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--HIST. XVI s. Les poursuites de l'esprit humain

REM. Suivant Laveaux, ce metne régit pas les | Japon la porcelaine ou l'ambre, BOIL. Sat. VIII. sont sans terme; son aliment est doubte, ambi-noms: on ne dit pas, l'ambition de la gloire; mais Qu'un fat soit l'aigle des salons; Qu'un docteur sente guïté, CHARRON, Sagesse, 1, 15. il régit les verbes et l'on dit, l'ambition d'acquérir l'ambre, BÉRANGER, Marotte. || Proverbe. Il est fin de la gloire. Cette règle n'est pas bonne (voy. les comme l'ambre, se dit d'un homme d'une grande pénétration. exemples).

ETYM. Ambiguitas (voy. AMBIGU). AMBIGUMENT (am-bi-gu-man. L'Académie, qui met un accent circonflexe dans assidûment, n'en met pas dans ambigument), adv. D'une manière ambigue. L'Eglise anglicane parle ambigument, BOSS. Variat. 15. Il sait encore mieux parler ambigument, LA BRUY. 10. Ceux [des cardinaux] à qui il [le cardinal de Bouillon] en parla [de la calotte], lui répondirent ambigument, ST-SIMON, 384, 183.

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· ETYM. Ambigument pour ambigûment, pour ambiguement, de ambiguë, au féminin, et ment (voy. MENT).

+AMBITÉ (an-bi-té), adj. m. Se dit du verre qui, après avoir été affiné, perd sa transparence, et semble rempli de boutons.

HIST. XIV S. Ambition et convoitise de hon-
neur, BERCHEURE, fo 19, recto. || xvis. L'ambition,
qui est une faim d'honneurs, est une bien douce pas-
sion qui se coule aisement es esprits plus genereux
et ne s'en tire qu'à peine, CHARRON, Sagesse,1, 21.
ETYM. Ambitio, de amb, autour (voy. AMBE),
et ire, aller (voy. IRAI).
AMBITIONNĚ, ÉE (an-bi-sio-né, née; en poé-
sie, de cinq syllabes), part. passé. Le duché de Milan
ambitionné par François Ier.

AMBITIONNER (an-bi-sio-né; en poésie, de cinq
syllabes), v. a. Rechercher avec ardeur. Ambition-
ner les dignités, les places. La duchesse de Mazarin
Mon cœur n'am-
à qui l'on ambitionnait de plaire.
bitionnera Que d'être auprès de vous tout ce qu'il
vous plaira, MOL. l'Étour. v, 3.

AMBITIEUSEMENT (an-bi-si-eu-ze-man), adv. || 1° Avec ambition. Bien loin de se produire et de vouloir ambitieusement étaler les études de la loi de Dieu, FLÉCH. Panég. 1, p. 335. || 2° En parlant HIST. XVI S. Je luy appris encore à dire souvent, du style, avec recherche. Ecrire ambitieusement.....courir risque, symboliser, jalouser, ambitionner, HIST. XIV S. Tarquinius ha demandé ambi- un esprit poly, et mille autres termes en cette fatieusement le royaume, BERCHEURE, f 19, recto. çon, à quoy on connoit aujourduy une belle ame, XVI s. Il se porte trop ambitieusement et chaude- D'AUB. Conf. II, 1. ment en tout ce qu'il faict, à louer, s'offrir et servir, CHARRON, Sagesse, p. 495 dans Lacurne.

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ETYM. Ambitieuse, au féminin, et ment (voy. MENT). AMBITIEUX, EUSE (an-bi-si-eû, eû-z'), adj. 1° Qui a de l'ambition, et aussi, qui a l'ambition de. L'ambitieux César. Un homme ambitieux. Ambitieux d'honneurs. Ce n'est plus des Romains l'esclave ambitieuse, CORN. Nicom. v, 10. Âme ambitieuse, ID. Hor. 1, 2. Cœur ambitieux, RAC. Baj. v, 4. Ambitieux du pouvoir, ST-ÉVREM. II, 7. Ils [les saints] sont ambitieux de plus nobles richesses, L. RAC. Relig. ch. III. Ambitieux de vaincre et non de discourir, ID. ib. ch. v. Je suis ambitieux; tout homme l'est sans doute, VOLT. Fanat. II, 5. 2° Il se dit de tout ce qui annonce de l'ambition. Üne politique cruelle et ambitieuse. L'ode avec plus plus d'éclat et non moins d'énergie, Elevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, BOIL. 4. p. I. Cette concurrence ambitieuse dans les deux premiers hommes de l'univers causa de nouvelles révolutions, VERT. Révol. rom. XIII, 221. || 3° Fig. Prétentieux, recherché. Style ambitieux. Une traduction ambitieuse. ||4° S. m. Celui qui a de l'ambition. Un ambitieux. L'esclave n'a qu'un maitre; l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles à sa fortune, LA BRUY. 8.

REM. Des grammairiens ont prétendu qu'on ne pouvait pas dire ambitieux de. C'est à tort; ni la raison, ni l'usage ne s'y opposent.

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REM. Ce mot, dénoncé par d'Aubigné comme un néologisme affecté, fut attaqué par Vaugelas, qui déclara qu'il n'était pas du bel usage, par Marg. Buffet, qui dit que ambitionner une charge n'est plus une manière reçue de parler. Mais il fut défendu par Th. Corneille, et aujourd'hui il est en plein usage.

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HIST. XVI S. Courtaux, bestes d'emble, mulles, mullets et bagage, M. DU BEL. 330. Hacquenées et autres bestes d'ambles, ID. 333. Un cheval d'Espagne fort aisé et allant l'amble, ID. 482. Il m'est permis de vous dire combien Elle me couste, et quel emble elle va, MAROT, IN,

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149.

ETYM. (Voy. AMBLER); génev. ambe; provenç. amblanza, ambladura; ital. ambiadura. On disait aussi ambleure dans l'ancien français. AMBLER (an-blé), v. n. Aller l'amble. || Terme vieux.

HIST. XII S. Li clers i vint sur un mulet amblant, Ronc. p. 163. || XIII s. Et fu montés sour un cheval moriel amblant, et ot viestue une grant cape fourrée de cendal vert, Chr. de Rains, 170. Et li HIST. XV s. Laissous vivre malheureuses Ces destrier sor koi [elles] seoient Molt tost et molt souef ames ambitieuses, Et joyeusement vivons De si peu ambloient, Lai du trot. Or s'en vont li baron enque nous avons, BASSELIN, XXXII. || XVI S. Les hy-semble; Diex! con la mule Grinbert amble! Ren. pocrites qui par une monstre ambitieuse de prieres cerchent d'estre glorifiez et favorisez du peuple, CALV. Inst. 708. Les serpens ne perdent pas leur venin pour estre engourdis par le froid; ni l'ambitieux ses vices pour les couvrir par une froide dissimulation, CHARRON, Sagesse, 1, 21.

ETYM. Ambitiosus (voy. AMBITION); provenç. ambecios.

AMBITION (an-bi-sion; de quatre syllabes en poésie), s. f. || 1° Désir ardent de gloire, d'honneurs, de fortune. Une ambition effrénée. L'ambition chez les princes est une passion dangereuse. Une généreuse, une indigne ambition. De l'ambition, quand un certain âge est passé, où l'on n'a plus assez de force pour la soutenir, on va se perdre dans l'avarice, Boss. Pensées chrét. 7. L'ambition, appelée à tout mériter au lieu de tout envahir, MIRABEAU, Collection, t. I, p. 26. Ayez moins de faiblesse ou moins d'ambition, CORN. Cinna, Iv, 4. L'ambition déplait quand elle est assouvie; D'une contraire ardeur son ardeur est suivie, ID. ib. II, 4. L'indigne ambition que ton cœur se propose, ID. ib. III, 4. J'ai de l'ambition; et, soit vice ou vertu.... ID. Pomp. II. 1. Tous ceux qui auront de l'ambition, PASC. Prov. 12. Voilà l'ambition d'un cœur comme le mien; RAC. Bérén, 11, 4. L'ambition des intérêts humains, MASS. Paraph.psaume 25. || 2° En un sens général, désir, recherche. Ce qui avait été l'objet de son ambition. Il met son ambition à.... Ce grand nom deviendra l'ambition des rois, CORN. Hor. III, 5. Un prince sans ambition d'étendre sa gloire, PERROT D'ABL. Tacite, 215. L'ambition d'un nouveau consu'at, ID. ib. 85. Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom et de mérite, MOL. le Sicil.

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10924. | xv s. Adonc monta le roi anglois sur un petit palefroi moult bien amblant, FROISS. I, 1, 93. De beaux mulets tous blancs et très bien amblans, ID. II, III, 39.

ETYM. Provenç. amblar; ital. ambiare; espagn. amblar; vallaque, emblà, dans le sens de se promener; de ambulare, se promener.

+AMBLEUR (an-bleur), adj. || 1° Dont l'amble est l'allure naturelle ou acquise. Cheval ambleur. || 2° Se dit du cerf dont la trace du pied de derrière dépasse celle du pied de devant.

+AMBLYGONE (an-bli-go-n'), adj. Qui a les angles obtus. || Peu usité.

-ÉтYM. Aμ¤àùs, obtus, et yuvos, angle. † AMBLYOPE (an-bli-o-p'), s. m. Celui qui est affecté d'amblyopie.

AMBLYOPIE (an-bli-o-pie), s. f. Terme de médecire. Affaiblissement de la vue.

ΕΤΥΜ. Αμβλυωπία, de ἀμβλὺς, émousse, et ώψ, oil (voy. OPTIQUE).

+AMBOUTISSOIR (an-bou-ti-soir), s. m. Poinçon d'acier trempé qui sert à faire les têtes de clous.

