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HIST. XIII S. Si amoureusement que mais [elle] ne l'en descloe [ne décloue mon âme de son amour], Berte, xxxIII. || XVIe s. Si ta promesse amoureusement faite Estoit venue à fin vraye et parfaicte... MAROT, I, 342. En plein jour et devant sa fille, il avoit trop amoureusement baisé sa femme, AMYOT, Caton,.35.

AMOUREUSEMENT (a-mou-reû-ze-man), adv. on me devra nommer, Se Dieu d'amours fait nulz 1° Avec amour. Elle faisait fondre chacun en amoureux saints, Car j'ai des maulx plus que ne sçay larmes, en se jetant amoureusement sur le corps de compter, CH. D'ORL. Bal. 10. le pourpris cette mourante, qu'elle appelait sa chère mère, estoit si bien entrepris D'arbres et fleurs et de ruisMOL. Scapin, I, 2. Il ne doit pas accuser de la vio-seaux Qui tant sont amoureux et beaux, Qu'onques lence qu'il souffre la mère qui le retient amoureu- mais les pareils ne vis; Ce me sembloit un paradis, sement, mais ses injustes ravisseurs, PASC. dans LA FONT. 92. Demandant s'ils avoient bon vin, Et Cousin. || 2° En termes d'art, avec grâce et délica- qu'on luy emplist du plus fin, Mais qu'il fust tesse. Ce petit tableau est peint amoureusement. bon et amoureux, VILLON, Repues fr. Comment ils eurent du vin. | XVI s. Chanter versets d'amoureuses leçons, MAROT, I, 192. Demande à tous ces vieils routiers Qui ont esté vrays amoureux, ID. 1, 199. Que jamais il n'avoit mangé si amoureux et si plaisant morceau que celui.... le cœur d'un ennemi], MARG. Nouv. 51. Rendu insensé par un bruvage amoureux, MONT. II, 20. Les amoureux se disent toutes choses des yeulx, ID. II, 158. Les amoureux reverent plus leurs amours, encore qu'ils soyent absens, qu'ilz ne font les autres presents, AMYOT, Pélop. 34. Tes boccages soient tousjours pleins D'amoureuses brigades De satyres et de sylvains, RONS. 415. Et bien aymé je suis bien amoureux, ID. 755. Celui qui n'ayme est malheureux, Et malheureux est l'amoureux, ID. 510. Les amoureuses du jourd'huy En se vendant ayment celuy Qui le plus d'argent leur apporte, ID. 540.

ÉTYM. Amoureuse au féminin, et ment (voy. MENT); provenç. amorosamen; espagn. et ital. amorosamente.

mots Et chante bien : ma douce amour, VILLON dans MÉNAGE. || XVI S. Amour est fin, et sa parole farde Pour mieux tromper: donnez-vous en donc garde, MAROT, 1, 337. Ceux qui font tant de clamours, Né taschent qu'à eux complaire Plus qu'à leurs belles amours, ID. II, 350. La chanson fut bien ordonnée Qui dit m'amour vous est donnée, MAROT dans MÉNAGE. Je ne veux plus, sous couleur apparente D'un feint amour, vivre si mal contente; Trop est l'amour chere, honneste et gentille; Je veux aimer, ST-GEL. 241. L'amour de la vie doit estre oubliée pour la bonne renommée, MARG. Lett. 55. Amour ne peult estre receu que de son semblable, m. ib. 137. Les desnaturées et preposteres amours de son temps, MONT. I, 117. Cette amour naturelle [des parents] les attendrit trop et relasche, ID. I, 164. Tumber en amour de soy indiscrete, ID. II, 62. L'amour d'un muletier plus que celle d'un gallant homme, ID. II, 243. Le jeune homme desesperant de pouvoir jouir de ses amours, en fut si desplaisant, qu'il se noya, AMOUREUX, EUSE (a-mou-reû, reu-z'; l'r se AMYOT, Thes. 32. Minos le renvoya franc et quitte, lie; amoureux et jeune, dites: a-mou-reu-z' et remettant, pour amour de luy, à la ville d'Athenes jeu-ne), adj. || 1° Qui aime par amour. Il est amouce tribut qu'elle luy devoit payer, ID. ib. 22. Cessez reux de cette femme. Eperdument amoureux. Il se le combat pour l'amour de nous, D. Rom. 29. La maria à vingt-trois ans, et, quoique amoureux, il vraye amour et bienvueillance qu'ilz luy portoient, fit un bon mariage, FONTEN. Malézieux. Fatime, ID. Timol. 52. S'estans tous deux enamourez d'une Bajazet en est-il amoureux? RAC. Baj. IV, 5. A amour, affection et charité divine, qui estoit de ser- force de parler d'amour, on devient amoureux, vir leur païs, I. Pélop. 8. Il faut s'aimer d'une PASC. Amour. Ah! dites bien qu'amoureux et sensiamour mutuelle, RONS. 820. Car comme un clou par ble, D'un luth joyeux il attendrit les sons, BÉRANG. l'autre est repoussé, L'amour par l'autre est sou-Bonne Vieille. [[ 2o Enclin à l'amour. On dit qu'il y dain effacé, ID. 821. L'amour de la femme et l'a- a des nations plus amoureuses les unes que les autres, mour du chien, il ne vaut rien qui ne dit: tien, GENIN, PASC. Amour. || Proverbialement. Il est amoureux Récréat. t. II, p. 241. des onze mille vierges; il serait amoureux d'une ETYM. Bourguig. aimor; provenç. et espagn. chienne coiffée, se dit d'un homme qui s'amourache amor; ital. amore; de amorem (voy. AIMER). de toutes les femmes qu'il voit. || 3° Qui est passionné AMOURACHÉ, ÉE (a-mou-ra-ché, chée), part. pour quelque chose. J'estimais fort l'éloquence, et passé. Amourachée de ce jeune homme. j'étais amoureux de la poésie, DESC. Méth. 1, 9. Com- ÉTYM. Amovere, éloigner, déplacer, de a, ab, AMOURACHER (a-mou-ra-ché). || 1° V. a. En-bien de ces hommes follement amoureux de la va- exprimant éloignement, et movere, mouvoir (voy. gager dans un amour peu justifié. Quelques œillades leur et de la gloire, MASS. Carême, Mort. La paresse, MOUVOIR). l'amourachèrent de cette comédienne. || 2° S'amou- l'indolence et l'oisiveté, vices si naturels aux enfants, +AMPELOGRAPHIE (an-pé-lo-gra-fie), s. f. Desracher, v. réf. S'éprendre d'un amour peu justifié. disparaissent dans leurs jeux, où ils sont vifs, ap-cription de la vigne; traité sur la vigne. Un jeune fou dont elle s'amourache, MOL. Éc. des f.pliqués, exacts, amoureux des règles et de la Iv, 1. Des Alleurs s'amouracha à Strasbourg, où il symétrie, LA BRUY. 44. Il rend de vos vertus les peuétait employé, les hivers, de Mlle de Lutzbourg, ST-ples amoureux, CORN. Sertor. I, 2. Et le peuple SIMON, 50, 94. Elle s'est amourachée d'un grand benêt amoureux de tout ce qui me nuit.... ID. Heracl. 1, 1. de vingt-cinq ans, SÉV. 143. || Fig. Il s'est amou-Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont raché des sciences occultes. d'un déclamateur amoureux de paroles, BOIL. Art p. HIST. XVI S. Tu n'es qu'un fol de l'amoures-III. Lorsque le prince est plus amoureux de ses fancher, elle n'est pas pour toy, PALSGR. p. 784. taisies que de ses volontés, MONTESQ. Esp. VIII, 6. ETYM. Ital. amoraccio, amour déréglé; de Pour les âmes généreuses, Du vrai bonheur amou-aupt, répondant au préfixe latin amb, et ayant amore (voy. AMOUR). L'ancien français disait amoureuses, La mort même a ses douceurs, J. B. ROUSS. rer, mais sans aucun sens défavorable.

