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aussi grande quantité que si elle n'eût eu que vingt la taille haute, l'action impérieuse et hautaine, Mile DE LA FORCE, R. de Nav. part. p. 71. || 10° Discours public, tel qu'un sermon, une harangue, un plaidoyer. Vieux en ce sens. Interrompre les avocats au milieu de leur action, LA BRUY. 14. [Le prédicateur] a si bien mis dans tout son jour tout ce qui pouvait être admiré; il a fait des traits d'éloquence et des coups de maître si à propos et de si bonne grâce, que tout le monde, je dis tout le monde, s'en est écrié; et chacun était charmé d'une action si parfaite et si achevée, sÉV. 202. Le discours est de deux sortes.... Sous la première espèce, les entretiens familiers et les lettres sont comprises; sous la seconde, les actions publiques, soit qu'elles louent les grands personnages, soit qu'elles traitent des affaires d'Etat.... GODEAU, Disc. sur Malherbe. 11° Action, en parlant de quelques anciens conciles, ce qui dans les derniers conciles a été appelé session. || 12° Demande, poursuite en justice, droit qu'on a de former une demande en justice. | 13° Principal événement qui fait le sujet d'une pièce de théâtre ou d'un poême épique. || 14° Part qu'on a dans les bénéfices d'une compagnie de commerce ou de quelque autre société utile; titre qui constitue cette part. On fit une compagnie qui eut un nombre considérable d'actions, MONTESQ. Espr. XXII, 10. La baisse, la hausse des actions de chemin de fer. Ses actions haussent, baissent, se dit figurément de quelqu'un dont le crédit, dont la réputation croft ou diminue. || 15° En termes de mathématiques, quantité d'action, le produit de la masse par la vitesse. || 16° En termes d'équitation, avoir de l'action, se dit d'un cheval qui a de l'ardeur. Ce cheval a la bouche en action, il mâche sans cesse son mors, et jette beaucoup d'écume.

† ACTIVANT, ANTE (a-kti-van, van-t'), adj. Qui active. L'engrais possède des qualités activantes qui......

† ACTIVE, ÉE (a-kti-vé, vée), part. passé. La végé-
tation activée par des pluies fécondantes.
ACTIVEMENT (a-kti-ve-man), adv. | 1° D'une
manière active. Servir activement l'Etat. Active-
ment occupé de cette affaire. || 2o En termes de
grammaire, à la façon d'un verbe actif, c'est-à-dire
d'un verbe qui a un complément direct. Dans la cé-
lèbre phrase de Bossuet, dormez votre sommeil,
dormir est employé activement.

- ETYM. Provenç. activamen; ital. attivamente;
de active au féminin, et ment.
+ACTIVER (a-kti-vé), v. a. Néologisme. Donner
de l'activité, hâter, pousser. Activer les travaux. Le
vent active le feu.

ETYM. Actif.

ACTUELLEMENT (a-ktu-è-le-man), adv. Au mo. ment dont il s'agit, présentement. Il [Moïse] a joint aux choses passées, qui contenaient l'origine et les anciennes traditions du peuple de Dieu, les merveilles que Dieu faisait actuellement pour sa délivrance, BOSS. Hist. univ. 1, 3. Toute l'autorité du gouvernement était entre ses mains; il était actuellement consul, VERT. Rév. rom. xiv, 291. Un tribun du peuple fit assigner L. Manlius, qui sortait actuellement de la dictature, sous ce prétexte que ce patricien traitait un de ses enfants avec trop de dureté, ID. ib. VIII, 256. Quand je pourrais me flatter de l'avantage d'être actuellement et parfaitement réconcilié avec vous, BOURD. Pensées, t. I, p. 54. Vous à qui je parle et de qui il s'agit actuellement entre vous et moi, ID. ib. p. 346.

HIST. XVI s. On doit appliquer choses calefactives, non seulement potentiellement, mais aussi actuellement, PARÉ, VIII, 41.

- ETYM. Provenç. actualment; espagn. actualmente; ital. attualmente; de actuelle au féminin, et ment.

† ACUITÉ (a-ku-i-té), s. f. Qualité de ce qui est aigu. L'acuité d'un son. L'acuité de la douleur.

-HIST. XVI S. Tel sang coule avec acuité et douleur, PARE, XVIII, 46. L'on trouve au goust de la langue la mordication et acuité dudit sel, PALISS. 148.

- ETYM. Acutus, aigu (voy. AIGU). + ACULEIFORME (a-ku-lé-i-for-m'), adj. Terme didactique. Qui est en forme d'aiguillon.

forme.

ETYM. Aculeus, aiguillon (voy. ce mot), et

ACUMINÉ, ÉE (a-ku-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit des feuilles, des bractées, des divisions du calice, dont l'extrémité offre une pointe allongée et aiguē.

-ÉTYM. Acuminatus, de acumen, extrémité pointue, de acuere, aiguiser, acutus, aigu (voy. AIGE)

ACUPONCTURE (a-ku-pon-ktu-r'), s. f. Terme de chirurgie. Opération qui consiste à enfoncer dans une partie du corps une aiguille métallique.

ACTIVITÉ (a-kti-vi-té), s. f. || 1o Puissance d'agir. L'âme a conscience de son activité. L'activité d'un poison, d'un remède. Un esprit qui se consume par sa propre activité. C'est Dieu qui, depuis la création du monde, renouvelle à chaque moment l'activité de ce feu [le feu d'enfer], et qui, sans terme, sans fin, le fera subsister au-delà des siècles, BOURD. Pensées, t. ш, p. 67. || 2° En physique, sphère d'activité, espace dans lequel un agent exerce son action, son influence. La sphère d'activité du soleil s'étend jusqu'aux planètes les plus éloignées. || Fig. Le cercle, l'étendue des travaux, des idées, des entreprises dont un homme s'occupe. | 3° Par extension, diligence. Homme plein d'activité. Pressant les préparatifs avec la plus grande activité. Cela lui a donné de l'activité. Activité stérile. Les Anglais y mirent moins d'activité. Quel désir de la gloire.... Nous marquait d'un héros la SYN. BONNES ACTIONS, BONNES ŒUVRES. On noble activité! PRADON, Ph. et Hipp. 1, 3. Mais ce entend par bonnes actions tout ce qui se fait par n'est point assez, Seigneur, si votre zèle Avec acprincipe de vertu; on n'entend guère par bon- tivité ne féconde le mien, BRIF. Ninus, II, 1, 2. nes œuvres que certaines actions particulières qui Le monde donne de l'activité aux paresseux, et leur regardent la charité du prochain. Toute bonne œuvre inspire un feu et une vivacité qui les porte partout est une bonne action; mais toute bonne action n'est et que rien ne ralentit, BOURD. Pensées, t. 1, p. 108. pas une bonne œuvre, à parler exactement, GUIZOT. [Turenne et Condé] tantôt opposés front à front et HIST. XIII s. Et si li vesques fait mon serf clerc redoublant l'un dans l'autre l'activité et la vigilance, contre me [ma] volenté, j'ai action contre celi de BOSS. Louis de Bourbon. || 4o Passivement, la dilidemander mon damace, BEAUM. XLV, 17. Quand ligence avec laquelle une chose est faite. L'activité des enfant seroient aagié, il aroient action de demander travaux, l'activité d'une correspondance. || 5° En le trop à lor tuteur, ID. XVII, 8. Et se aucuns a action activité, loc. adv. Au sens actif: Les tribunaux sont encontre toi, ne le croi pas, jeusques à tant que tu en en grande activité. Etre en activité de service, ou, saches la verité, JOINV. 301. || XIV's. Action est ope- simplement, en activité, exercer actuellement les +ACYROLOGIE (a-si-ro-lo-jie) ou AKIROLOGIE racion, ORESME, Thèse de Meunier. || XVI S. Les loix fonctions de sa place. | Au sens passif: Les travaux (a-ki-ro-lo-jie), s. f. Terme de grammaire. Improont action d'homicide contre nous, MONT. II, 26. Le sont en activité. La vendange est en pleine acti-priété d'expression. || Peu usité. corps demeure cependant sans action, s'atterre et vité. ETYM. Provenç. acirologia; de axvpolovía, de s'attriste, ID. III, 290. Action de grâces est la reco|ăxupoç, impropre (de a privatif, et xupos, force. gnoissance par laquelle la louange de tous biens lui effet), et 26yos, discours (voy. LOGIQUE). est rendue, CALV. Inst. 283. Toutes actions [judiciaires] sont de bonne foy, LOYSEL, 690. Toutes actions d'injures sont tollues par an et jour, ID. 743. En douaire et autres actions qui ne sont encore nées, le temps de la prescription ne commence à courir que du jour que l'action est ouverte, ID, 739. L'action personnelle ne se prescrit que par trente ans, ID. 719. L'action hypothecaire se prescrit, par un tiers, par dix ans entre presens, ID. 720. [Les mineurs, etc.] ne pouvoient intenter ni estre contraints de defendre en action petitrice, de ce dont ils estoient saisis comme heritiers, ID. 187.