AMBRE (an-br'), s. m. Nom donné à deux substances différentes: 1° l'ambre, proprement dit, ou ambre gris: matière concrète, ayant la consistance de la cire et une couleur cendrée, parsemée de taches jaunes et noirâtres, répandant une odeur particulière très-forte, que beaucoup de personnes trouvent suave; 2° l'ambre jaune ou succin (voy. ce mot). [Ils] voguaient vers ces climats où l'Océan pour eux Sur l'ambre et le corail roulait ses flots heureux, DELAV. Paria, 1, 1. Que l'ambre le plus pur s'exhale à tes festins, MILLEV. Élég. liv. I, Homère. Qui n'avait pas le goût de musc, civette cu d'ambre, RÉGNIER, Sat. XI. Chercher jusqu'au

-HIST. XIIIes. Il est acordé entre les mestres patrenostriers d'ambre et de gest [jayet] que il ne ouvreront jamès de nuiz des dites patenostres, Livre des métiers, 71. Adonc est li sires levez, Et est entrez dedenz sa chambre, Qui tote estoit ovrée à l'ambre, Ren. 22164. Moult ierent gent li autre membre, Et plus olant que pomme d'ambre, la Rose, 21008. Et toutes ces choses estoient fleuretées de ambre; et estoit l'ambre lié sur le cristal à beles vignetes de bon or fin, JOINV. 260. || XVI s. Boire de l'ambre jaune subtilement pulverisé, 0. DE SERRES, 931. Du musc, de l'ambre gris, de la civette, ID. 934.

– ETYM. Provenç. ambra, ambre; espag. ambar: ital. ambra; de l'arabe anbar.

AMBRÉ, ÉE (an-bré, brée), part. passé et adj. Qui a la teinte de l'ambre jaune ou le parfum de l'ambre gris. Couleur ambrée. Odeur ambrée. L'air qui les enfle et les colore [les bulles de savon], En voltigeant sous nos lambris, Leur donne la fraicheur de Flore, Ou le teint ambré de l'aurore, Ou le vert inconstant d'Iris, BERNIS, Sur la mode. Oh! si j'étais capitane [femme d'un capitan] Ou sultane, Orient. XIX. Je prendrais des bains ambrés, v. HUGO, Si j'avais des melons ambrés au cœur de l'hiver, J. J. ROUSS. Ém. IV.

† AMBRÉINE (an-bré-i-n'),s. f. Terme de chimie. Matière particulière formant les 85 centièmes de l'ambre gris, duquel on l'extrait par l'alcool bouillant.

AMBRER (an-bré), v. a. Parfumer avec de l'ambre.
ETYM. Ambre.

AMBRETTE (an-brè-t'), s. f. Semence provenant d'une plante appelée herbe à la poudre de Chypre, et ayant l'odeur de l'ambre. On s'en sert dans certains parfums. | Poire d'ambrette, espèce de poire qui a quelquefois une odeur d'ambre ou de musc. ÉTYM. Ambre.

HIST. XIII S. Herbe prenez, k'a nun amblete, La racine me fetes nete, E puis mettez au mal de dent, Manuscr. St-Jean.

AMBROISIE et quelquefois AMBROSIE (an-broizie ou an-bro-zie), s. f. 1° Mets des divinités de l'Olympe. L'ambroisie donnait l'immortalité à ceux qui en goûtaient. D'hommes vous faisant dieux vous paissait d'ambroisie, REGNIER, Sat. v. Il répandit une odeur d'ambroisie dont l'Olympe fut parfumé, FÉN. Tél. IX. Tout ce que Nélée boit devient nectar, tout ce qu'il mange devient ambroisie, ID. XIX, 87. || 2° Fig. et poétique. L'abeille, qui pourtant n'avait vécu qu'un matin, comptait déjà son ambroisie par générations de fleurs, CHATEAUB. Génie, I, IV, 4. Que vos heureux destins, les délices du ciel, Coulent toujours trempés d'ambroisie et de miel, A. CHÉN. 92. [Elle] Enivre les humains de sa douce ambroisie, GILB. Au prince de Salm. Ce fut en vain que Cymodocée pria la Nuit de lui verser l'ambroisie de ses ombres, CHATEAUB. Mart. xxxi. Enivronsnous de poésie; Elle est un reste d'ambroisie Qu'aux mortels ont laissé les dieux, BERANGER, Sciences.

C'est de l'ambroisie, se dit familièrement d'un mets délicieux. Ils mangeaient à sa table, avalaient l'ambroisie, RÉGNIER. Sat. XIV. || 3o Terme de botanique. Ambroisie du Mexique ou thé du Mexique, nom d'une plante à odeur forte et agréable, saveur âcre et aromatique, employée en infusion comme tonique et digestive. || Ambroisie des jardins, un des noms vulgaires du chénopode ambrosioïde.

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REM. La Fontaine a dit ambroise Et Tiennette est ambroise, Dit son époux, les Troqueurs. - ΕΤΥΜ. Αμβροσία, de ἄμβροτος ου άβροτος, ίπι mortel, de & privatif, et ẞpotòs, mortel.

+ AMBROSIAQUE (an-bro-zi-a-k'), adj. Qui a une odeur d'ambroisie, une odeur agréable.

AMBROSIEN, IENNE (an-bro-zien, ziè-n'), adj. 1° Attribué à saint Ambroise, évêque de Milan. Chant ambrosien. || 2° Qui est selon le rite de l'église de Milan. Messe ambrosienne.

- ETYM. Ambrosius, Ambroise, nom d'homme, de άubpocía (voy. AMBROISIE).

+ AMBULACRE (an-bu-la-cr'), s. m. En horticulture, se dit d'un lieu planté d'arbres en rangées régulières.

- ETYM. Ambulacrum, promenoir, venant de ambulare, se pre mener (voy. AMBLER).

AMBULA CE (an-bu-lan-s'), s. f. || 1° Etablissement hospitalier temporaire, formé près des corp ou des divisions d'armée, pour en suivre les mouvements, et destiné à assurer les premiers secours

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ETYM. Ambulans, de ambulare, se promener (Voy. AMBLER).

AMBULATOIRE (an-bu-la-toi-r'), adj. || 1° Terme de jurisprudence ancienne. Qui n'a pas de siége fixe. Juridiction ambulatoire. || 2o Variable. La volonté de l'homme est bien ambulatoire, REGNARD, le Distr. v, sc. dern. || Ne se met qu'après le substantif. ÉTYM. Ambulatorius, de ambulare, se promener (voy. AMBLER). +AMBUSTION (an-bu-sti-on), s. f. Terme de chirurgie, synonyme de cautérisation.

ETYM. Ambustio, de amb, autour, et ustio brûlure (voy. USTION).

SYN. AME FAIBLE, CŒUR FAIBLE, ESPRIT FAIBLE. Comme âme est plus compréhensif que cœur et esprit, l'âme faible désigne une personne en qui tout est faible; elle est sans ressort et sans vigueur. Le cœur faible est, suivant les deux acceptions du mot cœur, ou trop tendre, trop facile à toucher, à séduire, ou pusillanime et facile à décourager, à effrayer. Un esprit faible est incapable d'examen, crédule et inhabile à sentir la vérité et la raison.

