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HIST. XVI s. Le magnanime n'est pas admiratif, ORESME, Eth. 124.

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d'une chose ou d'une personne admissible. L'admis sibilité de tous les citoyens aux emplois publics. ADMISSIBLE (a-dmi-ssi-bl'), adj. Qui peut êtro admis. Homme admissible dans la corporation. Proposition, excuse admissible.

ADMISSION (a-dmi-sion), s. f. Action par laquelle on est admis. Donner l'admission. L'admission dans l'ordre des patriciens. admettre

-ÉTYM. Admissio, de admittere, (voy. ce mot).

+ADMIXTION (a-dmi-kstion; le t gardant le son qui lui est propre),`s. f. Action d'ajouter en mélangeant.

HIST. XVIe s. Des apostemes d'un seul humeur pur et louable, ne peschant qu'en quantité, sans admixtion d'autre humeur, PARÉ, V, 7.

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- ETYM. Admixtio, de ad, à (voy. A), et mixtio, mixtion (voy. ce mot).

ADMONESTER (a-dmo-nè-sté), voy. ADMONÉTER. + ADMONESTATION ou ADMONETATION (admo-nè-sta-sion ou a-dmo-nè-ta-sion), s. f. Action d'admonéter.

HIST. XIIIe s. Uns clers empetra letres dou roi à l'abé de Saint-Benoit-sus-Loire, qu'il le porveïst; et en celes letres n'avoit nule amonestation, Liv. de Just. 24.

ETYM. Admonéter; provenç. amonestassio; espagn. amonestacion.

ADMONESTÉ, ÉE ou ADMONÉTÉ, ÉL (a-dmonè-sté, stée ou a-dmo-né-té, tée,), part. passé. || 1° Elle fut admonestée, qui est une très-légère peine, sév. 422. || 2° S. m. En termes judiciaires, acte par lequel on admonétait. L'admonété n'emportait point d'interdiction.

sert à indiquer qu'il y a admiration ou exclamation | J'admire avec horreur ce dessein généreux, vOLT. Ordans la phrase. Particule admirative, particule qu'on phel. 1,6. J'admire avec terreur De ce désert muet la emploie pour marquer l'admiration, par exemple: ténébreuse horreur, DUCIS, Macb. 1, 1. || 2° Admirer, se Ah 1 || 3° Qui exprime l'admiration. Ton admiratif, dit aussi absolument. Assis sur le bord de la mer, il gestes admiratifs. La traduction de Mme Dacier est admirait. Le voyageur s'arrête étonné de l'entendre, soutenue de remarques utiles, les unes historiques, les Il écoute, il admire, et ne saurait comprendre D'où autres admiratives, Mercure de janvier 1717. || Genre partent ces divins soupirs, LAMART. Nouvelles Médit. admiratif, se dit en parlant des ouvrages de poésie et v. Le peuple écoute avidement, les yeux élevés et la d'éloquence qui ont plus particulièrement pour objet bouche ouverte. croit que cela lui plaît, et, à med'exciter l'admiration. || Admiratif se met toujours sure qu'il y comprend moins, admire davantage, après son substantif. LA BRUY. 1. 3° Voir avec étonnement. Tandis qu'Achillas même, épouvanté d'horreur, De ces quatre enragés admire la fureur, CORN. M. de Pomp. II, 2. -ETYM. Admirativus, de admirari (voy. ADMIRER). Vous formez des craintes que j'admire, ID. Sert. I, ADMIRATION (a-dmi-ra-sion; en poésie, de cinq 2. Admirez cependant quel malheur est le mien, ID. syllabes), s. f. 1° Sentiment excité par ce qui est beau, Héracl. v, 6.... admirez Que ces prisonniers même merveilleux, sublime. Ravi d'admiration. Exciter des avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur transports d'admiration. Souvenez-vous de l'ad- vengeance, ID. ib. v, 7. Je ne puis assez admirer commiration que la princesse donnait à toute la cour, bien ce dessein d'inquisition a été mal concerté pour BOSS. Duch. d'Orl. Princesse, le digne objet de l'ad- avoir été conduit par de si habiles gens, PASC. Prov. miration de deux grands royaumes, ID. Reine d'Angl. 19. J'admire comme le ciel a pu former deux âmes Seize années d'une prospérité accomplie qui cou- aussi semblables en tout que les nôtres, MOL. Pr. lèrent sans interruption avec l'admiration de toute d'Él. IV, 1. Mais admire avec moi le sort dont la la terre, ID. ib. Ils n'étaient pas moins en admi-poursuite Me fait courir alors au piége que j'évite, ration de leur rétablissement fait contre toute ap- RAC. Andr. I, 1. J'admirais les coups du sort, FEN. parence, dans le temps et par celui qui leur avait été Tél. 1. || 4o Ádmirer avec de et l'infin. ou que et le marqué, ID. Hist. II, 5. L'innocence des généraux subj. Voir avec étonnement. N'admirerons-nous pas faisait l'admiration des peuples, ID. Hist. III, 6. Vous plutôt que d'une hauteur si prodigieuse elles [les serez en admiration de ces conseils de la Providence, étoiles] puissent conserver une certaine apparence ID. Hist. III, 1. Toute la cour fut dans l'admiration et qu'on ne les perde pas toutes de vue? LA BRUY. 16. de la magnificence de ce présent, HAM. Gramm. 7. Vous admirerez comme moi que tant d'éclatantes Un parc qui faisait l'admiration de tout le pays, préparations se soient anéanties sur le point de proSEV. 406. Ils paraissaient pleins d'admiration pour duire un si grand effet, PASC. Prov. 3. Les plus Protésilas, FÉN. Tél. xiv. L'admiration de sa bonté [de aveugles de vos amis sont contraints d'admirer que Dieu], FLECH. III, 340. C'est à nous de répondre à l'ad-vous ayez été si méchants que d'étendre cette calomnie ADMONÉTER ou ADMONESTER (a-dmo-né-té ou miration Que Rome en expirant conserve à notre jusqu'aux religieuses de Port-Royal, ID. ib. 16. On ad-a-dmo-nè-sté. Les deux prononciations sont usitées. nom, VOLT. Mort de César, II, 4. Qu'à l'univers mirera de voir que, malgré tout ce que je viens de dire, Dans le xvi s. Bèze prononce amonester, et Palssurpris cette grande action Soit un objet d'horreur vous n'ayez pas cessé de publier qu'ils étaient tou- grave, p. 23, écrit ammonester et prononce les deux ou d'admiration, ID. ib. III, 2. Je hais les admi- jours hérétiques, ID. ib. 17. Pourquoi admirez-vous m. La syllabe ne, dans admonéter, prend l'accent rations fondées sur des contes, ST-ÉVREM. II, 3. que nous nous soyons trompés, nous qui sommes grave quand la syllabe qui suit est muette, mais au || 2° L'objet même qu'on admire. On tient à ses des hommes? ID. ib. 18. Vous admirerez que la dé-futur et au condit.: amonéterai, amonéterais), v. a. vieilles admirations. Il devient l'admiration de la votion qui étourdit tout le monde ait pu être traitée 10 Terme de jurisprudence dont on se servait ausuperbe Ninive, MASS. Péch. par nos pères avec une telle prudence que.... ID. trefois, lorsqu'un particulier ayant commis une ib. 19. Mais n'admirez-vous point que cette même faute qui ne méritait pas une grande punition, le reine Le donne pour époux à l'objet de sa haine? juge le mandait pour lui faire une remontrance. CORN. Rod. I, 1. J'admire de le voir au point où Mme de Dreux sortit hier de prison; elle fut admole voilà, MOL. Éc. des F. 1, 6. Et j'admire de voir nestée, SEV. 422. || 2° En général, faire une remoncette lettre ajustée Avec le sens des mots et la pierre trance à. De ces mêmes discours ses fils il admojetée, ID. ib. III, 4. L'homme admire de s'y voir neste, REGNIER, Sat. v. On aurait..... obligation A placé [dans l'univers], sans savoir comment il y a qui pourrait..... Admonéter par nom et par surnom été mis, FÉN. Exist. 10. Nous admirerons de nous Ces ennemis jurés de la raison, VOLT. Étrennes aux y reconnaitre nous-mêmes [dans la peinture du peuple athénien], nos amis, nos ennemis, ceux HIST. XII S. Entre vous et le rei avez esté avec qui nous vivons, et que cette ressemblance avec medlé; L'apostolies l'en a sovent araisuné; Li prelat des hommes séparés par tant de siècles soit si en- du reaume l'en unt amonesté, Th. le Mart. 84. Et tière, LA BRUY. Disc. sur Théoph. | Corneille a em- cele qui sa mort desire, De l'autre part li amoneste ployé le que avec l'indicatif: Admirez Que ces pri- Qu'isnelement li trant [tranche] la teste, la Chasonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion rette, 2920. || XIIIe s. Il est convenable coze au secouraient à la vengeance, Héracl. v, 7. N'admirez- gneur qu'il les amoneste qu'il y metent de lors vovous pas que Dieu m'a ôté cet amusement? SEV. 413. lenté soufisament, BEAUM. XLIX, 5. Et doit cis 5° Par critique ou par ironie, en parlant de ce meffès estre amonestés par sainte Eglise, ID. XI, 13. qui paraft excessif, étrange. Je vous admire de vou- Depecheor misericorde, Puisque franchise s'i acorde, loir qu'on suive en tout vos conseils. J'admire avec Et le vous prie et amoneste; Ne refusés pas sa requelle hardiesse ces personnes entreprennent de queste, la Rose, 3325. || xiv s. Il n'appartient pas parler de Dieu, PASC. édit. Cousin. J'admire_ma au magnanime fuir ou refuser celui qui le admosimplicité et la faiblesse de mon cœur, MOL. Fest. neste en raison, ORESME, Eth. 120. Il ensaignoit les de Pierre, 1, 3. J'admirais cet impertinent; et, pen- mariniers et amonestoit que il gardassent bien.... dant qu'il parlait tout haut, je disais tout bas....m. ib. 4. || xv s. Messire Gui de Flandres qui admoMONTESQ. Lettr. pers. 50.

