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ETYM. Achever. +ACHEVOIR (a-che-voir), s. m. || 1° Outil avec lequel on donne la dernière façon à certains ouvrages. || 2o Lieu où l'on porte certains ouvrages pour les

achever.

ACHILLÉE (a-chil-lée), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes à fleurs radiées et disposées en corymbe. Les plantes à fleurs sont innombrables [en Amérique] le lis du Canada, l'achillée rose, le dahlia.... CHATEAUB. Amér. 26.

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ETYM. Provenç. aci; espagn. et ital. acido; d'acidus, du radical qui est dans le latin acus, aiguille (voy. AIGUILLE), dans acutus (voy. AIGU), et dans le grec axn, pointe; il faut aussi en rapprocher le radical grec ox dans ỏùç, aigu (voy. OXYDE).

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ÉTYM. Acier.

† ACIÉREUX, EUSE (a-sié-reû, reû-z'), adj. Technologie. Qui peut être converti en acier. Fer aciéreux.. Fonte aciéreuse.

ÉTYM. Acier.

ACIÉRÉ, ÉE (a-sié-ré, rée), part. passé. ACIÉRER (a-sié-ré; la syllabe cie prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette, excepté ACIDE (a-si-d'), s. m. || 1° Substance qui produit au futur et au condit. j'aciérerai, j'aciérerais, v. sur la langue une saveur analogue à celle du vinai-a. || 1° Convertir en acier. || 2° S'aciérer, v. réfl. gre, et qui fait passer au rouge les couleurs bleues Se transformer en acier. végétales. Les acides sont des corps d'une saveur plus ou moins piquante. || 2° En chimie, on donne le nom d'acides aux corps composés qui ont pour ÉTYM. Axíλλɛα, d'’Axıλλeùç, Achille, héros caractère: d'avoir la saveur acide; de rougir la d'Homère. teinture bleue de tournesol; de saturer compléteACHIT (a-chi), s. m. rme de botanique. Espècement ou incomplétement les alcalis et de se porter de vigne sauvage quict dans l'ile de Madagascar. au pôle positif de la pile dans la décomposition; et ACHOPPEMENT (a-no-pe-man), s. m. || 1o Ce qui aussi à des corps composés sans saveur acide, mais fait achopper. Regarde d'où provient L'achoppement jouant le rôle de l'élément électro-négatif, par exemqui te retient, LA FONT. Fab.VI, 18. || 2° Pierre d'achop-ple la silice. pement, occasion de faillir. Il doit être la pierre d'achoppement et de scandale, PASC. Proph. 21. Il devient une pierre d'achoppement à ses frères, MASS. Vices | 3° Fierre d'achoppement, obstacle imprévu. La pierre d'achoppement [à mon mariage] était la vocation [de ma future], ST-SIMON, 15, 174.

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HIST. xins. Et ses palefrois acopa et cheï à genouz, MERLIN, ms. 7170, f 48, verso. A une pierre s'acopa, Si chiet en la fosse tout plat, Ren. 22958. Mais li chevax Renart acope, Li flans li bat desoz la crope, ib. 10921. || XIV s. Si comme se l'en disoit que pleuresie est plus grant mal que achoper ou hurter son pié, ORESME, Eth. 169. Alain boute arriere de li le dit Geoffroy, et en ce boutement acopa le dit Geoffroy, DU CANGE, assopire. Pour achoper le dit mariage, ID. ib. Comme icelluy suppliant se fust accoupi ou aheurtié à un jeune homme, ID. ib. xv s. Le suppliant rencontra une pierre ou motte où il se acouppa et cuida cheoir, ID. ib. Le chevalier n'a pas mestier, se il se trouve en bataille à l'encontre de nous, que son cheval achoppe; car, s'il estoit pris, sa rançon seroit payée, FROISS. III, IV, 18. || XVI s. Dieu garde si soigneusement ses serviteurs, qu'il ne les laissera pas achopper à une pierre, CALV. Inst. 150. Nostre raison s'achoppe à tant d'empeschemens, et si souvent tombe en perplexité qu'elle est bien loin de nous guider certainement, ID. ib. 202.

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– ÉTYM. A privatif, et xpaux, couleur (voy. CHROME). † ACHROMATISATION (a-kro-ma-ti-za-sion), s. f. Action d'achromatiser.

† ACHROMATISÉ, ÉE (a-kro-ma-ti-zé,zée), part. passé. Verre achromatisé.

+ACHROMATISER (a-kro-ma-ti-zé), v. a. Terme d'optique. Détruire les couleurs irisées que l'on aperçoit dans l'image d'un objet. Achromatiser la lumière. Achromatiser un verre, le rendre achromatique. -ÉTYM. VOY. ACHROMATIQUE. ACHROMATISME (a-kro-ma-ti-sm'), s. m. Qualité des lunettes achromatiques.

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ETYM. "Ay0oç, poids, et μérpov, mesure. † ACICULAIRE (a-si-ku-lê-r"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est mince et allongé en forme d'aiguille. ETYM. Acicula, diminutif d'acus, aiguille (voy. ce mot).

ACIDE (a-si-d'), adj. || 1° Qui a la saveur du vinaigre. Le fruit encore verd, la vigne encore acide Tentent de ton palais l'inquiétude avide, A. CHEN. 61. 2° En chimie, qui jouit des propriétés des acides. || 3° Pris substantivement. I [le lait] tourne facilement à l'acide, J. J. ROUSS. Em. I. HIST. XVI s. Ce phlegme ou pituite est doux ou insipide et non salé ni acide, PARÈ, XX, 25,

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ETYM. Acolythus, acoluthus et acolithus, de axólovos, suivant, et non, comme dit Ménage, de άxúλutos, non empêché, de a priv. et xwhús, empêcher, parce que, dit-il, l'acolyte, tout en ne remplissant pas les fonctions ecclésiastiques, n'était pas écarté de la société des personnes qui les remplissaient. Mais il est certain que la formation n'est pas régulière; il n'y a de correct que la forme latine acoluthus, par conséquent en français ce devrait être acoluthe. Quelques-uns écrivent acolythe; cela est plus conforme à l'étymologie.

ACOMAS ou ACOMAT (a-ko-ma) s. m. Terme de botanique. Arbre des Antilles dont le bois est propre la menuiserie.

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ACIER (a-sié; l'r ne se lie jamais; l'acier et le fer, dites l'asié et le fer), s. m. I 1° Fer combiné avec le carbone et devenu susceptible d'acquérir par la trempe un grand degré de dureté. ||2° Par extension, arme blanche, glaive, poignard. J'ai senti tout à coup un homicide acier Que le traître en mon sein a plongé tout entier, RAC. Ath. 11, 5. Mais l'acier des bourreaux fut plus prompt à trancher.... CORN. Héracl. 11, 6. Cette mère [au siége de Paris] Enfonce, en frémissant, le parricide acier, voLT. Henr. x. Mourir noyé! dit-il, lorsqu'au rivage J'entends le feu, je vois luire l'acier, BÉRANGER, Poniatowski. || 3° Fig. Ces cœurs d'acier s'obstinent, CORN. Hor. III, 2. Mon cœur n'est pas fait de l'acier des blancs, CHATEAUB. Natch. II, 318. Cette roche de foi, cet acier de courage,

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ACOMPTE (a-con-t'), s. m. Payement partiel que l'on fait sur une dette. Je vous envoie un léger acompte dans celle que renferme cette botte, J. J. ROUSS. Hel. 1, 15. || Au plur. des acomptes. A compte, employé adverbialement, s'écrit en deux mots. Voilà mille francs à compte sur ce que je vous dois. ETYM. A, compte.

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ACONIT (a-ko-ni-t'), s. m. Terme de botanique. Plante fort vénéneuse, de la famille des renonculacées.

-HIST, XVI s. L'aconit est une herbe qu'aucuns appellent luparia, parce qu'elle tue les loups, PARE, XXIII, 44. La terre par le ciel encor n'estoit maudite; Son sein ne produisoit encores l'aconite, RONS. 723.

—ÉTYM. 'Axóvitov. D'après Théophraste, ce nom vient de Aconis, ville de Bithynie, où l'aconit était très-abondant. D'autres le font venir de exávn, roche, parce que l'aconit croît dans les lieux rocailleux.

ACOQUINANT, ANTE (a-ko-ki-nan, nan-t'), adj. Qui acoquine.

ACOQUINÉ, ÉE (a-ko-ki-né, née), part. passe. Mon Dieu, qu'à tes appas je suis acoquiné! MOL. Dép. amour. IV,

4.

