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ce qui est : les mets étaient en abondance sur la table. C'est là la différence essentielle. Il pleure abondamment, et il verse des pleurs en abondance, la manifestent encore, bien que sous une nuance plus subtile à saisir, LAFAYE.

HIST. xv s. Donc entrerent ils abondantment dedans la ville sans contredit, et se logerent toutes gens les uns çà et les autres là, FROISS. II, II,38. ETYM. Abondant, ancien féminin, et le suffixe ment (voy. MENT).

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endroits clairs, LA BRUY. 14. || 5o D'ABONDANT, loc.
adv. De plus, outre cela. Je vous ai dit ces raisons,
j'ajouterai d'abondant. Et d'abondant la vache...,
LAFONT, Jum. Cette locution a vieilli, mais elle n'est
inusitée.

HIST. Xues. Molt estoit petite li lumiere de Deu, et li felonie estoit si habondoie [abondée], ke li charitez estoit assi cum tote refroidieie, S. BERN. p. 527. En terre habondevet Jahondait] ceste especo [la pauvreté], ID. ib. p. 633. || xus. Dit li ors [ours]: Par le cors saint Gil, Cel miel, Renart, dont d'où vous abonde? Ren. 10248. Sis manieres de fous dont la folie abonde, Les six manières de fols. || xvi* s. Dites qu'en nous tout bien abonde; Dames sont les tresors du monde, J.MAROT, V, 304. Il ne leur chaut d'avoir abondance; mais toute leur sollicitude est de ne rien reserver de ce qui leur abonde, LANOUE, 535. Chacun abunde en son sens, mesmement en choses foraines, externes et indifferentes, RAB. Pant. ш, 7. Ce lieu abonde en sorciers, ID. Pant. I, 16.

-ÉTYM. Provenç. abondar, abundar, habundar, aundar, aondar; espagn. abundar; ital. abbondare; de abundare, de ab, marquant écoulement, et unda, onde. Abundare exprime donc étymologiquement l'affluence de l'eau et, par extension, l'affluence de toutes choses.

D'ORL. 1. Prince, s'on doit avoir vaillance Pour men- | abonde La guerre en cruautés, en ruines féconde? tir à grant habondance, Et pour faulzeté maintenir, SAURIN, Spart. m, 4. Si les hommes abondent de Vous verrez icellui venir A grant honneur, n'en biens, LABRUY. 16. || 3° Présenter un grand volume, doubtez mie, ID. Ball. 119. || XVIe s. De l'abondance tenir de la place. Cette source abonde. Cent hommes du cœur la bouche parle, expression tirée des pro- de cette espèce [des bavards qu'on rencontre partout] pres mots de la Sainte Escriture, H. EST. Précell. abondent plus que deux mille citoyens, MONTESQ. Lettr. 185. Amour respond: De traictz grosse habondance pers. LXXXVII. || 4° Abonder; se livrer sans mesure. Je Luy ay tiré.... J. MAROT, V, 264. Tu sçais que de suis loin d'abonder dans mon sens, Sév.644. Un chacun l'abondance du cœur la langue parle, PALISSY, 352. en son sens, selon son choix abonde, RÉGNIER, Sat. ETYM. Bourguig. aibondance; provenç. abon-XIV. Au lieu de se modérer en parvenant au souveABONDANCE (a-bon-dan-s'), s. f. 1° Grande dantia, habundancia, abondansa, aondansa; es- rain pouvoir, Jacques II abonda dans les mesures quantité. L'abondance du produit, en parlant de la pagn. abundancia; ital. abondanzia, abbundanzia, propres à le perdre, CHATEAUB. Stuarts, 309. || 5o En vigne. Vivre dans l'abondance de toutes choses. abbondanza; d'abundantia, d'abundans (voy. ABON- jurisprudence, ce qui abonde ne vicie pas ou ne nuit L'abondance des hommes, de l'argent dans ce pays. DANT). A Genève, abondances, betteraves. pas, c'est-à-dire ce qui est de trop, formalité non L'abondance des mauvaises herbes étouffe la mois- ABONDANT, ANTE (a-bon-dan, dan-t'), adj. prescrite, raison surabondante, etc., n'empêche par son. L'abondance des humeurs dans le corps. Ses || 1° Qui est en abondance. Moissons abondantes. la validité d'un acte, d'une procédure, etc. aumônes.... et, s'étendant par leur abondance, même Prendre une nourriture abondante. La récolte avait sur les ennemis de la foi, elles adoucissaient leur été peu abondante à cause de la sécheresse. Verser des aigreur, BOSS. R. d'Anglet. Par leur frugalité et leur larmes abondantes. Le minerai de fer est abondant travail, ils se sont mis dans l'abondance des choses en ce pays. D'abondantes aumônes. Et parce que nécessaires à une vie simple, FÉN. Tel. vi. On arriva l'iniquité jamais ne fut plus abondante qu'elle l'est, en un pays beaucoup meilleur, où, trouvant abon- ni plus dominante,... BOURD Pens. t. 1, p. 233. || 2° Qui dance de toute chose, VAUGELAS, Q. Curce, 498. Ya en abondance. Pays abondant en toute chose. Maiportez-vous [à la confession] cette vivacité de com- son abondante en richesses. Province abondante en ponction, cette abondance de douleurs, ce désir sin- blé. Iles abondantes en pâturages. Et de quelque cère de réparer le passé? MASS. Car. Communion. C'est façon que l'on me considère, Abondante en richesse aux âmes les plus vigilantes, les plus attentives sur ou puissante en crédit, Je demeure toujours la fille elles-mêmes que vous vous [Dieu] communiquez avec d'un proscrit, CORN. Cinna, 1, 2. || 3° Absolument. plus d'abondance, BOURD. Pens. t. I, p. 16. || 2° Absolu- Source abondante. Eux [les pauvres] dont les jours les ment. Abondance de choses bonnes, utiles, néces-plus abondants seraient pour vous des jours d'austésaires. L'abondance règne dans le camp. Faire ré- rités, MASS. Jeûne. Rédemption dans son mérite la gner l'abondance dans la ville. Vivre, nager dans plus abondante; elle a deux effets: l'un... BOURD. l'abondance. Avoir tout en abondance. On lui four- Pens. t. m,p. 190. || 4o Au fig. en parlant du discours nit tout en abondance, des vivres et toutes sortes ou de l'orateur. Style abondant. Orateur abondant. de provisions. Le sang coulant en trop grande abon- Eloquence abondante. Langue plus abondante. Chez dance. Ce peuple est dans l'abondance, FÉN. Tél. II. Bossuet la pensée est abondante. Traiter sèchement un Si vous mettez les peuples dans l'abondance, ID. ib. sujet abondant. Jamais orateur ne fut plus nourri, XIII. Ils jouissent de l'abondance, ID. ib. v. Malheur plus abondant. Le sujet le plus simple était pour lui ABONNÉ, ÉE (a-bo-né, née). || 1o Part. passé. à ceux qui sont dans l'abondance! MASS. Immut. De là la plus abondante matière et une source intaris- Abonné à un journal. Abonné avec un chemin de jusqu'au milieu de l'abondance les plus sordides épar- sable, BOURD. Pens. t. I, p. 45. Les difficultés où fer. Abonné avec la compagnie du gaz. Les débitants gnes, BOURD. Pens. t.ш,p. 147. Si la sûreté, l'ordre les commentateurs et les scholiastes eux-mêmes de-abonnés payent à la régie une somme de.... || 2o S. m. et la propreté ne rendaient pas le séjour des villes si meurent court, si fertiles d'ailleurs, si abondants et Celui qui a un abonnement à ou avec. Ce journal a délicieux, et n'y avaient pas amené, avec l'abon-si chargés d'une vaine et fastueuse érudition dans les beaucoup d'abonnés. Les abonnés de ce théâtre. L'endance, la douceur et la société, LA BRUY. 10. Heufer a trouvé cette invention de distribuer, chaque reux, dit-on, le peuple florissant Sur qui ces biens matín, à 20 ou 30 mille abonnés une feuille où se coulent en abondance, RAC. Esth. 1, 9. Pour elles, lit tout ce que le monde dit et pense, P. L. COUP. à sa porte élevant ce palais, Il leur y fit trouver l'a1, 211. bondance et la paix, ID. ib. Prol. Objets charmants y sont en abondance, LA FONT. Rém. Au sein de l'abondance, VOLT. Brut. ш, 1. Vos pleurs compatissants coulent en abondance, M. J. CHEN. Fén. II, 3. || 3. Abondance de cœur, épanchement. Il faudrait que la bouche parlat selon l'abondance du cœur, FEN. t. xxi, p. 103. Je suis sûr que cela a été écrit d'abondance de cœur, VOLT. Roi de Pr. 2. Abondance de cœur et abondance du cœur se disent également et ont le même sens. Seulement, quand abondance est sans article, il faut de cœur et non du cœur. | 4° Parler d'abondance, parler sans avoir préparé son discours, ouns réciter de mémoire. Ce député parle toujours d'abondance, soit qu'il improvise, soit qu'il ait préparé son discours. || 5 Au fig. en parlant du discours, du style. Démosthène a beaucoup d'abondance. Abondance de pensées. Une vaine abondance de mots. Parler avec abondance. Il a traité ce sujet avec une grande abondance. L'abondance des pensées produit l'abondance des expressions. Ce n'est point par une abondance de paroles que l'on s'énonce; souvent la bouche ne dit rien, et l'âme sent, BOURD. Pens. t. 1, p. 308. Partout il fait paraître beaucoup de richesse et d'abondance géomé- ETYM. Berry, abonde, abondance; bas-lat. trique, FONTEN. Viviani. Justement confus de mon abundia, la fée Abonde (voy. ABONDER). peu d'abondance, Je me fais un chagrin du bonheur ABONDER (a-bon-dé), v. n. Se conjugue avec de la France, BOIL. Ép. vi. Souvent trop d'abondance le verbe avoir. || 1° Affluer, venir en grande quanappauvrit la matière, ID. Art. poét. III. Fuyez de ces tité. Les eaux abondent en ce canal. Tout abonde auteurs l'abondance stérile, Et ne vous chargez pas pour toi. Les grands écrivains abondèrent en Grèce. d'un détail inutile, ID. ib. 1. || 6o Corne d'abondance, Londres où l'argent abonde. Les vivres abondaient corne remplie de fleurs et de fruits et qui est le sym-dans le camp. Le poisson abonde en cette rivière. Les bole de l'abondance, la même que la corne de la trois enfants.... Admiraient.... De sa bouche [d'Hochèvre Amalthée qui avait nourri Jupiter. || 7° Abon-mère] abonder les paroles divines, A. CHÉN. 32. Il se dance, mélange d'un peu de vin et de beaucoup plait de faire abonder la profusion de ses grâces pard'eau qu'on donne aux enfants dans les colléges, dessus l'excès de notre malice, Boss. Nativ. 1. Les ainsi nommée parce qu'elle peut se boire en grande miracles y abondaient avec les vertus, ID. Hist. I, quantité, ou parce que l'eau y abonde. 11. Mais quoi! c'est un chef-d'œuvre où tout mérite ETYM. Bas-lat. abonare, abonnare, mettre des HIST. XIII s. Home [tu] fesis à ta sanlance [res- abonde, MALH. VI, 25. Depuis que la richesse entre bornes dans les terres des vassaux, et aussi racheter semblance], Après lui donas habondance Del fruit ses murs abonde, CORN. Cinna, II, 1. Répandre abon-les droits féodaux, faire une convention qui limite que avoies planté, Fl. et Bl. 921. Je ne sai pas damment sa grâce [de J. C. ] où le péché avait abondé, une certaine prestation. Abonner veut donc dire, où je coumance; Tant ai de matiere abondance Por voilà notre ministère. MASS. Car. Confess. || 2° Avoir étymologiquement, mettre des bornes et, par extenparlier de ma povreté, RUTEB. 1. [La fortune] est si per- en quantité. La vigne abonde en raisin. Abonder de sion, limiter par une convention une certaine redeverse Que les bons en la boue verse, Et les mauvais tout. Cette famille a abondé en hommes éminents. Je vance. C'est le même qu'aborner (voy. ce mot). DIEZ en haut eslieve, Et leur donne à grans abondances le vois bien, madame; et vous et ce cher frère pense que c'est non pas borne, mais bon qui est dans Dignités, honors et poissances, la Rose, 6193. || xv Abondez en raisons pour cacher le mystère, CORN. Su-le mot, exprimant une bonification de prix pour ces. Là trouverons de tous biens habondance, c. | réna, u, 3. Eh! qui peut prévenir tous les maux dont | lui qui s'abonne. Mais les formes de l'ancien français,