HIST. XIV S. Il ne fait pas grans admiracions; car il ne repute chose grande.... ORESME, Eth. 124. et pour ce que il cuide que l'en face de luy grande admiration et grant loenge, ID. ib. 17. || xv s. On en feroit un livre [des punitions de Dieu sur les princes] et de grande admiration, COMM. VIII, 17. Quand il vit ceste couronne, il fit une grande admiration, feignant que rien n'en sust, L. XI, Nouv. eo. || xvi s. Il a bien appris à dire toutes les admirations comme Jesus, le plus du monde, oh, oh, il y a de l'excès, c'est pour en mourir, D'AUB. Confes. II, 1.

—ÉTYM. Provenç. admiracio; espagn. admiracion; ital. admirazione; de admiratio, de admirari, admirer (voy. ADMIRER).

ADMIRE, EE (ad-mi-ré, rée), part. passé. Chose admirée du peuple. Ce général admiré même par ses ennemis. On le questionna, il fut admiré; on résolut de le faire roi, FEN. Tel. VI. Cette ile [la Crète] admirée de tous les étrangers et fameuse par ses cent villes, ID. ib. v. Il était tellement admiré de tout le monde que l'on ne faisait aucune différence entre ses paroles et les oracles de Delphes, ID. Philos. Pythag.

REM. Admiré de, admiré par. On est admiré par tout le monde, quand on reçoit de tout le monde des marques d'admiration; on est admiré de tout le monde, quand on inspire à tout le monde des sentiments d'admiration, LAFAYE

HIST. XVI s. J'admire de les veoir si doulces et molles [les guerres civiles], MONT. I, 170.

ETYM. Bourguig. admirai; de admirari, de ad, à (voy. A), et mirari, regarder (voy. MIRER). Admirer parait être récent dans la langue. Anciennement on disait se merveiller. Cependant amirable se trouve dans les textes du xIII° siècle.

sots.

nestoit et prioit tous les compagnons de bien faire FROISS. I, 1, 69. Et [Louis XI] dit au dit herault plusieurs autres raisons pour admonester le roy d'Angleterre de prendre appoinctement avecques lui, COMM. IV, 5. Comme amour et vaillance chevaleureuse admonestent souvent le courage des bons à entreprendre choses honorables, Hist. de Bouciq. I, 16. XVIe s. Ses amis l'admonestoient qu'il regardast à ce qu'il disoit, AMYOT, Sol. 65. Estant bien confessé et admonesté, aiant baisé sa femme et ses enfants, D'AUB. Fœn. III, 2. Qui est admonesté est à demy armé, PALSGR. p. 417.

S'ADMIRER, v. réf. Une âme séduite qui s'admire elle-même. L'ignorance toujours est prête à s'admirer, BOIL. A. P. 1. Loué, exalté et porté jusADMIRER (a-dmi-ré), v. a. || 1° Considérer avec qu'aux cieux par de certaines gens qui se sont admiration. Adraste admirait malgré lui ce qu'il ve-promis de s'admirer réciproquement, LA BRUY. 1. nait de voir, et n'osait le louer, FEN. Tél. xx. La Grèce, l'Asie et toutes les îles l'ont admiré [Ulysse] malgré ses défauts: mille qualités merveilleuses les font oublier. Vous serez trop heureux de pouvoir l'admirer aussi et de l'étudier sans cesse comme votre modèle, FÉN, Tél. XII. Quel excellent maître que celui qui fait des ouvrages, je ne dis pas que les hommes admirent, mais qu'ils craignent! LA ADMIS, ISE (a-dmi, mi-z'), part. passé. || 1° Reçu. BRUY. 16. La cour.... Distingua le naïf du plat et du Députés admis. Ces gens admis à la table du prince. bouffon, Et laissa la province admirer le Typhon, Admis dans une corporation. Citoyen nouvellement BOIL. A. P. I. On admire en secret sa naissance et son admis. Admis au partage. Les conversations légères, sort, RAC. Iph. V, 6. Ce grand roi, plus capable en-les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et core d'être touché par le mérite que par le sang, ne se familières, les petites parties où l'on était admis + ADMONITEUR (a-dmo-ni-teur), s. m. || 1o Celui lassait point d'admirer les excellentes qualités de seulement avec de l'esprit, tout a disparu, LA BRUY. qui fait des admonitions. Pour les hommes supéMadame, BOSS. Duchesse d'Orl. Admirons ici la piété 13. || 2o Reçu, en parlant des choses. C'est une cou-rieurs, la religion est un admoniteur sévère qui leur apde la reine, qui a su si bien conserver les précieux tume admise parmi les hommes. || 3° Reconnu pour prend à s'humilier, CHATEAUB. Pensées, 287. || 2° Au restes de tant de persécutions, ID. Reine d'Anglet. vrai. La version la plus généralement admise est noviciat des jésuites, admoniteur est un titre d'ofSi l'on eût pu avancer ces belles années dont nous que.... C'est un fait admis. fice; c'est un des plus fervents novices qui est admirons maintenant le cours glorieux.... ID. ib † ADMISSIBILITÉ (a-dmi-ssi-bi-li-té), s. f. Etat | chargé d'avertir les autres de ce qu'ils ont à faire. Le

ETYM. Berry, amonéter et amonnéter; provenç. et espagn. amonestar; portug. admoestar; d'un verbe bas-latin, admonestare, fait d'une forme bas-latin admonestum ou admonistum, de admonere, avertir, de ad, à, et monere, avertir (voy. MONITION).

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général du même ordre a son admoniteur, qui est | che.... E. DESCHAMPS dans RAYNOUARD. XVI S. Par
une espèce de surveillant, nommé par la congréga- ce moien le cardinal, de qui les meschancetez
tion générale, pour l'avertir en secret de ses fau- avoient esté odieuses auparavant, se reconeilia avec
tes. 3° Quelques congrégations de filles ont aussi Sigismond; s'etant adomestiqué, persuada à son
des officières qui portent le nom d'admonitrices. cousin d'ouir messe tous les matins, D'AUB. Hist.
-ETYM. Voy. ADMONITION. L'ancien français disait III, 508.
admonesteur.

ADMONITION (a-dmo-ni-sion), s. f. 1° Action d'admonéter. L'admonition a été abolie. || 2° Avertissement. Après avoir inutilement tenté près de moi les admonitions charitables, Marcellin employa les mesures sévères, CHATEAUBR. Mart. 132.

HIST. XIII s. Ét s'il n'obeist à l'ammonission, il doit estre escommeniés publiquement, BEAUM. XI, 13. || XVI S. Que ceux qui sont rebelles à son admonition soient notés et marqués afin que chacun les fuie, CALV. 298. Sachant que sa femme estoit retrouvée par l'admonition du bon archidiacre, MARGUER. Nouv. 61. Amonition, O. DE SERRES, p. 26. ETYM. Provenç. amonicio; ital. ammonizione; de admonitio, de ad, à (voy. A), et monitio, monition (voy. ce mot).

† ADNE, NÉE (a-dné, dnée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est immédiatement attaché à une chose et parait faire corps avec elle.

-ÉTYM. A (voy. ce mot), et domestique; provenç. adomesgar, adomesjar; ital. addomesticare. L'ancienne forme française est adomescher; adomesti quer a été refait postérieurement sur le latin.

† ADONC (a-don-k), adv. En ce moment, alors. Adonc Darius pousse sa dague, et d'aventure n'atteignit que le mage, P. L. COUR. II, 191. || Vieux.

