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SYN. APPARELL, PRÉPARATIFS, APPRÊTS. Les préparatifs se font d'avance pour une opération qui peut être fort éloignée. Les apprêts sont des préparatifs qui se font pour une opération immédiate. Les préparatifs de la guerre; les apprêts de la bataille. L'appareil se déploie et porte l'attention sur la grandeur et la complication des moyens.

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'sait l'apostle ou l'apostole; cette dernière forme nité. Discours, festin d'apparat. Il fait tout avec | malade, J. J. ROUSS. Héloïse, II, 2. Souffrir sans "t ou bien un mot relativement moderne calqué apparat. Le second fils de M. de Bouillon était élevé murmure est le seul appareil Qui peut guérir l'ensir le latin apostolus, ou une dérivation exacte pour l'Eglise, et soutenait une thèse en Sorbonne nui.... MALH, VI, 2. L'absence est aussi bien un reune forme non latine apostolius. Dans la vraie en grand apparat, ST-SIM. 110, 186. On opina d'ap-mède à la haine Qu'un appareil contre l'amour, LA formation française, apóstolus, ayant l'accent sur parat, et il est constant que cette matière [admettre FONT. Fabl. x, 12. || On désigne sous les noms de pó, n'a pu donner que apostle, apostre. ou non la récusation du premier président] fut épui- Haut ou Grand appareil, Bas appareil, les diverses APOZÈME (a-po-zê-m'), s. m. Terme de méde-sée, RETZ, III, 48. 2° Livre rédigé en forme de méthodes suivant lesquelles on pratique la lithocine. Décoction ou infusion d'une ou de plusieurs dictionnaire pour faciliter l'étude d'une langue, et tomie. 6° En anatomie, les appareils sont des substances végétales, à laquelle on ajoute divers surtout d'un auteur classique. L'apparat de Cicéron, subdivisions très-complexes du corps, constituant un autres médicaments simples ou composés. le dictionnaire des mots et des locutions qu'il a em- tout coordonné, et se subdivisant à leur tour en HIST. XVI s. Quant aux medicamens cholago-ployés. On dit aussi apparatus. | Apparat royal, parties plus simples de diverses natures, appelées orgues comme apozemes et potions, seront ordonnés Petit dictionnaire français-latin à l'usage des com- ganes, ou, réciproquement, un appareil est un assempar le prudent et docte medecin, PARÉ, V, 12. mençants. blage d'organes divers. L'appareil digestif. || 7° En ΕΤΥΜ. Ἀπόζεμα, de ἀποζέω, bouillir, de ἀπὸ, SYN. APPARAT, APPAREIL. Ces deux mots n'ont termes d'architecture, l'art de tracer, de disposer la et téw, bouillir; provenç. apozisma; ital. apozema. rien de commun par l'étymologie, le premier venant pose des pierres dans les constructions suspendues, † APP.... L'Académie écrit par deux p les mots de parare, préparer, et le second de pareil, disposi- comme voûtes, arcades, dômes.|| Lesmaçons nomment composés de ad, à, et d'un mot commençant par tion des choses pareilles, appareil pour une opéra- appareil, l'épaisseur d'une pierre. Une pierre de un p; elle écrit par un seul p les mots composés de tion. Ils se rencontrent dans le sens de magnificence. grand appareil, c'est-à-dire fort épaisse. || Bel appamême qui précèdent; anomalie qui ne sert qu'à com- Mais en raison de leur étymologie, apparat, signi- reil, les assises qui sont de hauteur égale et dont les pliquer l'orthographe (voy. la remarque à APAISER). fiant préparation, indique le soin qu'on a pris, la joints sont bien faits. || 8° En termes de marine, +APPALISSEMENT (a-ppå-li-se-man), s. m. Ac- recherche, et un certain excès qu'on est disposé à l'appareil de la pompe signifie le piston. || 9° Les meution de rendre pâle ou de devenir pâle. L'appâlisse- blâmer. Rien de semblable n'est dans appareil. Un niers donnent le nom d'appareil à de petites planment des caractères (dans un poème), BARTH. ST-BI- festin d'apparat, c'est un festin où l'on déploie sa ches dont ils se servent pour retenir l'eau. || LoLAIRE, J. des sav. 1860, 6o article sur le Ramayana. magnificence. L'appareil d'un festin, c'est la dispo- cution proverbiale qui vieillit: Faute de bon appareil APPARAÎTRE (a-pa-re-tr'), j'apparais, j'apparais-sition d'un grand festin. ou autrement, c'est-à-dire faute de soins ou de sais, j'apparus, j'apparaitrai, apparaissant, apparu, HIST. XVI s. Il alla à la messe à S. Denis le quelque autre façon. v. n. 1° Devenir visible, se montrer. Si ce rameau vingt-uniesme juillet, avec tout l'aparat que le lieu d'or apparaissait à mes yeux!... Etoiles apparais- et le temps permettoient, D'AUB. Hist. III, 294. sant tout à coup. Une voile apparaît à l'horizon. La ETYM. Apparatus, préparation; de ad (voy. A) nouvelle terre qui apparaissait à Christophe Colomb. et parare, préparer (voy. PARER). I apparait de temps en temps des génies qui.... APPARAUX (a-pa-rð), s. m. plur. Mot que tous Votre digne moitié, couchée entre des fleurs, Tout les marins instruits regardent comme le pluriel d'apprès d'ici m'est apparue, LA FONT. Fab. vIII, 14. Il pareils. On entend par apparaux ou appareils la HIST. XIII* S. dist à ses senescaus Que voin'apparait qu'à ses disciples, il ne se montre que réunion de diverses machines funiculaires ou autres, dans les lieux solitaires et écartés, MASS. Car. Jour nécessaires pour une grande opération. Les agrès sent en la vile ès plus maistres casaus, Et gardent de Pâques. Les patriarches lui dressèrent des au- et appareils ou apparaux d'un bâtiment sont la col- que moult soit riches ses aparaus, Ch. d'Ant. 1, 764. tels [à Dieu] en certains endroits où il leur avait ap-lection de son gréement et de ses machines. Ceux qui xv s. Entrementes que le roi d'Angleterre faisoit les vivres, MONdames....FROISS. paru, m. ib. Respect. || 2° Fig. La mort lui apparais- ont fourni les agrès, les apparaux, son appareil pour recevoir seigneurs, sait glorieuse. Quand du sein de la nuit qui les TESQ. Esp. xx, 6. 1, 1, 214. Le jour devant, si fis mon appareil De me recèle encore, Apparaîtront au jour ces funestes se- REM. On voit que Montesquieu a employé ap- couchier, sitost que le soleil Je vy retrait et sa clarté crets, M. J. CHÉN. OEdiperoi, II, 2. || 3° Etre clair, évi- paraux dans le vrai sens et non dans celui que l'A- mussée, CH. D'ORL. Bal. 73. Dans le four est mis dent. Cela apparatt. || 4° Sembler. Il m'apparait que cadémie lui donne : voiles, vergues, ancres, etc. l'appareil, Tu en doibz avoir un pareil, LA FONTAINE, vous êtes là, et il me semble que je vous parle; HIST. XVI S. Le prince qui ne pouvoit entrer 781. Chacun des supplians ayant son appareil ou charmais il n'est pas assuré que cela soit, MOL. Mar. demeura sur le havre sans artillerie et sans appa- rue de boeufs pour labourer, DU CANGE, apparaforce, 8.5 Terme de chancellerie. Faire ap- raus, D'AUB. Hist. II, 304 (voy. APPAREIL). menta. Les Turcs firent très grant appareil, mais ETYM. Pluriel de appareil. ce fut si celéement que oncques le roi n'en sceut paraître de ses pouvoirs, les notifier selon les formes. En termes de palais, s'il vous apparaît APPAREIL (a-pa-rèll, ll mouillées), s. m. || 1° Dis-rien, Bouciq. 1, 24. Ainsi fit là son appareil moult que cela soit; si, examen fait, vous trouvez que cela position de ce qui a grandeur ou pompe. Appareil de grandement et très honorablement Messire Boucisoit ainsi. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir guerre. Appareil de fête. Elle était née dans une cour quaut, ib. 1, 16. Fstant en ce povre appareil, le duc 7. || XVI S. Le barbier, qui, et l'auxiliaire être : Ces spectres m'ont apparu ou où la majesté se plaît à paraitre avec tout son appa- de Lorrayne.... COMM. V, me sont apparus; ils m'ont apparu au moment où reil, BOSS. Marie-Thérèse. Les traités de paix ne sont aiant accommodé son premier appareil, me lava.... j'éteignais ma lumière; ils me sont apparus, et j'ai que comme l'appareil d'une nouvelle guerre, MASS. D'AUB. Fon. II, 10. De la maniere d'extraire les pierpu longtemps 1-3 contempler. Louis le Grand. ont de ce grand hymen suspendu res aux hommes, qu'on appelle le grand et haut apREM. On employé autrefois ce verbe avec se; l'appareil, VOLT. Zaïre, ш, 1. Le tyran règle tout: pareil, PARE, xv, 45. Hommes d'armes armez à hault C'est un archaïsme, comme on peut voir à l'historique. il semble qu'il apprête L'appareil du carnage et non appareil, AMYOT, Lucul. 75. J'ay pensé qu'il falloit jà Il était . turel que J. C. glorieux s'apparut à celui qui pas d'une fête, ID. Mérope, IV, 5. Je montrai le pre- faire grant appareil pour le soupper, ID. ib. 81. * ÉTYM. Voy. APPAREILLER. Provenç. aparelh; devait seigner J. C. crucifié, FLÉCH. I, 147. L'ange mier au peuple du Mexique L'appareil inouï pour du Seigneur s'apparut à lui [Jochin] avec une grande ces mortels nouveaux De nos châteaux ailés qui anc. catal. aparell; espagn. aparejo; portug. aphimière, VOLT. Phil. v, 110. Il faudra voir l'endroit volaient sur les eaux, VOLT. Alz. I, 1.2° Pompe, parelho; ital. apparecchio. Dans le vieux français, où les Muses se sont apparues à vous, BALZ. liv. IV, magnificence. Quand la bienséance exigeait de lui le mot était apareils, apareux, aparaux, au nomilett. 7. ors s'apparaît à elle la belle et véritable en certaines occasions de la dépense et de l'appareil, natif singulier; apareil, au régime singulier; et au idée d'une vie hors de cette vie, BOSS. Connaiss. v, 6. il était magnifique sans aucun regret et de très-pluriel, appareil au nominatif, et apparaux au réHIS XI S. Mout grant domage lui est apareût, bonne grâce, FONTEN. Newton. Je fuis des cours le gime; c'est ce qui explique la forme apparaux dans Th. de Roi. CL. | XII° s. Deu [il] reclama qui fut aparis- pompeux appareil, BERANG. Nouv. Diog. Vous avez le langage de la marine. int Aux tro:s Maries.... Ronc. p. 100. Passe la nuiz, fait un dîner de grand appareil, sÉv. 236. N'emS. Ca jours, ib. p. 148. [Vous, Jésus-Christ] pruntant rien de l'appareil, devant tout à lui-même, es à vos disciples] loiaument sans boizdie MASS. Conty. Et vous allez au temple Y changer .. ib.p. 173. ||xIII*s. Il reprouvent le service que l'allégresse en un deuil sans pareil, La pompe nupnous fait, tel come toute la gent sevent, et tiale en funèbre appareil, CORN. Rodog. V, st aparissant, VILLEH. XCIV. Si s'aparust haut appareil d'une pompeuse gloire, ID. Hor. II, 6. Famouj, et sor mon chief Me mist sa main.... Vous même avez dicté tout ce triste appareil, RAC. La Rose, 10347. Tout fust il ainsi que nus ne se fust Esth. i, 1. J'ai moi-même ordonné La suite et apar 13 contre eus, BEAUM. 54. Mult s'enfui isnele- l'appareil qui vous est destiné, ID. Mithr. III, 1. ment, Et cil la suit apertement, Cui n'aparoit point || 3° Fig. Un monde où vous ne servez plus que d'un de vieillece, De faintise ne de perece, RUTEB. 11,132. appareil incommode, MASS. Prod. || 4 Terme de li xve s. Et toujours se tenoit le siege, sans ce que sciences et d'arts. Assemblage de pièces, d'instruaucunes gens apparussent de par messire Charles ments propres à une opération. Į En physique, colde Blois pour lever le siege, FROISS. I, 1, 208 || XVIe s.lection des instruments et ustensiles nécessaires pour De ses dens il rumpit dudict tymbre un morceau, comme tres bien apparoyst, RAB. Pant. II, 4. L'ombre au matin nous voyons ainsi croistre, Sur le midy plus petite apparoistre, Puis s'augmenter devers la fin du jour, DUBELL. V, 36, verso. La nuict en dormant, la deesse Vesta s'apparust à luy, qui lui defendit de le faire, AMYOT, Rom. 4. On dit qu'il apparut à Remus six vaultours, et à Romulus douze, in. Rom. 14. L'on disoit qu'il y apparoissoit des fantasmes, ID. Solon, 19. On dit qu'il s'apparut en l'air une grande flamme, ID. Them. 29.