ETYM. Provenç. accio; espagn. accion; ital. azione; de actio, de agere, agir (voy. ce mot). ACTIONNAIRE (a-ksio-nè-r'), s. m. et f. Terme de finance et de commerce. Celui, celle qui a une ou plusieurs actions dans une entreprise de finance ou de commerce.

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- ÉтYM. Provenç. activitat; espagn. actividad; ital. attività; d'activitas, d'activus, actif (voy. ACTIF).

ACTRICE (a-ktri-s'), s. f. Voy. ACTEUR.

† ACTUALITÉ (a-ktu-a-li-té), s. f. Néologisme.
Etat de ce qui est actuel; chose actuelle.
ÉTYM. Actuel.

-

ACTUEL, ELLE (a-ktu-èl, e-l'), adj. || 1o Effectif, réel. Une actuelle et entière séparation, FLÉCH. 1,241. Une attention actuelle qui prend d'abord des mesures solides de changement, MASS. Car. Confess. L'âme peut, avec l'aide de Dieu, s'établir dans une résolution actuelle et véritable de s'éloigner pour jamais du péché, BOURD. Pensées, t. I, p. 306. || 2° Présent, qui a lieu présentement. Le moment actuel, les mœurs actuelles. Content de sa position actuelle. Le langage actuel. || 3° En parlant des personnes en activité de service. Le président actuel de la chambre. || 4° En termes de théologie et de philosophie, grâce actuelle, par opposition à grâce habituelle; péché actuel, par opposition à péché originel; volonté actuelle, par ACTIONNÉ, ÉE (a-ksio-né, née). || 1° Part. passé. opposition à volonté potentielle; intention actuelle, Actionné par ses créanciers. || 2o Adj. Occupé, af-par opposition à intention virtuelle. || 5° En termes fairé. La nourrice très-actionnée autour de l'enfant.de chirurgie, cautère actuel, le fer rouge, par opEn ce sens, c'est un emplbi familier qui n'est pas position à cautère potentiel, les caustiques chimidans le dictionnaire de l'Académie. ques. | Actuel ne se met qu'après son substantif; ceACTIONNER (a-ksio-né), v. a. Terme de droit. pendant quand il y a deux adjectifs, il peut se mettre Citer quelqu'un devant la justice. devant, comme dans l'exemple de Fléchier.

ETYM. Action.

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ADAGE (a-da-j'; l'a de da, qui se prononce comme dans cage, se prononçait autrefois comme dans âge: Chifflet, dans sa grammaire qui est de la fin du XVII siècle, dit qu'on prononce a-dâ-ge), s. m. Sentence, dire populaire. Qui aime bien châtie bien, est un adage. Suivant l'adage, il faut cacher sa vie; Je ne suis plus qu'un vieil ermite, un ours, MILLEV. Epigr. l'Indépendant.

-ETYM. Adagium, de ad, vers, et agere, pousser: sentence qui pousse vers, conseil.

ADAGIO (a-da-dji-o). Terme de musique. || 1° Loc. adv. Sans se presser, lentement. Ce morceau doit être joué adagio. || 2o S. m. L'air même qui se joue lentement. Un bel adagio. || Au plur. des adagios. —ETYM. Ital. adagio, de ad, à, et agio, aise (voy AISE).

†ADAM (a-dan), s.m. || 1° Nom du premier homme. 2° Proverbe. Il se croit de la côte d'Adam, il se croit d'une haute naissance. || 3° En théologie, l'homme, l'humanité; le vieil "Adam, l'homme en état de péché.

† ADAMANTIN, INE (a-da-man-tin, ti-n'), adj. Terme didactique. Qui a la dureté ou l'éclat du diamant.

ETYM. Adamantinus, de adamas, diamant (VOY. DIAMANT).

ADAMIQUE (a-da-mi-k'), adj. Terme d'histoire naturelle. Race adamique, race humaine primitive.

ÉTYM. Adam.

ADAMITE (a-da-mi-t'), s. m. Membre d'une secte qui, prétendant se conformer à Adam, rejetait l'usage des vêtements. ETYM. Adam. ADAPTATION (a-da-pta-sion), s. f Action d'a

HIST. XVI S. Combien il faut que les matieres HIST. XVI S. Les mauvaises œuvres ou les pemetalliques soyent subtiles pour actionner et re- chez actuels qu'on appelle [les péchés par action, duire en metal, sans les desformer, les choses des- en opposition aux péchés d'intention], CALV. Inst. quelles je te veux parler, PALISS. 219. Si tu avois 470. Les gouverneurs des biens ecclesiastiques se consideré la cause qui peut actionner la vegetation mirent par force en possession actuelle de quelques des fruits.... ID. 326. Puisque la chaleur de la mar-biens qui appartenoient à l'Eglise, ID. ib. 983. Les ne n'est pas la cause actionale des vegetations semi- benefices qui ont charge d'ame requierent residence nales, par quelle vertu la marne pourroit-elle ac- personnelle et actuelle, P. PITHOU, 72. Application tionner ces terres infertiles? ID. 332. Les couleurs des cauteres tant actuels que potentiels, PARE, In-dapter. actionnées [produites] par la reverberation du so- trod. 2. seil, ID. 205.

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ADAPTER (a-da-pté), v. a || 1o Ajuster une chosз à une autre. Adapter un robinet à un tonneau. | Adapter des ornements avec goût. Adapter son langage aux temps, aux lieux. Les êtres distingués voudraient adapter le sort commun à leurs désirs, STAEL, Delph. 5 part. Fragm. 4. || 2° S'adapter, v. réfl. Ce couvercle s'adapte bien au vase. Ce passage s'adapte mal au sermon. Les parties de l'univers s'adaptent si bien.... Ce vers s'adapte à la situation.

HIST. XV* s. Et la dicte sentence veue par les clercs, furent tous d'oppinion qu'elle se adaptoit contre le duc de Bourgoigne, Geste des nobles, VIRIVILLE, P. 140. || XVI s. Et y seront adaptées promptement des compresses, PARÉ, XIII, 10. —ÉTYM. Adaptare, de ad, à, et aptare, de aptus, apte (voy. ce mot).

ADATIS (a-da-tî), s. m. Mousseline des Indes orientales.

† ADDITIF, IVE (a-ddi-tif, ti-v'), adj. Terme didactique. Qui s'ajoute.

ADDITION (a-ddi-sion; plusieurs disent a-di-sion. Palsgrave, auxvi siècle, recommande, p. 23, de prononcer les deux d. Il est bon de les prononcer pour éviter la confusion avec adition), s. f. || 1° Ce qui est ajouté à quelque chose. L'addition d'un mot, d'une lettre. Faire une addition à la loi. Cet ouvrage auquel j'ai fait beaucoup d'additions. Si je vois quelqu'un, je vous ferai une addition [à cette lettre], SEV. 399. 12° En termes d'ancienne pratique, informer par addition, ajouter une nouvelle information à une première. 3° La première règle d'arithmétique, enseignant à ajouter plusieurs nombres les uns aux autres. Un enfant ayant fait une addition suivant ses règles, DESC. Méth. || 4° En termes d'imprimerie, se dit des dates, des sommaires, des petites notes, d'un texte, placés hors de la justification.

– ÉTYM. Aðýv, glande, et λóyos, discours (voy i mots. L'adhérence, étant un état, est involontaire; LOGIQUE). l'adhésion, étant une action, est volontaire (voy. INHERENCE, COHÉRENCE).

+ADENS (a-dan), adv. A plat ventre. Il était tombé d'un arbre; je l'ai trouvé par terre adens: phrase d'un paysan des environs de Paris. Ce mot, un des plus anciens de la langue, rend ce que nous n'exprimons que par une phrase; usité encore dans le peuple, il pourrait peut-être rentrer dans l'usage. Il y avait dans l'ancien français adenter, coucher sur le ventre, s'adenter, se coucher sur le ventre, tous mots excellents et qu'il est bien dommage de voir perdus.

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HIST. XI° s. L'uns gist sur l'autre et envers et adenz, Rol. 123. || x s. [II] couche s'adenz, durement s'umelie, Roncisv. p. 55. Li quens Rolans se geut [git]adens au pré, ib. p. 104. || x s. Sur la fontaine, tout adens, Se mist lors pour boirre dedens, la Rose, 1489. Tu commenceras à fremir, A tressaillir, à demener; Sor costé t'estoura torner, Une heure envers, une heure adens, Com fait hons qui a mal as dens, ib. 2443. || xv s. Il dit qu'il a mal de teste ou de dens; Au lict se met, puis envers, puis adens, AL. CHART. Le débat des deux fortunes. || XVIo S. L'un dessus l'autre adentez tomberont, RONS. 646. ETYM. A et dent.

