plur. des altos. || 2° Nom donné autrefois au genre de voix intermédiaire entre le dessus ou le soprano et la taille ou le ténor. On dit aujourd'hui contralto en parlant des femmes, et hautecontre en parlant des hommes.

-ETYM. Ital. alto, haut (voy. HAUT), ainsi nommé, non qu'il ait un son élevé, mais par opposition à basse.

+ALTO-BASSO (al-to-ba-sso), s. m. Instrument carré, à cordes, et que l'on frappe avec des baguettes. || Dans les quintettes où se trouvent deur parties de violoncelle, on remplace quelquefois la partie de second violoncelle par une seconde partie d'alto; alors le premier alto s'appelle alto-viola, et le second, alto-violoncelle ou alto-basso.

-ETYM. Ital. alto, haut, et basso, bas (voy. ALTO). † ALTRUISME (al-tru-i-sm'), s. m. Terme de philosophie. Ensemble des penchants bienveillants. L'altruisme est opposé à l'égoïsme. Mot dû à A. COMTE. ETYM. Autrui.

+ALTRUISTE (al-tru-i-st'), adj. Qui a rapport à l'altruisme (voy. ce mot).

ALUDE (a-lu-d'), s. f. Basane colorée dont on se sert dans la reliure.

-HIST. XII's. Ne bourse d'alue n'est preux, Liv. des mét. 206.

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ETYM. Provenç. aluda; du latin aluta, peau à faire des souliers, des sacs, etc.

ALUDEL (a-lu-dèl), s. m. Terme de chimie. Assemblage de pots ou chapiteaux qui s'emboîtent les uns dans les autres, de manière à former un tuyau.

HIST. XIII S. Por quoi donc en tristor demores? Je vois maintes fois que tu plores Cum alambic sus alutel, la Rose, 6406. || XVI s. Cornue, cuenne, recipiens, aludel, materas, PARÉ, t. II, p. 638.

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ALUINE (a-lui-n'), s. f. Synonyme d'ABSINTHE. HIST. XVI S. De plant enraciné et de semence s'edifie l'aluine ou absinthe, O. DE SERRES, 585. Les poulailles ayans mangé de l'aluyne, leur chair est amere, PARE, XXIII, 4.

-ETYM. Sans doute ainsi nommée à cause de son amertume (voy. ALOÈS).

ALUMELLE (a-lu-me-l'), s. f. || 1° Lame de couteau ou d'épée. Vieux. || 2° Terme de marine. Petite plaque de fer qui sert à garnir la mortaise du gouvernail. || 3° Outil d'acier qui sert à polir et à achever les peignes.

- HIST. XIII S. Qui tel fait faire li velst, Dur fust qui pitié n'en preist, Quand si veist Dido la bele Sorla pointe de l'alemele, la Rose, 13412. Qui a deux cornes à la teste, Si tranchans comme une alemele, le Bestiaire. || xiv s. Portant une grant hache à son col, la quelle avoit bien trente deux posses [pouces d'alemelle, DU CANGE, alumella. lxvs. Et ont Irlandois couteaux aigus devant, a large allumelle à deux taillans, FROISS, III, IV, 42

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[Le comte de Foix] fit ouvrir l'huis de la prison, et vint à son fils, et tenoit l'alemelle de son coutel par la pointe, ID. II, III, 43.

ETYM. Norm. armelle. Alumelle est venu d'alemelle, par une fausse assimilation avec le verbe allumer, qui n'a rien de commun avec alumelle. Alemelle est composé de la préposition à, et de lamelle, petite lame (voy. LAMELLE). On trouve dans une ordonnance de 1680 la forme correcte: allemelles de couteaux de toutes sortes, le cent pesant payera

trente sols.

† ALUMINAIRE (a-lu-mi-nê-r'), adj. Terme de minéralogie. Se dit des pierres volcaniques qui contiennent de l'alun tout formé.

ALUMINE (a-lu-mi-n'), s. f. Terme de chimie. Base salifiable qui existe dans l'alun et dans les diverses argiles; à l'état de pureté, elle est blanche, douce au toucher, insipide, adhérente à la langue. -ETYM. Alumine, ablatif de alumen (voy. ALUN). + ALUMINE, ÉE (a-lu-mi-né, née), adj. Où on a mis de l'alumine.

† ALUMINER (a-lu-mi-né), v. a. Mettre de l'alumine.

ALUMINEUX, EUSE (a-lu-mi-neû, neû-z'), adj. Qui contient de l'alun. Un terrain alumineux; terre alumineuse.

HIST. XVI'S. Galien loue fort l'eau alumineuse, PARE, XI, 6. S'il est alumineux, elles auront le goust d'alum, ID. XXV, 41.

ETYM. Alumine; provenç. alluminos. ALUMINIUM (a-lu-mi-ni-om'), s. m. Terme de chimie. Métal qui est le radical de l'alumine.

ALUN (a-lun), s. m. Sulfate acide d'alumine et de potasse ou d'ammoniaque, sel d'une saveur astringente. Quatre bottes d'onguents, une d'alun brûlé, RÉGN. Sat. XI.

HIST. XIII S. Nus tainturiers ne puet ne ne doit metre alun de bouquauz ne fuel de fuelle, car ce sont fausses taintures, Liv. des mét. 135. Et sur ces cercles getent piaus de mouton conrées [corroyées] en alun, JOINV. 230. || XIV S. Tu cuis alumz, nitre, atramens, Fonds metaulz, brules orpimens, Nat. à l'alch. err. 19. || XVI's. Alum, escorce de grenade.... un peu d'alun de roche, PARE, VI, 8. Alun calciné, ID. VII,.7. Alun de glace, ID. XXV, 32. Alum de roche. Alum de glace bruslé reduit en poudre, o. DE SERRES, 906.

- ETYM. Wall. alon; provenç. alum, alun; espagn. allumbre; ital, allume; du latin alumen. C'est la formation régulière, comme de legumen, on fit leun; alumine, légume sont des formes modernes. ALUNAGE (a-lu-na-j'), s. m. Terme de teinturier. Action de plonger les étoffes dans une dissolution d'alun pour les préparer à la teinture.

ETYM. Aluner.

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a fait alvéole du féminin: Les mouches construisent tel nombre d'alvéoles plus grandes que les premières, BUFF. Abeilles.

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HIST. XVI S. Puisque desja nous ne sommes que trop enclins à hypocrisie, il n'estoit ja mestier d'attiser le feu, ou bien nous faire crouppir en nos ordures en HIST. XVI's. Les dents sont fichées dans les amadouant nostre paresse, CALV. Inst. 317. Il ne mandibules en certaines cavités appellées alveoles, nous faut imaginer une fiance, laquelle amadoue comme un pau fiché en terre, PARÉ, IV, 2. A fin l'ame et lui donne un repos souef pour l'endormir, de reduire et rassembler l'alveole qui aura esté eslar-ID. ib. 683. Ores le guerroiant comme il pouvoit, gi, et quelques fois rompu en tirant la dent, ID. xv, 28. ores l'amadouant par trefve, BRANT. Ferdinand I. ETYM. Alveolus, diminutif d'alveus, qui signi- ETYM. Picard, amidouler, ramiouler; wallon, fie lit d'un fleuve, auge, vase, vaisseau, etc. (voy.madoûler, amadoúler, amidoûler, et aussi adawî, AUGE). adoûler, amadouler, amidouler, amilourder; et encore, agnoûler, andoûler; rouchi, amadouler, amitouler; madoule, enjôleuse. Ménage tire ce mot de amatus, aimé, sans aucun fondement. Diez fait venir non pas amadouer d'amadou, mais amadou d'amadouer l'ancien scandinave mata, danois made, veut

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† ALVEOLE, ÉE (al-vé-o-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est pourvu d'alvéoles. +ALVIER (al-vié) ou ALVINIER (al-vi-nié), s. m. Petit étang destiné à élever de l'alevin pour peupler les grands étangs.