pas

ABONNEMENT (a-bo-ne-man), s. m. Convention à
HIST. XII s. Restroiz [restreint] est, chier sires, un prix déterminé, au-dessous du prix ordinaire,
tes sainz par jugement; deslace ta cinture, et si pour l'acquit d'une taxe, d'un impôt, d'un service.
vien habondanz de pitiet, S. BERN. p. 536. || xm s. Et pour le droit d'assister à des spectacles, de recevoir un
il si firent; et d'abondant lui envoierent tous les journal, de voyager sur un chemin de fer, etc. Faire
os le [du] Comte Gautier de Brienne pour mettre en un abonnement. Payer par abonnement. Les débi-
terre benoite, JOINV. 261. XIV s. Pour ceste science tants font des abonnements avec la régie. Un abon-
plus clerement entendre, je veul [veux ] de habonnement avec un chemin de fer est économique quand
dant exposer aucuns mos selon l'a b c, ORESME, on va et vient fort souvent.
Eth. 334. Et comme il soit ainsi que latin est à pre- HIST. XV S. Et avoient ceux de Lourdes leurs
sent plus parfait et plus habondant langaige que abonnemens [propriétés] en plusieurs lieux, FROISS.
françois, ID. Prol. Et avient aucune foiz qu'unen, п, 50. Abonnement est pour abornement, et peut
personne est abondant en grans biens pour lonc signifier abonnement et bien-fonds.
temps, ID. ib. 22. || XVI s. Je ferai de beaux ac-
questz ung de ces matins, n'en doute, et d'abon-
dant seray grant retireur de rentes, RAB. Pant. II, 9.

ETYM. Provenç. habundant; de abundans, d'abundare, abonder.

† ABONDE (a-bon-d'), s. f. Dame Abonde, la fée Abonde, la principale des fées bienfaisantes.

HIST. XV's. Et si pensay en tout par moy Qu'il n'est richesse tant habonde [abondante] Qui vaille rien enmy ce monde, Livre du bon Jeh. 8.

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ETYM. Abonner.

ABONNER (a-bo-né), v. a. || 1o Faire au nom de quelqu'un un abonnement. Je vous ai abonné au journal. Abonner une province pour l'impôt. La régie abonne les débitants quand ils le demandent. Abonner les voitures qui font le service de telle route. || 2o S'abonner, v. réf. prendre un abonnement. Je me suis abonné au journal. Les marchands de vin se sont abonnés avec la régie. On s'abonnait jadis avec les curés pour la dime, Acad. || 3° En termes de jurisprudence, abonner, c'est réduire à une certaine somme, un droit, un prix certain, qui est à payer.

-HIST. XIV S. Car ligence proprement gist Entro son prince et son vassal, Qui adonc doit estre feal, Quand un prince a un fief donné A son vassal et abonné, Le livre du bon Jeh. 3921. Et les arrentez ou abosnez doivent chascun an deux moitons froment, DU CANGE, arrentare. Comme le suppliant eust voulu faire marché et soi amoidier ou abourner du vin qu'il vendroit à detail, ID. amodium. || xv® s. Et furent à donc departis, divisés et abonnés les deux royaumes de Portingal et de Castille, FROISS. . III, 31.

