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ETYM. Voy. APERCEVOIR. APERCEVABLE (a-pèr-se-va-bl'), adj. Qui peut être aperçu.

HIST. XIV S. Choses plus sensibles et plus appercevables, ORESME, Thèse de MEUNIER.

ETYM. Apercevoir.

ETYM. Voy. APERCEVOIR. TAPERCEVANT (a-pèr-se-van), adj. m. Terme d'hippiatrique. Cheval apercevant, cheval dont les yeux sont trop saillants.

HIST. XVI S. Attenuans, incisifs et aperitifs, PARÉ, V, 14.

ÉTÝM. Provenç. apertiu, aperitiu; espagn. aperitivo; ital. apertivo, aperitivo; de aperitivus, de aperire, ouvrir.

+ APERTEMENT (a-pèr-te-man), adv. D'une façon ouverte. Ce qui répugne apertement aux lois de la nature, DESC. Lettres à Mersenne, 15 septembre 1682. Là, dans la chambre, et par tout l'appartement, on lisait apertement sur les visages.... ST-SIM. 293, 940.

HIST. XIII S. Et li empereres conut apertement que il le devoit faire, VILLER. CXII. Apertement lui va Pepins tel cop doner, Berte, 111. Assez [vous] dites apertement De cest conseil vostre talent, Lai du Conseil. Quant li rois Felippe le vis:, si traist l'espée et li courut sus apiertement, et le quida ferir parmi la teste, Chr. de Rains, p. 15. Car li plusor songent de nuitz Maintes choses couvertement Que l'en voit puis apértement, la Rose, 20. Mal apertement se partirent les Turs de Damiete, quant il ne firent coper le pont, qui grant destourbier nous eust fait, JOINV. 215. || xv s. Furent le duc d'Anjou et les capitaines en conseil comment on pourroit le plus tost et le plus apertement grever ceux de Bergerac, FROISS. II, II, 3. || XVIe s. Il deliberoit de toutes choses à part soi, et puis commandoit apertement ce qu'il avoit arresté luy tout seul, AMYOT, Démétr. 37. Eschappé suis d'elle secretement, Et suis venu vers toi apertement, MAROT, 1, 340. | Adverbe tombé en désuétude, mais bon à reprendre.

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- ETYM. Aperte, et le suffixe ment (voy MENT); provenç. apertamen; espagn. abiertamente; ital. apertamente. Apert est, dans l'ancien français, n adjectif qui vient de apertus, ouvert, de aperire. Apertement avait, dans l'ancien français, deux significations: ouvertement et adroitement.

dère comme le sujet qui perçoit ou sent une impres- | Apercevoir de, puis s'apercevoir de, afin de lui donsion quelconque. Le sceau de la divinité est dans les ner le sens réfléchi, si naturel avec ces verbes, se aperceptions d'un ciron, voLT. Colim. 3. Les élé- taire, s'écrier, se pâmer, etc. En un mot, s'aperments du plus vil excrément n'ont pas l'apercep- cevoir de est fait comme se connaitre en, s'entention, m. Newt. 1, 9. || Aperception pure, dans le dre à; et ceux-ci à leur tour sont faits comme les système de Kant, conscience primitive de nous-verbes neutres réfléchis, se taire, et, dans l'anmêmes, qui précède toute pensée et se mêle à toute cienne langue, se dormir, se gésir. On remarquera pensée. que s'apercevoir de est une locution très-ancienne; il est certain, à cause de cet emploi du pronom réfléchi, qu'on n'aurait pas pu la former dans les temps modernes, pas plus qu'on ne peut former se gémir sur le modèle de se taire. || 3. Les poetes peuvent supprimer l's à la re personne du présent. Ce discours te surprend, docteur, je l'aperçoi, BOIL. Sat. APERCEVANCE (a-pèr-se-van-s'), s. f. Faculté VIII. Cette orthographe, qu'ils prennent pour la d'apercevoir. rime, est non une licence, mais un archaïsme. HIST. XII S. Li cordelier dedens Pontoise SYN. APERCEVOIR, S'APERCEVOIR. Apercevoir Vousissent estre; mult lor poise Que la dame de ce marque le fait en lui-même et l'action de voir; s'aparole; Quar poor ont d'apercevance, RUTEB. 267. percevoir y ajoute l'idée de remarque, d'observaPar quoi Renart dou tot faudra A ce que promis li tion. Il aperçut qu'on le suivait, il vit qu'on le suiavez, Se vos fere ce li savez Coiement sanz apar-vait. Il s'aperçut qu'on le suivait, il remarqua qu'on cevance, Ren. 16489. ||xive s. Et tele apercevance le suivait. est selon soy delettable, ORESME, Eth. 286. || xv S. HIST. XIe s. Ainz que Rolanz se seit aperceüt, De Pontoise estoit capitaine un gentilhomme nommé Ch. de Rol. CL. Li amiralz auques s'en aperceit, ib. Maurigon, qui ne s'en doubtoit point, ny n'en CCLIX. || XII S. Trois manieres de sainteit poons voioit aucune appercevance, JUV. DES URSINS, Char-apparzoivre en cez trois festes, ST BERN. p. 542. Et les VI, 1417. XVIe s. Et m'avoit la coustume osté si nos eswardons la cause de nostre exil, tost par l'appercevance de cette estrangeté, MONT. I, 110, aventure porons aperzoyvre cum covenaule chose C'est le privilege des sens d'estre l'extreme borne soit ke nos fussiens delivreit maiment [mêmement] de nostre appercevance, ID. II, 357. par lo fil, I. p. 522. Ne voloit pas qu'il fust aperceü, Ronc. p. 103. Au matin par som l'aube, quand aperçut le jour, ib. p. 198. [xш s. Si tost com il porent apercevoir le jor, cueillirent leur voiles, VILLER. CXLVII. La serve l'aperçoit, plus n'i a sejourné, Berte, APERCEVOIR (a-pèr-se-voir), j'aperçois, tu aper- xv. Quant Berte l'aperçut, mout fut espoentée, ib. çois, il aperçoit, nous apercevons, vous apercevez, ils XLVI. Bien [il] s'aperçoit comment Berte lui fut chanaperçoivent; j'apercevais, nous apercevions; j'aper-gie, ib. xc. Mès qu'il ne puissent aparçoivre Que çus, nous aperçûmes ;j'apercevrai, nous apercevrons; vous li beés à deçoivre, la Rose, 7455. S'il avient j'apercevrais, nous apercevrions; aperçois, aperce- que tu aperçoives T'amie.... ib. 2403. Dès le commenvons, apercevez; que j'aperçoive, que tu aperçoives, cement que il vint à son royaume tenir et il se sot qu'il aperçoive, que nous apercevions, que vous aper- aparcevoir [se reconnaitre], il commença à edefier ceviez, qu'ils aperçoivent; que j'aperçusse, que nous moustiers et pluseurs mesons de religion, JOINV. aperçussions; apercevant; aperçu, ue, v.a. || 1°Com- 298. Gel connois bien à cel senblant, Que vos en HIST. XIV s. En chasses de bois se deportoit mencer à voir; découvrir. Les objets qu'on peut alez repentant; Orainz m'apercui au plorer, Parth. [Dagobert] assiduelment, en apertisses et en legieapercevoir. Vapeur si subtile qu'on ne peut l'aper- de Blois, 6437. || xIves. Il prendront et apercevront reté de cors estoit moult ausés, Chr. de St-Denis, cevoir. Se laisser, se faire apercevoir. Apercevoir de [percevront] chascun an sur les lieus qui s'ensui- dans DU CANGE, apparentia. xv s. Ces quatre se loin. Il n'a pas aperçu Jeannette, MOL. l'Etour. IV, 7. vent, DU CANGE, accipere. || xv s. Et quand elles tinrent vaillamment plus de demie heure et y firent || 2° Fig. Apercevoir ce qu'il y a de vrai dans chaque [les rentes du roi de Hongrie] seront retournées et de grandes apperties d'armes, FROISS. II, II, 229. chose. Il aperçut qu'on le trompait. Si vous aperce-recouvrées.... il plaise vous savoir qu'il y pourvoira si Et là y eut plusieurs belles bacheleries et appertises vez que j'y manque d'un mot, MOL. l'Étour. II, 1. grandement que vous vous en apercevrez, FROISS. III, d'armes faites, ID. 1, 1, 69. Un homme estoit à Pa113° Suivi d'un infinitif, voir. Mais j'aperçois venir Iv, 59. Se logerent tout environ [Auberoche], telle- ris qui faisoit plusieurs apertises sur cordes tendues sa mortelle ennemie, RAC. Phèd. v, 6. Je sais.... ment que nul ne pouvoit entrer en la garnison qu'il hault en l'air, CHRIST, DE PISAN, Charles V, III. mais Vinius, que j'aperçois venir.... CORN. Othon, ne fust aperçu, ID. I, 1,227. Car bien pevent appar- Voyant les peres et les meres prendre grand plaisir 1,1. || 4° Absolument, en termes de métaphysique, cevoir, Ce n'est que miracles d'Amours, CH. D'ORL. à voir leurs enfans jouer et faire souplesses et aprecevoir des perceptions. Apercevoir est un des Bal. 18. L'abbesse, qui veoit clair et estoit bien aper-pertises, LOUIS XI, Nouv. c. | xvI s. Par vous sedegrés de la connaissance. cevante, connut tantost à ses reponses.... LOUIS XI, ront faictes apertises d'armes non encore veues de S'APERCEVOIR, v. réf. ||1° Se voir imparfaitement. Nouv. XLVI. XVI S. Il fut apperçeu par.... MONT. 1, nostre memoire, RAB. Pant. IV, 39. Je me suis aperçu dans la glace. Ils se sont aper- 49. Lors il s'appercevoit de ses eschauldures et çus de loin, ils se sont aperçus l'un l'autre. || 2° Re-meurtrisseures, MONT.1, 93. Les ouïes des creatures marquer, connaître. L'ennemi s'aperçut du départ. de ça bas ne le peuvent appercevoir [percevoir], ID. De sorte qu'on s'aperçut de son arrivée avant que.... 1, 107. Ayants apperceu que les Portugais usoient APETALE (a-pé-ta-l') ou APETALE, ÉE (a-pe Je m'aperçois que tu as fait beaucoup de pro- d'une aultre.... ID. 1, 239. S'appercevants combien ta-lé, lée), adj. | 1° Terme de botanique. Qui n'a grès. Sans qu'on s'en aperçoive. On vieillit sans son usage estoit pernicieux, ID. I, 380. point de pétales, et, par conséquent, point de cos'en apercevoir. [Les saintes femmes au tombeau] ETYM. À et percevoir; bourguig. éporsu, ap-rolle. || 2° S. f. plur. Apétales, nom donné à un Croyant parler à l'homme, chose étrange, Leurs perçu; Berry, aparcevoir; picard, aperchevouer; groupe de plantes dicotylédones composé de celles regards dessillés s'aperçurent de l'ange, LAMART. provenç. apercebre, apercepre; espagn. apercebir; qui manquent de pétales. Joc. III, 108. La Perse s'aperçut bientôt que.... portug. aperceber. BOSS. Hist. 1, 8. || Avec suppression, comme en quelques autres verbes, du pronom se. Maulevrier eut soin de la laisser apercevoir [la princesse des Ursins] des privances.... ST-SIM. 157, 57. || 3° Être aperçu. I ne se passe nuit que les morts ne s'aperçoivent avec des formes étranges et un attirail épouvantable, BALZ. le Prince, ch. VII.