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ALVIN, INE (al-vin, vi-n'), adj. Terme de mé-dire donner de la nourriture, par exemple aux petits decine. Qui a rapport au bas-ventre. Evacuation alvine. Flux alvin.

– ETYM. Alvinus, de alvus, ventre, radical d'alveus, auge (voy. AUGE). + ALYSSE (a-li-s'), s. f. ou ALYSSON (a-li-sson), s. m. Plante d'agrément. Alysse jaune, corbeille d'or. ÉTYM. A privatif, et λúčev, avoir le hoquet; parce que les anciens attribuaient à cette plante la vertu d'arrêter le hoquet.

ALZAN, ANE (al-zan,za-n”), adj. Voy. ALEZAN. † AMABILE (a-ma-bi-lé), adv. Terme de musique. Marque une exécution douce et gracieuse.

ETYM. Ital. amabile, aimable (voy. AIMABLE). AMABILITÉ (a-ma-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est aimable. L'amabilité de ses manières. Je suis persuadée de toute l'amabilité de la belle Rochebonne, SEV. 318.

HIST. XIV S. Puis que il n'ont en soy chose qui soit aimable ou digne d'estre amée, il ne pevent avoir amiableté à soy meisme, ORESME, Eth. 288. ETYM. Amabilitas, de amabilis (voy. AIMABLE). † AMADE (a-ma-d'), s. f. Terme de blason. Il se dit de trois listes parallèles qui traversent l'écu sans toucher aux bords.

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AMADIS (a-ma-dis'), s. m. Manche de robe qui s'applique exactement sur le bras et se boutonne sur le poignet.

ETYM. « On appelle ainsi, dit Ménage, depuis quelques années, la manche d'une veste d'homme serrée et boutonnée jusqu'au poignet. Et elle a été ainsi appelée parce que dans l'opéra d'Amadis les acteurs avaient de ces sortes de manches. » Amadis, nom du héros d'un roman célèbre du moyen âge et qui vient de amare, aimer (voy. AIMER).

† AMADOTE (a-ma-do-t'). Poire amadote. Terme formé par corruption du mot damoudot ou plutôt dame Oudet, laquelle dame était du village de Demigni, entre Beaune et Châlon, et eut la première de ces fruits en ce pays-là.

oiseaux; gothique, matjan, manger; amadouer en aurait été formé avec l'introduction de la voyelle de dérivation ou (comp. ÉVANOUIR): a-mad-ouer, attirer avec des aliments; ital. ad-escare; à la vérité, on devrait attendre amatouer; mais que le t gothique se change en d, c'est ce que prouve guider de vitan; la forme picarde est amidouler. Cette étymologie est savante et probablement bonne. Ca remarquera qu'amadouer est récent dans la langue française (je n'ai pas d'exemple plus ancien que le xvi siècle; et même amadou n'est pas dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie). On remarquera aussi que amadouer, dans ses diverses formes, appartient aux pays du Nord (Picardie, pays wallon, Namur, Rouchi). Cette circonstance favorise l'opinion de M. Diez, en même temps qu'elle fait croire que c'est du patois de ces pays que le mot a passé dans le français. M. Grandgagnage, vu les formes adawi, adouler, préfère une étymologie latine, adulari, flatter, avec une m épenthétique par raison d'euphonie. Toutefois, de mon côté, prenant en considération les formes agnouler, andouler, je suis porté à croire que les formes ont subi cette dégradation-ci amadouler, andoûler, agnoûler, adoùler; par conséquent j'incline du côté de l'opinion de M. Diez.

+AMADOUEUR, EUSE (a-ma-dou-eur, eû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui amadoue.

† AMADOUVIER (a-ma-dou-vié), s. m. Terme de botanique. Nom donné particulièrement à l'agaric amadouvier, sorte de champignon.

-ETYM. Amadou.

AMAIGRI, IE (a-mè-gri, grie), part. passé. Rendu maigre. Un boeuf amaigri. Son visage amaigri par la douleur.

AMAIGRIR (a-mè-grir), v. a. 1° Rendre maigre. Le jeûne l'amaigrissait. || Absolument. On prétend que l'usage du vinaigre amaigrit.|| 2o Fig. Bien qu'il soit infiniment sensible à la misère et AMADOU (a-ma-dou), s. m. Substance qui, rece- aux plaintes de son peuple, il n'a pu néanmoins vant une étincelle, prend feu. L'amadou est la par-s'empêcher de l'amaigrir, BALZ. Le Prince, ch. 17. tie spongieuse de l'agaric du chêne, réduite en plaques minces par le martelage sur un billot en bois, bouillie ensuite dans une solution de nitrate de potasse, puis battue de nouveau et séchée.

REM. Il y a beaucoup de tendance à faire amadou du féminin; c'est une faute grossière.

-ÉTYM. Voy. AMADOUER; génev. madou. AMADOUÉ, ÉE (a-ma-dou-é, ée), part. passé. Amadoué par de belles paroles. Qu'on est aisément amadoué par ces animaux-là! MOL. le Bourg. G. III, 10. Glorieux de me voir si hautement loué, Je de vins aussi fier qu'un chat amadoué, REGNIER, Sat.

ALUNIÈRE (a-lu-niê-r'), s. f. Lieu d'où l'on tire VIII. de l'alun.

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ETYM. Alun, et ferre, porter.

† ALUNITE (a-lu-ni-t'), s. f. Terme de minéralogie. Roche d'où on tire l'alun du commerce.

+ ALUNOGENE (a-lu-no-jê-n'), s. m. Terme de minéralogie. Sulfate d'alumine hydraté, en petites masses blanches, fibreuses ou écailleuses.

ALVEOLAIRE (al-vé-o-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux alvéoles. Nerfs, artères alvéolaires.

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· ÉTYM. Alvéole. ALVÉOLE (al vé-o-l'), s. m. || 1° Petite cellule l'abeille dépose ses œufs et son miel. Les unes de leurs toits font sortir leur jeunesse Aux rayons du soleil et dans les champs fleuris, Epaississent le miel, ou dans leurs alvéoles De ce nectar si doux amassent les trésors, MALFIL. Génie de Virg. || 2° Cavité dans laquelle les dents sont enchâssées.

REM. Buffon, par une faute assez commune,
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

† AMADOUEMENT (a-ma-doû-man), s. m. Action d'amadouer.

-HIST. XVI's. L'autre plus ordinaire est par flatterie et amadouement; car il ne lui faut pas resister tout ouvertement, CHARRON, Sagesse, liv. III, chap. 4.

ÉTYM. Amadouer. Il est écrit amandouement dans COTGRAVE, Dict. AMADOUER (a-ma-dou-é), v. a. Flatter quelqu'un, le caresser de manière à le rendre favorable et facile. Voilà les discours qu'elle tenait à son mari; et l'ayant su amadouer, Francion, 11, p. 60. Il l'amadoue, elle le flatte, LA FONT. Fab.11, 18. Quant à Vulcain, elle le flatte, le supplie, l'implore, l'amadoue, BERN. DE S. P. Arcad. Mme de Soubise amadoua et intimida si bien Châteauneuf, qu'elle lui fit écrire sur ses registres que ces messieurs [de Soubise et comte d'Auvergne] n'avaient pas pris l'ordre pour n'avoir pas voulu céder à des cadets de la maison de Lorraine, ST-SIM. 68, 222. Demeure, toi, je veux te parler sans témoins (Il faut l'amadouer, j'ai besoin de ses soins), REGNARD, Folies am. 1, 3.

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3° Amaigrir un terrain, le rendre stérile. Le cheval et la plupart des autres animaux amaigrissent en peu d'années les meilleures prairies, BUFF. Bœuf. || 4° Terme d'architecture. Diminuer l'épaisseur. Amaigrir une pierre, une pièce de charpente. || En peinture, amoindrir. Ce muscle est trop fort; il faut l'amaigrir.

