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croissement [de ce mal], TRISTAN, Mort de Chrisp. IV, 4. Tant cette doctrine reçoit d'accroissement par le temps, PASC. Prov. 13. Demandons à l'esprit de Dieu qu'il anime nos discours et qu'il nous porte par sa grâce à un accroissement de vertus que nous remarquons dans ce saint, FLÉCH. Paneg. II, 180. En voyant les accroissements de ces pernicieuses doctrines, ID. ib. 11, 217. Ces accroissements de charité que la grâce produit dans les cœurs dociles, In. ib. II, 469. | 3° Terme de droit. En parlant d'une chose, d'une valeur, d'un fonds territorial, action par laquelle cela accroît au profit du possesseur. Les terrres que l'atterrissement ajoute à un rivage appartiennent au propriétaire par droit d'accroissement. || 4° En minéralogie, accroissement des cristaux, propriété des cristaux de se grossir sans changer de forme.

ORES

d'Ant. VIII, 1350. Li peuples comencha à accroistre,
et guerres et maltalent furent commencié, BEAUM.
XLV, 31. Vous en acrestroiz [accroîtrez] votre pris,
Rom. de la Poire. Se cist s'amie eüst creue, Moult
eûst sa vie accreüe, la Rose, 15970. Guillaumes, par
la grace de Dieu, rois des Romains et toudis acroi-
sans, DU CANGE, augustus. || XIV s. Donques est delet-
tacion bonne chose, car tout bien en est acreu,
ME, Eth. 296. Encore acroist la misere par la
memoire du bon temps passé, ID. ib. 22. || xv s.
Naturellement la plus part des gens ont l'œil ou à
s'accroistre ou à se saulver, COMM. 1, 9. Il combat-
toit pour gens qui ne l'accreurent jamais, pour ser-
vice qu'il leur fist, ID. VIII, 9. || XVI's. Les nuisibles
herbes s'accroissans parmi, au vide qu'elles y treu-
vent, le suffoquent, o. DE SERRES, 113.

ETYM. Provenç. acreisser; espagn. acrecer;
ital. accrescere; d'accrescere, de ad, à, et crescere
(VOY. CROITRE).

HIST. XIII s. Tels miracles comme vous avez oï, et tel acroissement à l'empire de Constantinople fist nostre Sires as chrestiens à celui termine, H. DE VAL. x. XIV s. La congnoissance de ceste fin donne grant aide et grant acroissement de bien à vie humaine,|| ORESME, Eth. 2. Une de celles puissances ou vertus est cause de nourissement et de acroissement, ID. Eth. 30. Par convivre et converser avecques les bons est faitte une exercitation et accroissement de vertu, si comme disoit le poete Theognis, ID. Eth. 284. Puissance augmentative par quoy est fait acroissement, ID. b. IX, 15. | XVIe s. Arminius qui seul empeschoit l'accroissement de la domination en ces contrées-là, MONT. III, 236. Ce n'estoit pas un petit accroissement de forces et d'authorité, AMYOT, Phil. 25.

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- ETYM. Accroître; provenç. acreisemen; espag. acrecimiento; ital. accrescimento.

† ACCROÎT (a-kroi), s. m. En parlant d'une plante, Facilité à croitre.

HIST. XVI s. Il bordera ses allées d'arbres, de ceux qui seront de plus facile accroist, et de plus grand profit et plaisir, o. DE SERRES, 16.

ACCROUPI, IE (à-krou-pi, pie), part. passe. 1° Assis sur ses talons. Accroupi auprès du feu. 2° En termes de blason, se dit des animaux assis. ACCROUPIR (S') (a-krou-pir), v. réfl. S'asseoir sur les talons. La vieille s'accroupit auprès du feu. Chacune sur le cul au foyer s'accroupit REGNIER. Sat. XI.

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ETYM. A et croupir; bourguig. écrepi; provenç.
ACCROUPISSEMENT (a-krou-pi-se-man), s. m.
Etat d'une personne accroupie.

....

ETYM. Accroupir.

HIST. XVI s. Toutes accrues [terres envahies par les bois voisins] sont reputées vaines pastures, LOYSEL, 248.

vous Bel-acueil, la Rose, 15202. || xv s. Quant plaisance lui monstrera à l'ueil Gente beauté pleine de doulx acueil, CH. D'ORL. I.

ETYM.. Accueillir; provenç. acuelh. L'orthographe de ce mot est restée celle de l'ancienne langue où notre son eu était exprimé par ue; ce qui l'a maintenue, ce qui a empêché que ue ne devint eu comme dans les autres cas, ce fut la nécessité de laisser au le son d'un k. Mais l'orthographe actuelle n'en demeure pas moins fautive, puisque la combinaison ue n'a plus le son de eu. On remédierait à cet inconvénient en écrivant acceuil comme cœur, ou acœil comme œil.

† ACCUEILLANT, ANTE (a-keu-llan, llan-t';ll mouillées, et non a-keu-yan), adj. Qui fait bon accueil. Accessible, accueillant, honnête, FLECH. Letell. C'était [le duc de Berry] le plus beau et le plus accueillant des trois frères, ST-SIMON, 356, 196. Je me représente notre prélat avec cet air affable et serein, toujours accessible, toujours accueillant.... MASS. Villars.