HIST. XII s. Adonc aurez vostre guerre finie, Roncisv. p. 28. Adonc florist mes cuers et mes vouloir En bone amour.... Coucy, vii. | xes. Il estoit adonc quaresmes, VILLEH. 48. Adont tenoient Franc les Tyois [Allemands] pour amis, Berte, v. || xv s. Ce fut l'an de grace nostre seigneur 1326, le jour de Noel [que fut couronné Edouard III], et pouvoit avoir adonc environ seize ans, FROISS. I, I, 27. Il n'estoit adoncques riens dont il eust si grant crainte que de perdre son auctorité, COMM. VI, 7. XVI S. Les gendarmes ont jeté le sort, qui se tiroit adonc d'un chapeau ou d'un bocal, CALV. 150. Et si tout est confus, qui adoncques dira Les hymnes de ta gloire et ton nom benira? RONS. 872. Quand le sentiment du feu fut passé jusques à la chair vifve, adonc commencerent les boeufs à se debatre, AMYOT,

Fab. 17.

ETYM. Adnatus, de ad, à, et natus, né. † ADNOTATION (a-dno-ta-sion), s. f. Terme de chancellerie. Réponse du pape à une supplique, quand cette réponse ne consiste qu'en une signature. ETYM. Voy. ANNOTATION. ADOLESCENCE (a-do-lè-ssan-s'), s. f. L'âge qui -ÉTYM. À et donc; wallon, adon; provenç. adonc; succède à l'enfance et qui commence avec les pre-anc. catal. adonchs; ital. adunque. miers signes de la puberté. ADONIEN ou ADONIQUE (a-do-niin ou a-do-nik'), adj. et s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Se dit d'un vers composé d'un dactyle et d'un spondée.

SYN. ADOLESCENCE, JEUNESSE. Dans le langage scientifique adolescence et jeunesse sont synonymes et expriment l'âge compris entre l'enfance et l'état adulte. Mais dans le langage ordinaire il y a une nuance, et adolescence désigne de préférence la première partie de la jeunesse.

HIST. XIV s. Et n'est que bien et onnesteté de ainsi passer l'aage de vostre adolescence feminine, Menagier, Prologue. || xvo s. Car jeunesse et adolescence (C'est son parler, ne moins ne mais) Ne sont qu'abus et ignorance, VILLON, Grand Test. || xvi▪ s. Considerez que par nous allaictez Avez esté en vostre adolescence, J. MAROT, V, 285. L'adolescence, qui commence depuis dix-huit ans jusques à vingt et cinq, est la temperée et moyenne entre tous excès, PARÉ, Introduc. 5. Sa beauté se maintint tousjours florissante en son enfance, en son adolescence, et encore après qu'il fut devenu homme parfait, AMYOT, Alc. 2.

-ÉTYM. Provenç. et espagn. adolescentia; ital. adolescenza; de adolescentia, de adolescens, adoles

cent.

ADOLESCENT, ENTE (a-do-lè-ssan, ssan-t'), s. m. et f. 1° Celui, celle qui est dans l'âge de l'adolescence. | 2° Se dit surtout des garçons, et alors souvent en plaisantant. Un jeune adolescent. L'essai et l'apprentissage d'un jeune adolescent qui passe de la férule à la pourpre et dont la consignation a fait un juge, est de décider souverainement des vies et des fortunes des hommes, LA BRUY. 14. 3° Adj. Encore adolescent il avait quitté Rome, ARN. Mar. à Mint. 1, 2. Mérovée est ardent, et la pitié naissante Bientôt mène à l'amour une âme adolescente, LEMERC. Fréd. et Brun. 1, 2.

HIST. Xve s. Quelle hardiesse te meut, o jeune adolescent royal, ne quelle fiance presumes tu de mettre la mayn aux nymphes, J. LEMAIRE, dans PALSG. p. 351. XVIe s. L'ardeur du courroux que l'on sent Au premier age adolescent, Me fit trop nicement t'escrire, RONS. 454.

-ETYM. Adolescens, de adolescere, croître, de ad, à (voy. A), et olescere, olere, croître. Quelquesuns ont rattaché ce radical à öλos, entier (voy. soLIDE pour ce mot); mais l'opinion préférable est celle de Benfey, 1, 70, qui le rattache à alere, nourrir (Voy. ALIMENT), de même racine qu'un radical grec alw, je fais croître, d'où aλdaíveiv, faire croître; radical qui appartient aussi aux mots congénères: gothique, alds, qui a crû, âgé (voy. ALDERMAN); allem. alt, âgé; celt. altruim, nourrir, alt, nour

riture.

+ADOMESTIQUÉ, ÉE (a-do-mè-sti-ké, kée), part. passé. Gens adomestiqués.

+ADOMESTIQUER (a-do-mè-sti-ké), v. a. || 1°Faire de sa maison. Villars l'avait adomestiqué [Heudicourt], protégé, et lui avoit souvent donné de l'argent, STSIMON, 278, 10. || 2° S'adomestiquer, v. réf. Se faire de la maison.

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·ÉTYM. Adonius, de Adonis (voy. ce mot). ADONIS (a-do-ni-s'), s. m. || 1o Dans la mythologie, nom d'un jeune homme célèbre par sa beauté et qui fut aimé de Vénus. || 2° Ironiquement, jeune homme qui fait le beau et qui est très-soigneux de sa parure. | 3° Terme de botanique. Plante à fleurs rouges ou citrines, qui approche de la renoncule et qui vient dans les près.

-ÉTYM. Adonis, de Adwvic ou "Adwv, de l'hébreu Adan, seigneur. Adonai en hébreu est le nom de Dieu. Adonis est la forme grecque du nom d'une divinité phénicienne; la langue des Hébreux et celle des Phéniciens étaient deux dialectes d'une même langue.

ADONISÉ, ÉE (a-do-ni-zé, zée), part. passé. Paré et adonisé.

ADONISER (a-do-ni-zé), v. a. || 1° Parer avec une grande recherche. || 2° S'adoniser, v. réfl. S'ajuster avec un trop grand soin. Se dit surtout en parlant des hommes,

HIST. XVI s. Quand ses cheveux troussés dessus l'oreille, D'une Venus imitent la façon; Quand d'un bonnet sa teste elle adonise, Et qu'on ne sçait, tant neutre elle deguise Son chef douteux, s'elle est fille ou garçon, RONS. 51.

ADONNE, EE (a-do-né, née), part. passé. Qui s'applique à. Adonné à l'étude, au vin. Grande âme, aux grands travaux sans repos adonnée, MALH. IV, 2. Je chante dans ces vers les filles de Minée, Troupe aux arts de Pallas dès l'enfance adonnée, LA FONT. Filles de Minée. L'abondance d'hommes adonnés à la guerre, FÉN. Tél. XIII.

ADONNER (S') (a-do-né), v. réfl. | 1° Se livrer, s'appliquer à quelque chose avec ardeur, habituellement. S'adonner à l'étude, aux plaisirs. S'adonner à boire. Il s'adonnera aux exercices de la religion sans en négliger aucun, BOURD. Pensées, t. 1, p. 97. Les exercices auxquels ils s'adonnent, FÉN. Tél. x. La jeunesse ne s'adonne plus aux lettres, ID. ib. XIV. || 2° Fréquenter habituellement. S'adonner à une société, à un lieu. || 3o Ce chien s'est adonné à moi ; m'ayant rencontré par hasard, il s'est attaché à moi. || 4° Se diriger, en parlant d'un chen, d'une chasse, etc. Le seigneur de Thouars mandait à celui d'Oiron, qu'il chasserait un tel jour dans son voisinage, et qu'il eût à abattre une certaine quantité de murs de son parc, pour ne point trouver d'obstacles, au cas que la chasse s'adonnât à y entrer, STSIMON, 75, 223. Est-ce jamais par là que son chemin s'adonne? LA CHAUSSÉE, Préjugé à la mode, 1, 6. || 5° Adonner, v. n. Terme de marine. Devenir plus favorable, en parlant du vent qui était contraire.

REM. Quoique l'Académie n'indique que le verbe réfléchi s'adonner, il semble qu'on pourrait très-bien dire, comme dans le xvi° siècle, adonner son cœur, HIST. xv s. Par la douçour de doulz nourrisson esprit, etc., à une chose. sement S'aprivoisist mainte beste sauvage, S'adomes

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-SYN. SE DONNER À, S'ADONNER 1. Se mettre à un

certain genre de travail. Se donner à l'étude, c'est s'y livrer sans réserve; s'adonner à l'étude, c'est simplement s'y appliquer. Il y a donc une nuance entre ces deux expressions; et la première est plus forte que l'autre.