HIST. XI S. [Ils] ceignent espées de l'acer vianeis, Rol. 77. XII S. Car onc ne lui rendimes Cogtume ne peage, fors de nos aciers froids, Sax. 33. [II] brandist la hanste, dont bien tranche l'acer, Roncisv. p. 62. Parmi le cors [il] lui fait le froid acier passer, Berte, 11. Aciers est de la meisme coustume et de la meisme droiture que fer est en foiro ACOQUINER (a-ko-ki-né), v. a. || 1 Faire conet hors de foire, Livre des Mét. 320. Li un portent es- tracter des habitudes, des attachements. Et je crois piez d'acier; Li autre arc et sajetes tiegnent, Ren. tout de bon que nous les verrions [les femmes] 16150. || xves. Lesquelles clefs il ne trouva pas ap-nous courir, sans tous ces respects et ces soumispareillées; car elles estoient en un coffret long, sions où les hommes les acoquinent, MOL. Princ. tout de fin acier et fermé d'une petite clef d'acier, d'El. m, 3. || 2° S'acoquiner, v. réf. S'attacher trop, FROISS. III, IV, 23. Disoient les fols et les outrageux s'adonner trop. On s'acoquine & servir ces gredins[de Gand]: Laissons les ouvrer, se Audenarde es-là, je ne sais pourquoi,REGNARD, La Sérén. 9. || Il est toit ores d'acier, si ne pourroit elle durer contre nous, quand nous voudrons, ID. II, II, 63. Qui ne sauroit desnoer tous ses neux, Teste d'acier y fauldroit fort armée, CH. D'ORL. Bal. 97.

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les gens vous tiendront pour ung belistre deshonté, PALSGR. p. 504,

ETYM. A privatif, et cotylédon (voy. ce mot) † ACOTYLEDONÉ, ÉE (a-ko-ti-lé-do-né, née), adj. et s. f. Les végétaux acotylédonés et les Acotylédonées. S'emploie comme acotylédone.

ETYM. Acotylédone.

† ACOTYLEDONIE (a-ko-ti-lé-do-nie), s. f. Terme de botanique. Classe des acotylédones, première classe de la méthode naturelle de Jussieu.

-

| tels du Seigneur, RAC. Athal. IV, 3. || 6° Gagner. Cet | cognoissances, ID, II, 243. Ils ne se sont point souartiste acquiert de l'habileté. Ce terrain acquiert de ciez d'acquerir ce dont ils n'eussent point voulu ETYM. A et coquin; bourguig. s'écôquignai. la valeur. Avec le secours d'en haut, on peut s'y user AMYOT, Arist et Cat. Il admonestoit ses ACOTYLEDONE (a-ko-ti-lé-don'). | 10 Adj. former [à la prudence], on peut l'acquérir; on l'ac- gens d'y passer sans y faire aucun dommage, comme Terme de botanique. Se dit des plantes dont les se-quiert par la réflexion et par de fréquents retours en païs qui leur estoit jà tout acquis, ID. Flam. 8. mences sont dépourvues de cotylédons. || 2° S. f. sur soi-même, BOURD. Pens. t. II, p. 478. L'autre se fait - ÉTYM. Provenç. acquirir; de acquirere,de ad, La classe des acotylédones. Les acotylédones for- écouter comme un maitre, tant il parait avoir ac- à, et quærere, querir (voy. QUERIR). Acquérir, ment, dans la méthode de Jussieu, la première des quis de connaissances et être versé en tout genre provençal acquirir, vient d'un verbe à conjugaison trois grandes divisions du règne végétal. Les aco- d'érudition, ID. ib. p. 199. Et, à mesure que l'on ac- changée, acquirire avec l'accent sur ri; acquerre, tylédones forment un embranchement qui corres-quiert d'ouverture dans une nouvelle métaphysi- qui s'est dit aussi, est formé régulièrement de acpond à la cryptogamie de Linné. que, y perdre un peu de sa religion, LA BRUY. 16. quirère qui a l'accent sur qui. 17 Absolument. Devenir meilleur, en parlant des ACQUÉT (a-kê; le t ne se lie pas; au pluriel l's se personnes et des choses. Cet orateur acquiert tous lie: les acquêts et les propres, dites: les a-kê-z et les les jours. Ce vin acquiert en vieillissant. || 8° Acqué-propres), s. m. || 1° Terme de jurisprudence. Chose rir quelqu'un, acquérir sa foi, son cœur, gagner acquise par donation ou testament. || 2° Au plur. son affection, ses services, et, en parlant d'une Biens acquis pendant le mariage par l'un ou l'autre femme, son amour, sa main. Ce cœur vous est ac- des époux et qui tombent dans la communauté ; par quis après le diadème, CORN. Rod. III, 4. Ce qui opposition à propres, ceux qui ne tombent pas dans touche mon cœur, ce qui charme mes sens, C'est la communauté. Dans les pays où une coutume locale Laodice acquise à mes vœux innocents, ID. Nit. a disposé des propres, Bodin dit très-bien qu'il ne fauv, 5. Quand, pour vous acquérir, je gagnais des drait confisquer que les acquêts, MONTESQ. Espr. v; batailles.... ID. Perth. 1, 4. Il pense m'acquérir par 15. 3° Profit, gain. Le prophète parlant à ces ricette perfidie, ID. Tois. d'Or, IV, 7. Et si vous ches qui entassent acquêts sur acquêts et joignent refusez par là de m'acquérir, Vous ne sauriez maisons à maisons.... BOURD. Pensees, t. II, p. 360. Des vous-même éviter de périr, ID. Attila, IV, 6. Le acquêts de son lit accroître son domaine, REGNIER, désespérer ce n'est pas l'acquérir, ID. Théod. II, 6. Sat. XIII. Il y a des gens qui gagnent leur réputation ....ne me perdez pas envoulant m'acquérir, ID. ib. III, par supercherie, mais la vôtre est un légitime acÉTYM. A et coup. 5. Sa tête est le seul prix dont il peut m'acquérir, ID. quêt, BALZ. Livre v, Lettre xv. || Acquêts, droit ACOUSTIQUE (a-kou-sti-k'). || 1° Adj. Qui sert à Cinna, 1, 2. Et c'est pour l'acquérir [Emilie] qu'il jadis dû au roi ou au seigneur par les roturiers acproduire ou à modifier les sons. Cornet acoustique. nous fait conspirer, ID. b. III, 1. Je viens de la trou- quéreurs de fiefs. I 5° Proverbe. Il n'y a si bel acquêt 2° Terme d'anatomie. Qui sert à l'ouie. Nerf acousver tout à fait adorable; Et je suis en suspens si, que le don; c'est-à-dire il n'y a point de bien plus tique. || 3° S. f. Partie de la physique qui traite des pour me l'acquérir, Aux extrêmes moyens je ne dois agréablement acquis que celui qui nous est donné. lois suivant lesquelles le son se produit et se trans-point courir, MOL. l'Étourdi, III, 2. Il faut se mul- REM. Ce mot, dans la signification d'un immeuble acquis à titre onéreux ou lucratif par une personne pendant le mariage, ne se dit qu'au pluriel; mais dans son sens primitif on l'emploie au singulier.

ETYM. Acotylédone.

† ACOUMÈTRE (a-kou-mè-tr'), s. m. Instrument propre à mesurer l'étendue du sens de l'ouïe chez

l'homme.

ETYM. Axoúelv, entendre, et péτpov, mesure. A-COUP (a-kou; le p ne se prononce jamais), s. m. Mouvement saccadé, arrêt brusque. Au plur. des à-coup.

met.

- ΕΤΥΜ. Ακουστικός, de ἀκούειν, entendre. ACQUÉREUR ( a-ké-reur), s. m. Celui qui acquiert [surtout des biens immeubles]. Ce domaine n'a pas trouvé d'acquéreurs. Acquéreur de biens confisqués.

HIST. XIV s. La dite femme qui estoit acqueteresse, DU CANGE, acquittare. || XVIe s. Plus que Cesar des Gaules acquereur, MAROT, II, 341.

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ETYM. Acquérir.

tiplier en quelque façon par la charité et avoir au-
tant d'esprits et autant de cœurs qu'on a de sujets
qu'on veut acquérir à l'Église, FLÉCH. Panég. 11,
p. 361. Ma foi lui fut acquise et lui fut enlevée, VOLT.
Irène, 1, 1. || 9° Obtenir. J'ai acquis la preuve de ce HIST. XIII S. Se li mueble ne pooient sou-
que je vous dis. De ses feux tôt ou tard j'acquerrai fire, on doit penre les aquès, BEAUM. XXI, 6.
quelque indice, DUCIS, Othel. IV, 1. Ces mortels Après, la mere morut, et li enfant demanderent la
dont l'Etat gage la vigilance, Ont de tous ses projets moitié du fief, par la raison de l'aqueste lor mere,
acquis la connaissance, ID. ib. v, 5. || 10° S'acquérir,ID. XIV, 20. Por ta malice te consentira Dieux á
v. réfl. Etre acquis. Tout ce qui peut s'acquérir par destruire à tes anemis, et à chacier de ton terrien
l'expérience. Les amitiés s'acquièrent par les ser- aquest, Psautier, B. M. 258, f. 63. || xv s. Il n'est pas
vices.
apparant qu'il se fust mis en peril pour si peu de
choses, où il ne povoit avoir acquest ne nulle gloire,
COMM. V, 1. Jamais mal acquest ne profite, VILLON,
Ball. Leçon aux enfants perdus. || XVI s. Tous biens
sont reputés acquests, s'il n'appert du contraire,
LOYSEL, 222. Mais tu as eu par un don liberal De
leurs francs cueurs un acquest general, MAROT, II,
312. Afin que ce ne fust pas un acquest, mais une
naturelle possession, MONT. I, 152. Les afflictions
employées à l'acquest d'une resjouissance éternelle,

REM. Il n'y a point de verbe sur l'orthographe et sur la conjugaison duquel les auteurs aient varié davantage. L'abbé Grosier, Le Gendre, l'abbé de Mably ont dit au présent il acquière pour acquiert; et les deux derniers, ils acquèrent pour ils acquièrent. D'autres écrivains, au nombre desquels il faut mettre Corneille, ont dit au futur simple et au conditionnel, acquérera et acquérerait, au lieu de acquerra et acquerrait; ni l'un ni l'autre ne doivent être imités.