ACCUEILLI, IE (a-keu-lli, llie; ll mouillées, et non a-keu-yi), part. passé. Bien accueilli partout. Il fut accueilli du nonce. Mal accueilli par son maître. Accueilli par les huées de la foule. Le vaisseau accueilli par l'orage. Les propositions les plus cruelles étaient HIST. XIII s. Quand il est à l'eve venus, Si s'a- les mieux accueillies. ACCUEILLIR (a-keu-llir', ll movillées, et non cropi por soi laver, Ren. 5852. Desus Renart s'est acroupiz: Haï! fait-il, com sui traïz! Renart, 7793. | a-keu-yir. Se conjugue comme cueillir: accueil||| xiv s. Ay, Dieux! ce dit Pietre, voi me ci acrou-lant, accueilli, j'accueille, j'accueillis, j'accueilpi; Je serai atrappé, et si ai tant fuï, Guescl. 16413. lerai), v. a. || 1° Recevoir bien ou mal une personne Quele ribaudaille sont ceux-là qui nous veullent acrou- ou une chose. Accueillir quelqu'un chez soi. Il pir? CARPENTIER, t. 1, col. 49. || XVIe s. Logez pesle m'accueillit avec bonté. Nulle part la députation mesle plusieurs ensemble dessoubs petites tentes et ne fut bien accueillie. Ils accueillirent favorablecabannes estouffées, demourans accroupis tout le long ment ces ouvertures. Les paroles de l'orateur furent du jour, sans pouvoir rien faire, AMYOT, Péric. 66. accueillies avec des acclamations. Ce discours fut Je luy ay appris à faire acroupir le chapeau à ses bien accueilli par le peuple. Accueillir légèrement perruques, D'AUB. Conf. II, 1. Renjeunissez, saillez une médisance, une accusation. Accueillir avec chade vos cavernes, Vieux accroupis, par aage exani- leur une idée. Jamais son père ne l'accueillit [l'enfant prodigue] avec plus de douceur ni plus d'affecACCROÎTRE (a-kroi-tr'. Se conjugue comme més, MAROT, II, 232. eroître j'accrois, j'accrus, accroissant, accru. Un tion; jamais il ne parut plus sensible pour lui, BOURD. Pensées, t. 1, p. 285. || 2° Accueillir, sans adverbe ou dictionnaire de 1786 donne pour prononciation a-acropit, vil, avili. kré-tr', prononciation aujourd'hui tout à fait abanlocution adverbiale qui le modifie, signifie toujours bien accueillir. Accueillir une proposition. Ils acdonnée; il ne parle pas d'a-kroi-tr'). || 1° V. a. cueillaient cet espoir de liberté. J'ai daigné dans Donner de la croissance, de l'agrandissement, de l'extension. Accroître sa fortune. Cette ar- ACCRU, UE (a-kru, krue), part. passé. Ses biens ces lieux D'une femme plaintive accueillir la prière, BRIF. Ninus II, III, 4. On m'accueille, on me flatte, deur d'accroître tous les jours son nom. Le royaume accrus par une sage économie. L'hérésie accrue de Juda fut accru par de nouvelles conquêtes. Peut- par tant de factions et de cabales. Athènes par VOLT. Mér. III, 4. On y voit avec joie, on accueille, on honore Tous ceux qu'à votre nom le zèle attache être fils] ne feroient qu'accroître mon malheur, mon père accrue et protégée, RAC. Phèdre, II, accru de leurs soldats, Nous verrons notre encore, ID. Tancr. I, 1. Et toi, Marseille, assise RAC. Ph. v, 7. Ne cours point à ta honte, et fuis l'oc- 2. casion D'accroître sa victoire et ta confusion, CORN. camp grossir à chaque pas, ID. Mithr. III, 1. aux portes de la France, Comme pour accueillir ses ACCRUE (a-krue); s. f. 1° Agrandissement d'un hôtes dans tes eaux.... LAMART. Harm. A l'acad. de Méd. v, 8. Ils ont beau vers le ciel leurs murailles en parlant d'événeaccroître, MALH. II, 12. J'accroîtrai, s'il se peut, terrain par le retrait des eaux, par l'extension des Marseille. 3 Accueillir, son rang et ses emplois, ROTROU, Bél. 1, 2. || 2o Ac-| bois, etc. || 2o Maille qu'on ajoute à chaque rangéements fàcheux qui surviennent. Nous fames accueillis de la tempête à la sortie du port. Un feu croître quelqu'un, lui donner plus de pouvoir, pour accroître la largeur d'un filet. meurtrier accueillit le régiment. Depuis que cette d'honneur. Ce prince avait tellement accru son ministre.... Je mourrai satisfaite après cet orgueilleux tache eut obscurci ma vie, Il n'est point de malheur qui ne m'ait accueillie, MAIR. Soph. I, 2. Sous qui César m'abaisse à force de l'accroître, REM. Bouhours dit: Ce verbe est presque ROTROU, Bélis. II, 17. || 3o V. n. Devenir plus grand. ACCUEIL (a-keull; mouillées), s. m. Action passé; on ne s'en sert plus en bonne part. On pourSon avidité accroît avec sa richesse. Vos dangers sont accrus VOLT. Adél. IV, 5. Mes désirs toutefois d'accueillir, réception que l'on fait à quelqu'un.rait encore l'employer en mauvaise part dans le fisont accrus de moitié, Depuis que j'ai connu votre Tout l'accueil qu'il lui fit, ce fut de lui tendre la guré : Accueilli de toutes sortes de malheurs. » Et Th. ardente amitié, MAIR. Soph. IV, 1. La beauté de main. Faire un brillant accueil à quelqu'un. On Corneille, approuvant, ajoute qu'au lieu de: Il a été l'infante était beaucoup accrue, LA FONT. Fiancée. ne sentait point en l'approchant ces inquiétudes favorablement accueilli, on dit : Il a été bien reçu. || 4. En termes de droit, revenir au profit de quelqu'un. secrètes que forme le succès douteux de l'accueil, Le fait est qu'on ne trouve pas souvent accueillir au La part des absents accroît aux présents. || 5° S'ac- MASS. Dauphin. Grand roi, faites leur bon accueil, sens actuel dans les auteurs du siècle de Louis XIV; croftre, v. résl. Prendre de l'accroissement. Cette MALH. VI, 4. Penses-tu que, plus vieille, en la mai- mais le fait est aussi que accueillir est rentré dans propriété s'est accrue entre mes mains. Rome s'ac- son céleste Elle eût eu plus d'accueil? ID. VI, 18. la plénitude de l'usage. HIST. XI S. Les aquillit et tempeste et oret, croft de la ruine d'Albe. Sa famille s'accrut d'une L'accueil gracieux qu'il recevait de vous, CORN. Hor. fille. Ton courage ne fera que s'accroître. Sa réputa-1, 3. Et vos yeux la verront, par un superbe accueil, Ch. de Rol. 53. || XIIe s. Droit vers Espaigne [il] a tion s'accroissait de jour en jour. Mes ans se sont ac- Immoler à vos pieds sa haine et son orgueil, ID. M. sa voie acoillie, Ronc. 89. Donc se sont enbrunchié crus, mes honneurs sont détruits, RAC. Mith. III, 5. de Pomp. IV, 3. Lui faire tout le meilleur accueilli quatre forsené, N'acuilent ses salus, ne ne l'ont saCet amour s'est longtemps accru dans le silence, ID. qu'il vous sera possible, MOL. l'Av. III, 5. Vous ne lue, Th. le Mart. 139. L'arcevesques Thomas sovent le mercia De son bel acuilleir, et que tant l'onura, me dites rien? quel accueil! quelle glace! RAG. Mithr. 1,1. Rome s'accroissait, mais faiblement, BOSS. Hist. 1, 7. Je sais qu'il [ton état] doit s'accroître, et Brit. п, 6. Quel est l'étrange accueil qu'on fait à ib. 58. De saint Jame par Flandres son chemin [il] que tes grands destins Ne se borneront point chez votre père? ID. Ph. III, 5. Être d'un bon accueil à acuilli, ib. 51. Sire, fait il, pur Deu, nel faites pas tout le monde, FLECH. Serm. II, 311. Elle m'a fait ainsi; Laissiez ester cel plait, qu'avez ore acuilli, ib. les peuples latins, CORN. Hor. I, 1. sentir à ce premier accueil Autant d'humanité qu'As-42. Lor agait mettent dedens un val parfunt; La proie sur avait d'orgueil, VOLT. Sém. II, 1.... je n'atten- acollent et à val et à munt, Raoul de C. 230. S'avec ces biens [beauté et courtoisie] acuilliez felonie, Vosdais pas l'accueil que je reçois, CRÉB, Rhad. I, 3. Faire accueil, se dit toujours en bonne part et si- tre fin cuer en feriez blasmer, Couci, xxI. || xII° s. gnifie faire une réception civile et honnête. A quel Tybert a laissié le plaidier; Si aqeut [prend] l'andoille étrange office, amour, me réduis-tu? De faire ac- |à mangier, Ren. 2390. Lietard, qui plus celer ne veut, cueil au vice et chasser la vertu ! ROTROU, Vencesl. Ne se targe que il n'aquelt {aborde] Le garçon que il 1, 2. || Mon accueil, son accueil, leur accueil, doute et crient, ib. 16388. En vostre foi, car dites ore signifie d'ordinaire l'accueil que je fais, qu'il fait, Qui est li pires ne li mieudre; Chascun se velt as bons qu'ils font. Mais il s'est pris aussi quelquefois au acueudre, ib. 8534. Il convient faire preuve comment sens passif pour l'accueil que je reçois, qu'il reçoit, il puisse acuillir la preuve à soi, quand besoin lui qu'ils reçoivent. Quoi que notre faible pouvoir En est, Ass. de Jér. 109. Je n'acueill le congié sans la paie de ce que voz me devez,lib. 1, 210. Me gart votre accueil ose entreprendre, MALH. III, 1. l'heur que beste m'y aient acueilloite, Berte, 29. Un grant cerf ont trově, celui ont acueilli [se sont mis à sa poursuite], ib. 108. Chapelez ont de fleur ver

REM. Accroître, v. n. se construit avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être. Dans le premier cas on pense à l'acte d'accroissement; dans le second, à l'état d'accroissement. Ses richesses ont accru par un heureux coup de bourse; ses richesses sont accrues à un point incroyable.

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HIST. XIo S. Les humes le rei sont venu devant le rei David, si lui ont dit: Deus accreissed le num Salemun sur le tuen, Rois, 226. E vit Judas et si frere que li mal sunt acreu en la terre, Machab. 1, 3. || xius. Quant il furent acreu de gent, si s'esbaudirent plus et chevauchierent plus seûrement que devant, VILLEH. 155. De chou [ce] que vous iestes accreû, est il biel [beau] à monseigneur, H. DE VAL. 46. La gent nostre seigneur va tousjours acroissant, Et li Turs orguillous forment amenuisant, Ch.

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- ETYM. Accroître.

-HIST. XIIS. Les douze pairs a mis en mal acuel, Rom. de Roncevaux dans DU CANGE, colligere. || XIIIe s. Mais que vous n'i soiez que troi; Et soit avec

meille Qui trop est bele à grand merveille, Quant ele est freschement cueillie; Mais quant li chauz l'a acueillie, Tost est morte, matie et mate, RUTEB. II, 31. Si sont il mort [je les tuerai], s'il ne m'acoillent, la Rose, 11206. Quant il ot aqueillie sa praie [proie].... JOINV. 272. Pour accueillir moi et mes successeurs en leur priere, DU CANGE, adcolligere. | xiv s. Jehan coustelier se alloua ou accueilli à un maistre du dit mestier, ID. ib. || xv. s. Sur le point du jour ils vinrent devant Courtray, accueillirent, entour soleil levant, toute la proie de là environ, FROISS. I, I, 107 || xvi° s. Quand les Romains se perforçoient de gravir contre- mont, ilz estoient accueilliz de force coups de dard et de trait qu'ilz leur donnoient de cà et de là par les flancs, AMYOT, Flam. 5. La bouche de la riviere du Rosne avoit accueilli tant de vase et si grande quantité de sable, que les ondes de la mer y amassoient et entassoient, que.... ID. Marius, 25. A Aubigné s'accueillent [se joignent] trente gentilshommes ou capitaines, D'AUB. Hist. II, 449.

ETYM. Wallon, acoï, assaillir; provenç. acuelhir; catal. acullir; ital. accogliere; de accolligere, de ad, à, et colligere (voy. CUEILLIR). L'italien est le seul qui ait été fidèle à la conjugaison latine; les autres ont changé la conjugaison de 3 en 4o: accolligire pour accolligère. Le vieux français qui avait un infinitif acueudre, akeudre, le tirait par contraction de accolgere, d'où une conjugaison qui se suivait sur ce type.

ACCUL (a-kul), s. m. ]] 1o Lieu où l'on est acculé, qui n'a point d'issue. Les voleurs, poussés dans un accul, y furent pris. || 2o Fig. Pontchartrain fut fort blamable de n'avoir point senti de quel accul de fortune il [Pelletier] l'avait tiré, SAINT-SIMON, 59, 140. || 3° Le fond du terrier où les chiens poussent les renards, les blaireaux, etc. Le renard est à l'accul. || 4° En termes de marine, une espèce de crique trop petite pour les grands bâtiments. || 5° En termes d'artillerie, piquets qu'on enfonce en terre pour empêcher le recul du canon.

ETYM. A et cul.

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ACCUMULATION (a-ku-mu-la-sion), s. f. || 1° Ac- | les formes italiennes et espagnoles. Accuseûr au sujet, tion d'accumuler, résultat de cette action. L'accu- comme dans l'exemple de l'historique, serait une mulation de la population. 2° En jurisprudence, faute, si le XIV siècle ne commençait pas à perdre accumulation de droit, augmentation de droit sur la distinction du cas sujet et du cas régime. Quant quelque chose. || 3′ Fig. Accumulation de preuves. à accusateur, il a été refait directement sur le latin: Faire une accumulation de mots. L'accumulation, la forme française d'origine serait accuseur. figure de rhétorique.

muler.

ÉTYM. Accumulatio, de accumulare, accuACCUMULÉ, ÉE (a-ku-mu-lé, lée), part. passé. 1° Terre accumulée. Trésors accumulés depuis des siècles. || 2° Fig. Arguments accumulés. Les maux accumulés sur sa tête.