HIST. XV S. Le jeune Edouard, qui fut depuis roi d'Angleterre, s'adonnoit plus et s'inclinoit de regard et d'amour sur Philippe [fille du comte Guillaume] que sur les autres, FROISS. I, 1, 15. Adonné à tous les plaisirs, COMM. v, 18. || xvI S. Mais Dieu ce bien ne m'a donné Que vostre chemin adonné Se soit icy.... MAROT, II, 140. Fut l'humain genre asprement estonné, Et tout le monde à l'horreur adonné [en proie], ID. IV, 22. Sçavoir voulut toutes sciences bonnes, Et qui est celle à quoy tu ne t'adonnes, ID. IV, 199. Encore que mon feu pere eust adonné tout son estude à ce que je prouffictasse.... RABEL. Pant. II, 8. Quant à la congnoissance des faictz de nature, je veulx que tu te y adonnes curieusement, ID. Pant. II, 8. A raison de quoy il le fault tousjours addoner [l'entendement] à ce qui est le meilleur, AMYOT, Péricl. 1. Ils s'addonnent aux exercices que plus vous honorez, ID. Cat. 15. L'estude de la philosophie à laquelle il s'adonna, ID.. Pélop. 4. On peut affermer, quand ils s'adonnent à bien, qu'ils sont excellents, LANOUE, 85. Pour sauver quelques maisons de gentils hommes et Gergeau, si le besoin s'y adonnoit, D'AUB. Hist. II, 191. Afin aussi d'adonner nos cœurs à l'amour d'icelle [justice] et à une haine d'iniquité.......... CALV. Inst. 273. Qu'on suive hardiment l'esprit, lequel ne demandera rien de mal, moyennant qu'on s'adonne à sa conduite, ID. ib. 470. Il ne laissoit pas de prier au milieu de la multitude, si l'opportunité s'y adonnoit, ID. ib. 709. Pour s'adonner du tout à la devotion, MONT. I, 443. J'ay veu nos princes s'y adonner depuis en personne [à l'exercice louable de la comédie], ID. I, 198. Son chemin s'adonnant au travers d'une eglise, il ne passoit jamais qu'il.... ID. I, 403. Si quelque serviteur s'y adonne [s'attache à lui].... ID. II, 79.

-ETYM. A et donner; provenç. et espagn. adonar; ital. adonare.

ADOPTANT (a-do-ptan), s. m. Terme de droit. Celui qui adopte.

ADOPTE, EE (a-do-pté, ptée), part. passé. || 1° Octave adopté par César. Vous étiez des enfants dans son cœur adoptés, VOLT.-M. de Cés. III, 3. || Substantivement: l'adoptant et l'adopté. 2° Fig. Proposition adoptée à l'unanimité. Règlement adopté bientôt par toutes les nations. || 3° Adopté, formule de vote qui indique que la proposition est reçue.

ADOPTER (a-do-pté), v. a. || 1o Choisir quelqu'un pour fils ou pour fille et lui en donner les droits civils, en remplissant certaines formalités légales. Jamais, sans ses avis, Claude, qu'il gouvernait, n'eût adopté mon fils, RAC. Brit. II, 3. Toutes les fois, tyran, qu'on se laisse adopter, CORN. Héracl. v, 3.

2° Par extension, prendre un enfant et le traiter comme sien. Hélas! ce Juif jadis m'adopta pour sa fille, RAC. Esth. III, 4. Mais mon cœur, plus prudent, l'adopta par vengeance, CRÉB. Atr. 1, 3. Je t'adopte pour fils, adopte ma vengeance, DUCIS, Rom. 11, 5. || 3o En général, se porter vers, s'attacher à. Adopter un parti. Adopter un plan, un genre de travail. Adoptant l'opinion de cet auteur. Le peuple adopta la loi proposée. Jusque-là on n'avait adopté de l'antiquité que des erreurs. L'Amérique à genoux adoptera nos mœurs, VOLT. Alz. I, 4. N'a-t-il pas adopté Nos climats et nos mœurs et notre liberté ? DUCIS, Abuf. III, 4. Il apprend mon dessein, l'adopte, l'autorise, c. DELAV. Vepr. sic. 1, 1. HIST. XVI s. Aphidnus adopta les Tyndarides pour ses enfants, comme Pylius avoit adopté Hercules, AMYOT, Thés. 42.

-ETYM. Adoptare,de ad, à, et optare, opter (voy. A et OPTER).

† ADOPTIEN, IENNE (a-do-psien, psiè-n'), s. m. et f.Membre d'une secte chrétienne qui soutenait que Jésus était seulement le fils adoptif de Dieu.

ADOPTIF, IVE (a-do-ptif, pti-v'), adj. || 1° Qui a été adopté. Fils adoptif. || 2° Qui a adopté. Père adoptif. 3° Qui a rapport à l'adoption. Le droit de bourgeoisie à vos peuples donné Ne perd rien de son prix sur un front couronné; Sous ce titre adoptif, étant ce que vous êtes, Je pense bien valoir une de mes sujettes, CORN. Sert. 11, 2. || Se met toujours après son substantif.

·HIST. XVIo s. Thales eut un fils adoptif, il adopta un sien nepveu nommé Cybistus, fils de sa sœur il AMYOT, Sol. 10. Lorsque son pere adoptif fut tué, estoit en la ville d'Apollonie, ID. Brut. 27. -ETYM. Adoptivus (voy. ADOPTER); provenç. adop tiu; espagn adoptivo; ital. adottive.

ADOPTION (a-do-psion; en poésie, de quatre syl- | adorations pour l'Arche, FLECH. Panég. II, p. 426. tans de fidèles services; Mais je laisse au vulgaire labes), s. f. il 1° Action d'adopter. Entrer dans Peut-être, brillantes parcelles De l'immense création, adorer leurs caprices, ID. Baj. I, 1. J'adore avec déune famille par adoption. Donner son fils en adop-Devant son trône imitent-elles L'éternelle adoration, pit cet excès de courage, VOLT. Orphel. IV, 4. || 8° Aition. Père par adoption. Fils de César par adop- LAMART. Harm. 1, 4. || 2o Cérémonie dans laquelle les mer avec passion. Il adore Emilie, il est adoré tion, BOSS. Hist. 1, 9. Un sceptre que jadis vos cardinaux vont rendre honneur au pape mis sur l'au- d'elle, CORN. Cinna, III, 1. Vous que de tout mon aïeux ont reçu De ce fameux mortel que la terre tel après son élection. Dans le même sens : Ce pape a cœur j'ai toujours adorée, ID. Théod. III, 3. Rome a conçu; L'adoption le mit entre les mains d'E- été fait par voie d'adoration, tous les cardinaux sait vos hauts faits, et déjà vous adore, ID. Nic. IV, gée, RAC. Phèd. II, 2. Tu n'as de fils qu'Octave, sont allés le reconnaître pour pape, sans scrutin 4. Cette princesse se fait adorer de toute la cour, et nulle adoption N'a d'un autre César appuyé ta préalable. || 3° Par extension, amour, attachement sÉV. 418. Allez, en lui jurant que votre âme l'amaison, VOLT. M. de Cés. 1, 1. Droit fondé sur la extrême. Il a de l'adoration pour cette femme. Je dore, A de nouveaux mépris l'encourager encore, grâce de notre adoption, puisque nous tous qui avons l'admirai longtemps; oui, j'eus pour Scipion Ce RAC. Andr. II, 5. Déjà de ma faveur on adore le été baptisés en Jésus-Christ, nous avons acquis un sentiment qui tient de l'adoration, M. J. CHÉN. bruit, ID. Brit. v, 3. Ils ne seraient pas inutiles à pouvoir spécial de devenir enfants de Dieu, BOURD. Grac. II, 3. || 4° Au plur. Démonstrations de ten- l'éducation d'une fille qu'elle adore, J. J. ROUSS. Hel. I, Pensées, t. 1, p. 131. || 2° Par extension. La France dresse et de respect. Comme vous êtes accoutumée. Je te jure, à mon tour, de n'adorer que toi, LAest sa patrie d'adoption. L'adoption que Rome fai- à ne recevoir jamais que des hommages et des ado-MART. Méd. 11, 10. || 9° Proverbial et figuré, adorer sait, en certains cas, des étrangers. ....Rome vous rations de tout le monde, MOL. Princ. d'El. 11, 5. le veau d'or, faire la cour à un homme de peu de permet cette haute alliance, Dont vous aurait exclu Gervaise, devant les amis de M. de La Trappe, mérite, à cause de ses richesses. le défaut de naissance, Si l'honneur souverain de quand ils étaient gens à être ménagés, était dans son adoption Ne vous autorisait à tant d'ambition, les adorations, SAINT-SIMON, 61, 22. || 5o Nom des CORN. Nic. 1, 2. || 3° Fig. L'adoption, dans une lan- tableaux et estampes qui représentent les mages aux gue, de mots étrangers. La physique est son étude pieds de Jésus enfant. d'adoption. L'adoption qu'un homme fait d'un autre. Ces adoptions de deux âmes l'une par l'autre. L'adoption d'une loi par la Chambre. L'adoption fut mise aux voix et rejetée.

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HIST. XVI S. Galba pensa qu'il n'estoit plus temps de differer l'adoption qu'il avoit porpensée, AMYOT, Gulba, 28.

ETYM. Provenç. adoptio; espagn. adopcion ital. adozione; de adoptio, de ad, à (voy. À), et option.