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ETYM. Apparescere, de ad (voy. A), et un mot non latin parescere, paraitre; provenç. aparer, apaeysser; catal. aparexer; espagn, aparecer. APPARAT (a-pa-ra), s. m. || 1o Pompe et solen

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5.... Pour

+ APPAREILLADE (a-pa-rè-lla-d', ll mouillées), s. f. Terme de chasse. Formation des couples de perdrix pour la reproduction.

-ETYM. Appareiller.

APPAREILLAGE (a-pa-rè-lla-j', ll mouillées), s. m. || 1 Terme de marine. Préparatifs pour mettre à la voile. Faire son appareillage. || 2o En économie rurale, choix de deux ou plusieurs animaux d'après leur conformation, leurs aptitudes, leur taille, leurs forces, pour les faire travailler au même joug, à un service commun.

219.

ETYM. Appareiller. APPAREILLÉ, ÉE (a-pa-rè-llé, llée, il mouillées), part. passé. Des chevaux appareillés. Ne t'afaire une expérience et vérifier les lois d'un phéno- larme pas trop d'être appareillé avec un criminel au mène. ] En chimie, assemblage méthodique de vases, char de la vie, CHATEAUB. Natch. V, APPAREILLEMENT (a-pa-rè-lle-man, mouilde tubes et d'ustensiles destinés à une opération chimique. || 5° En chirurgie, assemblage méthodi- lées, et non a-pa-re-ye-man), s. m. || 1o Action que de tous les instruments et objets nécessaires d'appareiller deux objets. || 2° En économie rurale, pour pratiquer une opération ou faire un pansement. choix raisonné, selon le but qu'on se propose, | Par extension. Plateau à compartiments sur lequel de deux animaux domestiques, soit pour la resont placées les diverses pièces d'appareil néces- production, soit pour le travail. On dit aussi appasaires pour les pansements, telles que bandes, com-tronnement. presses, etc. ||L'ensemble des pièces de pansement qu'on applique pour une lésion. Un appareil à fracture. Nous lui avons mis le premier appareil que nous lèverons demain, sEv. 70. Le premier appareil avait été levé, ID. 44. || Fig. Vous m'aiderez à mettre quelque appareil sur les blessures de ce cœur

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aparellamen; anc. espagn. aparejamiento; ital. ap- ment que le génie est toujours si rare, VAUVENAR-
parecchiamento.
GUES, Du génie. || 8° En apparence. Le coadjuteur ne
APPAREILLER (a-pa-rè-llé, ll mouillées), v. a. laissa apparemment d'employer la dignité de son
1 Trouver un pareil à quelque chose. Il faut ap-caractère et ses persuasions pour calmer les orages,
pareiller ces gants, ces souliers, ces pistolets. LAROCHEF. Mém. 30. Tant que Galba vivra, le respect
12° En termes d'architecture, marquer les pierres de son âge, Du moins apparemment, soutiendra son
selon qu'elles doivent être taillées. || 3° En économie suffrage, CORN. Othon, III, 5. Une puissance appa-
rurale, et en parlant des animaux domestiques, remment assurée, ST-ÉVREM. II, 459. En public elle
choisir deux individus pour les faire concourir simul- me persécutait apparemment avec plus d'animosité
tanément à un but commun. On dit aussi appatron- que les autres, SCARR. Rom. com. II, 14. O ciel ta
ner. || 4° En termes de pêche, appareiller un filet, le providence, apparemment prospère, Au gré de mes
disposer pour la pêche. 1 5 Technologie. Apprêter le soupirs de deux fils m'a fait père, ROTROU, Vencesl.
mélange des poils et des laines pour faire un cha- IV, 6.
peau. 6 Joindre ensemble des planches de même
longueur et de même épaisseur. || 7° V. n. Terme
de marine. Mettre à la voile. Nous appareillames le
lendemain pour retourner en Angleterre, VOLT.
Jenni, 12. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
|| 8° S'appareiller, v. réfl. Se joindre à un de ses pa-
reils. Ils sont dignes de s'appareiller. || 9° S'accou-
pler, en parlant des oiseaux. Quand la tourterelle a
perdu sa compagne, elle ne s'appareille plus avec
une autre, RICHELET.

HIST. XI S. L'aveir Carlon est-il apareillez? Ch. de Rol. L. Et de bataille sont tuit apareillez, ib. LXXXVIII. XII s. Plus grant navie [flotte] ne fut apareillée, Ronc. p. 118. De beles armes [ils] furent aparellié, ib. p. 180. Le terme vous dirai de vous aparoillier; D'hui cest jour en un an soiez prest d'ostoier [entrer en campagne], Sax. XVI. || XIII S. Et l'empereres Alexis avoit appareillies grans gent pour assaillir aus trois portes, VILLEH. LXXXI. Menestrel s'apareillent pour faire leur mestier, Berte, XI. Son afaire [elle] appareille, mains [moins] qu'ele peut, detrie [tarde], ib. LXXII. Et lors fu mout trestout appareilliés li lis [le lit], ib. LXXV. Nous sommes tout aparelliet de deffendre le roiaunie et vous et nous et nos hommes, Chr. de Rains, 24. Et li veneres moult se peine De ses levriers apareillier, Ren. 22209. Lors te vendra en remembrance Et la façon et la semblance A cui nule ne s'apareille, la Rose, 2447. Especialment l'espée temporel doit toz jors estre apareillie por garder et deffendre Sainte Eglise toutes les fois que mestiers est, BEAUM. XLVI, 12. En ce point que je appareilloie pour mouvoir, JOINV. 208. Ainçois manjoit ce que ses queus li appareilloient devant li, ID. 193. || xv s. La dame fit appareiller toutes ses besognes, et payer et delivrer aux hostes.... FROISS. I, 1, 12. Où le roy Philippe estoit tout appareillé de le recevoir [Edouard à Amiens], ID. I, 1, 52. Pour eviter tous ces grans perilz qu'il veoit appareiller contre luy, COMM. IV, 8. Noz œuvres envers luy [Dieu] ne d'ung costé ne d'autre n'estoient point dignes de recepvoir cette longue paix qui nous estoit appareillée, ID. V, 13. proceder par la pluralité des voix au bannissement || xvr. s. Si estoit le peuple prest et appareillé de de l'ostracisme, AMYOT, Alc. 20. Surprendre les ennemis en desarroy, estans empeschez à faire leur logís et appareillez à soupper, ID. Timol. 16. Ilz le firent advertir qu'il se gardast du poison qu'on luy avoit appareillé, ID. Flamin. 41. Les Egyptiens qui s'apparendoient pour voguer aprèz eulx, ID. Pomp. 110. La merci est appareillée à toutes fautes, quand le pecheur se retourne par devers la clemence du Seigneur, CALV. Instit. 437. Cela. donna moien à Lansac, appareillant de bon matin, de prendre sa place au siege, D'AUB. Hist. II, 300.