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ABO avosner, abourner, ne permettent pas cette explica- | pées, ID. Louis XIV, 31. Celui qui se contente de | La defiance de mes forces m'a, de premiere abordée, tion et ne sont conciliables qu'avec borne, recevoir J. C. et qui ne le conserve pas et le chasse gelé de crainte l'encre dans ma plume, YVER, 621. ABONNI, IE (a-bo-ni, nie), part. passé. Vin d'abord de son cœur, ne l'a pas reçu spirituelle- A faulte d'avoir vivement de premiere abordée couru abonni dans une cave. Enfant abonni par une sagement, MASS. Car. Comm. Le secret de vos cœurs sus aux ennemis, AMYOT, Nic. 89. éducation. fut d'abord entendu, DUCIS, Oth. 1, 5. La première ABORDER (a-bor-dé). || 1° V. n. Venir à bord. Le guerre punique apprit aux Romains à combattre sur navire aborde à Toulon. Ils n'avaient pu aborder dans la mer; ils furent maîtres d'abord dans un art qu'ils l'tle. Il aborda en Afrique sur un misérable esquif. ne connaissaient pas, Boss. Hist. 1, 8. Il attaque Enfin l'esquif aborde, on l'invite à descendre, CORN. Carthage la Neuve, comme s'il eût agi par inspira- M. de Pomp. п, 2. Déjà il se préparait, selon l'ordre tion, et ses soldats l'emportèrent d'abord, ID. ib. qu'il en avait reçu, à aller aborder secrètement dans Dieu n'a qu'à vouloir, et les choses sont d'abord une petite ile qui est auprès de la grande, PÉN. Tél. faites, FÉN. t. Xvш, p. 288. Je ne promets pas aux | Ix. || 2o Arriver en général, affluer. On aborde sans autres de les satisfaire de prime abord, DESC. Préf. Je peine dans cette église. Le peuple abordait de toutes l'étranglerai tout d'abord, LA FONT. Fab. 1, 6. Ces ré-parts sur la place publique. Cet enfant abordait à pétitions ne sont que superflues; Dès l'abord mon peine dans la maison, qu'il fut saisi d'une attaque esprit a compristout le fait, MOL. l'Etour. iv, 1. Con- d'épilepsie. ....Verras-tu d'un esprit bien tranquille sumant dès l'abord toute leur patience, CORN. Poly. Chez ta femme aborder et la cour et la ville? BOIL. II, 2. Mais porter dès l'abord les choses à l'extrême, Sat. x. Elle y voit aborder le marquis, la comtesse, m. Sert. IV, 2. Dès l'abord il sut vaincre, ID. Sert. Le bourgeois, le manant, le clergé, la noblesse, ID. v, 1. C'est peu de tant d'attraits dont l'heureux as- Sat. 1. Les marchands y abordent [à Tyr] de toutes semblage Sans doute a dès l'abord emporté votre les parties du monde, et ses habitants sont euxhommage, C. DELAV. Paria, III, 4. Bien qu'elle pa- mêmes les plus fameux marchands qu'il y ait dans raisse extraordinaire au premier abord, Boss. Nat. l'univers, FÉN. Tél. 11. || 3° Aborder de, s'approcher III, 1. || 8° DANS L'ABORD, loc. adv. Au commence- de. Cet emploi est maintenant hors d'usage; mais on ment. Dans l'abord il se met au large, LA FONT. Fab. le trouve dans de bons auteurs du xvne siècle. La II, 9. J'en ai, je crois, dit un mot dans l'abord, ID. ville était battue des flots de tous côtés.... et le mur Berc. Dans cet abord Joconde Voulut les envoyer qui était avancé dans la mer et escarpé empêchait dormir en l'autre monde, ID. Joc. Dans l'abord qu'on ne pût en aborder, VAUGEL. Q. C. 209. Dieu agissons doucement, MOL. D. Garc. II 1. Elle ne vous permettra pas d'en aborder, BOSS. Rech. 2. m'a dans l'abord servi de bonne sorte, ID. Éc. des f. Ils ne peuvent aborder du trône de Dieu, ID. Asc. 2. II, 4. || 9o D'ABORD APRÈS, loc. adv. Aussitôt après. | || 4o V. a. Arriver à. Aborder un rivage. Côte qu'on Pour vous voir retomber d'abord après avec plus de ne peut aborder. Ils abordèrent la ville par la route honte et de faiblesse, MASS. Car. Pass. C'est une du nord. Ses cheveux se dressent sur sa tête quand il ignominie pour la religion que, d'abord après avoir aborde le noir séjour de l'impitoyable Pluton, FÉN. Tél. offert au Seigneur des prières pures, vous alliez lan-XVIII. Ils [ les compagnons d'Ulysse ] abordèrent un cer....ID. Car. Médisance. ||-10° D'ABORD QUE, loc. conj. rivage Où la fille du Dieu du jour, Circé, tenait alors Dès que. Je n'en ai point douté, d'abord que je l'ai sa cour, LA FONT. Fab. XII, 1. Je chante les combats et vue, MOL. Éc. des f. v, 9. D'abord que je serai à Paris, cet homme pieux Qui, des bords phrygiens conduit BOSS. Lettres Quiét. LXVI. || Marine. Mettre une chose en dans l'Ausonie, Le premier aborda les champs de Laabord, la placer le plus près possible de la face in- vinie, BOIL. Art poét. u. || 5° Joindre quelqu'un. Abortérieure de la muraille d'un bâtiment. dez-le et exposez-lui votre affaire. Il n'y avait personne -HIST. XVIe s. Il vint à la cour en poste, et, deux qui ne pût aborder le prince. Il se laissait facilement heures après son abord, Pellicar.... D'AUB. Hist. II, aborder. Mon ami m'aborda dans la rue. Il m'aborda 183. avec amitié, FÉN. Tél. II. Ce tigre que jamais je n'abordai sans crainte, RAC. Phèd. IV, 6. Moi-même, de quel œil dois-je ici l'aborder? RAC. Mith. II, 3. Je verrai le témoin de ma flamme adultère, Observer de quel front j'ose aborder son père, ID. Phèd. III, 3. Si vous l'abordez, demeurez avec elle le moins de temps qu'il vous sera possible, MOL. Pr. d'Él. ш, Deux inconnus armés m'ont abordé soudain, VOLT. Mér. 11, 2. || 6° Fig. En venir à un sujet. Aborder une cause. La discussion fut abordée avec beaucoup de fermeté. J'aborde la suite de mon sujet. || 7° En termes de guerre, aborder l'ennemi, marcher à l'ennemi pour l'attaquer. Le régiment aborda avec beaucoup d'ardeur la troupe qui occupait la hauteur. On aborda le village qui était barricadé. || 8° Terme de marine. Aborder un vaisseau, l'accrocher pour que l'assaillant passe dessus et cherche à le prendre de vive force; et aussi le heurter par accident. La frégate manoeuvra pour aborder le vaisseau ennemi. Dans la nuit le bateau à vapeur aborda une barque de pêcheur qui coula aussitôt. Leurs voiles étaient meilleures que les nôtres; le vent les favorisait; ils nous abordent, nous prennent, et nous emmènent prisonniers en Égypte, FEN. Tél. 11. || 9° En termes de chasse, aborder la remise, s'approcher de l'endroit ABORDÉ, ÉE (a-bor-dé, dée), part. passé. où la perdrix s'est réfugiée. || 10° S'aborder, v. réf. || 1° Abordé par une frégate, le navire fut pris. Des s'approcher pour se parler. Nous nous sommes aborvaisseaux abordés. || 2° Qui est abordé en un lieu. dés dans la rue. Tout le monde s'abordait, s'interroAbordés dans l'tle, les marins cherchèrent de l'eau. geait dans les églises, sans se connaître, VOLT. L. XIF, Et ma famille enfin à Corinthe abordée, CORN. Méd. I. || 11° Se heurter. Les vaisseaux s'abordèrent, et re1, 1. Si mon frère, abordé sur cette terre impie, çurent l'un et l'autre de graves avaries. | 12° A LaM'eût confié plus tôt le secret de sa vie, VOLT. Orest. BORDER, loc.adv. A l'aborder, il est froid; mais cela v, 2. Eh quoi! deux malheureux, en ces lieux abor-ne dure pas. Aborder est pris ici substantiver.ent. dés, D'un œil si soupçonneux seraient-ils regardés ? || 13° Marine. Aborder de franc étable, se dit de deux ID. ib. II, 3., navires qui se choquent par les étraves. + ABORDÉE (a-bor-dée), s. f. À L'ABORDÉE, D'ABORREM. Aborder,v. n. se conjugue avec avoir ou DEE, loc. adv. En abordant. On fit marcher les régi-être : ils ont abordé, ils sont abordés. Le sens est ments des gardes françaises et suisses droit au village différent : ils ont abordé signifie l'action d'aborder: de Nerwinden, qu'ils attaquèrent d'abordée avec fu- ils ont abordé et ont aussitôt marché vers la ville. rie, ST-SIM. 12, 137. L'air ouvert de M. le duc d'Or- Ils sont abordés exprime l'état de ceux qui sont dans léans et ce qu'il dit d'abordée au maréchal de Ber- le lieu qu'ils ont atteint: ils sont abordés depuis wick le rassurèrent, ID. 175, 77. quelques heures. Le prince d'Orange est abordé, SEV. 486: c'est-à-dire il reste en Angleterre.

ABONNIR (a-bo-nir). || 1o V. a. Rendre bon. Les caves fratches abonnissent le vin. || 2° V. n. Devenir bon. Le vin abonnit dans la cave. Cet homme n'abonnit pas en vieillissant. || 3° S'abonnir, v. réfl. Devenir bon. Le vin s'abonnit dans la cave. || 4 Poterie. Faire sécher la terre à demi, la mettre en état d'être rebattue. -HIST. XII S..... à ce soufrir Ne se vourrent [voulurent] plus aboenir, Rom. de S. Graal, 2377. – ETYM. Provenç. abonesir; ital. abbonire; de à et bon. ABORD (a-bor; le d ne se prononce jamais en liaison; un abord agréable, dites, a-bor-a-gréable; au pluriel, la liaison de l's est douteuse. La prononciation moderne et affectée tend à la faire sentir: des abords agréables, abor-zagréables. Mais la prononciation ancienne et meilleure ne fait pas sentir l's des abords agréables, a-bor-agréables), s. m. 1° Venue à bord. A notre abord dans l'ile nous fumes attaqués, Acad. Ce port est de facile abord. L'abord de cette côte est difficile. || 2o Arrivée, venue en général, accès. Lieu de facile abord. La Germanie était d'un abord peu facile pour les Romains. Du premier abord, c'est-à-dire à l'arrivée. L'abord de ce magistrat dans la ville. L'abord des gendarmes effraya tout le village. Mon abord en ces lieux, MOL. Sgan. 22. Mila ne se put défendre d'une secrète terreur à l'abord de ce lieu redoutable, CHATEAUR. Natchez, 11, 190. Les jeûnes rendaient l'abord de cette solitude formidable, MASS. Bénéd. Déjà de leur abord la nouvelle est semée, RAC. Iph. 1, 4. Vous ne m'attendiez pas, madame, et je vois bien Que mon abord ici trouble votre entretien, ID. Andr. Iv, 5. Mon abord en ces lieux Me fit voir Polyeucte, et je plus à ses yeux, CORN. Poly. 1, 3. De l'abord de Pompée elle espère autre issue, m. Mort de P. 1, 2. Elle m'envoie Savoir à cet abord ce qu'on a vu de joie, ID. ib. 3. De ces vieux ennemis va soutenir l'abord, ID. ib. Ces rapides coursiers, qui sous eux font la guerre, Pouvaient à leur abord épouvanter la terre, VOLT. Alz. II, 4. Là comme dans un fort son audace enfermée Aux plus hardis guerriers en défendait l'abord, RAC. Alex. v, 3. || 3° Approche de deux personnes et accueil qu'on se fait réciproquement. En ce sens abord n'a pas de pluriel. Abord facile. Homme d'un difficile abord. Empêcher l'abord de quelqu'un. Son abord inspire le respect. Mais enfin cet abord ne permet plus de douter, MOL. D. J. 1,3 Après l'abord et l'ayant salué, LA FONT. Or. Notre abord fut si tendre pour vous, SEV. 380. Notre abord le rend tout interdit, CORN. Sert. iv, 3. Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence, RAC. Ath. 11, 9. || 4° S. m. plur. Ce qui entoure un monument, une localité, une place de guerre. Aux abords de l'église. Les abords de la forteresse furent défendus. Les abords de cette maison de campagne sont charmants. Les abords du Parthénon étaient merveilleusement disposés. || 5° Affluence de personnes ou de choses. L'abord des marchands était jadis considérable dans les foires. Les autres n'étaient que des hôteliers que le grand abord des étrangers enrichissait, FONTEN. Orac. 1, 14. || 6° A L'ABORD, loc. adv. Au premier abord, à la première rencontre. A l'abord, ces hommes furent froids l'un envers l'autre ;puis la conversation s'anima. Aux traits dont à l'abord vous savez les frapper, MOL. l'Étourdi, v, 13. Une lionne Rugissante à l'abord et qui..., RÉGNIER, Sat. III. 70 D'ABORD, TOUT D'ABORD, AU PREMIER ABORD, DE PRIME ABORD, DÈS L'ABORD, loc. adv. En premier lieu, au premier instant, avant tout. D'abord ils pensent que.... Faire d'abord une chose. Partons d'abord. Entrer tout d'abord dans le Pirée. De prime abord il le traita fort mal. Nous autres grands médecins, nous connaissons d'abord les choses, MOL. Méd. malgré lui, 11, 6. Au nom de l'Empereur, je viens vous informer D'un ordre qui d'abord a pu yous alarmer, RAC. Brit. 1, 2. O ciel! que tes rigueurs seraient peu redoutables, Si la foudre d'abord accablait les coupables, ID. 4th. II, 2. Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide, Qui d'abord accablait ses ennemis surpris, RAC. Ath. ni, 2. Qui l'eût dit, qu'un rivage à mes yeux si funeste Présenterait d'abord Pilade aux yeux d'Oreste? 1D. Andr. I, 1. On le souffre d'abord, mais la suite importune, CORN. Nic. 1, 2. D'abord modeste et simple, il voulut nous servir, VOLT. Tanc. 1, 1. Ils se flattaient que rien ne leur résisterait ni dans le nouveau monde ni sur nos mers; leurs espérances furent d'abord trom

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-ÉTYM. A et bord; bourguig. aibor.