ACCUMULER (a-ku-mu-lé), v. a. ] 1° Mettre ensemble, entasser. Accumuler de la terre au pied des arbres. Il accumule chez lui tant de trésors. Sa race accumulant d'immenses héritages, VOLT. Tanc. 1, 1. D'autres n'ont garde d'abandonner un bénéfice qu'ils possèdent; il est dans leurs mains, mais leurs mains ne sont pas remplies; que leur faut-il donc? Accumuler bénéfices sur bénéfices, BOURD. Pensées, t. I, p. 360. || 2° Absolument, amasser des richesses. Il ne songe qu'à accumuler. Fureur d'accumuler, monstre de qui les yeux Regardent comme un point tous les bienfaits des dieux, LA FONT. Fab. vIII, 27.D'autres, accumulant pour enfouir encor, Recueillent dans la fange une poussière d'or, LAMART. Harm. IV, 11. || 3° Fig. Au sens moral. Accumuler les honneurs sur la tête de quelqu'un. Accumuler faute sur faute. Si je multipliais tout cela, si je le redoublais, si je l'accumulais sans mesure, après y avoir épuisé toutes les puissances de mon âme, BOURD. Pensées, t. 1, p. 29. D'où il s'ensuit qu'ayant toujours jusqu'à présent accumulé péché sur péché, je n'ai fait, dans tout le cours de mes années, qu'accumuler dettes sur dettes, ID. ib. t. II, p. 79. Je l'ai vu contre vous accumuler les crimes, VOLT. Mér. III, 5. Quels maux sont en ces lieux accumulés sur moi? m. Mér. u, 1. || 4° S'accumuler, v. réfl. Devenir accumulé. Les denrées s'accumulent dans les magasins. Les honneurs s'accumulent sur sa tête. Les dettes s'accumulaient. Les prospérités qui s'accumulent sur vous.

ACCULÉ, ÉE (a-ku-lé, lée), part. passé. || 1o Mis dans un accul, au propre et au figuré. Le renard acculé. Cet homme acculé et ne sachant plus que dire. La ETYM. Provenç, acomolar; espagn. acumular; comtesse de Roucy me répondit, acculée et dans ital. accumulare; de accumulare, de ad, à, et cul'excès de sa colère, qu'enfin Praslin était lieute-mulare, combler (voy. ce mot). nant général, et que son mari ne l'était pas, SAINTSIMON, 104, 107. 2° En termes de blason, se dit du cheval et du lion quand ils sont cabrés, et de deux canons placés sur leurs affûts, et dont les culasses sont opposées l'une à l'autre.

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ACCULER (a-ku-lé), v. a. || 1o Pousser dans un accul. Les chiens avaient acculé le sanglier. Le prince d'Orange se retrancha à la hâte [à l'abbaye de Pure] et se repentit bien de s'y être laissé acculer si promptement, SAINT-SIMON, 11, 126. || 2° Fig. Acculer quelqu'un, le mettre dans l'impossibilité de répondre, d'agir. || 3° S'acculer, v. rest. S'adosser. Poursuivi par quatre hommes, il s'accula contre la muraille et se défendit. || 4° En termes de manége, le cheval s'accule lorsque, arrivé sur ses voltes, il marche de côté en rapprochant sa croupe du centre; lorsqu'il recule vers un obstacle et y reste fixé contre la volonté du cavalier; ou encore lorsqu'il se jette brusquement sur les jarrets au moment où on l'arrête.

REM. Dans les premières éditions de son dictionnaire, l'Académie tolérait l'expression d'acculer ses souliers; mais les dernières ne permettent plus que le verbe éculer. Acculer s'est dit autrefois en ce sens (voy. l'historique).

HIST. XIII. S. Or donc, Bernart, qui fors rains as, Va, si t'accule à cel huiset, Et si l'entr'ovre un petitet, Ren. 13345. || xvies. ....où se sied et accule, Et là, seant, en toute pars specule, MAROT, IV, 48. Il se veaultroyt par les fanges, acculoyt [mettait à cu, éculait] ses souliers, RAB. Garg. 1, 11. De sa lance, rompoyt ung huis, enfonceoyt ung harnois, aculoit une arbre, ID. Garg. 1, 23. Où Dragut se voyant aculé et amusant les chrestiens de quelque petit fort.... D'AUB. Hist. I, 39

ETYM. Accul.

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ACCUSABLE (a-ku-za-bl'), adj. Qui mérite d'être accusé, qui peut être accusé. Suis-je accusable encor du meurtre de Gustave? PIRON, Gust. Wasa, IV, 6. HIST. XVI s. Les troisiemes sont accusables et punissables, CHARRON, Sagesse, 1, 15.

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ETYM. Accusabilis, de accusare, accuser (voy. ce mot).

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ACCUSATEUR TRICE (a-ku-za-teur, tri-s').
1° S. m. et f. Celui, celle qui accuse en justice. L'ac-
cusateur public. Se porter pour accusateur. Susciter
un accusateur. Le père le plus tendre est son accu-
sateur, VOLT. Tancr. iv, 2. Les deux accusateurs que
lui-même a produits.... CORN. Nic. II, 8. A votre
accusateur que pourrai-je répondre? RAC. Ph. III,
3. Pourquoi, par quel caprice Laissez-vous le champ
libre à votre accusatrice? ID. Phèd. V, 1.
cabale, on suscite Accusateurs et gens grevés par
ses arrêts. De nos biens, disent-ils, il s'est fait
un palais, LA FONT. Fab. x, 10. || 2° Adj. Tout peut se
réparer qu'un peuple accusateur Du forfait qu'il
condamne ose nommer l'auteur, LANCIVAL, Hect.
IV,

6.

on

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ACCUSATIF (a-ku-za-tif), s. m. Terme de grammaire. Cas, dans les langues où les noms se déclinent, qui sert principalement à indiquer le régime direct des verbes actifs ou transitifs, et celui de certaines prépositions. C'est par abus de terme qu'on a nommé en français accusatif le complément direct d'un verbe actif. En français, le régime appelle aussitôt un accusatif qui ne peut se déplacer, FÉN. XXI, 192.

HIST. XV s. Quant rencontré a un accusatif, CH. D'ORL. Rond. 68.

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– ÉTYM. Accusativus, de accusare, accuser; provenç. acusatiu; espagn. acusativo; ital. accusativo ACCUSATION (a-ku-za-sion; en poésie, de cino syllabes), s. f. || 1° Action en justice par laquelle on accuse quelqu'un. Les chefs d'accusation. Accusation d'empoisonnement. Intenter une accusation contre quelqu'un. Dresser une accusation. Par son éloquence, l'avocat ruina l'accusation. Il se lava de l'accusation de péculat. Il défendit aux tribunaux d'admettre les accusations de fourberie. L'accusation qu'il suscita contre cet ecclésiastique, pasc. Prov. 16. || 2° Toute espèce de reproche, d'imputation. Ne prêtons pas l'oreille aux accusations. Il fut indisposé contre moi par des accusations mal fon dées. Former des accusations contre quelqu'un, BOIL. Sat. XII, avertiss. | 3° Au sens passif, l'accusation de quelqu'un, l'accusation dont il est l'objet. Encore que ses accusations soient incessamment aux oreilles de V. M.... PELLISSON, II, 161. || 4° Action de révéler, de confesser. Nous entendons tous les jours des pécheurs qui mêlent à l'accusation de leurs fautes les maximes du siècle et le langage des passions, MASS. Carême, Confession.

HIST. XIIIe s. Verités est que toutes accusations de foy, à savoir mon qui croit bien en le [la] foy et qui non, la conoissance en appartient à sainte Eglise, BEAUM. II, 2. | XVI s. Le peuple ayant mis en justice d'accusation capitale ses capitaines, MONT. I, 3.

-ETÝM. Provenç. accusation; espagn. acusacion; ital. accusazione; de accusatio, de accusare, accuser. Dans l'ancien français, on ne se servait guère que d'accusement dont les exemples abondent. Accusement a été employé jusque dans le xvi s. : Le riche dessous toy ne craint point que son bien Par faux accusement ne demeure plus sien, RONS. 857. Quant à accusation cité plus haut de Beaumanoir, c'est une forme faite directement sur le latin et non un mot d'origine. La forme d'origine eût été acusaison, comme raison, oraison, etc.

ACCUSE, ÉE (a-ku-zé, zée). || 1° Part. passé. Accusé d'un crime. Accusé d'aspirer au trône. Les vents, les mêmes vents si longtemps accusés Ne te couvriront pas de ses vaisseaux brisés ? RAC. Iph. v, 4. Un homme, justement accusé d'adultère, vint lui demander s'il lui était permis de se justifier par serment, FEN. Philosophes, Thalès. Selon vous, on est coupable dès qu'on est accusé; un soupçon mérite la mort, ID. Tél. xx. || 2o Accusé, accusée, s. m. et f. Celui, celle qui est accusé en justice. C'est lui qui est l'accusé. Se consacrer à la défense des acÉTYM. Accusator, de accusare, accuser. cusés. Qui fonde vos soupçons? de vains cris? de --SYN. ACCUSATEUR, DÉNONCIATEUR, DÉLATEUR. Ce-faux bruits? Quels sont les accusés ?... M. J. CHÉN. lui qui informe l'autorité qu'un tel a commis une Charles IX, Iv, 4. Dieu, jugez entre nous; Les acaction coupable. L'accusateur non-seulement dé- cusés tremblants sont ici devant vous, DUCIS, Lear, nonce, mais poursuit celui qu'il accuse. Le dénon-III, 8. || 3° Accusé de réception, mot d'écrit par leciateur révèle un fait, le rend public, le défère à quel on reconnaît avoir reçu une lettre, un paquet. l'autorité : il ne se cache pas. Dans les troubles publics, les voisins sont souvent les dénonciateurs les uns des autres. Le dénonciateur est, suivant les motifs qui l'animent, à louer ou à blâmer. Le délateur fait toujours un métier odieux; il se cache; ses rapports sont secrets; il cherche d'ordinaire ou à nuire à l'objet de ses délations, ou à flatter les passions de celui à qui il les fait.