ACQUÉRIR (a-ké-rir; ne prononcez pas a-krir, comme en quelques provinces. J'acquiers, tu acquiers, il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent. J'acquérais, etc. J'acquerrai, etc. J'acquis, etc. Acquiers, qu'il acquière, acquérons, acquérez, qu'ils acquièrent. Que j'acquière, que tu acquières, qu'il acquière, que nous acquérions, que vous acquériez, qu'ils acquièrent. Que j'acquisse, etc. J'acquerrais, etc. Acquérant, Acquis. La syllabe quie prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette), v. a. || 1° Devenir propriétaire par achat ou échange. Acquérir des terres. Acquérir à prix d'argent. 2° En général, se procurer, venir à posséHIST. XII S. Là vint Rolant, mais il fu si der. Acquérir un héritage. Acquérir de l'argent. aquis [fatigué], Ronc. p. 103. Par Guenelon, qui cest Acquérir des richesses. La France a acquis par une mal nous aquit, ib. p. 180. Dont s'escrierent et Gauexpédition promptement terminée le territoire d'Al- tiers et Geris: Cuivers bastars, com or estes aquis ger. En moins d'un siècle l'Angleterre a acquis l'Inde. [réduit à l'extrémité]! R. de Cambrai, 204. || XIII s. Ceux par le sang desquels ce territoire fut acquis. Que j'ai sans ma desserte tel mescheance aquise, BerLa passion d'acquérir du bien pour soutenir une the, 31. Mieux [je] veuil mourir que vivre, tant sui de vaine dépense, corrompt les âmes les plus pures, deuil acquise, ib. 100. Mais qui amis vodra avoir, Si FÉN. Tél. XXII. 3° Absolument. Il se rendait proprié- n'ait mie chier son avoir, Ains par biaus dons amis taire de l'héritage; ainsi les parjures étaient sûrs acquiere, la Rose, 1163. Par eus n'aqeudrez maud'acquérir, MONTESQ. Espr. xxvIII, 18. La fureur d'ac- vais los, Ren. 8137. Cascuns n'est tenus à respondre, quérir corrompit leur justice, VOLT. Scyth. IV, 2. fors de tant qu'il enportera de le [la] coze mal 4° Avec une personne pour sujet, attirer sur soi, aquise, BEAUM. VII, 8. || XIV s. Quant cils jeunes appeler sur soi, en bonne ou en mauvaise part. Ac- roys vint à terre, Moult s'entremist d'onneur aquerre, quérir les bonnes grâces de quelqu'un. S'acquérir GUIART, Roy. lign. 190. Le riche pecunieux souvent des amis, de la gloire. S'il voyait le monde pour se aquert ou pert ses richesses par violence ou par faire un nom, pour acquérir du crédit, de la réputa- force, ORESME, Eth. IV, 10. Et les choses que l'en tion, BOURD. Pensées, t. II, p. 492. Ils y auraient beau-fait pour aucun bien acquerir, l'en les fait avecques coup mieux rempli que moi la place que j'occupe, et y auraient acquis bien d'autres mérites que moi, ID. ib. p. 453. N'acquérez point ma haine en perdant votre temps, CORN. Théod. 11, 4. C'était le vrai moyen d'acquérir sa tendresse, MOL. l'Étourdi, IV, 1. [Elle] Efface son estime et s'acquiert des mépris, ROTROU, Vencesl. 1, 1. Ne vous acquérez pas par votre dureté Un renom odieux à la postérité, ID. Antig. 11, 2. Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats! VOLT. Zaïre, 1, 1.5° Procurer, faire avoir, en bonne ou en mauvaise part. Cela lui a acquis l'estime publique. Ses services lui ont acquis une position honorable. Il n'est point de climat où mon amour fatale N'ait acquis à mon nom la haine générale, CORN. Médée, III, 3. Mon bonheur ordinaire M'acquiert les volontés de la fille et du père, ID. Méd. 1, 1. Vous ai-je acquis sur eux en ce dernier effort La puissance absolue et de vie et de mort? ID. Pomp., 2. Ces fameux Lévites.... qui.... Et par ce noble exploit vous acquirent l'honneur D'être seuls employés aux au

delettacion, ID. ib. 50. Des anemis avez par de
çà et de là; Se en aquerés plus, grant folie sera,
Baud. de Seb. x, 1011. || xy s. Ils vous sauront bien
conseiller de quels seigneurs vous vous pourrez bien
aider et lesquels et comment vous les pourrez
mieux acquerir, FROISS. 1,1, 62. Depuis, en bien
peu de temps, il gagna tant et acquit et profita
par rançons, par prises de villes et de chasteaux,
qu'il devint si riche que.... ID. I, I, 325. A qua-
rante ans depuis ce me trouvay Nices et foulz, che-
tis, poures, dolens; Tous esbahis, de mon cuidier
plouray, Et commençay lors à estre acquerans,
E. DESCH. Erreurs de la jeunesse. Les ennemys qu'il
avoit lui mesme acquis à son advenement au
royaulme, COMM. I, 10. || xvio s.... homme ne suit
la guerre, Que pour' honneur ou profit y aquerre,
MAROT, 1,358. Il eut enfin la paix par luy acquise;
Tant quise l'as, qu'enfin tu l'as acquise, ID. IV, 199.
Se.contentant par piperie de s'acquerir l'ignorante
approbation du vulgaire, MONT. 1. 157. Acquérir des

ID, I, 283.

-ÉTYM. Provenç. acquit, aquest; ital. acquisto ; par contraction de acquisitum, de acquirere, acquérir (voy.ACQUÉRIR). En Berry, acquêt, abatis de volaille.

ACQUÊTÉ, ÉE (a-kê-té, tée), part. passéACQUÊTER (a-kê-ter), v. a. Terme de jurisprudence. Acquérir un immeuble par un acte quelconque. || Vieux.

HIST. XIII s. Guillaume aquesta ledit heritage, et le peust donner, aumosner ou vendre sans retraite, BEAUM. XLIV, 2. Je ne di pas qu'en doingne quan qu'en a acquesté, Mais selon l'aisement que Diex t'ara presté, J. DE MEUNG, Test. 369. [[ xiv s. Par l'us ou la coustume du pays, au cas où home ou femme bastars acquestoient aucuns heritages, DU CANGE, acquistum. || XVI s. Car par vous seule il faut que je l'acqueste, ST-GEL. 86. La cour de parlement a esté contrainte de leur faire deffence de plus acquester, CARL. III, 20.

- ETYM. Acquet; ital. acquistare. ACQUIESCEMENT (a-ki-8-se-man), s. m. Action d'acquiescer. Donner son acquiescement. J'apporte un entier acquiescement d'esprit à tout ce que vos lettres contiennent, BALZ. Liv. V, Lett. xv. Faire un acquiescement simple à la perte de son intérêt propre, BOSS. Mand. Elles affectèrent de donner à leur acquiescement la forme d'un acte volontaire, DID. Sur les lettr. d'un fermier. Il faut donner à la grâce une force invincible qui ne soit pas une violence; à la liberté, un acquiescement qui ne soit pas une contrainte, FLECH. Panég. Saint-Augustin.

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ACQUIESCER (a-ki-è-ssé. On met une cédille sous le c devant a et o. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir), v. n. Se soumettre à, donner son assentiment. Acquiescer à la volonté de quelqu'un. Acquiescer à un jugement. Vous avez acquiescé. Je ne puis m'imaginer qu'il y ait encore quelqu'un qui n'acquiesce à la fin à votre grand jugement, BALZ. Liv. 1, Lett. 11. On y voit les âmes parfaites acquiescer à leur damnation, BOSS. Préf. Je suis très-aise que le | P.Toquet acquiesce, ID. Lett. abb. 201. Si, comme la sœur de Moïse, vous aviez trouvé un législateur sage et sévère qui, sans avoir égard au rang que vous tenez dans votre peuple, sans acquiescer à la chair et au sang, vous eût séparés du tabernacle saint, MASS. Car. Constance. Il est naturel d'acquiescer à la voix de sa propre conscience, DIDER. Essai sur Claude. En acquiesçant à ce qu'on me demande, j'offenserais un maître bien plus puissant que tous les maîtres et tous les potentats de la terre, BOURD. Pensées, t. 1, p. 18. Si l'on me dit que je puis du moins acquiescer à cette doctrine, LA BRUY. 16.

HIST. XVI S. Facilement j'acquiesceoys [je me reposais] en la doulce recordation de vostre auguste majesté, engravée en mon cerveau, RAB. Pant. IV, 4. Telle doctrine, laquelle enseigne l'homme d'acquiescer en soy mesme, ne le fait qu'abuser, CALV. Inst. 170. Les fols se reposent et acquiescent en lours plaisirs mondains qui sont transitoires, ID. ib. 336. Si vous acqueescez à ce conseil.... CARL. IV, 26. A quoy ils acquiescerent, ID. VI, 1.