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+APERCHER (a-pèr-ché), v. a. Terme d'oiseleur.
Apercher un oiseau, c'est remarquer l'endroit où il
se retire, où il se perche pour y passer la nuit.
- ETYM. A et percher.

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† APERÇOIR (a-pèr-soir), s. m. Technologie. Plaque de tôle qui se met à chaque côté du billot de la meule de l'épinglier.

ETYM. A et percer.

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ETYM. Apetisser. APETISSER (a-pe-ti-sé). || 1° V. a. Rendre plus petit. Apetisser un manteau. On dit plus ordinairement rapetisser. Cadeaux, festins, bienfaits Apetissaient les fonds de l'ambassade, LA FONT. Belph. || 2° V. n. Devenir plus petit. Ce tas apetisse tous les jours. || 3° S'apetisser, v. réfl. Devenir plus petit, se raccourcir. Cette étoffe s'apetisse à l'eau. Dans la systole le cœur s'apetisse et s'allonge, BOSS. Conn. de Dieu, II, 3.

HIST. XIII s. L'on est [est pour ist, sort] de sa REM. 1. L'Académie écrit apercevoir par un compaignie par mort ou par apeticement de chief seul p. Voyez la remarque là-dessus, à APAISER. APERÇU, ÇUE (a-pèr-su, sue), part. passé d'aper-[perte de rang], et par reniement et par besong, || 2. D'après Laveaux et quelques grammairiens, on cevoir. || 1° Aperçu de loin. Cette vérité aperçue par Livr. de just. 108. devrait écrire: Elle s'est aperçu de son erreur. Au- les anciens philosophes. Aperçu de tous, il chemijourd'hui l'usage est établi, et l'on écrit sans con- nait en butte aux coups de feu. || 2° S. m. Aperçu, teste Elle s'est aperçue de son erreur; ils, elles se une première vue, une vue rapide sur un objet. Je sont aperçus, aperçues de leur erreur; comme on n'ai sur cet objet qu'un aperçu. || 3° Estimation au écrit: Elle s'est tue; elle s'est écriée. Mais le fait est premier coup d'œil. Un aperçu de la dépense. que s'apercevoir de reste une locution difficile à ex-4° Exposé sommaire. Donner un aperçu de la caupliquer. S'apercevoir veut dire voir soi. Comment se. || 5° En termes de marine, pavillon d'aperçu, voir soi peut-il signifier remarquer? Voici l'explica- celui qui indique qu'on a vu et compris un sition de cette difficulté: on comprend que,. si aper- gnal. cevoir a été pris au sens neutre, il aura pu se conjuguer avec le pronom réfléchi, comme tant de verbes neutres, se taire, s'écrier, se pâmer, etc. Or, si on ne trouve pas d'exemple d'apercevoir au sens neutre, on en trouve, ce qui est équivalent, de percevoir : Qu'on ne perciust de son iestre [qu'on ne s'aperçut de-son êtrel, Ph. Mouskes, v. 28449.

APERITIF, IVE (a-pé-ri-tif, ti-v'), adj. ||1° Qui ouvre. Vertu apéritive d'une clef, PASC. P. Eloq. 37. HIST. XII S. Quant voit Gerars, cui fine amours Inusité en ce sens. || 2° En termes de médecine, justise, Que sa dolors de neant n'apetise, AUDEFR. qui ouvre les pores, qui rend les humeurs plus flui-LE BAST. Romanc. || x1 s. Ele [la guerre] n'apedes et facilite le mouvement des liquides. Le lait doit être presque apéritif, J. J. ROUSS. Em. 1. S. m. Les aperitifs, un apéritif.

tisa mie, ains crut plus et plus, VILLEH. XCIX. Et li dist que la garnisons [les vivres] estoit jà si apeticie qu'il ne i avoit ou voi ou nient laiens, Chr. de Rains,

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APHRODISIAQUE (a-fro-di-zi-a-k'). || 1° Adj. Terme de médecine. Qui a la propriété d'exciter aux plaisirs de l'amour. || 2o S. m. Un aphrodisiaque. On dit que les Orientaux demandent souvent des aphrodisiaques aux médecins européens.

ΕΤΥΜ. Αφροδισιακός, de Αφροδίτη, Venus.

†APIVORE (a-pi-vo-r'), adj. Qui dévore les abeilles.

ETYM. Apis, abeille (voy. ce mot), et vorare, dévorer (voy. VORACE).

+APLAIGNER (a-plè-gné) ou APLANER (a-pla-né). v. a. Technologie. Diriger du même côté les brins de laine d'un drap.

† APHRONITRE (a-fro-ni-tr'), s. m. Fleur de ni-la tre qui se formait autrefois dans les nitrières, lorsque la rosée y tombait, ou par d'autres moyens que l'art employait.

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ETYM. 'Appòs, écume (le même que le sanscrit abhra, nuage), et nitre.