—HIST. XIII° s. Comme accuseür contre celi à qui
on met sus le cas de crieme, BEAUM. VI, 12. || XIV s.
Et li accuseur aura cinq sols, Ordonn. des R. de
Fr. 1313, t. I, p. 521.

ACCUSER (a-ku-sé), v. a, || 1° Imputer un crime à quelqu'un. Il fut accusé de brigue, de violence. Accuser quelqu'un d'un crime capital. On l'accusa d'avoir fui du combat. Socrate fut accusé de nier les dieux que le peuple adorait. Pour vous justifier du crime dont ma raison vous accusait.... MOL. Fest. de Pierre, 1, 3. Je n'accuse personne et vous tiens innocent, CORN. Rod. v, 4. Ce n'est pas qu'après tout tu doives épouser Celui qu'un père mort t'obligeait d'accuser, ID. Cid, IV, 2. D'un amour criminel Phedre accuse Hippolyte, RAC. Phèd. IV, 2. Je le crois criminel, puisque vous l'accusez, ID. ib. v, 7. || 2o Dans - ETYM. Provenç. acuzaire, acusador; ital. ac- le droit criminel actuel, poursuivre, en vertu d'un cusatore; de accusator, de accusare (voy. ACCUSER). arrêt de la chambre des mises en accusation, une Accusator, acc. accusatorem, a donné au nomina-personne devant la cour d'assises. || 3° Accuser tif, avec l'accent sur l'a, en provençal acuzaire, et dans un acte faux, soutenir qu'un acte est faux. || Cette l'ancien français aurait donné acusere, toutefois ici locution a vieilli. On dit présentement, arguer un sans exemple; et au régime, avec l'accent sur l'o, en acte de faux. || 4° En général, imputer, reprocher. provençal acusador, et en français acuseor, acuseûr et Tu pouvais, pour toi, m'accuser de froideur, MOI. I - 6

—ÉTYM. Aceus, suffixe latin indiquant le rapport et la ressemblance.

ACENS (a-san), s. m. Terme d'anciennes coutu-
mes. Terre ou héritage quelconque tenu à cens.
-ÉTYM. À et cens.

ACENSÉ, ÉE (a-san-sé, sée), part. passé.
ACENSEMENT (a-san-se-man), s. m. Terme d'an-
ciennes coutumes. Action de donner à cens.
HIST. XIVe s. La seureté de tout le vendaige ou
acensissement des dis moulins, DU CANGE, accensa-
mentum.

ment.

ACENSER (a-san-se), v. a. Terme d'anciennes coutumes. Donner à cens, c'est-à-dire sous la redevance d'une rente.

—ÉTYM. Acier; provenç. aceirar; espagn. acerar; ital. aciajare.

ACERURE (a-sé-ru-r'),s. f. Morceau d'acier préparé pour être soudé à une pièce qu'on veut acérer. ACESCENSE (a-sè-ssan-s'), s. f. Terme didacti

-ETYM. Acescent.

ACESCENT, ENTE (a-sè-ssan, ssant'), adj. Terme didactique. Qui commence à devenir acide.

l'Étour. 1, 6. Il l'avait accusé de discours médisants, forger. Mais il est plus vraisemblable de le ratta- | nel purrez, Th. le Mart. 36. L'escu [il] saisi, qui fu ID. ib. III, 5. Quand vous devez la vie aux soins de cher à causa, cause (voy. ce mot). Ce qui ajoute à or bendez, Etprent l'espié qui fu bien acerez, R. ce grand homme, Vous osez l'accuser d'avoir trop quelque probabilité à cette étymologie, c'est que de Cambrai, 24. || XIII S. Les portes [ils] desferfait pour Rome, VOLT. Catil. v, 1. Ah! si nous pé- Bède dit que accusare s'est aussi écrit avec deux ss, rerent à grans pels [pieux] acerés, Ch. d'Ant. vi, rissons, n'en accusez que vous, RAC. Baj. II, 3. orthographe qui est aussi celle de causa, caussa. 843. xv s. Et tenoit un glaive roide et fort à un La vie n'était pour lui qu'un esclavage et une triste t.... ACE (a-sé), suffixe employé surtout pour dési- long fer bien aceré, FROISS. I, I, 135. || xvies. Il captivité; et sans en accuser la Providence ni s'en gner des catégories de plantes ou d'animaux ; les lilia- n'y a harnois si bien trempé et aceré qui eust pu plaindre.... BOURD. Pensées, t. 1, p. 45. || 5° Gour-cées, les crustacés. preserver un cœur de leur pointe, YVER, p. 539. Saimander, blâmer. D'Egmont.... De l'incertain Mayenne chant que cueur d'amye ou vray amant Est aceré accusait la lenteur, VOLT. Henr. VIII. Mais avec quel trop plus que dyamant Contre infortune, J. MAROT, courroux, avec quelle tendresse Mahomet de mes v, 209. De sa lance asserée verde et roide rumpoyt sens accusa la faiblesse ! id. Fanat. IV, 3. Contre un huys, RAB. Garg. 1, 23. Ilz ont les gryphes tant l'effort des vents ces myrtes sans appuis Accusent fortes, longues et asserées, que rien ne leur esnotre indifférence, C. DELAV. Paria, II, 5. N'accuse chappe, depuys que une foys l'ont mis entre leurs point mon sort; c'est toi seul qui l'as fait, CORN. Cinna, serres, ID. Pant. v, 11. Cela que le soudart aux esIII, 4. Par des ambassadeurs accuser ma paresse, RAC. paules' ferrées, Que le cheval flanqué de bardes aceMithr. III, 4. Où donc est ce grand cœur dont tantôt rées, Ne put faire par force, amour le fait seulet, l'allégresse Semblait du jour trop long accuser la paRONS. 662. Il faut roidir son courage, affermir son resse? BOIL. Lutr. II. .... En vain de ton départ Les ame, l'endurcir et acerer à jouir, sçavoir, ententiens impatients accusent le retard, DELILLE, Énéi- ETYM. Acenser; provenç. acessamen, assensa-dre, juger toutes choses, CHARRON, Sag. Préface. de, m. 6° En parlant des choses, servir de preuve, d'indice. Le fait même l'accuse. Devant les dieux vengeurs, mon désespoir m'accuse, VOLT. Sémir. 1, 5. Voyons qui son amour accusera des deux, RAC. Mithr. III, 4. Et son silence même accusant sa noblesse Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse, ID. Iph. 1, 2. Caché sous des lambeaux, un reste de richesse Semble encor de son rang accuser la noblesse, DUCIS, Lear, II, 2. || 7° A certains jeux de cartes, accuser son jeu, en faire connaître ce que les règles veulent qu'on déclare. 8° Accuser juste, accuser faux, être exact, inexact dans son récit. Chamillart convenait que Catinat accusait vrai en tout et partout, ST-SIMON, 105, 120. La renommée accuse juste en contant ce que vous valez, MOL. Préc. 10. || 9° Accuser une douleur, accuser son âge, dire qu'on sent une douleur, qu'on a tel âge. | 10° Accuser la réception ou accuser réception d'une lettre, d'un paquet. M. Plet ne nous accusa ni la réception de cette lettre ni celle d'un assez gros paquet que je lui avais adressé, VOLT. Lettr. Prusse, 35. Je n'ai de temps que pour en accuser la réception, BOSS. Lettr. Quiét. 190. La plupart commencent par accuser la réception de ma lettre, SEV. 243. || 11° En termes de peinture, faire sortir certaines parties qui sont recouvertes par quelque enveloppe. Accuser les muscles, les os. || 12° S'accuser, v. réfl. Se dire coupable. Il s'accuse d'homicide. S'accuser d'une faute, de sa crédulité. Elle s'accusait de ralentir ma marche. Vientelle s'accuser et se perdre elle-même? RAC. Ph. III, 6. Votre cœur s'accusait de trop de cruauté, ID. Brit. IV, 3. Je m'accuse, moi-même, d'en avoir trop entendu, MOL. F. de Pierre, 1, 3. Je me suis accusé de trop de violence, CORN. Cid, III, 4. || 13° S'accuser, déclarer ses péchés au prêtre dans la confession. S'accuser d'avoir rompu le jeûne.

REM. Régnier a dit : Un rêveur m'accuse Que je ne suis pas net.... Sat. . Cette tournure est insolite, et l'on dit d'habitude de avec l'infinitif : De n'être pas net. Cependant elle n'a rien qui soit fautif en soi.

HIST. XII s. S'aucuns est acuseis qu'il ait aucun ochis.... TAILLIAR, Recueil, p. 491. Et feissent deux homes avant venir, qui Naboth acusassent et sur lui testemoniassent que il out mesparlé de Deu meîme et del rei, Rois, 331. || xms. Cil cui je n'avoie riens mesfait, m'acusoient, Psautier, f. 48. Par iceste maniere bien nous acuserons [nous prouverons notre fait], Berte, 23. Qui est accusé de cas de crieme, il ne se puet defendre par procureur, BEAUM. 80. En cas de crieme dont on pot perdre vie ou membre, li acusés n'est pas tenus à jurer, se li cas n'est de gages, ID. XX, 9. Li mariages fu après acusés, et fu depeciés [cassé], et fut tenu por malvès, ID. XVIII, 48. Tretout ansinc vous dis pour voir [vrai] Que li cristal, sans decevoir, Tout l'estre du vergier accusent à ceux qui dedans l'iaue musent, la Rose, 1569. || XIV' s. Et encore eust on tout occis et tué, S'il n'eussent nommé l'englois et accusé Qui les armes pendi de Bertran l'aduré, Guesclin, 19767. Dame, dist Galerans, jà n'aie je pardon, Se je vous en accuse par nulle entention, Baud. de Seb. II, 90. || xvio s. Ils ne nous accusoient [dénonçaient] jamais aux ennemyS, CARLOIX, V, 6. Ceux qui accusent les hommes de.... MONT. I, 11. Les vieux du Senat accuserent [blâmèrent] cette pratique, ID. I, 23. Les mesmes paroles qui accusent [indiquent] ma maladie, ID. I, 34.