— ETYM. Acquiescere, se reposer, de ad, à, et quiescere (voy. coi et QUIÉTUDE).

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quisition. L'acquisition de l'Alsace à la France par
le cardinal Mazarin. Les nobles ne pourront faire
d'acquisition sur les pauvres, FÉN. Tél. XII. Que
j'avoue que je ne sais pas où et comment se peuvent
conclure les mariages, les contrats, les acquisitions,
la paix, la trêve, les traités, les alliances, LA BRUY.
11. 2° Chose acquise. Conserver ses acquisitions.
Cette acquisition lui donne un très-bon produit.
|| 3o Fig. L'acquisition de qualités. Cette langue fit
quelques acquisitions de mots. Songeant à des ac-
quisitions d'honneur et de gloire. On fit une grande
acquisition en cet homme illustre. La délicatesse
n'est pas une acquisition de l'âme, PASC. Amour.
|| 4° Terme mystique. Le peuple d'acquisition, les
chrétiens. Le peuple d'acquisition, la nation sainte,
les chrétiens, autrefois la bonne odeur de J. C.
au milieu d'un monde païen et corrompu, MASS. Conf.
Zèle contre les scandales.

HIST. XIII° s. Cele naturele francise est corrum-
pue par les aquisitions desus dites, BEAUM. XLV, 19.
XIV s. Et l'aquisicion et perfettion d'elles est en
nous acomplie par bonne acoustumance, ORESME,
Eth. 33. || XVIe s. Toujours prest à faire de bien en
mieux pour ceulx qui lui estoient redevables, afin
de les entretenir en sa devotion, comme la plus
belle acquisition qu'il eust sceu faire, AMYOT, Flam. 1.
- ÉTYM. Acquisitio, de acquirere, acquérir;
Berry, acquirition.

+ ACQUISIVITÉ (a-ki-zi-vi-té), s. f. Néologisme. Nom donné par les phrénologues à l'instinct qui porte l'homme à acquérir.

ACQUIT (a-ki; le t ne se lie pas dans la converACQUIS, ISE (a-ki, ki-z'), part. passé d'acquérir. sation), s. m. || 1° Terme de finance. Quittance, || 1° Richesses bien acquises. Terre acquise à prix décharge. Après avoir signé l'acquit de toutes d'argent. Amitié acquise. Crédit subitement acquis. vos dettes.... LA BRUY. 14. || En recevant le montant L'impunité leur fut acquise. Il est vrai, dit-on, cette d'un billet, d'un mémoire, on met au bas pour acsomme lui est due, et ce droit lui est acquis; mais quit et l'on signe. || Acquit de douane, reçu constatant je l'attends à cette petite formalité.... LA BRUY. 14. Et qu'on a payé les droits d'entrée ou de sortie. || Payer plus le bien qu'on quitte est noble, grand, exquis, une chose à l'acquit ou en l'acquit d'un autre, la Plus qui l'ose quitter, le juge mal acquis, CORN. payer à la décharge d'un autre. || Faire quelque chose Cinna, II, 1. Surtout ce privilége acquis aux gran- à l'acquit de sa conscience, pour l'acquit de sa des âmes, ID. Sert.III, 4. Et de toute la gloire acquise conscience, pour n'en avoir pas la conscience charses travaux, ID. Nic. 1, 1. Prince digne en effet gée. Il lui importait peu [à M. de Beauvilliers] qu'il d'un trône acquis sans crime, ID. Héracl. 1, 5. C'est fût goûté, pourvu qu'il fit l'acquit de sa conscience, un bien mal acquis que j'aime mieux vous rendre, ST-SIMON, 238, 180. || Faire quelque chose par maID. Nic. 1, 2. Mes exploits près du roi parleront nière d'acquit, négligemment et seulement parce pour moi-même; Il me rendra l'estime acquise à qu'on ne peut s'en dispenser. Ce n'était que pour mon devoir, VOLT. Zaïre, II, 3. || 2° Dévoué. Cet la forme et par manière d'acquit, BOSS. Var. 5. homme vous est acquis. Assurez-vous sur moi, je On n'en fit qu'une commémoration fort légère et vous suis tout acquise, CORN. Sert. II, 4. Vous sa- par manière d'acquit au concile de Nicée, VOLT. vez comme quoi je vous suis toute acquise, ID. Rod. Phil. II, 353. || Au jeu, jouer à l'acquit, se dit lors1,5. Je vous suis trop acquis pour vous pouvoir sans que, dans une partie de plusieurs personnes, ceux peine Faire savoir, seigneur, le sujet qui m'amène, qui ont perdu jouent entre eux à qui payera le tout. ROTROU, Bél. v, 2. L'archevêque de Reims vous est 2° Acquit de comptant, lettres patentes expédiées fort acquis, SEV. 168. Je vous assure que vous n'a- à la décharge du garde du trésor royal, pour les vez pas de serviteur plus acquis que moi, ID. 4. sommes qui étaient remises au roi. || 3° Acquit au jeu Vous n'avez point d'ami plus fidèle ni de serviteur de billard, premier coup par lequel on ne fait que plus acquis, Boss. Lett. abb. 9. Veulent-ils se les at-placer sa bille, sur laquelle l'adversaire doit jouer. tacher? ils leur sont déjà acquis autant qu'ils peu- Donner l'acquit. vent l'être, MONTESQ. L. pers. 124. Vous direz à Son Excellence que je lui suis acquis, LA FONT. Petit ch. J'ignore ses complots, mais on sait que dans Pise Du prince à ses désirs l'âme était toute acquise, DUCIS, Rom. I, 1. || 3° Obtenu par l'étude, le travail, par opposition à naturel. Qualités acquises. Dans certains fruits la douceur du goût est acquise. Grâce de langage naturelle et non acquise.

HIST. XIII S. Il sunt quite pour un aquit, Livr. des Mét. 281. Il disoit avoir baillié aucune coze en aquit de le [la] dette, BEAUM. XI, 47. xve s. Il sembloit bien à leur habit Qu'ilz fussent gens de grant acquit, VILLON, Repues franches, || xvi s. Par maniere de descharge et acquit de conscience, AMYOT, Numa, 18. Numa pensa qu'il falloit que ses subjects n'ouyssent rien du service divin, par maniere d'acquit, en faisant autre chose, ID. ib. 24. Il avoit dejà bandé sa part de deux douzaines d'eteufs, et jouoit à l'acquit, DES PERRIERS, Contes, 12. Ils n'y employent la deliberation et le conseil que par acquit, MONT. I, 132. Personne n'estudie à vivre; l'on s'occupe plus tost à toute autre chose; l'on ne sauroit rien faire par acquit, sans soin et sans at tention, CHARRON, Sagesse, 1, 36.

existe entre ces deux mots, c'est que l'un indique l'action de s'acquitter, et l'autre l'état où l'on est après s'être acquitté. Acquitté d'une dette ou quitte d'une dette pourront être employés l'un pour l'autre, s'il n'importe pas de distinguer l'acte de l'état; mais, si cette distinction importe, on verra que acquitté implique seulement qu'une dette a été payée, qu'une obligation a été accomplie, sans préjudice de ce qui peut rester, tandis que quitte exprime la pleine et entière libération. Acquitté de mes devoirs envers vous, je pars.... Quitte de tout service, je me retire....

ACQUITTEMENT (a-ki-te-man), s. m. || 1° Ac tion d'acquitter une obligation pécuniaire. L'acquittement de vos dettes. || 2° Renvoi d'un individu déclaré non coupable. L'acquittement fut prononcé à l'unanimité.

ETYM. Acquitter; provenç. aquitamen. ACQUITTER (a-ki-té), v. a. || 1° Rendre quitte, libérer une personne ou une propriété. Il a acquitté son ami, sa famille. Il devait sur sa charge, mais il l'a entièrement acquittée. Acquitter un débiteur, payer ses dettes. Le juste paye ce qu'il ne doit pas et acquitte les pécheurs de ce qu'ils doivent, BOSS. Hist. I, 6. Je vous prie de m'acquitter de cette dette, ID. Lett. cIII. || 2o Payer. Il a acquitté toutes les dettes de sa famille. Acquitter la dime, les frais de la condamnation, un legs. Si je dois à ce prix vous acquitter ma dette, MOL. l'Étourdi, V, 9. Que Castor et Pollux acquittassent le reste... LA FONT. Fab. I, 14. 3° Acquitter une lettre de change, un billet, un mémoire, en constater le payement en mettant au bas pour acquit et signant au-dessous. || 4° Fig. Acquitter un vou, acquitter une dette de reconnaissance. Rien ne saurait m'acquitter envers vous. Essayons de lui faire acquitter sa promesse, TRISTAN, M. de Chrisp. iv, 10. Et, sans lui rappeler des soins dont je l'acquitte, Je lui rends sa parole et protége sa fuite, VIENNET, Clovis, III, 8. Xipharès, en un mot, devenant votre époux, Me vengede Pharnace et m'acquitte envers vous, RAC. Mithr. III, 5. 5° Acquitter sa conscience, faire ce à quoi la conscience oblige. || 6o Acquitter, déclarer non coupable. L'accusé fut acquitté.