ABORDABLE (a-bor-dabl'), adj. 1° Qu'on peut aborder. Cette côte n'est pas abordable. || 2o Au fig. de facile abord. Cet homme est très-abordable. Cet adjectif suit toujours son substantif.

ETYM. Aborder.

ABORDAGE (a-bor-daj”), s. m. || 1o Action d'aborder un vaisseau; se dit des combats de mer. L'équipage se prépare à l'abordage. Vaisseau pris à l'abordage. J'enlevai le commandant à l'abordage, qu'il ne me refusa pas, JEAN-BART, dans JAL, Gl. nautique. Harold, le sabre en main, s'élance à l'abordage, LAMART. Harold, 18. L'abordage! l'abordage! On se suspend au cordage, On s'élance des haubans, v. HUGO, Orient. 5. || 2° Rencontre fortuite et choc de deux vaisseaux. Les vaisseaux portent la nuit des feux pour éviter les abordages, Acad.

HIST. XVI s. Il conclud à l'abordage sous la faveur de Gozi à gagner la cité, D'AUB. Hist. 1, 244. Les Rochellois dès l'abordage [des navires], se jettent sur le pont de corde, ID. ib. II, 179. Après que ceux de Ré leur eurent deffendu l'abordage [de l'tle]........ ID. ib. 11, 274.

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ETYM. Aborder.

HIST. XVI s. Ils se jectent d'abordée dans la franchise de la coustume, MONT. I, 118. Mais d'abordée l'evesque et sept de meilleure marque donnerent du nez à terre, D'AUB. Hist. 1, 344. Ils les emporterent d'abordade, quoique bien retranchés, ID. Hist. 1, 226. Ceremonies qu'il faut observer à la premiere abordade d'un tel prince, CARL. VIII, 20. De premiere abordade, les nostres mirent deux des siennes à fond, ID. I, 9.

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2.

SYN. ABORDER, AVOIR ACCÈS, APPROCHER. On a accès où l'on entre. On aborde les personnes à qui l'on veut parler. On approche celles avec qui l'on est souvent. Qui beaucoup de connaissances peut avoir accès en beaucoup d'endroits. Qui a de la hardiesse aborde sans peine tout le monde. Qui joint à la hardiesse un esprit souple et flatteur peut

證號

approcher les grands avec plus de succès que d'autres, GUIZOT. Aborder marque un fait, avoir accès, une faculté, et approcher, une habitude, LAFAYE.

HIST. XV S. Philippe de Bourgogne fut amourex de la comtesse de Salsebri, mais ils n'aborderent point ensemble, P. DE FENIN, 1424. || XVI s. Mais à la fin la bonasse fortune Loin les aborde au rivage inconnu De la Provence, RONSARD, 609. Socrate à 'aborder sembloit de prime face homme ignorant et grossier, AMYOT, Caton, 14. Il se mit à la voile sans aborder nulle part, sinon où il estoit contraint à ce faire pour prendre vivres ou faire eau, ID. Pompée, 107. A l'instant mesme du peril arriva en la ville Gongylus, qui venoit de Corinthe avec une galere, à l'aborder du quel estant incontinent tout le peuple accouru à l'entour de lui, il.... ID. Nic. 34. ETYM. Abord.

ABORIGENE (a-bo-ri-je-n'). || 1° Adj. Qui est originaire du sol où il vit. Une plante aborigène. || 2. S. m. plur. Les habitants primitifs d'un pays. Quand les Grecs s'établirent en Italie, ils y trouvèrent les aborigènes, qu'ils eurent à combattre. ETYM. Aborigines, de ab, dès, et origo, origine (voy. ce mot).

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ABORNÉ, ÉE (a-bor-né, née), part. passé. Champs abornés. Propriété abornée.

ABORNEMENT (a-bor-ne-man), s. m. Action d'aborner ou le résultat de cette action. L'abornement des propriétés.

ÉTYM. Aborner. ABORNER (a-bor-né), v. a. Mettre des bornes à un terrain. Faire aborner son champ.

aboner.

ÉTYM. À et borner; Berry, abonner; wallon, ABORTIF, IVE (a-bor-tif, tiv'). || 1o Adj. Qui avorte. Foetus abortif, celui qui est né avant d'avoir acquis le développement nécessaire pour pouvoir vivre. En botan. Etamine abortive, celle qui n'a pas d'anthère ou qui n'en a qu'une ébauchée; fleur abortive, celle qui tombe sans laisser aucune trace de fécondation. Se met toujours après son subst. || 2° S. m. Terme de médecine. Substance à laquelle on attribue la propriété de provoquer l'avortement. Les abortifs sont ordinairement de violents emménagogues ou des drastiques. Ce charlatan prescrivit des abortifs qui causèrent la mort de la femme.

HIST. XVI s. Je souhaiterois que nous retinssions la maniere que j'ai dite avoir esté entre les anciens, avant que ceste fiction abortive de sacrement vinst en avant, CALV. Inst. 1172. Tel enfantement [hors terme] est appelé abortif ou avortement, PARE, t. 11,624. Le tout est fait comme un œuf abortif, c'est-à-dire qui n'a encore la coquille ferme et dure, m. t. XVIII, 6. Enfantement avortif, ID.ib. Ses vers naistront inutis, Ainsi qu'enfans abortis, Qui ont forcé leur naissance, RONSARD, 383.

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- ETYM. À et bouche; aboucher à Genève veut
dire coucher sur la bouche, sur le ventre.
+ABOUGRISSEMENT (a-bou-gri-se-man),s.m.Etat
d'un bois endommagé dans sa première croissance.
ABOUT (a-bou), s. m. Terme d'art et métier.
|| 1° L'extrémité par laquelle un morceau de bois de
charpente ou de menuiserie est assemblé avec un
autre. || 2o Le bout par lequel une tringle ou un tirant
de fer se joint, se fixe à quelque chose. || 3° Base du
cylindre qui broie les chiffons pour faire le papier.
ETYM. A et bout.

† ABOUTAGE (a-bou-taj'), s. m. Terme de marine.
Action de réunir par un nœud les bouts de deux cor-
dages.

· ÉTYM. Abouter.

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AB OVO (a-bo-vo), loc. adv. Dès le commencement. Prendre un récit ab ovo.

ETYM. Mots latins: Ab, dès, et ovo, œuf (voy. ŒUF), dès l'œuf.

ABOYANT, ANTE (a-bo-ian -ou aboi-ian, iante', la prononciation varie), adj. || 1° Qui aboie. Meute † ABOUTÉ, ÉE (a-bou-té, tée), part. passé. aboyante. || 2° Fig. Comme l'oiseau du ciel qui || 1 Terme d'art et de métier. Pièces de bois abou- vient en tournoyant Enivrer son regard sur ce gouffre tées. || 2° En termes de blason, il se dit des diffé-aboyant, LAMART. Chute du Rhin. || 3° Fig. Qui rentes pièces d'armoiries qui se répondent par les postule, qui ambitionne. Cette abbaye causa tant pointes. d'envie que les aboyants, outrés de la voir donner ainsi, se mirent à chercher ce que c'était que cet abbé de Chavigny, ST-SIM. 260, 234.

+ABOUTEMENT (a-bou-te-man), s. m. Terme d'art et métier. Action d'abouter. Etat de ce qui est abouté.

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ABOYÉ, ÉE (a-bo-ié, iée, ou aboi-ié, iée; la prononciation varie), part. passé. || 1° Un sanglier aboyé +ABOUTER (a-bou-té), v. a. Terme d'art et mé-par les chiens. [[ 2° Fig. Un débiteur aboyé de tous

tier. Joindre deux choses bout à bout.