APHTHE (a-ft'), s. m. Terme de médecine. Petite ulcération qu'on observe sur les membranes muqueuses, et qui affecte particulièrement l'intérieur de la bouche.

p. 144. Touz jors [il] acroissoit les noveles, Quant el [elles] n'ierent bonnes ne beles, Et les bonnes apetissoit, la Rose, 14785. Si vorroit ele [l'envie] apetisier Sa proece au mains, et s'onor Par parole faire menor, b. 276. Lonctens tenir mauvese coutume ne apetize pas pechié, ainz le croist, Liv. de just. 8. Meesmement quant li uzages n'apetice de riens le [la] droiture au segneur, BEAUM. XXVI, 8, Honneure et aime toutes les persones de sainte Esglise, et garde que en ne leur soustraie ne apetise leur dons et leur aumosnes que tes devanciers leur auront donné, JOINV. 304. || XIV s. Et ainsi leur provende apetissoit toudis, Guescl. Var. du vers 11241. xv s. Si là se fussent longuement tenus, leur troupeau fust de moult appetissé, Bouciq. 11, ch. 22. Et si la hayne y avoit esté paravant grande, elle l'estoit encores plus, et du costé du connestable le - ETYM. Génev. alphes, alphtes; de ¿peal, lecueur ne luy estoit point appetissé, COMM. III, 11. quel vient de är, enflammer. "Anto, enflammer, Et desiroient de voir appetissé [leur duc], pourveu et antw, joindre, unir, sont le même verbe, parce qu'ilz n'en sentissent riens en leur pays, ID. v, 16. que, pour allumer le bois, on le frotte, pratique Et desiroit ledit duc d'Orleans estre secouru, parce encore usitée chez les sauvages. "Antw, joindre, a que ses vivres appetissoient, ID. VIII, 7. || XVI s. Les la même origine que le latin aptus (voy. APTE). vivres leur appetissoient fort, et commenceoient à † APHTHEUX, EUSE (af-teû, teû-z'), adj. Qui tient en avoir faulte, AMYOT, Timol. 26. L'envie de que des aphthes. Eruption aphtheuse, angine aphtheuse. reller et de guerroyer se passoit au prix que la puis- || Maladie ou fièvre aphtheuse, chez les animaux, sance leur apetissoit, ID. Philop. 31. Par discorde, maladie éruptive et contagieuse, caractérisée par le les grandes choses s'apetissent, o. DE SERRES, 1001. développement d'aphthes sur la membrane buccale, - ETYM. A et petit; génev. et Berry, apetissir. sur les trayons, l'origine des onglons. Pour l'orthographe par un seul p, voyez APAISER. APHYLLE (a-fi-l'), adj. Terme de botanique. † APETTE (a-pè-t'), s. f. Un des noms vulgaires | Plante aphylle, plante qui n'a pas de feuilles. de l'abeille domestique.

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· ΕΤΥΜ. Ἄφυλλος, de & privatif, et de φύλλον, feuille (voy. FEUILLE).

API (a-pi), s. m. Petite pomme ordinairement colorée, d'un seul côté, d'un rouge très-vif. Une pomme d'api.

-ETYM. Ital. appiuola et mela appiuola, pomme d'api; du latin appianum, pomme d'api. +APIAIRE (a-pi-ê-r'). || 1o Adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à une abeille. || 2o S. m. plur. Les apiaires, la tribu des abeilles.

ETYM. Apiarius, de apis (voy. ABEILLE). † APICAL, ALE (a-pi-kal, ka-l'), adj. Terme didactique. Qui a rapport au sommet d'une chose. ETYM. Apex, sommet.

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ETYM. 'Açavs, non apparent, à cause que les +APICES (a-pi-sès'), s. m. plur. Terme de phiparties fondues de cette roche ne se laissent pas re-lologie. Les petits signes, tels que les accents, qu'on connaître à l'œil. mettait dans l'écriture du grec.

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APHERESE (a-fé-rê-z”), s. f. || 1° Figure de grammaire par laquelle on retranche une syllabe ou une lettre au commencement d'un mot. || 2 Action de retrancher; partie de la chirurgie qui traite des opérations dans lesquelles on retranche du corps une partie quelconque.

ΕΤΥΜ. Αφαίρεσις, de ἀφαιρέω, enlever, de ἀφ pour and, marquant l'éloignement, et alpέw, prendre (comp. HÉRÉSIE).

† APHIDIEN, IENNE (a-fi-diin, diè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a rapport aux pucerons.

† APHLOGISTIQUE (a-flo-ji-sti-k'), adj. Terme didactique. Lampe aphlogistique, lampe qui brûle sans flamme. C'est une lampe inventée par Davy. ETYM. 'A privatif, et phlogistique (voy. ce mot). † APHONE (a-fo-n'), adj. Terme didactique. Qui n'a pas de son; qui n'a pas de voix. Une affection du larynx rend aphone ce malade.

ETYM. 'Aqwvos (VOY. APHONIE). APHONIE (a-fo-nie), s. f. Perte plus ou moins complète de la voix.

– ETYM. 'Aqwvía, de & privatif, et pwvn, voix (voy. PHONIQUE).

APHORISME (a-fo-ri-sm"), s. m. Sentence renfermant un grand sens en peu de mots. Les aphorismes d'Hippocrate. On a de Mahomet quelques aphorismes de médecine, VOLT. Mœurs, 6.

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ETYM. Pluriel de apex, sommet.

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ETYM. Le même que aplanir. +APLANER (a-pla-né), v. a. Voy. APLAIGNER. APLANI, IE (a-pla-ni, nie), part. passé. || 1o Rendu plan, uni. Terrain aplani. Le calme est revenu sur la mer aplanie, LAGRANGE-CHANCEL, Alceste, II,!. || 2o Fig. Difficulté aplanie. Il croit s'en voir par là les chemins aplanis, CORN. Attila, IV,

1.

APLANIR (a-pla-nir), v. a. || 1° Rendre plan ou uni ce qui ne l'était pas. Aplanir un terrain. Aplanir une route. || 2° Fig. Phébus a-t-il pour vous aplani le Parnasse? BOIL. Sat. IX. Et leur osent du crime aplanir le chemin, RAC. Phèd. IV, 6. Vous avez su du trône aplanir le chemin, VOLT. Mér. 1. Vous qui amollissiez devant lui les duretés des cœurs obstinés et qui aplanissiez les hauteurs des esprits superbes, FLECH. Panég. II, p. 280. Aplanissons les voies de notre conversion, MASS. Epiph. C'est à nous à aplanir les difficultés qui s'y trouvent, ID. Parole. En prenant soin d'aplanir les difficultés, BOSS. Lett. 159. Il faut de ces périls m'aplanir la sortie, CORN. Rod. III, 1. || 3° S'aplanir, v. réft. Le terrain s'aplanit du côté des montagnes. On promit que toutes les difficultés s'aplaniraient.

HIST. XVI s. L'aspreté de leurs regles est incontinent applanie par l'acoustumance, MONT. I, 283. Et s'il avenoit qu'eussions esté repoussez du premier assaut, on continueroit encore de tirer cinq ou six mille coups de canon pour aplanir les bresches, LANOUE, 451. Et ayant la place en peu de jours esté nettoyée et aplanie, Timoleon y feit edifier des salles et auditoires à tenir la justice, AMYOT, Timol. 32. Gens de bras pour applanir les chemins, ID. Lucul. 49. L'ignorance des fortificateurs de ce temps-là estoit de hausser les contr'escarpes et ne les applanir pas, D'AUB. Hist. II, 145. On pique à pointe de marteau les meules de moulin, quand elles sont trop applanies, pour les rendre aspres et raboteuses, PARÉ, IV, 2.

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+ APICIFLORE (a-pi-si-flo-r'), adj. Terme de bo- nar; espagn. allanar; ital. appianare. Pour l'ortanique. Qui a des fleurs terminales.

ETYM. Apex, sommet, et flos, fleur. +APICULE (a-pi-ku-l'), s. f. et m. Terme d'histoire naturelle. Pointe aigue, courte et peu consistante.

ETYM. Diminutif d'apex, pointe, sommet. † APICULÉ, LE (a-pi-ku-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est terminé au sommet en pointe courte et aiguē.

†APICULTEUR (a-pi-kul-teur), ́s. m. Qui élève des abeilles.

ETYM. Voy. APICULTURE. +APICULTURE (a-pi-kul-tu-r'), s. f. Art d'élever des abeille.

- ÉTYM. Apis, abeille (voy. ce mot), et culture. +APIQUAGE (a-pi-ka-j'), s. m. Terme de marine. Action d'apiquer.

+APIQUER (a-pi-ké). || 1o V. n. Terme de marine. On dit que le câble apique, quand le vaisseau approche de l'ancre qui est mouillée et que le câble commence à se roidir et à être perpendiculaire. || 2° V. a. Disposer les vergues d'un bâtiment à peu près verticalement.

ETYM. À et pic.

1.APIS (a-pis), s. m. Terme d'astronomie. Petite constellation de l'hémisphère austral. On la nomme aussi Abeille.

ETYM. Apis, abeille (voy. ce mot).

† 2. APIS (a-pis'), s. m. Terme de la religion de l'ancienne Egypte. Le bœuf Apis, boeuf adoré par les Egyptiens, aux yeux de quí il était une incarnation perpétuelle du Dieu suprême Phtah en une succession de veaux, dont la naissance était regardée comme divine à certains signes.