aux blessés et autres malades. || 2o Etablissement | nels soupçons laisse flotter son âme, MOL. Facheux, outre qu'il indique la prononciation, représente provisoire formé pour donner les premiers soins à II, 4. || Grande âme, homme d'un esprit étendu, une lettre supprimée; l'ancien mot était anme et, des blessés ou à des malades. On a établi des am- homme d'un grand caractère. Les plus grandes par suite, alme et même arme. || 2. Balzac a dit âme bulances dans chaque quartier. || 3° Emploi d'un âmes sont celles qui s'arrangent le mieux dans la pour ce qu'il y a de meilleur dans une chose. Je commis des contributions indirectes, dont l'office situation présente et qui dépensent le moins en pro-choisis les oiseaux qui sont engraissés de sucre, et est de parcourir incessamment un certain district. jets pour l'avenir, FONTEN. Chazelles. | Avoir de me nourris de l'âme du fruit, liv. ¤, lett. 4. ETYM. Ambulant. l'âme, avoir un cœur noble, sensible et généreux. AMBULANT, ANTE (an-bu-lan, lan-t'), adj. Que d'âme et de douceur dans ses regards! || Etre || 1° Qui n'est pas fixe, qui ne demeure pas au même tout âme, être doué d'une excessive sensibilité. leu. Ils tâchent d'intéresser les voyageurs par le || 4° Particulièrement en parlant des relations amouconcert ambulant de leur famille errante, STAEL, reuses. Son âme ailleurs éprise, RAC. Andr. II, 2. Allem. 1, ch. 2, Mours. || 2° Hôpitaux ambulants, L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une petits hôpitaux provisoires que l'on établit à la suite âme, ID. ib. II, 2. Que vous et Bajazet vous ne d'une armée ou d'un corps d'armée pour recevoir faites qu'une âme, ID. Baj. IV, 3. Chacun peut à immédiatement tous les militaires blessés ou mala- son choix disposer de son âme, ID. Andr. III, 2. des, jusqu'à ce qu'on puisse les diriger sur un hôpi-|| 5° Une personne, homme, femme ou enfant. Qu'on tal sédentaire. 3° Comédiens ambulants, troupe ne laisse monter aucune ame là-haut, RAC. Plaid. ambulante, comédiens, troupe sans résidence fixe. 1, 6. En y comptant les femmes, vous trouverez ||4° Receveur ambulant, contrôleur ambulant, re- près de vingt millions d'âmes, vOLT. Russie, 1, 2. ceveur, contrôleur des contributions indirectes qui Je fus bien surpris de ne pas trouver une âme chez parcourt un certain district. || 5° C'est un homme M. de Luxembourg, ST-SIM. 14, 128. En effet il n'a fort ambulant, qui mène une vie fort ambulante, vu âme vivante, sev. 206. Il n'est âme vivante Qui c'est un homme qui se déplace sans cesse. ne pèche en ceci, LA FONT. Fab. IX, 14. || Familierement. C'est une bonne ame. C'est une personne bonne et simple. || Familièrement. On dit d'un homme qui est l'aveugle instrument des volontés d'un autre, quand en soi-même on les condamne comme immorales ou criminelles : c'est son âme damnée. || 6° La vie, l'existence. Essuyez des pleurs qui m'arrachent l'âme, J. J. ROUSS. Hél. III, 2. Dans cet embrassement dont la douceur me flatte, Venez et recevez l'âme de Mithridate, RAC. Mithr. v, 5. Que des pleurs, des baisers de flamme Fassent passer toute mon âme Dans ces dons qu'elle doit toucher, GRESS. le Chartreux. || Familièrement. Il a l'âme sur les lèvres, il est près d'expirer. || Il a rendu l'âme, il est mort, il AME (a-m"), s. f. 1° Principe de vie. 2o Le prin- vient de trépasser. Pendant que la pauvre femme cipe immatériel de la vie, l'âme après la mort. rendait l'âme, SEV. 348. Il a rendu l'âme entre les 3o L'ensemble des facultés morales et intellectuel- mains de M. de Condom, ID. 413. Peut-être ils renles. Grande âme. Avoir de l'âme. Être tout âme. dent l'âme, RAC. Plaid. 11, 12. || Familièrement. Sur 4 L'âme, en parlant des relations amoureuses. mon âme, expression affirmative, c'est-à-dire sur 5o Une personne, homme, femme ou enfant. 6° La ma vie, mon honneur. Mon bras, sur mon âme, LA vie, l'existence. 7. Imitation de la vie, chaleur, FONT. Cal. || Mon âme, terme de tendresse. Iras-tu, expression. 8° Agent, moteur principal, en parlant ma chère âme? et ce funeste honneur.... CORN. Hor. des personnes. 9° En parlant des choses. 10° Em-II, 5. || 7° Imitation de la vie, expression de vie, plois techniques. || 1° Principe de vie. Les anciens chaleur, mouvement. Phidias avait donné de l'âme philosophes admettaient une âme raisonnable, qui à l'ivoire. Chanter avec âme. || 8° Fig. Agent, moteur présidait aux fonctions de l'intelligence; une ame principal. C'est l'âme de l'entreprise et l'homme de sensitive, qui présidait aux sensations; et une âme vé- confiance, SEV. 525. Enfin vous êtes l'âme de tout gétative, qui présidait à la nutrition. L'âme du monde, cela, ID. 491. Elle est l'âme de toute la parure de principe qui, suivant quelques philosophes, vivifie le l'hôtel de Condé, ID. 399. Elle fut l'âme de l'entremonde. || 2° Leprincipe immatériel de la vie, l'âme prise, FLÉCH. Aig. La Renaudie était l'âme du parti, après la mort. L'immortalité de l'âme. Evoquer les BOSS. Déf. Vous qui devez être l'âme d'un Etat, - âmes des morts. Une âme régénérée par le baptême. m. Polit. Si Charlemagne, qui était l'âme des FranLes âmes des trépassés. Ainsi voit le monde une cais sans le paraître.... MABLY, t. II, p. 124. J'étais ame juste au lit de la mort, MASS. Mort. Vigilant, qui de ce grand corps l'âme toute-puissante, RAC. Brit. n'a pas reçu son âme en vain, ID. Élus. | Locution 1, 1. Ame de mes conseils, et qui seul tant de fois Du familière Dieu veuille avoir son âme; sorte de sceptre dans ma main as soulagé le poids, ID. Esth. prière pour le repos d'une personne trépassée. 11, 5. Toi, pour qui j'ai tout fait; toi, l'âme de ma Donner son âme au diable, faire un pacte avec vie, VOLT. Alz. II, 3. || 9° En parlant des choses. le diable à qui l'on abandonne son âme pour des L'ambition, qui est l'âme de notre conduite, MASS. avantages terrestres. On croyait que les sorciers Conf. Ma passion pour vous, généreuse et solide, A donnaient leur âme à Satan, et recevaient en échan- la vertu pour âme et la raison pour guide, CORN. ge une puissance surnaturelle. Faust est la plus cé- Pulch. 1, 1. Les passions qui doivent être l'âme de lèbre de ces légendes où un homme donne son âme la tragédie, ID. Ex. de Nic. La charité qui est l'âme au diable. | Une âme en peine, une âme livrée aux et la vie de la grâce, PASC. Prov. 5. Cette tristesse peines de l'enfer ou du purgatoire. Il est comme une qui en est l'âme, ne s'y remarque plus, LA BRUY. 15. âme en peine; il est en proie à la plus vive inquié-10° On dit qu'une étoffe n'a que l'âme, quand elle n'a tude, affliction, etc. || Corps et âme, tout entier. ni force ni consistance. || L'âme d'une devise, les Il se donna à lui corps et âme. || C'est un corps sans paroles qui l'expliquent. || L'âme d'un violon, ame, se dit d'une armée, d'un parti sans chef. || Etre d'une basse, le petit morceau de bois placé dans le comme un corps sans âme, être abattu, sans vo- corps de l'instrument pour soutenir le chevalet et metlonté, sans résolution. || 3 L'ensemble des facul- tre en communication les deux tables de l'instrument. tés morales et intellectuelles. L'aliment de l'âme, L'âme d'un soufflet, la soupape de cuir par lac'est la vérité et la justice. Ce qui souille l'âme. quelle l'air pénètre. || L'âme d'un fagot, le menu Ame bien née, noble, élevée. Ame basse, vénale. bois qui se trouve au centre. || L'âme d'une statue, Les yeux sont le miroir de l'âme. L'âme humaine le massif sur lequel on applique la terre qui sert à peut tout se représenter par la pensée. Une âme modeler la statue. L'âme d'un canon d'une généreuse et que la vertu guide, CORN. Cinna, III, 4. arme, le creux où l'on introduit la charge. || L'âme Ainsi parlent, seigneur, les âmes soupçonneuses, d'un tableau, l'esquisse. || Âme d'un cordage, fils ID. Sertor. 11, 2.Ne me prenez point tant pour une que l'on met au milieu des différents torons âme insensible, ID. Agésil. Iv, 5. Mardochée à ses dont le cordage est composé. || Ame d'une fusée, yeux est une âme trop vile, RAC. Esth. 11, 1. Mais trou conique ménagé dans le corps d'une fusée vobien qu'il l'abandonne, il l'adore dans l'âme, CORN. lante. || Dans les manufactures de tabac, on appelle Sertor. IV, 2. Le lâche il vous flattait lorsqu'il trem- âme: 1° un bâton autour duquel le tabac cordé est blait dans l'âme, ID. Héracl. 1, 1. J'en rougis dans monté; 2o les petites feuilles qui remplissent le demon âme, ID. Nicom. I, 1. De mon trône en son dans des andouilles de tabac. || Ame de la plume, âme elle prend la moitié, ID. Pomp. I. Je voudrais petite masse sèche et longue que renferme le tuyau le connaître, Mais connaître dans l'âme, ID. le d'une plume. Ment.11, 2. Je vous rappelle un songe "acé de votre ame, RAC. Mithr. 1, 2. ... la dame, Qui riait sans doute en son âme, LA FONT. Fianc. Et je veux qu'un amant pour me prouver sa flamme, Sur d'éter

REM. 1. Ce mot s'était toujours écrit sans accent circonflexe jusqu'en 1798; mais alors l'Académie, dans son édition, l'a marqué d'un accent circonflexe, et a maintenu depuis cet accent. L'accent,

HIST. XI S. Wart l'om que l'om l'anme ne perde, que Dex rachatat de sa vie, Lois de Guill. 41. Assoudrai vous pour vos anmes guarir, Ch. de Rol. LXXXVII. Toutes vos anmes ait Deus li glorieus, ib. CLX. || XII°s. Pour la moie arme messes chanter ferez, Ronc. p. 18. Se plaist Jhesu, qui l'ame m'a donnée, ib. p. 49. Qui donc veist le duc nostre seignor prier Qu'il ait merci de s'arme, com de son chevalier.... Sax. xI. Li clers deivent les lais [laïques] e lur anemes guarder, Th. le Mart. 30. Ore, mis sires, veirement vit Deus ta aneme, ki t'ad guarded que ne voises avant, Rois, 100. Ço fud grant demustrance ke les anmes furent salvées devant Deu, ib. 202. Ellevos [voici que] en ta main est, mais nequedent l'anrme de lui guarde, Job. 448. || XIIIe s. Si ne troverent nule ame qui venist encontre aus, VILLEH. CVII. Mainte ame en fut de corps sevrée et departie, Berte, . [Dieu] Qui en ame et en corps en soit toujours gardere, ib. iv. Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée, ib. XLVI. Lors regarde tot contreval Le bois, por savoir s'alme orroit [entendroit], Et quant il nule alme ne voit.... Ren. 24715. Et qui premiers istra fors en la praerie, Se martire reçoit ne que arme l'ocie, Devant nostre seigneur ira s'ame florie, Ch. d'Ant. VIII, 174. Et une autre dame qui estoit à l'autre part du lit, ne li souffri mie; ainçois [mais] disoit que il avoit encore l'ame ou cors, JOINV. 207. Et, ainsi, biaus sire Diex, je leverai m'amme à toy, et je me fie en toy, ID. 201.|| xv s. Les Pisains.... respondirent.... que qui guerre leur feroit, bien et bel se defendroient, et qu'ils ne craignoient ame [personne], Bouciq. 1, chap. 11. Si très tost que cette petite fistule laira le couler et sechera, vous mourrez sans point de remede, mais vous avez quinze jours au plus de loisir pour vous aviser et penser à l'ame [le médecin à Charles V], FROISS. II, II, 70. L'espie entra ens ès fossés où point d'eau n'a ni ne peut avoir, car ils sont de sablon bouillant; et regarda dessous et dessus, et n'y ouit ni ne vit ame, et tout ce rapporta il ainsi à son maistre, ID. II, II, 13. Il n'avoit ame avec luy, mais avoit envoyé ses serviteurs pour.... COMM. III, 2. XVIe s. Vous lui direz le contenu en une petite ame [billet] escripte de ma main, que vous trouverez en ceste lettre, ou la luy monstrerez, MARG. Lett. 149. Un bastiment capable de deux ou trois cents ames, MONT. I, 237. Ils croyent les ames eternelles, ID. I, 238. La fermeté du courage et de l'ame - Rendre l'ame, ID.I, 243. Si ce ne sont quelques uns, qui ont (comme on dit) l'ame de travers, les autres sentent assez le fruit qui en revient [de la concorde], LANOUE, 44. Des benefices qui vaqueroyent les premiers, qui sont sans charge d'ames.... ID. 129. Considerez que la Roine mere est l'ame de l'Estat, elle qui est sans ame, D'AUB. Hist. II, 10. Chascun pour sauver sa vie et respirer une ame precaire se faisoit bourreau de son compagnon, ID. ib. I, 122. Il lui donna un bouquet d'olive, de laurier et de cyprès, avec un sonnet qui servoit d'ame à cet embleme, ID. ib. II, 186. Voyant que le Roy, de sa propre ame [de son propre mouvement], luy faisoit ce present, CARL. II, 16. Ame couarde en un beau corps logée, RONS. 635.