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ADEPTE (a-dè-pt'; ne prononcez pas adette comme on fait dans quelques provinces), s. m. et f. || 1o Un adepte, une adepte. En alchimie, celui qui croyait être parvenu au grand œuvre. On ne douta point que l'auteur de la lettre ne fût un adepte [en alchimie] ou à peu près; il fut reçu avec honneur dans le laboratoire et prié d'y faire les fonctions de secrétaire, -HIST. XIII s. Ceste addition fu fete en l'an de FONTEN. Leibnitz. || 2° Celui, celle qui est initié, inigrace mil deux cent quatre vins et quatorze au mois tiée aux mystères d'une doctrine, d'une secte, d'une de juignet, Livr. des Mét. 360. || Xxiv s. L'accroisse- science. Eudore traversa le groupe des sophistes, qui ment ou addicion qui est faite par chascune singu-le prenaient pour un adepte, CHATEAUBR. Mart. II, liere operacion n'est pas congneue, ORESME, Eth. 77. 70. Je montrerai la copie de votre inscription d'OroETYM. Provenç. additio; espagn. adicion; ital. pus aux adeptes, s'il y en a en ce pays-ci, P. L. COUR. additione; de additio, de addere, de ad, à, et Lett. 1, 52. dare, donner (voy. DON).

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ADDITIONNÉ, ÉE (a-ddi-sio-né, née, ou a-disio-né, née), part. passé. || 1o Sommes additionnées. || 2o En chimie ou en pharmacie, à quoi on a ajouté. Un liquide additionné de quelques gouttes d'alcool. ADDITIONNEL, ELLE (a-ddi-si-o-nèl, nè-l', ou a-di-si-o-nèl, nè-1'), adj. || 1° Qui est en sus, qui s'ajoute. Un article additionnel. Les arbres augmentent en grosseur par des couches additionnelles de nouveau bois qui se forment à toutes les séves entre l'écorce et le bois ancien, BUFF. Exp. sur les végét. 2o mém. || 2o En matière d'imposition, sou, centime additionnels, partie aliquote d'un impôt, qui s'y ajoute et qu'on fait payer en sus par les contribuables.

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ETYM. Adeptus, qui a acquis, de adipisci, at

teindre.

ADÉQUAT, ATE (a-dé-koua, koua-t'), adj. Terme de philosophie. Entier, total, d'une étendue, d'une compréhension égale à.... On ne peut avoir de Dieu une idée adéquate, c'est-à-dire égale à son objet. La monade de Dieu qui n'a que des idées adéquates, VOLT. Newt. 1, 9.

ETYM. Adæquatus, de adæquare, de ad à, et æquare, égaler (voy. EQUITÉ).

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† ADEXTRE, ÉE (a-dè-kstré, ée), adj. Terme de blason qui se dit des pièces qui en ont une autre à leur droite. Pal adextré d'une croix.

ETYM. Adductor, de adducere, de ad, à, et ducere, conduire (voy. DUC). ADDUCTION(a-ddu-ksion), s. f. Terme d'anato-adj. mie. Action des muscles adducteurs.

HIST. XVI S. Aucuns ont voulu dire que ce muscle aide aussi à l'adduction des doigts vers le poulce, PARÉ, IV, 29.

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ETYM. Adductio (voy. ADDUCTEUR). ...ADE, suffixe, tiré du participe passé féminin espagnol ada ou italien ata, correspondant au participe passif du latin en atus, et exprimant une action qui s'est faite, comme dans œillade, canonnade,

etc.

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ADFORMANT, ANTE (ad-for-man, man-t'), Terme de grammaire hébraïque. Qui sert à la formation. Lettres adformantes.

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ETYM. Provenç. adherencia; ital. aderenza (Voy. ADHÉRENT). ADHÉRENT ENTE (a-dé-ran, ran-t'), adj. ||1°Qui tient à une chose, qui y est collé. Une pierre adhérente à la vessie. || 2° Terme de botanique. Adhérent se dit du calice ou de l'ovaire quand ces organes sont soudés. || 3° S. m. Celui qui est du sentiment, du parti de.Il avait perdu tous ses adhérents. Les miracles, dernière ressource des adhérents d'un chef malheureux, VOLT. Mœurs, 108. Jules II excommuniait Jean d'Albret, comme adhérent du concile de Pise, ID. Mœurs, 114. || En mauvaise part, ses fauteurs et adhérents. || Il ne se met qu'après son substantif.

-SYN. ADHÉRENT, ATTACHÉ, ANNEXÉ. Une chose est adhérente à une autre naturellement, par une disposition naturelle: l'écorce est adhérente au bois. Une chose est attachée à une autre par des liens indépendants et étrangers : les voiles sont attachées au mât. Une chose est annexée à une autre par une simple jonction morale, effet de la volonté et de l'institution humaine: pays annexé à la France; acte annexé à la minute; le sacerdoce auquel la royauté était annexée.

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REM. Il serait peut-être mieux d'écrire adhérant, puisque c'est le participe de adhérer pris adjectivement; et de réserver adhérent pour le substantif. Mais l'Académie écrit adhérent, précédent, pour le substantif comme pour l'adjectif.

—ETYM. Adhærens, de adhærere, adhérer. ADHÉRER (a-dé-ré. L'accent de dhe est grave, quand la syllabe suivante est muette; excepté aux futur et condit. Ce verbe se conjugue avec l'auxiliaire avoir : j'ai adhéré), v.n. || 1° Etreattaché, collé à quelque chose. L'écorce de cet arbre adhère fortement au bois. || 2o Fig, Elle implore les moyens d'arriver à lui, d'y adhérer éternellement, PASC. Conv. du P. C'est trop adhérer à vos peines, BOSS. Lett. abb. 48. || 3° Être du parti de, du sentiment de. Adhérer à l'avis, au sentiment de quelqu'un. De ce côté ils adhèrent trop visiblement à l'erreur, BOSS. Or. add. C'est un crime de haute trahison de prendre les armes contre le roi, ou d'adhérer à ses ennemis, FÉN. t. XXII, p. 411, Le roi obligea M. de Cambrai á souffrir que son livre fût examiné par ses adversaires ou par des prélats qui leur adhéraient, ST-SIMON, 46, 24. || 4° Terme de pratique. Confirmer ou approuver un premier acte par un acte subsequent. La cour adhérant aux conclusions du procureur général....

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- HIST. XI S. [Donner la main droite, conduire] Espaneliz fors le vait adestrant, Rol. 188. | XII S. Garsions tout pleins d'ire a hautement parlé: « Alés, si m'amenés le françois deffaé. » Et paien i corurent, si li ont adestré, Ch. d'Ant. v, 298. Maint| haut baron l'adestrent moult debonairement, Berte, 9. xv s. La roine de France adextrée et menée parmi l'eglise et le chœur jusques au grant autel, FROISS. III, IV, 1. Le roi d'Angleterre monta sur un HIST. xv s. Et quant aux requestes qu'ils petit palefroy, un blanc baston en sa main, adex-avoyent faictes tant de adherer à la determinacion tré de ses mareschaux, ID. I, I, 284. des cardinaux, comme à leur donner conseil.... -ÉTYM. Ad, à, et dexter, droit (voy. DEXTÉCHR. DE PISAN, Ch. v, 3, 54. || xvI° s. Le vice adhere RITE). toujours aux entrailles de celuy qui s'en est une fois emparé, AMYOT, Du vice et de la vertu, 3. Tu leveras ce muscle large avec ledit cuir, auquel immediatement il adhere, PARÉ, IV, 3. La matiere terÉTYM. Ad, à, et former. restre du sang, s'adherant contre la tunique de ADHÉRENCE (a-dé-ran-s'. Palsgrave, p. 19, re- l'artere, s'endurcist et devient osseuse, ID. V, 30. commande de prononcer avec l'h aspirée, ad-hé- · ÉTYM. Adhærere, de ad, à, et hærere, être rence), s. f. || 1o Etat d'une chose qui tient, qui est col-attaché, dont hæsitare est le fréquentatif (voy HÉSIlée à une autre. L'adhérence de deux corps entre TER). L'ancien francais était aerdre, provençal ader eux. L'aérence du pistil. Le poumon avait contracté dre et aerdre, venant, avec changement de conjudes adhérences avec la plèvre. Il s'était formé une gaison, de adhærere au lieu de adhærere. Pourtant adhérence entre la paupière et le globe de l'œil. le provençal, à côté de aderdre, avait adherir, ahe2° Fig. Quiconque aime l'unité doit avoir une rir, qui, tout en changeant la voyelle, avaient conadhérence immuable à l'ordre épiscopal, BOSS. servé l'accent sur la même syllabe que dans le Bourg. 2. La foi est une adhérence de cœur à la latin. vérité éternelle, ID. Char. . Vous n'avez pas bien fait de vous confesser de l'adhérence à cette prière, ID. Lett. abb. 213. L'adhérence du cœur à des biens invisibles et éternels, Mass. Myst. Assomption.