REM. On le met au commencement d'une phrase ou après le verbe: apparemment il viendra, ou il viendra apparemment. On dit aussi : apparemment qu'il viendra.

HIST. XVI s. Ces injustices-ci et autres semblables, si apparemment mauvaises, ne sont gueres commandées, si ce n'est par quelques-uns qui ont l'esprit et le cœur barbares, LANOUE, 218.

moi, HAMILT. Gramm. 8. Selon les apparences, ils perdirent courage, FEN. Tél. vi. Il y a apparence que. Iln'y aurait point d'apparence qu'un particulier fit.... DESC. Méth. Il y a apparence que je me ressentirai de votre faveur, BALZ. Liv. VI, lett. 2. Il y a de l'apparence que nous lui gagnerons son argent, HAMILT. Gramm. 3. Il y a apparence qu'on ira voir cette personne, SEV. 408. Je la crois telle aujourd'hui qu'elle a toujours été, et il n'y a pas d'apparence qu'elle se perfectionne jamais.... DIDER. Lett. sur les sourds et muets. Il n'y a pas d'apparence que je puisse vous voir sitôt, Bos. Lett. Corn. 31. Quelle apparence y avait-il qu'ils [les mages] demeurassent dans leurs palais, tandis que Jésus-Christ était dans sa crache? FLECH. Serm. 1, 208. Quelle apparence y a-t il qu'on puisse les réduire et les ramener à Dieu [ses sens et ses pensées] quand on veut? ID. Panég.11, 239. | Il n'y a pas apparence de avec un infinitif. Il n'y a point d'apparence d'être prodigue dans la pauvreté, BALZ. Liv. v, lett. 9. Il n'y avait pas d'apparence d'abandonner mon ami dans un si grand accableETYM. Apparemment est pour apparent-ment, ment d'affaires, SCARR. I, 104. || Elliptiquement. de apparent au féminin, suivant l'ancienne décli- Mais l'apparence, ami, que vous puissiez lui plaire, naison des adjectifs, et le suffixe ment (voy. MENT). Teint du sang de celui qu'elle aime comme un père? APPARENCE (a-pa-ran-s'), s. f. || 1° Ce qui appa- CORN. Cinna, II, 2. Quelle apparence de pouvoir ratt d'une chose. Il ne faut pas toujours juger sur les remplir tous les goûts? LA BRUY. Disc. sur Théophr. apparences, sEv. 461. L'apparence nous trompe, et Quelle apparence de dire que je veux envoyer des je sais en effet.... CORN. Heracl. IV, 6. L'apparence troupes ? FEN. Tel. XII. Quelle apparence qu'il vienne t'abuse, il m'aime au fond de l'âme, ID. Sert. II, 3. dans une tle si éloignée? ID. ib. XIV. Quelle appaDe votre changement la flatteuse apparence M'a- rence de s'en prendre à un pécheur qui se repent? vait rendu tantôt quelque faible espérance, RAC. FLECH. Serm. 1, 289. Mais quelle apparence de m'étenBérén. v, 7. Son esprit était éclairé d'une foi con- dre davantage sur un sujet où, si je veux me louer stante et inébranlable que les apparences humbles et de votre bonté.... PELLISSON, Disc. à l'Académie. pauvres ne pouvaient blesser, FLÉCH. I, 118. Vous || 6° Faux-semblant. Ils couvrent leurs passions sous le pourriez avec d'autant plus d'apparence de raison une apparence de piété, FLECH. Lam. Vices déguisés que.... FÉN. Tél. xx. Non, non, vous vous laissez sous les apparences de la vertu, FÉN. Tél. III. Allons tromper à l'apparence, MOL. Tart. III, 6. Elle don- chercher fortune autre part, je vois bien qu'on nerait au public quelques apparences en faveur du n'aime ici que la fausse apparence, MOL. Préc. rid duc, HAMILT. Gramm. 8. || 2° Absolument, belle ap- sc. 18. || 7° En apparence, loc. adv. D'après ce qui parence, Lelles apparences. Dans le hameau, cette parait, ce qu'on voit. La condition la plus heureuse maison a quelque apparence, J. J. ROUSS. Ém. v. en apparence a ses amertumes. Qu'elles le soient Le règne de Dieu ne viendrait point avec apparence, effectivement et non en apparence, BOSS. Polit. Du FLECH. Serm. 1, 20. Il ne fallait que la revêtir [l'i-prince, en apparence, elle reçoit les voeux, Mais dolâtrie] de quelque apparence et l'expliquer en pa- elle les reçoit pour les rendre à Roxane, RAC. Baj. roles dont le son fat agréable à l'oreille pour la faire 1, 1. Hermione, seigneur, au moins en apparence, entrer dans les esprits, BOSS. Hist. I, 12. | Sauver les Semble de son amant dédaigner l'inconstance, ID. apparences, ne laisser rien apercevoir de blamable. Andr. I, 1. Et qui croira qu'un cœur, si grand en Pourvu qu'elles sauvent les apparences, MOL. Impr. 1. apparence.... m. Brit. III, 6. Si l'on guérit le mal, II tâche de sauver les apparences, BOSS. II, Pénit. 3. ce n'est qu'en apparence, CORN. Cid, II, 3. || 8° En Ils ne lui donneront un baiser de paix que pour sau- perspective, l'apparence d'un objet est le point par ver les apparences, MASS. Pass. Tous ceux qui ont lequel on suppose que passe une ligne qui vient passé le Styx après moi [Tatius], m'ont assuré que tu directement à l'œil. [Romulus] n'as pas même sauvé les apparences [de mon assassinat], FEN. XIX, 164. Afin d'en sauver à tout le moins l'apparence.... vous direz garde encore à la vérité les apparences, MASS. Parla traduction d'une ode, BALZ. Liv. VII, lett. 27. On HIST. XIII S. Se uns estranges areste en une don. || 3° Forme, figure. Sous une apparence mor- vile un an ou deus, sans fere aparance de voloir y telle. || 4° Marque, vestige. Il ne reste à cette femme demorer, BEAUM. LVI, 3. En tel cas il poent estre aucune apparence de beauté. Sans qu'il y ait jamais prové à bastart par l'aparance du fet, ib. xvIII, eu aucune apparence de danger, SEV. 249. || 5° Vrai-xv s. Et souffist parler de ceulx qui de prime face semblance, probabilité. Peut-être, et ce soupçon ont aucune apparence, ORESME, Eth. 111. || xv S. n'est pas sans apparence, CORN. Poly. III, 5. Il y Et veulent dire les aucuns que ce dimanche, seavait quelque apparence qu'il n'en était pas échappé, lon les apparences que on y vit depuis, le duc ID. Ex. du Cid. C'est elle dont je tiens cette haute de Bretagne ot traité aux Anglois, FROISS. II, II, 215. espérance Qui flatte mes désirs d'une illustre appa- Les apostres ne le doulz Jhesu Crist Ne porterent rence, ID. Pomp. IV, 3. Croyais-tu que son cœur, draps de grant apparance, E. DESCH. L'habit ne fait contre toute apparence, Pour la persuader trouvât pas l'homme. || XVI s. Chose qui eust eu apparence tant d'éloquence? RAC. Baj. III, 3, Un roi qui na- qui eût semblé vraie] en un autre siecle, MONT. 1, guère avec quelque apparence De l'aurore au cou27. Ambassadeur par effect, mais par apparence chant portait son espérance, ID. Mithr. III, homme privé, ID. 1, 38. On peut dire avecques apAPPAREILLEUR (a-pa-rè-lleur, ll mouillées), s.....cette guerre, Arcas, selon toute apparence, Aurait parence que.... ID. I, 124. Il n'y a pas grande appam. || 1° Chef-ouvrier qui trace la coupe de la pierre dû.... ID. Iph. 1,1. Parmi tous ces discours dépour- rence que cette isle soit ce monde.... ID. I, 232. à ceux qui la doivent tailler. || 2° Ouvrier qui apprête vus d'apparence, ROTR. Antigone, Iv, 5. Ils n'é- L'alteration des sainctes escritures est deffendue, non les bas et les bonnets. || 3° Ouvrier qui prépare les taient pas moins en admiration de leur rétablisse- sans apparence [raison], ID. I, 399. Cest argument soies pour fabriquer les étoffes. ment fait contre toute apparence, BOSS. Hist. certes a apparence; neantmoins.... LANOUE, 230. Le II, 5.. N'est-ce pas une témérité insupportable François est prompt d'embrasser les choses où il void d'avancer des impostures si noires non-seulement quelque apparence d'y recevoir louange, ID. 235. sans la moindre preuve, mais sans la moindre Un autre dessein fut tenté par lui (qui ne fut non ombre et sans la moindre apparence? PASC. Prov. 2. plus executé) auquel il y avoit, ce me semble, plus ETYM. Appareilleur. Vous n'avez pu donner la moindre apparence d'apparence, ID. 553. Tant en apparence qu'en efAPPAREMMENT (a-pa-ra-man), adv. ||1° Mani-à une accusation qu'il n'eût été permis d'avan- fect, ID. 606. Il n'y a point d'apparence que je m'y festement. Ce sens a vieilli; il a été très-usité autre- cer qu'avec des preuves invincibles, ID. ib. 16. doive fier, CARL. IV, 14. Que les affaires de la relifois. Un psaume qui apparemment est de Salomon, Je le quittai, et je ne vois guère d'apparence d'y gion estoient beaucoup plus en apparence d'avoir BOSS. Polit. Quoi qu'il en soit, deux choses sont retourner, ID. ib. 10. Il va à droite et à gauche, se- pis qu'en esperance de mieux avoir, M. DU BELL. 185, assurées, l'une que le miracle de l'apparition de l'é- lon qu'il y voit de jour et d'apparence, LA BRUY. 6. Je porte la peine de ce que je ne suis pas beau filz toile servit de règle à Hérode pour étendre son mas- Son voyage finira bientôt, selon toutes les apparen- ny homme de nulle apparence, AMYOT, Philop. 3. sacre; l'autre que celui qu'il cherchait fut le seul ces, ID. 223. Je le croirais bien, il y a toutes les apparemment qui lui échappa, ID. Élévations sur les apparences du monde, MOL. Préc. rid. sc. 6. Je vois mystères, 19 semaine, 4. Ce discours apparemment trop d'apparence à tout ce qu'il a dit, ID. le Dép. 1,5. véritable, VAUGEL. Q. C. 273. 12° Selon les appa-Il n'y a nulle apparence à cela, ID. Préf. de Tart. rances, vraisemblablement. C'est la nécessité de ce On peut juger avec grande apparence Que.... LA FONT. concours de tant de qualités.... qui fait apparem-Rich. Je ne vois pas d'apparence qu'ils disposent de

ETYM. A et pareil; mettre ensemble des choses pareilles, assortir, arranger; provenç. aparelhar; espagn. aparejar; ital. apparecchiare.