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ETYM. Mot égyptien.

thographe par un seul p, voyez APAISER. APLANISSEMENT (a-pla-ni-se-man), s. m. Action d'aplanir; le résultat de cette action.

· ETYM. Aplanir.

APLATER (a-pla-té), v. a. Terme de marine. Répartir les matelots sept par sept pour manger au même plat.

– ETYM. À et plat, substantif.

APLATI, IE (a-pla-ti, tie), part. passe. || 1° Rendu plat. La terre est aplatie vers les pôles. Vers un bord moins battu par les flots Où d'un roc aplati le sommet sort des eaux, LEMIERRE, G. Tell, v, 3. || 2° Fig. Etouffé, assoupi, abaissé. Des caractères aplatis. L'affaire des poisons est toute aplatie, sÉv. 404.

APLATIR (a-pla-tir). || 1° V. a. Rendre plat. Tâche de l'aplatir à grands coups de marteau, LA FONT. Ch. imp. Newton prouva que le mouvement de rotation de la terre a dû l'aplatir à ses pôles, LAPLACE, Exp. v, 5. || 2° S'aplatir, v. réfl. Devenir plat. La tumeur s'aplatit.

ETYM. A et plat, adjectif. Berry, aplatzir; provenç. aplatir, aplatar; ital. appiatare. Pour l'orthographe par un seul p, voyez APAISER. APLATISSEMENT (a-pla-ti-se-man), s. m. Action d'aplatir; état de ce qui est aplati. Ce voyage [à Cayenne] a été la première origine de la connaissance de l'aplatissement de la terre, VOLT. Louis XIV, 31. La rotation du sphéroïde terrestre l'aplatit à ses pôles, et cet aplatissement, combiné avec l'action du soleil et de a lune, donne naissance à la précession des équinoxes, qui, avant la découverte de la pesanteur universelle, ne paraissait avoir aucun rapport au mouvement diurne de la terre, LAPLACE, Expos. IV, 14.

APITOYÉ, ÉE (a-pi-to-ié, iée ou a-pi-toi-ié, iée), HIST. XVI S. Par le moien d'un petit aplatispart. passé. Apitoyé par les souffrances de ces pau-sement que pour ce service-ci on laisse à la rusche, vres gens. 0. DE SERRES, 450. ETYM. Aplatir.

† APITOIEMENT (a-pi-tof-man), s. m. Action de s'apitoyer. Coeur porté à l'apitoiement.

APITOYER (a-pi-to-ié ou a-pi-toi-ié). || 1° V. a. Toucher de pitié. Tachez de l'apitoyer. 2° S'apitoyer, v. rési. Etre ému de pitié, compatir.

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- ÉTYM. À et pitié. Pour l'orthographe par un seul p, voyez APAISER.

† APLATISSERIE (a-pla-ti-se-rie), s. f. Atelier où l'on aplatit les barres de fer.

† APLATISSEUR (a-pla-ti-seur), s. m. Celui qui aplatit. Vous devez, mon cher aplatisseur de ce globe.... VOLT. Lettre à Maupertuis, 6 octobre 1741. † APLATISSOIRE (a-pla-ti-soi-r'), s. f. Cylindres

I. -- 21

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entre lesquels on passe les barres de fer, dans une | empereurs, et plus tard dignitaire chargé de l'exforge, pour les aplatir. pédition des édits et des actes. || 2° Ancienne fonction ecclésiastique. Député d'une église pour quelque commission. Les apocrisiaires dans les monastères étaient chargés du soin des affaires temporelles. C'était encore un titre d'office à Cluny, peu de temps avant la Révolution. || 3° Sous Charlemagne, le grand aumônier.

HIST. Mal fera soc ne coltre ne apleit remuer.... A la charue apleiz, soc et coltre laissa, Rou, v. 1979 et 1993. || XIve s. Pour estre à un profit de peschier, l'apploit ou harnois du dit Colin fu plus grevé, RAYNOUARD, apleg.

ETYM. A et plet, radical qui se trouve dans em-plet-te (voy. ce mot). Provenç. apleg, apleit, outil. Apleit ou aploit signifiait toute espèce d'outil ou, comme on disait, de harnois.

ÉTYM. Bas grec, áñоxρioιápios, du grec àлóxpioic, réponse, celui qui fait réponse; de anò, indiquant émission, et xplots, jugement (voy. CRISE); mot à mot, émission de jugement, réponse. APOCRYPHE (a-po-kri-f'). || 1° Adj. Dont l'authenticité n'est pas établie. Auteur apocryphe. Faire APLOMB (a-plon; le b ne se lie jamais), s. m. passer l'Evangile pour une histoire apocryphe, || 1° Verticalité. Prendre l'aplomb des colonnes. Ce PASC. Prov. 16. Tous les contes ramassés dans les mur a perdu son aplomb. || 2° Fig. Assurance dans livres les plus apocryphes, BOSS. Conc. Alexandre, la manière de se présenter, d'agir. Cet acteur a un si l'anecdote n'est pas apocryphe, conjura l'hiéroaplomb étonnant. 3° Se dit, en physiologie, de la phante de brûler la lettre, VOLT. Mœurs, Myst. Si répartition régulière du poids du corps sur les mem- maints tableaux ne sont point apocryphes, LA FONT. bres, et de la direction la plus favorable de ceux-ci Papef. || 2° S. m. Un apocryphe. Les apocryphes, considérés comme supports pour le soutien du tronc les ouvrages composés par d'anciens hérétiques et et l'exécution des mouvements du corps. || 4° Terme attribués par eux à des auteurs sacrés. || 3o Origide peinture. Juste pondération des figures. Ces finairement, les livres de l'Ancien Testament que les gures manquent d'aplomb, c'est-à-dire ont l'air de juifs de Palestine n'admettaient pas dans leur recueil tomber. 5° En musique, indique la précision sacré. || 4° Nouvelle apocryphe, fausse nouvelle. dans la mesure. || 6° D'aplomb, loc. adv. Verticalement. Le soleil s'élève, il faut gagner la forêt avant qu'il soit d'aplomb sur nos têtes, BERN. DE S.-P. l'Arcadic, II. || Etre d'aplomb, être ferme sur ses jambes. Cet enfant est d'aplomb sur ses petites jambes. || Retomber d'aplomb, retomber droit, en équilibre. Il retomba d'aplomb sur ses pieds.

ETYM. A et plomb, parce que le fil à plomb sert à déterminer la verticalité. †APLONOME (a-plo-no-m'), adj. En minéralogie, se dit des substances dont les cristaux dérivent de lois très-simples.

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ÉTYM. "Aπvotα, de & privatif, πνεiv, souffler, respirer (voy. PNEUMATIQUE). APOCALYPSE (a-po-ka-li-ps'), s. f. Livre canonique qui contient les révélations faites à saint Jean dans l'ile de Patmos. Des monstres plus affreux que toutes les bêtes de l'Apocalypse, HAMILT. Gramm. 11. Style d'Apocalypse, style obscur. Fig. C'est le cheval de l'Apocalypse, se dit d'une mauvaise haridelle.

HIST. XIII S. De bele taille la devis [je la vois]; Mès ung poi fu pale de vis; Et resembloit, la pute lisa, Le cheval de l'Apocalipse, la Rose, 12263.

ΕΤΥΜ. Αποκάλυψις, de ἀπὸ, indiquant séparaton, et de xalúnτw, cacher; mot à mot, dé-cacher, autrement dit, découvrir, révéler.

APOCALYPTIQUE (a-po-ka-li-pti-k'), adj. Qui est dans le genre de l'Apocalypse; difficile à comprendre. Auteur apocalyptique; style apocalyptique. · ETYM. Apocalypse.

† APOCATĂSTASE (a-po-ka-ta-sta-z') s. f. Révolution idéale ramenant, selon les anciens philosophes, les astres à un certain point pris pour point initial.

ÉTYM. 'Añoxatάσtaσı, restitution, de anò, marquant retour, et xatáσtaois, position (voy. CATASTASE).

APOCO (a-po-ko), s. m. De peu de valeur. Traiter quelqu'un d'apoco, le traiter avec mépris. Peu usité. ETYM. Ital. ha, 3° personne du verbe avere, avoir (voy. AVOIR), et poco, peu (voy. PEU); mot à

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– ÉTYM. Añóxʊvov, de àñò, indiquant hostilité, et xʊov, chien (voy. CHIEN); ennemi des chiens. L'apocyn des Grecs, ainsi nommé parce qu'on lui attribuait la propriété de tuer les chiens et les loups, paraît être le cynanchum erectum, L.