-SYN. ADHÉRENCE, ADHÉSION. Union, jonction d'une chose qui tient à une autre. L'adhérence est l'état d'une chose qui adhère; l'adhésion est l'action

† ADENOLOGIE (a-dé-no-lo-jie),s. f. Terme d'ana- même d'adhérer. De là découle, quand il y a lieu tomie. Partie qui traite des glandes.

de distinguer, la différence dans l'emploi des deux

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ETYM. Adhæsio, de adhærere (voy. ADHÉRER). | Dites: Bonjour, comment vous portez-vous? Adieu | || 1°Situé auprès. Lieux adjacents. Acquérir des terres I † AD HOC (a-do-k), loc. adv. Expressément, pour doit se réserver pour le départ. adjacentes aux siennes. L'Algérie est adjacente à ce l'objet même. Répondez ad hoc. Proclamons la qu'on appelle le Désert. L'élévation du sol de l'Égypte Sainte Alliance, Faite au nom de la Providence Et s'opère en même temps que cette extension de sa que signe un congrès ad hoc Entre Alger, Tunis et surface, et le fond du lit des fleuves s'élève dans Maroc, BERANGER, Sainte Alliance. la même proportion que les plaines adjacentes, Cuv. Révol. p. 149. || 2°En géométrie, angles adjacents, angles immédiatement contigus l'un à l'autre, de manière à avoir un côté commun. || Ne se met qu'après son substantif.

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HIST. XIII S. Sire, dit-elle, adieu! Saluez moi, mon frere, Berte, Iv. | xv s. C'est bien desiré quant on rechappe, Sans desbourser pas ung denier, Et dire adieu au tavernier En torchant son nez à la ETYM. Ad, à (voy. A), et hoc, cela (voу. Hос). napрe, VILLON, la Repue franche du souffreteux. AD HOMINEM (a-do-mi-nè-m'), loc. adv. Ar- Il se conforte des gracieuses paroles qu'il avoit eu gument ad hominem, argument attaquant directe-au dire-adieu et de l'espoir qu'elle lui avoit baillé, ment la personne à qui l'on s'adresse. LOUIS XI, Nouv. 48. Je vous baille le grand congé et vous dis le grand adieu; velà l'huis, prenez ce chemin, ID. ib. 68. || xvI s. Ils estoyent venus sans convey [invitation]; aussi se sont ils retirez sans dire adieu, CARL. IV, 26.

ETYM. Mots latins: ad, à, et hominem, l'homme; à l'homme.

AD HONORES (a-do-no-rès), loc. adv. Pour l'honneur, sans fonction ni émolument. C'est une place ad honores.

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ETYM. A et Dieu, c'est-à-dire je vous recomhon-mande à Dieu; picard, adé; bourguig. aidieu, aidey; provenç. a dieu; espagn. adios; ital. addio.

ETYM. Ad, à (voy. A), et honores, les neurs, de honor, honneur (voy. HONNEUR). ADIANTE (a-di-an-t'), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des fougères, dont deux espèces sont employées en médecine, sous le nom de capillaires.

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ADIEU (a-dieu, au plur. a-dien). || 1° Loc. adv. dont on se sert par civilité en prenant congé. Dire adieu. Adieu, j'assiégerai Néron de toutes parts, RAC. Brit. III, 5. || 2o Dire adieu signifie quelquefois prendre congé. Il est allé dire adieu à son ami. Je n'ai pas encore dit adieu à Eucharis, FÉN. Tél. vu. Elle recevait des visites d'adieu dans les formes, HAMILT. Gramm. 8. La faculté dit adieu là-dessus, LA FONT. Cont. Abb. mal. || 9° Je ne vous dis pas adieu, ou sans adieu, se dit familièrement à une personne qu'on se propose de revoir bientôt. || 4° Adieu vous dis, locution familière et qui vieillit, pour adieu simplement. Fig. Adieu vous dis, il ne faut plus compter sur.... Mais si dorénavant votre imprudence éclate, Adieu vous dis, mes soins, pour l'espoir qui vous flatte, MOL. l'Étour. II, 1. Adieu vous dis, qui n'est plus usité en ce sens, est ici une sorte d'adverbe composé. 5° Fig. Dire adieu à quelque chose, y renoncer. Il a dit adieu à la poésie. Quoi! votre muse en monstre érige la sagesse! Vous blâmez ses enfants, et leur crédit vous blesse! Vous, jeune homme! au bon sens avez-vous dit adieu? GILB. Le XVIIIe siècle. Que Dorval, à la roulette, A tout son or dise adieu, BÉRANG. Homme rangé. || 6° Absolument et figurément, adieu exprime la disparition, la perte. L'âge la fit déchoir: adieu tous les amants, LA FONT. Fab. VII, 6. Haranguez de méchants soldats; Ils pronettent de faire rage: Mais, au moindre danger, adieu tout leur courage, ID. ib. IX,19. Adieu mes nourrissons, si vous les rencontrez, ID. ib.v, 18. Adieu notre braverie! MOL. Préc. 18. Puisqu'il n'y a autour de la lune ni vapeurs assez grossières, ni nuages pluvieux, adieu l'arc-en-ciel avec l'aurore, FONTEN. Mondes, 3 soir. Je vais combattre, Agnès l'ordonne. Adieu repos; plaisirs adieu! BERANG. Charles VII.

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† ADIEU-VA (a-dieu-va), s. m. Terme de marine. Commandement que le timonier donne à l'équipage d'un bâtiment pour virer de bord vent de

vant.

ADIPEUX, EUSE (a-di-peû, peû-z'), adj. Terme d'anatomie. Graisseux. La même cause a fait que la veine nommée adipeuse s'est haussée, DESC. Fœtus, 4.

HIST. XVIe s. Elle n'est que membrane simple, meslée par cy par là avec la gresse à soy subjacente: et pour ce peut estre dite pannicule adipeux, PARE, 1, 5. Et sont dites veines adipeuses, ID. I, 25.

- ETYM. Adeps, graisse (voy. ADIPEUX), et cire. ADIRE, ÉE. (a-di-ré, rée), part. passé. Egaré, perdu. Pièces adirées.

ADIRER (a-di-ré), v. a. Perdre, égarer. || N'est usité qu'en jurisprudence. Adirer une pièce.

HIST. XVIe s. Ils eurent charge d'aller par tout le Peloponese, et de là passer dans le pays des Locriens, en toute la terre ferme adjacente, jusques en la contrée de l'Acarnanie, AMYOT, Péricl. 37.

ETYM. Provenç. adjacent; espagn. adyacente; de adjacens, de ad (voy. A), et jacēre, gésir (voy. GÉSIR).

ADJECTIF (a-djè-ktif, kti-v'). || 1o Adj. m. Terme de grammaire. Nom que l'on joint à un substantif pour le qualifier ou le déterminer. Grand, bon, utile, sont des noms adjectifs. || 2° Avec les deux genres: Qui tient de l'adjectif. Une forme adjective. || 3° S. m. Heureux est un adjectif. En anglais l'adjectif est toujours indéclinable. Les adjectifs se divisent en deux classes: les adjectifs déterminatifs ou articles, c'est-à-dire ceux qui, sans rien ajouter à la compréhension du substantif, indiquent positivement l'application du nom aux individus auxquels il peut appartenir dans la circonstance; tels sont le, la, les, tout, aucun, etc. et les adjectifs qualificatifs ou proprement dits, ceux qui, sans déterminer, restreindre le substantif, y ajoutent une idée accessoire; tels sont blanc, rond, etc. JULLIEN, d'après DUMARSAIS, BEAUZEE et DE TRACY. || 4° Terme de chimie. Couleur adjective, couleur qui ne peut être fixée sur une étoffe qu'à l'aide d'une autre substance.

ÉTYM. Adeps, graisse. On trouve dans Hésychius hey; c'est le mot latin avec changement de en d, comme le d a été changé en l entre lacryma et Sáxpvov, larme. "Aλe a la même racine que aλeípetv, oindre, qui est sans doute de même racine que nos ou kínos, graisse (voy. ALIPTIQUE). ADIPOCIRE (a-di-po-si-r'), s. f. Terme de chimie. Nom du gras des cadavres, qui est un savon ammo- REM. 1. L'accord de l'adjectif avec le substantif niacal, produit par l'altération spontanée des ma-présente un cas qui fait difficulté. C'est celui où il tières animales enfouies dans la terre ou plongées se rapporte à plusieurs substantifs de différents gendans l'eau. res. Si le dernier substantif est masculin, la chose va de soi l'adjectif se met au pluriel masculin: Il avait sa vie et son bonheur attachés au succès. Mais si le dernier substantif est féminin, faut-il suivre la même règle? faut-il dire Son bonheur et sa vie attachés au succès; Il a le cœur et la bouche ouverts à vos louanges? Ce serait la rigueur de la règle; mais l'oreille et l'euphonie réclament, et déjà Vaugelas décide que, dans ce cas, l'adjectif doit se rapporter au dernier, c'est-à-dire être mis au féminin singulier. Vaugelas a raison; on dira donc : Son bonheur et sa vie attachée au succès; Il a le cœur et la bouche ouverte à vos louanges. Mais, pour que cet usage ait lieu, il faut que l'adjectif ne soit séparé par aucun verbe; car on doit dire : Un lieu, où le temps et la peine sont bien employés; au masculin pluriel. Cependant Bossuet a dit: Les temps, les personnes et les circonstances étaient bien différentes, Variat. 11. En somme, pour décider cette question, l'oreille doit être surtout consultée. || 2. Faut-il dire les cotes personnelle, mobiliaire et somptuaire, ou bien la cote personnelle, la mobiliaire, la somptuaire ? Les grammairiens se sont partagés. Evidemment, rien dans la grammaire n'empêche que les deux ne soient bons. Mais l'usage a établi une certaine différence. Le premier appartient plus au langage technique et a par conséquent quelque chose de peu élégant. Les poésies anglaise, française et italienne, ou la poésie anglaise, la française et l'italienne, les livres deuxième et quatrième de l'Enéide, ou le deuxième et le quatrième livre, se diront suivant le style dans lequel on écrira.