5° S'amaigrir, v. réft. Se rendre maigre. S'amaigrir par l'abstinence. Pour m'aller amaigrir avec un tel chagrin, MOL. le Dépit, 1, 2. || En parlant d'un modèle en terre glaise, diminuer de volume, se resserrer en séchant. Cette figure s'est amaigrie.

HIST. XIII® S. Icis venirs, icis alers, Icis veilliers, icis parlers Font as amans sous lor drapiaus [vêtements] Durement ameigrir lor piaus, la Rose, 2558. A li [papelardise] et as siens est la porte Deveée de paradis; Car ices gent si font lor vis [visages] Amegrir, a dit l'Evangile, Pour avoir loz parmi la ville, la Rose, 433. xv s. Il convient qu'il soit amesgriz; Il a trop grasse la ventraille, Mart. de S. P. et S. P. || xvi s. En lieu d'amaigrir pour le jeune de caresme, elle estoit plus belle et plus fraische qu'à caresme-prenant, MARG. Nouv. xxxv. Les ciches emmaigrissent la terre,o. DE SERRES, 100.

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quel on sépare l'or et l'argent de leur minerai, à | figiers et d'alemandiers, Le beau desconeus, dans l'aide du mercure.

– ÉTYM. Amalgamer. AMALGAME (a-mal-ga-m'), s. m. || 1° Alliage u mercure avec un autre métal. Quand on dit amalgame d'étain, on indique l'alliage de ce métal avec le mercure. || 2° Fig. Mélange de personnes ou de choses de nature, d'espèce différente. Un amalgame d'hommes de tous les rangs. Cet homme, étrange amalgame de défauts et de qualités.

Arch. des missions scientifiques, t. v, p. 173.
XII s. Alemandiers i ot planté, Et si ot ou ver-
gier planté Maint figuier et maint biau datier, la
Rose, 1345. || XVI s. Le noyer, allemandier, et plu-
sieurs autres especes d'arbres fruitiers, PALISSY, 85.
Palmiers, amandiers.... ID. 274. Estant l'amandier
arbre primerain, aussi sera-il mis des premiers en
terre, o. DE SERRES, 679.

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· ETYM. À et marque.

AMARRAGE (a-ma-ra-j'), s. m. || 1o Action d'amarrer. || 2o Union de deux cordages par un autre plus petit qui fait plusieurs tours symétriques, et qui est dit non pas amarre, mais ligne d'amarrage. Les galères hivernèrent à Rouen, et celui qui les y avait amenées devait naturellement les préserver des accidents dont elles étaient menacées dans ce séjour étranger; aussi imagina-t-il une nouvelle sorte d'amarrage, FONten. Chazelles.

ETYM. Amarrer.

ETYM. Amande; provenç. amelier; catal. ametHIST. xv s. Car si ne fais purs corps et ame,ller; espagn. almendro; portug. amendoeira; ital. Ja ne feras bonne amalgame, LA FONT. 460. || XVIe s. mandorlo. Amalgame est appellé par les alchimistes l'or, quant AMANT, ANTE (a-man, man-t'), s. m. et f. il est dissout, et entremeslé avec le vifargent, PA-1° Amant, celui qui, ayant de l'amour pour LISSY, 377! une femme, a fait connaître ses sentiments, et ETYM. Ital. amalgama. On trouve aussi alga- est aimé ou tâche de se faire aimer. Amante, mala dans du Cange, comme terme d'alchimie. D'a- celle qui est attachée à un homme par des sentiprès Diez, de páλayua, ramollissement. ments tendres et passionnés. Un amant fidèle, une AMALGAMÉ, ÉE (a-mal-ga-mé, mée), part. passé. tendre amante. Elle reçoit les vœux de son nouvel L'étain amalgamé constitue le tain des glaces. || Fig. amant, RAC. Brit. III. 6. J'aime assez mon amant Des opinions incohérentes vainement amalgamées. pour renoncer à lui, D. Baj. III, 1. Et le sultan l'a- AMARRE (a-ma-r'), s. f. || 1° Câble servant à reAMALGAMER (a-mal-ga-mé), v. a. || 1° Terme de vait chargé secrètement De lui sacrifier l'amante tenir un vaisseau. Ce bâtiment est sur ses amarres, chimie. Combiner le mercure avec un autre métal. après l'amant, ID. ib. v, 11. Ne désespérez pas une il est à l'ancre. ||2° Tout cordage employé au service || 2° Fig. Unir des choses différentes. Les philoso- amante en furie, ID. ib. II. 1. Et vous doutez en- d'un navire. Jeter une amarre dans une embarcaphes néoplatoniciens essayaient d'amalgamer la cor qu'elle en fasse un amant, ID. Alex. 1, 1. Quels tion. || 3°En architecture et charpente, se dit de deux mythologie avec des idées prises au christianisme. pleurs par un amant ne sont point essuyés! ID. morceaux de bois, percés au milieu d'une ouverS'amalgamer, v. réft. S'unir. Je ne sais quelle Iphig. 1, 3. Je sais jusqu'où s'emporte un amant ture, par où l'on fait passer le bout d'un moulinet. métaphysique de Platon s'amalgame avec la secte na-irrité, ID. ib. II, 7. Que la mort la rassure [une ETYM. A et le holl. maaren; angl. to moor, zaréenne, VOLT. Phil. 11, 69. Fénelon vit Mme Guyon; amante] ou qu'un rival l'emporte, La douleur d'un amarrer. On a cité l'arabe marr, corde; mais il est leur esprit se plut l'un à l'autre; leur sublime s'a- amant est également forte, CORN. Rodog. IV, 6. beaucoup plus naturel de chercher dans les lanmalgama, ST-SIMON, 31, 107. Pontchartrain s'était | 2° Galant. Cette femme a un amant. 3° il segues du Nord, qui ont fourni tant de termes de mabassement mis sous la protection du maréchal Be- dit de celui qui aime une chose avec passion. Cet rine, l'origine de celui-ci. sons, dont il réclamait la parenté, et d'Effiat par homme, amant de la vérité. Non, je ne puis souflui, à qui Besons s'était depuis longtemps amal-frir, en quelque rang qu'il monte, L'ennemi de ma gamé, ID. 421, 74. Il en résultait.... un ensemble gloire et l'amant de ma honte, ROTR. Vencesl. 11, 1. d'arts et de talents qui n'en formait qu'un peuple, Les amants des muses, les poètes. || Poétiquepropre à s'amalgamer avec le reste du genre hu- ment. Non, ce n'est.... Ni l'or ni la victoire, amante main, BERN. DE S.-P. Arcad. prol. La civilisation et du carnage, Que les fils d'Apollon s'empressent la nature semblent ne s'être pas encore bien amal-d'obtenir, LEBRUN, Ode, I, liv. I. 4° S. m. plur. gamées ensemble, STAËL, Allemagne, 1, ch. 2. En parlant de deux personnes de sexe différent qui s'aiment. La gloire et le plaisir, la honte et les tourments, Tout doit être commun entre de vrais amants, CORN. Cinna, v, 2. Mais il faut des amants excuser l'injustice, RAC. Iphig. 11, 5. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager? Que ce soit aux rives prochaines, LA FONT. Fab. IX, 2.

HIST. XIV s. Qu'il ne falloit pour vraye estoffe Fors prendre le bel vif argent Tout crud, et estre diligent De l'amalgamer avec l'or, l'Alchim. à nat. 495.

ETYM. Amalgame.

AMALGAMEUR (a-mal-ga-meur), s. m. Celui qui est chargé de vérifier l'amalgame, le minerai, en en lavant un peu dans une augette.

† AMANDAIE (a-man-dê), s. f. Lieu planté d'amandiers.