ETYM. Provenç. anma, arma; espagn. et ital. alma; de anima, dont la signification primitive est souffle, vent, et, par extension, respiration, vie, esprit, âme. On voit par là l'identité de ce mot avec l'aveuos des Grecs, qui a conservé exclusivement l'acception de vent; anima et aveμos ont pour radical le sanscrit ana, respirer. Cela montre comment les mots abstraits dérivent de ceux qui servent à désigner les objets matériels. Aneme dans certains textes an ciens n'est un mot de trois syllabes que pour les yeux; la mesure du vers prouve qu'on ne donnait au mot que deux syllabes; cette orthographe était un archaïsme reproduisant de plus près la forme latine.

AMÉ, ÉE (a-mé, mée), adj. Terme de chancel

lerio. Aimé. A nos amés et féaux conseillers, etc. Henri V [d'Angleterre] nomma son très-amé fils Henri, héritier, régent du royaume, VOLT. Mœurs,

485.

ETYM. Amatus (voy. AIMER). +AMELET (a-me-lé), s. m. Petit listel ou filet qui orne les chapiteaux.

+AMÉLIORANT, ANTE (a-mé-li-o-ran, ran-t'), adj. Qui améliore. Culture améliorante, culture qui accroît la fécondité du sol.

AMÉLIORATION (a-mé-li-o-ra-sion), s. f. 1° Changement en mieux; meilleur état. Il y a une grande amélioration dans l'état de ce malade. || 2° En parlant d'un bien-fonds. Il a fait une amélioration Considérable dans sa terre. || 3° En termes de droit, améliorations voluptuaires, améliorations d'agré

ment.

HIST. XVI S. Cet argent se consommera pour ses edifices et en l'ameliorement de sa maison, CARL. 1, 31. Outre l'ameliorement de la chair par le chastrer, la furie de ces coqs est abbatue,o. DE SERRES,

366.

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· ETYM. Améliorer. AMÉLIORÉ, ÉE (a-mé-li-o-ré, rée), part. passé. Des terres améliorées par la culture. Des hommes améliorés par l'éducation.

AMÉLIORER (a-mé-li-o-ré). || 1o V. a. Rendre meilleur. Leurs travaux ont amélioré le sol. Cet événement a amélioré sa fortune. || 2o Dans l'ancienne chimie, améliorer un métal, l'épurer. || 3° S'améliorer, v. réf. Devenir meilleur. Sa santé, sa conduite s'améliore de jour en jour.

- HIST. XII's. Car or savum bien senz devise Que Deus nos a toz regardez; Tant nos somes ameillorez, Que reial sumes; mult vait bien, BENOIT, II, 14971. || XVI° s. La terre est ameilleurée par la marne l'espace de dix ou trente ans, PALISSY, 329. L'eau y charrie de la graisse tant fertile, que le fonds s'en emmeliore beaucoup, O. DE SERRES, 95.

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lais, vit que le roi d'Angleterre se ordonnoit et ame- | un défaut, un vice. L'amendement rend meilleur nageoit pour là tenir le siege.... FROISS. I, I, 297. La réforme modifie tout à fait le sujet. On se corrige xv s. S'il retourne s'amesnager chez soy, et d'un défaut; on s'amende, en gagnant des qualités; qu'il ait donné forme à une famille complete, il ne on se réforme, en substituant à un genre de vie déprisera pas, comme il doist, sa femme et ses en- réglé un genre de vie tout contraire. > fans, ni le revenu de sa maison, LANQUE, 149.

ETYM. A (voy. A) et ménage. AMENDABLE (a-man-da-bl'), adj. || 1° Qui peut être amendé, corrigé. Sol, terre amendable. || 2° Sujet à l'amende. Cas amendable. || Vieux en ce sens. 3° En droit féodal, crimes amendables, crimes dont on évitait le châtiment en payant une certaine somme.

ETYM. Amender.

AMENDE (a-man-d'), s. f. || 1° Peine pécuniaire. Mettez des amendes sur ceux qui....FEN. Tél. xп. On a condamné à des amendes tous les donatistes, BOSS. Lett. 237. Me mettrait-on à l'amende? Non, LA FONT. Cas. Dix mille francs, dix mille francs d'amende! Dieu! quel loyer pour neuf mois de prison! BERANGER, Dix m. f. 2° Amende honorable, peine infamante, aveu public et forcé d'un crime. Son arrêt qui était de faire amende honorable devant Notre Dame, SEV. 296. || Fig. Faire amende honorable, demander publiquement pardon. Si on ne vous eût fait amende honorable pour l'affront... HAMILT. Gramm. 9. Il a fait une grande amende honorable de sa vie passée, sév. 173. Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse.... MOL. Femmes sav. III, 5. Pour lui faire amende honorable de ses infidélités, BOSS. Prière, 3.|| Proverbe. Les battus payent l'amende, celui à qui une réparation serait due, souffre un nouveau dommage. Hé quoi donc? les battus, ma foi! paieront l'amende, RAC. Plaid. 11. Outre la perte de son procès, le battu payait encore l'amende à l'époque où la plupart des différends se vi laient dans un champ de bataille à coups de mains.

ETYM. À (voy. A) et meilleur. +AMÉLIORISSEMENT (a-mé-li-o-ri-se-man), s.m. Terme particulier à l'ordre de Malte, et qui signifiait la même chose qu'amélioration. Un commandeur ne pouvait passer d'une commanderie à une autre meilleure, s'il ne prouvait qu'il avait fait des amé-eglise tiengne à fole, Prest sui qu'à son voloir l'aliorissements dans celle qu'il voulait quitter. —- ÉTYM. Améliorer.

AMEN (a-mèn'), s. m. || 1o Mot hébraïque usité dans les prières de l'Eglise, et signifiant: Ainsi soit-il. Le prélat fait l'action de grâce; l'assistant répond amen, CHATEAUB. Génie, t. I, I, 8. Les élus auront un autre nom et un amen bienheureux, BOSS. Hist. II, 4. 11.20 Il sert à exprimer le consentement. Amen, soit. Il dit amen à tout, il ne fait aucune objection. J'ai été ravie que vous ayez dit amen sur toutes les bagatelles que je vous mandais, sÉv. 530. || 3° Familierement. La fin d'une chose. Il m'a tout dit jusqu'à amen. || De pater à amen, du commencement à la fin.

HIST. XII s. Sire Reinaus, je m'en escondirai [excuserai]: A cent puceles, sur sains [je] vous jurerai Qu'oncques nul home fors vostre cors [je] n'aimai; Prenez l'emmende, et je vous baiserai, Romancero, p. 50. || XII s. Pour Dieu, prendés l'amende [réparation] que li rois vous offre, Chr. de Rains. p. 143. Et s'il i a nule parole Que sainte mende, Se ge puis suffire à l'amende, la Rose, 15604. Il fut jugié que li taverniers seroit en amende envers Pierre, BEAUM. XXVI, 15. Se cil devant Dieu li demande, Je ne respont pas de l'amende, RUTEB. 73. Nous establissons que nulz de nos baillifs ne lieve amande pour debte que nos subjez doivent, ne pour malefaçon, se ce n'est en plein plet où elle soit jugée et estimée, JOINV. 295. La quarte amende fu telle, que frere Hugue de Joy, qui estoit marechal du Temple, fut envoié au soudanc de Damas de par le mestre du Temple, ID. 268. || xv° s. Ceux de l'ost estoient moult courroucés, et ne savoient sur qui prendre l'amende, FROISS. II, II, 76. Et, quant pour parler il avoit reçu quelque dommage HIST. XIII s. L'oroison dist apertement Tybert [Louis XI] ou en avoit soupçon, et le vouloit repaet le per omnia, Devant l'autel s'agenoilla, Et Re-rer, il usoit de ceste parole au personnage propre nart respondi amen; Puis li a dit : levez vos en, Et si alez fermer ces huis, Je dirai benedicamus, Ren. 21369. || XVI s. Il ne faut pas prendre cela comme l'opinion d'un seul homme, car tous disent amen après lui, CALV. Instit. 65. Toutes les promesses de Dieu sont Oui et Amen en Jesus Christ, ID. ib. 320. Tant qu'il y a de promesses de Dieu, elles sont en lui Oui et Amen : c'est-à-dire ratifiées, ID. ib. 448. ETYM. Hébreu amen. +AMENAGE (a-me-na-j'), s. m. La peine et les frais pour amener, voiturer quelque chose. HIST. XVIe s. Les frais de l'amenage du sel sont par trop grands, PALISSY, 255, ETYM. Amener.

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AMÉNAGÉ, ÉE (a-mé-na-jé, jée), part. passé. Forêts, prés aménagés.

AMÉNAGEMENT (a-mé-na-je-man), s. m. Action de régler les coupes d'une forêt; résultat de cette action.

REM. Au pluriel il a été abusivement employé pour emménagement, terme de marine. - ETYM. Aménager. AMÉNAGER (a-mé-na-je), v. a. || 1° Régler les coupes d'une forêt, d'un pré. || 2° S'aménager, v. réft. Etre aménagé. Des prés qui sont regardés communément comme le bien qui rend le plus et qui s'aménage avec le moins de frais, VAUBAN, Dime, p. 193. || 3° Débiter en bois de charpente. Aménager un arbre. ge devant a et o: aménageant.