HIST. XI S. Altersi de aver endirez et de altre troveure, L. de Guill. 7. || xin s. Moult ai le cuer du ventre irié, Dont j'ai Bel-accueil adirié, la Rose, 3778. [celui] Qui nostre frere nous ramaine, qui perduz iert et adirez, RUTEB. II, p. 314. Oez une nouvelle histoire, Qui bien devroit estre en memoire, Lonc tens a esté adirée; Mais or l'a uns mestres trovée, Ren. 20493. Une fois un pasteur ot adirée une seue beste, si se fu ferue en la forest, Rom. des sept Sages, 22. Il disoient qu'il avoient perdue et adirée la soie, Livr. des Mét. 337. || XVI s. Telle a esdiré (adirée, éd. de 1595; il y avait d'abord, Telle perdu).... MONT. III, 344. L'Italien ne s'en osoit assurer du premier coup, vu le long temps qu'il l'avoit adiré, DES PERRIERS, Contes, 26. Voici venir Bellin qui seul avoit erré Tout un jour à chercher son belier adiré, RONS.742.

a

- ETYM. Bas-lat. adirare, adiratus, adisratus, addisratus. Etymologie fort obscure. Du Cange proADIEU, s. m. || 1° Un dernier adieu. Des adieux tou- pose adæratus, qui veut dire évalué à prix d'argent chants. Il faisait ses adieux à ses amis. Sous une au- et par suite dont on doit restituer la valeur, puis tre couleur, lui faire mes adieux, CORN. Sert. 1, 2. l'italien adirato, irrité, parce que les gens en colère, Quel adieu gai nous leur faisions! SEV. 430. Et je s'en allant, ne reviennent plus; ces deux origines viens donc vous dire un éternel adieu, RAC. Berén. I, sont manifestement fausses. Henschel, le nouvel 4. Pendant que les rois faisaient leurs adieux.... FEN. éditeur de Du Cange, propose a-dextratus, éloigné Tél. xi. Le temps de faire ses derniers adieux à sa fa- de la main, qui n'est pas sous la main; ici le sens mille I. ib. xiv. Vous avez entendu son adieu magna- est bon, mais la forme résiste. De Chevallet, Orig. ETYM. Adjectivus, qui s'ajoute, de adjicere, nime, VOLT. OEdip. III, 4. Digne épouse, reçois mes et form. de la langue franç. 1, p. 149, propose ader-ajouter, de ad, à, et jacere, jeter (voy. JET). éternels adieux, ID. Orphel. V, 5. [ô nature] Quoi rare; mais il ne paraît pas que errare puisse don- † ADJECTION (a-djè-ksion), s. f. Terme didactique. donc! n'aimes-tu pas au moins celui qui t'aime? N'as-ner irer; et les formes endirer, esdirer (voy. L'HIS-Jonction d'une chose à une autre. tu pas de pitié pour notre heure suprême? Ne peux-TORIQUE) indiquent pour radical non irer, mais tu, dans l'instant de nos derniers adieux, D'un nuage direr. On peut donc en revenir à l'opinion de Nublé de deuil te voiler à mes yeux? LAMART. Harold, 42. 2° Fig. Dire un adieu, faire ses adieux, renoncer à. J'ai dit à vos autels un éternel adieu, ROTROU, St-Genest, III, 6. Vous allez dire au monde un adieu éternel, MASS. Prof. 4. || 3° Proverbe. Adieu paniers, vendanges sont faites, se dit d'une affaire manquée sans ressource, et quelquefois simplement d'une affaire complétement terminée.

SYN. ADIEU, BONJOUR, BONSOIR, BONNE NUIT. Formules de salutation où l'idée commune est celle d'un souhait de bonheur. Adieu se dit quand on prend congé; bonjour, quand on se rencontre; bonsoir, quand on prend congé le soir; bonne nuit, quand on quitte quelqu'un qui va se coucher. En certaines provinces on emploie mal le mot adieu: ainsi l'on dit: Adieu, comment vous portez-vous?

dans Ménage. Nublé tire ce mot de à dire, signi-
fiant en effet manquer dans la locution suivante: Il
s'y est trouvé à dire un écu. Et qu'on ne croie pas
cette locution récente, on la rencontre dès le xii s.
Aisi cum nef n'en fu à dire, I arrivent à sauvement,
BENOIT, Chr. de Norm. f. 169. De là au verbe adirer,
il y a très-près; et il faudra considérer comme
des formes moins exactes en-direr et es-direr. Voy.
pour des mots composés de cette façon, AFFAIRE,
AFFAIRE, ALARME, ALARMÉ, ALITER, etc.
ADITION (a-di-sion), s. f. Terme de droit usité dans
cette seule locution, adition d'hérédité, acceptation
d'une succession.

ÉTYM. Aditio, de ad, à (voy. A), et ire, aller
(voy. le fut. IRAI).
ADJACENT, ENTE (a-dja-san, san-t'), adj.

ETYM. Adjectio, de adjicere (voy. ADJECTIF). ADJECTIVEMENT (a-djè-kti-ve-man), adv. En manière d'adjectif. Mot employé adjectivement. ETYM. Adjective au féminin, et ment. ADJOINDRE (a-djoin-dr'). || 1° V. a. Se conjugue comme joindre. Joindre une ou plusieurs personnes à une ou à plusieurs autres pour faire une chose. On lui adjoignit un aide. Il s'adjoignit un collègue. Ceux que la fortune lui avait adjoints pour compagnons. Adjoignez-vous des gens capables. || 2° S'adjoindre, v. réf. Se faire associé. Il s'était adjoint à des voyageurs qu'il avait rencontrés. Adjoignezvous à des gens capables.

HIST. XIII s. Por diverses œvres de misericorde que on feit et fera en ladite abafe et en l'ospital ajouint, TAILLIAR, Recueil, p. 253. Por quei il sereit mis en faus gages, por ce qu'il aureit ajoint le cof au murtre, Ass. de Jér. 148. || xry s. La vie de ceulx

qui œuvrent selon veitu n'a mestier d'autre deletta- | demandeur ses conclusions, rendre un jugement
cion, qui à elle soit adjoncte, car tele vie a sa delet-conforme aux prétentions du demandeur. || 3° Décla-
tacion et son propre delit en soy et de soy meisme,rer par autorité de justice qu'une personne devient
ORESME, Eth. 19. || XVIe s. Le comte de Meurs se ren- propriétaire d'un bien meuble ou immeuble mis à
dit chef de son armée, et y ajoingnit quelques pla- l'enchère. || 4° Se dit de même des fournitures, des
ces, D'AUB. Hist. II, 460.
travaux proposés au rabais. On vient de lui adjuger
l'éclairage des rues. | 5o Dans le langage général,
attribuer, décerner. Adjuger le prix. Il s'adjugea la
chose en litige. Il voulait que le prix fût adjugé au
trésor public, BOSS. Hist. III, 7.

ETYM. Adjungere,de ad, à (voy. A), et jungere, joindre (voy. JOINDRE).

ADJOINT, TE (a-djoin, join-t'), part. passé. Un professeur adjoint. Membre adjoint à une commission.

ADJOINT (a-djoint), s. m. || 1o Celui qui est associé à un autre. Momus a pris pour adjoints Des rimeurs d'école, BÉRANGER, Gaudriole. || 2° Officier qui assiste le maire. || 3° Terme de grammaire. Mot qui est ajouté à une proposition sans en faire partie. Dans ce vers de Deshoulières: Hélas! petits moutons, que vous êtes heureux! hélas est un adjoint. Les adjoints sont pour la plupart des interjections.

HIST. XVI® s. En la place du duc de Parme fut establi le comte Charles de Manfeld avec deux adjoints, sans lesquels il n'ordonnoit rien, D'AUB. Hist. III, 320.