- ETYM. Provenç, accusar; espagn. acusar; ital. accusare; de accusare, de ad, à, et d'un radical sur lequel on a varié. Priscien dit que ce radical est cusare, fréquentatif de cudere, qui veut dire

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HIST. XIII S. Il ont acensi pour els et por les oirs du roi de Navarre les maisons le roi qui sont....que. Disposition à s'aigrir. DU CANGE, accensare. Et s'il avenoit que je acensesisse mon winage, ID. ib. || XIV S. Que toutes les revenues de la dicte ville seront acensées, ID. ib. xv s. Les communes de Paris s'esmurent et arme- -ÉTYM. Acescens, de acescere, devenir acide, d'un rent, et occisent tous ceux qui avoient assencé ces radical ac qui se trouve dans acide (voy. ACIDE). gabelles et ces impositions, FROISS. II, II, 137. Robaut † ACETABULE (a-sé-ta-bu-l'), s. m. || 1o Terme dist au suppliant qu'il se achenssast et composast d'antiquité. Sorte de vase destiné au vinaigre. || 2o Mepar devers Jehan, Du Cange, ib. sure répondant à la cotyle grecque et contenant -ÉTYM. Acens; Berry, accenser; provenç. aces-0,27 litres. || 3° Les anatomistes appelaient autresar; ital. accensare. fois acétabules les cavités articulaires qu'on nomme aujourd'hui cavités cotyloïdes. Ils donnaient aussi le nom d'acétabule à des enfoncements qui se voient à l'intérieur de la matrice chez les chèvres, les brebis, etc. || Histoire naturelle. Suçoir des bras des mollusques céphalopodes.

ACEPHALE (a-sé-fal'), adj. Terme didactique.
[[1° Qui n'a point de tête. Un monstre acéphale.
|| 2° Fig. Qui n'a point ou qui ne reconnaît pas
de chef. Concile acéphale. Secte acéphale. || 3o Dans
la versification ancienne, vers acéphale, vers tron-
qué au commencement, et particulièrement l'hexa-
mètre qui commençait par une brève. 4° S. m.
Espèce fabuleuse d'hommes sans tête. St Augustin
assure qu'il a vu des acéphales, VOLT. Oreilles, 5.
|| 5° En termes d'histoire naturelle, animaux qui
n'ont point de tête. Les huîtres sont des acéphales.
-ETYM. Axégalos, de a privatif, et xɛpaλń, tête,
(voy. CÉPHALIQUE).

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† ACÉRAIN, AINE (a-sé-rin, rè-n'), adj. Qui tient de la nature de l'acier. Fer acérain. Mine acéraine. HIST. XII s. Pínabaux de Sorence tint le brant acerin, Ronc. p. 194. Le roi [il] servi au bon branc acerin; De plusors gueres il fist maint orfenin, R. de Cambrai, 8.

-ETYM. Acier.

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HIST. XVI s. L'air est conduit.... de la grand artere aux arteres de la matrice et cotilidoines, qui sont au chorium, par les acetables, et des acetables à l'umbilic de l'enfant, par la veine umbilicale, PARÉ, t. II, p. 631. Iceux orifices ont esté appellés des Grecs cotyledons, et des Latins acetables, ID. XVIII, 6.

—ÉTYM. Acetabulum, de acetum, vinaigre (voy ACÉTIQUE).

ACETATE (a-sé-ta-t'), s. m. Terme de chimie. Se dit des sels produits par les combinaisons de l'acide acétique avec une base. De l'acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd, en une cuillerée tue, P. L. COUR. II, 381.

ETYM. Acétique.

ACERBE (a-ser-b'), adj. || 1o D'un goût âpre. Fruits ACÉTEUX, EUSE (a-sé-teû, teû-se), adj. Qui acerbes. || 2° Fig. Sévère et dur. Des paroles acerbes. a le goût du vinaigre. Acide acéteux, nom ancienC'est un homme acerbe. Il m'écrivit sur un ton très-nement donné au vinaigre ordinaire, que l'on croyait acerbe. différer de l'acide acétique concentré, par un degré moindre d'oxygénation. >>

– ÉTYM. Acerbus. Ce mot a une parenté évidente avec acer, acre (voy. ACRE), et avec tous les mots qui, formés avec le radical ac différemment varié, ont le sens de pointu et de piquant.

HIST. XVI S. Toutes ces choses aceteuses sont fort louées, parce qu'elles irritent l'appetit, PARE, XXIV, 2.

ACERBITÉ (a-sèr-bi-té), s. f. || 1° Qualité de ce
qui est acerbe. L'acerbité de ce fruit. || 2° Fig. L'a-se
cerbité de son langage. L'obligation de raconter le
fait lui rappelle la mémoire plus vive de l'acerbité
d'un événement qui.... P. L. COUR. I, 71.

-ETYM. Acerbitas, de acerbus, acerbe.

ACERE (a-se-r'), adj. m. Histoire naturelle. Il se dit d'insectes qui n'ont point d'antennes et de mollusques dont la tête est dépourvue de tentacules.

ETYM. A privatif, et xépas, corne (voy. CORNE). ACÉRÉ, ÉE (a-sé-ré, rée), part. passé. || 1° Rendu tranchant par l'acier, affilé, aigu. Fer à pointe acérée. La plainte qu'on permet à des désespérés Ne te sauvera pas de ses traits acérés, ROTROU, Herc. mour. v, 3. Un serpent blessait Zadig au cœur de sa langue acérée, VOLT. Zadig, 7. || 2° Fig. Qui blesse profondément. Les traits acérés de la calomnie. Langue acérée. Plaisanteries acérées.

ACERER (a-sé-ré. La syllabe ce prend l'accent aigu quand la syllabe qui la suit est sonnante, j'acérais, et l'accent grave quand cette syllabe est muetté, j'acère), v. a. || 1° Garnir d'acier un instrument pour le rendre tranchant. || 2° Fig. Quelques motifs particuliers acéraient encore les calomnies et les haines qui doivent préparer les dissensions de Marseille, MIRAB. Collection, t. III, p. 107.

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ETYM. Acetum, vinaigre, d'un radical ac qui trouve dans acide (voy. ACIDE).

† ACÉTIFICATION (a-sé-ti-fi-ka-sion), s.f. Réaction chimique qui transforme l'esprit-de-vin en vinaigre.

- ETYM. Acetum, vinaigre, et facere, faire. ACÉTIQUE (a-sé-ti-k'), adj. Terme de chimie. Acide acétique, acide qui est le principe du vinaigre. -ETYM. Acetum, vinaigre, d'un radical ac qui se trouve dans acide (voy. ACIDE).

+ ACHALANDAGE (a-cha-lan-da-j'), s. m. L'ensemble des chalands.

· ETYM. Achalander. ACHALANDÉ, ÉE (a-cha-lan-dé, dée), part. passé. Qui a beaucoup de chalands. Boutique achalandée. Ce marchand est très-achalandé. Il y a des artisans bien plus achalandés les uns que les autres, plus forts et plus adroits, et qui gagnent par conséquent davantage, VAUBAN, Dime, p. 94.

ACHALANDER (a-cha-lan-dé), v. a. || 1° Achalander une boutique, y faire venir des chalands. || 2° Fig. Procurer la vogue. Il fallait bien des cérémonies, bien du temps pour achalander un oracle, VOLT. Mœurs, Oracle. || 3° S'achalander, v. réfl. Devenir achalandé.

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HIST. XVI S. Nous disons quand quelcun est
bien malade et en grand danger de la vie, qu'il ne
lui fault plus que l'ache, c'est à dire la sepulture,
pour ce que nous avons accoustumé de couronner
les sepultures des morts avec ceste herbe, AMYOT,
Timol. 35.
ETYM. Apium, du grec άπov.

+ ACHÉE (a-chée), s. f. Appât pour la pêche à
la ligne.

ETYM. VOY. AICHE.

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son triumphe fut acheminée, luy mesme monta dessus son chariot triumphal, ID. Marc. 10. Lucullus ne laissa point d'acheminer et haster son armée le plus tost qu'il lui fut possible, ID. Lucull. 44. Ces choses ainsi faittes, Lucullus s'achemina devers la cité de Tigranocerta, ID. ib. 48.

-ETYM. À et cheminer; picard, akeminer. ACHERON (a-ché-ron), s. m. Terme de mythologie. Fleuve des enfers. Les poetes le prennent pour l'enfer ou pour la mort. Un mal qui répand la terreur.... La peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom, Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, La FONT. Fabl. vII, 1.