-HIST. XVI s. Es olivetes, amendaies et coudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, o. DE SERRES, 642,

ÉTYM. Amande. AMANDE (a-man-d'), s. f. || 1° Fruit de l'amandier. Amandes à la praline, amandes pralinées, ou simplement pralines, amandes cuites dans du sucre brûlant. || Amandes lissées, dragées faites d'amandes couvertes de sucre. || Huile d'amande douce ou d'amandes douces. || En amande, en forme d'amande. Les Arabes ont les yeux grands et coupés en amande, CHATEAUB. Itin. II, 192. || 2° Toute graine contenue dans un noyau. L'amande du noyau de l'abricot. En termes de botanique, ce qui est contenu dans l'épisperme. || 3o Dans la fabrication des armes, partie ovale et occupant le milieu de la branche ou garde de l'épée.

REM. Amandre, prononciation de quelques personnes, est un provincialisme qu'il faut éviter.

HIST. XIII s. Amandie, Ass. de Jérus. 11, 180. Quiconques est huiliers à Paris, il puet faire huile de olives, de amandes, de nois, de chenevis et de pavoz, Liv. des Mét. 159. || XVI s. Ces glandules sont de grandeur et figure d'une amende, et pour ceste cause sont dites amydales, PARE, VI, 6. Huile d'amendes douces, ID. VI, 8. Huile d'amendes tant douces qu'ameres, ID. XXV, 24,

- ETYM. Génev. amandre; bourguign. aimandre; provenç. amandola, amella, amenta; ital. mandorla, mandola; espagn. almendra; portug. amendoa; catal. ametlla; de amygdala, de åμvydáλn, amande. AMANDE (a-man-dé), s. m. Boisson faite avec du lait et des amandes broyées et passées. Boire un amandé.

SYN. 1° AMANT, AMOUREUX. M. Guizot a trèsbien indiqué la différence. « Il suffit d'aimer pour être amoureux. Il faut témoigner qu'on aime pour être amant. On est souvent très-amoureux sans oser paraître amant. Quelquefois on se déclare amant sans être amoureux. » | 2° AMANT, GALANT. Un homme se fait amant d'une personne qui lui plaft. Il devient le galant de celle à qui il plaît, GUIZOT.

HIST. XII s. Et fins amans destrois et angoisseus Doit joie avoir par jugement d'amours, Couci, VII. A maint amant [ils] ont fait ire et damage, ib. XIX. || XIV's. Et en amisté aucune fois l'aman accuse l'amey pour ce que il aime plus que il n'est amez, ORESME, Eth. 247. Il semble une derision ce que aucuns amans dient simplement que il doivent estre amés autant come il aiment, ID. ib. 244. || xv s. Tu as oy parler les malheureux, Non pas amans qui congnoissent qu'est joye, CH. D'ORL. 1. || XVI s. L'ame d'un amant vit au corps d'autruy, non pas au sien, AMYOT, Anton. 85. Les amants, pour l'affection vehemente qu'ils porteroient à leurs aimez, ne les abandonneroient jamais, ID. Pelop. 33.

ÉTYM. Provenç. amans; espagn. et ital. amante
(Voy. AIMER).

† AMAPER (a-ma-pé), v. a. Terme de marine.
Empoigner une voile avec vigueur pour la serrer.
AMARANTE (a-ma-ran-t'), s. f. || 1° Fleur d'au-
tomne d'un rouge pourpre et velouté. Des prés se-
més d'amarantes et de violettes, FEN. Tel. I. Ta
louange dans mes vers D'amarante couronnée [ren-
due immortelle], MALH. II, 2. || 2° Adj. De couleur
amarante. Velours, étoffe amarante. Ne dis plus
qu'il [ce beau carrosse] est amarante; Dis plutôt
qu'il est de ma rente, MOL. F. sav. 111, 2.
—ETYM. Amarantus, de àμápavτos, de à privatif,
et uapaíverv, flétrir; la fleur qui ne se flétrit pas
(voy. MARASME).

† AMAREILLEUR (a-ma-rè-lleur, mouillées), HIST, XVI s. Son manger sera panade, orges. m. Ouvrier chargé des soins qu'exige le parcage mondé, et non amendé, pour ce que les amendes des huitres. causent douleur de teste, PARÉ, VIII, 14

– ETYM. Amande.

AMANDIER (a-man-dié. L'r ne se lie jamais un amandier en fleurs, prononcez un a-man-dié en fleurs), s. m. Arbre de la famille des rosacées, qui produit les amandes.

HIST. XII s. Grant masse i avoit de loriers, De

AMARESCENT, ENTE (a-ma-rè-ssan, ssan-t'),
adj. Terme didactique. Légèrement amer.

- ETYM. Amarescere, devenir amer, de amarus
(voy. AMER).
AMARINAGE (a-ma-ri-na-j'), s. m. Action d'ama-
riner un bâtiment capturé sur l'ennemi.
- ÉTYM. Amariner.

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AMARRÉ (a-ma-ré), part. passé. Le bâtiment étant amarré. Canons amarrés.

AMARRER (a-ma-ré), v. a. Attacher, lier' avec une amarre. Je m'arrêtai à l'extrémité de l'île, et j'y amarrai mon vaisseau à une grosse roche, FÉN. XXI, 413. || S'amarrer, v. réfl. Se fixer avec une amarre

HIST. XVI S. Pour ce que le hable [havre] de ladite ville (de Honfleur] pourroit empirer, dont il convendroit les diz marchans et leurs gens amarer en la ville de Leure, DU CANGE, amarrare. ÉTYM. Amarré.

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AMARYLLIS (a-ma-ril-lis'), s. f. Terme de botanique. Plante d'agrément de la famille des narcisses. - ETYM. Nom transporté dans la botanique, et qui est celui d'une jeune bergère dans Virgile et Théocrite ('Auapuλλic). Il est probable que ce mot, pourvu d'une désinence diminutive (yllis), qui se trouve dans d'autres noms grecs, est identique pour le reste (amar) avec amarante (voy. ce mot), et signifie celle qui ne se fane pas.

....

....

AMAS (a-mà. L's se lie: Un amas immense; dites un a-mâ-z-immense), s. m. | 1° Ensemble de choses accumulées ou réunies. Un amas de ruines. Amas d'eaux pluviales. Amas d'humeurs. La contagion, suite nécessaire des trop grands amas de toute matière vivant dans un même lieu, BUFF. Lièvre. Pourquoi ne voir dans la pyramide de Chéops qu'un amas de pierres et un squelette? CHATEAUB. İtin. 6o partie. d'un amas confus des vapeurs de la nuit, CORN. Poly. I, 1. où se garde caché Ce formidable amas de lances et d'épées, RAC. Ath. III, 7. O vous qui croyez être un amas de boue, sortez donc du monde où vous vous trouvez seul de votre avis, MASS. Car.Vér. d'un avenir. || 2o Par extension. Pendant qu'il faisait amas d'armes et de troupes pour s'emparer, la force à la main, du gouvernement, VERTOT, Révol. rom. xii, 174. Hors Céthégus et toi, dignes de mon estime, Le reste est un amas élevé dans le crime, VOLT. Catil. 1, 1. Si c'est un sénat qu'un amas de bannis, CORN. Sertor. ш, 2. || 3° Action d'amasser. Biens dont l'amas ne lui a coûté aucunes peines, BOSS. Amb. 2. || 4° Fig. En lui montrant, comme réunis en un point de vue, cet amas monstrueux de crimes, MASS. Avent, Bonh. des justes. Cet amas de civilités mondaines, FLECH. Serm. II, 9. La justice gémit sous un amas de liens et de formalités, ID. dans GIRAULT-DUVIVIER. Il a fait grand amas de matériaux, BOSS. Soumiss. 2. En faisant amas de plusieurs expériences, DESC. Méth. Mille et mille douceurs y semblent attachées, Qui ne sont qu'un amas d'amertumes cachées, CORN. Héracl.1,1. Leur fier amas de puissance et de gloire, ID. Sertor. II, 1. Ne lui laissez plus voir ce long amas de gloire Qu'à pleines mains sur vous a versé la victoire, ID. Nicom. III, 6. Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur, ID. Hor. I, 3. Un long amas d'honneurs rend Thésée excusable, RAC. Phèd. I, 1. De cet amas d'honneurs la douceur passagère Fait sur mon cœur à peine une atteinte légère, ID. Esth. II, 1. Et tout ce vain amas de superstitions Qui ferment votre temple aux autres nations, ID. Ath. 1,4,

|| 5. En géologie, masse informe, bloc irrégulier qui ne constitue pas un terrain.