HIST. XV S. Le suppliant amesnagié [pourvu] Le chevaux, bestiaux, DU CANGE, auctorabilis. Quand messire Jean de Vienne, qui capitaine estoit de Ca

Je sçay bien que ma langue m'a porté grand dommage, aussi m'a elle fait quelquesfois du plaisir beaucoup; toutes fois c'est raison que se repare l'amende, COMM. 1, 10. || XVI s. Par l'amende et reparation qu'il en fit aux ombres des amants morts, YVER, p. 649. Les autres furent condamnez en l'amende, partie honorable et partie profitable, CASTELNAU, 5. Si l'enfant est jà formé, qu'il [ celui qui fait avorter] en perde la vie : mais s'il n'est encore formé, qu'il soit condamné à amende pecuniere, PARÉ, XXVII, p. 658.

ETYM. Amender; bourguig. aimande. AMENDÉ, ÉE (a-man-dé, dée), part. passé. Un sol amendé. Une terre amendée. Projet de loi amendé. AMENDEMENT (a-man-de-man), s. m. || 1° Changement en mieux. L'amendement d'une terre, d'un sol. Il n'y a point d'amendement à sa santé, à sa conduite. L'amendement que les années apportent à ma pauvre cervelle, SEV. 421. Ceux qui récidivent, sans qu'on y voie aucun amendement, PASC. Prov. 10. Satisfaites les deux par votre amendement, ROTROU, Antig. V, 5. || 2o En agriculture, moyens par lesquels on améliore ou on modifie le sol, à l'aide du colmatage, de la chaux, de la marne, du sable, de l'argile, de l'humus, ou par le mélange des terres. || 3o Modification d'un projet de loi. On a proposé plusieurs amendements. || 4o Dans l'ancienne jurisprudence, correction d'un jugement. Il voulut que l'on pût demander amendement des jugements rendus dans ses cours, MONTESQ. Esp. XXVIII, 29.

SYN. AMENDEMENT, CORRECTION, RÉFORME, c'est changement en mieux. La correction ôte une faute,

HIST. XII s. Quant par amendement lur ad Deus pardoné, N'erent par mun escrit el siecle vergundé, Th. le Mart. 138. Encuntre saint Iglise a esté lungement, Mais des ore trarra à sun delivrement, La pietez de Deu l'a trait à amendement, ib. 72. || xs. Quant aucuns se deut d'aucun tort qu'on li a fet, dont il veut avoir amendement par justice, il convient qu'il face.... BEAUM. 45. Li sires, à qui li amendemens apartient, doit donner jor de veue, ID. IX, 9. Sire, je dirai pour Pierre, par amendement de liet de son conseil.... ID. v, 7. Ce ne soufist pas, ains convient qu'il raporte l'heritage, à tout [avec] son amendement, ID. XIV, 13. Li labeurs et E amendemens qu'on met sur le liu fet le [la] seurté, par coustume, vers celi qui baille se [sa] terre, m. xxXIV, 17. Et se li quens voit que ce soit li porfit du país et li amendemens du cemin, bien le doit soufrir, ID. XXV, 7. Et s'il a avoué, il doit presenter li et son avoé, et se presenter par amendement d'armes, ID. LXIV, 4. ||XIV s. Mais il n'a en mesfaire fors que amendement, Baud. de Seb. VI, 34. Nous voulons que nos amendements soient faiz par la main de nos executeurs, DU CANGE, amendamentum. Le dit Juhannin mena une chartée d'amendement fumier] aux champs, ID. ib. || xv s. Les deux principaulx et les complices, lesquelx et non autres feront l'amandise du meffait, ID. ib. || xvi s. En ces bains-là demeurerent tous les malades, jusqu'à ce que, par leur amendement, ils connurent qu'ils s'en pouvoient retourner, MARG. Préf. Puisque le bon traitement que je vous ai fait n'a pu servir à votre amendement, ID. Nouv. vI. Je voy que l'amendement ne vault pas la douleur qu'il en fault endurer, AMYOT, Marius, 9.

-ETYM. Amender; provenç. amendament. AMENDER (a-man-dé), v. a. l 1° Rendre meilleur. Les labours amendent les terres. Les bons exemples ont amendé ce jeune homme. Le réveillematin eut la gorge coupée; Ce meurtre n'amenda nullement leur marché, LA FONT. Fab. v, 6. J'es-` père avec usure amender mon défaut, REGNIER, Élég. v. || 2o Modifier un projet de loi. On a amendé le projet présenté par le ministre. || 3° Autrefois, amender signifiait aussi condamner à l'amende. || 4° V. n. Faire des progrès en mieux. Ce malade n'a point amendé depuis sa saignée. || 5° Baisser de prix. L'abondance étant universelle, et le blé étant amendé, SCARR. 1, 62. Vieux en ce sens. || 6o V. réfl. S'amender. Cette terre s'est bien amendée. Et disais à part moi : mal vit qui ne s'amende, RÉGNIER, Sat. x. || Proverbe. Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome; c'est-à-dire on ne se corrige pas de ses vices en voyageant.

HIST. XIe s. E qui enfraint la pais le rei, cent solz le amendés, Lois de Guill. 1.|| XII° s. Dame, valeur, beauté et courtoisie [il y] A tant en vous qu'on n'y sait qu'amender, Couci, xxI. Al gentil rei Englois, conte d'Ango, Henri, Duc norman, aquitan, sun seignur e ami, Thomas li arcevesques, qui jadis le servi, Mais or est suens en Deu, saluz eovres si Qu'il guerpisse e ament tuz mals que a fait ci, Th. le Mart. 71. Et se li reis Henris a de rien meserré Encuntre l'arcevesque, par els seit amendé, ib. 56. Ainc mais si bons romans ne fu faiz ne trovez; A Cantorbire fu e faiz e amendez; N'i ad mis un seul mot qui ne seit veritez, îb. 166. || xшII s. Sont en terre establi li juges Por estre deffense et refuge A cel cui li monde forfet, Por faire amender le meffet, la Rose, 5486. Bele robe et biau garnement Amende les gens durement, ib. 2164. Dangier, si Diex m'amant [me favorise], Vous avez tort vers cel amant, Quant par vous est si mal menez, ib. 3269. Se chevaliers maine chevaliers, il ne les garantist pas, ne escuiers escuiers, ains convient que cascuns amende le meffet en se [sa] personne, BEAUM. XXX, 58. Li hoirs a bone reson de soi deffendre, à qui on demande qu'il amende le meffet que ses peres ou si devancier firent, ID. VII, 8. Et par cex doit estre osté et amendé ce que li baillis a fet trop, ID. 30. C'est bone seurté quant cil qui le [la] coze prent y met toz jors du sien en amendant le lieu dusqu'à tant que ce vient au despouillier [récolte], ID. XXXVIII, 12 Or vous agenoillés et m'amendés ce que vous y estes alés contre ma volenté, JOINV. 268. Par cest establissement [le roi] amenda moult le royaume, ID. 296. Ils cuevrent [couvrent dedans la terre les fourmens, les orges, les ris, et viennent si bien que nulz n'i sauroit qu'amender, ID. 220. Après la me

nace, quaut le mauvais serjant ne se veut amender, le seigneur fiert ou de mort ou.... ID. 197. Le comte de la Marche, comme cil qui ne le pot amender, s'en vint en la prison le roy, ID. 206. || xv s. Le roi Edouard sejournoit à Vilvort.... et perdoit son temps, dont il lui ennuyoit moult, et ne le pouvoit amender, FROISS. 1, 1, 78. Bonne gens, que vous faut? Qui vous meut? Pourquoi estes-vous si troublés sur moi? En quelle maniere vous puis-je avoir courroucé? Dites le moi, et je l'amenderai pleinement à votre volonté, ID. I, I, 248. Si manda tantost à celui Parot le Biernois, que incontinent rendist les forteresses et amendast les forfaitures, Bouciq. 1, ch. 20. Et deux grans princes qui se voudroient bien entr'aimer, ne se devroient jamais voir, mais envoyer bonnes gens et sages, l'un vers l'autre, et ceux les entretiendroient ou amenderoient les fautes, COMM. I, 14. Et ne pense point mentir de dire que depuis ceste premiere bataille de Granson jusques au trespas du roy nostre maistre, lesdictes villes et particuliers ont amendé de nostre roy d'ung million de florins du Rhin, ID. v, 2. A l'heure que fut achevé le mariage dessus dit, leurs affaires n'en amendoient gueres, car ils estoient jeunes tous deux, ledit duc Maximilien n'avoit congnoissance de riens, ID. VI, 3. Je confesse bien que tousjours en y a en telles mutations (révolutions des royaumes entre eux] qui en ont joye, et qui en amendent, ID. VIII, 17. Dites-moi, je vous requiers, qui a esté votre recteur, ou, par saint François, vous l'amenderez [le payerez] ! LOUIS XI, Nouv. LX. xvi s. Il y a peu de paroles qui ne se puissent amender, mais la vie perdue ne se peut recouvrer, MARG. Nouv. x. La medecine qu'elle lui bailloit pour amender sa douleur la lui rendoit beaucoup plus forte, to. ib. Il n'y a mefait ne crime qui ne se puisse amender; mais après la mort, n'y a point d'amendement.-Commentsauriez-vous amender la honte? dit Longarine, ID. ib. XXXII. Le medecin lui dict que son habitude s'en pourroit amender, MONT. 1, 4. Non seulement ils n'amendent pas ce qu'on leur commet, mais l'empirent, ID. I, 146. On disoit à Socrates que quelqu'un ne s'estoit aulcunement amendé en son voyage, ID. 1, 275. Chascune des parties esperoit que sa condition amenderoit par le changement, AMYOT, Solon, 60. Il alloit flattant et caressant les femmes pour en amender [tirer profit], D. Crassus et Nicias, 2. A mesure que son ulcere couloit, tousjours alloit en amendant, de façon qu'il recouvra du tout sa veue, PARE, VIII, 25. ETYM. Emendare (de e, indiquant extraction, et mendum, faute), altéré de très-bonne heure dans le français et même le provençal (voy. AMENDEMENT) en amendare.