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ses créanciers. Le prince de Conti faisait un triste et humiliant personnage, accueilli de personne, aboyé de tous, ST-SIM. 48, 67. || 3° Recherché ardemment, postulé. Après une si nombreuse promotion, j'attendrais longtemps un régiment vacant, aboyé des familles et des officiers, ST-SIMON, 102,

89,

ABOUTIR (a-bou-tir), v. n. ||1° Toucher par un bout, se terminer dans. Ce champ aboutit d'un côté au ABOYER (a-bo-ié et a-boi-ié; la prononciation grand chemin, de l'autre à ma propriété. La veine cave varie. L'y se change en i quand un e muet suit : il aboutit au cœur ou dans le cœur. L'esplanade aboutit aboie; il aboiera. Il faut un y et un i pour l'impar au gymnase. Les vaisseaux lymphatiques aboutis- fait, nous aboyions, vous aboyiez, et le présent du sent dans les veines par deux gros troncs. Aboutir subjonctif, que nous aboyions, que vous aboyiez. La en pointe. Cet arbre aboutit en pyramide. Là vien- prononciation abayer était commune au commencenent aboutir deux routes. A ce carrefour aboutissentment du XVIIe siècle. Ma fortune.... Qui n'abaye et plusieurs chemins. Puisses-tu voir....de Marseille au n'aspire après l'or du Pérou, REGNIER, Sat. III. Ou rivage de Tyr Son empire aboutir, MALA. III, 4. toutes ces grandeurs après qui l'on abaye, I. ib. XVI). Comme un centre où aboutissent toutes les lignes 1° V. n. Se dit du cri du chien et de quelques au de la fortune, FLECH. Rég. Selon son dessein, tout tres animaux du même genre; le renard par exemdoit aboutir à Pétersbourg, qui, par sa situation, ple. Le chien aboie. Le chien du garde aboie au voserait un entrepôt du monde, FONTEN. Czar Pierre. leur, après le voleur, contre le voleur. Quoi! mes Notre vue s'étendra sur le lieu de la fête et sur les chiens même aboient après moi. Quand avons-nous routes qui y aboutissent, BERN. DE S. P. Arcad. 2. manqué d'aboyer au larron? RAC. Plaid. m, 3. Tu || 2° Fig. Avoir pour résultat. Le mouvement allait étais, Caton, comme un chien qui aboie contre tous les aboutir à une sédition. L'affaire aboutit à un grand passants, FÉN. t. XIX, p. 285. Quoique toujours, sous combat. Voyons où aboutira tout ceci. Ces terreurs son empire, L'usurpateur nous ait chassés, Nous avons n'aboutiront qu'à.... Une vie sordide et misérable qui laissé, sans mot dire, Aboyer tous les plus pressés, BÉn'aboutit qu'à grossir un bien injustement acquis. RANGER, Requête. || 2° Fig. Crier contre quelqu'un, Ses projets aboutirent à la ruine. Ses desseins les invectiver, faire des réclamations. Nous avons de tous mieux concertés aboutissent misérablement. Cette côtés des gens qui aboient après nous, MOL. Scap. 1, 7. conduite si peu religieuse, où doit-elle enfin aboutir? Lorsque je vois ce moderne Sisyphe Nous aboyer, je BOURD. Pens. t. II, p. 393. C'est à quoi aboutit cette trouve qu'il fait bien, J. B. ROUSS. liv. 1, ép. IX. Jeandistinction de l'école, Boss. Or. 4. Des questions qui Jacques.... En nouveau Diogène aboie à nos beautés, ETYM. Abortivus, de aboriri, de ab, indiquant n'aboutissent à rien, MASS. Obst. || 3° Venir à suppu- VOLT. Ep. XCIV. Il se mit à aboyer contre Brancas sui privation, et oriri, naître (voy. ORIENT), ce qui empê-ration. Cette tumeur aboutira. Faire aboutir un clou. le jansénisme, sEv. 344. || 3° Aboyer après, poursui. che de venir à bien ou ce qui n'est pas venu à bien. vre ardemment. Aboyer après une place. Cet ambi† ABOT (a-bo), s. m. Espèce d'entrave que l'on tieux aboie après les grandeurs. || 4° V. a. Les chiens met au paturon pour retenir les chevaux. aboyaient le renard. La plupart des chiens se contentent de l'aboyer le hérisson] et ne se soucient pas de le saisir, BUFF. Hérisson. Aboyer quelqu'un, invectiver contre lui. Aboyer une place, la poursuivre avec passion. Dans cette phrase de Diderot : Moi je ne tue pas un chien qui m'aboie, Essai sur Cl., aboyer peut être transitif direct ou indirect: il aboie moi où il aboie à moi. || 5o S'aboyer, v. réfl. Si vous voyez deux chiens qui s'aboient... LA BRUY. 12. C'est ou aboyer soi ou aboyer à soi. || 6° Proverbes. Tous les chiens qui aboient ne mordent pas, c'est-à-dire tous les gens qui menacent ne sont pas à craindre. | Aboyer à la lune, crier inutilement. || Jamais bon chien n'aboie à faux, un homme sage ne se fâche pas sans raison.

ABOUCHE, ÉE (a-bou-ché, chée), part. passé. Ces deux hommes abouchés ensemble s'entretinrent longtemps. Un tuyau abouché avec un autre.

ABOUCHEMENT (a-bou-che-man), s. m. || 1o Mise face à face, entrevue, conférence. On ménage un abouchement entre les deux adversaires || 2° En anat. L'abouchement de deux vaisseaux, leur union, leur jonction.

HIST. XVI* s. L'abouchement qui fut fait auprès de Toury en Beausse par la reine, le roi de Navarre et le prince de Condé, pour aviser aux moyens d'appaiser les differens survenus, LANOUE, 556. ÉTYM. Aboucher.

ABOUCHER (a-bou-ché), v. a. Mettre face à face, en conférence. Je voulais en secret vous aboucher tous deux, MOL. l'Étourdi, rv, 1. L'on doit l'aboucher avec vous, ID. l'Av. II, 4.

S'ABOUCHER, v. réfl. || 1o Conférer avec quelqu'un. Ils se sont abouchés, et sont convenus de la marche à suivre. || 2° En anat. se dit de deux vaisseaux qui communiquent. Le canal thoracique s'abouche dans la veine sous-clavière.

HIST. xv s. Et savez où elle [une grotte, un conduit souterrain] vide, ni où elle abouche [débouche], dit messire Gautier, FROISS. II, III, 23. || xvis. Les refformés ne peurent faire autre chose que d'emplir et couvrir les canons, abouchés en terre, d'un grand amas de poudre et y mettre le feu, D'AUB. Hist. I, 457. Que trente chevaux legers de part et d'autre, six heures devant que s'aboucher [venir en conférence], descouvriroient la campagne, LANOUE, 557.

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE

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REM. Aboutir se conjugue avec avoir ou être suivant le sens : la tumeur a abouti hier; par là on indique seulement le fait. La tumeur est aboutie depuis quelques heures; par là on indique l'état où est la tumeur.

-HIST. XVI s. Ce cerveau se resserroit de toutes parts et alloit aboutissant en pointe comme un œuf à l'endroit où la corne prenoit le commencement de la racine, AMYOT, Pér. 9. Ilz tenoient l'extremité de l'Italie, qui va aboutissant aux grandes Alpes, ID. Paul-Em. 9. Sur la place à laquelle se rendent et aboutissent tous les grands chemins de l'Italie, ID. Galb. 30. C'est une croppe de montagne rude et aspre de tous costez, aboutissant en poincte, ID. Sylla, 38. Quelques uns d'eux portants des croix blanches abouties de fleurs de lis, et appelerent ces marques des contre-ligues, D'AUB. Hist. II, 439. Son gouvernement de Mets aboutit [s'étend] jusque en Allemaigne, CARL. VIII, 17. Les Allemagnes bornent et aboutissent les terres du grand Seigneur vers l'orient, ID. VIII, 22.

— ETYM. À et bout; Berry, aboter, abouter; wall. abosi, dans le sens de suppurer.

ABOUTISSANT, ANTE (a-bou-ti-san, san-t'). || 1° Adj. Qui aboutit. Une pièce de terre aboutissante à. Par une porte aboutissante aux champs, LA FONT. Or. || 2° Au plur. m. Les tenants et aboutissants d'une pièce de terre, les pièces qui y sont adjacentes, qui la bornent de tous les côtés. On dit aussi, avec l'article répété, les tenants et les aboutissants. || 3° Fig. Savoir tous les tenants et aboutissants d'une affaire, en connaître tous les détails.

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-SYN. ABOYER, JAPPER. Le premier se dit du cri des gros chiens, le second de celui des petits. Cependant on dit souvent d'un petit chien, il aboie, et d'un gros, il jappe. C'est qu'alors celui-là est en colère, et que celui-ci n'est animé contre aucun objet.

HIST. XI. s. Comment, Sire, je suis vils come chiens à ceus de Juda, come cil ki est chef des fols ki abaient vers David, Rois, 129. || xms. A si grand chose, com à l'empire de Constantinople, poés [vous pouvez] croire que mout i en avoit aboans et envians, VILLEH. 109. Par foi, tant en a chien qui nage; Quand est arrivés, il aboie, la Rose, 15104. || XIV S. Comme les chiens, quand il oent [entendent] heurter, il abaient tantost sans atendre que il aient conoissance se celui qui heurte estami ou non,ORESME, Eth. 205. Desormais travailler [il] n'ose, Abayer ne mot sonner; On lui doit bien pardonner; Un vieillart peut peu de chose, CH. D'ORLÉANS, Rondeau. Qui ne peut mordre, si abaye, VILLON, Baill. et Hal. Aussi l'a 1. 3