ADORABLE (a-do-ra-bl'), adj. [[ 1° Digne d'être adoré. Dieu seul est adorable. Jeune peuple, courez à ce maître adorable, RAC. Esth. III, 9. Cet adorable maître nous a dit que son joug est doux et son fardeau léger, BOURD. Pensées, t. 1, p. 100. Tirez le voile qui me cache cet adorable, mais redoutable mystère de votre providence, ID. ib. p. 56. || 2° En parlant d'une maîtresse. Une femme adorable, une adorable amie. Yeux adorables, ROTROU, Venc. II, 2. O dieux qui, comme vous, la rendez adorable, Rendez-la, comme vous, à mes vœux exorable, CORN. Cinna, III, 3. || 3o Par exagération, se dit de tout ce que l'on estime ou on aime extrêmement. Il est adorable du bon courage qu'il a de vouloir venir, SEV. 151. Dans les bouts-rimés, je vous trouve adorable, MOL. F. Sav. III, 5. || Ne peut se mettre avant le substantif que quand le substantif n'est pas monosyllabe, ou, étant monosyllabe, ne commence ni par une voyelle, ni par une h muette.

HIST. XVI s. J'appelle adoration la reverence
que lui fait la creature, se submettant à sa gran-
deur, CALV. Instit. 283.

ÉTYM. Adoratio, de adorare, adorer.
ADORÉ, ÉE (a-do-ré, rée), part. passé. Les dieux
adorés par les nations. Ce roi adoré de son peuple.
Une femme adorée de son mari, et, absolument,
une femme adorée. Tu mugissais ainsi sous ces ro
ches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs
déchirés; Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés, LAMART. Médit. xm. Si tu dois
comme nous achever ta carrière, Sois mon appui,
mon guide, et souffre qu'en tous lieux De tes pas
adorés je baise la poussière, ID. ib. XVII. Monsei-
gneur est adoré; il est libéral, SEV. 471. M. de
Saint-Héran a été adoré à Fontainebleau, ID. 367.
Du magister fille adorée, Par son bon cœur elle
plaisait, BERANGER, Jeanne la Rousse.

REM. Adoré, avec les personnes pour complé-
ment, veut ordinairement de: Dieu veut être adoré
des créatures; mais, quand iì s'agit des idoles, des
faux dieux, on peut très-bien mettre : Les faux dieux
étaient adorés des Romains ou par les Romains.
Quand adoré est dans le sens d'aimé, de est à peu
près de rigueur: Ce général est adoré de ses sol-
dats; cet enfant est adoré de son père, etc. De s'em-
ploie plus particulièrement quand il s'agit d'un
sentiment, et par quand il s'agit d'un acte extérieur:
Alexandre adoré par les Perses; ce roi adoré de ses
sujets.

ETYM. Adorabilis, de adorare, adorer. ADORATEUR, TRICE (a-do-ra-teur, tri-s'), s. m. ADORER (a-do-ré), v. a. || 1° Rendre à la divietf. Il 1° Celui, celle qui adore. Les Guèbres sont adora- nité le culte qui lui est dû. Dieu veut être adoré de teurs du feu. Si le monde n'attachait les hommes que ses créatures. J'adore la bonté de Dieu, je l'admire, par le bonheur de leur condition présente, comme il ne j'y mets ma confiance, BOURD. Pensées, t. 1, p. 67. fait point d'heureux, il ne ferait point d'adorateurs, Et comme ces rois de l'aurore, Un instinct que mon MASS. Dauphin. D'adorateurs zélés à peine un petit âme ignore, Me fait adorer un enfant, LAMART. Ménombre Ose des premiers temps nous retracer une dit. xv. Assis à ce degré suprême, Il faut s'y déombre, RAC.Ath. I, 1. [[ 2° Celui qui a amour et respect fendre soi-même, Comme les dieux sur leurs autels; pour. N'étant pas en état d'en voir le faible, ils Rappeler en tout leur image, Et faire adorer le deviennent adorateurs de ce qu'ils ignorent, BOURD. nuage Qui les sépare des mortels, ID. ib. Ah! j'auPensées, t. II, p. 200. Et de leur chaine antique ado- rais dû peut-être.... Et courbant sous sa foi ma raison rateurs heureux, VOLT. Brut. 1, 2. || 3° Celui qui aime, quí l'ignore [Dieu], L'adorer dans la langue où l'ucourtise une femme. Et je triompherai, voyant pé-nivers l'adore, ID. Harold, 39. Il voulut se faire adorir mes fils, De ses adorateurs et de mes ennemis, rer comme un dieu, BOSS. Hist. II, 4. De l'ombre CORN. Rod. IV, 3. je brûle pour Thésée; Je l'ai de Ninus l'oracle est adoré, VOLT. Sémir. v, 1. me, non point tel que l'ont vu les enfers, Volage || 2° Adorer la croix, se dit par relation à J. C. en adorateur de mille objets divers, RAC. Phèdr. II, 5. parlant d'une des cérémonies du culte catholique. Laissons là, je vous prie, les adorateurs, reprit-On dit de même : Adorer les reliques. || 3° Adorer se dit elle, et parlons du soleil, FONTEN. Mondes, 1 soir. aussi absolument. De tous les endroits de la terre, les 4° Adj. Je n'ai percé qu'à peine Les flots tou-Israélites étaient obligés d'y venir adorer [dans le temjours nouveaux d'un peuple adorateur, RAC. Bér. 1, 3. ple], MASS. Car. Respect des temples. L'immobilité d'un HIST. XVI s. L'adorateur se tourne vers l'o- corps anéanti et la profonde religion d'une âme qui rient, et puis se retourne devers le Dieu, AMYOT, adore, m. ib. 4° Se prosterner devant. D'où vient, Numa, 25. lui dit Alexandre, que tu ne m'adores pas? MONTESQ. Lysim. || 5° Fig. Je ne vais pas au Louvre adorer la fortune, BOIL. Sat. II. Détestais-tu la tyrannie? Adorais-tu la liberté? De l'oppression impunie Ton œil était-il révolté?........... LAMART. Harm. Iv, . Les uns, sacrifiant leur vie à leur mémoire, Adorent un écho qu'ils appellent la gloire, ID. IV, 11. 6° En termes de spiritualité, se soumettre avec adoraADORATION (a-do-ra-sion; en poésie, de cinq syl- tion. Que j'adore en silence l'ordre de votre prolabes), s. f. || 1o Action par laquelle on adore. L'ado-vidence, PASC. Prière. Ils adorent les jugements de ration proprement dite n'est due qu'à Dieu seui. L'adoration que tous les peuples lui rendent, Boss. Honneur, 1. Ils rendaient à J. C. une adoration extérieure, ID. Euch. 2. Si avec toutes ces doctrines, toutes ces pratiques et tous ces cultes de Rome, avec l'adoration et avec l'oblation du corps du Sauveur.... ID. Variat. 15. L'adoration qu'ils rendent à l'Eucharistie, PASC. Prov. 16. Les adorations qu'ils rendent à l'idole, ID. Prov. 5. Conservez toutes vos DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

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ETYM. Provenç. adoraire, adorador; espagn. adorador; ital. adoratore; de adorator, de adorare, adorer. En provençal, adoraire est le nominatif, de adorátor, avec l'accent sur rá, adorador le régime, de adoratórem, avec l'accent sur tó. Dans l'ancien français, le sujet serait aorere, et le régime aoreor; adorateur a été refait sur le latin.

S'ADORER, v. réfl. || 1°S'adorer l'un l'autre. Ces deux amants s'adorent. || 2° Etre en adoration de soi. Cet homme n'est occupé que de lui; il s'adore véritablement.

REM. C'est par abus qu'on emploie adorer pour aimer beaucoup, quand il s'agit d'objets que l'on ne peut supposer sensibles à notre adoration. Delille dit que Voltaire adorait le café. Un autre adore les huîtres. De telles expressions, dites sérieusement, corrompent la langue.

-SYN. ADORER, VÉNÉRER, HONORER. Rendre des hommages, un culte ou une espèce de culte. Honorer est un terme général qui n'implique que l'hommage qui est rendu; vénérer enchérit, il s'y joint une idée de crainte respectueuse qui n'est pas incluse dans honorer; enfin aderer ajoute à l'honneur, à la crainte respectueuse, l'idée d'un amour profond et sans bornės.

HIST. XI s. [Dieu] Le glorius, que deûsse aurer, Ch. de Rol. 9. N'i ad paien, [qui] nel prit [prie] et nel aort, ib. 66. Touz ses idoles que il Iseult adorer, ib. 185. || XII° s. Et de cil Deu qu'aorent li Persant, Roncisv. p. 28. Mais par Mahom, cui je doie aourer, b. p. 78. Ainz [je] l'aim et serf et aor por usage; Si [je] ne lui os [ose] mon penser descouvrir, Couci, 19. Dame, dit-il, que très bon jour Vous doint cil que j'aime et aour, AUcefr. le bast. Romanc. p. 9. || XIII* s. Qui plus a à soufrir, plus vous doit aourer, Berte, 43. Par toz les sainz que l'en [on] aeure, Et se dame diex me sekeure [secourt].... Ren. 9799. Car de cent amis aparens, Soient compaignons ou parens, S'uns lor en pooit demorer, Dieu en devroient aorer, la Rose, 4904. Lors je plorai et rendis graces à Dieu, et li dis ainsi : Sire, aouré soies tu de ceste soufraite que tu me faiz, JOINV. 254. || XIV s. Le commencement et premier article parle de adourer et du lever, le Menagier, 1, 1. Et aourez de tout vostre cuer, 2.

ib. I,

xv s. Et l'adoroient toutes gens comme leur dieu, pour tant qu'il avoit donné le conseil dont.... FROISS. II, II, 160. || XVI s. Ils baiseront la terre où vos piez marcheront, Ils iront après vous, ils vous adoreront, Leurs cueurs seront bruslants aus rais de votre flame, DE BRACH, Olimpe.