AMENÉ, ÉE (a-me-né, née). || 1° Part. passé. Amené devant le tribunal. Un cheval amené par la bride. Cet homme amené à résipiscence. || 2° S. m. En termes de droit, un amené sans scandale, ordre d'amener quelqu'un devant le juge, sans bruit, sans lui faire affront. Tout doux! un amené sans scandale suffit, RAC. Plaid. II, 14.

AMENER (a-me-né; se conjugue comme mener), v. a. 1° Mener vers. Je l'amènerai diner chez vous. Amène-le devant nous. Cet ingénieur amena les eaux de fort loin dans la ville. Le lapin ne fait sortir ses petits de leur retraite pour les amener en dehors que quand ils sont tout élevés, BUFF. Lapin. Quels motifs jusqu'ici peuvent nous l'amener? CORN. Sertor. 1, 2. Hélas! qui peut savoir le destin qui m'amène? RAC. Andr. 1, . || Mandat d'amener, ordre de comparaître devant un juge. || 2° Fig. Amener quelqu'un à une opinion, à un sentiment, faire qu'il l'adopte. Il amena les autres à ses sentiments. L'amour où je voulais amener sa tendresse, RAC. Brit. IV, 2. A quel excès d'amour m'avez-vous amenée ! ID. Bérén. IV, 5. Jouis de mes travaux, mais crains d'empoisonner Ce bonheur difficile où j'ai su t'amener, VOLT. Alz. 1, 4. || Amener quelqu'un à faire une chose, à prendre un parti, etc. 18° Tirer à soi. Il amène à lui tout le tapis. L'accoucheuse a amené un enfant fort et bien portant [du sein de la mère]. || 4° En termes de marine, abaisser, faire descendre. Enfin, nous amenâmes la voile, CHATEAUB Itin. 11, 18. Amener pavillon, et, absolument, amener, se rendre. 5° Introduire, donner occasion à. Ce sont les jeunes gens et les femmes qui amènent les modes. C'est vous qui avez amené l'entretien. Les brusques changements amènent les maladies. || Amener un incident, une reconnaissance, un dénoûment, les préparer avec art. Il a très-bien amené cette comparaison, il l'a présentée d'une manière heureuse et naturelle. 16° Terme de jeu de dé, de trictrac. Amener beset, double deux. sonnez, double six.

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HIST. XI s. E s'il pot dedenz un an e un jur vernis amenuisier, Car elle est de tous vers tueuse, trover le larun e amener à la justice... Lois de Guill. J. DE MEUNG, Tr. 635. || xvs. Quand ceux de Wanvici 4. Diz blanches mules fist amener Marsiles, Ch. de veirent qu'ils n'estoient confortés de nul costé, et Rǝl. vII. || xis. Et vint ostages qui ci sunt amenez, que les vivres leur amenuisoyent, FROISS. I, 1, 63, Ronc. p. 31. On lui amene un destrier de Ongrie, ETYM. A (voy. A) et menu (voy. ce mot). ib. p. 55. Si m'ament [qu'il m'amène] Aude, qui tant AMER, ÈRE (a-mèr, mê-r'), adj. | 1° Qui a une a le vis clair, ib. p. 167. Tant qu' [il] ait ocis celui certaine saveur désagréable, comme l'absinthe ou qui sa terre lui art, Ou il l'en amaint pris en le quinquina. Avoir la bouche amère, sentir dans chaaine ou en hart, Sax. xIx. Et sainz Pols ne se re-la bouche un goût d'amertume. || En poésie, l'onde pentivet [repentait] mie de ceu k'il ses disciples amère, l'eau de la mer. Les chevaux du soleil avoit ameneiz à tristece, ST. BERN. 564. || XIII s. Pour la sortant de l'onde amère, FEN. Tél. IV. || 2° Fig. raison de ce qu'o moi [je] l'ai amenée [la terre], Berte, Triste, pénible. Une douleur amère. Sa perte, que je xvI. Et je fui amenée en la cit de Paris, ib.xxx. Qu'ele veux, me deviendrait amère, CORN. Cinna, 1, 2. amaint, s'ele peut, ou Rainfroy ou Heudri, ib. LXXI. Cependant mon destin est à ce point amer, ID. AgeOu Heudri ou Rainfroi [j'en amenrai o mi [avec moi], sil. v, 6. Ce sont des répugnances qui ne sont amères ib. LXXI. En leur galies monterent et en amenerent qu'aux sens, MASS. Car. Dégoûts. La piété et la vie avec eux le bon conte Perron de Bretaingne, JOINV. chrétienne sont trop amères à la nature pour être 249. Nous l'amenames à la meson, là où le roy et la jamais le parti du plus grand nombre, m. Car. royne et touz les barons la reçurent moult honorable- Elus. Les dégoûts de la vertu ne sont pas si ment, JOINV. 212. || xv s. Là une anesse trouverez amers que ceux du monde, ID. Dégoûts. Pour épar Liée, vous la deslierez, Et la m'amarrez maintenant, gner les moments les plus amers d'une sainte trisla Pass. de N. S. J. C. Ils trouverent les nefs et les tesse, ID. Mélanges. Ils menèrent une vie pauvaisseaux tous prests que on leur avoit amenés vre, dure, amère, ID. Confér. Revenus. Ce bonheur d'Angleterre, FROISS. I, 1, 29. Il ameine avec lui grant amer que la crainte empoisonne, DELAV. Paria, monde pour quelque occasion de guerre, COMM. VI, 3.1, 2. Mes premières paroles furent amères à mon || XVI s. Et me semble qu'il n'en faudra point ame- père... MONTESQ. Lett. pers. 67. || En style marotiner [produire] de grandes preuves, LANOUE, 447. que et en parlant d'une maîtresse, cruelle. Depuis le Les propres parents ne peuvent demeurer longtemps jour qu'amour trouva Celle qui me fut tant amère, ensemble, sans entrer en des debats, qui après les CHAUL. t. 1, 210. || Larmes amères, celles qu'une proamenent aux armes, ID. 247. Estant fort, vous fonde douleur fait répandre. Je versais des larmes amenez vos ennemis à raison bien tost, soit par vic-amères, FEN. Tél. IV. Malgré les pleurs amers dont toire ou composition, ID. 416. En suivant le fleuve, j'arrose ces lieux, CREB. Electre, 1, 6. || 3° Dur, ofon abondaroit de toutes provisions necessaires qui fensant. Une raillerie amère. Un reproche amer. Le s'ameneroient par icelui, ID. 422. Comme ceux de la zèle des saints Pères était encore bien plus amer, caraque lui commanderent de ameiner, il abat et sEv. 344. || Familièrement, il est d'une bêtise amère. amure sa grand voile tout d'un coup, D'AUB. Hist. I, il est extrêmement sot. || 4° S. m. Ce qui est amer. 50. Les Portugais ne crurent pas qu'ils osassent parler L'amer et le doux sont deux qualités contraires. à eux jusqu'à ce qu'ils crierent ameine, ID. ib. II, 5° Fiel de quelques poissons. L'amer d'une carpe. 208. Voyla cinq esclaves, mange-les, et nous t'en L'amer d'un brochet. On le dit aussi en parlant du amerrons davantage, MONT. I, 129. Il desfeit et boeuf: l'amer du bœuf. || 6° S. m. . plur. Les amers. meit en pieces dix mille barbares, et en amena très Terme de médecine. Groupe de médicaments remargrande quantité de butin, AMYOT, P. Em. 13. quables par leur amertume plus ou moins prononcée. || Proverbes. Qui est amer à la bouche est doux au cœur; c'est-à-dire des choses désagréables peuvent être salutaires. On ne peut mâcher amer et cracher doux; c'est-à-dire les mauvais traitements aigrissent le caractère.

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ETYM. A (voy. A) et mener; bourguig. emené; Berry, j'amerrai, j'amènerai (archaïsme); provenç. amenar.

AMÉNITÉ (a-mé-ni-té), s. f. || 1o Agrément accompagné de douceur. Aménité d'un lieu. Aménité de l'air, de la température. Vous pourrez jouir de l'aménité de la France, que vous aimez, MONTESQ. Corresp. 17. || 2° Douceur accompagnée de grâce et de politesse. D'Artaguette offrait en lui la loyauté des anciens jours et l'aménité des mœurs du nouvel âge, CHATEAUBR. Natch. i, 159.

REM. Laveaux conteste à l'Académie sa définition d'aménité Ce qui fait qu'une chose est agréable. Suivant lui, l'aménité ne se dit pas des choses, et on ne peut dire avec l'Académie : L'aménité d'un lieu. Malgré la remarque de Laveaux et bien qu'en effet aménité soit plus souvent employé en parlant des personnes, cependant on peut suivre l'Académie et le dire des choses.

ETYM. Provenç. amenitat; d'amoenitatem, d'amanus, agréable.

† AMENORRHÉE (a-mé-no-rrée), s. f. Terme de médecine. Absence du flux mensuel chez une femme en âge d'être réglée; suppression de la menstruation par maladie.

ETYM. A privatif, unv, mois (voy. MOIs), et peiv,
couler.
AMENTACÉES (a-man-ta-sée), s. f. plur. Nom
donné à la famille des plantes à chatons.

ETYM. Amentum, qui signifie lien, courroie,
attache.

+AMENTIFÈRE (a-man-ti-fè-r'), adj. Terme de
botanique. Qui porte des chatons.

ETYM. Amentum, chaton, et ferre, porter.
†AMENTIFORME (a-man-ti-for-m'), adj. Terme
didactique. Qui est en forme de chaton.

AMENUISÉ, ÉE (a-me-nui-zé, zée), part. passé.
Rendu menu. Un bâton amenuisé. Bien.... Qu'elle ait
sèche la chair, le corps amenuisé, REGNIER, Sat. II.
AMENUISER (a-me-nui-zé). || 1° V. a. Rendre plus
menu. Amenuiser une planche. || 2. S'amenuiser, v.
réfl. Devenir plus menu. Le cœur se dilate au dedans,
quand il s'apetisse et s'amenuise au dehors, Boss.
Connaiss. II, 3.