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que l'Eglise admettait au nombre des siens. Les plēbéiens furent admis aux honneurs. Il admet dans sa confiance ceux qui.... On ne doit admettre dans cette école que les jeunes gens qui.... Il fut admis dans l'amitié de ce grand homme. Ils l'admettaient dans tous leurs conseils. Il déclara qu'il n'admettrait personne à partager le prix de la victoire. Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain excellent, du vin du pays.... FEN. Tél. XII. L'admettre dans sa confidence et dans sa plus entière HIST. XIII® s. Chose ajuigie par la cort, Bibl. des familiarité, BOURD. Pensées, t. 11, p. 433. Dans un désir Chartes, 4a série, t. II, p. 467. || XIV S. Le marié peut ardent d'être admise à la béatitude céleste, ID. ib cognoistre sa cousine non pas comme son cousin, p. 447. Rome.... N'admet avec son sang aucun sang mais comme son mari adjugié par l'Eglise, ORESME, étranger, RAG. Bérén. II, 2. Admettons-nous quelque Eth. 164. || xv s. Si l'adjugerent [le duché de Breta- autre à cet honneur suprême? VOLT. Mort de Cés. gne] à messire Charle de Blois, et en osterent le II, 4. Digne, un jour, d'être admis parmi nos cicomte de Montfort, FROISS. I, I, 154. || XVIe s. Dettes toyens, ID. Orphel. I, 1. On le leur amène, cet privilegiées sont celles qui sont adjugées par sen- homme propre à parer les avenues d'une foire, et à tences, services de mercenaires, louages de mai-être montré en chambre pour de l'argent; ils l'adsons, etc. LOYSEL, 684.

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ETYM. Adjudicare, de ad à (voy. ▲), et judicare, juger (voy. JUGER). ADJURATION (a-dju-ra-sion; en poésie de cinq - ÉTYM. Adjoint. syllabes), s. f. || 1° Formule dont l'Eglise catholique ADJONCTION (a-djon-ksion; en poésie, de quatre se sert dans les exorcismes. || 2o En langage général, syllabes), s. f. || 1° Jonction d'une personne ou d'une prière instante, sommation avec prière. Après de chose à une autre. L'adjonction de cet homme d'af-longues adjurations, il lui fit avouer.... faires à la commission. L'adjonction d'une lettre à un mot. Les adjonctions à la liste électorale. On ne jugea pas à propos d'en faire signer davantage [des pairs], pour en réserver en adjonction, ST-SIMON 283, 166. || 2° En termes de grammaire, sorte d'ellipse par laquelle on retranche, dans une section de phrase, un mot exprimé dans une section voisine (Voy. ZEUGME).

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-

....

mettent dans leur familiarité, LA BRUY. 13. || 3° Admettre à, permettre de. Il fut admis à défendre son projet. Admettre quelqu'un à se justifier. Admettez l'innocence à réprimer l'outrage, ROTROU, Bélis. v, 6. Il n'y avait point d'homme si souille que la religion du Christ n'admit à repentir, CHA TEAUB. Génie, I,,VI 2. || 4° Reconnaître pour véritatable. Admettre un privilége. Les épicuriens adHIST. XVI s. Et de fait, par une semblable ad- mettaient des dieux oisifs. Les astronomes admettent juration que font les Pharisiens de l'evangile saint-la gravitation pour cause du mouvement des corps Jean, il appert.... CALV. Inst. 290. célestes. Tout le monde admet aujourd'hui que le soleil est au centre du monde. Mon cœur, qui s'ignore, Peut-il admettre un Dieu que mon amant abhorre? VOLT. Zaïre, 1, 1. L'esprit docile admet la vraie religion, et l'esprit faible ou n'en admet aucune ou en admet une fausse, LA BRUY. 16. Admettre les pensées creuses, écartées des notions communes, ou tout au plus les subtiles et les ingénieuses, ID. ib.... ou, comme vous parlez quelquefois, les merveilles du hasard que vous admettez seul pour cause première de toutes choses, ID. ib. Les admettre tous [les récits de magie] ou les nier tous, paraît un égal inconvénient, D. 14. || 5° Tenir pour bon, agréer pour valable. J'admets vos raisons. Ses excuses furent admises. L'action judiciaire ne fut pas admise. Mon esprit n'admet point un pompeux solécisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux barbarisme, BOIL. A. P. 1. || 60 Supposer. Admettre qu'il en soit ainsi, Admettons qu'il y ait des auspices. J'admets qu'il y ait six mille graines semées qui meurent. || 7°En parlant des choses, comporter, souffrir. Cette affaire n'admet point de retard. L'adverbe admet le comparatif. Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur, CORN. Cid, 1, 8. L'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine, RAC. Bér. I, 5.

SYN. ADJURATION, CONJURATION, signifient en liturgie les paroles dont on se sert pour exorciser. Là une nuance est visible : l'adjuration n'est qu'une partie de l'acte, le commencement; la conjuration est l'acte tout entier et dans sa plénitude; les verHIST. XIV S. Les mesons canoniaux que les cha- bes adjurer et conjurer suivent la même distinction. noines ont à present hors du cloistre avec toutes Mais adjuration, conjuration, adjurer, conjurer, les adjonctions, DU CANGE, adjunctiones. Puisqu'il est dans le langage général, ne comportent plus la ainssi que Dieux m'a tolu touz les hoirs de mon cors même distinction: ils sont très-voisins; seulement par mon pechié, il me convient querre et pourcha-adjurer paraît exprimer quelque chose de plus imcier autres filz d'ajonsion, ID, ib. périeux, et conjurer quelque chose de plus suppliant. On adjure quelqu'un de dire la vérité; on le conjure de se laisser fléchir. Il n'est pas besoin d'ajouter que dans la locution conjurer un orage, un péril, conjurer n'a plus pour synonyme adjurer. -ÉTYM. Adjuratio, de adjurare, adjurer. ADJURÉ, ÉE (a-dju-ré, rée), part. passé. Adjuré de dire ce qu'il savait.

ADJURER (a-dju-ré. Au xvi s. Bèze dit qu'on

ETYM. Adjunctio, de adjungere, adjoindre. ADJUDANT (a-dju-dan), s. m. || 1° Officier ou sous-officier d'état-major destiné à seconder les chefs dans le commandement. Adjudant-major, officier chargé de commander le tour de service des officiers, de surveiller les consignes, l'instruction, de veiller à la police générale. Adjudant sous-officier, chef des sous-officiers du régiment sous les ordres des adjudants-majors. || 2o Adjudant de place, of-prononçait a-jurer), v. a. || 1° Commander, au nom ficier chargé des détails du service dans les villes de guerre ou du commandement de quelque fort qui dépend d'une ville de guerre. || 3° On dit aussi adjudant général, adjudant commandant. La princesse de Santa-Croce a lancé son fils dans l'armée française; et le voilà digne d'être adjudant général, P. L. COUR. Let. 1, 30.

- ETYM. Espagn. ayudante, de ayudar, aider, de adjuvare, aider (voy. ADJUVANT).

ADJUDICATAIRE (a-dju-di-ka-tê-r'), s. des deux genres. Celui, celle à qui on adjuge quelque chose dans une vente publique ou faite sous la sanction de l'autorité. Un philosophe trouvait sous Séjan moins d'adjudicataires qu'un cuisinier, DIDER. Essai sur Richard

son.

· ÉTYM. Adjudicare, adjuger (voy. ADJUGER).

de Dieu, de faire ou de dire quelque chose, particu-
lièrement dans les exorcismes. || 2o Dans le style
oratoire, sommer en faisant appel à la conscience.
Je vous adjure, au nom de la patrie....

HIST. XVIe s. Il adjura, par serment, son fils -REM.1. On dit admettre à quand la chose où l'on Joseph d'y faire porter son corps, CALV. Inst. 333. admet ne se présente pas facilement à l'esprit comme ETYM. Adjurare, de ad, à, et jurare, jurer. un lieu : Admettre aux honneurs, au consulat; ad† ADJUTEUR (a-dju-teur), s. m. Celui qui aide. mettre au nombre. Avec un infinitif, c'est toujours HIST. XVIe s. L'esprit de Dieu qui besongne end: On l'admit à siéger. Admettre dans, quand la toi est celui qui aide ceux qui besongnent; ce nom d'adjuteur monstre que toi aussi fais quelque chose, CALV. Inst. 244.

DER).

– ÉTYM. Adjutor, de adjuvare, aider (voy. AIADJUVANT, ANTE (a-dju-van, van-t'), adj. || 1°Qui aide, auxiliaire. || 2° En termes de pharmacie, † ADJUDICATEUR (a-dju-di-ka-teur), s. m. Ce-un médicament adjuvant, ou subst. m. un adjuvant, lui qui adjuge. médicament qu'on fait entrer dans une formule pour seconder l'action de celui qu'on regarde comme plus énergique.

ADJUDICATIF, IVE (a-dju-di-ka-ti-f, ti-v'), adj. Qui adjuge. Jugement adjudicatif.

· ETYM. Adjudicare, adjuger (voy. ce mot). ADJUDICATION (a-dju-di-ka-sion), s. f. Acte par lequel on adjuge une chose. Travaux qui doivent être faits par adjudication. Pendant l'adjudication. Mettre en adjudication l'habillement d'une armée. Obtenir des travaux publics par adjudication.

HIST. XVI S. Heritages vendus par decret sont sujets à retrait dans l'an de l'adjudication, LOYSEL,

453.

ÉTYM. Adjudicatio, de adjudicare, adjuger (voy. ce mot). ADJUGÉ, ÉE (ad-ju-jé, jée). || 1o Part. passé. Biens adjugés au plus offrant. || 2o Adjugé, se dit, dans les encans, par ellipse, pour exprimer que la chose est adjugée.