+ APOCYNÉES (a-po-si-née), s. f. plur. Terme de botanique. Famille de plantes de la classe des dicotylédones monopétales hypogynes.

APODE (a-po-d'). || 1° Adj.Terme didactique. Qui est sans pieds. || 2° S. m. Poisson dépourvu de nageoires ventrales, tel que les anguilles.

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ETYM. 'Ажоυç, de à privatif, et nous, pied (voy. PIED).

APODICTIQUE (a-po-di-kti-k'), adj. || 1° En termes d'école, un argument apodictique est un raisonnement démonstratif, suivant la signification grecque du mot. || 2o Dans la philosophie de Kant, qui obtient ou qui exprime l'adhésion la plus complète de l'esprit, et porte le caractère de la nécessité absolue. La certitude apodictique porte les caractères d'universalité et de nécessité absolues: elle ne dérive donc point de l'expérience, qui ne peut établir qu'une certitude analogique, VILLERS, Kant,

p. 217.

- ΕΤΥΜ. Αποδεικτικός, de ἀπὸ, indiquant écartement, extension, et dɛxvúw, montrer.

APODIE (a-po-die), s. f. Terme didactique. Absence de pieds.

ETYM. Apode. +APODOSE (a-po-do-z'), s. f. Terme de rhétorique. Le second membre de la phrase, par rapport au premier qu'on nomme protase.

APO

d'un nouvel instrument dont on sert pour copier les dessins.

ETYM. 'Алóураçov, copie, de ảnò, indiquant transport, ypáqw, écrire (voy. GRAPHIQUE). +APOJOVE (a-po-jo-v'). || 1° S. m. Terme d'astronomie. Point de l'orbite des satellites de Jupiter où ils sont le plus éloignés de cette planète. || 2°Adj Quand un des quatre satellites est apojove.

ETYM. Mot hybride, de añò, indiquant éloigne. ment, et jove, formé de Jovis, génitif de Jupiter. + APOLLINARISTE (a-pol-li-na-ri-st'), s. m. Hérétique qui croyait qu'il y avait deux fils de Dieu, l'un né de Dieu, l'autre de la Vierge, et qui empruntait plusieurs opinions au manichéisme.

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- ETYM. Apollonius de Perge, célèbre géomètre grec qui a écrit sur ces courbes.

APOLOGETIQUE (a-po-lo-jé-ti-k'). || 1° Adj. Qui contient une apologie. Lettre apologétique. || 2° S.m. L'Apologétique, la défense des chrétiens par Tertullien. Châteaubriand l'a fait du féminin, à tort. Chose étrange! que l'Apologétique aux Gentils soit devenue l'Apologétique aux chrétiens! Génie, ш, iv, 2. || 3 S. f. L'apologétique, la partie de la théologie qui a pour but de défendre la religion chré tienne contre les attaques.

ΕΤΥΜ. Απολογητικός, de ἀπολογέομαι, faire une apologie (voy. APOLOGIE).

APOLOGIE (a-po-lo-jie), s. f. || 1° Discours, paroles pour défendre ou justifier. Faire l'apologie de quelqu'un. L'apologie du plaisir et de la mollesse. Il venait recevoir les éloges comme on vient faire des apologies, FLECH. Tur. M. Arnaud fait ses apologies où il donne sa proposition PASC. Prov. 3. Vous faisiez autrefois l'apologie vos passions, MASS. Epiph. || 2 Par extension, tout ce qui justifie. Sa conduite depuis quelque temps fait son apologie.

HIST. XVI S. Le titre me semblera, advis, bon tel: Excuse composée par Jacques de Bourgoigne pour le purger vers la majesté impériale; car le mot d'apologie n'est pas usité en françois, CALVIN, Lettres à J. de Bourgoigne, p. 143. Ceux qui voudront voir les apologies en cet affaire, les trouveront en l'histoire du pais bas, D'AUB. Hist. III, 97.

ΕΤΥΜ. Απολογία, d' ἀπὸ, indiquant écartement, et λ6yos, discours (voy. LOGIQUE); discours qui écarte une inculpation, etc.

+ APOLOGIQUE (a-po-lo-ji-k'), adj. Qui a le caractère de l'apologie. Discours apologique.

APOLOGISTE (a-po-lo-ji-st'), s. m. || 1° Celui qui fait l'apologie de quelqu'un, de quelque chose. Les apologistes de la foi chrétienne. Les gens de bien tout seuls vous excusent, vous justifient, sont les apologistes de vos vertus ou les sages dissimulateurs de vos vices, MASS. Car. Injustice. Environné d'apologistes des passions qui soufflaient encore le feu de la volupté, ID. Louis le Grand. Quel malheur pour les grands de trouver d'indignes apologistes de leurs vices parmi ceux qui en auraient dû être les censeurs! +APODYTERIUM (a-po-di-té-ri-om'), s. m. Terme ID. Petit Car. Tentation. || 2° Absolument. Les apolod'architecture ancienne. Lieu où l'on se déshabil-gistes, ceux qui se livrent à l'apologétique, qui délait dans une palestre ou dans des bains publics. ΕΤΥΜ. Αποδυτήριον, de ἀπὸ, exprimant enldvement, et dúetv, vêtir.

- ETYM. 'Aπódoσic, restitution, de anò, re, et dósis, don (voy. DOSE).

APOGEE (a-po-jée), s. m. || 1° Terme d'astronomie. Point de l'orbite de la lune où elle se trouve à sa plus grande distance de la terre. La lune a son apogée et son périgée, VOLT. Newt. II, 6. || 2° Adj. La lune est apogée. || 3° Fig. Le degré le plus élevé. Sa puissance est à son apogée. Ce grand capitaine [M. de Turenne] était dans l'apogée de sa faveur, ST-SIM. 58, 218. Un corps sain, un esprit joyeux Et quelque prose mélangée De vers badins ou sérieux Me feront trouver l'apogée De la félicité des Dieux, J. B. ROUSS. Rép. à Chaulieu.

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REM. Apogée ne se dit que de la lune, parce que seule elle tourne directement autour de la terre. En parlant des planètes, le point de leur orbite où elles sont le plus loin de la terre dépendant de leur position et de celle de la terre, on dit qu'elles sont en opposition.

- ÉTYM. 'Añóуαιos, de άлò, indiquant éloignement, et de yata, terre.

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SYN. Apologue, FABLE, PARABOLE. La fable est le terme le plus général; c'est tout ce qu'on dit, tout ce qu'on raconte ; il y a dans les fables de Phedre et de La Fontaine des contes ingénieux qui ne sont pas du tout des apologues. L'apologue est toujours fondé sur une allégorie, dont on a fait l'application à l'homme. La parabole est un apologue contenu dans l'Ecriture sainte; on dit la parabole de l'enfant prodigue, et non l'apologue, bien que ce soit, au fond, la même chose.

HIST. XVI S. Comme un des traducteurs du APOGRAPHE (a-po-gra-f'), s. m. || 1° Copie d'un Tasse, qui a choisi pour son apologue [dédicace] le écrit original, par opposition à autographe. || 2o Nom | prince de Conti, D'AUB. Conf. préf.

† APOLTRONNIR (S') (a-pol-tro-nir), v. réfl. 1° Devenir poltron. Mot qui, se comprenant sans peine, peut être repris. || 2° V. a. Terme de fauconnerie. Empêcher un oiseau de chasser le gros gibier en lui coupant les ongles de derrière.

· ÉTYM. Añóλoyoç, récit, de åñò, et Xóyoç, dis- | suspendues. Il tomba dans une apoplexie époucours (voy. LOGIQUE.) vantable, sev. 17. La princesse de Conty est tombée en apoplexie, ID. 116. C'est dire qu'il ne faut ni faire diète dans la pléthore, ni être saigné dans l'apoplexie, VOLT. Dial. 24, 10. Le 1er février 1725, il fut frappé d'apoplexie et mourut le 3, sans avoir eu aucune connaissance dans tout cet espace de temps, FONTEN. Littre. || 2o Epanchement de sang. L'apoplexie du poumon, de la rate. Cette extension est due à ce que l'apoplexie ordinaire est causée la plupart du temps par un épanchement de sang dans le cerveau.

— HIST. XVI S. Un jeune homme doit esveiller sa vigueur et la garder de moisir et s'apoltronnir, MONT. IV, 259.

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ETYM. A et poltron.

† APOLYSE (a-po-li-z'), s. f. Nom que les Grecs donnent à la partie de leur messe qui répond à notre Ite, missa est.