HIST. XII s. Einsi aloit li os [armée] amenuisans de jor en jor, VILLEH. LIV. Amant ne me vuelent prisier, Ains s'efforcent d'amenuisier Mes biens, quant ge les lor depart, Et les regietent d'autre part, la Rose, 10298. Ne ne soufferront nos droiz que il soient soustrait, ne osté, ne amenuisié, JOINV. 294. Nulz vers ne la puet pertuisier, Ne son

ib.

HIST. XII s. Puis il fu en Egipte asez plus qu'emperere, E guardi ses parenz de la famine amere, Th. le Mart. 65. | XxIII S. Li nature a une vesie qui se tient à une des brances du foie, qui est apelée l'amer, ALEBRAND, fo 39. Ne soiez vers les pauvres ne sure ne amere, Berte, Iv. .Lasse! com j'ai trouvé gent mauvaise et amere, ib. xvш. Car la nuit qu'ai passée, [j'] ai trouvé mout amere, XLIV. Se vers moi [vous] eûssiez eu pensée amere Si comme avoit Tybers, ib. cxI. Ysengrin a fet sor Renart Fol jugement et fol esgart; Trop est d'aus deus la guerre amere, Ren. 18031. Certes, Honte, ja n'amerai Ne vous, ne Raison votre mere, Qui tant est as amans amere, la Rose, 20982. Amant sentent les maulx d'amer [aimer], Une hore dous, autre hore amer, ib. 2193. Comment le maulvais empereur Neron, par sa grande fureur, Fist devant luy ouvrir sa mere, Et la livrer à mort amere, Parceque veoir il vouloit Le lieu où conceu l'avoit, ib. 6198. || XIV's. Et les choses qui sont douces selon verité leur semblent aucune foiz ameres, ORESME, Eth. 70. || xva 5. Vrais Diex, en qui n'a point d'amer, Vueilles nous secourir, sy te plaist; Perdu avons, dont nous des plait, L'estoille qui nous conduisoit, le Jeu des trois rois. || xvr s. A vous elle est trop plus douce que miel, Aux desloyaux plus amere que fiel, MAROT, 1, 287. Le sens est une puissance naturelle de discerner et cognoistre autant le blanc comme le noir, et non plus le doulx que l'amer, ou le mol et enfondrant comme le dur et le ferme, AMYOT, Démétr.1.

ETYM. Berry, amar; provenç. amar; espagn. amargo; ital. amaro; d'amarus.

AMEREMENT (a-mê-re-man), adv. Avec amertume. Il ne s'emploie qu'au figuré. Regretter amèrement. Je pleurais amèrement en vous écrivant, SEV. 42.

HIST. XII s. E Fenenna iço li turna à repruce, e acoustuméement l'en atarjout e amerement rampodnout, Rois, 3. Por ceu plorerent li engele de paix amerement, et si disoient.... ST. BERN. 547.

xv s. Ce bon orfevre avoit un serviteur qui estoit amoureux et jaloux tres amerement de sa dame, LOUIS XI, Nouv. LXXXV. Si commença à soi desmen ter et crier plus amerement que devant, ID. ib. 98. | XVI s. Or est ma cruelle ennemie Vengée bien amerement, MAROT, II, 243. Ce que le roy ayant entendu, s'en aigrit et courroucea si amerement,

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ETYM. Amère, au féminin, et ment; prɔvenç. | amaramen; ital. amaramente.

AMERS (a-mêr), s. m. plur. Terme demarine. Marques apparentes sur les côtes, telles que clochers, tours, rochers, propres à guider les navigateurs qui sont à vue de terre.

AMEUBLEMENT (a-meu-ble-man), s. m. Tous les meubles qui garnissent un appartement, une pièce. ETYM. Ameubler, verbe factice, de à (voy. A) et meubler.

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qu'il commanda incontinent que l'on luy tranchast la | p. 89. || xïí s. Pelles [perles], coraus et crisolites | Alz. III, . || Ami de table, de jeu, etc. compagnon
teste, AMYOT, Artax. 18.
Et diamans et amecites, Fl. et Bl. 657. || XVI s. Es de plaisir. Vous êtes de l'humeur de ces amis d'é-
tant entaillé en un camoïeu d'amatite, YVER, p. 588.pée Que l'on trouve toujours plus prompts à dégal-
— ÉTYM. Aμéðvotos, de & privatif, et μɛðúɛv, eni- ner Qu'à tirer un teston, s'il le fallait donner, MOL.
vrer, de uétu vin, à cause que l'on attribuait à cette l'Étour. m, 5. || Ami de tout le monde, du genre hu-
pierre la vertu de prévenir l'ivresse.
main, homme qui accorde indistinctement son amitié
REM. On lit dans Ménage : « Du Bartas et Bel-à tout le monde. L'ami du genre humain n'est point
leau ont dit amethyste, et plusieurs le disent en- du tout mon fait, MOL. Mis. 1,4. || Ami de cour, celui
core aujourd'hui. Pourtant la meilleure et la plus qui n'a que de fausses apparences d'amitié. Allons,
saine partie des écrivains disent amathyste, de l'ita- ferme, poussez, mes bons amis de cour, MOL. Mis.
lien et l'espagnol amatista : il y a plus de 200 ans 11, 5. | Mon ami, mes amis, termes d'affection avec
qu'on dit ainsi : Vermeille comme une amathyste, des égaux, de familiarité avec des inférieurs. || L'ami,
VILLON. On ne parle pas autrement à la cou:, » Au-se dit à l'égard d'inférieurs. L'ami, ferez-vous ce
message pour moi? || Mon petit ami, est quelquefois
aussi un terme de hauteur: Mon petit ami, je veux
que vous sachiez.... || M'amie, abréviation de ma
amie, expression familière en s'adressant à sa fem-
me, à sa fille ou aussi à une femme d'une con-
dition inférieure. || 2° Amie, en langage de che-
valerie, dame des pensées. Beaumanoir dit qu'il
fallait combattre pour savoir qui avait la plus
belle amie, VOLT. Mœurs, 76. || 3° Bon ami, bonne
amie, se disent familièrement pour amant, mai-
tresse. Comment Mlle N. traiterait le bon ami
de sa maman, J. J. ROUSS. Conf. vi. || 4° En termes
de généalogie, amie, maîtresse, en parlant de ba-
tardise. Un tel eut d'une telle, son amie, un fils....
|| 5° Allié, en parlant des Etats. La France tira peu
de secours de ses amis. Ceux que tu laisseras en
paix te seront bons amis, VAUGEL. Q. C. 424. J'en
obtiendrai pour fruit le nom de son amie, Je vous
verrai, consul, m'en apporter les lois, CORN. Sertor.
Iv, 2. 11 6 Ami, qui a de l'attachement pour. Ami de
son pays. Lequel de nous deux est l'ami du peuple?
|| 7° Qui a du goût pour. Les amis des lettres. Ami
de la modération. Je suis fort ami de la brièveté.
Naturellement, le jeune prélat était plus ami de ses
aises que jaloux de commander, ANQUETIL, Ligue,
III, 167. || 8° Personnes liées par un intérêt de parti,
de coterie; fauteurs. Ami de la noblesse. Les amis de
Catilina. Nuln'aura de l'esprit hors nous et nos amis,
MOL. F. sav. 1, 2. || 9° Qui a de la sympathie pour,
en parlant des animaux et des végétaux. Le chien
est ami de l'homme. Le concombre est ami de l'eau.
|| 10° Adj. Qui appartient à un ami, favorable. Sen-
timents amis. Une divinité amie. Visage ami. Toutes
les fois, tyran, qu'on se laisse adopter, On veut une
maison illustre autant qu'amie, CORN. Héracl. v, 3.
Jugez s, les coups qui partent d'une main si amie
et si favorable peuvent n'être pas proportionnés à
notre faiblesse, MASS. Avent, Afflict. || 11° Allié.Peu-
ples amis, cités amies. Les prenant pour une troupe
amie. | Couleurs amies, couleurs qui produisent
ensemble un effet agréable. || Pôles amis, les pôles
qui s'attirent, en parlant des aimants. || Proverbes.
Ami au prêter, ennemi au rendre, c'est-à-dire on
se fait souvent un ennemi de celui à qui on a prêté
de l'argent, en le lui redemandant. || Jamais honteux
n'eut belle amie; en amour, il faut être entreprenant.