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Odes, IV, 9.4° Substantivement. Tout ce que peuAMOURETTE (a-mou-rè-t'), s. f. || 1o Amour vent faire ces misérables amoureux des grandeurs husans passion, par amusement. Se marier par maines, c'est de goûter tellement la vie qu'ils ne sonamourette, LA BRUY. 14. Des amitiés, des amourettes, gent point à la mort, Boss. Or. fun. Gornay. || 5° En On en voit tant que c'est pitié; Mais, de grâce, parlant des choses, qui tient de l'amour. Transports amour, amitié, Apprenez-moi donc où vous êtes, amoureux. Langage amoureux. Œil amoureux. Une Couplet connu. Que de goguettes! Que d'amou- flamme amoureuse. Un respect amoureux me jette à rettes! Jamais de dettes! Point de nœuds con- ses genoux, CORN. Cid, v, 8. Que je voie un peu vos stants, BERANG. Cocagne. Nous vous regardions dents, je vous prie. Ah! qu'elles sont amoureuses! [Henri IV] comme un homme mou et efféminé, que MOL. Festin, II, 2. Chanson amoureuse, MOL. Princ. la reine mère avait trompé par mille intrigues d'a- d'Él. 11, 2° interm. Ah! prince, que je devrai de mourettes, FÉN. t. XIX, 404. || 2° Amourettes au grâces à ce stratagème amoureux! ID. ib. v, 1. Il plur. La moelle qui se trouve dans les vertèbres du faut, il faut tirer à nous ce que d'heureux Pourveau ou du mouton, quand elle est cuite. || 3° Terme rait avoir en soi ce projet amoureux, ID. l'Étour. de botanique. Nom vulgaire du briza melia (grami-, 7. Je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes pour nées), dit aussi herbe d'amour et tamisailles. Amou-y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses, ID. rette des prés, nom vulgaire de la lychnide, fleur Festin, 1, 2. Allons songer à l'exécution de notre de coucou. || Amourette moussue, la saxifrage hyp-entreprise amoureuse, ID. ib. 1, 4. Et puis, qui ne noïde. | Petite amourette, nom vulgaire de la poa sait pas que la mer amoureuse En sa bonace même éragrostide (graminées). || 4o Terme d'entomologie. Nom vulgaire de l'anthrène des musées (coléoptères) dont la larve fait beaucoup de tort aux collections d'histoire naturelle.

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– ÉTYM. Amour; bourguig. aimourou ; provenç amoros; espag. et ital. amoroso.

AMOVIBILITÉ (a-mo-vi-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est amovible. Cette amovibilité ne peut pas s'étendre aux évêques, J. J, ROUss. Pol. 7.

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- ETYM. Amovible.

AMOVIBLE (a-mo-vi-bl'), adj. Qui peut être déplacé. Fonctionnaire amovible. || Suit toujours le substantif: Un emploi amovible; une place amovible.

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ÉTYM. Аμлελоç, vigne, et ypáperv, décrire. AMPHÉMÉRINE (an-fé-mé-ri-n'), s. f. Terme de médecine. Fièvre quotidienne rémittente. ÉTYM. 'Aμonμεpivòs, de aμpl, tout autour, et Яuépa, jour. † AMPHI... préfixe qui se met au commencement de certains mots tirés du grec, qui signifie des deux côtés, et qui vient de la préposition grecque même radical que aupo, latin ambo, tous deux. † AMPHIARTHROSE (an-fi-ar-trô-z'), s. f. Terme d'anatomie. Articulation serrée, comme aux vertèbres et aux carpes, laquelle ne permet pas le glissement des surfaces.

ETYM. 'Aupi, autour, et apopov, articulation (voy. ARTHRITE).

AMPHIBIE (an-fi-bie), adj. et s. m. || 1° Qui vit sur la terre et dans l'eau. Un amphibie. Les amphibies. Animaux amphibies, ceux qui fréquentent l'eau pour y chercher leur nourriture ou pour d'autres motifs [hippopotame]; ceux qui se tiennent habituellement dans les lieux humides [beaucoup de reptiles]; ceux qui, pouvant plonger longtemps, se tiennent le plus souvent, ou toujours, sur ou dans l'eau, quoiqu'ils aient besoin de respirer l'air de temps en temps et ne puissent jamais respirer que ce fluide [phoques]; ceux qui respirent l'eau à certaines époques de leur vie et l'air à certaines autres [grenouilles]; enfin, ceux qui respirent à la fois l'air est souvent dangereuse? MALH. V, 4. Il poursuit et l'eau [protées]. Ces derniers sont les seuls auxseulement ses amoureux projets, RAG. Andr. v, 2. quels le nom d'amphibies soit rigoureusement apJ'aime, je l'avouerai, cet orgueil généreux Qui n'a plicable. A moins que les habitants de Jupiter ne jamais fléchi sous le joug amoureux, ID. Phèdre,II, 1. soient amphibies.... je ne sais pas trop ce qu'ils deImplacable ennemi des amoureuses lois, ID. ib. 1, 1. viennent, FONTEN. les Mondes, 6 soir. | Plantes 6 En termes de peinture, pinceau amoureux, amphibies, celles qui croissent indifféremment dans pinceau dont la touche est moelleuse et douce. l'eau ou hors de l'eau. || 2° Fig. Elle [la compilation 7° Substantivement, dans le style familier, connue sous le nom d'Etablissements de saint amant, amante. Un amoureux transi. C'est là son Louis] formait un code amphibie où l'on avait mêlé la amoureuse. || 8° Au théâtre, emploi dans la comé-jurisprudence française avec la loi romaine, MONTESQ. die. Jouer les amoureux, les amoureuses. On dit plus souvent aujourd'hui les jeunes premiers, les jeunes premières.

HIST. XIIe s. Et mes fins cuers me fait d'une amorete Si douz present que [je] ne l'os refuser, Couci, VI. | xs. Mi sire Renart vet chantant, Une chançon tote novele D'amoretes qui moult iert bele, Ren. 24516. Lambert, petit amés vo testelete, Quant à morir Vous otroiiés pour si courte amourette, Bib. des Chart, 4o série, t. v, p. 360. || xv s. Ils ne sont à riens ressemblans; Car ung jour viennent entamer Le cueur, et après embasmer; Ce sont amouretes tremblans, CH. D'ORL. Chans. 88. Et estoit commune renom- HIST. XII s. Et si [je] vous aim, dame, mée, que des dictes joustes estoit venu des choses tant finement, Que pour autre [je] ne puis estre deshonnestes en matiere d'amourettes, JUVEN. amorous, Couci, VII. Tout a croisés amourous à Charles VI, 1889. || XVIe s. Pour estre moyne au contendre D'aler à Dieu ou de remanoir ci, ib. xxiv. temple d'amourettes, MAROT, I, 181. Il delaissa la Mais cil faus amourous d'esté N'aiment fors quant romaine, pour l'amour d'une estrangere, et qu'il talent leur prent, ib. p. f21. || xin s. Il a jà bien avoit seulement prise par amourettes, AMYOT, cincq ans, au moins, En mai estoie, ce songoie El Anton. et Démétr. 5. Leur inimitié commencea temps amoureus plain de joie, la Rose, 48. xv s. d'amourettes premierement, ID. Arist. 4. Les yeux noirs et amoureux là où il lui plaisoit son -ETYM. Diminutif d'amour; bourguig. aimorôte. Į regard à asseoir, FROISS. пI, ❗. 13. Au fort, martir

Esp. xxv, 38. Ils sont amphibies; ils vivent de l'église et de l'épée, LA BRUY. 8. Béretti faisait observer que la conduite de la République était amphibie, et que sa politique tendait à ne pas déplaire au roi d'Espagne sans se rendre suspecte aux autres puissances, ST-SIM. 504, 119. || 3° C'est un amphibie, se dit familièrement d'un homme qui professe tour à tour des sentiments contraires. || 4° Il ne se met qu'après son substantif: Un animal amphibie.

ETYM. Aupíbios, de dupi, des deux parts, de même radical que le latin ambo (voy. AMBE), et Bloc, vie (voy. VIE).

† AMPHIBOLE (an-fi-bo-1'), s. f. Terme de miné

ralogie. Substance terreuse qui se présente sous un très-grand nombre d'aspects.

ETYM. Aupi6olos, ambigu, de aμçi, des deux côtés, et Bólos, jet, de Balev, jeter (voy. BALISTIQUE); mot à mot, qui jette des deux côtés, c'est l'équivalent exact d'ambigu.

AMPHIBOLOGIE (an-fi-bo-lo-jie), s. f. Arrangement des mots d'où résulte un sens douteux. Voici un exemple d'amphibologie dans Molière: Et de même qu'à vous je ne lui suis pas chère, Mélic. 11, 3. Le sens est: Je ne lui suis pas chère comme à vous, de même qu'à vous. Mais au premier abord le sens paraît être Je ne vous suis pas chère, et je no lui suis pas chère. Cette amphibologie résulte de l'inversion.

- ÉTYM. Amphibologia, par abréviation, pour amphibolologia, de dupí6olos, ambigu (voy. AMPHIBOLE), et loyos, discours (voy. LOGIQUE). Ce mot a été taxé de barbarisme; il faudrait en effet dire amphibolologie ou amphibolie ou amphilogie. Mais il n'y a pas à revenir là-dessus; outre que amphibologia est déjà dans le latin, l'oreille à produit une contraction du mot comme dans idolatrie pour idololatrie.

AMPHIBOLOGIQUE (an-fi-bo-lo-gi-k'), adj. Qui est affecté d'amphibologie. Discours amphibologique.