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ΕΤΥΜ. Ἀπόφασις, de ἀπὸ, exprimant l'action d'ôter, et caois, affirmation, de onui (voy. FABLE). APOPHTHEGME (a-po-ftè-gm'), s. m. Dit notable de quelque personnage illustre. Les sentences et les apophthegmes sont les fruits recueillis du long usage et des conclusions de l'expérience, BALZ. Disc. critiq. Il possédait 118 apophthegmes tirés des anciens, MONTESQ. Lett. pers. 37. Je ne puis l'ache ver mieux [le portrait de Villars] que par cet apophthegme de la mère de Villars qui lui disait toujours: Mon fils, parlez toujours de vous au roi, et n'en parlez jamais à d'autres, ST-SIM. 111, 207. Ne parler que par apophthegmes, parler d'une manière sententieuse.

— ΕTYM. Απόφθεγμα, de ἀποφθέγγομαι, prononcer, de åñò, indiquant émission, et péyyw, parler, dont le radical se trouve dans di-phthongue.

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-REM. Loc. vic. Un tel est tombé d'apoplexie, dites est tombé en apoplexie.

HIST. xv s..... Et tant en but et à tel outrage, que le sang du corps lui refroidit, et commença fort à entrer en faiblesse de popelesie et à perdre la force de ses membres et le mouvement de sa parole, FROISS. III, IV, 20. Le mal du roy [Charles VIII] fut un catarre ou apoplexie, COMM. VIII, 20.

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APOSTER (a-po-sté), v. a. Placer quelqu'un dans un poste pour guetter ou exécuter quelque chose, le plus souvent quelque chose de mal. Aposter des espions, des assassins. Aposter des témoins, en produire de faux.

HIST. XVI s. Combattre par fuittes appostées et recharges inopinées, MONT. I, 23. Non une obsti· ÉтYм. 'Añояλnžía, de àñò, et nλńcow, frap-nation apostée contre son sentiment, ID. I, 93. Ils per, décharger, asséner un coup. Comme now luy ont dressé cette querelle apostée, ID. I, 97. Ses à le même radical que le latin plaga, voyez PLAIE. parents aposterent un prebstre pour luy dire.... ID. Provenç. apoplexia; espagn. apoplegia; ital. apo-II, 32. On luy apposta une faulse accusation et plessia.

† APORIE (a-po-rie), s. f. Figure de rhétorique. Synonyme de dubitation.

ETYM. 'Aлopía, embarras, de à privatif, et nó pos, passage (voy. PORE); absence d'issue. APOSIOPESE (a-po-si-o-pê-z'), s. f. Figure de rhétorique. Synonyme de réticence.

ΕΤΥΜ. Αποσιώπησις, de ἀπὸ, et σιωπᾶν, se taire.

APOSTASE (a-po-sta-z'), s. f. Terme de médecine. Formation d'un abcès.

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TASIE).

preuve, ID. IV, 22. Il commence à presser ce couteÎier de quelques propos apostés [préparés, prétextés], et l'embesogna tellement, qu'il.... DESPER. Contes, LXXXIII. Il ne laisse cependant, par des apostez qu'il a à ma suicte, de faire proposer en mon conseil ceste rupture de paix, CARL. IX, 32. En la quelle assemblée il y eut quelques orateurs ap postez qui irriterent et mutinerent la commune d l'encontre de luy, AMYOT, Cor. 61

ETYM. A et poster; ital. appostare. Pour l'or: thographe avec un seul p, voy, APAISER. A POSTERIORI (a-po-sté-ri-o-ri), voy. POSTÉ.

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ÉTYM. 'Añóotαoig, dépôt, abcès (VOY. APOŠAPOSTASIE (a-po-sta-zie), s. f. || 1° Changement de religion, et particulièrement abandon de la foi chrétienne. Par ses paroles il revint de son apostasie, PASC. Prov. 15. 2° Action d'un religieux qui - ETYM. À et postille (voy. APOSTILLER). renonce à ses vœux. 3° Par extension, désertion APOSTILLE (a-po-sti-ll', ll mouillées, et non ad'un parti, abandon d'une doctrine, d'une opi-po-sti-ye), s. f. 1° Annotation en marge ou au bas nion. d'un écrit. Ecrire en apostille. Ce que j'ai lu dans l'apostille de votre lettre ne m'a pas extrêmement plu, BALZ. liv. vIII, lett. 45. Luther, dans les apostilles qu'il fit sur la bulle, Boss. Var. 1. 2° Recommandation ajoutée à une pétition, à un mémoire.

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HIST. XVI° ́s. Penserons nous qu'il y ait là siege apostolique, où nous ne voyons qu'une horrible apostasie? CALV. Instit. 915.

ÉTYM. 'Añoσтacía, de ånò, indiquant éloignement, et otáoic, stase (voy. STASE); mot à mot, action de se tenir à l'écart, de s'écarter.

APOSTASIER (a-po-sta-zi-é), v. n. Tomber dans l'apostasie, renoncer à sa foi religieuse, à ses principes. Il leur a fallu apostasier de la foi de ceux qui les avaient consacrés, Boss. Pasc. Les magistrats de Genève le décrétèrent de prise de corps comme imposteur apostat qui avait fait apostasier sa femme, VOLT. Louis XIV, Écrivains, Saurin.

HIST. XV S. Ainssy fait l'un apostater Et li autres ydolatrer, Mart. de S.-Denis. || xvi's. Apostater de la foi et religion chrétienne, Statuts synodaux de l'évêque de St-Malo, 1618.

ETYM. Apostasie; provenç. apostatar; ital. apostatare. On a dit aussi, en français, apostater, d'apostat.

HIST. XVI S. Firent si bien leur apostille [entreprise apostée], Que, sans faire aulcun desarroy, Le chasteau fut rendu au roy, J. MAROT, V, 164. Qui fera ung tel apostille, Comme feist Sapho la subtille, Qui composa de si beaulx vers, ID. V, 301.

- ETYM. A et postille; postilla, dans le bas-latin, signifiant explication, note.

APOSTILLÉ, ÉE (a-po-sti-llé, llée, Il mouillées), part. passé. A quoi une apostille a été mise. Les placets étaient reçus par un maître des requêtes qui les rendait apostillés, VOLT. Louis XIV, 29.

APOSTILLER (a-po-sti-llé, mouillées, et non a-po-sti-yé), v. a. Mettre une apostille, des apostilles. Apostiller une demande, une pétition. Son dessein était de me prier d'apostiller son mémoire, BERN. DE S. P. Harm. aquat. air, liv. II. Vous verrez des offi. ciers qui passent leur vie à apostiller en marge les

† APOPHYGE (a-po-fi-j'), s. f. Terme d'architecture. Endroit où la colonne, sortant de sa base,l's se lie: des apostats effrontés, dites: des a-po-lettres à répondre, P. L. COUR. Lett. 1, 76.

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ETYM. AπÓQUOIS, de áno, indiquant ce qui sort et fait saillie, et púots, croissance (voy. PHYSIQUE); mot à mot, ex-croissance.

APOPLECTIQUE (a-p-plè-kti-k'), adj. || 1o Qui appartient à l'apoplexie. Symptôme apoplectique. 12° Disposé à l'apoplexie. Complexion apoplectique, Faire boire du sang d'un enfant aux vieillards apoplectiques, VOLT. Maurs, 94. Phelippeaux, tout apoplectique qu'il était revenu des eaux, ne put rien gagner sur son neveu, ST-SIM. 201, 186. || 3° Substantivement. C'est un apoplectique.

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APOSTAT (a-po-sta; et ne se lie pas; au plur. sta-z effrontés; en poésie, des apostats rime avec bras). || 1o Adj. m. Qui a apostasié, c'est-à-dire abandonné sa religion, renié ses vœux monastiques ou ses opinions. Un moine apostat. Une simple interrogation le rend apostat et parjure, MASS. Pass. || 2o S. m. Puis-je vivre et me voir en ce funeste état De la sœur d'un martyr femme d'un apostat? ROTR. St-Gen. iv, 4. || 3° Fig. Qu'on m'ose proner APOSTIS (a-po-sti), s. m. Terme de marine. des sophistes pesants, Apostats effrontés du goût et Pièces de bois aux deux côtés d'une galère, qui serdu bon sens; Alors, certes, alors ma colère s'allu-vent à porter toutes les rames, avec le secours d'une me, GILBERT, le Dix-huitième siècle. grosse corde.