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chose où l'on admet peut se présenter comme un lieu : Admettre dans un séjour, dans la familiarité; mais même alors la préposition à n'est pas exclue: Admettre à sa familiarité. Admettre parmi, entre, quand une idée de nombre se présente à l'esprit : On les admit parmi les privilégiés. || 2. Admettre que, au sens de reconnaître pour vrai, veut l'indicatif, s'il n'y a pas de négation; et, s'il y en a, le subjonctif: j'admets qu'il en est ainsi; je n'admets pas qu'il en soit ainsi. Au sens de supposer, il veut toujours le subjonctif: admettant que cela soit vrai.

que

SYN. ADMETTRE, RECEVOIR. C'est donner entrée ou accès. La différence est que celui qui admet prend une détermination qui lui est propre, et celui qui reçoit consent à ce qui lui est proposé. On admet quelqu'un qu'on désire, qu'on trouve didegne, etc. On reçoit celui qui est présenté. On admet une vérité qu'on a examinée. On reçoit une opinion sur parole, par tradition.

ADMETTRÉ (a-dmè-tr'. Se conjugue comme mettre). ||1° V. a. Laisser entrer, recevoir. Admettre dans sa maison. J'entends qu'on n'admette personne chez moi. Il ne m'admit pas en sa présence. Refuser d'admettre un suppliant. On l'admit à l'audience du pape. Ils furent admis au pied du trône. Etre admis devant quelqu'un. Caron admet dans sa barque le jeune Grec, FÉN. Tél. XVII. En vous le proADJUGER (ad-ju-jé. Dans le xvia s. Palsgrave et duisant, je ne crains pas le blâme D'avoir admis Bèze disent qu'on prononce ajuger; dans le xvII, chez vous un profane, madame, MOL. F. Sav. 11, Chifflet remarque que le d ne se prononce pas; au- 5. C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre jourd'hui le d se prononce. Partout où le g est devant Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'ada ou o, on intercale un e pour conserver la pronon-mettre, VOLT. Orphel. III, 1. Respectant ce vieillard ciation), v. a. || 1° Terme de pratique. Déclarer en qui daigne ici t'admettre, ID. Tancr. I, 6. dejugement qu'une chose contestée entre deux parties vant moi je veux qu'il soit admis, ID. Mér. IV, 1. appartient de droit à l'une d'elles. || 2o Adjuger au | || 2o Fig. Admettre quelqu'un parmi ses amis. Ceux

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HIST. XVI s. Le nid ne peult recevoir ny admettre que l'oyseau qui l'a basti, MONT. II, 198. Le peuple ne voulut point admettre ny recevoir son excuse, AMYOT, Cam. 53.

ETYM. Provenç. Amettre et admettre; espagn. admitir; portug. admittir; ital. ammittere; de admittere, de ad, à (voy. A), et mittere, snvoyer (voy. METTRE). On voit que l'espagnol et le portugais ont changé la conjugaison, et supposent une forme bas-latin admittire.

ADMINICULE (ad-mi-ni-ku-l'), s. m. || 1o Terme de jurisprudence. Ce qui, sans former une preuve complète, contribue à faire preuve. Il n'y a pas de preuves formelles, il n'y a que des adminicules. || 2o Dans le langage général, secours. Nous sommes

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obligés d'avoir recours à des secours étrangers, à | des règles, à des principes, à des instruments; tous ces adminicules sont des ouvrages de l'esprit humain, BUFF. Animaux, || 3° S. plur. Ornements qui entourent la figure sur une médaille.

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ETYM. Adminiculum, échalas, et, en général, toute espèce d'appui, de ad, à (voy. Á),et miniculum, radical dont on a donné deux étymologies: 1° manicula, petite main, de là aide, appui; 2o le radical min, qui se trouve dans eminere, prominere. Ce mot semble de même racine que minister (voy. MINISTRE).

+ADMINISTRANT, ANTE(a-dmi-ni-stran, stran-t'), adj. Qui administre. Dans le ministère de l'instruction publique, il y a la partie enseignante et la partie administrante.

ADMINISTRATEUR, TRICE (a-dmi-ni-stra-teur, tri, s. m. et f. || 1° Celui, celle qui régit les biens, les affaires d'un grand établissement. Administrateur de toutes les affaires. Entrerai-je dans le huitième denier ou dans les aides? Serai-je avare partisan ou administrateur? LA BRUY. 14. || 2° Qui est chargé de quelque partie du gouvernement. || 3° Absolument, qui sait bien administrer. Ce préfet n'est | point administrateur. D'une égale capacité comme militaire et comme administrateur.

HIST. XIII s. Li sires veut que li deerains procureres soit aministreres des chozes aussi du tans passé comme du tans à venir, BEAUM. 85. On cuidoit que la dete fust à Pierre, ou on cuidoit que Pierres fust encore serjans et amenistreres de ses besognes, ID. VII, 18. || xvre s. La parole de Dieu, de la quelle ils sont constituez administrateurs, CALV. Inst. 926. En l'hospital des malades il y avoit un general administrateur, cinq medecins.... D'AUB. Hist. III, 87. Ayans soubs eulx des commis, des receveurs et administrateurs, AMYOT, Comment refréner la colère, 43.

FLÉCH. III, 405. Soit dans nos délibérations, soit | de administrare, de ad, à (voy. A), et ministrare,
dans nos administrations, ID. Serm. II, 218. || 8° Mai- minister, ministre (voy. ce mot). Le d ne s'écrivait
son religieuse qui ne contenait qu'un petit nombre guère dans l'ancienne langue.
de religieux.

HIST. xv s. [Le duc d'Anjou] pour ce temps,
de droit avoit le regard et l'administration dessus
ses freres, FROISS. II, II, 135. || XVIe s. Disant que
où l'aministration du royaume lui aviendroit, qu'il
les feroit filer [les femmes d'Hérode] avec les es-
claves et servantes, JOSEPHE, Guerre, 1, 17, Trad.
de DES ESSARS. Ils veulent que pour eulx les aultres
soient nonchalans et oublians du devoir en l'admi-
nistration d'un magistrat, en leurs jugements et en
leurs actions, AMYOT, De la mauvaise honte, 19. Non
qu'il eust ainsi soigneusement fait ce procès verbal
de toute son administration pour approuver sa foy....
ID. Cat. d'Ut. 51.

-ÉTYM. Provenç. administracio, aministracio;
espagn. administracion; ital. amministrazione; de
administratio, d'administrare, administrer.
† ADMINISTRATIVEMENT (a-dmi-ni-stra-ti-ve-
man), adv. Suivant les formes, les règlements ad-
ministratifs. Décider une affaire administrative-
ment.

ADMIRABLE (a-dmi-ra-bl'), adj. || 1° Qui mérite ou attire l'admiration. Homme d'une éloquence admirable. Le spectacle admirable des cieux. Statue d'un travail admirable. Femme d'une admirable beauté. Le sage Nosophuge était moins admirable par ses remèdes que par le régime qu'il conseilla.t pour prévenir les maux et pour rendre les remèdes inutiles, FEN. Tél. XVII. Elle eut une magnificence royale.... Ses autres vertus n'ont pas été moins admirables, BOSS.R. d'Angl. Ô mère, ô femme, ô reine admirable et digne d'une meilleure fortune.... ID. ib. Au lieu de l'histoire d'une belle vie, nous sommes réduits à faire l'histoire d'une admirable, mais triste mort, ID. Duch. d'Orl. Je n'ai rien fait pour Madame, quand je vous ai représenté tant de belles qualités qui la rendaient admirable au monde.... ID. ib. Tout est grand et admirable dans la nature; il ne s'y voit rien qui ne soit marqué au coin de l'ouvrier, LA BRUY. 16. Combien d'hommes admirables et qui avaient de très-beaux génies sont morts sans qu'on en ait parlé ! ID. 2.Vastes cieux, qui cachez le Dieu qui vous a faits! Terre, berceau de l'homme, admiraADMINISTRÉ, ÉE (a-dmi-ni-stré, strée), part. ble palais! LAMART. Médit. XVIII. Ôspectacle! Ô triompassé. || 1o Etats bien administrés. Les finances ad- phe admirable à mes yeux, RAC. Esth. 1, 1. Antiministrées par Colbert. Une justice quelquefois mal gone est parfaite, Ismène est admirable, CORN. OEd. administrée. || 2o Qui a reçu l'extrême-onction. Malade 1, 3. || 2° Ironiquement, singulier, étonnant, et, par administré. || 3° Donné en remède. Ce purgatif ad-suite, qui est mal venu à. Ils sont admirables de ministré à tort. || 4° S. m. Se dit du citoyen par rap- vouloir prendre le parlement pour dupe, PASC. Prov. port à l'administration. Ils [le procureur du roi et le 19. Hermolaus n'est-il pas admirable de vouloir que je commandant de la gendarmerie] sont serviteurs l'un m'oppose à Jupiter? VAUGEL. Q. C. 468. Ce que je de l'autre contre l'administré qui les paye tous trouve admirable, c'est qu'un homme qui s'est passé deux, P. L. COUR. I, 175. durant la vie d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n'en a plus que faire, MOL. Fest. de P. III, 7. Chose admirable! On aime la sévérité de la pénitence partout et en tout, hors en soi-même, BOURD. Pensées, t. I, p. 358. || 3° Terme de chimie. Sel admirable, sel de Glauber; sulfate de soude. || Admirable se met d'ordinaire après son substantif; on peut le mettre devant, quand le substantif peut soutenir la prononciation: Cette admirable loi.