HIST. XIV S. Leurs paroles sont aucunes fois doubles, amphibologiques, à deux visaiges, ORESME, Thèse de MEUNIER.

- ETYM. Amphibologie. AMPHIBOLOGIQUEMENT (an-fi-bo-lo-ji-ke-man), adv. D'une manière amphibologique. Il a parlé amphibologiquement.

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| n'est pas distincte du corps, et dont la queue obtuse | Et il ot le calandre et le chant des mauvis, Il s'afi-
est aussi grosse au bout que la tête; ce qui leur per- che ès estriez, comme homs amanevis, Baud. de
met de cheminer aussi bien dans un sens que dans Seb. vi, 368.|| xv s. [Messire Pierre de Beuil et les
l'autre, d'où le nom de doubles-marcheurs.
autres qui estoient allés querre un engin de guerre]
se mirent au retour pour revenir en l'ost, et par un
autre chemin que ils n'estoient venus, car il leur
convenoit tenir le plus ample chemin pour leur
charroy, FROISS. II, II, 5. || XVI s. Plus ample dis-
cours sur ceste matiere seroit mieulx convenable à
un autre traitté qu'à cestuy-ci, AMYOT, Cor. 16. Il
aimoit la guerre, comme le plus ample champ et le
subject le plus plantureux que la vertu sçauroit avoir
pour s'exerciter, m. Philop. 6.

ÉTYM. 'Aμpíobαiva, de άupis, des deux côtés (voy. AMBE), et Baivetv, marcher (voy. BASE). AMPHISCIENS (an-fi-ssiin), s. m. plur. Nom qu'on donne aux habitants de la zone torride, parce que, selon que le soleil se dirige vers l'un ou l'autre tropique, leur ombre se porte ou au midi ou au nord. ETYM. 'Aupioxios, de άupi, des deux côtés (voy. AMBE), et oxtà, ombre.

† AMPHITHEATRAL, ALE (an-fi-té-â-tral', a-l'),
adj. Qui appartient à l'amphithéâtre.
ETYM. Amphitheatralis.
AMPHITHEATRE (an-fi-té-à-tr'), s. m. || 1o Chez
les anciens, édifice de forme ovale ou ronde, ayant
plusieurs rangs de gradins pour les spectateurs et
un espace central pour les luttes et les combats.
2° Fig. Les spectateurs. Tout l'amphithéâtre se
leva pour le mieux regarder. || 3° Aujourd'hui, la
partie d'une salle de spectacle placée vis-à-vis de la
scène. || 4° Lieu garni de gradins où un professeur
fait son cours. || 5° Fig. Ce terrain s'élève en am-
phithéâtre. Le village au-dessus forme un amphi-
théâtre, BOIL. Épit. vi. Cette forêt ondoyante et
touffue, Amphithéâtre agréable à la vue, De toute
part enfermant ce séjour, Borde le pied des coteaux
d'alentour, MALFIL. Narcisse, III. Des monts et des
coteaux le vaste amphithéâtre Disparaît tout à coup
sous un voile grisâtre, ST-LAMB. Saisons, l'été.
ETYM. Amphitheatrum, de auqibéarpov, de
ȧuol, des deux côtés (voy. AMBE), et Béaтpov, théâtre
(Voy. THÉÂTRE).

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ETYM. Provenç. ample; espagn. amplo; ital. ampio; de amplus, composé comme duplus, di πλous, de am, ávà, et un radical plus, πλoûç (voу. DOUBLE).

† AMPLECTIF, IVE (an-plè-ktif, kti-v'), adj. Terme de botanique. Les rudiments des feuilles non encore développées sont amplectifs, quand ces feuilles sont plissées longitudinalement, et ont leurs deux bords pliés et serrés dans une autre feuille, qui elle-même est pliée de la même manière.

ETYM. Amplecti, embrasser, de am, autour, et de plectere, nλéxɛv (VOY. PLIER).

AMPLEMENT (an-ple-man), adv. D'une manière ample. Quand un carrosse fait de superbe manière, Et comblé de laquais et devant et derrière, S'est avec grand fracas devant nous arrêté, D'où sortant un jeune homme amplement ajusté.... MOL. Fách. 1, 1. J'en dirai quelque jour les raisons amplement, LA FONT. Fab. VII, 18. Vous en serez tantôt instruits plus amplement, RAC. Mithr. п, 2. Elle s'apETYM. Amphibologique et ment (voy. MENT). plaudira de cet illustre effet, Et croira Nicomède am+AMPHIBRAQUE (an-fi-bra-k'), s. m. Terme de AMPHITRITE (an-fi-tri-t'), s. f. Terme de my-plement satisfait, CORN. Nicom. v, 4. prosodie grecque et latine. Pied composé d'une lon-thologie. Déesse de la mer, et, poétiquement, la mer -HIST. xv s. Ainsi que plus amplement ai chargue entre deux brèves. elle-même. Du rapport d'un troupeau dont il vivait gé au dit Chambon vous escripre, Lettre de LOUIS XI, sans soins, Se contenta longtemps un voisin d'Am-Bibl. des Chartes, 4 série, t. 1, p. 21. || XVI S. phitrite, LA FONT. Fabl. x, 2. Étranger, ce taureau Nous en avons plus amplement et plus diligemment qu'au sein des mers profondes D'un pied léger et escrit ailleurs, AMYOT, Cam. 35. sûr tu vois fendre les ondes, Est le seul que jamais Amphitrite ait porté, A. CHÉN. Jupiter et Europe.

βραχὺς, brer.

ETYM. Aupr6paxùç, de àμpì, des deux côtés, et AMPHICTYONIDE (an-fik-ti-o-ni-d'), adj. f. Terme d'histoire grecque. Qui avait droit d'amphictyonie, en parlant des villes de la Grèce.

ΕΤΥΜ. Αμφικτυονίς (Voy. AMPHICTYONS). AMPHICTYONIE (an-fik-ti-o-nie), s. f. Terme d'histoire grecque. La fédération, le conseil des Amphictyons.

ΕΤΥΜ. ̓Αμφικτυονία (Voy. AMPHICTYONS). AMPHICTYONIQUE (an-fik-ti-o-ni-k'), adj. Qui a rapport au conseil des Amphictyons. Ligue, décision amphictyonique.

- ETYM. Amphictyons. AMPHICTYONS (an-fik-ti-on)., s. m. plur. Terme d'histoire grecque. Députés des États grecs, qui se réunissaient aux Thermopyles pour délibérer sur des affaires générales.

-ÉTYM. 'Aμqixтúoves, ainsi nommés d'Amphictyon fils de Deucalion, à qui on faisait remonter cette institution. Ce mot paraît être composé de aupì, autour (voy. AMBI), et de xтuwv ou xTubν, qui habite, parce qu'ils résidaient autour de Delphes.

+ AMPHIGÈNE (an-fi-jê-n'), s. m. Terme de minéralogie. Minéral qu'on trouve dans les laves du Vé

suve.

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ETYM. 'Appl, des deux côtés, et yɛvès, né: qui a deux manières de naître.

AMPHIGOURI (an-fi-gou-ri), s. m. 1° Écrit burlesque et qu'on remplit de galimatias. Un plaisant amphigouri. || 2° Discours dépourvu d'ordre et de sens. Pour élaguer les tortillages et les amphigouris, J. J. ROUSS. Pol. 7.

ETYM. Origine inconnue. Ce mot ne se trouve dans aucune des éditions antécédentes du dictionnaire de l'Académie. Il paraît être devenu en usage dans le xvi siècle. On a indiqué comme étymologie augi, des deux côtés, et yupos, cercle; mais cela aurait fait amphigyri, si tant est qu'une pareille finale puisse venir de la finale grecque.

AMPHIGOURIQUE (an-fi-gou-ri-k'), adj. Qui n'a ni ordre ni sens. A ce discours amphigourique, je vis la vérité sourire avec indignation, GILB. le Carnaval des auteurs.

· ÉTYM. Amphigouri. AMPHIGOURIQUEMENT (an-fi-gou-ri-ke-man), adv. D'une manière amphigourique. Il s'est expliqué amphigouriquement.

ETYM. Amphigourique et ment.

† AMPHIMACRE (an-fi-ma-kr'), s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Sorte de pied formé d'une brève entre deux longues.

ETYM. 'Aupíuaxpos, de ȧupì, des deux côtés (Voy. AMBE), et uaxpòs, long.

+ AMPHISBENE (an-fi-sbê-n'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Serpents non venimeux, dont la tête

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ETYM. 'Augl, des deux côtés, et tрéπεiv, tourner (voy. TROPE).