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S'ACQUITTER, v. réfl. || 1° Se libérer de ce qu'on doit. S'acquitter de ses dettes. Il s'est acquitté envers vous. Il songeait à s'acquitter de ce qu'il devait à César. Hélas! de tant d'amour et de tant de bienfaits, Mon père, quel moyen de m'acquitter jamais? RAC. Ath. IV, 3. Je m'acquitte par là de ce que je vous dois, MOL. l'Étour. v, 16. || 2° S'acquitter de. Satisfaire à un devoir, une obligation. Je lui ai une obligation dont il faut que je m'acquitte avant toutes choses, MOL. le Fest. de P. III, 6. Souffrez que je lui rende ici ce qu'il m'a prêté, que je m'acquitte de la vie que je lui dois, ib. III, 6. Quelques pratiques communes dont ils s'acquittent avec beaucoup de négligence et de tiédeur, BOURD. Pensées, t. 1, p. 59. Trop heureux d'avoir pu, par un récit fidèle, De leur paix en passant vous conter la nouvelle, Et m'acquitter vers vous de mes respects profonds, RAC. Baj. III, 2. Et moi, je suis venu, détestant la lumière.... m'acquitter, seigneur, du malheureux emploi.... ID. Phèd. v, 6. Et n'ai-je pris sur moi le soin de tout l'Etat Que pour m'en acquitter par un assassinat? ID. Andr. IV, 3. Allons, il faut partir, il faut que je m'acquitte Des funestes tributs que sa cendre mérite, VOLT. Ed. v, 2. Je m'acquitte en tremblant de cet affreux devoir, ID. Tancr. v, 5. || 3° S'acquitter d'une chose, la faire, l'exécuter. Il veut danser, mais il s'en acquitte mal. On doit être bien aise de s'en acquitter comme vous faites, SEV. 35. || 4° Au jeu, s'acquitter, regagner ce qu'on avait perdu, et rester quitte à quitte. Il a joué avec lui jusqu'à ce qu'il se fût acquitté. ||5° Au jeu de billard, s'acquitter, jouer le premier coup. On dit plus ordinairement, donner l'acquit. REM. Des grammairiens ont prétendu qu'on ne pouvait pas dire s'acquitter vers quelqu'un; le fait est qu'on dit ordinairement envers. Mais, comme vers ne contient rien en soi qui en fasse un barbarisme ou un solécisme et l'exclue, c'est l'usage qui doit décider. Or, les meilleurs écrivains se sont exprimés - ETYM. Acquit, à, caution. ainsi. On s'acquitte vers eux par des chants de vicACQUIT-PATENT (a-ki-pa-tan), s. m. Voy. toire, CORN. Hor. IV, 2. Vous prendrez donc le soin de m'acquitter vers lui, ID. Oth. ш, 3. ne sont -ETYM. Açquit, patent. pas des exploits qui laissent à ton roi Le moyen ni ACQUITTÉ, ÉE (a-ki-té, tée), part. passé. 1° Ac-l'espoir de s'acquitter vers toi, D. Cid, IV, 13. À m'acquitté de ses dettes. Dettes acquittées. Acquitté envers vous de ce que je vous devais. Acquitté enfin de ses devoirs publics. || 2° Déclaré non coupable. Acquitté de l'accusation.

ACQUIS (a-kî), s. m. Instruction acquise, connaissances acquises. Homme qui a beaucoup d'acquis. C'est une merveille surprenante qu'elle [une dame] ait plus d'acquis à dix-huit années que celles qui ont trois fois son âge, MARG. BUFFET, Observ. p. 285. Comme il lui trouvait peu de véritable vocation pour l'état dont il portait l'habit, et d'ailleurs beaucoup d'acquis dans la physique.... FONTEN. Chirac. L'éléphant a plus d'acquis que les autres animaux, parce qu'il est plus portée d'acquérir, BUFFON, ACQUIT-À-CAUTION (a-ki-ta-kô-sion),s. m. AuEléphant. Il le pourvoit d'un acquis de facile éta-torisation que les employés d'une administration lage, J. J. ROUSS. Ém. 1. L'acquis de notre expérience est l'éducation des choses, ID. ib. I.

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HIST. XVI S. Biron s'acquitta suffisamment de sa charge [d'ambassadeur], comme n'estant point despourveu des dons de l'esprit, non plus que du courage.... Il avoit, avec le naturel, l'acquis, comme il parut un jour que, le roi demandant l'interpretation d'un emblesme grec, Biron la jeta par dessus l'espaule, comme honteux de l'avoir fait, D'AUB. Hist. v, 10. Il est certain qu'en chose pareille le naturel vaut mieux que l'acquis, CHARRON, Sagesse, II, 3.

ETYM. Acquitter.

financière délivrent sur papier timbré, pour que
telle marchandise qui n'a point encore payé les
droits puisse librement circuler d'un entrepôt à un
autre.

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PATENT.

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....

quitter vers toi d'une telle promesse, MOL. le Dép. 1, 2. Vers la couronne et vers vous acquitté, J'implore une faveur de Votre Majesté, ROTROU, Vencesl. v, 9. La mort a respecté ces jours que je te doi, Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi, VOLT. Alz.

-ETYM. Acquis, part. passé d'acquérir. ACQUISITION (a-ki-zi-sion; en poésie, de cinq sylla- SYN. ACQUITTÉ, QUITTE. Qui a satisfait à des bes), s. f. || 1o Action d'acquérir. Conclure une ac-obligations. La seule distinction essentielle qui', 2. Racine s'en est aussi servi, comme on peut

voir dans un exemple cité plus haut. Il n'y a donc | distinguent par ceci, que l'un a l'a bref, et l'autre | drait dire qui ne prend aucun temps; mais cela n'a aucune raison de signaler cette locution comme une l'a long. point de sens. Le mot est acronyque, axpóvuxos, faute; elle est moins usitée que envers, voilà tout. de axpos, indiquant l'extrémité (voy. ACROTÈRE), et -SYN. ACQUITTER, S'ACQUITTER. On acquitte un devù, nuit (voy. NUIT). voir, un vou, une promesse, et on s'en acquitte. Rien de plus voisin que ces deux locutions; la seule différence qui y apparaisse, c'est que, dans la seconde, Il y a un retour sur le sujet. J'acquitte ma promesse, c'est-à-dire elle est acquittée; je m'acquitte de ma promesse, c'est-à-dire j'en suis délivré. Ainsi, tout en Comprenant que ces deux expressions sont généralement équivalentes, on choisit l'une de préférence à l'autre, suivant l'idée qui, au moment, prédomine dans l'esprit.

HIST. XI S. Se de mon cors [je] voeil aquiter [obtenir] la vie, Ch. de Rol. 36. || XII s. J'aqiterai d'Espagne une part grant, Roncisv. p. 39. Qu'il l'aura ainz par le champ [combat en champ clos] aqité, ib. p. 185. Là li dut li reis faire cinc cenz marz aporter; Dunt il porreit ses detes à cele hure aquiter, Th. le Mart. 119. || XIIIe s. Nous ne sommes mie tant de gent que nous puissions estre acquité de nostre passage paier, VILLEH. XXXV. Li venderes et li achateres se aquiteront le jour chascun pour un denier, Livre des Mét. 345. La Magdelene [il] visita, De toz ses pechiez l'acuita, Et la fist saine, RUTEB. II, 5. Et se il le sert tant que il s'aquite, en servant le, vers lui de la dette, il deit estre maintenant quitte et delivre, Ass. de Jérus. 1, 189. Et je, pour mon serrement aquiter.... JOINV. 212. Je promis à ma dame la royne vostre mere, que je feroye cest livre; et, pour moy aquitier de ma promesse, l'ai je fait, ID. 192. ́|| xv• s. Qu'il lui voulust renvoyer sa femme; car il [Edouard II] s'en vouloit acquitter à Dieu et au monde, et que ce n'estoit pas sa coulpe qu'elle estoit partie de lui.... FROISS. I, I, 14. Et fit à la porte mesmement trois de ses fils chevaliers, qui aussi se acquitterent moult bien en leur nouvelle chevalerie, ID. I, I, 102. Seigneur, il est bien vrai que le roi de France m'a envoyé en ceste ville et en ce chastel pour le garder et defendre à mon loyal pouvoir; vous savez comment je m'en suis acquitté et voudroie encore faire, ID. I, I, 242. Soyez seure, ma doulce amye, Que je vous ayme loyaument; Or vous requier et Vous supplie: Acquittez vous pareillement, CH. D'ORL. Ball. xiv. Pour ne s'estre bien acquité à la reformation de l'Eglise comme il devoit.... COMM. VIII, 2. ||xvi s. Pour acquitter les vœux qu'il avoit faits, AMYOT, Lys. 38. Je vous absouls et descharge, comme très bien et sainctement acquitez de la foy que vous avez jurée à vostre capitaine, ID. Eum. 36. Il l'acquitta d'une infinie somme de debtes, ID. Pomp. 83. Plusieurs se sont trouvez qui ont maintenu qu'il faloit prendre la moitié de leurs biens pour en acquitter le roy [payer ses dettes], veu que le peuple est incapable pour sa pauvreté d'y satisfaire, LANOUE, 98. La pluspart de ceux qui doyvent le service s'en acquitent avec l'argent, ID. 232. Du petit on vient au grand, et qui s'acquite bien de l'un est mieux preparé pour se bien acquiter de l'autre, ID. 293. J'ai bien esprouvé que, pour cent francs de melancolie, n'acquitterons pas pour cent sols de dette, DES PERIERS, Contes, 1.