- ΕΤΥΜ. Αχέρων.

acharné. Elles n'étaient pas moins acharnées les unes contre les autres, BOSS. Hist. 11, 8. D'un peuple d'assassins les troupes effrénées, Par devoir et par zèle au carnage acharnées, VOLT. Henr. II. On dit que ces brigands aux meurtres acharnés.... ID. Orphel. 1, 5. Je courais, furieux dans ma rage homicide, Sur ses flancs acharné, dévorer un perfide, DUCIS, Rom. IV, 5.Ce n'était plus, dans cet amas confus d'hommes acharnés les uns sur les autres, que massacre, vengeance.... FEN. Tél. xx. || 2o Où il y a de l'acharnement. Un combat acharné. On fait une ACHEMINÉ, ÉE (a-che-mi-né, née), part. passe. guerre acharnée. Haine acharnée. || 1o Mis en chemin, au propre et au figuré. Convois ACHARNEMENT (a-char-ne-man),s. m. ||1° Ac-acheminés. Du blé acheminé au marché. Une affaire tion d'un animal qui s'attache opiniâtrément à la bien acheminée. De nous voir en nostre navire A si chair qu'il dévore. || 2° Fureur avec laquelle se bon port acheminés, MALH. III, 3. Le cardinal voyant ACHETÉ, ÉE (a-che-té, tée), p. passé. || 1o Acquis battent des animaux ou des hommes. Combattre l'affaire assez acheminée pour pouvoir former le à prix d'argent. Des noirs achetés à la côte d'Afriavec acharnement. On poursuivit l'ennemi avec dessein de l'arrêter [M. le Prince], il résolut de que. Je gouverne l'empire où je fus acheté, RAC. Esth. acharnement. 3° Fig. Animosité opiciâtre. L'achar- prendre des mesures avec Mme de Chevreuse, LA-II, 1. || 2° Gagné par corruption. Applaudissements nement des plaideurs. L'acharnement des guerres ROCH. Mém. 103. || 2° Technologie. Se dit d'une glace achetés. Un témoin acheté. Retourner à l'armée ! civiles. L'acharnement odieux du chancelier Séguier dont on a enlevé les plus grosses aspérités. Ah! sachez que la reine La sème d'assassins ache. contre Fouquet. ACHEMINEMENT (a-che-mi-ne-man), s. m. Ce tés par sa haine, CORN. Nic. 1, 1. || 3° Obtenu avec qui est voie, chemin d'une chose. Toute la vie est peine. Récompense achetée au prix d'un grand traun acheminement vers la mort. Cela était un ache-vail. L'honneur d'un si beau choix serait trop acheminement au consulat Ce premier crime fut un té.... CORN. Hor. II, 8. Ce reste malheureux [de vie] acheminement à un autre. Cette manière de vi- serait trop acheté, S'il faut le conserver par une vre est un merveilleux acheminement à la passion, lâcheté, RAC. Baj. 11, 3. Au prix du déshonneur quelPASC. édit. Cous. La venue des faux prophètes sem-ques heures de plus Lui sembleraient trop achetées, blait être un acheminement à la dernière ruine, A. CHEN. 200. [Pierre le Grand] remportant avec lui BOSS. Hist. 11, 9. J'ai cru que, pourvu que nous la science de la construction des vaisseaux, acquise conservassions les effets de l'histoire, toutes les cir- en moins de deux ans, parce qu'il l'avait acqu constances [de la tragédie] ou, comme je viens de par lui-même, et achetée courageusement par les nommer, les acheminements étaient en notre espèce d'abdication de la dignité royale, FONTEN. pouvoir, CORN. Ex. de Rodog. Czar Pierre. Il est si ordinaire à l'homme de n'être pas heureux, et si essentiel à tout ce qui est un bien d'être acheté par mille peines, qu'une affaire qui se rend facile devient suspecte, LA BRUY. 11.

ETYM. Acharner. ACHARNER (a-char-né), v. a. || 1° Donner aux chiens, aux oiseaux de proie le goût de la chair. || 2° Irriter des hommes, des animaux les uns contre les autres. Ce n'est point, madame, et ce ne peut point être votre dessein d'acharner les fidèles contre les fidèles, BALZ. Disc. à la Régente. Le premier sang versé rend sa fureur plus forte [du peuple]; Il l'amorce, il l'acharne, il en éteint l'horreur, CORN. Nicom. v, 4. Puisse leur liberté, préparant leur ruine, Acharnant les époux, les pères, les enfants.... VOLT. Scyth. v, 4. Qu'allons-nous donc faire par le renvoi de la délibération? Manquer le moment décisif, acharner notre amour-propre à changer quelque chose à un ensemble que nous n'avons pas même conçu! MIRAB. Collection, t. I, p. 182. || 3° S'acharner, v. réf. Mettre fureur et opiniâtreté dans la lutte. S'acharner sur les vaincus. Ce qu'il y avait de plus grand en France s'acharnait à ce combat. On s'acharne, on combat sur le corps d'Indatire, VOLT. Scyth. IV, 7. Que l'ours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut ni ne respire, LA FONT. Fab. v, 20. Ton extrême rigueur S'acharne sur mon cœur, MOL. Princ. d'Él. m, 3 interm. 2. || 4° S'attacher avec opiniâtreté. Ils s'acharnent à diffamer cette harangue. Ils s'acharnaient contre le baptême des petits enfants, BOSS. Var. II.

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HIST. XV S. Et tant estoit sur eulx acharné qu'après eulx es jardins ficher se vouloit, Bouciq. II, 20. xvi s. Bertrand leur remit le cœur en disant qu'il falloit s'acharner sur la personne du baron de Mareuil, Guescl. Mém. 8. Il se verroit maistre de ces vices qui sont habituez et acharnez en luy, MONT. 1, 397. Qui a jamais leu d'homme si obstinement acharné envers femme, que de celui-là envers Poppée? ID. IV, 382. Des puissants dieux et des hommes mocqueur, Tout acharné de meurtre et de furie, Enflé d'orgueil, enflé de vanterie, RONS. 652. Prince né avec un esprit vif, prompt à tout, acharné à toutes sortes d'amour, D'AUB. Hist. II, 129.

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ETYM. À et chair (voy. ce mot); Berry, achargner; bourguig. écharné.

ACHAT (a-cha; le t se lie: l'achat et la vente, dites: l'acha-t et la vente ;au pl. a-cha, rimant avec appas; d'autres prononcent a-cha, comme au singulier; I's se lie; les achats et les ventes, dites: les acha-z et les ventes), s. m. || 1° Action d'acheter. Hispal fit achat d'un château, LA FONT. Fiancée. Faites achat d'un vin qui pousse à vivre, BÉRANGER, Mon tombeau. || 2o La chose achetée. Je veux vous montrer mes achats.

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HIST. XIII s. Et gardés que nus qui l'achat N'i puisse faire bon achat, la Rose, 13248. Ce ne puet | estre que Jehans tiengne un ceval par title d'achat et par title d'emprunt, BEAUM. VI, 26. Je fac savoir que tous les acas.... DU CANGE, accatum. || xiv s. Les volontaires sont teles comme vendicion, achat, prest, plegerie, usage, ORESME, Eth. 145. || XVI s.L'achet de paradis estoit taxé à certains deniers, CALV. Inst. 622. ....perdit sa chalemie et son pipeau d'avaine, Qui valoient bien d'achat quatre toisons de laine,

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ETYM, Acheminer.

ACHEMINER (a-che-mi-né), v. a. 1 Mettre dans le chemin, au propre et au figuré. Acheminer du blé vers le camp. La joie où vous m'acheminez.... ACHETER (a-che-té; ne prononcez pas a-je-té, ni, MOL. le Dép. v, 5. C'est une nouvelle qui achemine comme Vaugelas le défend aussi, a-jé-ter. La sylla paix, SEV. 329. Il refusait d'acheminer cette affaire labe che est muette quand la syllabe qui suit est sonpar des voies raisonnables, Boss. Projet. Au trépas nante, et prend l'accent grave quand cette syllabe qui Chaque moment de plaisir l'achemine, LA FONT. suit est muette; gardez-vous donc bien de prononMandrag. || 2° En termes de manége, acheminer cer, comme font quelques personnes, ach'trai pour un cheval, habituer un jeune cheval à marcher de-a-chè-te-rai, et ainsi de suite), v. a. || 1° Acquérir vant lui. || 3° S'acheminer, v. réfl. Se mettre en che- une chose à prix d'argent. Acheter une maison. Les min, partir pour. Je n'ai point trouvé étrange de gens qui font la traite achètent des noirs sur la les voir arrivés où je les avais vus s'acheminer, côte d'Afrique. Des étrangers achetèrent de quelques BALZ. 7 Disc. sur la cour. Le maréchal s'étant pêcheurs ce qu'ils allaient tirer du coup de filet acheminé pour aller à Trèves.... SEV. 205. Une qu'ils venaient de jeter dans la mer, FÉN. Philosotroupe mutine, Mattresse de la ville, au palais phes, Thalès. Comme une pierre précieuse qu'on s'achemine, QUIN. Paus. v, 1. || 4° Fig. Arriver n'achète qu'en se défaisant de tout le reste et le à son but, à ses fins. Sa sagesse.... S'achemine à vendant, BOURD. Pensées,t. 1, p. 90. Une femme de grands pas à l'empire du monde, CORN. Nic. v, 1. qui il achetait des herbes au marché, LA BRUY. Disc. Depuis ce coup fatal le pouvoir d'Agrippine Vers sa sur Théoph. M'habiller de bonnes étoffes et me nourchute à grands pas chaque jour s'achemine, RAC. rir de viandes saines, et les acheter peu, ID. 10. Brit. I, 1. L'œuvre de Dieu s'acheminait, BOSS. Les huit ou dix mille hommes sont au souverain Hist. II, 5. Les choses s'acheminent où nous vou- comme une monnaie dont il achète une place ou lons, MOL. Pourc. I, 1. Il n'y a pas une ode dont le une victoire; s'il fait qu'il lui en coûte moins.... ID. but soit plus évident et où le poetes'y achemine plus 10. || Absolument. La manie d'acheter. || 2o Achedroit, DIDER. Lettr. à Gal. Ce qui fut décidé main- ter un homme, lui donner une somme pour qu'il tenant s'examine; Et vers nous pas à pas la raison | serve en place d'un autre à l'armée. || 3° Acheter s'achemine, M. J. CHEN. Charles IX, II, 3. On est des soldats, donner à un gouvernement étranger trop heureux de n'être trompé que dans des choses de l'argent pour qu'il fournisse des soldats. Dans la médiocres; les grandes ne laissent pas de s'achemi-guerre d'Amérique, l'Angleterre acheta plusieurs ner; et c'est la seule chose dont un grand homme doit être en peine, FÉN. Tél. XXII.