AMPHITRYON (an-fi-tri-on), s. m. Celui chez lequel, ou aux frais duquel on dine. Le véritable amphitryon Est l'amphitryon où l'on dine, MOL. Amph. III, 5.

· ÉTYM. 'Aμqiтρúwv, nom d'un prince Thébain, mari d'Alcmène, et qui, dans la comédie de Molière, donne un grand repas aux officiers de son armée.

AMPHORE (an-fo-r'), s. f. || 1° Terme d'antiquité. Vase à deux anses où les anciens mettaient le vin et l'huile. || 2° Mesure de capacité qui contenait 19 lit. 44.

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AMPLE (an-pl'), adj. || 1o Très-long et très-large. Un manteau ample et flottant. | 2° Considérable, étendu, copieux. Un ample repas. Une ample moisson. Une ample comédie à cent actes divers, LA FONT. Fab. v, 1. La gent maudite aussitôt poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage, ID. ib. VII, 8. Tout le monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature, PASC. édit. Cousin. La diversité est si ample, ID. ib. Je me propose un plus ample théâtre, RAC. Bérén. II, 2. D'un mépris vengeur la marque la plus ample, ROTROU, Vencesl. III, 2. || 3° En termes de droit, ordonner un plus ample informé, un informé plus complet. Renvoyer un accusé jusqu'à plus ample informé.

HIST. XII s. Trop nos i sunt amples les veies [dans le siècle], BENOIT, II, 12193. A dueil mourront par ces amples vallées, Ronc. p. 132. [1] Ne se plaint mie de sa plaie, Ainz vet [va] et fet ses pas plus emples, la Charrette, 1150. || XIII° s. Crupe ot grosse et quarée, piés copés et vautis, Narines grans et amples, les iex bruns eclarcis; El regne d'Antioche n'est chevaus si eslis, Ch. d'Ant. v, 184. XIV S. Quand il se treuve as champz dessus l'ample païs,

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- ETYM. Ample et ment; provenç. amplamen; espagn. ampliamente; ital. ampiamente. AMPLEUR (an-pleur), s. f. ||1° Etendue de ce qui est long et large. Ce manteau a de l'ampleur. || 2° Fig. Ce style a de l'ampleur.

ETYM. Ample; provenç. amplessa.

+ AMPLEXATILE (an-plé-ksa-ti-l'), adj. Se dit, en botanique, de la radicule, quand elle enveloppe le reste de l'embryon.

ETYM. Amplexare, fréquentatif de amplecti | (voy. AMPLECTIF).

+ AMPLEXICAULE (an-plè-ksi-kô-l'), adj. Terme de botanique. Qui embrasse la tige. Feuilles amplexicaules.

ETYM. Amplexus, qui embrasse (voy. AMPLECTIF), et caulis, tige (voy. CHOU).

AMPLEXIFLORE (an-plè-ksi-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui embrasse la fleur.

AMPLIATIF, IVE (an-pli-a-tif, ti-v'), adj. || 1° Qui augmente, qui ajoute. || 2° En termes de grammaire, mot ampliatif, expression ampliative. || S. m. L'am pliatif, mot dont s'est servi Beauzée pour désigner notre superlatif absolu. || Ne se met qu'après le substantif: Bref ampliatif, bulle ampliative.

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ETYM. Provenç. ampliatiu (voy. AMPLIATION). AMPLIATION (an-pli-a-sion; de cinq syllabes en vers), s. f. 1° Le double, la copie d'un acte. || 2° En termes d'ancienne pratique, lettres d'ampliation, lettres en chancellerie pour expliquer les moyens omis dans une requête civile. || 3° Augmentation de capacité d'une cavité dilatable quelconque. L'ampliation de la poitrine pendant l'inspiration.

HIST. XVI S. Il fist lire son pouvoir, de l'ampliation [étendue] duquel ils furent merveilleusement esbahys; car il soustrayoit tellement toute l'authorité aux gouverneurs de Toul et de Verdun, que.... CARL. v, 31. Pour s'excuser envers l'empereur, qui tant le pressoit et incitoit en ceste declaration et ampliation de ligue, M. DU BEL. 178. Auction est ampliation ou augmentation des parties solides, en longueur, largeur et profondité, "PARE, Introd. 9.

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Terme de physique. Qui grossit. Le pouvoir ampli- | enpounage; E ampolles reportent en seigne del fiant d'une loupe.

ETYM. Amplifier. AMPLIFICATEUR (an-pli-fi-ca-teur), s. m. Celui qui amplifie. || Il se prend en mauvaise part. ETYM. Amplificator, de amplificare, amplifier (Voy. AMPLIFIER).

veage, Th. le Mart. 158. En semblance de vin et d'ewe fait user Deus son sanc par le mund pur les anemes salver; En ewe et en ampoles fait par le mund porter Le sanc de saint Thomas pur li plus honurer, ib. 159. || xms. E fu sacrés à Rains à roi et enoins de la sainte ampoule, que Diex envoya † AMPLIFICATIF, IVE (an-pli-fi-ka-tif, ti-v'), des cius en terre à saint Remy, Chr. de Rains, p. 3. adj. Terme d'optique. Qui sert à amplifier. Le pou-| xvs. C'est de la sainte ampoule dont monseigneur voir amplificatif des lunettes astronomiques. saint Remi consacra Clovis premier rois chrestien qui fut en France, FROISS. II, II, 74. || XVI s. De peur qu'il ne survint des pustules ou empoulles.... je trouvay les endroits où avoient touché les oignons n'avoir aucune vessies ou empoulles, PARÉ, IX, 1er Disc. Ainsi que vignerons qui ont és mains l'empoule A force de becher.... RONS. 427.

- ETYM. Amplifier. AMPLIFICATION (an-pli-fi-ca-sion; de six syllabes en vers), s. f. 1° Terme de rhétorique. Figure qui consiste à amplifier ce que l'on dit, par l'énumé ration des détails. || 2o Le plus souvent, au moyen de cette figure, développement d'un texte, d'un sujet. || 3° Devoir où un élève développe un texte, un sujet donné. Amplification française. Amplification latine. ||4° Augmentation du volume apparent des objets, à l'aide des verres et des lunettes.

fier.

ÉTYM. Ampulla, de amp pour amb, autour (voy. AMBE), et de olla, vase (voy. OLLAIRE); c'est-à-dire que l'ampoule est un vase à ventre; provenç. ampola; ital. ampolla.

ETYM. Amplificatio, de amplificare, ampliAMPLIFIÉ, ÉE (an-pli-fi-é, ée), part. passé. Ré-poulées. Pour savoir former quatre vers ampoulés, cit amplifié.

HIST. XVI S. Si on connoit par le contraire que ces tumeurs se puissent amputer, il y faut proceder comme s'ensuit, PARE, V, 17.

ETYM. Amputare, de am, amb, autour, et putare, couper, tailler (voy. PUTATIF).

† AMSCHASPAND (a-mcha-spand'), s. m. Terme de la mythologie des anciens Perses. Les sept amchaspands, les sept esprits purs, dont Ormuzd est le premier, et qui, sous la direction d'Ormuzd, sont les auteurs de la création.

ÉTYM. Zend, ameshå çpenta, de amesha, immortel, et spenta, saint.

AMULETTE (a-mu-lè-t'), s. m. Objet qu'on porte sur soi par superstition, dans l'idée qu'il préserve des maladies ou des maléfices. C'est une espèce d'amulette que les amants portent volontiers, J. J. ROUSS. Hel. 11, 28. Théophraste raconte que Périclès malade montrait à un de ses amis certains amulettes que les femmes lui avaient attachés au cou, P. L. COUR. Lett. II, 376.