18

ABR

ABR

ABR

vocat qui plaidye Les causes, raisons et moyens, | sa règle, BOURD. Pens. t. I, p. 403. || 2o Par analogie, | J'abrége et je poursuis. Pour abréger, la chose s'exéPourvu qu'il ait la main garnye, Sera pour les deux Image en raccourci. Le peuple juif est un abrégé sym-cute, LA FONT. Rich. || 7° S'abréger, v. rést. Devenir aboyans, COQUILLARD, Simple et rusée. Je te pry, sans bolique de la race humaine, CHATEAUB. Génie, II, plus court. La vie, déjà si courte, s'abrége souvent plus m'abayer, Que tu penses de me payer, Patelin. v, 2. Ce cœur est l'abrégé de tous les mystères, par les excès de tout genre. XVI s. Ces compagnies ne le firent qu'abaier enBOSS. Jean, 3. La science du salut, science surémitre Longuive et le faubourg, à l'entrée du quel Mor-nente, l'abrégé de toutes les sciences, BOURD. Pens. temar chargea et le mesla, D'AUB. Hist. II, 128. Let. m,p. 229. Ce sacrement incompréhensible,ineffable, chien veut mal à celui à qui il abbaye, AMYOT, Ci- l'abrégé de toutes les merveilles du Seigneur, ID. ib. mon, 33. Il lui fut advis qu'une lyce asprement cour- p. 386. || 3o En abrégé, en peu de paroles. Je ne dis roucée abbayoit contre lui, et que parmi son abboi ces choses qu'en abrégé; elles sont assez expliquées elle jettoit une parole humaine, D. ib. Nous nous ailleurs, BOSS. Relat. Elle renferme en abrégé toute courrouceons contre les chiens qui nous abayent et la doctrine, D. Thér. 3. La suite de la religion mise contre les asnes qui nous regibbent, ID. Comm. refr. en abrégé devant vos yeux, ID. Hist. II, 13. Voilà en la col. 30. Il delibera de contenter un jeune homme abrégé les principes de dénoûment pour les passapauvre, son fidele ami, aboyant après les richesses, ges des Pères, ID. S. Écrit. Ce canon contient en MONT. 11,347. En certain abbayer du chien le cheval abrégé toutes les raisons, ID. Lett. abb. 554. C'est faire cognoist qu'il y a de la cholere, ID. II, 158. Ce chien en abrégé votre panégyrique, MOL. l'Étourdi, u, 14. se meit à abbayer contre lui tant qu'il put, ID. II, 192. 4° En abrégé, par abrégé, par abréviation. EcriLes autres, en abbayant leur parchemin jour et nuit, vez ce mot en abrégé. || 5° Musique. Mécanisme qui et barbotant leur breviaire, vendent leurs coquilles dans l'orgue transmet le mouvement des touches du au peuple, CALV. Inst. 708. clavier.

-HIST. XII s. Ne ne porreit mis cors soffrir Travail ne peine ne labor; Kar des or s'abregent mi jor; Molt me vois mais afebieiant, BENDIT, II, 8223. XIII s. Ains voil [je veux] ma parole abregier Por vos oreilles alegier, la Rose, 19671. Je ne puis souffrir à abregier le plain service qu'on tient de moi, BEAUM, XXVIII, 7. S'aucuns abrege le fief qui est tenu de li, ID. XLV, 25. Se il viaut [veut] son plait abregier, Ass. de Jerus. 1, 237. || xIve s. Ils lui dirent qu'il abregeast ses paroles, le Menagier, 1, 9. || xv s. Temps sans honneur et sans vray jugement, Aage en tristour, qui abrege la vie, E. DESCHAMPS, Temps présent. Elle m'amie] m'a dit que je boy trop souvent Et que cela m'abregeroit la vie, BASSEL. 31. N'abregeons point nostre vie Par trop nous atedier, ID. 46. On dit que ses ans il [le buveur] abbrege, ID. 38. Avancezvous, prenez votre robe, abregez-vous [hâtez-vous]; -ÉTYM. Berry, abayer; de ad, à, et baubari, SYN. ABRÉGE, SOMMAIRE, ÉPITOMÉ, PRÉCIS, RE- qu'il ne vous trouve ici, car vous seriez mort et moi aboyer; grec Baulev; allem. bellen. Le simple SUMÉ. L'abrégé est un ouvrage, mais la réduction d'un aussi, LOUIS XI,Nouv. 34. Pour abreger [bref], ID. b. baier était aussi usité dans l'ancien français. Parce plus grand à un moindre volume. Le sommaire n'est 76. | XVI s. Le ciel m'a esté si benin et si favorable que li quien s'engressent [s'irritent] de baier, BEAU-point un ouvrage; il ne fait simplement qu'indiquer que d'abrevier un long martyre, YVER, 592. Il vouloit MAN. XXXIX, 46. en peu de mots les principales choses contenues dans bien abreger son chemin et passer par lieux bien l'ouvrage; on le place ordinairement à la tête de cha-habités, AMYOT, Ant. 52. Notaires, c'est à dire ecrique chapitre ou division, pour permettre à l'esprit vains qui par notes et lettres abregées figurent toute d'embrasser l'ensemble de ce qui va être détaillé. L'é- une sentence, ID. Caton d'Ut. 35. pitomé est, ainsi que l'abrégé, un ouvrage, mais plus ETYM. Provenç. et espagn. abreviar; ital. absuccinct : ce mot d'ailleurs est purement grec, et n'est breviare; bas-lat. abbreviare; de ad, indiquant la diemployé que pour le titre de certains ouvrages, GUI-rection de l'action, et brevis, bref (voy. BREF). zoT. Le précis se distingue par sa rigueur; il signifie un abrégé dans lequel ne se trouve rien de superflu; l'abrégé est court; mais le précis est substantiel. Aussi peut-on dire : j'ai fait l'abrégé et le précis de ce livre. Le résumé est un abrégé, non pas séparé de l'ouvrage, mais mis à la fin en guise de conclusion; c'est, pour la place, l'opposé du sommaire; c'est encore une sorte d'abrégé destiné seulement à rappeler ce qu'on sait, à revoir rapidement ce dont on a besoin de se ressouvenir, LAFAYE.

ABOYEUR (a-bo-ieur ou aboi-ieur; la prononciation n'est pas fixée), s. m. || 1° Terme de chasse. Sorte de chiens qui aboient à la vue du sanglier sans en approcher. 2° Fig. Celui qui poursuit ardemment une chose. Un aboyeur de successions. || 3o Celui qui fatigue par des criailleries, par des importunités pressantes. Il a beaucoup d'aboyeurs; ce sont ses créanciers. Ce critique n'est qu'un aboyeur. C'est un terrible aboyeur. Quelque Fréron.... Vient l'entamer de sa dent mercenaire; A l'aboyeur il reste abandonné, VOLT. Ép. LXXX. || 4o Crieur qui se tient à la porte des théâtres pour appeler les voitures, et aussi crieur qui dans les rues vend des complaintes, des nouvelles, etc. || 5° Adjectivement. Des dogues aboyeurs || Rien n'empêche d'employer aboyeur au féminin: aboyeuse.

-HIST. XIII S. Se l'une estoit maistre abaeresse [aboyeuse], Et l'autre maistre lecharesse [gourmande], Moult furent bien les deux d'un cuer [cœur], Ren. 137. || xvi's. Une meutte de chiens, de limiers, desaboieurs, des chiens pour le fauve, D'AUB. Fan. I, 5. Ils chassent seulement avec la arquebuse ou arbalestre et l'abboyeur, CARL. IV, ABRACADABRA (a-bra-ca-da-bra), s. m. Mot auquel on attribuait des vertus magiques. De vos mains grossières, Parmi des poussières, Ecrivez, sorcières: Abracadabra, v. HUGO, Ball. 14.

12.

ETYM. Proprement abrasadabra, car en grec il s'écrit ABPACAAABPA. On fait venir ce mot de l'hébreu ab, père, ruah, esprit, et dabar, parole. D'après cette étymologie, il désignerait la Trinité. GROTEFEND (Ersch's und Gruber's Encyclopædie, 1) le regarde comme composé du mot persan abrasas, dénomination mystique de la divinité, et de l'hébreu dabar, parole, parole divine.

+ABRAS (a-bra), s. m. Terme d'art. Garniture de fer qui entoure le manche d'un marteau de forge. ETYM. A et bras.

+ABRASION (a-bra-zion), s. f. Terme de médecine. 1 Séparation, par petits fragments, de l'épithé lium qui recouvre les membranes muqueuses. || 2° Action de gratter la surface des os cariés, de la cornée ulcérée, et celle d'enlever le tartre des dents. ETYM. Abrasio, de ab, indiquant séparation, et radere, racler (voy. RAS). ARRAXAS (a-bra-ksas), s. m. Pierre précieuse sur laquelle étaient gravés des caractères et qu'on portait en amulette.

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-ÉTYM. Abraxas, mot persan signifiant Dieu (voy. ABRACADABRA).

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† ABRÉGÉMENT (a-brè-jé-man), adv. D'une manière abrégée. Adverbe usité autrefois et qui n'a rien qui l'empêche d'être usité de nouveau, puisqu'il se comprend sans peine.

-HIST. XV S. Pour abregement guerir ou mourir, Plus ne puis fournir, Se sens ne m'aprent, CH. D'ORL. Rondeau. Et le plus abregement que faire se peut, le bailli comanda qu'on depeschast notre pauvre coquart, L. XI, Nouv. 75

- ETYM. Abrégé, par contraction pour abrégée, et ment suffixe (voy. MENT).

+ABREUVAGE (a-breu-va-j'), s. m. Action d'abreuver. L'abreuvage des chevaux.

-HIST. XVI s. Aux prairies, sur toutes à celles d'abbruvage [qu'on arrose], les fumiers de telle volaille sont de grande utilité, o. DE SERRES, 98.

-ÉTYM. Abreuver; provenç. abeuratge, boisson. ABREUVÉ, ÉE (a-breu-vé, vée), part. passé. Au propre et au figuré. Troupeaux abreuvés. On renvoya les convives bien abreuvés. Terres abreuvées. L'Égypte abreuvée par les débordements du Nil. Une plante abreuvée par une eau abondante. Plaie abreuvée d'une humeur malsaine. Abreuvé d'amer tume. Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée, RAC. Phèdre, IV, 6. Sa langue abreuvée de fiel et de vinaigre, BOSS. Hist. II, 4. Et le jour me retrouve abreuvé de mes larmes, VOLT. OEd. 1, 1. Et j'ai sur ces chemins de carnage abreuvés.... ID. Mér. 1, 2. † ABREUVEMENT (a-breu-ve-man), s. m. Action d'abreuver les animaux domestiques. L'abreuvement exige certaines précautions, par exemple couper l'eau avec du son ou de la farine, ou la faire tiédir, si l'animal est en sueur. On donne l'avoine plutôt après l'abreuvement qu'avant. On risque de causer des ruptures ou la pousse, si l'on fait courir l'animal aussitôt après l'abreuvement.