ÉTYM. X (voy. A) et mer (voy. MER).
AMERTUME (a-mèr-tu-m3), s. f. || 1o Saveur
amère. L'amertume de l'absinthe. || 2o Fig. Peine,
déplaisir, tristesse. L'absence jette une certaine
amertume qui serre le cœur, sÉV. 209. Elles me
font sentir plus tristement l'amertume de votre ab-jourd'hui on ne dit qu'améthyste.
sence, ID. 436. Il [l'amour] a de l'amertume à son
commencement, MALH. v, 26. Pour repasser dans
l'amertume de son âme toutes les années de sa vie,
FLÉCH. Dauph. L'amertume de leur pénitence, D.
Serm. 1, 229. Sa douleur sera grande à ce que je AMEUBLI, IE (a-meu-bli, blie), part. passé.
présume; Mais j'en saurai sur l'heure adoucir l'a- Biens ameublis. Des terres bien ameublies.
mertume, CORN. Rod. IV, 4. Il trouve l'amertume AMEUBLIR (a-meu-blir), v. a. || 1° Terme de
Au milieu des plaisirs, RAC. Esth. 11, 9. Ma plus droit. Faire entrer ses immeubles dans la commu-
grande amertume, en ce funeste sort, C'est d'en-nauté. Un époux peut ameublir ses immeubles en
tendre Alvarez prononcer notre mort, VOLT. Alz. v, tout ou en partie. | 2° Terme d'agriculture. Rendre
4. Il meurt dans l'amertume, et son âme incertaine meuble. On ameublit un terrain par des façons,
Demande en soupirant si vous êtes chrétienne, ID.labours, binages, hersages, etc. qui divisent la
Zaïre, п, 6. Que cet état nouveau où vous allez en- terre, et en rendent la couche superficielle plus per-
trer console toutes les amertumes de votre pénitence méable aux engrais, aux agents atmosphériques,
passée, MASS. Confér. Jubilé. Vous écrivez contre aux racines, et plus légère aux semences.
moi, dans le livre de votre colère, toutes les amer-
ETYM. A et meuble, adj.
tumes de mes passions, ID. Avent. Mort du péch. Re- AMEUBLISSEMENT (a-meu-bli-se-man), s. m.
pandez des amertumes sur des passions insensées, 1° Action d'ameublir; état de ce qui est ameubli.
ID. Prof. 2. L'amour du monde répand sur le cœur Par l'ameublissement, les époux font entrer dans la
une amertume universelle, ID. Prière. Vous êtes communauté tout ou partie de leurs immeubles
venu répandre l'amertume de votre cœur au pied présents ou à venir. || Clause d'ameublissement, celle
des tribunaux sacrés, ID. Rech. Il faut boire toute par laquelle on fait entrer des immeubles en com-
l'amertume de ce calice, ID. Car. Dégoûts. Répan-munauté, en leur donnant fictivement la qualité de
dre mille amertumes sur leurs plaisirs, BOSS. Souff. 1. meubles. || 2° Terme d'agriculture. Action d'ameublir
Ils ont goûté en esprit les amertumes de la croix, un sol.
ID. Hist. II, 2. Cet inconnu m'a répondu comme un
homme qui écoute à peine ce qu'on lui dit et qui est † AMEULONNER (a-meu-lo-né), v. a. Terme d'é-
plein d'amertume, FÉN. Tél. XXIV. Ames mercenai- conomie rustique. Mettre les foins, les pailles en
res, qui ne peuvent veiller une heure en amer-meule, pour les conserver.
tume avec Jésus agonisant, m. t. xvII, p. 268. Le
Christ a bu jusqu'à la lie le calice d'amertume, CHA-
TEAUB. Génie, п, п, 8. M. de La Trappe excusait
tout ce qu'il ne pouvait nier, et avalait à longs traits
Famertume de ce calice [les duretés de Gervaise],
ST-SIMON, 61, 23. Bien que tout reconfort lui soit une
amertume, Avec quelque douceur qu'il lui soit pré-
senté, MALH. VI, 14. || 3° Ce qu'il ya d'amer, d'offen-
sant, de mordant dans des paroles, des écrits, etc.
Seigneur, trop d'amertume aigrirait vos reproches,
RAC. Iphig. 11, 7. L'amertume et le zèle d'Elie sur
les scandales et l'idolâtrie d'Israël, Mass. Car. Pas-

sion.

-HIST. Xus. Mais de ço est en mun quer grant amerté asise Que ne vus ai el chief la corune d'or mise Sulunc la dignité de nostre mere iglise, Th. le Mart. 129. Et tuz ces ki furent en anguisse, e ces ki furent traveillez pur dette qu'il durent, e ki furent en amertume de lur curage, s'asemblerent od David, Rois, 85. Envelopeiz soit d'amertume, Job, 459. || XIII s. Que lupin soient tempré en l'ewe, tant que leur amertune soit ostée, ALEBRANT, fo 51. Mès qui bien les esproveroit, Tant d'amertume i troveroit, Qu'il s'i craindroit moult à bouter; Tant fait lor grace à redouter, la Rose, 18784. Vierge qui du haut fil de Dieu t'enceinturas, Qui le dous fruit de vie en tes flans meūras, Dont toute l'amertume du monde assavoras, Ne nos oblie mie.... J. DE MEUNG, Test. 2123. || XVI s. Voy mes compaings lesquels ont de coustume Faire grands plaints de pareille amertume, MAROT, I, 316. Sçais-tu pas bien qu'amour a de coustume D'entremesler ses plaisirs d'amertume? ID. 1, 340. Elle engendre en l'ame une mauvaise habitude, que l'on appelle cholere, laquelle finablement devient un feu d'ire soudain, une amertume vindicative, AMYOT, Comm. refren. la cholere, 6. ETYM. Provenç. amaruns; de amaritudinem, de amarus (voy. AMER). On a dit aussi amerté dans l'ancien français.

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ETYM. Ameublir.

ETYM. A et meule.

AMEUTÉ, ÉE (a-meu-té, tée), part. passe. Chiens ameutés. La foule ameutée.

+AMEUTEMENT (a-meu-te-man), s. m. 1° Assemblage de chiens dans une meute. || 2o Action d'ameuter. Ces ameutements, en apparence contre les ducs, ne furent en effet pratiqués que pour se fortifier contre les princes du sang, ST-SIM. 252, 186. ETYM. Ameuter.

AMEUTER (a-meu-té), v. a. || 1° Mettre les chiens en meute pour chasser. || 2° Fig. Attrouper pour un but de désordre ou de sédition. Il ameuta les oisifs du quartier. Il ameuta les faubourgs. Ces peuples avilis qui se laissent ameuter par des ligueurs, J. J. ROUSS. Pol. 6. Est-ce moi qui menace? ai-je ameuté l'empire? M. J. CHEN. Tibère, III, 3. || 3° S'ameuter, v. réfl. Le peuple s'ameuta contre les patriciens.

REM. Ameuter, v. n. s'est dit pour se réunir à la meute, et, figurément, se réunir à un parti, à une coterie. Chamillart l'emporta [sur Bagnols], et Bagnols quitta l'intendance et vint ameuter à Paris, ST-SIM. 199, 148. Inusité en cet emploi.

HIST. XVI S. Les reformez, quoique tous esperdus par les divers combats, s'ameutoient à retirer le Prince, D'AUB. Hist. 1, 216. Trois puissans fleaux de Dieu furent en mesme temps desploiez sur la France occidentale; car la famine et la peste s'ameuterent à la guerre, ID. ib. III, 5. Je descouplay mes chiens et for-huant après, Les nommant par leurs noms, il n'y eut ny forès, Montagnes ny chemins, ny lande inhabitée, Qui ne fissent un bruit sous ma chasse amutée, RONS. 670.

Les bons comptes font les bons amis; c'est-à-dire il faut régler les intérêts réciproques et se bien entendre, si l'on veut rester amis.

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REM. Suivant Laveaux, on dit ami de quelqu'un, et non ami avec quelqu'un, et il ne faut pas imiter Voltaire, dans cette phrase: «Claveret, avec qui il était ami, avait été celui qui avait fait courir cette pièce. » Malgré cette remarque, on peut dire avec, qui ne choque en rien la grammaire. || On dit aussi ami à : Quelque ami que vous lui soyez, MOL. Don Juan, III, 4. La neutralité entre des femmes qui nous sont également amies, LA BRUY. 13. Il faut observer que ce genre de régime ne doit s'employer qu'avec des pronoms qui se mettent avant le verbe. HIST. XIe s. Etsi nul [quelque] parent n'ami ceste justice deforcent [s'opposent de force].... Lois de ÉTYM. À (voy. A) et meute. Guill. 45. Et Pinabel mon ami et mon pair, Ch. de AMI, IE (a-mi, mie), s. m. et f. 1° Celui, celle Rol. xxvI. Pour sa beauté dames lui sont amies, qui nous aime et que nous aimons. Ami de cœur. Un ib. LXXV. Eh! reis amis, que [pourquoi] vous ici ami d'enfance. Avoir beaucoup d'amis. Prendre quel-nen estes? ib. cxxvi. Ami Rolans, Deus mete t'ame qu'un pour ami. Une femme est souvent pour un hom- en flurs! ib. ccv || XII s. Ami prisé, Ronc. p. 17. me une excellente amie. Qu'un ami véritable est une Tant fu blasmés de ses meillors amis, ib. p. 24. douce chose! LA FONT. Fab. víï, 11. cet ami Tante pucele gaste [privée] de lor amis, ib. p. 72. sincère Du secret de nos cœurs connaît tout le Atant es-vous Braimimonde s'amie, ib. p. 145. Li mystère, RAC. Bérén. II, 4. Il a été l'ami de votre cuens Rolant cui vous estes amie, b. p. 160. Où adversité, MASS. Rech. Mais je veux bien vous répon- est Rolant, qui de moi fit s'amie? ib. p. 168. Que AMETHYSTE (a-mé-ti-st'), s. f. Pierre précieuse, dre en amie, CORN. Nicom. II, 2. Voilà, mes chers vous amez [aimiez] vostre loial ami, Couci, vi. de couleur violette. C'est le nom donné par les la- amis, ce qui me met en peine, D. Cinna, II, 1. Il Tuit mi penser sont à ma douce amie, ib. II. Las! pidaires au quartz hyalin violet des minéralogistes. se fit des amis fidèles qui ne le trompèrent jamais, pourquoi l'ai de mes ieuz regardée La douce rien Fausse améthyste, le spath-fluor violet. BOSS. Polit. Il est un peu de mes amis, MOL. Fest. qui fausse amie a nom? ib. vi. Assez aim [j'aime] HIST. XI S. Pierres i a, ametiste et topaze, Ch., 5. Je suis ami de don Juan, ID. ib. III, 5. D'une mieuz mourir en bon desir Que vivre irez et m'ade Rol. cx. x s. Jagonces, safirs, calcedoines, heure encore, ami, mon bonheur se diffère, VOLT. mie hair, ib. IX. Li cuens de Blois devroit bien merEsmeraudes, bonnes sardoines, Et bons coraus et Zaire, ш, . Et j'aurais les mortels et les dieux pour cier Force d'amours qui lui dona amie, ib. xxi. Rois, crisoiltes, Ét diamans et amatistes, Romancero, amis, En révérant le père et punissant le fils, ID. vous savez que Diex a peu d'amis; Ne onques mais CICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE. 17

+AMESTRER (a-mè-stré), v. a. Terme de teinturier. Mêler le carthame lavé avec de la cendre gravelée, en les piétinant par petites portions.

I.

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