HIST. XV S. Le roi de France faisoit un grand amas des nobles de son royaume, FROISS. I, I, 84. [Louis XI avoit envoyé deux ambassadeurs au Lyege pour les solliciter contre ledit duc; lesquelz ambassadeurs avoient si bien diligenté qu'ilz avoient jà fait un grant amatz, et vindrent d'emblée les Lyegeois prendre la ville de Thongre, coMM. II, 7. Survint en la ville la vefve dudit chevalier blanc et mere dudit Mathias bien fort acompaignée, car elle estoit riche femme d'argent contant, que son mari | avoit laissé, parquoy elle avoit peu faire grant amatz soubdainement, ID. VI, 13. || XVI s. Des amas et pieces de chair informes [môles], MONT. I, 31. Il presta lors sa ville à Timoleon pour y faire son amas, et persuada à ses citoyens d'entrer en ligue avec les Corinthiens, AMYOT, Timol. 14. Il feit amas de gens de cheval, ID. Eumènes, 7. Le prince voyant son amas [armée] pressé de faim, refusé de passage au Liege, D'AUB. Hist. I, 339..

ÉTYM. Provenç. amas (voy. AMASSER). AMASSÉ, ÉE (a-mâ-sé, sée), part. passé. Mis en amas. Décombres amassés. Richesses amassées à grand' peine. Eaux amassées dans un creux. Foule amassée. Colère amassée depuis longtemps. Vous cachez les trésors par David amassés. RAC. Athal. 1, 4. Il s'est fait apporter ces annales célèbres Où les faits de son règne avec soin amassés.... . Esth., 1. Toutes les provisions de guerre et de bouche amassées par les ennemis pour la campagne, VOLT, Louis XIV, 23. AMASSER (a-mâ-sé), v. a. || 1° Faire un amas. Amasser des provisions, des matériaux. Ce spectacle amassait la foule. Le jeune Hartsoeker amassa en secret le plus d'argent qu'il put: il le dérobait aux divertissements qu'il eût pris avec ses camarades, FONTEN. Hartsoeker. L'abondance est si grande qu'il faut amasser les restes [des pains multipliés par J.-C.], MASS. Confer. Communion. Ce général du sénat, qui voulait tirer la guerre en longueur pour avoir le temps d'amasser de plus grandes forces, passa d'Italie en Epire, VERTOT, Révol. rom. x, 267. Vingt mille hommes, archers et frondeurs, qu'il avait amassés dans sa province, VAUGEL. Q. C. 589. || 2° Absolument. Thésauriser. La vieillesse chagrine incessamment amasse, BOIL. A. P. III. || Absolument, mais avec un sens général. Par mon propre bras elle amassait pour lui, CORN. Nic. IV, 2. Voltaire a condamné ce vers, disant: Amasser quoi? Mais amasser peut être employé absolument comme beaucoup d'autres verbes. || 3° Fig. Amasser des preuves. Il amassait sur sa tête les malédictions du ciel. || 4o S'amasser, v. réfl. Les eaux pluviales s'amassent dans cette citerne. La foule, le monde s'amassait autour de lui. Et ce qu'on voit de peuple autour d'eux s'amasser, Frémit de leur audace et les laisse passer, CORN. Othon, IV, 7.

REM. Dans le XVII s. amasser avait le même sens que ramasser présentement. Dans la re éd. du Dict. de l'Académie, amasser est défini Relever de terre ce qui est tombé, amasser ses gants, amasser un papier. La Fontaine a dit : L'un se baissait déjà pour amasser la proie, Fabl. Ix, 9. Dans le Berry, masser signifie encore ramasser; mais la langue a varié, et aujourd'hui l'usage a séparé amasser de ramasser, et l'on dit ramasser ses gants, ramasser un papier (voy. SYN.).

SYN. 1° AMASSER, RAMASSER. C'est faire un amas. Mais amasser indique simplement l'idée d'amas, tandis que ramasser marque les soins qu'on a pris, la peine qu'on a eue pour rassembler les choses. On amasse de l'argent, quand on en acquiert successivement. On en ramasse de tout côté, dans un besoin pressant, et pour une affaire qui en exige. || 2° AMASSER, ENTASSER, ACCUMULER AMONCELER. Ämasser, c'est réunir ensemble des choses de même nature un amas de blé, de foin. Entasser, c'est faire un amas de forme déterminée: un tas de blé, de foin. Accumuler, c'est joindre amas sur amas: on accumule des richesses, des héritages. Amonceler, c'est faire une accumulation, en désordre, de choses mêlées: amonceler des ruines, des cadavres.

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Qui à sejor [en repos] Gisez en chambre coie, Romancero, p. 67. || xm s. Et si cuidast bien li donsiaus Estre ameres de dames beles, Fables et contes anciens, t. II, p. 118. Ki a les iex gros et grans et tremblans, si est lens et de grande vie et ameres de femmes, ALEBRANT, fo 69, verso. || xvI s. Amateur de vraye gloire, AMYOT, Flamin. 9. Si estoit bien aise de s'ouyr saluer et nommer Philellen, c'est-à-dire amateur des Grecs, ID. Anton. 27.

— ETYM. Aimer; provenç. amaire, amador; espagn. amador; ital. amatore. Le vieux français amere et le provençal amaire sont le nominatif, de amator; ameor et amador, le cas du régime, de amatorem. Le français actuel a été directement calqué sur le latin à une époque plus récente.

† AMÂTINER (a-mâ-ti-né), v. a. Faire couvrir une chienne par un mâtin.

cuers, Ménagier, 1, 6. || xv. s. Pour ce vous vueil je requerir Qu'il vous plaise de me tollir Les maux que m'avez amassez CH. D'ORL. Bal. 40. Et à l'exemple des vaillants anciens.... ne luy chailloit de tresor amasser, Bouciq. 1, ch. 2. Quand le duc Albert de Baviere.... entendit que le duc d'Irlande estoit venu loger et amasser.... en sa ville de Dourdrech, si pensa sus un petit, FROISS. II, III, 80. Amasser une armée, COMM. VI, 6. A Arras il amassoit gens tant qu'il pouvoit, ID. III, 2 || XVI° s. Ils se baissent à terre pour amasser [ramasser] en du linge son ordure, MONT. I, 110. Qui sçauroit le poids d'un sceptre ne daigneroit l'amasser quand il le trouveroit à terre, ID. 1,330. Cette prevoyance d'amasser et espargner pour le temps à venir, ID. II, 186. Je feis sortir de sa playe l'ordure qui s'y amassoit, ID. II, 193. Il estoit homme trape, bien amassé, et mesme qui savoit bien jouer des couteaux, DESPER. Contes, L. Tout artifice pour amasser argent AMATI, IE (a-ma-ti, tie), part. passé. Or amati. y estoit permis aux esclaves, AMYOT, Lyc. et Numa AMATIR (a-ma-tir), v. a. Terme d'orfévrerie. comp. 4. Ayant receu le royaume d'un peuple nou- | 1° Rendre mat, ôter le poli. || 2o Dans les monvellement amassé, qui ne luy contredisoit en rien....naies, blanchir les flans, les rendre mats. ID. ib. 9. Le sable que les undes de la mer y amassoient et entassoient, ID. Marius, 25. Ilz s'amasserent en grosse trouppe, et s'en allerent dans la riviere, ID. ib. 32. Il amassa ces lettres et papiers de Sertorius en un monceau, et les brusla toutes, ID. Sertor. 41. La bastine de son cheval tumba à terre toute ensanglantée, et un page de celuy qui l'avoit frappé l'amassa, ID. Artax. 13. La femme du Pont enquise par lui où estoit son mari, respondit assez brusquement qu'il amassoit des chastaignes à S. Christol, D'AUB. Hist. II, 60.