HIST. XIII S. Pou en est qui de court vuelent estre apostate; Je ne m'en merveil pas, car chascuns les y flate, J. DE MEUNG, Test. 341. || xv s. Autre nom leur convient bailler, C'est apostat, qui pour doubtance D'avoir un peu de penitance, Ont voulu Loyaulté souiller, CH. D'ORL. Rondeau de Bouciquaut. || XVI s. Quand l'homme se destourne totalement de Dieu, et est apostat de toute la chretienté [le christianisme], CALV. Instit 481. Ils ne se peuvent faire imitateurs des Levites, qu'ils ne soyent apostats de Jesus Christ, ID. ib. 1185. Je quitte, apostat des amours, La soulde, le camp et les armes, RONS. 571

ETYM. Apostille

ETYM. A et poste.

APOSTOLAT (a-po-sto-la; let ne se lie pas), s. m. || 1o Le ministère d'apôtre. Saint Paul en son apostolat. || 2° Par extension, propagation de doctrine. L'apostolat des nouvelles idées.

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HIST. XIII S. Guillaume de Jerusalem et legat de l'aposteilat [papauté], DU CANGE, apostolicus. || xvi s. Saint Paul voulant approuver son apostolat, ne dit point que.... CALV. Inst. 848.

ETYM. Apostolatus, de apostolus (vOY. APÔTRE), provenç. apostoliat; espagn. apostolado; ital. apostolato.

† APOSTOLICITE (a-po-sto-li-si-té), s.f. Terme de – ÉTYM. 'Añoσtátns (voy. APOSTASIE); provenç. | théologie. Conformité de doctrine avec les apôtres. et ital. apostata. ETYM. Apostolique.

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† APOSTOLIN (a-po-sto-lin), s. m. Nom des religieux d'un ancien ordre, qui se prétendait institué par saint Barnabé; Sixte-Quint les unit aux Ambroisiens. APOSTOLIQUE (a-po-sto-li-k'), adj. || 1o Qui procède des apôtres. Doctrine, tradition apostolique. Le saint-siége apostolique. Mission apostolique, la mission des apôtres. || 2° Qui tient des apôtres. Vie, zèle apostolique.Que par une règle inviolable, ceuxlà demeurent exclus de l'épiscopat, qui ne veulent pas y arriver par des travaux apostoliques, BOSS. Le Tellier. Ces deux vertus jointes ensemble qui font le tempérament d'un homme apostolique, ont été le caractère de saint Ignace, FLECH. Panég. 11, 202. Xavier, cet homme apostolique, ou pour mieux dire cet apôtre, ID. ib. 224. Il n'est pas difficile au Seigneur de porter sur ses ailes, à travers les mers, des hommes apostoliques, MASS. Car.Fausse confiance. Par les soins des hommes apostoliques coulaient des fleuves de charité, ID. Car. Aumône. Il permet que nous succédions à ces hommes apostoliques, ID. Parole. On fit dans nos campagnes des courses apostoliques; les pauvres furent évangélisés, ID. Villars. 3° Qui dépend ou émane du saint-siége. Nonce apostolique. Bref apostolique. || 4° Notaire apostolique, notaire qui, dans chaque diocèse, était autorisé à rédiger les actes en matière ecclésiastique. || 5o Les Hongrois donnent le nom d'apostolique à leur royaume et celui d'angélique à leur couronne. || 6° S. m.plur. Apostoliques, hérétiques du XIII siècle, dont l'erreur consistait à prétendre que tout le monde devait renoncer au mariage et aux biens du monde, comme les apôtres.

HIST. xv s. Il leur fit lire plusieurs lettres patentes apostoliques et imperiales noblement et authentiquement de plomb et d'or scellées, FROISS. III, IV, 50. | XVI s. Ceux qui negligent l'un et l'autre, faussement pretendent d'estre en l'estat apostolique, CALV. Inst. 849.

ETYM. Apostolicus, de apostolus (voy. APÔTRE). APOSTOLIQUEMENT (a-po-sto-li-ke-man), adv. A la manière des apôtres.

ETYM. Apostolique, et le suffixe ment. APOSTROPHE (a-po-stro-f), s. f. || 1° Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur, s'interrompant tout à coup, adresse la parole à quelqu'un ou à quelque chose. || 2° Trait mordant lancé à quelqu'un. Il ne s'attendait pas à cette dure apostrophe. || 3° Familièrement, coup. A ces cris redoublés et dont je riais fort, J'accours et je vous vois étendu sur la place Avec une apostrophe au milieu de la face, REGNARD, Folies amour. sc. 11. || 4° Terme de grammaire. Petit signe ['] qui marque l'élision. L'enfant, l'homme, pour le enfant, le homme.

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HIST. XIII S. Tuit cirier, tuit pevrier, et tuit apotecaire, se il metent avant au samedi es hales ou u marchié, chascun doit obole de coutume, Liv. des mét. 322. Fisicien, n'apoticaire, Ne me puent doner santé, RUTEB. 37.

REM. L'Académie fait ce mot masculin. Mais | de plat apothicaire, ST-SIM. 64, 66. || Mémoire d'atous les auteurs anciens et modernes et les diction- pothicaire, compte sur lequel il y a beaucoup à ranaires de Furetière et de Richelet le font féminin. battre. || Faire de son corps une boutique d'apothiHIST. XIII s. Sire, ne sai quel maladie, Ou caire, faire abus de médicaments. || Un apothicaire fievre ou goute ou apostume, la Rose, 14561. Je sans sucre, un homme qui n'est pas fourni des choenvoiai querre ma gent, et leur di que je estoie ses de sa profession. mort, que j'avoie l'apostume en la gorge, JOINV. 240. Car cil qui d'autri bien se duelent et mal paient, De mortel apostume navrent leurs cuers et plaient, J. DE MEUNG, Test. 1067. || XIV s. Si comme le medecin conseille se il guerira l'empostume par evacuacion et par prendre medecine, ORESME, Eth. 68. || xv s. Si lui prit une grosse apostume au corps, FROISS. II, III, 85. J'ay une apostume en la gorge, la Passion de N. S. J. C. || xvI° s. Ce venerable Ilot fut averti De quelque argent que m'avez departi Et que ma bourse avoit grosse apostume, MAROT, Ép. au roi pour avoir été dérobé par mon valet. Une apostume, M. DU BELL. 476.

-ETYM. Berry, postume, pus, sanie. Apostume par corruption pour apostème (voy. ce mot). Mortel apostume dans J. de Meung est au féminin, suivant l'ancienne règle des adjectifs, et ne fait point exception au genre usité chez les autres auteurs. APOSTUME, ÉE (a-po-stu-mé, mée), part. passé. Une tumeur apostumée. Vieux; on dit aujourd'hui abcédée.

APOSTUMER (a-po-stu-mé), v. n. Venirà suppuration. Votre abcès apostumera bientôt. || Vieux. On dit aujourd'hui, la tumeur abcédera.

HIST. xv s. Jà est celle detestable playe [le schisme] comme apostumée et tournée en accoustumance, CHRIST. DE PISAN, Charles V, III, ch. 54. XVI s. Et où ces glandules s'apostemeroient, on fera apertion avec la lancette, PARÉ, VI, 6. Elle sont cause d'enflamber la playe et la faire apostumer, ID. VII, 5. Ces endroits s'apostumerent, et jetterent assez grande quantité de boue, D. VIII, 14. Les dents peuvent apostumer et pourrir comme les autres os, ID. xv, 26.

-ETYM. Apostume.

APOTHECION (a-po-té-sion), s. m. ou APO-
THÉSIE (a-po-té-zie), s. f. Terme de botanique.
Corps fructifère, femelle des lichens.

ETYM. 'Aло0йxп, réservoir (voy. APOTHICAIRE).
APOTHEME (a-po-tê-m'), s. m. || 1° Terme de
géométrie. Perpendiculaire menée du centre sur le
côté d'un polygone régulier. || La hauteur d'une
quelconque des faces triangulaires d'une pyramide
régulière. || 2° Terme de chimie. Précipité brun qui
se forme peu à peu dans les dissolutions des extraits
végétaux.

- ETYM. 'Añò, de, et rionut, poser; action de mener en bas, de déposer (voy. THEME).

-ÉTYM. Bas-lat. apothecarius, du latin apotheca, du grec ano0nxn, boutique, de anò, indiquant la mise à l'écart, en réserve, et de tíonu, mettre (voy. THEME et BOUTIQUE).

APOTHICAIRERIE (a-po-ti-kê-re-rie), s. f. || 1°Officine ou magasin de drogues pour médicaments. || 2° Art de l'apothicaire. On dit aujourd'hui de préférence pharmacie. || 3° Le lieu d'un couvent où l'on met les drogues.