ETYM. Appareiller. APPAREILLEUSE (a-pa-rè-lleu-z', mouillées), s. f. Terme injurieux. Femme qui s'entremet dans

de mauvais commerces d'amour.

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que c'est

REM. L'Académie dit: sous apparence de l'amitié. Cela ne paraît pas correct; il faut, ou sous l'apparence de l'amitié, ou sous apparence d'amitié, ou sous une apparence d'amitié.

14.

ETYM. Provenç. apparencia, aparensa; es pagn. apariencia; ital. apparenza; du latin appa rentia, de apparens, apparent.

APPARENT, ENTE (a-pa-ran, ran-t'), adj. || 1°Visible, évident, manifeste. Des vices apparents. Bour geon' bien apparent. Apparent et croyable attentat,

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-HIST. XIII's. Povres parenz nus nul] n'aparente, I de Dieu, LAMART. Harm. I, 14. Ces apparitions sont RUTEB. 226. || xv s. Devers le pere, je ne fois [fais] comme les images.... TRISTAN, Mariane, 1, 2. doubte qu'il ne soit bien aparenté, Lett. du temps || 5° Spectre, vision, fantôme. Il y a dans les camde L. XI. Bibl. des Chartes, 4o série, t. 1, p. 19. Avoit pagnes bien des gens qui croient encore aux appagrandes intelligences au pays dudit duc, où il es- ritions. toit fort apparenté, cOMM. III, 11. || XVI s. Sous la faveur de la duchesse, laquelle estant du sang roial, apparentée de ceux de Guise.... D'AUB. Hist. 1, 293. J'aurois beaucoup de parents, si tous les enfans de ceux qui ont espousé des princesses de sang me youloient apparenter, CARL. III, 3.

KOTR. Bélis. IV, 1. Il est apparent qu'ils [M. le duc du
Maine et Mme de Maintenon] essuyèrent des scènes du
roi, ST-SIM. 364, 52. || 2o Remarquable entre les au-
tres. Il a la maison la plus apparente de la ville. Une
troupe de nymphes la vint recevoir jusque par delà le
perron; et après une inclination très-profonde, la plus
apparente lui fit une espèce de compliment, LA FONT.
Psyché, liv. I, p. 36. || Substantivement. Les plus
apparents, ceux qui occupent le principal rang. Les
plus apparents étaient de l'avis de Perdiccas, VAUGEL.
Q.C. 578. || 3° Spécieux. Voilà ce qu'on pourrait dire de
plus apparent pour soutenir cet état, BOSS. Lett. quiét.
12. || 4° Qui n'est qu'en apparence. Un prétexte appa-
rent. Une piété apparente. Le mouvement apparent
du soleil autour de la terre. Le sens apparent de
'Ecriture. En astronomie, le diamètre appa-
rent d'un astre, l'angle sous lequel le diamètre en
est vu. Hauteur apparente, hauteur au-dessus de
l'horizon en ne tenant pas compte de la réfraction et de
la parallaxe. || 5o En jurisprudence, servitudes appa-tre
rentes, celles qui s'annoncent par des ouvrages exté-
rieurs, tels qu'une porte, une fenêtre, un aqueduc.

SYN. APPARENT, VRAISEMBLABLE, PROBABLE, PLAUSIBLE. Ce qui est apparent a une certaine apparence en sa faveur. Ce qui est vraisemblable est conforme au train ordinaire des choses; il n'y a ni contradiction, ni impossibilité. Ce qui est probable a en sa faveur un commencement de preuve positive. On voit que ces trois expressions désignent trois degrés croissants de crédibilité. Plausible signifie digne d'être applaudi, digne d'assentiment. Une opinion plausible, une excuse plausible, c'est une opinion, une excuse à laquelle nous devons ou pouvons acquiescer; on voit que dans plausible on considère moins l'apparence, la vraisemblance ou la probabilité que l'effet que la chose plausible produit

sur nous.

- ETYM. A et parent.
+APPARESSER (a-pa-rè-sé), v. a. || 1a Rendre pa-
resseux. Je ne voulais pas leur montrer [au duc et
à la duchesse d'Orléans] tous mes ressorts pour ne
les pas ralentir et apparesser par compter trop sur
mon industrie, ST-SIM. 267, 105. || 2° S'apparesser,
v. réfl. Devenir paresseux.

HIST. XVIe s. Pour garder que les forces de noestomach ne s'apparessent, MONT. II, 15. Le corps et l'esprit s'apparessent en moi par la repletion, ID. IV, 288.

HIST. XV* s. Et mesmes, pour plus grant apparucion montrer, le Dauffin mist hors ceux qui lui avoient donné ce conseil, FENIN, 1419. || XVI S. Le dit cabinet semblera estre tout d'une piece, parce qu'il n'y aura aucune apparition [apparence] de jointures, PALISSY, 60. Ceste apparition miraculeuse.... AMYOT, Timol. 11.

ETYM. Apparitio, de apparere (voy APPAROIR). On a dit aussi apparution, qui est tombé en désuétude.

APPAROIR (a-pa-roir), v. impers. Usité seulement à l'infinitif et à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif : il appert. Terme de palais. Etre constaté. Comme il appert par jugement du tribunal. Il a fait apparoir de son bon droit. Votre respectable père signa toujours de Rony, ainsi qu'il appert sur votre propre extrait de baptême, P. L. COURR. II, 368. Appert-il mieux des disposi+ APPARIATION (a-pa-ri-a-sion), s. f. Action tions des hommes que par un acte signé de leur d'apparier, de mettre en comparaison. main? LA BRUY. 14.

- ETYM. A et paresse.

· HIST. XVI s. Nostre arrogance nous remet tous-
jours en avant ceste blasphemeuse appariation,
MONT. II, 268.

ETYM. Apparier.
APPARIE, ÉE (a-pa-ri-é, če), part. passé. Mis par
paire. Des bœufs appariés.

APPARIEMENT ou APPARIMENT (a-pa-ri-man),
s. m. Action d'apparier, d'unir par couple, d'assor-
tir par paire.

- ETYM. Apparier.

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REM. A l'infinitif, ce verbe ne se dit qu'au palais; cependant La Bruyère a dit, ch. 7: Ne faire qu'apparoir dans sa maison. C'est un archaïsme.

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Eth.

HIST. XI S. Tresvait la nuit, et apert la claire aube, Ch. de Rol. LVII || XIII S. Devant l'aube aparant, ains qu'il fust ajourné, Berte, xv. [Que] Leur male traison devant tous en appert, ib. xxxiv. Ains que gueres de jour là en droites apere.... ib. XLIV. Car quant ainsinc apert par air, la Rose, 5981. Or sus, or sus, font-il, barons; Se tantost armés n'aAPPARIER (a-pa-ri-é), v. a. || 1° Assortir par parons, Por secoure ce fin amant.... ib. 15282. Et paire ou couple. Apparier des chevaux de carrosse, cil qui povres apparront, Lor propres freres les harde labour. Apparier des gants, des bas. || 2° Mettre ront, ib. 8217. Je vins à ore et à tens por mon jor ensemble le mâle et la femelle; ne se dit que des garder, et l'ai gardé si come je dei, trusque as esoiseaux, et en particulier des pigeons et des tour- teilles aparans el ciel, Ass. de Jér. 86. ||xive s. Si terelles. || Par plaisanterie. Ah! par ma foi je crois comme entre innombrables exemples peult apparoir qu'il en fera de belles, Si le diable vous tente et de ceste très commune proposition, ORESME, veut vous marier, Qu'il cherche un autre objet pour Prol. Par quoy il appert clerement que nostre bon vous apparier, REGNARD, Legat. 1, b. || 3° S'apparier, roy Charles peult estre dit Charles grant en sagesse, v. réfl. Se mettre par couple de mâle et de femelle. ID. ib. Et pour ce comme il apperra après par ArisDans cette saison, les tourterelles s'apparient. tote, ceste science appartient par especial et princi|| 4° Par extension. Ils travaillent un mois à cher-palement aus princes.... ID. ib. Et ce que dit est que cher comme à fils Pourra s'apparier la rime de prudence est vers choses singulieres, il peut appaMemphis, THEOPHILE, Élégie à une dame, 84. roir par signe, ID. ib. 181. || xv s. Les archers anglois traioient si ouniement et si roidement que à peine ne s'osoit nul apparoir, FROISS. I, I, 208. Îl ne parle pas chrestien Ne nul langage qui appere, Patelin. Ils ne se montroient ne apparoient, sachant.... LOUIS XI, Nouv. XXVI. || XVI s. Cacher mon dueil, afin que mieux appere, MAROT, II, 390. Or voy-je bien, amy, et bien appert Que maugré toi en cestuy bois desert Suis demourée, ID. II, 5. Au reste comment Dieu fleschit et tourne çà et là tous evenemens par la bride de sa providence, il nous apperra par un exemple notable, CALV. Inst. 143. Alors tout ce qui est en ce lieu APPARIEUR, EUSE (a-pa-ri-eur, eu-z'), s. m. nous appert ou vert, ou jaune, ou violet, MONT. II, et f. Celui, celle qui apparie. Une marieuse de gens, 371. Ilz n'avoient que l'honneur et le nom de roys on appelle vulgairement cela une apparieuse, TAL-tant seulement, sans autre qualité qui les feist apLEMANT, VIII, p. 70.