3.

régiments dans les petits Etats de l'Allemagne, 4° Procurer à prix d'argent une chose qui n'est pas HIST. XI S. [II] entre en sa veie, si s'est ache- vénale, corrompre à prix d'argent. Acheter ses juminez, Ch. de Rol. 26. Vers doulce France tuit sont ges. Il acheta par des largesses l'attachement acheminié, ib. 53. || XIIe s. Ne à haut ne à bas lur soldats. Et des mêmes présents qu'il verse dans mes conseil ne mustrerent; Quant il virent lur aise, par mains, J'achète contre lui les esprits des Romains, nuit s'acheminerent, Th. le Mart. 50. Quant il CORN. Cinna, 1, 2. Je gage, s'il natt un Voltaire, orent ensemble, tant cum voldrent, parlé, Muntent Qu'on emprunte pour l'acheter, BER. Poëte de Cour. sur lur chevals et sunt acheminé, ib. 118. En vers 5° Fig. Obtenir avec peine et difficulté. Achela mer se sunt nuitantre acheminé, ib. 50. || XIIIe s. ter la bienveillance par des flatteries. Il acheta Il issent de la ville; es les acheminés, Ch. d'Ant. la victoire au prix du sang de ses meilleurs solIII, 588. Jusques à l'endemain que sont acheminé,dats. ....Ceux qui de leur sang m'ont acheté l'emib. III, 477.Ysengrin s'est acheminez, Et erre tant qu'il pire, CORN. Cinna, v, 1. Ce que de tout mon vint à cort, Renart, 8248. Lors après cele departie, sang je voudrais acheter, ID. Pol. IV, 3. N'achetez Eschivant la destre partie, Vers la senestre m'ache-point si cher une gloire inutile, RAC. Alex. v, min Por querre le plus brief chemin, la Rose, J'entrevois vos mépris, et juge, à vos discours, Com10063. Si [elle] l'a tant poursivui [le sentier] et tant bien j'achèterais vos superbes secours, ID. Iph. IV, 6. acheminé.... Berte, 45. Au temps que les cornoilles Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, ID. Mithr. braient Et la froidure s'achemine.... RUTEB. II, 66. v, 6. Il a par trop de sang acheté leur colère, D. || xv s. Si s'en achemina [de Dynant] vers Vennes, Andr. 1, 1. Vous achetiez sa mort avec mon hýméFROIŠS. I, I, 208. || xvis. Chose à quoy nature née, VOLT. Mér. iv, 2. Que les jours de mon fils mesme nous achemine, MONT. I, 11. Il s'achemina n'achètent point ses jours, ID. Orphel. 11, 3. Il de ce pas au supplice, ID. 1, 19. Mon opinion est de achetait par ses propres périls sa réputation, FLECH. les acheminer tousjours aux meilleures choses et plus Mar.-Th. Les plaisirs qui se font acheter par des proufitables, ID. I, 159. [Cette chose] acheminant remords, MASS. Prod. Chactas avait acheté la vertu ainsi cette amitié que nous avons nourrie, ID. 1, 206. par l'infortune, CHATEAUB. Atala, 207. Si les homEstant donc les Barbares acheminez en ceste inten- mes ne sont point capables d'une joie plus sensible tion vers Rome.... AMYOT, Cam. 31. Ses affaires que de connaître qu'ils sont aimés, et si les rois sont estoient jà si bien acheminez qu'il les tenoit pour hommes, peuvent-ils jamais trop acheter le cœur acherez, ID. Tim. 12. Quand toute la monstre de de leurs peuples? LA BRUY. 10. Fallut-il donc l'ache.

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REM. Des grammairiens ont dit que achevé, en parlant des personnes, se prend toujours en mauvaise part; et qu'en parlant des choses il se prend toujours en bonne part. Cette distinction n'est pas confirmée par l'usage des auteurs: un orateur achevé est un excellent orateur.

ter [le salut] par les mêmes supplices, par les mê- esprits qui entreprennent sont communs; les esprits moindres, mais qui achèverait Calot, LA BRUY. 49. mes sacrifices [que les martyrs], nous y devons achevants ne le sont pas. || 3o Absolument. Parle, achève, ô mon Dieu! Ce sont être disposés, BOURD. Pensées, t. 1, p. 98. Qu'est-ce ACHEVÉ, EE (a-che-vé, vée). || 1o Part. passé. Me-là de tes coups, VOLT. Zaire, 11, 3. Heureux si sa fuaprès tout que ce retour? et, si j'ose le dire, doit- né à terme. La moisson achevée. Les travaux ache-reur, qui me prive de toi, Se fait bientôt connaître en il être d'un grand mérite devant Dieu, lorsqu'on le vés sont agréables. Le péché n'est pas achevé, si la achevant sur moi! CORN. Rod. v, 4. || 4° Venir au terme lui a fait acheter si cher? ID. ib. p. 283. || 6° S'ache-raison ne consent, PASC. édit. Cousin. Chacun reste de. Edipe en achevant sa triste destinée, Rac. Theb. ter, v. réfl. Être vénal. C'est un bien qui ne s'a- interdit, l'œil et le bras levé; Le coup demeure en 1, 3. Hécube près d'Ulysse acheva sa misère, D. chète pas. 7° Proverbe. Qui bon l'achète, bon le boit, l'air et n'est point achevé, ROTROU, Antig. 1, 2. Ma Andr. 1, 2. J'aurais loin de Jocaste achevé mon desse dit du vin et en général de toute marchandise. honte est confirmée et son crime achevé, RAC. Andr. tin, voLT. OEd. 1, 1. Qu'il m'aime ou me haïsse, il -SYN. ACHETER À, ACHETER DE. À quel marchand iv, 3. || 2° Adj. Accompli en bien ou en mal. Orateur est temps d'achever Des jours que sans horreur je ne avez-vous acheté cela, ou de quel marchand? Le achevé. Epicurien achevé. Scélérat achevé. La France puis conserver, ID. Orphel. v, 1. est certain que premier est plus usité dans le langage ordinaire; | le vit alors accompli par ces derniers traits, et avec la lune n'achève par jour que cinq cent quarante mais voici toute la différence. D'après Lafaye, on ce je ne sais quoi d'achevé que les malheurs ajou- mille lieues, LA BRUY. 16. || 5° Porter le dernier coup, díra le premier quand on voudra aller trouver le tent aux grandes vertus, Boss. Louis de Bourbon. C'é- le coup mortel à quelqu'un qui est déjà blessé. Et marchand pour acheter un objet semblable, et le tait une pièce achevée, SEV. 422. Voilà le principe le nos soldats trahis ne l'ont pas achevé! CORN. Hơг. ÙI, second quand on aura seulement l'intention d'indi- plus achevé de toute votre morale. PASC. Prov. 9.Dans 6. Il faut donc l'achever [la raison], PASC. édit. Couquer la provenance: à désignant vers qui l'on est le dessein que vous avez d'avoir un portrait achevé de sin. || 6o Figurément et familièrement, consommer la allé, à qui l'on s'est adressé, et de désignant de qui la personne que vous aimez, MOL. Sic. 2. Jamais on n'a ruine, le désappointement, les contrariétés de quelon tient la chose achetée. Mais l'usage confond tout vu tyran plus achevé, CORN. Perth. IV, 2. Ces francs qu'un. Notre maison de Paris m'assomme, et Livry à fait ces deux emplois. Et en effet, soit qu'on achète pécheurs, pleins et achevés, PASC. Prov. 4. C'est une m'achève, sev. 34. Vienne encore un procès, et je à, soit qu'on achète de, il faut toujours aller à celui pièce achevée dans le style de Diafoirus, P. L. COUR. suis achevé, CORN. Ment. 11, 10. Souvent, pour m'achequi vend. 1, 80. || 3o Fou. Elles sont achevées, MOL. Préc. 5. Le ver, il survient une pluie, BOIL. Sat. vi. On dit de REM. Je me suis acheté un manchon, c'est-à-petit voyage qu'elle a fait l'a ramenée plus achevée même : il ne lui manquait plus que cela pour l'achedire j'ai acheté un manchon pour moi, est une locu- qu'elle n'était, ID. Comtesse, 1. || 4° Réduit à l'extré-ver. | 7° Terme de manége. Achever un cheval, le tion qui peut se dire, puisqu'il n'y a aucune amphi- mité, excédé. Achevé par tant de malheurs. Achevé dresser entièrement. bologie. Mais déjà l'amphibologie commence si l'on par les importunités et le bavardage. S'ACHEVER, v. refl. Devenir achevé, terminé. Sa met: On m'a acheté un manchon, qui peut signifier: vie s'achevait en paix. Cet hymen m'est fatal, je le on a acheté pour moi, ou de moi, un manchon. On crains et souhaite; Et je meurs s'il s'achève ou peut voir au no 5 que Corneille s'en est servi; mais ne s'achève pas, CORN. Cid, 1, 5. Pour briser en elle mérite beaucoup d'attention, pour qu'il n'y ait vainqueur cet hymen s'il s'achève, ID. Sert. III, 4. pas d'équivoque. Le danger de l'amphibologie augDès qu'elle [la trêve] a commencé, faut-il qu'elle mente dans une phrase comme celle-ci qu'on entend s'achève? RAC. Theb. 11, 3. Ou plutôt ieur hymen tous les jours et qui est en effet dans le dictionnaire ACHÈVEMENT (a-chè-ve-man), s. m. || 1o Action me servira de loi; S'il s'achève, il suffit.... ID. de l'Académie : J'ai acheté une montre à mon fils, d'achever. Donner l'achèvement à un ouvrage. Et Iph. II, 1. Notre paix qui s'achève Rompt de tous avec le sens de pour mon fils; mais qui peut aussi pour l'achèvement d'une plus grande chose, MAIR. nos soldats le repos et la trêve, MAIR. Asdr. IV, 4. signifier: J'ai acheté de mon fils une montre, il Soph. III, 1. || 2° Fig. La perfection dont un ou- Cet horrible attentat ne s'achèvera pas, VOLT. Tancr. m'a vendu une montre. On prendra donc bien garde, vrage est susceptible. Il y a toujours de l'imperfec-III, 3. Que ce rêve est brillant! mais hélas ! c'est un en s'en servant, à l'amphibologie; et, en tout cas, tion aux œuvres de la nature, et elle n'apporte ja-rêve. Il commençait alors; maintenant il s'achève, on remarquera qu'ici l'emploi de à au lieu de pour mais tant de soin à l'achèvement de ce qu'elle fait LAMART. Médit. xvIII. Il n'y a point au monde un si est du parler vulgaire et négligć. qu'elle ne laisse quelque côté plus faible, BALZ. Les pénible métier que celui de se faire un grand nom : HIST. XI S. E il ait testimoines que il l'acha-Romains. Elles m'ont donné l'achèvement d'une joie la vie s'achève que l'on a à peine ébauché son outad al marchied le rei, L. de Guill. 25.|| x11° s. Res- parfaite, SEV. 100. || 3°En termes de critique littéraire, vrage, LA BRUY. 2. pundi li reis: n'iert pas issi [ce ne sera pas ainsi]; l'achèvement est ce qui complète le dénoûment mais jo l'achaterai à tei, Rois, 219. Qui l' pourra d'un ouvrage. Dans l'Iliade, la réconciliation d'Achille prendre moult m'aura achaté [m'aura rendu un et d'Agamemnon est le dénoûment; la mort d'Hecgrand service], Roncisv. p. 183. Si en [par largesse] tor est l'achèvement. puet l'on acheter L'amour au roi de Paradis [de Dieu], LE COMTE DE BRET. Romanc. p. 162. || xш s. Jà n'i verrez joiel, tant soit de chere vente, Que je ne vous achate, Berte, 111. La paour que [elle] a eue, [vous] eûssiez achetée [payée cher], ib. 115. Voirs est se je demande aucun heritage, por ce que je di aye je l'acetai, et li defenderes met resons encon4:2.... BEAUM. VII, 7. Ençois [plutôt] voulons soffrir martire Et travail por nos amender Et por Dame Deu achater, Ren. 13246. ||-xv s. Si achapterent le chasteau des Anglois ceux de Bayonne quatre mille francs, FROISS. II, II, 39. || XVI s. Il en achapte force mestayryes, force granges.... RAB. Pant. IV, Nouv. Prol. Les Acheens les retirerent et achepterent tous cinquante escus par teste, AMYOT, Flam. 28.