- ETYM. Provenç. aquitar; espagn. aquietar; bas-latin, acquitare, de ad, à, et quittare, quitter (voy. ce mot).

ACRE (a-kr'; a bref), s. f. Mesure de terre employée en divers pays, et d'une étendue différente suivant les localités. L'acre anglaise vaut 40 ares 407. L'Angleterre contient, dans toute son étendue,

39 038 500 acres.

-

REM. Quelques auteurs font acre du masculin; entre autres Vauban : La mesure de la province de Normandie est l'acre. Cet acre est composé de 160 perches carrées, et la perche de 22 pieds carrés (22 pieds en carré, c'est-à-dire 484 pieds carrés); mais les pieds sont différents; la mesure la plus commune les fait d'onze pouces, et le pouce de douze lignes, Dime, 46.

HIST. XVI S. Les plus communes sont aujourd'hui entre nous: arpents, journées, asnées, journaux, sesterées, acres, couples de bœufs, o. DE CERRES, 10.

-ETYM. Bas-lat. acrum, acrus; allem. acker; angl. acre; celt. acair; comp. le latin ager, le grec aypòs, et le sanscrit ájras, plaine.

"ACRE (â-kr'; & long), adj. || 1° Qui a quelque chose de piquant et de corrosif au goût.. Saveur acre. Vin âcre. 2° Qui exerce une action piquante et corrosive. Humeurs acres. || 3° Fig. Son humeur est acre. Paroles âcres. Je ne sais quelle volupté qui n'a rien d'âcre et de sensuel, J. J. ROUSS. Hél. 1, 23.

REM. Acre et acre sont des paronymes qui se

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SYN. ACRE, APRE. Ces deux termes s'appliquent
aux aliments et aux boissons: ils marquent dans le
goût une sensation désagréable. Le premier donne
l'idée d'une saveur forte et brûlante comme celle du pi-
ment ou de la moutarde; le second, l'idée d'une sa-
veur acide et astringente comme celle des fruits verts.
-ÉTYM. Bourguig. ancre, aincre; de acer. On ne
trouve pas dcre dans l'ancien français; c'est sans
doute une forme nouvelle calquée sur le latin, et qui
s'est implantée à côté de la forme ancienne aigre
(voy. ce mot).

ACRETE (a-kre-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui
est acre. Avoir de l'àcreté. Acreté des humeurs.
L'âcreté de mes pleurs, LAMART. Joc. VI, 212. || 2°Fig.
L'âcreté de son humeur, de ses paroles.
-ETYM. Ácre.

ACRIMONIE (a-kri-mo-nie), s. f. || 1o Qualité de
ce qui exerce une action piquante et corrosive. L'a-
crimonie des humeurs. || 2o Fig. Il y a de l'acrimo-
nie dans ses paroles.

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HIST. XVIos. On les guerit enfin par une autre injection d'eau bien astringente et dessiccative sans acrimonie, PARÉ, V,

21.

+ACROPOLE ou ACROPOLIS (a-kro-po-l' ou akro-po-lis'), s. f. Terme d'antiquité. Nom de la ville élevée ou citadelle dans les cités grecques. Deux montagnes ressemblaient assez par leur coupe aux acropolis de Corinthe, d'Athènes et de Pergame, CHATEAUB. Itin. II, 87. || Acropole est plus usité.

ΕΤΥΜ. Ακρόπολις, de ἄκρος, haut (Voy. ACROTRE), et πólıç, ville (voy. POLITIQUE).

ACROSTICHE (a-kro-sti-ch'). || 1° S. m. Ouvrage composé d'autant de vers qu'il y a de lettres dans le nom pris pour sujet, chaque vers commençant par une des lettres de ce nom prises de suite. Non-seulement on fit des vers sibyllins, mais on les fit en acrostiches, VOLT. Mœurs, Sibyll. || 2° Adj. On fit des vers grecs acrostiches imputés à une sibylle, VOLT. Phil. v, 49.

—ΕΤΥΜ. Ἀκρόστιχον, de ἄκρος, indiquant la pointe, l'extrémité (voy. ACROTERE), et orixos, rangée, ligne, vers de otitev, piquer (voy. STIGMATE). Quand, réfléchissant sur l'enchainement des significations, on descend de l'idée de vers à celle de ligne dans une page, de l'idée de ligne à celle de rangée, de l'idée de rangée à celle de l'acte par lequel on fixe et détermine les points qui constituent cette rangée, on assiste à un travail curieux de l'esprit humain, qui se reproduit dans toutes les acceptions détournées et abstraites.

-SYN. ACRIMONIE, ACRETÉ. Qualité de ce qui est acre, mordant, corrosif. Deux différences existent entre ces deux mots. D'abord acrimonie se dit non de ce qui a une saveur âcre, mais de ce qui exerce une action acre. En second lieu, acrimonie désigne une disposition constante à l'âcreté, tandis que âcreté peut s'appliquer à ce qui se fait sentir actuellement ou vient de se faire sentir. L'âcreté de ACROTÈRE (a-kro-tê-r'), s. m. Terme d'archison humeur peut signifier une acreté actuelle; tecture. || 1° Piédestaux des figures que les anciens l'acrimonie de son humeur signifie une humeur ha- plaçaient sur les extrémités rampantes et aux sombituellement acre. Ces nuances une fois conçues, mets des frontons des temples. Les pinacles, les on sent quand et comment il y aura lieu de distin-acrotères du temple, VOLT. Phil. v, 44. || 2o Esguer. pèce de piédestaux que l'on met d'espace en espace dans les balustrades.

—ÉTYM. Acrimonia, de acer, âcre (voy. ce mot). ACRIMONIEUX, EUSE (a-kri-mo-ni-eû, eû z'), adj. || 1° Qui a de l'acrimonie. Humeurs acrimonieuses. || 2° Fig. Paroles acrimonieuses.

-ÉTYM. Acrimonie.

ΕΤΥΜ. Ακρωτήριον, de ἄκρος, placé à l'extre mité, pointu, du radical acr ou ac, qui signifia pointe (voy. ACIDE).

ACTE (a-kt'), s. m. || 1° Terme très-général qui, + ACROAMATIQUE (a-kro-a-ma-ti-k'), adj. Terme se rapportant à agir, s'applique à tout ce qu'on fait d'antiquité. Qui est reçu par l'oreille. L'enseigne- ou peut faire. Acte glorieux. Acte criminel. Son dément acroamatique est l'enseignement oral, par op- part est un acte de désespoir. Il ne fera jamais acte position à l'enseignement par les livres. De là il a d'homme. C'est un acte de citoyen. De soi-même un pris aussi le sens de profond, le maître communi- bon acte est l'objet et le prix, ROTROU, Bélis. 11, 18. quant de vive voix à des élèves choisis un ensei-Ne m'ordonnez point un acte de faiblesse, ID. Venc. I, gnement qu'il ne mettait pas dans les livres et pour l'usage du vulgaire.

—ΕΤΥΜ. Ακροαματικός, δ' ἀκροᾶσθαι, entendre.
ACROBATE (a-kro-ba-t'), s. des deux genres.
Danseur ou danseuse de corde.

ETYM. Axpoбatεiv, mot à mot marcher sur les
extrémités, d'axpos, extrême, haut (voy. ACROTÈRE),
et paretv, marcher, de Baivetv (Voy. BASE).
ACROBATIQUE (a-kro-ba-ti-k'), adj. Terme de
mécanique. Propre à monter des fardeaux.

+ ACROCHIRISME (a-kro-ki-ri-sm'), s. m. Terme de gymnastique ancienne. Espèce de lutte avec le bout des doigts seulement.

ETYM. Axpos, extrême, et xelp, main.

† ACROCHORDON (a-kro-kor-don), s. m. Terme de médecine. On a décrit sous ce nom des productions organiques des paupières, dures, grêles, surtout vers leur extrémité adhérente, auxquelles on a trouvé quelque ressemblance, soit par leur forme, soit par leur mobilité, avec un bout de corde.