ETYM. À (voy. A) et masse; bourguig. emassey; provenç. amassar; espagn. amasar; ital. ammassare.

† AMASSETTE (a-mâ-sè-t'), s. f. || 1° Palette, lame dont les peintres se servent pour amasser les couleurs broyées. 2° Petit instrument avec lequel on amasse la pâte.

AMASSEUR (a-mâ-seur), s. m. Celui qui amasse. HIST. XII s. Uns useriés, uns amasseres, Du CANGE, amassator. || xive s. Si font li amasseur, qui les deniers musis Gardent en leurs escrins, et les vairs et les gris, Baud. de Seb. VIII, 1247. || XVI S. Ne prisant rien que l'avare amasseur, MAROT, IV, 244. Tout à coup les uns tuent les amasseurs de noix, D'AUB. Hist. III, 387. Si la nourriture des amasseurs de feuille vous importune, avec de l'argent seul vous vous ferés faire tel service, o. DE SERRES, 460. On est bien aise d'ouîr ceulx qui se nomment amasseurs de sagesse, AMYOT, Morales, t. I, p. 444. A pere amasseur fils gaspilleur, COTGRAVE, Dict.

·ÉTYM. Amasser; provenç. amassaire, amassador; espagn. amasador; ital. ammassatore. Amassere du vieux français et amassaire du provençal sont le nominatif, du bas-latin amassator; amasseor et amassador, le cas du régime, de amassatorem.

AMATELOTAGE (a-ma-te-lo-ta-j'), s. m. Terme de marine. Action d'amateloter.

AMATELOTÉ (a-ma-te-lo-té), part. passé. AMATELOTER (a-ma-te-lo-té), v. a. Terme de marine. Classer deux à deux les matelots d'un équipage pour qu'ils s'aident ou se remplacent dans un même service.

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– ÉTYM. À et matelot.

AMATEUR (a-ma-teur), s. m. || 1° Celui qui a un goût vif pour une chose. Un amateur de peinture, de musique. Ô le soin inutile, diront les fols amateurs du siècle, BOSS. Fr. de P. 11, 1. On est amateur de son repos : quiconque peut le troubler passe pour importun et fatigue par sa présence, BOURD. Pensécs, t. 11, p. 252. J'ai parlé avec quelque étendue des ruines d'Athènes, parce qu'après tout elles ne sont bien connues que des amateurs des arts, ChaTEAUB. Itin. 6e partie. Profanes amateurs de spectacles frivoles, RAC. Esth. prol. Les entreprises les plus éclatantes des amateurs du monde, MASS. Resp. On se donne pour amateur de la patrie, ID. Obst. || 2° Absolument. Celui qui cultive les beaux-arts sans en faire sa profession. C'est un amateur distingué. || 3° En mauvaise part. C'est un amateur, c'est un homme d'un talent médiocre.

HIST. XII S. Mais les armes et la despuille Firent coillir et amasser, Chron. des ducs de Norm. t. II, p. 216. Nous ferons amasser princes et vavas- SYN. Il y a une différence entre aimer et être sors, Chevaliers et sergens, les granz et les me- amateur. Aimer est un terme général : j'aime les ronors, Sax. xxvII. || XIII s. Uns vilains entules et ses exprime que je les aime, sans ajouter à cette idée riches, Qui moult estoit avers et chiches, Qar de rien de particulier. Etre amateur indique toujours despendre n'avoit cure, En l'amasser ot mis sa cure, une préférence particulière et devenue, en quelque Ren. 4967. D'oisiaus chantans avoit assés Par tout sorte, une étude je suis amateur de roses signifie le vergier amassés, la Rose, 678. Car cil qui ri- que je les recherche, que j'en fais collection. checes amassent, ib. 6156. || xrve s. Ils amassent et MIST. XII S. Et j'ai plus haute pensée Que tuit amoncellent un secret et couvert courroux en leurs | li autre ameor [amants], Couci, 1. Ĉourtois ameor,

:

ETYM. A et matin.

HIST. XII S. L'orgueil Carlon à la barbe florie Amatirez ains l'heure de complie, Ronc. p. 126. Quant li sainz veit venir les suens à lui fuitiz, E les enfanchunetz pendre as meres az piz [aux poitrines des mères], E que lui e les suens aveit li reis proscriz, Mielz volsist estre morz, mult fort est amatiz, Th. le mart. 65. || xve s. Lesquels Liegeois generalement demeurerent en leur pays très dolents et amatis de la douleur qui leur estoit advenue, MONSTR liv. 1, ch. 50. Comme les jeunes et tendres flenrettes se sechent et amatissent [se fanent], quand aucun accident leur advient, Louis XI, Nouv. c. || xvi s. Il pensoit que l'empereur à la premiere ville qu'il assaudroit sans en venir au dessus et à son intention, amattiroit et affoibliroit le cœur de ses gens, M. DU BELL. 365.

ETYM. A (voy. A) et mat. Dans l'ancien français, mat a toute l'étendue de sa signification et s'applique à toute chose pour signifier rendre mat, faible, vaincu. La signification, dans le français moderne, en est réduite à ôter le brillant, le poli. + AMATIVITÉ (a-ma-ti-vi-té), s. f. Nom que les phrénologues donnent à l'instinct qui préside à la propagation de l'espèce.

ETYM. D'un adjectif amatif qui n'existe pas, et qui voudrait dire disposé à aimer.

+ AMATRICE (a-ma-tri-s'), s. f. Féminin d'amateur. Cette capitale est pleine d'amateurs et surtout d'amatrices qui font leurs ouvrages comme M. Guillaume inventait ses couleurs, J. J. ROUSS. Ém. II. || Mot qui, bien que bon et utile, a beaucoup de peine à s'introduire.

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HIST. XVI s. Parce qu'ils ne se pouvoient persuader que la nature en de telles choses fust dedans le corps humain, comme dedans une ville amatrice et inventrice de nouvelleté, AMYOT, Propos de table, liv. VIII, quest. 9.

– ÉTYM. Voy. AMATEUR; provenç. amairitz. AMAUROSE (a-mo-rô-z'), s. f. Terme de médecine. Cécité causée par la paralysie de la rétine et du nerf optique.

ETYM. 'Auaúpwot;, obscurcissement, de à augmentatif, et de paupos, obscur.

+AMAUROTIQUE (a-mo-ro-ti-k'). || 1o Adj. Terme de médecine. Qui a rapport à l'amaurose. || 2" S. m. et f. Un amaurotique, une personne atteinte d'amaurose.

AMAZONE (a-ma-zô-n'; d'autres prononcent a a-ma-zo-n'), s. f. || 1° Terme de mythologie. Nom de femmes guerrières qui vivaient sans hommes. || 2o Dans le langage général, femme d'un courage mâle et guerrier. C'est une véritable amazone. | 3° Habit d'amazone ou amazone, longue robe de drap que portent les femmes pour monter à cheval.