ETYM. Picard, aorer; provenç. adorar, azorar; espagn. adorar; ital. adorare; de adorare, de ad, à (voy. A), et orare, parler, de os, bouche (voy. ORAISON, ORAL). D'après quelques étymologistes, adorare signifie proprement porter à la bouche, baiser, de là adorer: adorare purpu ram principis, se présenter au prince, parce qu'en l'abordant, on baisait le bas de sa robe. D'autres, prenant en considération le sens de orare qui est parler, ne voient dans adorare que parler à, s'adresser à, et, finalement, prier. Cette dernière explication est la plus simple. L'ancien français était aorer, suivant la tendance à supprimer les consonnes et à rapprocher les voyelles. Le picard a gardé cette forme.

ADOS (a-dô), s. m. Terme de jardinage. Terre en pente inclinée vers le midi et favorable aux primeurs. Ils sont tout étonnés de lui voir diriger des ados avec plus d'intelligence.... J. J. ROUSS. Ēm. V. Les ados qui sont des talus de terre qu'on ménage dans les potagers ou le long des espaliers, BUFF. Exp. sur les végét. 4o mém.

ETYM. Berry, adous, s. m. et adouse, s. f. de à et dos. Dieu, BOSS.Hist. 11, 4. Ne laissez pas d'adorer la ADOSSE, ÉE (a-dô-sé, sée), part. passé. || 1o Adossé main qui nous l'enlève, FLÉCH. Aig. || 7° En général, | à un mur ou contre un mur. Corinthe adossée dans le même sens. Puisqu'ils font des heureux, à une montagne. Le théâtre [à Sparte] était adorez leur ouvrage, CORN. Pomp. I, .....permet tez Que jusques au tombeau j'adore vos bontés, ID. Nic. v, 9. Et le peuple, inégal à l'endroit des tyrans, S'il les déteste morts, les adore vivants, ID. Cinna, 1, 3. Ils adorent la main qui les tient enchatnés, RAC. Brit. iv, 4. Je sais rendre aux sul

adossé à la citadelle, CHATEAUB. Ïtin. 102, || 2o En termes de blason, se dit de deux pièces d'armoiries qui sont placées dos à dos. Il porte de gueules à deux lions adossés. | 3° En termes de dessin et d'antiquités, têtes adossées, deux têtes mises sur une même ligne en sens opposé.

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†ADOUCI (a-dou-si), s. m. Première façon qu'on donne aux glaces brutes ou au cristal ébauché pour la taille.

† ADOSSEMENT (a-dô-se-man), s. m. || 1 Etat | mort est un peu adouci par ce qui est incertain, | qu'on ramène à la douceur. La pluie adoucit le de ce qui est adossé. L'adossement de votre maison LA BRUY. 11. temps; mais la pluie a radouci le temps signifie que à un coteau. 2° En termes d'anatomie, adossele temps s'était mis au froid et qu'il redevient doux ment de deux membranes, connexion de deux On adoucit l'humeur d'une personne rude natumembranes qui s'appliquent l'une à l'autre par des rellement; mais un homme en colère se radoucit. faces opposées. HIST. XIII s. Dit Renoars: Or vois je [je vais] ADOSSER (a-do-se), v. a. || 1° Mettre le dos conaprenant; Des ore iré [j'irai] mes cox [coups] plus tre quelque chose. Il adossa ses hommes à une muadouçant, Bat. d'Aleschans, 5757. Quant Pierres l'a raille. | 2 Placer une chose contre une autre qui oi, s'el [alors il le] prent à adolchier, Ch. d'Ant. vII, lui sert d'appui. Adosser son camp à un fleuve. L'ar915. || xv s. Lorsqu'il est en grant courroux, Vouchitecte veut adosser la maison au coteau. 3° S'alez-vous Lui adoucir le couraige? Faites lui tout seudosser, v. réft. Il s'adossa contre un arbre et se lement Promptement Boire quelque breuvaige, BASdéfendit vaillamment. Le général voulait s'adosser SEL. 36. || xvi s. J'espère, si le temps s'adoulcist ou à un marais impraticable. qu'elle fasse une pierre, que ce sera la guerison, MARGUER. Lettr. 40. Les chants addoucissoient les cueurs felons des escoutans, et les induisoient à aimer les choses honnestes, AMYOT, Lyc. 4. Il voulut entremesler le rire parmy leurs convives et autres assemblées, comme une saulse plaisante pour adoulcir le travail et la dureté de leur regle de vivre, ID. Lyc. 64. Ils desguisoient et addoulcissoient des plus gracicux noms qu'ils pouvoient, les faultes qu'il faisoit, ID. Alcib. 28.

+ADOUCISSAGE (a-dou-si-sa-j'), s. m. || 1° Sorte de poli qu'on donne aux métaux, au moyen de la poussière de diverses substances. || 2° Poussière servant à adoucir. || 3° Terme de teinturier. Manière de rendre une couleur moins vive en y mêlant des substances qui l'éclaircissent.

ADOUCIR (a-dou-sir), v. a. || 1° Rendre doux. Adoucir l'amertume, l'apreté des fruits. Adoucir des fruits par la culture. Il n'est rien de si amer dont cette onction céleste n'adoucisse l'amertume, BOURD. Pensées, t. I, p. 400. || 2o Par extension, ôter les qualités qui blessent. La pluie adoucit le temps [le rend moins froid]. Adoucir sa voix, parler d'un ton moins élevé, moins aigre. Adoucir la prononciation d'une langue. S'il m'en restait un seul, j'adoucirais HIST. XII S. Par l'apostolie sont de lur mestier ma plainte, LA FONT. Fab. III, 6. cher amour, sevré; Pur la pour del rei ont Deu tut adossé [ils ont épanche ta douleur; J'adoucirai ta peine en écoutant tourné le dos à Dieu], Th. le mart. 69. || XIII s. Jà ta plainte, Et mon cœur versera le baume dans ton coars n'enterra [entrera] en paradis celestre; Si cœur, LAMART. Nouv. Médit. x. Ses aumônes, s'én'est nuns si coars qui bien n'i vousist estre; Mais tendant, par leur abondance, même sur les ennemis tant doutent mesaizé et à guerpir lor estre, Qu'il | de la foi, adoucissaient leur aigreur et les rameen adossent Dieu et metent à senestre, RUTEB. 140.naient à l'Eglise, BOSS. Reine d'Anglet. Elle [Cérès] Bien avez vergoigne adossée, Qui honissiez vostre montrait à ces hommes grossiers l'art d'adoucir la espousée, Ren. 14301. Contremont vers le mur ont terre, FEN. Tél. XVII. Cécrops, apportant des lois utipuié les degrés; El haut estage vienent, qu'est el mur les de l'Egypte, qui a été pour la Grèce la source ETYM. Picard. adouchir; bourguig. édouci; adossés; A une des fenestres es-les vous [les voilà] des lettres et des bonnes mœurs, adoucit les natu- provenç. adolzar, adoulzar, adolcir, adossir; esacoutés, Ch. d'Ant. VI, 488. Or prions Dieu le glo- rels farouches des bourgs de l'Attique et les unit par pagn. adolcir, et anc. espagn. adulzar; portug. rious, Que il mete tel sens en nous, Que nous puis- les liens de la société, ID. ib. XIX. Ne pourrai-je adou-aducir, adoçar; ital. addolcire, addolcare et adsommes adosser Les fols delis et oublier, Unicorne cir vos inflexibles mœurs? VOLT. Alz. IV, 1. 3° Au dolciare; de ad, à (voy. A), et dulcis, doux. Les et serpent. || XIV S. Tel vie menerent longuement, moral, rendre plus supportable. O vous, admira- conjugaisons romanes viennent de deux formes et adoserent nostre Seigneur et ses commandemens; bles personnes, qui, par la douceur de vos chants, bas-latin, addulcire et addulcare. L'ancien franet nostre Sire les adosa, si comme vous oirez ci avez l'art d'adoucir les plus fâcheuses inquiétudes....çais adoucer est tombé en désuétude; il n'est resté après, Chr. St-Denis, II, 10. Aussi est il des gens MOL. Prince d'Él. Iv, interm. sc. 1. Si l'espoir de que adoucir. de religion qui le monde ont adossé et guerpi, ib. régner et de vivre en mon cœur Peut de son inforIV, 6. xv s. Quand il vit que on l'avoit ainsi ados- tune adoucir la rigueur.... RAC. Bérén. III, 1. Vous sé, il ordonna ses besognes et se despartit de Paris seule adouciriez le destin des vaincus, VOLT. Orphel. tout melancolieux, FROISS. III, IV, 21. Si estoit ar- IV, 5. S'il ne tarit, au moins il adoucit mes larmes, resté aux champs, et avoit adossé un noyer, et là DUCIS, Osc. III, 2. Ce qui porte avec soi quelque e combattoit, ID. II, II, 61. Non pourtant elle s'a- difficulté, il le propose comme difficile et ne cherpaisa, et adossa la tendeur feminine, et s'adouba che point à l'adoucir par de faux tempéraments, de virile vertu, LOUIS XI, Nouv. 26. BOURD. Pensées, t. I, p. 88. || 4° Calmer, apaiser. Adoucir la colère. On parvint à adoucir son ressentiment. Rien ne pouvait l'adoucir. Le juge que l'avocat doit adoucir. Je l'irritais encore au lieu de l'adoucir, VOLT. Orph. 1, 3. Comme par sa prudence il a tout adouci.... CORN. Rod. v, 4. Ce qui irrite la douleur en un temps, l'adoucit en un autre, FÉN. HIST. XI S. Escuz au col et lances adubées, Tél. XXI. Il ne faut quelquefois qu'une jolie maison Ch. de Rol. 64. Li empereres touz primerains s'a- dont on hérite, qu'un beau cheval ou un joli chien dube, ib. 213. Adubez-vous; sempres aurez bataille, dont on se trouve le maître, pour adoucir une grande b. 226. || XII's. Cil adoba le roi Marsillion, Roncisv. douleur, LA BRUY. 11. || 5° Polir, ôter les aspérités. p. 29. Desor un mont s'est Rolant adobez, ib. p. 36. On adoucit le bois avec la prêle. On adoucit les glaces [Chevaliers] Qu'il ot fait adober en son maistre don- avec l'émeri. || 6° En peinture et en sculpture, adoujon, Sax. 8. || XIII s. Il dist qu'à pentecoste cheva-cir, rendre moins saillant, moins tranchant; adouliers [il] les fera, Droit au Mans la cité; là les adoucir les contours. || En un sens analogue, cette coiffure bera, Berte, 108. Es vous par la bataille le frere dant Tangré [du seigneur Tancrède]; On l'apeloit Guillerme, un chevalier membré; En lui ot moult bel homme de novel adobé; Son sens ne puet tenir, puisque on l'ot armé, Ch. d'Ant. II, 92. || XIV s. De ce qui lui failli, l'ont très bien adoubé, Guesclin, 1744. xv s. Les deux bretons qui n'entendoient que à malice, pourveirent cette tour de trente compagnons bien armés et adoubés, FROISS. III, IV, 4. Et si ne sçavoit le duc de Bourgongne adouber [arranger] avec eux le fait du connestable, COMM. IV, 6. Le chemin est tel que la nature l'a fait, et n'y a a rien adoubé, ID. VIII, 6. Et lui fut adoubée sa playe, qu'il avoit au col, m. 1, 4.