HIST. Xп s. Mal guerredon leur en fu aparant,
Ronc. p. 14. Va s'en la nuiz, li jors est aparanz, ib.
p. 24. XIII s. Mais l'en puet tiex songes songier
Qui ne sunt mie mençongier; Ains sunt après bien
apparant, la Rose, 5. Je me puis bien fere partie de
ce où je voi mon damace aparant, BEAUM. XII, 12.
|| xv s. Ils cheminent par apparent ainsi que gens
qui demandent bataille, FROISS. 11, II, 66. Et ne
veoient apparent de confort de nul costé, ID. I, I,
234. En vertu d'une procuration apparent suffisam-
ment, qui là fut apportée de par le roi d'Angleterre,
ID. 1, 1, 46. Et si aprochoit l'hiver, et si ils n'avoient
encore fait nul fait d'armes, ni apparent n'estoit du HIST. xv s. Ce seroit une belle paire, Et Diex
faire, ID. I, I, 81. L'orgueil seroit si grand en toutes doinst qu'amour nous apaire, FROISS. Espinette
communautés que tous gentilshommes s'en doute-amour. xvi s. Cecy se pourroit apparier [compa-
roient, et jà en avoit-on vu l'apparent en Angle- rer] à ce qu'on veit dernierement, MONT. 1, 6.
terre, ID. II, II, 203. Tousjours les sages veullent Ceulx qui apparioient Plaute à Terence, ID. II, 102.
chercher quelque bonne couleur et ung peu appa- En quoi la tourterelle, qui jamais ne s'apparie qu'à
rente, COMM. III, 1. Et alloit ce pays en grant trou- un, leur doit faire grand honte, YVER, p. 569. Il
ble, et a esté jusques icy et est apparent de faire.... n'y en avoit point que nous luy puissions plus raison-
ID. VI, 3. || XVI s. Il est mieulx deu aux plus appa-nablement apparier que Eumenes, AMYOT, Sert. 1.
rents de se faire attendre [au rendez-vous], MONT. – ÉTYM. A et paire; provenç. apariar; espagn.
I, 51. Une si grossiere et apparente ou ignorance aparear.
oa couardise, ID. I, 56. Sans cause apparente, ID.
1. 64. Les plus apparents de la court.... ID. I, 110.
Il avoit desjà pourveu au places où il estoit appa-
rant que l'ennemy s'attaqueroit, M. DU BELL. 94. Il
crea cent conseillers, les plus apparents et les plus
gens de bien de la ville, lesquelz il appela Patri-
ciens, AMYOT, Rom. 19. Il estoit apparent que le
combat y seroit aspre et penible, à cause de la ma-
laisance du lieu, ID. Rom. 27. Cela le rendit gran-
dement, et non sans apparente raison, suspect
d'avoir esté luxurieux, ID. Arist. et Caton comp. 12.
Cberchant quelque occasion apparente de nous faire
la guerre, ID. Lucull. 26.

ETYM. Apparier.

APPARITEUR (a-pa-ri-teur), s. m. 1° Sergent d'une cour ecclésiastique. || 2° Huissier attaché à une faculté. || 3° En général, huissier. Coriolan, naturellement fier et hautain, ayant renvoyé l'appariteur avec mépris, comme les tribuns l'avaient bien prévu.... VERT. Rév. rom. II, 142.

ETYM. Apparitor, mot à mot celui qui est présent, par conséquent qui surveille; de apparere (voy. APPAROIR).

paroir par dessus le commun populaire, AMYOT, Lyc. 7. Solon feit apparoir aux juges que.... ID. Sol. 16. Par lesquels discours apperra clairement de la richesse de ceste nouriture, o. DE SERRES, 469. Les lieux moites, y apparant l'eau tant peu que ce soit, ès grandes secheresses d'esté, ID. 752.

ETYM. Provenç. aparer; ital. apparere; du letin, apparere, de ad, à, et parere (comp. PARAÎTRE). Il apert n'est point une irrégularité de conjugaison; au contraire c'est la forme régulière: apparere, avec l'accent en latin sur re, donne apparoir avec l'accent sur la même syllabe en français; appáreo, appáres, apparet, avec l'accent sur pa, donnent j'a per, tu apers, il apert, avec l'accent en français sur la même syllabe.

- ETYM. Apparens, de apparere (voy. APPAROIR). APPARENTÉ, ÉE (a-pa-ran-té, tée), part. passé. APPARITION (a-pa-ri-sion; en poésie, de cinq || 1° Quia une parenté. Bien apparenté, mal apparenté, syllabes), s. f. || 1° Manifestation d'un phénomène. qui a une parenté en bonne, en mauvaise position. Apparition des astres, du soleil. A l'apparition de la L'abbé de Citeaux se trouvait lors une fort bonne tête nouvelle lune. 2° Action de se produire, arrivée, et fort apparenté dans la robe, ST-SIM. 65, 88. Un séjour. Alors notre ami fit son apparition. Sa brusque APPARTEMENT (a-par-te-man), s. m. || 1° LogeM. de G***, capitaine en France et apparenté dans apparition les surprit. Il ne fit là qu'une courte appa- ment composé de plusieurs pièces. Un bel appartele conseil, J. J. ROUSS. Conf. 1. C'est une femme fort rition. D'Effiat ne venait presque jamais à la cour, ment. L'appartement du premier. Madame, retournez à son aise qui a de bonnes rentes sur la ville, des et encore en apparition, ST-SIM. 393, 86. || 3° Fig. dans votre appartement, RAC. Brit. 1, 4. || 2o Aumaisons à Paris; Lucile est fort bien apparentée au Naissance, commencement. Le tribunat, dont l'ap-trefois, cercle qui se tenait chez le roi. Le roi tient moins, REGNARD, le Retour imprévu, 2. || 2° Fig. parition eut lieu au milieu des guerres civiles. Dès appartement aujourd'hui. Le soir, il y avait apparBonaparte avoit d'abord admiré les feux [de Moscou] l'apparition de la maladie. Depuis l'apparition de la tement; ce qu'on appelait appartement était le concomme un spectacle apparenté à son imagination, philosophie de Descartes. || 4° Manifestation d'un objet cours de toute la cour, depuis sept heures du soir CHATEAUB. Outre-tombe, t. VI, p. 78, 1849. qui se rend visible. Les apparitions des dieux. Appari- jusqu'à dix, ST-SIM. 2, 45. || On dit aujourd'hui cerAPPARENTER (a-pa-ran-té), v. a. ||1° Donner tion nocturne. L'apparition d'un spectre. Au plus haut cle dans ce sens. On disait aussi tenir apparteparenté par alliance. Bien, mal apparenter ses en-point de sa gloire, sa joie est troublée par la triste ment, recevoir compagnie chez soi avec les formafants. Voilà ce qui commença à apparenter et à apparition de la mort, BOSS. Le Tellier. Tu n'y vécus lités établies par l'usage. mettre dans le monde le grand-père du cardinal d'Estrées, ST-SIM. 370. 146. || 2° S'apparenter, v. re/l. Prendre parenté. S'apparenter à la bourgeoisie.