ETYM. Apothicaire, qui devrait former apothicairie; apothicairerie supposant un substantif apothicairier.

+ APOTHICAIRESSE (a-po-ti-kê-rè-s'), s. f. Religieuse qui prépare les remèdes pour les malades de son couvent.

† APOTOME (a-po-to-m'), s. m. || 1° Ancien terme d'algèbre. Reste de deux grandeurs incommensurables dont l'une est retranchée de l'autre. || 2° Terme de musique ancienne. Partie du ton, tantôt plus grande, tantôt plus petite que le semi-ton moyen. Les Grecs distinguaient plusieurs apotomes.

- ETYM. Anоroun, retranchement, de añò, indiquant séparation, et tour, action de couper (voy. TOME).

APÔTRE (a-po-tr), s. m. ||1° Nom donné aux douze disciples que Jésus-Christ chargea de prêcher l'Evangile. Après la mort de N. S. on donna le nom d'apôtre à saint Mathias, élu pour remplacer Judas, à saint Paul et à saint Barnabé. Les apôtres tiennent le concile de Jérusalem, où saint Pierre parle le premier, comme il fait partout ailleurs, Boss. Hist. 1, 10. Les apôtres (c'était encore au temps de la passion), assemblés autour de leur maître, lui montraient le temple et les bâtiments d'alentour, ID. ib. 11, 9. || L'apôtre des gentils, des nations, le grand apôtre ou simplement l'apôtre, saint Paul. || Le prince des apôtres, saint Pierre. || Les princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul. || 2° Par extension, celui qui le premier a prêché la foi dans un pays. Saint Denis est l'apôtre de Paris. || Prêcher en apôtre, comme un apôtre; prêcher avec onction. 3° Nom qu'on donne aux douze pauvres à qui on lave les -ÉTYM. 'Aлоσтроon, de anò, et de orpop (voy. pieds le jeudi saint. || 4° Fig. Celui qui, par ses paSTROPHE), tour; mot à mot, détour, c'est-à-dire détour APOTHEOSE (a-po-té-o-z'), s. f. 1 Mise au roles ou ses exemples, propage une doctrine, une par lequel le discours quitte la personne à qui il s'a- rang des dieux; réception parmi les dieux. On lui opinion. Il s'est fait l'apôtre de cette doctrine noudressait et en interpelle une autre. L'apostrophe, mar- décerna l'apothéose. L'apothéose des empereurs ro- velle. || 6° Familièrement. Si Bacchus, dont je suis que orthographique, a été ainsi nommée parce qu'elle mains. Mais à parler sans fard de tant d'apothéoses, l'apôtre, Ne m'inspire un joyeux transport, BÉRANG. détourne et remplace la lettre élidée. Cette marque [ CORN. Poly. IV, 6. || 2° Par extension. J'ai vu que le Mort subite. Mes bons amis, que je vous prêche à n'est pas ancienne dans notre langue; nos anciens fils de Pépin, Redoutant son apothéose [la mort], table, Moi, l'apôtre de la gaieté, ID. Mes cheveux. manuscrits ne la connaissent pas. Jacques Peletier Disait à l'évêque Turpin, BERANG. Mort de Char-16° Ironiquement et par antiphrase. Bon apôtre, (XVI° siècle), dans son Dialogue sur l'orthographe, lem. || 3° Honneurs, éloges extraordinaires dispen-homme fin et de mauvaise foi. Tout Picard que j'édit qu'elle a été inventée de son temps. Des gram-sés par l'opinion publique. Les sages feront votre tais, j'étais un bon apôtre, RAC. Plaid. 1, 1. Grippe mairiens ont dit que apostrophe, signe grammatical, apothéose de votre vivant, vOLT. Lett. à Cath. 10. minaud le bon apôtre, Jetant des deux côtés la devait être masculin; en effet apostrophus en latin SYN. APOTHÉOSE, DÉIFICATION. Donner l'apo-griffe en même temps, Mit les plaideurs d'accord en est masculin, mais par une erreur; car l'apostrophe théose, c'est mettre au rang des dieux; déifier, se dit en grecañóoτpopos, sous-entendu oyun, c'est transformer en dieu. On donnait l'apothéose aux ce qui veut dire la marque qui détourne. Il n'y a héros et aux rois, aux empereurs, en les agrégeant donc rien à changer dans le genre. aux êtres célestes; c'était une divinité de plus. On APOSTROPHE, LE (a-po-stro-fé, fée), part. déifie en attribuant un pouvoir divin, une nature dipassé. Durement apostrophé par son adversaire. vine à ce qui n'a rien de tel. Quand la crainte ou APOSTROPHER (a-po-stro-fé), v. a. || 1° Adresser l'espérance déifiaient les objets naturels, elles n'en directement la parole. Ici Ver-vert, en vrai gibier faisaient pas l'apothéose. de grève, L'apostropha d'un la peste te crève, GRESS. Ver-vert. ch. IV. Un pédant qu'à tout coup votre femme apostrophe Du nom de bel esprit, MOL. F. sav. 11, 9. 2o Adresser à quelqu'un quelque parole désagréable, mortifiante. || 3° Familièrement. Apostropher quelqu'un d'un soufflet, lui appliquer un soufflet. Un magister s'empressant d'étouffer Quelque rumeur parmi la populace, D'un coup dans l'oeil se fit apostropher, J. B. ROUSs. Epigr.

ETYM. Apostrophe.

APOSTUME (a-po-stu-m'), s. f. ||.1° Abcès. J'ai, dit la bête chevaline, Une apostume sous le pied, LA FONT. Fabl. v, 8 (Des éditions portent un apostume). || 2° Fig. il ne me persuada pas le duc de Noailles contre ce que je savais, mais je crus sage de ne pas presser une telle apostume, ST-SIM. 378, 149. Je suis ravi de vous voir en colère, c'est signe que j'ai mis le doigt sur l'apostume, ID. 390, 6. || Il faut que l'apostume crève, se dit figurément de quelque chose qui doit éclater.

DIEU).

ETYM. 'Aπobéwois, de año, et eɛòs, Dieu (voy

+ APOTHÉRAPIE (a-po-té-ra-pie), s. f. Terme de médecine. Chez les anciens, terminaison de la cure par les bains et autres soins.

- ETYM. 'Arò, indiquant ce qui vient après, et bepaneía, thérapie.

† APOTHESE (a-po-tê-z'), s. f. || 1° Terme de chirurgie. Position qu'il convient de donner à un membre fracturé, après que la fracture a été réduite et maintenue par un bandage. || 2° Terme de rhétorique. Chute finale, trait piquant.

ETYM. 'Aлóbest, mot à mot, disposition, de
arò, et béoic (Voy. THÈSE).
+APOTHESIE (a-po-té-zie), s. f. Voy. APOTHE-

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croquant l'un et l'autre, LA FONT. Fab. VII, 16. Là, Cormoran le bon apôtre.... Vous les [poissons] pre nait sans peine, ID. ib. x, 4. Il doit l'avoir gagné car c'est un bon apôtre, ID. Orais. || Faire le bon apôtre, contrefaire l'homme de bien.

HIST. XI S. Dès les apostles ne fut hom tel prophete, Ch. de Rol. CLXIV. [11] Reclame Deu et l'apostle de Rome [le pape], ib. ccxIII. XII° s. Saint et martir, apostre et innocent Se plainderoient de vous au jugement, QUESNES, Romancero, p. 102. L'apostole [le pape] s'apreste pour la messe chanter, Sax. XIII. L'apostoiles de Rome fu en mi le palais, ib. xv. || xur s. Se tu lui fais nul mal, par l'apostre saint Pierre.... Berte, xx. || XIV S. Clement, par la divine pourveance apostole de l'eglise de Rome, DU CANGE, apostolicus. De nostre pere l'apostoilé Voulsisse qu'il semblast l'estoile Qui ne so muet je voudrais que le pape ressemblat à l'étoile], ID. ib. || xv s. Là tins-je de la foy escole, Comme pastron et apostole De France et de tout le païs, Mir. de sainte Genev. || XVI s. Tous ministres de l'Eglise se peuvent nommer apostres, d'autant qu'ils sont envoyez de Dieu, et sont ses messagers, CALV. Instit. 849.

ΕΤΥΜ. Apostolus, de ἀπόστολος, de ἀπὸ, indiquant envoi, mission, et oréhλw, disposer, envoyer (voy. STOLE). Provenç. apostol; espagn. apostol; ital. apostolo. Dans le vieux français, le pape se

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