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ÉTYM. Picard et norm. acater; bourguig. echetai; provenç. acaptar, prendre à redevance; anc. espagn. acaptar; anc. portug. achatar; bas-lat. accapitare. Diez le tire de ad-captare; mais la forme accapitare ne le permet pas. Le mot vient de ad, à, et caput, tête (voy. CAPITAL), et signifie prendre pour chef, prendre à bail, à redevance, acheter. C'est ainsi que capital est devenu cheptel, qui signifie toute espèce d'avoir, en ancien français, chetel ou catel.

ACHETEUR, EUSE (a-che-teur, teû-z'), s. m. et f. || 1. Celui qui achète. L'empire trouva un acheteur, BOSS. Hist. 1, 10. Son livre, aimé du ciel et chéri des lecteurs, Est souvent chez Barbin entouré d'acheteurs, BOIL. A. P. 1. || 2° Celui ou celle qui a la manié d'acheter. C'est un grand acheteur, c'est une grande acheteuse.

HIST. XIII s. Se il vent cel uzage à grengneur personne, estimations doit estre fete à l'aceteur, selonc ce que li venderes en pooit uzer, BEAUM. XXIV, 18. L'avoir, le pris a li vendierres, Si que tout pert li achatierres, la Rose, 10833. || xvo s. Les acatours des prises, DU CANGE, accatum. || XVI's. Et pourtant parloit il lui mesme à part aux achepteurs qui mettoient à l'enchere, AMYOT, C. d'Ut. 48.

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- HIST. XV* s. En pensant à l'achevement de cette
oreille, L. XI, Contes, 11.
ETYM. Achever.
ACHEVER (a-che-vé. La syllabe che est muette
quand la syllabe qui suit est sonnante; elle prend
l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette),
v.a. || 1° Mener à terme. Achevons notre entretien.
César acheva de subjuguer la Gaule. Quelques-uns
achèvent de se corrompre par de longs voyages, et
perdent le peu de religion qui leur restait, LA BRUY.
16. Achevez.de vous convaincre par cette méthode
d'étudier, que c'est la paresse des hommes qui....
ID. 14. Voici ce qui glacera le cœur, ce qui achèvera
d'éteindre la voix, ce qui répandra la frayeur dans
toutes les veines.... BOSS. Anne. || 2o Rendre complet.
Et ce qui achève notre impuissance à connaître les
choses, PASC. édit. Cousin. Laisse-les, je te prie,
achever leur repas, LA FONT. Fab. XII, 13. Il fixa l'an-
née à 365 jours et borna chaque mois à 30 jours; à la
fin de chaque douzaine de mois il ajoutait cinq jours
pour achever l'année, FEN. Thalès. Puisqu'en un
même jour l'ardeur d'un même zèle Achève le des-
tin de son amant et d'elle, CORN. Ior. v, 3..... dis-
lui que je cours achever sa vengeance, ID. Pomp.
v, 1. Comme si je vivais, achevez l'hyménée, ID.
Hor. II, 4. laissons-les sans nous achever leurs
querelles, ID. Rod. 11, 5. Arrêtez, n'achevez pas ce
souhait étrange, MOL. Princ. d'Élide, 11, 1. Je voulais
que ton zèle achevât en secret De confondre un
amour qui se tait à regret, RAC. Bérén. 11, 2. L'a-
mour achèverait de sortir de mon cœur, 1D. Andr.
1, 1. Je tremble qu'Athalie, à ne vous rien cacher,
N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes, ID.
Ath. 1, 1. Heureux si, sur son temple achevant ma
vengeance, Je puis convaincre enfin sa haine d'im-
puissance, ID. ib. III, 3. Rigoureuse fortune, achève
ton courroux, ID. Theb. v, 3. Le dessein en est pris,
je le veux achever, ID. Andr. III, 1. Vérité que j'im-
plore, achève de descendre, ID. Esth. 111, 4. Ma ven-
geance s'étonne et craint d'être achevée, QUINAULT,
Agripp. v, 2. On croit faire grâce à des malheureux
quand on n'achève pas de les opprimer, FLECH. dans
GIR. DUVIVIER. Ah! Madame, empêchez qu'on n'a-
chève le crime, VOLT. Mér. III, 4. Il vit pour achever
le malheur de Zamore, VOLT. Alz. v, 4. J'ai tout Calot
hormis une seule estampe, qui n'est pas, à la vérité, |
de ses bons ouvrages; au contraire, c'est une des

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SYN. ACHEVER, TERMINER, FINIR. Faire en sorte qu'une chose soit faite et non plus à faire, et qu'un arrêt y soit mis. Achever c'est, il est vrai, mener à terme, mais avec idée que la chose menée à terme est parfaite et accomplie. Terminer, c'est simplement y mettre un terme, qu'elle soit parfaite ou non, complète ou non, finie ou non. Finir, c'est non-seulement la terminer, mais la mener jusqu'au bout; seulement elle peut n'être pas achevée, c'est-à-dire n'avoir pas reçu toute la perfection qu'elle comporterait. Mon livre est terminé; des circonstances m'ont obligé de n'y pas donner tout le développement que j'avais conçu. Mon livre est fini, mais j'ai besoin de le corriger. Mon livre est achevé, je l'imprime. Comme on le voit par ces exemples, il y aura beaucoup de cas où il importera peu de prendre un de ces termes pour l'autre.

HIST. XI S. Sans home mort [la bataille] ne puet estre achevée, Rol. 260. || x11° s. De Compiegne se sont li messagier turné; Et frere Franc ad bien son message achevé, Th. le Mart. 55. E se li arcevesque ad vers li trespassé, Par els soit adrescié,jugié et achevé, ib. 58. Mieux [j'] aime à lui faillir [ne pas réussir auprès d'elle], si me promete [pourvu qu'elle me promette], Qu'à une autre achever [réussir auprès d'une autre), Couci, 6. Il n'i a roi en cest païs, Se autretel plait avoit quis, Qui par force ou par avoir Jà l'akievast, si com j'espoir, Fl. et Bl. 1773.Et que par lui sera toute l'ovre achevée, Berte, xvI. Car forment [fortement] le hastoit de la chose achever, ib. XVII. Ì| xv s. J'y vueil envoye le cueur, au lieu du corps, pour mon vœu achever, FROISS. I, 1, 47. || xvI° s. Si ma femme se mocquoit de ma calamité, ce seroit pour m'achever de peindre, RAB. Pant. III, 9. Encore que ton aage ne soit pas achevé, ta vie l'est, MONT. 1,89. A treize ans je sortis du college, j'avois achevé mon cours, ID. I, 195. Ils acheverent de perdre les reliques de la romaine liberté (en se tuant], ID. II, 31. J'adjouste au bout de chasque livre le temps auquel j'ay achevé de le lire, ID. II, 112. Achever un ennemy, 1D. III, 110. Il acheva sa vie avant son œuvre, AMYOT, Solon, 66. Paulus estoit assis auprès d'une roche, attendan! que quelqu'un des ennemis vinst l'achever de tuer, ID. Fab. 33. Tous ces petits affaires acheverent dans la mi-septembre, D'AUB. Hist. II, 93.

-ÉTYM. A et chef, fin, but (voy. CHEF); bourguig echevy. + ACHEVEUR (a-che-veur), s. m. || 1° Celui qui achève. || 2o Le plus grand de tous les vases que les batteurs d'or emploient.

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