AMPOULÉ, ÉE (an-pou-lé, lée), adj. Enflé, en REM. Amulette ne se trouve dans le Dictionparlant du style. Discours ampoulé. Phrases am-naire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1762, où il est masculin; cependant c'est un mot plus anREGNIER, Sat. IV. Ni d'un vers ampoulé l'orgueil- cien; car il est dans d'Aubigné, qui l'a fait féminin. leux solécisme, BOIL. Art p. 1. Que devant Troie Chateaubriand aussi l'a fait féminin: Mon hôts en flamme Hécube désolée Ne vienne pas pousser une avait des amulettes suspendues au cou, Itinér. 76 plainte ampoulée, ID. ib. I. Jouet de leurs ca- Des grammairiens ont demandé que, prenant en resses traîtresses, de leurs compliments ampoulés, considération la désinence ette, qui est partout ailleurs féminine, et l'usage, qui n'est pas assuré, on donnât le genre féminin à ce mot, contre l'étymologie il est vrai, mais en raison de l'analogie des

J. J. ROUSS. Prom. 8.

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AMPLIFIER (an-pli-fi-é), v. a. || 1° Développer par le discours. Amplifier une pensée. L'un écrivait sous sa dictée [de Napoléon] les phrases ampoulées dont il amplifiait ses ordres du jour, P. L. COURR. Lett. II, 240. || 2° Exagérer. Amplifier une nouvelle. || 8° En optique, grossir, en parlant des verres, des lunettes. Ce microscope amplifie beau- Trois qualités défectueuses d'un style qui dépasse coup les plus petits corps. On est parvenu à faire la mesure. Emphatique marque l'exagération, et indes objectifs qui amplifient considérablement. dique que l'on fait parattre ou briller les choses -HIST. XVI s. Heraclides amplifia la nouvelle ve- plus qu'il ne faut. D'après Marmontel, on appelle ritable de ceste prise de Rome, AMYOT, Cam. 39. Il al-un style, un vers, un discours ampoulé, celui où loit soubz main amplifiant sa propre puissance, ID. l'on emploie de grands mots à exprimer de petites Agésil. 5. Il faut que promptement le chirurgien choses. Bousouflé exprime une rédondance de amplifie la playe, PARÉ, IX, 3. Un corps, pour am-grands mots vides de sens et d'idées. On remarque plifier en charnure ou gresse, n'est pas dit s'aug-que, seul de ces trois mots, emphatique n'a pas menter, ID. Introd. 9. L'Empereur continuoit ce- toujours une signification défavorable; par exemple, pendant sa poursuitte de faire confermer, declarer dans cette phrase de Bossuet: En marquant ce et amplifier ceste ligue, y comprenant l'estat de passage décisif, on aurait fait entendre d'abord Gennes, M. DU BELL. 180. que le terme étre appelé, loin d'être diminutif, était emphatique et confirmatif.

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HIST. XVI S. Je trouvay l'autre costé tout empoullé, PARE, IX, 1er Disc. Etrapporte au logis les deux mains empoulées, RONS. 894. Maintenant que l'hyver de vagues empoulées Orgueillit les torrens.... ID. 278. Et ceux qui de gands emplombez Meurtrissoient la chair empoullée, ID. 521. Les autres sont AMPLITUDE (an-pli-tu-d'), s. f. || 1° Etendue en trop empoulez et presque creux d'enfleures comme largeur et en longueur. Dans l'amplitude et immen-hydropiques, lesquels pensent n'avoir rien fait sité de la nature, PASC. édit. Cousin. L'un est force d'excellent, s'il n'est extravagant, creux et bouffy, et l'autre est amplitude, ID. Géom. ||2° Terme de ID. 584. Beaucoup plus empoullé que plein de magéométrie. Ligne comprise entre les deux extrémités jesté, ID. 660. de l'arc d'une parabole. || 3o Terme d'artillerie. Ligne droite qui sous-tend l'arc parabolique décrit par un projectile sortant d'une bouche à feu. L'amplitude du jet. || 4o Terme de marine. Arc de l'horizon compris entre le point un astre se lève ou se couche, et l'est et l'ouest de la boussole. || 5° En astronomie, courbe décrite par un astre depuis le point où il se lève jusqu'à celui où il se couche, et dont le milieu indique le méridien.

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+ AMPOULETTE (an-pou-lè-t'), s. f. || 1o Termo d'art militaire. Cylindre de saule, d'aune ou de tilleul, qui sert à fermer l'œil d'un projectile creux et à en contenir la fusée. || 2° En termes de marine, se dit de deux petites fioles opposées l'une à l'autre par leur orifice, et formant un sablier dont on se sert

HIST. XVI S. Considerant après à part moy les autres provinces selon leur amplitude, ou petitesse,pour mesurer la durée d'une demi-minute. je jugeois que.... LANOUE, 233.

ETYM. Provenç. amplitut; espagn. amplitud; tal. amplitudine; d'amplitudo, de amplus, ample (roy. AMPLE).

AMPOULE (an-pou-l'), s. f. || 1° Fiole, petite bouteille. Inusité en ce sens, excepté dans la locution, la sainte ampoule, la fiole qui contenait l'huile consacrée à l'onction des rois de France, et que l'on croyait avoir été apportée à Saint-Remi par une colombe pour le baptême de Clovis. Henri IV fut couronné à Chartres et oint de l'ampoule de saint Martin, VOLT. Mœurs, 13. || 2° Petite tumeur formée par la sérosité épanchée entre le derme et l'épiderme. Le roi des Indes en eut des ampoules pour quinze jours, VOLT. Babyl. 1. 13° Terme de botanique. Nom vulgaire de certains renflements pleins d'air qui se voient sur plusieurs espèces de fucus.

HIST. XII's. Pluisur rei le [St-Thomas] requierent en dreit pelerinage, Prelat, moine reclus et maint DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

+AMPULLACÉ, ÉE (an-pul-la-sé, sée), adj. Terme
d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une ampoule,
d'une vessie ou d'une bouteille.

ETYM. Ampulla, ampoule.
AMPUTATION (an-pu-ta-sion; de cinq syllabes
en vers), s. f. Terme de chirurgie. Opération par la
quelle on sépare du corps, avec l'instrument tran-
chant, un membre, une portion d'un membre ou
une partie saillante, telle que la mamelle.

HIST. XVI s. Lorsqu'on veut faire amputation
d'une jambe.... PARE, X, 21. L'amputation des tes-
ticules, ID. Au lecteur.

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ETYM. Amuletum. +AMUNITIONNER (a-mu-ni-sio-né), v. u. Pourvoir une place des munitions nécessaires. ETYM. A et munition.

AMURE (a-mu-r'), s. f. Terme de marine. Cordage fixant le point d'en bas, nommé point d'amure, d'une basse voile qui se trouve au vent (voy. ÉCOUTE).

HIST. XI S. Contre le ciel [il] vait l'amure [pointe de son épieu] tornant, Ch. de Rol. LXXXIX. Du bon espieu au corps [il] lui met l'amure [pointe, lame], ib. XCVII. Charles en a l'amure [de la lance dont J. C. fut percé]; mercit Deu, ib. CLXXIX. Envers Carlon l'amure [de sa lance] [il] en tournée, ib. CCXL. Du brand d'acier l'amure [il] lui presente, ib. CCLXXXVII. || XVI S. Hau! amure, amure bas, RABEL. Pantagr. IV, 10.

a

- ETYM. Ital. amura, mura; grec mod. μoúpa; génois, amua; malt. mura; espagn. amura, mura. D'après Jal, de a et mura, qu'il tire de morari; mais amure veut dire proprement pointe, comme on le voit par les exemples de l'ancien français; c'est en effet le cordage de la pointe, du coin de la voile; l'étymologie en est inconnue; amarre est un autre mot.

AMURÉ, ÉE (a-mu-ré, rée), part. passé. Un navire amuré.

AMURER (a-mu-ré), v. a. Terme de marine. Fixer l'amure d'une voile selon l'angle qui lui fera recevoir le vent.

HIST. XIII S. Il s'espée devant lui tourne.... La pointe mist devant en som [en haut], Bien tranchant et bien amourée, Bl. et Jehan, v. 4434. || xiv* s. Par leurs malvaises langues ont tout renouvelé, Et amurent le roi à si très grant haïne, Que nes [même] pour despit d'eux hoyoit il la roïne, Girart de Ross. v. 3118. || XVI ̊s. Comme ceux de la caraque lui commanderent de ameiner, il abat et amure sa grand voile tout d'un coup, et hinsant la civadiere.... D'AUB. Hist. II, 50. Amurer est pezer à force d'hommes sur les couetz d'une voile pour tenir le point de la voile sur le bord, vers le vent, FOURNIER, Inven taire des mots, dans JAL, Glossaire nautique.

— ETYM. Amure. Comme on voit, amuré voulait dire pointu.

AMUSABLE (a-mu-za-bl'), adj. Qui peut être amusé, distrait. Si vous saviez ce que c'est que d'amuser un esprit qui n'est plus amusable,

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sante.

amuse. Un homme amusant. Une conversation amu- | || En parlant des choses. Les faibles déplaisirs s'amusent à parler, CORN. Pomp. v, 1. Vains transports où sans fruit mon désespoir s'amuse, ID. Médée, 1,5. || 3° S'amuser de, se moquer. S'amuser de quelqu'un. S'étant beaucoup amusé aux dépens de son visage. 4° Fig. S'amuser à la moutarde, s'arrêter à des bagatelles.

AMUSÉ, LE (a-mu-zé, zée), part. passé. Amusé par des promesses. Amusé à des bagatelles. Amusé par ce récit. En lui [le prince], toute apparence de galanterie, tout air passionné ou amusé cause un scandale, FÉN. t. XXII, p. 272.