ETYM. Ital. adossare; de à et dos. ADOUBER (a-dou-bé), v. n. || 1° N'est guère usité qu'au trictrac et aux échecs, quand on dit j'adoube, indiquant qu'on touche un pion pour l'arranger, non pour le jouer. || 2° Terme de marine. Réparer, raccommoder.

-ÉTYM. Wallon, adobé, qui a reçu un fort coup; bas-lat. adobare; provenç. adobar; espagn. adobar; ital. addobbare. Du Cange dérive ce mot de adoptare, dans le sens de adouber chevalier; Ménage, de l'italien addoppiare, doubler; Henschel, et après lui Diez, du mot germanique dubban, frapper (voy. DAUBER), parce qu'en effet, dans le cérémonial, on frappait le chevalier en l'armant. Cette dernière opinion est confirmée par l'ancien anglais dub, un coup, et to dub, adouber chevalier. On comprend comment ad-douber, c'est-à-dire toucher à, frapper à, a pu donner les sens divers de adouber, adobare, qui a signifié orner, réparer. Le wallon est le seul qui ait conservé le sens primitif, dont on ne trouve aucun exemple dans les anciens textes.

ADOUCI, IE (a-dou-si, sie), part. passé. L'amertume du breuvage adcucie par du sucre. Voix adoucie. Froid adouci. Se servir d'un terme adouci. Pente adoucie. Voyons d'un esprit adouci Comment vous vous prendrez à soutenir ceci, MOL. Mis. v, 4. Des meurs aussi délicates pour ainsi dire et aussi adoucies que les nôtres, FONTEN. Czar Pierre. [Elle]....veut lier les mains au destin adouci Qui m'offre en d'autres lieux ce qu'on me vole ici, CORM. ŒEd. II, 2. Ce qu'il y a de certain dans la

ADOUCISSANT, ANTE (a-dou-si-san, san-t'). || 1° Adj. Terme de médecine. Qui adoucit, calme l'inflammation, la douleur, l'irritation. || 2° S. m. Les principaux adoucissants sont les liquides émulsifs, fait, les plantes mucilagineuses.

le

ADOUCISSEMENT (a-dou-si-se-man),s. m. || 1o Action d'adoucir, état de ce qui est adouci, au propre et au figuré. L'adoucissement d'une liqueur acide. L'adoucissement du temps, qui devient moin froid. L'adoucissement de l'humeur, de la colère. Donner de l'adoucissement à un mal. Les adoucisse ments de la douleur. L'espérance, seul adoucissement des peines des hommes, n'est plus un bien qui me regarde, FÉN. Tél. xx. Pourvu qu'ils [les exercices de piété] s'accordent avec l'extrême attention que vous avez à votre santé et à toute votre peradoucit l'air du visage. Adoucissez ce front et ce regard sonne; car voilà tous les adoucissements et toutes les austère, ANCELOT, Fiesque, 1, 4. || 7° Mitiger, atténuer, facilités que vous voulez trouver, BOURD. Pensées, t. I, présenter d'une façon plus excusable, plus acceptable. p. 348. Ils ne trouvent aucun adoucissement à leur Adoucir une expression, des reproches. Je puis me esclavage, BOSS. Hist. 11, 8. Je suis libre en prison, vanter, répliquai-je, que je vous adoucis bien tout et ma garde est ma foi; C'est l'adoucissement qui se ce système, FONTEN. Mondes, soir. Eux seuls [les trouve en ma peine, DU RYER, Scévole, 11, 3. Il a un gens de bien] vous épargnent, cachent vos vices, mouvement de tête et je ne sais quel adoucissement adoucissent vos défauts, excusent vos fautes, MASS. dans les yeux, dont il n'oublie pas de s'embellir, LA Injust. du monde. || 8° S'adoucir, v. réfl. Devenir plus BRUY. 13. || 2° Atténuation, tempérament. Pour prépa doux, au propre et au figuré. Le raisin s'adoucit en rer des adoucissements à sa doctrine, BOSS. Somm. mûrissant. Le froid s'étant adouci. Que la voix s'adou- de la Doctr.Si vous voulez vous juger vous-mêmes.... cisse. Les mœurs se sont adoucies. Le vainqueur ne vous verrez que tous vos discours et toutes vos dés'est pas adouci à l'égard des vaincus. Le peuple par marches ne sont que des adoucissements de la véleur mort pourrait s'être adouci, CORN. Nic. v, 4. rité, MASS. Avent, Epiph. Vous nous reprocherez Un vainqueur s'adoucit auprès de sa captive, ID. b. peut-être un jour d'avoir accommodé la sainte sévé IV, 3. Et déjà son courroux semble s'être adouci, rité de votre Evangile aux indulgences et aux adoucisRAC. Andr. 1, 1. Quand même ma fierté pourrait sements de nos siècles, MASS. Car. Parole de Dieu. s'être adoucie.... ID. Phèd. 1, 1. Ils se persuadent Les complaisances et les adoucissements de l'usage, que les devoirs rigoureux que l'Evangile prescrivait ID. Villeroi. Dès que les gens de bien se permettent d'abord aux premiers âges de l'Eglise, se sont adou- certains plaisirs innocents, c'est alors que le monde cis avec le relâchement des mœurs, MASS. Car. Im-triomphe des adoucissements de leur piété,ID. Panég. mutab. Votre cœur malgré vous s'émeut et s'adoucit, VOLT. Alz. 1, 4.

-SYN. 1o ADOUCIR, MITIGER, MODERER, TEMPÉRER. Tous ces verbes sont opposés au trop et en expriment le retranchement. On adoucit par quelque chose de doux; on mitige par quelque chose de débonnaire; on modère par quelque chose qui apporte de la mesure; on tempère par quelque chose qui apporte du mélange. De là vient ce qu'il y a de commun et ce qu'il y a de différent dans ces quatre verbes. On adoucit l'amertume de la douleur; on mitige une pénalité sévère; on modère la passion; on tempère la crainte avec l'espérance. || 2 ADOU CIR, RADOUCIR. Rendre doux, au propre et au figuré. Souvent ces deux verbes ont un même sens et s'emploient l'un pour l'autre; mais, quand ils sont distincts, radoucir se dit des choses ou des personnes qui, étant douces, ont été changées, et en général

S. Jean-Bapt. J'ose même espérer Des adoucissements à leur arrêt funeste, VOLT. Scyth. v,4. || 3° En termes d'architecture, procédé par lequel on rattache un ornement saillant et anguleux aunu du mur; la moulure même employée à cet effet. | 4° Terme de peinture. Procédé par lequel les couleurs sont finement noyées. || 5° L'adoucissement des métaux par les recuits. || 6° Aplanissement des glaces. ADOUÉ, ÉE (a-dou-é, ée), part. passé. Terme de chasse. Accouplé, apparié. Les perdrix sont adouées.