ÉTYM. Administrative au féminin, et ment.

ADMINISTRER (a-dmi-ni-stré), v. a. 1° Gérer les affaires publiques ou privées. Administrer une maison. Mal administrer sa fortune. Il avait admi-ÉTYM. Provenç. aministraire, aministraire, nistré le royaume. Il est bon de veiller sur des aministrador; espagn. administrador; ital. ammi- enfants, sur des domestiques, sur toute une famille, nistratore; de administrator (voy. ADMINISTRER). Le d'en administrer les biens et d'en ménager les intévieux français aministreres, et le provençal admini- rêts, BOURD. Pensées, t. I, p. 212. Elle [l'opinion de straire sont au nominatif, et viennent du nomina- Descartes] dit que les mouvements des animaux ne tif administrator; le régime est administreor et sont point administrés par les sensations, BOSS. Conadministrador, et vient de l'ablatif latin administra-naiss. v, 13. || 2° Administrer la justice, rendre la HIST. XIe s. Quar n'a François remès en la tore; c'est la forme du régime qui est celle des autres justice. | 3° Administrer les sacrements, conférer crestienté, Qui ça outre ne soit à navie passé, Antiolangues romanes. On remarquera que l'ancien fran- les sacrements. Administrer un malade, phrase che ont assise [assiégée], l'amirable cité, Ch. çais n'écrivait pas le d. elliptique pour : administrer à un malade les der-d'Ant. v, 519. Vers Paris s'en avale [elle descend]. niers sacrements, le viatique et l'extrême-onc- l'amirable cité, Berte, 81. || XVI s. Eleazare saisit tion. Qui de nous voudrait, durant les rigueurs d'une force amirable un roi eslevé de la muraille, de l'hiver, être réveillé, au milieu de la nuit, pour lequel il renversa de si grand roideur.... JOSEPHE, aller administrer au loin le moribond expirant sur la paille, CHATEAUB. Génie, IV, III, 2. || 4° Donner. Guerre, II, 9. Trad. de DES ESSARS. On voit que l'ancienne prononciation était amirable. Administrer un remède. || Populairement, administrer des férules, des coups de bâton. || 5° En termes de pratique, administrer des preuves, des titres, les produire. [] 6° S'administrer, v. réft. Le restant de son bien s'administra si mal, que bientôt il n'y eut plus rien.

ADMINISTRATIF, IVE (a-dmi-ni-stra-tif, ti-v'), adj. Qui appartient, qui a rapport à l'administration. Talents administratifs. Science administrative. Règlements administratifs.

ministrer.

-ETYM. Admirabilis, de admirari, admirer. ADMIRABLEMENT (a-dmi-ra-ble-man), adv. D'une manière admirable. Il s'est conduit admirablement, il s'est admirablement conduit. Femme admirablement belle. La plaisanterie sert admirablement l'orateur. Ces deux adverbes joints font admirablement, MOL. F. Sav. II, 2.

REM. L'Académie donne parmi ses exemples: Il danse admirablement bien. On a critiqué cette locution, arguant qu'on ne peut dire : il danse bien d'une façon admirable. Pourquoi cela ne se dirait-il pas, admirablement qualifiant danser bien ? On trouve dans un recueil de lettres cette phrase de Voltaire: Il était admirablement bien fait.

ÉTYM. Admirable, et ment (voy. MENT). ADMIRANT, ANTE (a-dmi-ran, san-t'), adj. Qui admire. La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant, rampant, étaient les uniques voies de lui plaire [à Louis XIV], ST-SIMON, 406, 75.

S.

ETYM. Administrativus, de administrare, adADMINISTRATION (a-dmi-ni-stra-sion), s. f. || 1° Gestion, conduite, des affaires publiques ou privées. L'administration du Trésor. Il leur confia l'administration des biens publics. Avoir l'administration d'une province, d'un hôpital. Vous êtes chargé de l'administration de ces biens. Dans l'ad- HIST. XIII s. Il est mestiers que cil qui sont en ministration des choses temporelles. Entrer dans longes langeurs [maladies] aient qui aministrent lor l'administration des affaires. On vous regardait com- besongnes, BEAUM. 72. Le quint est qu'il ressuscita Et me un homme à l'épreuve dans l'administration de quarante jours habita En terre avec ses esleüz, Et votre charge. Jonathan prit l'administration du pluseurs fois les visita Et reput et administra, J. DE royaume, Boss. Polit. Protésilas, à qui j'avais con- MEUNG, Tr. 785. Procurators est cil qui aministre fié l'administration de mes plus grandes affaires, FEN. autrui besoignes par le commandement à celi cui Tél. XIII. Cherchez dans vos impositions et dans vos eles sont, TANCR. Li ordinaires, f° 16. || XIV s. Dous administrations publiques ces proportions de justice penser et bonne esperance Li font avoir douce plaiet de charité, FLÉCH. II, 219. || 2° L'administration de sance, Etli amenistrent matiere Dont il fait à plus la justice, l'exercice de la justice avec autorité pu- lie chiere Que cils qui vit dolentement, MACHAULT, blique. Chargé de la principale administration de la p. 10. Il ouvrera [opérera] tous jours et fera très bien justice. Pur et ferme dans l'administration de la selon les circonstances et la qualité des choses que justice. || 3° Avec un sens actif, en parlant de celui fortune lui administrera, ORESME, Eth. 25. Il admiqui administre. Solon réduisit à dix ans l'administra l'empire par conseils privez, BERCHEURE, f. 24, nistration des archontes. La loi établissait les ma- recto. || xv s. Je fus douze semaines en son hostel, et gistrats; c'était elle qui châtiait leur mauvaise très bien administré et delivre de toutes choses, FROISS. administration. Ce qui couronna sa glorieuse admi-II, III, 18. Pour administrer vivres et pourveances, nistration. Sous l'administration du grand Colbert. ID.1, 1, 61. Et si tu y yeux adjouster Chose estrange, Il n'y eut, sous l'administration de Louis XIV, qu'une ou administrer Soulphre, sel, huyle, n'aultres riens, seule conspiration. || 4° Absolument, l'administra- Pour voir, ton faict ne vaudra riens, LA FONTAINE, 994. tion, la gestion des affaires publiques. La science La confortant et administrant, à leur leal pouvoir, de l'administration. Entrer dans l'administration. de tout ce qu'elles sentoient que bon lui fust, L. XI, Se tenir éloigné de l'administration. || 5° Corps Nouv. 21. || XVI s.Administrer les sacrements, CALV. d'administrateurs et d'employés chargés collective- 259. Il est bon toutes fois, quand on est près d'une ment de quelque partie de l'administration pu- grosse force et de capitaines determinez, de redoublique. L'administration des contributions indi- bler son soin, et penser que le desir d'honneur leur rectes. On emploie aussi administration pour administre des ailes, LANOUE, 665. Il semble ou que gouvernement, consideré surtout dans son action vous n'estimez pas beaucoup vos magistrats [charadministrative. L'administration a fait connaître ses ges], ou que vous n'avez pas beaucoup d'hommes intentions par une circulaire aux préfets. || 6° L'ad- que vous jugiez dignes de les administrer, AMYOT, ministration des sacrements, l'action de conférer les Cat. 16. sacrements. 7° Au plur. Secours spirituels. Voilà --ÉTYM. Provenç. administrar, aministrar, ameles opérations et les administrations du Saint-Esprit, | nistrar; espagn administrar; ital. amministrare; | Point admiratif, point qui se marque ainsi ! et qui

ADMIRATEUR, TRICE (a-dmi-ra-teur, tri-s'), m. et f. || 1° Celui, celle qui admire. Ce style a ses admirateurs. Le grand philosophe Montaigne et sa jeune admiratrice, Mlle de Gournay. La vertu a cela d'heureux qu'elle se suffit à elle-même et qu'elle sait se passer d'admirateurs, de partisans, de protecteurs, LA BRUY. 13. Un homme dévoué à l'Etat, à sa famille, au chef de sa famille; autant admirateur du mérite que s'illui eût été moins propre et moins familier.... ID. 2. Qu'il est rare d'être les censeurs sẻvères et incommodes de nos admirateurs, MASS. Confér. Fuite du monde. Qui toujours des Romains admirateur secret.... RAC. Mithrid. II, 3. | 2° Adj. Ces cris enivrants qu'un peuple admirateur Elève en son transport vers un libérateur.... ARNAULT, Blancn. et M. 1, i.

ETYM. Admirator, de admirari, admirer. ADMIRATIF, IVE, (a-dmi-ra-tif, ti-v'), adj || 1o Porté à admirer. Ils deviennent peu à peu admiratifs, DESC. Pass. 78. || 2° Terme de grammaire

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