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ETYM. Bas-lat. appartiamentum, qui signifie | laquais vous appartint. Tu m'écris que tu lui appar- de toutes, qui est appas au singulier. Qui dort en sodivision, de ap pour ad, et de partiri, partager tiens corps et âme. 4° Faire partie de. Il n'ap reté sur un pareil appas, Et le plaint, ce galant, des (Voy. PARTIR); mot à mot, ce qui est partagé, divisé, partient d'aucun côté à la famille de.... Il apparte- soins qu'il ne prend pas, MOL. Éc. des femmes, 1, 1. nait à d'honnêtes bourgeois. Ce qui suivit appartient Si jamais une flamme eut pour vous quelque appas, d'où le sens actuel d'appartement. APPARTENANCE (a-par-te-nan-s'), s. f. 1° Ce à l'année où.... Cet animal appartient à tel genre. CORN. Sert. II, 4. Puis appas dit pour appats; mais qui appartient à une chose, ce qui en dépend. Faire 5° Avoir rapport à, concerner. Comme si cela ceci n'est qu'une affaire d'orthographe. les lois, donner les dispenses sont des appartenan- n'appartenait en rien à la religion. Choses qui ap-couvrait d'un lacs Les menteurs et traîtres appas, LA ces de l'autorité souveraine, BOSS. n, Conc. 1. Sou- partiennent à la philosophie. || 6° Impersonnelle- FONT. Fab. IX, 2. Enfin l'emploi de appas pour exhaitant que le feu du ciel ne laissât dans les appar- ment. Il appartient, il est de convenance, de de- primer les attraits qu'un homme peut avoir: Si Votre tenances du Carmel aucune trace d'une grandeur et voir. Il m'appartient de.... Il appartient à un bon Majesté Est curieuse de beauté, Qu'elle fasse ved'une magnificence séculière, FLECH. Panég. II, juge de.... C'est à la cour qu'il appartient de statuer. nir mon frère; Aux plus charmants il n'en doit 266. Il fallait [à Marly] des cuisines aux princesses, Je ne sais trop ce qu'il m'appartient de faire. Il n'ap- guère.... Là-dessus Astolphe répond.... Voyonssi nos et d'autres appartenances, ST-SIM. 268, 113. || 2° Les partient qu'à un roi sans religion et sans amour beautés en seront amoureuses, Si ses appas le metappartenances de la selle, les parties qui ne la com- pour ses sujets d'entreprendre la guerre pour con- tront en crédit, LA FONT. Joc. Le seul remède auposent pas essentiellement. Les appartenances de la tenter son ambition, PELLISSON. Conversat. de Louis jourd'hui à apporter à la confusion serait d'assigner selle sont les sangles, le surfaix, le poitrail, la XIV devant Lille, p. 46. Il n'appartient qu'à la re- à appas, substantif pluriel, le sens spécial de beaucroupière, les étriers; la housse est un accessoire.ligion d'instruire et de corriger les hommes, PASC. tés qui attirent; puis, cela fait, de ne voir aucune HIST. XII S. Tutes les choses ki furent Saul, dans GIRAULT-DUVIVIER. Il ne m'appartient point de différence entre appas et appats, au pluriel, pour e sun maisnil, e tutes les apurtenances, tut rend al vous offrir l'appui De quelques malheureux qui n'es- signifier ce qui amorce, ce qui charme, ce qui atfiz tun seignur, Rois, 150. || xus. Il auroient An-péraient qu'en lui, RAG. Baj. v, 11. || Par anti- tire; fusion qui, ne faisant que rétablir la réalité du drenoble et toutes les apartenances, VILLEH. CLIX. phrase. Il vous appartient bien de parler de généro- fait, aurait l'avantage d'ôter l'apparence d'irrégulaCar icel jor, bien le recors, Ne nous toldra fors que sité, il ne vous convient pas, il vous sied mal. Il rité au cas où nos bons auteurs ont dit appas ce que le cors, Et toutes les apartenances De par les corpo- vous appartient bien, après cela, de venir accuser les nous disons aujourd'hui appâts. rex sustances, la Rose, 8173. S'il brise ou depiece justes, MASS. Car. Injustice. || 7° Terme de palais. ou pert aucune coze qui est des apertenances du Ainsi qu'il appartiendra, c'est-à-dire selon qu'il sera pressoir, BEAUM. XXXVIII, 19. Et ces deux freres convenable. || A tous ceux qu'il appartiendra, à tous tindrent du conte Henri touz leur heritages et leur ceux qui y auront intérêt ou qui voudront en prenapartenances, JOINV. 205. | XIV s. La qualité et la dre connaissance. || Dans le langage général, avec quantité de la fortune, et l'appartenance ou proche- le même sens. Aux dépens de qui il appartiendra, neté et valour de la personne, ORESME, Eth. 26. SEV. 236. Mon père dit au porteur de la dépêche, Yconomie est art de gouverner ung hostel et les ap- qu'il retint bien, pour en avertir où il en appartienpartenances pour acquerir richesses, ID. ib. 1. drait, que, si on se jouait encore à lui, il ne ménagerait xv s. Lille, Douay et Bethune et toutes les appar- rien, ST-SIM. IX, 109. Je me suis résolu d'être métenances qui doivent estre tenues de la comté de decin aux dépens de qui il appartiendra, MOL. Méd. Flandres, FROISS. I, 1, 97. || XVIe s. La remission des m. lui, in, i. pechez, sans laquelle nous n'avons aucune alliance ni appartenance avec Dieu, CALV. Instit. 829. Ils avoient une maison spacieuse accompagnée de grands jardins et appartenances, D'AUB. Hist. II, 162. La beatitude remplit toutes les appartenances et advenues de la vertu, MONT. 1, 70. Ces cognoissances ne sont pas de leur appartenance, ID. II, 278. Seulement luy laissa l'on par pitié le royaume de la Macedoine, avec les appartenances, AMYOT, Ara

tus,

64.

- ETYM. Appartenir; provenç. apartenensa; ital. appartenenza.

APPARTENANT, ANTE (a-par-te-nan, nan-t'), adj. 1° Terme de droit. Qui appartient de droit. Maison à lui appartenante. Domaines à lui appartenants. Le peuple pilla plusieurs maisons appartenantes aux sénateurs soupçonnés de favoriser les Autrichiens, VOLT. Louis XV, 21. Le pape avait pris les duchés de Castro et de Ronciglione appartenants à Odoard Farnèse, duc de Parme, ID. ib. 39. ||2° Qui dépend de. La philosophie et les questions appartenantes.

REM. La langue du droit a conservé à ce participe l'accord semblable à celui des adjectifs, accord que tous les participes avaient autrefois; mais il est évident que, dans les exemples cités de Voltaire, on pourrait se servir du participe présent indéclinable, comme le veut la syntaxe actuelle.

HIST. XII s. Les trives [ils] donnent devant midi sonnant; Par la bataille vont les mors reversant; Qui trova mort son pere ou son effant, Neveu ou oncle ou son apertenant.... Raoul de C. 126. || XIV s. Et sera mort bien et selon raison appartenante à felicité, ORESME, Eth. 22. || xv s. D'esmouvoir guerre au roi d'Angleterre, ce n'estoit pas chose qui fust appartenante, FROISS. I, 1, 8. || XVI S. Ilz l'envoyerent sommer' de leur rendre la ville de Fidenes, comme à eulx appartenante, AMYOT, Rom.39. Quand il faisoit aucune chose appartenante à l'office de celle presbtrise, ID. P. Em. 5.

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APPAT (a-på; le t ne se lie pas; au plur. I's se lie comme dans appas), s. m. ||1° Terme de chasse ou de pêche. Pâture pour attirer et prendre le gibier ou le poisson. Aux appâts d'un hameçon perfide, J'amorce en badinant le poisson trop avide, BOIL..

lui un

Ep. 6. Quand à quelques-uns [poissons] l'appat serait fatal, Mourir des mains d'Annette est un sort que j'envie, LA FONT. Fabl. x, 11. Amusez les rois par des songes, Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges, Quelque indignation dont leur cœur soit rempli, Ils goberont l'appåt, vous serez leur ami, ID. ib. VIII, 19. || 2° Ce qui attire. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'ap pât de la liberté, BOSS. Reine d'Angl. Se voir exposé aux yeux de toute l'Europe comme sur un grand théâtre, s'y voir par son éloquence dans les premiers rangs : Calvin ne s'en peut taire; doux appât, et c'est celui qui a fait tous les hérésiarques, ID. Variations, 9. [II] Mord si bien à l'appât de cette faible ruse, MOL. l'Étour. III, 2. Ce marchand déguisé, Introduit sous l'appât d'un conte supposé, ID. ib. IV, 7. Mais perdez cette erreur dont l'appat vous amorce, BOIL. Epit. x. Je reconnais l'appåt dont ils m'avaient séduite, RAC. Baj. iv, 6. Les specta cles, les dons, invincibles appâts, Vous attiraient les cœurs du peuple et des soldats, ID. Brit. IV, 2. Sous le vain appåt d'un songe ridicule, ID. Athal. I, 4. Je ne vois sous l'éclat dont il est revêtu Que de ETYM. Provenç. apertener; ital. appartenere; traitres appâts qu'il tend à ma vertu, ROTR. Vences. de ad, à (voy. A), et pertinere, appartenir (voy. PER-II, 1. Et sous l'indigne appât d'un coup d'œil affété, TINENT).

HIST. XIII S. [Je vis] caiens [céans] une pucele entrer; Ne sai se li apartenés: Par ma foi, vous la resanlés, Fl. et Bl. 1535. Mes heritages de par mon pere ne revient pas à me [ma] mere, ançois esquieut [échoit] au plus prochain qui m'apartient de par le pere, BEAUM. XIV, 23. || XIV s. Et ce appartient meismement as philosophes, ORESME, Eth. VI, 10. Et de telles operacions aucunes sont où il ne appartient pas loenge, ID. ib. 49. || xv s. Et n'aymoit nulle chose qui y appartinst [à la guerre], COMM. 1, 4. || XVI s. Cela appartient à celuy qui donne la loy, non à.... MONT. I, 59. Ceulx qui sont exercitez à lire l'histoire ainsi qu'il appartient, deviennent....AMYOT, Préf. vII, 33. Puisque tu es divin, aye pitié de moy: Il appartient aux dieux d'avoir pitié des hommes, RONS. 237.

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APPARTENU (a-par-te-nu), part. passé invariable d'appartenir.

APPARU, UE (a-pa-ru, rue), part. passé d'apparaître. On parlait du spectre apparu à cet homme épouvanté.

CORN. Rodog. III, 3. Quelque appât que lui-même il trouve en Laodice, ID. Nicom. IV, 2. C'est trop semer d'appâts et c'est trop inviter Par son impunité quelque autre à l'imiter, ID. Cinna, II, 2. Mon cœur, d'un saint zèle enflammé, Ne goûte plus l'appât dont il était charmé, ID. Poly. IV, 2. J'apprenais à mes yeux à former des appâts, RÉGNIER, Dial. Ta funeste bonté, qui fait aimer tes fers, Et qui n'est qu'un appât pour tromper l'univers, VOLT. M. de Cés. 11, b. Examine-le bien, ce plaisir prétendu Dont l'appât tâche à te séduire, LAFARE,

vII,

90.

Odes,

SYN. APPÅT, LEURRE. L'appât est une pâture que l'on offre et qui cache un hameçon. Le leurre est un objet apparent que l'on montre, qui attire, et qui cache un piége. L'appât a de trompeuses douceurs; le leurre a de trompeuses apparences.