-HIST. XIII S. Cil qui sera fet mesureur de sel paiera por son abuvrement et por son past huit livres, Livre des Mét. 356. || XVI S. Le prevost a de chascun bouchier, qui est fait nouvel bouchier, de l'aboivrement [pourboire] que l'on a accoustumé à faire au commencement, une maille d'or, DU CANGE, abuvragium.

-ETYM. Abreuver.

ABREUVER (a-breu-vé), v. a. ]] 1o Faire boire des animaux. Rivière où l'on a coutume d'abreuver les bestiaux. Les puits qu'ils avaient creusés pour abreuver ABRÉGER (a-bré-jé. L'é se prononce è quand il est leurs troupeaux. On mena abreuver nos chevaux, SEV. suivi d'une voyelle muette: j'a-brè-ge), v. a. || 1° Ren-155. || 2° Faire boire abondamment quelqu'un. Ilabreu dre bref, réduire à une moindre étendue, à une va largement la compagnie. On l'abreuvait pour lui moindre longueur. Abréger le temps. Eclaircir et abré- faire perdre la raison et s'emparer de lui. Le cruel ger le discours. Abréger une narration. Voulant abré- d'une main semblait m'ouvrir le flanc, Et de l'autre à ger son humiliation. C'est un bienfait de Dieu d'avoir longs traits m'abreuver de mon sang, CRÉB. Atrée, I, abrégé les tentations avec les jours de Madame, BOSS. 2. 13° Mouiller, pénétrer d'eau, arroser. La terre est Duch. d'Orl. On croit qu'il expose les troupes: il les abreuvée. Ces prairies ont besoin d'être abreuvées. ABRÉGÉ, ÉE (a-bré-jé, jée), part. passé. Route abré- ménage en abrégeant le temps des périls par la vi- Le sol est abreuvé d'eau. Les cèdres qu'abreuve la gée. Méthode abrégée d'enseignement. Livre abrégé. gueur des attaques, ID. L. de Bourbon. Les plaisirs rosée du ciel. Une grande abondance d'humeurs Magistrature dont la durée est abrégée. Si mes jours pris sans modération abrégent plus les jours des abreuve cette plaie; il faut la dessécher. || 4° Fig. sont abrégés. Ceci est une répétition abrégée de ce hommes que les remèdes ne peuvent les prolonger, Remplir, saturer. Abreuver quelqu'un d'outrages. qui vous a été amplement recommandé. L'exemple, FEN. Tél. XVII. Cours par un prompt trépas abréger ton On abreuve les alliés de dégoûts. Tout le fiel.... vous le savez, est la voie abrégée de la persuasion, supplice, RAC. Mithr. II, 6. Mais aussitôt ma main, Dont un amant fut jamais abreuvé, MALH. V, 27. MASS. Conférence, Excell. du sacerd. L'enfer se dé-à moi seule funeste, D'une infidèle vie abrégera le Tout le fiel dont on yous abreuva, BOURD. Pens. t. III, chaine; les temps de paix sont abrégés, MASS. Orais. reste, ID. Andr. Iv, 4. Je la voyais bientôt, abrégeant p. 362. On dit aussi, dans un sens opposé, l'abreu fun. Dauph. C'était là une ample matière à exercer son absence, revenir empressée, DUCIS, Oth. 1, 5. Lever de joie. || 5° En termes d'art, mettre sur un fond un génie tel que le sien, car le long chemin pouvait cardinal de Richelieu avait abrégé ses jours par les poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou être et abrégé et facilité, FONTEN. Czar Pierre. inquiétudes qui le dévorèrent, VOLT. Mœurs, 177. de vernis pour en boucher' les pores et en rendre la ABRÉGÉ (a-bré-jé), s. m. || 1° Réduction d'un plus || 2° Faire un abrégé. Cet auteur a abrégé lui-même surface unie. || Terme de tonnelier. Abreuver des tongrand ouvrage en un plus petit. C'était un abrégé de son livre. || 3° Faire paraître moins long. La conver-neaux, les emplir d'eau pour s'assurer s'ils ne fuient toute la loi, Boss. Hist. II, 3. Voulez-vous, disait saint sation abrége le chemin. || 4° Faire brève une syllabe. Grégoire, pape, un abrégé de la règle de saint Benoit Quelques personnes abrégent l'o dans rôti, et disent considérez sa vie; et voulez-vous, ajoutait le même roti. 5 V. n. Chemin qui abrége. || 6° Faire court, pontife, un précis de la vie de saint Benott, considérez s'exprimer en peu de mots. En abrégeant. Abrégeons.

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point. || En termes de marine, abreuver un vaisseau, y faire entrer de l'eau, avant de le lancer, pour voir s'il n'y a pas une voie d'eau. || 6° S'abreuver, v. réfl. Les chevaux s'abreuvent ici. Après s'être abreuvé de vin

S'abreuver largement. Les puits où vont le soir s'a- | breuver nos troupeaux, DUCIS, Abuf. 1, 5. 7° Être humecté. La terre s'abreuve des pluies fécondantes. Le sol de la Grèce devait s'abreuver de sang. Lajaveline s'abreuve de leur sang. || 8° Fig. S'abreuver de larmes. Il s'abreuva du sang de la république. Néron s'abreuva de sang. Il s'abreuve aux sources les plus pures de la science. De son mortel poison tout courut s'abreuver, BOIL. Sat. XII.

-HIST. XIII s. Chascuns des vins se fit plus digne Par sa bonté, par sa puissance, D'abevrer bien le roi de France, Bat. des vins, Fabl.de Barb. 2° éd. t. II, p. 154. Li prudomme cui estoit cele fontaine, la fit aler por tout son champ pour lou abeuvrer, L. de just. 27. Qu'il ne l'abeivre [la bête achetée] ne face abevrer la matinée, et après rendre la, se elle ne lui siet, Ass. de Jér. 1, 213. En un lit tout seul [elle] les coucoit [couchait les deux enfants], Andeux [tous deux] paissoit et abevroit, Fl. et Bl. 195. Et pour bien faire en ceste poine, Au souverain bien [la sagesse ] la [l'âme] ramoine, Dont jonesse la dessevroit, Qui de vanités l'abevroit, la Rose, 4558. Et qu'il devra estre abevrés, Dès aíns neïs qu'il soit sevrés.... ib. 10665. Tous les en aboivre à ses mains, Mès les uns plus, les autres mains[moins], ib. 6849. Je euz fain, vous me saoulastes, Et si euz soif, vous m'abruvastes, J. DE MEUNG, Tr. 1418. || XIV s. Et si n'ara chascuns, tant qu'il porra durer, Qu'un soel pain de fourment tous les jours à disner, Et un lot d'iawe aussi pour son corpz abuvrer, Baud. de Seb. IX, 568. || xv s. Le duc de Bretagne suivit l'opinion du roi de France moult legerement, car il estoit, du temps passé, si abeuvré de l'information de son cousin le duc de Flandre, pour la rebellion de l'Eglise, que son cœur ne s'inclina onques à croire Clement pape, FROISS. III, IV, 36. || XVIe s. Puis en passant au milieu de la plaine, De grans ruisseaux de sang s'abrevera, MAROT, IV, 322. Quand les plis de leurs hoquetons furent abbreuvés d'eau, ils les chargerent encore plus, AMYOT, Timol. 38. Les Romains sortiz pour aller au fourrage ou pour abbreuver leurs chevaulx, ID. Ant. 60. Chascun en ayant esté abbruvé cent fois [d'un récit], MONT. 1, 35. Les premiers discours, de quoi on lui doibt abruver l'entendement....ID. I, 172. Toutes leurs idoles s'abruvent de sang humain, ID. 1, 229. Son esponge estoit abruvée de diverses peintures, ID. I, 254. La sotte imagination dont leur maistre des sentences les a abbruvez leur a perverti l'entendement, CALV. Inst. 1128. Quand on viendroit abreuver la mule sus laquelle montoit sa femme... DES PERR. Cont. 92. Encor que tout fust conduit secretement au possible, si est-ce que chacun en fut abreuvé [informé], YVER, 562. Fol est qui se met en enqueste; car le plus souvent qui mieux abreuve [ses témoins], mieux preuve, LOYSEL, 770.

qui abrége l'ouvrage d'un autre. Eusèbe, son abrévia- | au soleil sont en quelque sorte à couvert du froid et
teur [de Moïse], qui entasse tant de fables, VOLT. du mauvais temps. D'ailleurs la signification d'ex-
Dial. 24, 17. [Pour le plan de l'ancienne Carthage] posé au grand air se trouve dans le wallon, comme
nous sommes réduits aux abréviateurs latins, tels on voit. Les langues germaniques ont aber, exposé
que Florus et Velleius Paterculus, CHATEAUB. Itin. au soleil, anc. haut allem. apon, serein, qui parais-
III, 174. || 2° Se dit à Rome des officiers du parquet sent avoir de la parenté avec le mot latin. Diez
qui dressent les minutes et les bréviatures des let- n'accepte pas cette étymologie, y objectant que l'i-
tres apostoliques.
talien n'a pas ce mot qu'il aurait s'il venait d'a-
pricus, et que le sens ne peut pas passer de exposé
au soleil, au sens de à couvert. En conséquence il
propose l'allemand bergen, au présent birg, ca-
cher, mettre en sûreté; d'où, par une métathèse
de l'r, et avec la préposition romane à, on a abric.
Malgré ces objections, l'étymologie latine me paraît
la plus vraisemblable.

ÉTYM. VOY. ABRÉVIATION.
+ABRÉVIATIF, IVE (a-bré-vi-a-tif, ti-v'), adj. Qui
abrége, qui indique une abréviation. Signes abré-
viatifs.

-ÉTYM, Abréviation.