ETYM. Aualov, mot d'origine fort incertaine. Les uns l'ont tiré de à privatif, et ualòs, mamelle; parce que, dit-on, les Amazones détruisaient une mamelle chez les petites filles; mais on a un grand nombre de monuments anciens où les Amazones sont figurées et où leur sein n'est pas mutilé; et Hippocrate, qui parle de cette mutilation, l'attribue non aux Amazones, mais aux femmes scythes; il dit seulement que les amazones estropiaient, dans le bas âge, les enfants du sexe masculin. Les autres ont fait venir amazone de a augmentatif, et patòc, mamelle; qui a de grosses mamelles ; d'autres, de dua, ensemble, et v, vivre. Toutes ces étymologies sont incertaines ; et il est possible que amazone soit quelque nom géographique, ou quelque terme mythologique d'une étymologie aujour d'hui méconnaissable.

AMBAGES (am-ba-j'), s f. plu. Circuit de paroles.

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149.

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ETYM. "Au6n, rebord, à cause du rebord qu'avait la pièce de bois principale.

AMBIANT, ANTE (an-bi-an, an-t'), adj. Qui va autour. Fluide ambiant. L'air ambiant, l'air dans lequel un corps est plongé. L'air moins ambiant vous porte une autre sensation au visage, J. J. ROUSS. Em. II. L'air ambiant et pur semblait s'être adouci, Quelques oiseaux posaient sur le givre durci, LAMART. Joc. IV, 147. || Il ne se met qu'après

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HIST. XVI S. .... une pelle de fer rouge à fin que par la reverberation d'icelle, l'air ambiens, C'est à dire qui est à l'entour, soit corrigé, PARÉ, vIII, 14.

Point d'ambages, de circonlocutions, MOL Le mar. mais qu'il peut découler du gothique andbahti. Tout
f. 6. Emprisonnez, tuez, on n'aurait jamais fait, cela montre en tout cas que ambactus, ambactia, et par
s'il fallait tant d'ambages et de circonlocutions, P. suite les formes romanes, sont dues aux nations que
L. COUR. I, 173. || Au sing. L'ambage de ses dis-les Latins nommaient transalpines. Cela posé, il est
cours [du duc de Noailles] me fit entrevoir ce qu'il difficile de décider entre le celtique et l'allemand;
se proposait par le duc de Beauvilliers, ST-SIMON, mais sans doute en cette circonstance, comme en
318,
plusieurs autres, le celtique et l'allemand ont eu
HIST. XIV S. Menaces des quelles par ambages une forme très-voisine qui est venue se confondre
et par paroles doubteuses il li avoit parlé, BER- dans le bas-latin.
CHEURE, fo 32, recto. || xvi® s. Il y adjousta encores AMBASSADEUR (am-ba-sa-deur), s. m. || 1° Re-le substantif.
assez d'autres indignitez à l'encontre du roy, en présentant d'un souverain, d'une république, près
s'involvant et fourrant si avant en ambages et su-d'une cour étrangère. L'ambassadeur auprès de la
perfluitez de paroles que M. DU BELLAY, 349. cour de France. Les priviléges d'un ambassadeur.
ETYM. Ambage, circuit, détour, de amb, au- Les ambassadeurs que les Scythes envoyèrent à Da-
tour (voy. AMBE), et de agere, pousser (voy. rius. Le rang d'ambassadeur doit être respecté,
AGIR).
CORN. Nicom. 1, 4. Ambassadeur de France dans cette
+AMBALARD (an-ba-lar), s. m. Brouette qui cour, LA BRUY. 5. Par mes ambassadeurs mon cœur
sert à transporter la pâte dans les papeteries. vous fut promis, RAC. Andr. IV, 5. Tout petit prince
AMBASSADE (am-ba-sa-d'), s. f. 1° Fonc-a des ambassadeurs, LA FONT. Fab. 1, 3. || 2° Toute
tion, charge d'ambassadeur. Obtenir une am-personne chargée d'un message. Vous ne pouvez en-
bassade. || 2o Députation à un souverain. Envoyer voyer un plus agréable ambassadeur. Et le baron cou-
une ambassade. Recevoir ambassade en qualité de vert de gloire Triomphe par ambassadeur, MILLEV. le
reine, CORN. Nicom. II, 1. Voilà donc le succès Baron Chrétien.
qu'aura votre ambassade, RAC. Andr. III, 1. C'est
toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale, L'a fait
pour mon malheur pencher vers ma rivale, ID. ib.v, 3.
13° La suite d'un ambassadeur. Il fait partie de
l'ambassade. 4° Hôtel d'un ambassadeur. Je loge
à l'ambassade. || 5° Commission, message entre parti-
culiers. Son frère arrive et lui fait l'ambassade,
LA FONT. Joconde. | Ironiquement. J'ai fait une belle
ambassade, c'est-à-dire ma mission n'a pas été
heureuse. O juste ciel! j'ai fait une belle ambas-
sade, MOL. Amph. I, 2.

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HIST. XV S. Et pour certaines matieres, icellui et autres avec lui avons envoié en ambaxade auprès de notre très chier et très amé frere le roy d'Escosse, Lettre de Charles VII, dans Chron. de la Pucelle, édit. VIRIVILLE, p. 76. Avant que le grandmaistre de Saint-Jacques de Portingal et Laurentien Fougasse fussent venus en Angleterre en ambassaderie, FROISS. II, ш, 29. || xvIe s. Que le donneur n'en soit repris, Un sold en fit les ambassades, Chasque chose vaut bien son prix, ST-GEL. 138. La parole de reconciliation a esté mise en la bouche des ministres, afin qu'ils portassent ceste ambassade au monde de par Christ, CALV. Inst. 526. Jesus a liinité tout leur ambassade en ceste sorte, leur commandant d'aller et enseigner.... ID. ib. 925. De negociateur il passa pour ambassade [ambassadeur], et fut laissé aller, D'AUB. Hist. II, 90. Rome ne fut pas courtoise au commencement aux premiers et seconds ambassades, m. ib. II, 355. Il veut pour ambassade avoir mon lieutenant general, afin d'envoyer ce pendant assaillir mon camp, M. DU BELL. 290. Nous sommes appellés comme par un herault | et embassade envoyé du ciel, PARÉ, XXIV, 53.

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SYN. AMBASSADEUR, ENVOYÉ, DÉPUTÉ. De ces trois termes envoyé est le plus général; l'envoyé a une mission, de quelque part qu'elle vienne, et quel que soit celui à qui elle s'adresse. Aussi peut-on dire l'envoyé de Dieu. Le député est nommé par des citoyens, par des corps particuliers, par des sociétés subalternes, ou bien par des sujets ou des vaincus pour faire des représentations, des demandes ou des prières; il a un mandat déterminé. Enfin envoyé, par rapport à ambassadeur, exprime un rang inférieur; l'ambassadeur représente son souverain, au lieu que l'envoyé ne paraît que comme simple ministre autorisé. Si, par une raison d'étiquette ou autrement, on ne veut pas avoir un ambassadeur auprès d'un gouvernement, on y a un envoyé.

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HIST XV S. Vous ambasseurs et messagiers, Qui alez par le monde es cours Des grans princes pour besongnier, E. DESCH. dans le Gloss. de SAINTEPALAYE. Et devoient les ambaxadeur's avoir sauf conduit allant et retournant parmi le royaume d'Angleterre, FROISS. II, II, 216.

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....

ETYM. Provenç. ambassador, embaichador; espagn. embaxador; portug. embaixador; ital. ambasciadore (voy. Ambassade).

AMBASSADRICE (an-ba-sa-dri-s'), s. f. 1° La femme d'un ambassadeur. C'est madame l'ambassadrice. || 2° Une femme chargée d'un message. La princesse lui fit sentir qu'elle était indignée que son frère lui dépêchât une telle ambassadrice, VOLT. S. de Louis XV, 3.

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ÉTYM. VOY. AMBASSADEUR.

ÉTYM. Ambiens, de ambi, autour (voy. AMBE), et iens, allant, de ire, aller (voy. IRAI). AMBIDEXTRE (an-bi-dèk-str'). || 1o Adj. Qui se sert également des deux mains. Hermagoras vous révélera que Nemrod était gaucher et Sésostris ambidextre, LA BRUY. 5. || 2° S. m. C'est un ambidextre. | Il ne se place qu'après le substantif : Un enfant ambidextre.