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3. Je ne me repens pas d'un acte de vertu, ID. ib. 11, 2. Je fais un acte généreux de m'éloigner de vous, SEV. 284. Elle crut faire acte de repentante, LA Font. Contes, Diable. Que venez-vous de faire?—Un acte de justice, CORN. Hor. IV, 6. Je veux donc d'un tyran un acte tyrannique, ID. Perth. III, 3. J'ai prescrit, je le sais, des actes de rigueur; Je révoque aujourd'hui l'ordre de la vengeance, M. J. CHÉN. Charles IX, IV, 2. Sur tous actes noirs je hais l'ingratitude, MAIR. Soph. IV, 7. Emploie cette épée à cet acte d'amour, ID. ib. II, 6. Le don de mon empire et de ma liberté Est l'acte le plus grand de mon autorité, VOLT. Sém. 11, 7. || 2o En termes de religion, mouvement vertueux que l'âme produit au dedans d'elle-même. Il exerce les mêmes actes que le reste des chrétiens, BOSS. Or. 6. Il n'a pas prétendu faire un acte plus parfait, ID. ib. 10. Former un acte d'amour de Dieu,ID. Avert.[2. Vous produisez des actes intérieurs de toute espèce, ID. Retr. La perfection ne consiste pas à faire ou à ne pas faire de tels actes, ID. Préf. Former des actes de détachement, ID. Imp. 1. On peut toujours faire l'acte de contrition, PASC. Prov. 6.3°En logique, acte, ce qui est réalisé, opposé à puissance, ce qui peut être réalisé. Réduire la puissance à l'acte. 4 Acte d'hostilité, agression par laquelle un gouvernement ou un parti se met en guerre contre un autre. || 5° Acte de présence, action de se présenter en quelque endroit pour satisfaire à quelque devoir ou par pure politesse. Après avoir fait acte de présence, il se retira. 6° En termes de jurisprudence, tout ce qui se fait entre particuliers, avec ou sans le ministère d'un officier de justice, soit en jugement, soit hors de jugement. Acte notarié. Acte sous seing privé. || 7° Déclaration faite devant un tribunal soit spontanément, soit d'après l'ordre de la justice, et dont on a constaté la réaETYM. Acromium, de éxpos, qui est au som-lité. Demander acte, prendre acte. L'acte qui en met (voy. ACROTÈRE), et duoc, épaule (voy. OMO-fut dressé le 25 septembre....PASC. Prov. 15. || Dans le PLATE).

HIST. XVI s. Acrochordon est une verrue pendante, ayant sa base fort petite, estant calleuse, sans douleur, de figure ronde, PARÉ, V, 21. Il y en a d'autres nommées acrochordon.... les Latins les appellent verrues pensiles, ID. XVII, 85.

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ETYM. Axpoxopowv, de axpos, extrême (voy.
ACROTERE), et xopon, corde (voy. CORDE).

† ACROMIAL, ALE (a-kro-mi-al, a-l'), adj.Terme
d'anatomie. Qui appartient à l'acromion. Artère
acromiale. Les ligaments acromiaux.

- ÉTYM. Acromion.

† ACROMION (a-cro-mi-on), s. m. Terme d'anatomie. Apophyse considérable qui termine l'épine de l'omoplate en haut et en dehors, s'articule avec l'extrémité externe de la clavicule et donne attache aux muscles trapèze et deltoide.

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ACRONYQUE (a-kro-ni-k'), adj. Terme d'astronomie. Se dit quand un astre se lève au coucher du soleil, ou quand il se couche au lever. Coucher, le

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langage ordinaire, prendre acte de.... déclarer qu'on se prévaudra de.... Je prends acte, pour l'autre vie, de ma conduite en celle-ci, J. J. ROUSS. Em. IV. Par ces vers j'en prends acte afin que.... REGNIER, Sat. IX. || 8° Actes de l'état civil, ceux par lesquels des officiers civils constatent les naissances, les décès, 1

les

celui qui prend part à des parties de jeu, à des
parties de plaisir. Il nous manque un acteur.

SYN. ACTEUR, COMÉDIEN. Dans le sens propre, on nomme ainsi ceux qui jouent des pièces de théatre. Acteur est relatif aux personnages qui agissent dans une pièce, et par suite aux personnes qui les représentent. Comédien est relatif à la profession. Ainsi l'on dira: Quels sont les acteurs dans ce drame? et: Que fait cet homme? Il est comédien. Enfin des élèves qui représentent une pièce dans leur collége, sont acteurs et ne sont pas comédiens. Dans le sens figuré, ces deux termes conservent encore la même distinction à beaucoup d'égards. Acteur se dit de celui qui a part dans la conduite, dans l'exécution d'une affaire, dans une partie de jeu ou de plaisir; comédien, de celui qui s'est fait un art, et, pour ainsi dire, un métier de bien feindre les passions, les sentiments qu'il n'a point, de celui dont la conduite est dissimulée et artificieuse. Le premier terme se prend en bonne ou en mauvaise part, selon la nature de l'affaire où l'on est acteur; le second ne se prend jamais qu'en mauvaise part, puisque la dissimulation, qui fait le comédien dans la vie, est toujours une chose odieuse.

....

mariages, etc. Acte de naissance. Acte de mariage.
9° Acte d'accusation, exposé des faits imputés à
un accusé. || 10° Décision de l'autorité publique. Acte
d'amnistie. Les actes du gouvernement. Je signe le
premier cet acte vénérable, Qui par tous les partis
fut longtemps désiré, M. J. CHEN. Charles IX, 1, 3.
Ma main a pu signer cet acte abominable! LEMERC.
Charles VI, v, 3. || 11° Au plur. Recueils, registres
où sont réunies les décisions de l'autorité. Les actes
du parlement anglais. Les actes des conciles. Il l'ap-
pela [un recueil] code du droit des gens, parce qu'il
ne contenait que des actes faits par des nations ou
en leur nom, des déclarations de guerre, des mani
festes, des traités de paix ou de trêve.... FONTEN.
Leibnitz. || 12° Au plur. Journaux, mémoires faits
par certaines sociétés savantes. Les actes de la so-
ciété de Leipzik. || 13° En termes d'antiquité romaine.
Actes diurnes, espèce de journal qui paraissait à
Rome et où l'on inscrivait les jugements, les ma-
riages, etc. || 14° En histoire ecclésiastique, récits
consacrés. Les actes [de la mission de J. C.] ont été |
publiés à toute la terre, BOSS. Hist. II, 13. Les actes
du martyre de saint Justin prouvent qu'il versa son
sang pour sa religion avec la même simplicité qu'il
écrivit pour elle, CHATEAUBR. Gén. 1, 1. Le juge in- -ETYM. Actor, de agere, agir (voy. AGIR).
terroge; et l'écrivain grave sur des tablettes les actes ACTIF, IVE (a-kti-f, ti-v'), adj. 1° Qui est
du martyre, ID. Mart. 11,295. || 15° Les actes des apô- agissant, diligent, laborieux. Homme actif. Actif à
tres, livre canonique écrit par saint Luc et contenant la guerre. Vieillesse active et occupée. Se montrant
une partie de l'histoire des apôtres. || 16° Terme d'é- si actif dans ces événements. et là, plus actif,
cole. Dispute publique où l'on soutient des thèses. volant vers ces remparts, De ses soldats surpris il
Faire un acte Soutenir un acte. || 17° Acte dans l'art charme les regards, BRIF. Ninus, II, 1,4. Mais refroi-
dramatique, chacune des parties principales dont dis, ami, ton âme trop active, M. J. CHEN. Gracq. 10, 2.
une pièce de théâtre est composée, qui sont formées Cruel dans l'indolence, actif en sa mollesse, Sa vile |
de scènes et entre lesquelles est un intervalle. On ambition s'aigrit par la paresse, DUCIS, Macb. 11, 6.
dit quelquefois absolument un acte pour une pièce || 2° Par extension, en parlant des choses qui agis-
en un acte. Cet auteur vient de donner un joli acte sent avec promptitude, avec force, avec énergie.
à la Comédie française. Faisant de cet ouvrage Remède actif. Poison actif. Quelques sucs bienfai-
Une ample comédie à cent actes divers, Et dont la sants dont la puissance active Rappelle en notre es-
scène est l'univers, LA FONT. Fab.v, 1. Le comman-prit sa vertu fugitive, DUCIS, Lear, IV, 5. || Part active,
deur voulait la scène plus exacte; Le vicomte indigné rôle qu'on joue, action qu'on a. Il a pris, il a eu
sortait au second acte, BOIL. Épít. vu. || 18° acte une part active dans ces événements. 3° En ma-
constitutionnel, la charte, la constitution.
tière de dévotion, vie active, celle qui consiste dans
-SYN. ACTE, ACTION.Tous deux donnent l'idée de les actes extérieurs de piété, par opposition à vie
quelque chose qui se fait. L'action est la manifesta- contemplative, qui consiste dans les sentiments et
tion de la puissance qui agit; l'acte est l'effet ma- dans les affections de l'âme. || 4° En affaires, dettes
nifesté et le résultat de cette action. Action, actives, sommes dont on est créancier, par opposi-
étant un déploiement visible de force, ne se dit pas des tion à dettes passives, celles dont on est débiteur.
inspirations intérieures de l'âme ; c'est acte dont il || 5° En parlant d'élections, avoir voix active et
faut se servir. Nos actions sont nos œuvres propre-passive, avoir droit d'élire et d'être élu. || 6° En phi-
ment dites; mais nous faisons des actes de foi, d'es-losophie, qui agit où qui a la vertu d'agir, par op-
pérance, de charité; action ici ne serait pas bon. position à passif. Principe actif. Qualités actives. Le
Au moral, action devient souvent tout à fait syno- feu est une force active. Ils attribuaient la force à
nyme d'acte, et alors il peut s'employer au pluriel: la partie active de la matière. L'âme étant active de
Cet homme a fait plusieurs actions vertueuses, sa nature. 7° Citoyen actif, celui qui jouit des
comme on dit plusieurs actes de vertu. Il faut re- droits politiques. || 8° En parlant de l'armée, service
marquer que le mot acte est souvent suivi de la pré- actif, temps durant lequel un soldat est sous les dra-
position de, suivie elle-même d'un nom abstrait ou peaux. || 9° Terme de grammaire. Se dit des verbes
d'un nom concret, tandis que action n'est accom- et des participes exprimant une relation de syntaxe
pagné que d'une épithète : Acte de bravoure, de dans laquelle le complément du verbe lui est joint
vertu, etc.; et non pas action de bravoure, de vertu, sans préposition. A un autre point de vue, le
etc.; mais action de héros, action d'insensé. verbe actif est celui qui exprime une action, et se dé-
compose en verbe qui ne reçoit pas de complément
direct: il agit, il court; c'est le verbe neutre des
grammairiens; et en verbe qui reçoit un comple-
ment direct sans préposition: il aime son fils;
c'est le verbe transitif direct de plusieurs grammai-
riens. || Se dit aussi de ce qui a rapport, de ce qui
est propre à ces verbes, à ces participes.Voix actives.
Ce mot a une signification active, BOSS. Nouv. myst.
réf. 10° S. m. L'actif, la voix active. Conjuguer
l'actif d'un verbe. || 11° S. m. Somme dont on est
créancier. Balance de l'actif et du passif.