HIST. XVI S. Bestes toujours sont prinses aux appastz, J. MAROT, V, 100. En lieu d'appaist et bonne nourriture, Ils vont donnant esventée pasture A leurs troupeaux, MAROT, I, 316. On leur apprenoit à se demesler des appasts de la volupté, MONT. 1, 152. ETYM. A et l'ancien français past (voy. PAI

APPAS (a-på; I's se lie), s. m. plur. 1° Les beautés qui dans une femme excitent le désir. Cette ardeur que j'ai pour ses appas, Bérénice en mon sein l'a jadis allumée, RAC. Bérén. II, 2. Ses périls, ses respects et surtout vos appas, Tout cela de son cœur ne vous répond-il pas? ID. Baj. 1, 3. Une maltresse serait sans appas pour vous, HAMILT. Gramm. 6. Et déjà leurs appas ont un charme si fort.... MALE. Sonnet au Dauphin. Mais n'est-ce point assez célébrer notre belle? Quand j'aurai dit les jeux, les ris et la sequelle, Les grâces, les amours, voilà fait à peu près-Vous pourrez dire encor les charmes, les attraits, Les appas, LA FONT. Clymène, 482. D'Estrée à son amant prodiguait ses appas, 'VOLT. Henr. IX. || 2° En parlant des choses, attraits. Arbres épais, et vous, prés émaillés, La beauté dont APPARTENIR (a-par-te-nir), j'appartiens, nous l'hiver vous avait dépouillés, Par le printemps vous appartenons, vous appartenez, ils appartiennent; est rendue; Vous reprenez tous vos appas, MOL. j'appartenais; j'appartins, j'appartiendrai; apparte- Princ. d'El. Interm. III, 2. Si pour vous la renant; appartenu, v. n. Il se conjugue avec l'auxi-traite avait quelques appas, ID. l'Étour. v, 3. Ce liaire avoir. || 1° Être la propriété de. L'Algérie noeud n'a-t-il pas des appas? ID. F. sav. 1, 1. Tous appartient à la France. Tout cela m'appartient. les biens de ce monde ont pour moi peu d'appas, Rendre à chacun ce qui lui appartient. Fig. Je ID. Tart. IV, 1. Mais l'argent, dont on voit tant de m'appartiens. Il faut que l'âme s'appartienne à gens faire cas, Pour un vrai philosophe a d'indignes elle-même. || 2o Etre le droit ou le privilége de, appas, ID. F. sav. V, 1. Suivant de l'honneur les être le propre, le caractère particulier. Le droit aimables appas, MALH. II, 1. Seigneur, ainsi qu'à de grâce appartient au souverain. Chez les Gaulois, vous la liberté m'est chère; Quoique né sous un roi, le jugement appartenait aux druides. Cette qualité | j'en goûte les appas, VOLT. Brutus, II, 2. Y trouver n'appartient qu'à vous. L'inconstance appartient à des appas [aux plus cruels supplices], CORN. Poly. 1,1. la fortune. La parole n'appartient qu'à l'homme. REM. Appas est le pluriel de appåt. L'ancienne s'appastent Du bon vieillard.... MAROT, III, 260. C'est un trait de vertu qui n'appartient qu'à vous, CORN. Poly. IV, 5. | 3° Être au service de quelqu'un; être attaché ou dévoué à quelqu'un. Get homme vous appartient. Je ne savais pas que ce

orthographe était appast; au pluriel, appasts ou
appas. La faute a été de faire de ce mot unique deux
mots différents. De là toute sorte d'irrégularités
qu'on trouve dans les auteurs; d'abord la plus forte

TRE).

APPATE, EE (a-på-té, tée), part. passé. || 1° A qui on a présenté un appåt. Des poissons appâtés. 2° Fig. Ou se serait emporté un peuple appêté de sang, Boss. Déf.

APPATER (a-på-té), v. a. || 1° Attirer avec un appåt. Appåter des poissons, des oiseaux. || 20 Mettre le manger dans le bec des petits oiseaux. || 3° Familière ment. Donner à manger à quelqu'un qui ne peut pas se servir de ses mains. Il faut l'appater comme un enfant.

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dement mes vieux ans, et les endormir, ID. IV, 75.
Nous appastons le cheval dès lors qu'il est nay, pour
l'apprivoiser à servir, ID. IV, 356. Il ne faignit pas
de leur jetter à chascun quelque grosse somme d'ar-
gent, pour les attraire et appaster, AMYOT, Phoc. 30.
Il fut apasté d'un bon evesché; mais il est de
l'humeur de ceux qui tirent l'eschelle après eux;
car il a trouvé l'invention de mettre les appas si
avant dans l'hameçon, que le poisson est pris, sans
que l'appas soit avalé, D'AUB. Conf. 1, 9.

- ETYM. Appåt. Dans le xvr siècle on disait aussi
appasteler.

APPATRONNEMENT (a-pa-tro-ne-man), s. m.
Voy. APPAREILLEMENT.

APPATRONNER (a-pa-tro-né), v. a. Terme d'é-
conomie rurale. Synonyme d'appareiler.
ETYM À et patron, modèle.
APPAUME, EE (a-po-mé, mée), adj. Terme de
blason, qui signifie une main ouverte, dont on voit
la paume ou le dedans.

HIST. XV S. Aussi il fist si bonne mine Qu'il fut esleu sans nul appeau Pour estre varlet de cuysine, VILLON, Repues fr. Leurs maris, qui avoient assez bien bu le soir, et qui s'attendoient à l'appeau [appel] de leurs femmes, dormoient au plus fort, LOUIS XI, Nouv. xxx.

vement, garde sa signification primitive: les appelés et les élus.

APPELER (a-pe-lé), v. a. j'appelie, tu appelles, il appelle, nous appelons, vous appelez, ils appellent; j'appelais, nous appelions; j'appelai, nous appelames; j'appellerai, nous appellerons; j'appellerais, ETYM. Appel, dans l'ancien français, fait au nous appellerions; appelle, appelons, appelez; que nominatif singulier apels, apex, apax, prononcé j'appelle, que tu appelles, qu'il appelle, que nous appelions, que vous appeliez, qu'ils appellent; que j'apapeu ou apau; de là le mot appeau (voy. APPEL). APPEL (a-pèl), s. m. || 1° Action d'appeler. Ce pelasse; appelant, (l'Académie exprime ici par ell le cri est un appel. Faire un appel à la générosité passage de l'e muet à l'e ouvert; ailleurs elle rend de quelqu'un, à la charité publique, l'invoquer, en ce passage par èle, comme dans je gèle; il serait réclamer des secours. || 2° Vérification de présence bien utile d'adopter pour tous les cas une orthograobligée des membres d'une assemblée, d'un corps. phe uniforme). || Crier, pour faire venir quelFaire l'appel; manquer à l'appel; ne pas répondre à qu'un; prononcer à haute voix une suite de noms; à l'appel. Appel nominal, appel des membres faire signe de venir. 2o Mander, inviter, au propre d'une assemblée délibérante, pour que chacun donne et au figuré; admettre, attirer. 3° Provoquer, défier. son vote. Fig. Je vais faire le recensement de 4o Citer quelqu'un en justice; procéder au jugement l'Amérique septentrionale: beaucoup de tribus man- d'une cause. 6° Convoquer sous les drapeaux. 6° Inqueront à l'appel, CHATEAUB. Amér. 253, || 3o Si- voquer. 7° Choisir pour une fonction, désigner. 8° RéETYM. A et paume. gnal donné par la trompette ou le tambour pour clamer, exiger, nécessiter. 9° Donner un nom, déAPPAUVRI, IE (a-pô-vri, vrie), part. passé. assembler les soldats. On sonne à trois heures le pre-signer par un nom, nommer. 10° V. n. Recourir à un || 1° Rendu pauvre. Un pays appauvri par la guerre.mier appel. || 4° Terme d'escrime. Attaque faite par tribunal supérieur. 44 En appeler, ne pas se souCe ménage appauvri par la maladie de l'homme. un simple battement du pied. || 5° Provocation en mettre; en appeler à, avoir recours à. 12° En termes Sol appauvri. Langue appauvrie. L'âme raisonnable, duel. Je m'en pris à lui [au comte d'Harcourt]; je de marine, une manoeuvre appelle. 13° V. réfl. s'apnée riche par les biens que lui avait donnés son au- lui fis un appel à la Comedie, RETZ, I, 3. Cherchez peler, avoir pour nom. || 1° Appeler quelqu'un à teur, et appauvrie volontairement pour s'être cher- si l'on vit un seul appel quand elle [Rome], était cou-haute voix. Appeler chacun par son nom. Qui m'apchée soi-même, BOSS. La Vallière. || 2° Le sang est ap- verte de héros, J. J. ROUSS. Hél. 1, 57. Maintenant on pelle? || Appeler les lettres de l'alphabet, les nompauvri, quand il est pâle et sans consistance, qu'il emploie plus ordinairement cartel. || 6° Terme de ma- mer successivement l'une après l'autre. || En termes contient moins de globules et d'albumine. On ap-nége et de chasse. Appel de langue, action d'exciter de palais, appeler une cause, dire à haute voix le pelle au contraire sang riche celui qui a une cou- un chien ou un cheval en donnant de la langue. nom des parties. || Appeler son chien, l'appeler de la feur vermeille et qui se coagule facilement. Ils n'ont ||7° Manière de sonner du cor pour animer les chiens. voix ou en sifflant. Il se dit des animaux. La brebis pour principe qu'un sang épuisé et appauvri, J. J. ]] En musique, appel de cors, traits de cors dans appelle son agneau; la poule appelle ses poussins. ROUSS. ÉM. IV. une symphonie qui offre quelque ressemblance avec | les appels de chasse. || 8° En termes de conscription, action d'appeler sous les drapeaux. On fera au mois de janvier prochain l'appel de la classe de cette année. || 9° Terme de finances. Appel de fonds, demande du versement de nouveaux fonds à des actionnaires ou à des associés. || 10° Terme de procédure. Recours à un juge supérieur. Cour d'appel.