AMUSEMENT (a-mu-ze-man), s. m. ||1° Ce qui amuse, divertissement. Les choses qui font mon amusement. C'était un amusement de le tromper. J'y trouve encore quelque amusement, sév. 62. Üne lunette qui faisait notre amusement dans le bateau, ID. 223. Faibles amusements d'une douleur si grande, RAG. Bérén. II, 2. Lesbos même conquise.... De toute autre valeur éternels monuments, Ñe sont'd'Achille oisif que les amusements, ID. Iph. 1, 2. Ces pompeux bâtiments Du loisir d'un héros nobles amusements, BOIL. Epit. 1. Le lecteur sage fuit un vain amusement, ID. Art poét. I. Leur esprit toutefois se plaît dans son tourment Et se fait de sa peine un noble amusement, ID. Épit. XI. N'attendez point de moi de soupirs et de pleurs; Ce sont amusements de légères douleurs, CORN. Perthor. IV, 5. La fille aînée de Croissy avait infiniment d'esprit, de grâces et d'amusement dans l'esprit, ST-SIM. 33, 132. || 2° Perte de temps, retardement. Ah! que d'amusement, MOL. Mis. Iv, 4. Je t'attends ici pour moins d'amusement, ID. Tart. 1, 3. || 3° Tromperie, prétexte. Tu prends d'un feint courroux le vain amusement, MOL. Sgan. 6. Henriette, entre nous, est un amusement, Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère, A couvrir d'autres feux dont je sais le mystère, ID. F. sav. I, 3. La haine entre les grands se calme rarement; La paix souvent n'y sert que d'un amusement, CORN. Rodog. 1, 7.

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† AMYLE (a-mi-l'), s. m. Terme de chimie. Radical hypothétique d'une série de composés, dont l'oxyde hydraté est l'huile de pomme de terre ou alcool amylique.

+AMYLENE (a-mi-lè-n'),s. m. Terme de chimie. Produit qui se présente sous l'aspect d'un liquide clair, incolore; il est volatil et d'un poids spécifique très-peu considérable; il est anesthésique comme l'éther.

SYN.AMUSER, DIVERTIR. Amuser, c'est faire passer le temps avec agrément, s'il s'agit de quelque chose qui platt. Mais cela aussi explique pour- † AMYLIQUE (a-mi-li-k'), adj. Terme de chimie. quoi anuser a, en outre, le sens d'abuser, de repaî- Acide amylique, acide qui a une couleur citrine, tre de vaines espérances. Divertir, c'est, étymologi- une forte odeur aromatique, une saveur acide et quement, détourner l'esprit, et, au sens que ce très-piquante. || Alcool amylique, huile de pomme verbe a pris, tourner l'esprit vers des choses agréa- de terre, liquide huileux, incolore, d'une odeur bles. Aussi divertir est-il plus expressif qu'amuser, forte et désagréable, qu'on retire surtout en distilet les divertissements sont plus vifs que les amuse-lant les produits de la fermentation alcoolique de la ments. L'usage de la conversation tend beaucoup à fécule de pomme de terre. délaisser le verbe divertir, et par conséquent à donner à amuser tout le terrain que perd celui-là. Mais, en écrivant, on fera bien d'avoir devant les yeux la nuance qui les sépare.

HIST. XIII s. Or l'a Renart tant amusé Que ambedui sont acordé, Ren. 1981. || xive s. Et pour toy j'en parle souvent, Afin que point tu ne t'abuses, Et qu'en pratiques ne t'amuses A choses que tu ne cognois, Nat. à l'alch. err. 324. || xv s. Le duc d'Anjou.... trouva des cauteles en diverses manieres pour amuser le peuple, JUVEN. Charles VI, 1382. || XVI S. Vrai est que toutes ses cauteles ne sont que momeries ou jeux de farce et amuse-fols, CALV. Inst. 267. Il amusa [occupa] toutes ses heures dernieres, MONT. I, 17. Cyrus amusa une armée plusieurs jours à se venger de.... ID. 1, 22. Ils ne s'amuserent [s'occupèrent] qu'à haster les mariniers de..., ID. I, 63. Les Amadis et tels fatras de livres à quoy l'enfance s'amuse, ID. I, 196.

-HIST. xv s. Si firent aux Françoys savoir Que, soubz umbre de parlement, L'en taschoit à les decevoir Et tenir pur admusement, Vigil. de Char-busai. les VII, part. II, p. 53.

ETYM. Amuser.

AN (an), s. m. || 1° Le temps que met la terre ! faire sa révolution autour du soleil. || 2° Le premier jour de l'an ou le premier de l'an, le premier jour de l'année. || 3° La fleur des ans, la première jeunesse. Les jeunes ans, le temps de la jeunesse. || Les vieux ans, le temps de la vieillesse. || Les ans, la vieillesse. Sous le faix du fagot aussi bien que des ans, LA FONT. Fab. I, 16. Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause, ID. ib. VII, 16. Dans la nuit du tombeau les ans l'ont fait descendre, VOLT. OEdipe, v, 2. Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale, MALH. Ode à Duperier. 4° An du monde, an de la création, de Notre-Seigneur; l'an où l'on est depuis la création, depuis la naissance de JésusChrist. 5° An I, an II, an VIII s'employaient pour indiquer les années de l'ère de la république française, commencée le 22 septembre 1792,

6 Bon an mal an, compensation faite des bonnes et des mauvaises années. Et l'on m'a assuré ETYM. À et muser (voy. MUSER,; Dourguig. au- qu'elle portait d'ordinaire sur elle, bon an mal an, trente quintaux de chair, SCARR. Rom. com. ch. VIII, AMUSETTE (a-mu-zè-t'), s. f. ||1° Petit amuse2 part. Nous payons [au gouvernement], bon an ment. Le fermier vient, le prend, l'encage bien et mal an, 900 millions, P. L. COUR. I, 190. || 7o Par beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amu-an, chaque année. Il gagne 2000 fr. par an. || 8 Sersette, LA FONT. Fabl. I, 16. Chaque siècle a son amu-vice du bout de l'an ou simplement bout de l'an, sette, BERANG. Pèlerin. de Lis. D'Avaux, notre ambas- le service qu'on fait dans une église pour une persadeur en Hollande, lassé de toutes les amusettes avec sonne un an après sa mort. || 9° Bon jour et bon an, lesquelles on le menait, salua le roi le lendemain, façon de saluer populaire quand on voit une perST-SIMON, 97,29. || 2o Pièce d'artillerie de petit cali-sonne dans les premiers jours de l'année. ||10 En bre; espèce de gros fusil de rempart, monté sur affût. termes de jurisprudence, an et jour, l'année révoETYM. Diminutif tiré d'amuser; bourguig. emu- lue et un jour en plus.

sôte.

ou de toute autre manière. Un agréable amuseur. [Mme de Chevreuse disait] que jusque-là je ne m'étais que plaint, parce que l'on m'amusait; mais qu'étant à la reine au point qu'elle était, elle ne lui cèlerait pas que l'on ne pouvait plus amuser l'amuseuse, RETZ, III,

130.

- ETYM. Amuser; Berry, un amuseux de filles, un cajoleur.

AMUSOIRE (a-mu-zoi-r'), s. f. Moyen d'amuser, de distraire. Cela n'est pas sérieux; ce n'est qu'une

AMUSER (a-mu-zé), v. a. 1° Procurer de l'agrément. Cela amuse. Tout ce qui n'est pas Dieu peut l'amuser [l'âme]; mais Dieu seul est capable de la remplir, FLECH. III, 419. || 2 Faire perdre le temps en choses qui amusent. Quand il s'aperçut qu'on l'amusait. Amusez-le du moins à débattre avec vous, CORN. Nicom. v. 5. Tous ces désirs de changement qui vous amusent, vous amuseront jusqu'au lit de la mort, MASS. Carême, Élus. || Amuser l'ennemi, le tromper par des lenteurs. || 3° En parlant des choses. AMUSEUR, EUSE (a-mu-zeur, zeû-z'), s. m. et f. Amuser la tristesse, la douleur. Jusques à quand amu-Celui qui amuse par ses contes, par sa conversation, serai-je les inquiétudes secrètes de mon âme par de vains projets de pénitence? MASS. Car. Fausse conf. La harpe d'un berger amuse sa tristesse [de Saul], et ne la guérit point, ID. Avent, Conc. Mon cœur saignait encor des maux qu'il m'avait faits; D'un rayon d'espérance amuser ses souhaits, Malheureuse! c'était compromettre ma gloire, GILB. la Marq. de Gange. Pison peut cependant amuser leur fureur, CORN. Othon, v, 2. Ce qui me choque de ces beaux esprits, c'est qu'ils ne se rendent pas utiles à leur patrie et qu'ils amusent leurs talents à des cho-amusoire. || Très-peu usité. ses puériles, MONTESQ. Lett. pers. 36. || 4° Repaître ETYM. Amuser. de vaines espérances, abuser, tromper. Il les amusait par des espérances. Il veut que je l'amuse et ne veut rien de plus, CORN. Sertor. II, 3. C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit.... Et qu'on croit amuser de fausses patiences Ceux dont en l'âme on craint de justes défiances, ID. Rodog. IV, 6. Les promesses dont Hananias amusait le peuple, BOSS. Or. 7. On ne se laissera pas amuser aux vaines excuses qu'il débite, ID. Conc. C'est amuser le monde que de faire des réponses vagues, ID. Déf. comm. Quand on raconte de pareilles choses, on veut amuser le monde, ID. Var. 7. Les a-t-il jamais amusés par des caresses? FLÉCH. M. de Mont. || 5° Familièrement. Amuser le tap s, dire des choses vaines, des paroles inutiles. Il est bon quelquefois de savoir agréablement amuser le tapis. Ceux qui savent parler sans rien dire et qui amusent une conversation pendant deux heures de temps sans qu'il soit possible de retenir un mot de ce qu'ils ont dit, MONTESQ. Lett. pers. 82. || 6° En termes de jardinage, amuser la séve, laisser à l'arbre plus de bois et de bourgeons que de coutume.