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HIST. XVI S. Le dernier acte d'une comedie, MONT. I, 67. Ce sont actes de son personnage, non pas du nostre, ID. I, 124. Ce prince est le souverain patron des actes hazardeux, ID. 1, 133. Ils demeurerent depuis le commencement d'avril jusques au treziesme sans acte d'hostilité, D'AUB. Hist. I, 7. Il fit assembler les prisonniers en deux actes, comme ils appellent [auto-da-fé], le premier desquelz fut exploisté à Valedolid, ID. Hist. 1, 119.

—ETYM. Actus, de agere, agir (voy. AGIR). ACTEUR, TRICE (a-kteur, ktri-s'), s. m. et f. 1° Celui qui joue un rôle, prend une part dans une HIST. XII S. [Je] vos ai pieça jà descovert Com affaire, dans un événement. Il a été le principal acteur ceste lasse vie active Si me tout [ôte] la contemdans ce grand événement. L'apôtre en vain les avertit plative, BENOIT, II, 12179. || XIV s. L'autre est vie que ceux qui sont entrés dans la milice de Jésus-Christ civile et attive, ORESME, Eth. v, 9. Aucuns excellens et ne doivent plus se livier aux embarras du siècle; ils bien bezoignans selon vie attive tiennent que felicité en sont les principaux acteurs; on les voit à la tête est honnour, ID. ib. Elle sert de bon cuer Dieu en la vie des intrigues.... MASS. Conf. Fuite du monde. Il portait active, Et très devotement en la contemplative, Gtses découvertes aux conférences de feu l'abbé Bour- rart de Ross. v. 2697. || XVI s. J'ay, sans offense de delot, dont il était un des bons acteurs.... FONTEN. poids, passifve ou actifve, escoulé tantost une longue Poupart. M. de Malézieu occupait ses talents moins vie, MONT. IV, 167. Il ne faut estre aux affaires retif; sérieux à imaginer ou à ordonner une fête, et lui- La royauté est un metier actif, RONS. 652. Et estoit sa même y était souvent acteur, ID. Malézieu. | 2° Ce-chaleur active aux affaires de la chose publique jà lui, celle qui représente un personnage dans une pièce de théâtre; celui, celle qui exerce la profession de comédien, de comédienne. Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur, Emouvoir, étonner, ravir un spectateur! BOIL. Ép. VII. Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie, Et d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Amusa les passants d'un spectacle nouveau, m. A. Р. . || 3° Familièrement

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

toute refroidie, AMYOT, Pompée, 64.
-ÉTYM. Provenç. actiu; de activus, de agere, agir
(voy. AGIR).

+ ACTINIMORPHE (a-kti-ni-mor-f'), adj. Terme
d'histcire naturelle. Qui a une forme rayonnée.

ΕΤΥΜ. Ακτίν, rayon, et μορφή, forme. ACTION (a-ksion; en poésie, de trois syllabes),s.f. 1° Opération, œuvre. Dépouiller la matière de l'action qui lui est propre. Si ta nature est plus propre à

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l'action. Homme d'action. Le conseil et l'action. L'action du remède fut salutaire. Ce poison a une action si puissante qu'il tue en peu d'instants. L'action violente de la chaleur. L'action des vents sur la température de l'air. L'action de la lumière sur la végétation. C'est une chose horrible de tomber en[tre les mains du Dieu vivant; entre ces mains où tout est action, où tout est vie; rien ne s'affaiblit, ni ne se relâche, ni ne se ralentit jamais, BOSS. Anne de Gonz. Sans envie, sans fard, sans ostentation, toujours grand dans l'action et dans le repos, il parut à Chantilly comme à la tête des troupes, ID. Louis de Bourbon. Il semble que la perfection de chaque chose consiste en son action; car chaque chose a son action, ID. Pensées chrét. 33. Leur donnant l'action, le poids, le mouvement, ROTROU, StGenest, IV, 2. || 2° En termes de grammaire, l'action exprimée par le verbe. L'action de penser, de parler. Ce mot ne peut s'employer qu'avec les verbes qui indiquent une action: il est ridicule de dire, comme font plusieurs, l'action de languir. | 3° Chose faite par l'homme. Pour faire une méchante action, PASC. Prov. 8. Quand ai-je fait quelque action d'union avec les hérétiques ou de schisme avec l'Eglise? PASC. Prov. 17. Le grand art de la guerre attend quelquefois l'âge; Le temps y fait beaucoup; si de mes actions Il vous a plu tirer quelques instructions.... CORN. Sert. II, 2. Vous savez l'action, vous la venez d'entendre, ID. Hor. v, 2. M. de Boufflers à fait une fort jolie action. sÉv. 579. C'est ici que le sang et la condition Ne vous permettent pas une lâche action, ROTROU. Antig. 11, 5. Une bonne action se produit toute nue, ID. Bél. II, 19. Partant pour cette grande et fameuse action, Vous en mîtes le prix à sa discrétion, ID. Venc. 1, . Tant que nous regarderons l'homme par les yeux du corps, sans y démêler par l'intelligence ce secret principe de toutes nos actions qui, étant capable de s'unir à Dieu, doit nécessairement y retourner.... BOSs. Madame. Il croit récompenser une bonne action, RAC. Esth. III, 1. Je ne m'étais chargé dans cette occasion Que d'excuser César d'une seule action, ID. Brit. 1, 2. Il faut des actions et non pas des paroles, ID. Iph. III, 7. L'indigne action que vous voulez faire, FEN. Tel. xv. Le père est en droit de punir chacun de ses enfants qui fait une mauvaise action, ID. Tél. vш. Les princes qui ont fait les plus grandes actions, ID. Tel. 11 D'indignes passions Ne doivent pas souiller les nobles actions, VOLT. Mariane, 11, 5. Dans nos grands intérêts souvent nos actions Sont (vous le savez trop) l'effet des passions, ID. Olymp. 1, 5. Une détermination volontaire au bien ou au mal, et aussi une action bonne ou mauvaise, est ce qu'on appelle vertu ou crime, LA BRUY. 16. Un extérieur simple est l'habit des hommes vulgaires; il est taillé pour eux et sur leur mesure; mais c'est une parure pour ceux qui ont rempli leur vie de belles actions, ID. 2. || 4° En termes de dévotion. Combien d'actions de piété sont demeurées sans effet! FLECH. 1, 110. I importe donc de vous marquer les préparations qui doivent vous conduire à cette action redoutable [la communion], MASS. Car., Comm. || 5o Action de grâces, remerciment, témoi gnage de reconnaissance. Le Te Deum fut chanté en action de grâces. On lui rendit des actions de grâces. || 6° Activité. Ils ont vécu avec si peu d'action qu'à peine leur nom est-il venu jusqu'à nous, BOSS. Hist. III, 4. Sa vieillesse n'a pas été sans action ID. Gornay. || Etre en action, se donner du mouvement. Tenir en action, donner du mouvement, Je le tenais sans cesse en action, marchant avec lui au soleil et à la pluie, BERN. DE ST-P. Paul et Virg. Quand je vois cette multitude confuse de gens qui vont et qui viennent, toujours occupés de leurs desseins, et toujours en action pour y réussir et les conduire à bout, BOURD. Pensées, t.1, p. 23. || 7° Véhémence. Parler avec action. 8° Tout engagement entre des troupes. Un jour d'action. L'action fut chaude. Engager l'action. Sans me contenter de celle [gloire] que j'ai acquise et de la part qu'un roi qui fait le métier de véritable capitaine, a dans toutes les actions de guerre qui se passent en sa présence.... PELLISS. Conversat. de L. XIV devant Lille, p. 51. faut remarquer que, quand on parle d'un combat déterminé, action ne s'applique qu'à une petite affaire. Ainsi on ne peut pas dire l'action de Fontenoy; il faut dire la bataille de Fontenoy. || 9° L'ac tion oratoire ou théâtrale, le débit et les gestes. L'action est comme le langage du corps Il avait une action pleine de chaleur. Je reconnais même ce sourire fin, cette action négligée, cette parole douce, simple et insinuante, FÉN. Tél. IX. Elle avait encore les cheveux aussi blonds et en

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