APPAUVRIR (a-pô-vrir), v. a. || 1o Rendre pauvre.
Ses dépenses l'ont appauvri. || 2° Fig. D'abord qui
t'a parlé, sophiste insidieux, D'appauvrir les autels
et le culte des dieux? M. J. CHEN. Gracques, II, 3.
Souvent trop d'abondance appauvrit la matière,
BOIL. Art p. III. || Appauvrir une langue, la rendre
moins abondante. || Appauvrir un terrain, l'épuiser,
en diminuer la fertilité. Songez-y, les enfants divisés
par la haine, Appauvrissent bientôt le paternel do- |
maine, MILLEV. Jalous, littér. || 3° S'appauvrir, v. réft.
Devenir pauvre. Les riches qui se sont appauvris
pour aider les pauvres, BOSS. Hist. II, 7. | 4° Fig.
Cette terre s'appauvrit d'année en année. | Un fi-
lon s'appauvrit lorsqu'il devient moins épais ou
moins riche en parties métalliques. || On s'appau-
vrit en peu de temps par la vaine ambition d'imagi-
ner, VAUVEN. Max. CCLXXII. Proverbe. Donner à
Dieu n'appauvrit jamais; c'est-à-dire l'aumône, la
charité n'est jamais une perte.

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Absolument. Il appelle, et personne ne vient. || Fig. Äppeler à son aide sa vertu. Celui qui sent sa faiblesse, appelle à son secours le manége et l'intrigue. Il appelle les idolâtres à la connaissance de Dieu, BOSS. Hist. II, 7. Quelquefois elle appelle Oreste à son secours, RAG. Andr. 1, 1. Par les dieux qu'en pleurant tes serments appelèrent, RÉGNIER, Élég. II. Il appelait à témoin les dieux et les homRévol. mes que la république était trahie, VERTOT, ·HIST. XI [que] Il volge [veuille] doner wage e trover plege à persuir soun apel, L. de Guill. 25. rom. III, 274. || Appeler des oiseaux, les attirer en || xin s. Par la cit d'Antioche font lor apel soner, se servant d'un appeau. || Absolument, en termes de Plus de soixante mil se courent adober, Ch. d'Ant. chasse. Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant; V, 443. Qui veaut [veut] faire apeau de murtre, il Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes, LA FONT. Fab. XII, 23. || Ce chien appelle en faux, il doit savoir que est murtre, Ass. de Jér. 85. Et il a grant difference entre les apiax qui sont fet des ju- aboie dans l'endroit où les perdrix ont été, ou à la gemens des baillis et les apiax qui sont fet des ju- rencontre du frai des perdrix. || 2° Louis XIV appela gemens des homes, BEAUM. 30. Puisque la sentence Colbert dans ses conseils. Si tu appelles le médecin. est passée sans apel, ID. ib. XVIII, 16. || XIV S. A Les destinées nous appellent. Appeler la bienveil son moustier revient li predons honnorés, Il a dit à lance par ses bons offices. La corneille appelle la son clerc or tost l'apel sonnés, Baud. de Seb. xII, pluie. Le coq appelle le jour. Une fourberie en ap398. || XVI s. Des sentences feut appellé par les par- pelle une autre. N'est-ce pas vous enfin de qui la ties condemnées : toutes feurent confirmées : les ap-voix pressante Nous a tous appelés aux campagnes peaulx renversez et à neant mis, RAB. Pant. III, 36. du Xanthe? RAC. Iphig. 1, 3. Les cloches dans les L'amende du fol appel, LOYSEL, 860. Ce qui est avoir airs de leurs voix argentines Appelaient à grand mis tout l'avantage de l'appel [cartel] de mon costé, bruit les chantres à matines, BOIL. Lutr. II. Nos vaisseaux sont tout prêts et le vent nous appelle, D'AUB. Vie, XLVII. – ÉTYM. Voy. APPELER. RAG. Andr. III, 1. Etnos champs, malheureux par leur †APPELABLE, adj. Dont on peut appeler. Instance fécondité, Appellent l'avarice et la férocité Des brigands du midi, du nord et de l'aurore, VOLT. Tancr appelable, DE BROSSES, Lettr. Ital. 1, 2. APPELANT, ANTE (a-pe-lan, lan-t'), adj. [1, 1. Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle? || 1° Terme de palais. Qui appelle d'un jugement. Je RAC. Iphig. Iv, 11. L'infidèle en nos murs appelle suis appelant. Elle se rend appelante. || 2° Subst. | l'étranger, VOLT. Tancr. II, 4. Enfin, las d'appeler L'appelant et l'intimé. || 3° Fig. Pour être reçu ap- un sommeil qui le fuit.... RAC. Esth.u, 1. Argos nous tend les bras, et Sparte nous appelle, ID. Phèdr. pelant de la soumission de tant de siècles, MASS. Doutes. || 4° Oiseau tenu en captivité pour appeler v, 1. || Par extension. Dieu vient de l'appeler à lui, les autres et les attirer dans le piége. On dit aussi il vient de mourir. Je sens que Dieu m'appelle à appeleur. || 5° Nom donné aux évêques et aux prê-lui, je sens que ma fin approche. || 3° Appeler un tres qui avaient interjeté appel au futur concile de la bulle Unigenitus. | Il ne se met qu'après le substantif : la partie appelante.

HIST. XII s. De trois cent Francs en fu France
apovrie, Ronc. p. 142. Deus les ad à neent remis et
apovris, Th. le mart. 75. ||x s. Et bien furent
mort en cele voie quarante chevalier; dont li os fu
durement afebloiés et apovris, VILLEH. CXXII. Et la
terre en fu mout en maint lieu apovrie, Berte, LX.
Se il les lessast bien apovrir, il ne li courroient pas
sus sitost, comme se il estoient bien riche, JOINV.
292. || xvs. Et le pays durement foulé et appovri,
FROISS. I, I, 251. || XVI S. Cela est fascheux de s'ap-
pauvrir par ces extravagantes folies et puis en-
core estre mocqué, LANQUE, 164. Quand cauteleuse-
ment on apourit son prochain, en le trompant et
decevant, CALV. Inst. 306. Il appauvrit et espuisa
la ville de Rome d'or et d'argent, AMYOT, Sylla et
Lys. 5.
ETYM. A et pauvre; provenç. apaubrir. Пly
avait dans l'ancien français une forme apourier,
apouroier.

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survenues,

-HIST. XIV' s. La loi de talion fut introduite, tant contre l'appellant, que contre l'appellé, LOYSEL, 819. Que tout appellant comme estant celui qui blesse le droit du roy, fust degradé de noblesse, D'AUB. Fœn, 1, 9.

adversaire au combat. Appeler à une lutte de talents. | Appeler en duel ou simplement appeler, provoquer à un combat singulier. "Je l'irais appeler comme mon adversaire, REGNIER, Sat. vi. Il fit appeler le duc de Buckingham, HAMILT. Gramm. 11. Je sais de bonne part qu'on t'a fait appeler, MOL. Fách. ш, 4. || 4° Appeler quelqu'un en justice. Les uns sont condamnés, les autres ne sont pas même appelés. | Appeler quelqu'un en témoignage ou comme témoin. || Appeler quelqu'un en garantie. APPELÉ, ÉE (a-pe-lé, lée), part. passé. || 1o Qu'on | || 5° Appeler des soldats sous les drapeaux. Appeler fait venir. Appelé par son nom. Les ministres les vétérans. On appelle le contingent de cette anappelés successivement chez le roi. Nos vais-née. || 6° Tous les vœux l'appellent. Appeler le malseaux par les vents semblaient être appelés, RAC. Iphig. 1, 1. || 2° En parlant de la prédestination, beaucoup d'appelés, et peu d'élus. || En un sens analogue, appelé à de hautes destinées. Cet état où tout le monde n'est pas appelé, BOSS. Préf. || 3° Qui a tel nom. Octave appelé ensuite Auguste.

APPAUVRISSEMENT (a-po-vri-se-man), s. m.
||1° Réduction à l'état de pauvreté. L'appauvrisse-
ment d'une famille, d'un peuple. || 2o Par extension,
appauvrissement du sol, état d'une terre épuisée.
Appauvrissement d'une langue, état d'une langue
devenue moins abondante, moins expressive. || Ap-
pauvrissement du sang, état du sang qui a perdu ETYM. Appeler. On disait dans l'ancien fran-
une partie de ses principes constituants. || Détério-çais apeleur.
ration des caractères et des qualités d'une race domes-
tique.
-HIST. XVI s. En après les guerres civiles sont
et en ceste maniere est venu son apau-
vrissement [la ruine de la noblesse], LANOUE, 159.
· ETYM. Appauvrir.
APPEAU (a-pô), s. m. || 1° Engin imitant le cri des
o:seaux, et servant à les appeler et à les attirer dans
un piége. || 2 Fig. Et ce beau cuisinier armé d'un
grand couteau? Reviendrais-tu pour cet appeau? LA
FONT. Fab. VIII, 24. || 3° Oiseau dressé à attirer les
autres. 4 Petit timbre qui sert à sonner les quarts
et les demi-heures. || Au pluriel, des appeaux.

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

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heur, la vengeance du ciel sur quelqu'un. Armée qui appelle le combat de tous ses vœux. Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il appelait sur vous la haine et le mépris. || 7° Appeler quelqu'un à une charge. Il fut appelé au trône. Etre appelé au consulat. Appeler quelqu'ur à siéger dans le sénat, SYN. APPELÉ, NOMMÉ. Appelé, employé s ibstan- Appeler à une chaire un professeur habile. Il ne faut tivement, comme dans la phrase suivante: je l'ai vu pas résister quand Dieuous appelle.. Le génie de avec l'appelé Richard, n'est pas bon. On dira : je l'ai Turenne l'appelait au co' amandement des armées. vu avec le nommé Richard. Appelé, pris substanti- | Quoi! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire.

I.

22

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