AMYGDALE (a-mig-da-l'), s. f. Terme d'anatomie. Chacune des deux glandes placées, l'une à droite, l'autre à gauche, à l'entrée de la gorge.

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HIST. XVI S. Spongieuse et molle, comme les amygdales ou salivales.... dense et dure comme les glandules qui sont à la racine de la langue, nommées amygdales à la racine de la langue, les tonsilles ou amygdales, PARÉ, I, 17.

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ETYM. Amygdala, amande (voy. AMANDE), à cause de la forme de cette glande.

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S'AMUSER, v. réfl. || 1° Se divertir. Les enfants AMYGDALOIDE (a-mig-da-lo-i-d'), s. f. Terme qui aiment à s'amuser. Il s'est fort amusé à cette soi-de minéralogie. Pierre qui renferme, au milieu de rée. S'amuser à lire un auteur. Il a fait cela pour s'a- sa pâte propre, d'autres parties ayant la forme d'une muser. On ne s'amuse pas longtemps de l'esprit d'au-amande. trui. 2° Perdre le temps. Il broute, il se repose, - ÉTYM. 'Aμvydaλoeròǹs, de àμvydáìn, amande Il s'amuse à toute autre chose, LA FONT. Fab. VI, 10. (voy. ce mot), et eidos, forme (voy. IDEE). Morbleu! je suis bien sot de m'amuser à raisonner AMYLACÉ, ÉE (a-mi-la-sé, sée), adj. Terme diavec vous, MOL. le Fest. II, 1. Comme s'il eût été dactique. Qui ressemble à l'amidon. capable de s'amuser à penser à nous, PASc. Prov. 4.

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HIST. XI S. A tant cum la cense est de un an, L. de Guill. 40. Set anz touz pleinz ad ested en Espaigne, Ch. de Rol. I. Ensemble [nous] avons ested et ans et dis [jours], ib. CXLIX. || XII s. [Charlemagne] a bien passé cent ans, Roncisv. p. 26. Puis fu set anz accomplis et entiers, ib. p. 31. En vieille geste est escriz de lons ans, ib. p. 86. Et pour son fil qu'il eut nourri tant ans, ib. p. 142. L'an que rose ne feuille Ne fleur [je] ne voi paroir, Couci, VIII. Je souferrai mon domage, Tant que l'an verrai passer, Dame de Faiel dans Couci. Bien [tu] peuz conquerre France, or est entrez li ans l'année en est venue], Sax. v. || XIII s. Trois ans [il] fut chevaliers, pleins fut de courtoisie, Berte, П.` Vingt ans avoit Pepins, ainsi [je] l'ouï esmer, ib. I. Cinq cens livres par an à chascune [il] donra, ib. cxxxI. Li an et li jour s'en vont aussi comme l'aigue qui court aval sans retourner, RICHARD DE FOURNIVAL, dans Hist. litt. t. xx, p. 723. Quant la terre est bien replenie de flors et de fruiz, lors est li anz coronez, Psautier, f 75. Ceste addition fu fete en l'an de grace mil.... Liv. des mét. 360. Se baillage escheit à damoiselle qui ait douze ans ou plus d'aage, et le vueille aveir et tenir et user, Ass. de Jér. 1, 267. Il pot commander à l'eglise à qui li lais [legs] est fes, que il l'oste de se [sa] main et le mete en main laie dedans an et jour, BEAUM. XII, 5, | xv s. Si Monseigneur de Flandres vouloit, il auroit, tous les ans, un grand profit sur les navieurs dont il n'a maintenant rien, FROISS. II, II, 52. Si fut cette chose si approchée que, droitement la nuit de l'an, la chose fut arrestée d'estre faite, et devoit le dit Aimery delivrer le chasteau de Calais en icelle nuit, MD. LI, 326. || XVI s. L'an passé est toujours le meilleur, GÉNIN, Récréat. t. 1, p. 243.

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ANA

ΑΝΑ

s'élève du sens littéral à un sens spirituel. Pour distinguer le sens anagogique des phrases hébraïques chez les prophètes, VOLT. Phil. IV, 455.

annus. On a rapproché annus de Evoc ou voc, l'an- | Hist. Préf. On connaît l'heureux anachronisme de ¡logie. Interprétation anagogique, interprétation qui
née, dorien Févvos, pévvos, et aussi de eros, laco- l'Enéide; tel est le privilége du génie, que les mal-
nien Féros, comme du gothique athn, année; mais heurs de Didon sont devenus une partie de la gloire
ces rapprochements ne paraissent pas s'accorder de Carthage, CHATEAUB. Itin. III, 125. || Anachro-
avec l'osque amnud, équivalent de anno. Amnud nisme de costume, erreur qui consiste à attribuer à
appuie ceux qui disent que annus est pour am-nus, une époque des vêtements, des meubles qui n'ont
et qui y voient un radical commun aux langues cel- existé qu'à une autre époque.
tiques cornouail. amser; bas-bret. amzer; irland.
am; gaél. âm, le temps; sanscrit, amati, même si-
gnification. L'osque amnud empêche de confondre
annus, an, et annus, anneau.

REM. Anachronisme se disait d'abord d'une erreur qui consiste à placer un fait avant sa date; l'erreur opposée se disait parachronisme; mais parachronisme est devenu peu usité, et anachronisme a pris une acception générale.

ETYM. 'Avà, indiquant renversement, et xçóvos, temps (voy. CHRONIQUE).

1. ANA (a-na). || 1o Affixe qui se joint à certains
noms propres pour indiquer un recueil de pensées
détachées, de bons mots, etc. Le Ménagiana, le
Segraisiana. C'est dommage qu'on n'ait pas fait un +ANACLASTIQUE (a-na-kla-sti-k'), || 1o Adj. En
Harleana de tous les dits qui caractérisaient ce cyni- termes de physique, se dit du point où un rayon
que [Harlay], ST-SIM. 173, 49. || 2° S. m. Recueil de lumineux se réfracte ou se réfléchit. Courbe ana-
bons mots. Tous nos livres en ana ont répété l'histo-clastique, courbe apparente suivant laquelle une li-
riette, VOLT. Mœurs, 123. Il savait par cœur tous les gne est vue à travers un milieu réfringent. || 2° S. f.
petits traits des ana, J. J. ROUSS. Conf. IV. || Au plur. Partie de l'optique qui traite des réfractions. On ne
dit plus que Dioptrique.

Les ana.

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ETYM. 'Avά, indiquant déviation, et xláw, je

-ÉTYM. Suffixe latin anus, exprimant ce qui
appartient à Virgili-anus, ce qui appartient à Vir-romps.
gile et ainsi de suite; dicta virgiliana, les dits de ANACOLUTHE (a-na-ko-lu-t') ou plus rarement
Virgile, ou, en français, un virgiliana, et, par la ANACOLUTHIE (a-na-ko-lu-tie), s. f. Terme de
même analogie, un huetiana, les dits de Huet, etc. grammaire. || 1° Ellipse qui consiste à employer un
d'où enfin un ana, en faisant de la finale un mot relatif sans son antécédent. Il y a une anacoluthe
qui comprend ces sortes d'ouvrages.
dans ce vers: Je vais où va toute chose, c'est-à-dire
dans les lieux où.... || 2° Tournure dans laquelle
commençant par une construction, ou finit par une
autre, comme dans ces vers de Cinna, v, : Toutes
les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur
l'heure et sans peine accordées.

2. ANA, mot employé par les médecins dans leurs ordonnances, et signifiant autant de l'un que

de l'autre.

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ETYM. 'Avà, indiquant répétition.