HIST. XVI s. Où beaulté est, ambidextre je suis, AMYOT, Comment il faut lire les poètes, 11. - ETYM. Ambidexter, de ambo, deux (voy. AMBE), et dexter, droit (voy. DEXTÉRITE); mot à mot, qui a deux mains droites.

† AMBIEUX, EUSE (an-bi-eû, eû-z'), adj. Qui a des détours, des tortuosités. [Le duc d'Orléans ressentait] l'aiguillon de l'honneur et de l'esprit ambieux et imaginaire de Mme sa fille [la duchesse de Berry], ST-SIMON, 309, 46. || Mot inusité. ETYM. Mot mal formé sur le modèle d'ambiant (voy. ce mot).

AMBIGU, UË (an-bi-gu, guē. On met le tréma pour indiquer que gue ne se prononce pas ghe, mais que l'u y est articulé), adj. || 1° Qui est à plusieurs sens, et par conséquent d'un sens incertain. Langage ambigu. Martian n'en a parlé qu'en termes ambigus, CORN. Othon, 1, 3. Ce n'est pas s'expliquer en termes ambigus, MOL. Sgan. 16. || 2° Par extension. Il se tenait dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux, PASC. P. Jés. 8. Aristote a dit que le phoque était d'une nature ambigue et moyenne entre les animaux aquatiques et terrestres, BUFFON, Phoque. Le chapeau ambigu, couvert d'un étui de toile cirée, HAMILT. Gramm. 8. || 3° S. m Repas où l'on sert à la fois les viandes et le dessert On nous a dressé un somptueux ambigu. C'étaient des ambigus qui partaient de France pour renchérir, au milieu de Londres, sur les collations du roi, HAMILT. Gramm. 7. || 4° Fig. Mélange de choses contraires. C'est un ambigu de précieuse et de coquette, MOL. Préc.rid. 1. || 5° Sorte de jeu de cartes qui réunit plusieurs manières de jouer propres à divers jeux, ce qui s'opère avec un jeu dont on retire toutes les figures.

HIST. XVI S. Le parler obscur, ambigu et fantastique du jargon prophétique, MONT. I, 47. La victoire qui jusques alors avoit esté suspense et en ambigu, se commença d'incliner à l'ennemy, M. DU BEL. $74.

† AMBATTAGE (an-ba-ta-j'), s. m. Terme de charronnage. Opération par laquelle on garnit une roue de son bandage ou d'un cercle qui en tient lieu. ETYM. Froissard a dit ambassaderie; dans le AMBE (an-b'), s. m. Deux numéros qu'on a pris SYN. AMBIGU ÉQUIVOQUE, AMPHIBOLOGIQUE, XVI siècle, ambassade est tantôt féminin, tantôt ou qui sont sortis ensemble à une loterie. J'ai gagné LOUCHE. Ce qui est ambigu offre plusieurs sens. Ce masculin, tantôt avec le sens actuel et tantôt avec un ambe. Ambe déterminé, deux numéros dont qui est équivoque offre deux sens. Ce qui est amle sens de messager. Provenç, ambaissada, et mas-l'ordre est indiqué par le joueur. | Au jeu de loto, phibologique offre un sens incertain, à cause que la culin, ambaissat; ital. ambasciata; espagn. em- deux numéros placés sur la même ligne horizon-construction grammaticale est mauvaise. Ce qui est baxada; bas-lat. ambascia, ambasiata, ambassata, tale. louche n'a pas de netteté, par la faute, soit de la ambasseria, ambasciata, ambaxata. L'italien a HIST. XI s. Ambes [deux] ses mains en levant construction, soit de l'expression. Ambigu et équiambascia, ambascio, dans le sens d'angoisse, contre-mont, Ch. de Rol. xxxI. || XII s. Et d'ambes voque sont plus généraux et ne supposent pas unc peine. Ambassade et les formes ci-dessus relatées parz très bien jurer et fiancier, Sax. IV. xv s. Si faute, soit d'expression, soit de construction. viennent de ambactia, qui figure dans les plus y ot, par ces dicts vaillans chevaliers et leurs gens, anciens textes du bas-latin (loi salique, loi des plusieurs besongnes entre Françoiz et Angloiz, où Bourguignons et autres), avec le sens de service, il ot pertes et gaignes, souventefoiz d'ambe les deux emploi, mission. Ambactia rappelle aussitôt am- parties, CHRIST. DE PISAN, Charles V, III, ch. 25. bactus, homme de service, qui est dans César. Cé- ETYM. Latin ambo, grec auqw, signifiant tous sar dit en parlant des chevaliers gaulois : Circum | deux, et venant de la préposition amb, ambi, qui n'est se ambactos clientesque habent. De son côté, Fes-usitée qu'en composition, en grec auol, qui si-autour (voy. AMBE), et igere, pour agere, pousser tus dit: Ambactus apud Ennium lingua gallica servus appellatur. Saumaise a prétendu que ambactus n'était pas gaulois; en effet ambactus s'expliquerait sans peine par le latin amb, autour, et actus, poussé, mené. Mais, outre que ambactus n'a aucun emploi et aucun appui dans la latinité, il faudrait HIST. XII s. Quant cil denier serunt despendu ne tenir aucun compte du dire de Festus. Aussi e alé, E en malvaises genz e en guerre guasté, Zeuss (Gramm. celtique, 1, 89 et 179) a-t-il cherché Malvaisement conquis, malement alué, Li dé seune origine celtique: kymri amaet (pour ambaeth, runt mult tost sur ambes as turné, Qui unt esté le b tombant souvent), laboureur, ouvrier. Mais la sovent sur sines ruelé, Th. le mart. 157. || xm 's. difficulté croît, quand on reconnaît que les langues Tant ont fait Lombart que il ont jettés ambe-as, germaniques ont un mot tout à fait analogue: an- H. DE VALENC. XX. Et se bien retenu les as, Tu n'as cien islandais, ambat, ambot, et anglo-saxon. pas geté ambesas, la Rose, 10436. Or t'est-il cheü æmbeht, serviteur; suédois, embete, charge, mi-ambes as; Or te tien à ce que tu as, RUTEB. II, 93. nistère; hollandais, ambagt, métier; allemand, amt, fonction; gothique andbaths; ancien haut allemand, ambaht, serviteur; gothique, andbahti, service. M. Diez remarque, en faveur de l'origine germanique, que le bas-latin ambactia ne peut découler de ambactus, le suffixe ia n'étant pas usité,

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-ÉTYM. Ambiguus, de ambigere, douter, de amb, (voy. AGIR); mot à mot, qui pousse de deux côtés. AMBIGUITÉ (am-bi-guï-té. On met un tréma sur l'i pour indiquer que gui ne s'y prononce pas ghi, mais que l'u y est entendu. Le mot est de quatre syllabes. Au xvIe s. la prononciation était la même, PALSgr. p. 10), s. f. Défaut d'un discours, d'un terme équivoque et à plusieurs sens. Ces passages n'ont aucune ambiguïté, Boss. Exp. Avert. Jésus ayant dit ces choses sans aucune ambiguïté, ID. Quinq. 1. Comme si la profession de foi laissait une ambiguïté dans la créance des fidèles, PASC. Prov. 16. Dans tout ce qu'il m'a dit, ce n'est qu'ambiguïté, PIRON, Courses de Tempé.

SYN. AMBIGUÏTÉ, DOUBLE SENS, ÉQUIVOQUE. L'ambiguïté a plusieurs sens, plusieurs interprétations; d'où obscurité, incertitude. Le double sens présente deux interprétations, qui peuvent être toutes deux manifestes et apparentes; en cela il est plus général que l'équivoque, où l'un des sens est manifeste, tandis que l'autre, caché, fait une allusion.

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