ABRÉVIATION (a-bré-vi-a-sion), s. f. Retranchement de lettres, ou emploi de signes pour écrire plus vite ou pour tenir moins de place. Mr, Mme, sont des ABRICOT (a-bri-ko; le t ne se lie pas; au pluriel, abréviations pour Monsieur, Madame. Des imprime-a-bri-kô ou a-bri-ko; la prononciation varie, les uns ries dont il a changé les anciens caractères trop bar- gardant au pluriel la prononciation du singulier où bares et presque indéchiffrables à cause des fréquen- l'o est bref ou ouvert, les autres allongeant l'o, suites abréviations, FONTEN. Czar Pierre. vant la règle qui est que l's du pluriel rend la voyelle longue ou fermée), s. m. Fruit de l'abricotier. L'abricot est un fruit à noyau, qui a beaucoup de saveur et de parfum. Abricot-pêche, abricot dont la grosseur se rapproche de celle de la pêche. Abricot plein vent, abricot venu sur un arbre en plein vent. L'abricot plein vent est meilleur que l'abricot d'espalier.

HIST. XVIe s. Il leur avoit enseigné à faire certaines notes et abbreviations, qui en peu de traits valoient et representoient beaucoup de lettres, AMYOT, Caton d'Ut. 35. Syncopes, abbreviation et remission d'haleine, PARE, VIII, 23.

-ETYM. Abbreviatio, de abbreviare, qui, dans l'ancien français, a donné abréger (voy. ce mot), et non abrévier, qui serait du XVI s.

† ABRÉVIATIVEMENT (a-bré-vi-a-ti-ve-man),
adv. Par abréviation.

ÉTYM. Abréviative au féminin et ment (voy.
MENT).

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REM. Ne dites pas comme l'Académie: Abricot en espalier. L'arbre est en espalier; le fruit est d'espalier. - HIST. XVI S. Ne pouvans sortir par la porte, elles sont contraintes de se jeter par la fenestre, pour aller dans quelque delicieux jardin manger des abricots, LANOUE, 140.

† ABRICOTE (a-bri-ko-té), s. m. Terme de confiseur. Bonbon fait d'un morceau d'abricot entouré de sucre.

ETYM. Abricot.

ABRICOTIER (a-bri-ko-tié), s. m. Arbre de la famille des rosacées. Le nom scientifique de l'abricotier est prunus armeniaca.

HIST. XVI s. Nous voyons du noyau d'abricot venir un abricotier et non le pommier, parce que nature garde toujours son genre et espece, PARE, XIX, 20.

ABRI (a-bri),s.m. || 1o Ce qui protége contre.... Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un ETYM. Ital. albercocca, albicocca; espagn. alabri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne baricoque; portug. albricoque. Ce mot français vient sert d'abri contre le vent du nord. S'il est, aux bords de l'espagnol, l'espagnol vient de l'arabe birkouk, et, déserts du torrent ignoré, Quelque rustique abri avec l'article, al birkouk; l'arabe vient du bas-grec de verdure entouré....LAMART. Médit. xx. L'arbre sacré прαιxóxxιov, тρexóxtov; le bas-grec vient du latin [de la liberté] sur ce concours immense Forme un præcoquum, nom donné à l'abricot à cause de sa préabri de rameaux toujours verts, BERANG. Lafay.cocité, enfin præcoquus n'est pas autre chose qu'une || 2° Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. forme de præcox (voy. PRECOCE). Abricot est, comme L'accusé trouva un abri dans sa dignité. Sous l'abri on voit, un singulier exemple de la propagation et de d'un grand nom sûr de l'impunité, A d'horribles ex- l'altération des mots; c'est par l'intermédiaire de l'acès leur orgueil s'est porté, C. DELAV. V. Sicil. II, 2. rabe qu'un mot latin est revenu dans les langues || 3° A L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa mai- romanes. son. Dans une rade où ils se trouvèrent à l'abri, FÉN. Těl. IX. Vous ne pouvez qu'aux dépens de sa tête Mettre à l'abri la vôtre, CORN. Mort de P.1, 1. Il fallut se mettre à l'abri, LA FONT. Fiancée. || 4° À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. Etre à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents. Rien ne met à l'abri de - ÉTYM. Wall. abuvrer, abovrer; picard, abru- cet ordre fatal, RAC. Esth. 1,3. Les montagnes mettent vrer; provenç: abeurar; espagn. abrevar; ital. abbeve- cette côte à l'abri des vents, FEN. Tel. III. J'essuyai rare; bas-lat. abeverare, abebrare; de ad, indi- les mépris qu'à l'abri du danger L'orgueilleux ciquant la direction de l'action, et bibere, boire (voy.toyen prodigue à l'étranger, voLT. Orph. п1, 6. || 5oÀ BOIRE). L'ancien français est abeuvrer, sauf de ra- L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une res exceptions, plus près de l'étymologie; c'est au terre. A l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer XVI s. que l'r s'est déplacée définitivement et qu'on l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. A l'abri de son a dit abreuver. déguisement, il parcourait les campagnes. Ils ont des ABREUVOIR (a-breu-voir), s. m. || 1 Lieu où l'on amis qu'ils vous mettront en tête, et, à l'abri de ces mène les bestiaux et les chevaux boire et se bai-protecteurs, ils sont en état de repousser tous vos gner. Un abreuvoir qui est un petit canal, sEv. 543. 2° Lieu où les oiseaux vont se désaltérer. Chasser à l'abreuvoir, prendre des oiseaux à l'abreuvoir. || 8° Terme d'arboriculture. Fusée qui gâte le pied de l'arbre. La blessure [faite par le marteau à un arbre] ne se cicatrise jamais parfaitement, et souvent elle produit un abreuvoir au pied de l'arbre, BUFF. Exp. sur les végét. 2o mém. || 4o Fig. Abreuvoir à mouches, large balafre. Il lui fit d'un coup de sabre un abreuvoir à mouches. Le ceste est encore taché Du sang et du cerveau séché, Quand Hercule, après mainte touche, Lui fit un abreuvoir à mouche De son ceste... SCARR. Virg. trav. v. || 5° Intervalle que les maçons laissent entre les pierres pour y faire entrer du mortier. || 6 Proverbe. Un cheval va bien tout seul à l'abreuvoir, se dit de ceux qui se lèvent de table pour aller eux-mêmes au buffet et se servir.

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coups et de résister à tous vos efforts, BOURD. Pens.
t. 11, p. 264. Et vous et vos enfants, vos amis, votre
époux, A l'abri du sénat aurez un sort plus doux,
MAIRET, Mort d'Asd. Iv, 4. À l'abri de ce trône atten-
dez mon retour, RAC. Esth. II, 8. Encor si vous
naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voi-
sinage, LA FONT. Fab. 1, 22. Un galant de qui tout le
métier Est de courir le jour de quartier en quartier,
Et d'aller à l'abri d'une perruque blonde De ses
froides douceurs fatiguer tout le monde, BOIL. Sat.
IV. || 6° Proverbe. L'homme sans abri est un oiseau
sans nid.

HIST. Xп s. E quant vint tempeste et pluie, en
cel encloistre [clos] pur [pour] abri aveir entrerent,
Rois, 251. || XVIe s. A l'abri des coups, MONT. I, 25.
Ceux que Dieu a mis à l'abry des necessités, ID. IV,

97.

-ÉTYM, Abricot.

t'ABRIER, v. a. Terme de marine. Intercepter en parlant du vent.

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ETYM. Voy. ABRITER. ABRITÉ, ÉE (a-bri-té, tée), part. passé.Vignes abritées du vent. Ils étaient abrités par les retranchements. Navire abrité dans le port. Si notre accueil le touche, Si, par nous abrité, Il [l'exilé] s'endort sur la couche De l'hospitalité.... BERANGER, Exilé. ABRITER (a-bri-té). || 1° v. a. Mettre à l'abri. Abriter les arbres à fruit. Ce mur abrite le plant de salade. Un rocher élevé abrite les navires contre le vent du large. Pourtant je m'étais dit: Abritons mon navire; Ne livrons plus ma voile au vent qui la déchire, v. HUGO, Odes, III, 1. Je ne viens pas traîner dans vos riants asiles Les regrets du passé, les songes du futur : J'y viens vivre, et, couché sous vos berceaux fertiles, Abriter mon repos obscur, LAMART. Nonvelles médit. xv. || 2° S'abriter, v. réfl. Il pleut; venez vous abriter ici. Le petit oiseau s'abrite sous les ailes de sa mère. Il s'abritait sous le nom d'ur homme puissant.

HIST. XIII s. Si ot [vieillesse]d'une chape forrée Moult bien, si cum je me recors, Abrié et vestu son cors, la Rose, 400. || XIV S. La très precieuse cou-ETYM. Bourguign. averi, aibri; wall. à l'abri, ronne Que Jesus-Christ eut en sa teste, Si com Juïs exposé: èse à l'abri del plaive, être exposé à la l'en abrierent, GUIART, dans DU CANGE, abrica. || xvs. pluie; bas-lat. abrica, abriga; provenç. abric; catal. Comme monnoye descriée, Loyauté je voi abriée abrig; espagn. et port. abrigo; du latin apricus, Dessoubz le pavillon de honte, CH. D'ORLEANS, Ronexposé au soleil. La concordance est complète pour deau. | XVI S. Tout cela mis en ruines; et de sept la forme; apricus ayant l'accent sur la seconde syl-casemattes, les unes abriées de ruines ou aveuglées, labe, l'accent est resté dans les langues romanes sur cette même syllabe; ce qui est la règle de la dérivation. La signification seule fait difficulté. Mais les langues romanes ont pris se mettre à l'abri pour se mettre à couvert, parce que les choses exposées

D'AUB. Hist. ¤, 46. Dès le soir les assiegés, sans beaucoup de peine, abrierent le rouage [les affûts] de fascines gouildronnées, ID. ib. II, 179. De rejec ter ma robbe sur son lict, en maniere qu'elle les abriast tous deux, MONT. 1, 96.

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