† ANABAPTISME (a-na-ba-ti-sm'), s. m. Secte des anabaptistes.

ANABAPTISTE (a-na-ba-ti-st'), s. m. Sectaire qui ne croit pas que les enfants puissent être baptisés, et qui les rebaptise quand ils ont atteint l'âge de raison. On a vu les illusions des anabaptistes, et on sait que c'est en suivant les principes de Luther et des autres réformateurs qu'ils ont rejeté le baptême sans immersion et le baptême des enfants, BOSS. Variat. 15.

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ETYM. Avaxaλovlía, et àvaxólovbos, de av
privatif, et axóλovbos, qui suit (voy. ACOLYTHE).
ANACOSTE (a-na-ko-st'), s. f. Terme de com-
merce. Sorte de serge fabriquée en Normandie.
ANACREONTIQUE (a-na-kré-on-ti-k'), adj. Qui est
écrit dans le goût d'Anacréon; qui écrit dans le
genre d'Anacréon. Poésie anacréontique. Poëte ana-
créontique. J'ai tâché de lui ressembler [à Ana-
créon] dans les odes que j'appelle anacréontiques,
LAMOTTE, Discours sur la poésie en général.

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ÉTYM. Latin, anacreonticus, d'Avaxpéwv, Anacréon, poëte grec qui a donné son nom au genre dans lequel il a chanté.

ANADIPLOSE (a-na-di-plô-z'), s. f. Espèce de répétition qui consiste à placer deux fois de suite le même mot à la fin de la phrase qui finit et au commencement de celle qui commence, pour donner plus de force à l'expression. Cette phrase de Bossuet, Or. fun. de la duchesse d'Orléans, offre une anadiplose Et les princes et les peuples gémissaient en vain; en vain Monsieur, en vain le roi lui-même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements, etc.

ΕΤΥΜ. Αναδίπλωσις, de ἀνὰ, indiquant répétition, et diów, je double.

+ANAÉROÏDE (a-na-é-ro-i-d'), adj. Terme de physique. Baromètre anaéroïde, nom donné à un appareil récemment construit pour remplir l'office de baromètre, et dont une boîte vidée d'air est la

ANACARDIER (a-na-kar-dié), s. m. Arbre des In-pièce principale.
des orientales qui produit l'anacarde (anacardium
orientale, L.).

+ ANACATHARTIQUE (a-na-ka-tar-ti-k'), adj. et
s. m. Terme de médecine. Qui excite l'expectora-
tion. Potion anacathartique. Un anacathartique.

ΕΤΥΜ. ̓Ανακαθαρτικός, de ἀνὰ, en haut, et και
Gaiperv, purger (voy. CATHARTIQUE).

ANACEPHALEOSE (a-na-sé-fa-lé-6-z'), s. f.
Terme de philologie. Récapitulation d'un discours,
d'un écrit. | Peu usité.

ETYM. Av privatif, et anp, air: sans air.
+ANAFIN (a-na-fin), s. m. Sorte d'instrument de
musique arabe. Au lieu du son des anafins, du bruit
des trompettes, un silence profond régnait autour
d'Aben Hamet, CHATEAUB. Abenc. 157.
ANAGALLIS (a-na-gal-lis'), s. m. Voy. MOURON.
HIST. XVI s. Du jus de porée, choux, marjo-
laine, anagallis, hyssope, PARÉ, XXV, 35.

ΕΤΥΜ. Ἀναγαλλίς.
†ANAGLYPHE (a-na-gli-f”) ou ANAGLYPTE (a-
re-na-gli-pt'), s. m. Terme d'antiquité. Bas-relief ou
vase orné de bas-reliefs.

- ETYM. "Avaxepaλaiwois, de avà, exprimant tour, et xɛpáλatov, chapitre (de xɛp¤λǹ), tête, voy. CEPHALIQUE): reprise des chapitres.

ANACHORETE (a-na-ko-rè-t'), s. m. || 1° Religieux qui vit dans la solitude, par opposition à cénobite, religieux qui vit en communauté avec d'autres. Un bon vieillard, pieux anachorète, Depuis vingt ans sous ce toit résidait, MILLEV. Charlem. à Pav. v. Des anachorètes consommés dans une piété éminente par de longues macérations et par une vie angélique, MASS.Vocat. à l'état ecclésiast. || 2° Homme qui vit loin du monde. Il mène une vie d'anachorète. ÉTYM. 'Avaxwpntǹs, de avà, indiquant éloignement, et ywpɛiv, aller.

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ETYM. Avayvwσns, lecteur, de ȧvayivoxεiv, lire, primitivement reconnaître, de avà, indiquant réduplication, et yvwoxet, connaître (voy. GNOSTIQUE).

+ANAGOGIE (a-na-go-jie), s. f.Terme de théologie. Ravissement de l'âme dans la contemplation des choses divines, ou efforts qu'elle fait pour découvrir le sens mystique de quelques passages de l'Ecriture. ETYM. 'Avaywyía (voy. ANAGOGIQUE). ANAGOGIQUE (a-na-go-ji-k'), adj. Terme de théo

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ÉTYM. AvayYoxis, qui élève, de ảvà, en haut, et aywyès, qui conduit, de ayev (voy. AGIR). ANAGRAMMATIQUE (a-na-gra-mma-ti-k'), adj. Qui a rapport à l'anagramme. ANAGRAMMATISER (a-na-gra-mma-ti-zé), v.n. Faire des anagrammes.

—ÉTYM. Anagramme. St-Amanda dit anagrammer : Il me souvient qu'un acrostiche Anagrammé par l'hémistiche.... dans MÉNAGE.

ANAGRAMMATISTE (a-na-gra-mma-ti-st'), s.m. Celui qui fait des anagrammes.

ANAGRAMME (a-na-gra-m'), s. f. Transposition de lettres, qui d'un mot ou d'une phrase fait un autre mot ou une autre phrase. Les mots nacre, rance et sre sont des anagrammes les uns des autres. J'aimerais mieux tirer l'oison, Et même tirer à la rame, Que d'aller chercher la raison Dans les dans MENAGE. replis d'une anagramme, COLLETET, REM. C'est une faute assez commune de faire anagramme masculin.

ETYM. Aváyрauua, de άvà, indiquant renversement, et ypάpetv, écrire (voy. GRAPHIQUE). ANAGYRE (a-na-ji-r') ou ANAGYRIS (a-na-ji-ris'), s. m. Terme de botanique. Arbrisseau de la famille des légumineuses, dont les feuilles sont purgatives, et dont le bois et l'écorce sont fétides (anagyris fœtida, L.); dit vulgairement bois puant.

ΕΤΥΜ. Ανάγυρις ου ἀνάγυρος.

† ANAL, ALE (a-nal, na-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'anus. Les veines anales.

ANALECTES (a-na-lè-kt'), s. m. plur. Terme de philologie. Morceaux, fragments choisis d'un auteur ou de plusieurs auteurs.

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ETYM. 'Aváλnupa, base ou pied d'estal du cadran, dont on a, par métonymie, donné le nom aux lignes qui forment le gnomon; de avà, en haut, et uua, prise (voy. LEMME), c'est-à-dire soutien. † ANALEPSIE (a-na-lè-psie), s. f. Terme de médecine. Rétablissement des forces après une maladie.

ÉTYM. ’Avaλn↓íx (Voy. ANALEPTIQUE). ANALEPTIQUE (a-na-lè-pti-k'). || 1° Adj. Terme de médecine. Qui restaure, qui rétablit les forces épuisées. Médication, alimentation analeptique. 2° S. m. Un bon analeptique.

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ANALOGIE (a-na-lo-jie), s. f. || 1o Rapport, similitude entre plusieurs choses différentes. Il y a de l'analogie entre le cheval et l'âne. || Raisonner par analogie, former un raisonnement fondé sur les rapports ou sur les ressemblances en tant qu'elles indiquent des rapports. || 2° Rapport que les mots ont entre eux par leur formation. Le mot passionné est formé de passion par la même analogie qu'affectionné est formé d'affection. || 3° En termes de mathématiques, rapport, proportion. Il y a la même analogie entre 2 et 3 qu'entre 6 et 9. Vieux en ce sens. 4° En philosophie, procédé de l'esprit qui s'élève, par l'observation des rapports, à la raison de ces rapports. || Analogie prochaine, la perception actuelle de la similitude, de la ressemblance de deux ou plusieurs choses présentes; analogie éloignée, celle par laquelle, étant connu le rapport de deux faits, nous concluons l'existence de l'un de l'existence de l'autre. En elle-même, l'analogie n'est que la somme des rapports avec les choses connues, BUFF. Homme, arithm. morale. Par la seule chaîne du raisonnement et les probabilités de l'analogie, le péché originel est retrouvé, CHATEAUB. Génie, 1,

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