HIST. XIV S. En aoust l'on treuve bien des perdris qui en cest an furent couvées au plus tart et se adouerent plus tart que les autres, Menagier, 11, 2. ETYM. A et deux.

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+ ADOUX (a-dou), s. m. Terme de teinturier. Pastel qui commence à jeter une fleur bleue, après avoir été mis dans la cuve.

AD PATRES (a-dpa-trè-s', ou plus communément

a-tpa-très'), loc. lat. Aller ad patres, mourir. Enroyer ad patres, faire mourir.

....

dire

emploie pour se louer, VAUVEN. Contre la vanité. | vous furent adresses! VOLT. Orphel. 1, 1. || 3 Fig. Si les revenus dont on jouit ne sont pas assez am- Adresser, envoyer à l'adresse de quelqu'un, —ETYM. Ad, à (voy. ▲), et patres, les pères, les ples, à quelles injustices a-t-on recours? quelles quelque chose qui est à son adresse. Sans doute aïeux (voy. PÈRE). voies prend-on, tantôt de violence ouverte, tantôt il m'adressait le discours [il m'avait en vue], MASS. ADRAGANT ou ADRAGANTE (a-dra-gan ou a- d'adresse et d'industrie pour enlever aux autres le Magd. || 4° Diriger, tourner. Mais votre frère Attale dra-gan-t'), adj. Gomme adragant ou gomme adra-pain qu'ils ont reçu de Dieu? BOURD. Pensées, t. II, adresse ici ses pas, CORN. Nic. I, 1. mais vous gante, gomme qui sort spontanément, en filets ou p. 58. On ne peut plus toucher à ces matières sans n'ignorez pas Quel important sujet adresse ici mes en bandelettes tortillées, des tiges et des rameaux avoir M. Newton devant les yeux, sans le répéter pas, ROTROU, St-Gen. II, 8. Où suis-je? c'est ici de plusieurs arbrisseaux du genre des astragales. ou sans le suivre, et, si on veut le déguiser, quelle qu'on adresse mes pas, VOLT. Orphel. Iv, 3. Il le On a dit aussi gomme d'adragant. adresse pourra empêcher qu'il ne soit reconnu? ciel] adressait mes coups, il soutenait mes armes, FONTEN. Newton. Voilà jouer d'adresse et médire ROTROU, Bél. 1, 1. Ainsi l'homme qui fuit l'abord avec art, BOLL. Sat. IX. || 4° Adresses de style, certai- des médisants Et chemine en la voie où le Seines tournures fines et délicates dans la manière gneur l'adresse, A pour sa récompense une heud'écrire. | En peinture, adresse de pinceau se dit reuse vieillesse, RACAN, 1 Psaume. Il a établi la d'une manière de peindre précise et spirituelle. raison dans la suprême partie de notre âme, pour Au plur. Adresses de pinceau, certaines touches qui adresser nos pas à la bonne voie, BOSS. Serm. expriment la forme avec précision et facilité. Quinq. 2.

HIST. XVI s. On fait aussi des tablettes de sucre rosat, de tragacanthe, de racines de guymauves, PARE,xx bis, 11. Gomme adragant dissoute avec un blanc d'œuf, ID. xx bis, 17. Mucilage de gomme tragacanthe, o. DE SERRES, 903.

-ÉTYM. Voy. TRAGACANTHE, dont adragant est une altération.

AD REM (a-drè-m'), loc. latine. D'une manière catégorique, précise, sans réplique. Ce raisonnement parut si fort, si lumineux, si ad rem.... que veux-tu ? j'entrainai l'assemblée, P. L. COUR. Lett. 1, 61.

—ÉTYM. Ad, à, et res, chose (voy. RIEN). † ADRESSANT, ANTE (a-drè-san, san-t'), adj. Qui s'adresse, qui est adressé. Un paquet adressant à un tel. Des lettres adressantes à M.... | Terme

vieux.

HIST. XV's. Plusieurs lettres adressantes à Monseigneur de Normandie, COMM. II, 9. || XVI°S. L'hermite nous bailla une lettre adressante à ung que il nommoyt Albian Camar, RAB. Pant. v, 2. 11 engrava sur des pierres des paroles addressantes aux Ioniens, AMYOT, Thém. 16.

HIST. XV s. Et crois bien que en eux vous trouverez toute adresse de bon conseil, FROISS. I, I, 12. Se partit de nuit, monté sur fleur de coursier, et esloigna les Escots; car il savoit les adresses et les refuites du pays, pour ce qu'il en estoit, ID. I, I, 161. Et se faisoit fort d'eux mener sans peril, car il savoit toutes les adresses et torses voies, ID. I, I, 108. Et quand le jour fut venu, en quoi ils esperoient avoir aucun confort et aucune adresse pour eux et leurs chevaux aiser, pour manger et pour loger, ID. I, I, 38. Et de grant haste, pour plustot estre et venir à l'escarmouche, le dit Philippe prit une adresse parmi les champs et brocha coursier des esperons, ID. I, 1, 298. Mais leur convenoit retourner à Rhodes, et de là prendre l'adresse du vent, Bouciq. 11, 18. | XVI s. Mais si peult on y arriver, qui en sçait l'addresse, par des routes ombrageuses.... MONT. I, 176. Nos conseils fourvoyent, parce qu'ils n'ont pas d'adresse et de but, m. 11, 9. Estant donques Hannibal descendu en ce fond de sac, Fabíus, qui cognoissoit le pais et sçavoit les adresses des chemins.... AMYOT, Fab. 15. Quand ce vint à combattre à coups d'espée, où il n'est pas moins besoing d'adresse et d'art que de force, ID. Tim. 38. Il sembloit avoir une naturelle addresse à la lucte, ID. Phil. 4. Lesquels [philosophes] ont si bien discouru de tout ce qui apartient à toutes les parties de la vie civile, que, les preceptes divins exceptez, on ne pourroit trouver de meilleure adresse, LANOUE, 110. Le present lieu est une adresse generale pour guider ceux qui desirent estre aidez, CALV. Inst. Epit. Sachant bien les adresses de la maison, DES PER. Contes, 56. Ceux qui connoissoient les adresses des chemins furent ceux qui eschapperent, MARG. Préf. Estant convié à embrasser leur bon droit par l'adresse [requête] que lui avoit faicte M. Bouchart, CARL. III,17. Tu t'en vas droict en Avignon; Vers Paris je prends mon adresse, MAR. II, 189. De tes sentes et adresses Veuilles moi estre enseigneur, ID. IV, 266.

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S'ADRESSER, v. réfl. || 1° Aller trouver, avoir recours. S'adresser par écrit à quelqu'un. Je m'adresse à vous pour savoir ce que je dois faire. Au factotum tu n'as qu'à t'adresser, LA FONT. Mazet. Les Juifs à d'autres dieux osèrent s'adresser, RAC. Esth. III, 4. Dieu, maître des rois, à qui mon cœur s'adresse, VOLT. Orphel. v, 6. || 2o Familièrement. Vous vous adressez mal; A qui croyezvous vous adresser? se dit quand on avertit quelqu'un qu'il se méprend. 3° Se diriger, aller. Nous sommes aperçus, quelqu'un vers nous s'adresse, ROTROU, Antig. II, 7. Mais son chemin, je crois, s'adresse par ici, DU RYER, Scév. II, 2. Tout le monde courant çà et là pour ses affaires, on ne sait où s'adresse le chemin de chacun, PERROT D'ABL. Tac. 250. Où s'adressent tes pas? MOL. Amph. 1. Quelle est donc cette pompe où s'adressent tes pas? VOLT. Alz. II. || 40 S'adresser à quelqu'un, adresser la parole à quelqu'un. Il s'adressa ensuite aux assistants. C'est aux malades que je m'adresse. C'est à vous que ce discours s'adresse. Cet orateur s'adressait à la pitié. Quand je dis vous, je m'adresse presque à tous les hommes, MASS. Élus. Et, s'adressant aux siens d'une voix oppressée, VOLT. Orphel. v, 1. || 5° Cette lettre s'adresse à lui; la suscription fait voir qu'elle lui doit être rendue. Figurément, cela s'adresse à vous, se dit d'une chose qui concerne indirectement quelqu'un dans un discours, une critique, etc. Cela s'adresse à vous, esprits du dernier ordre, LAF. Fabl. v, 16.|| 6° Être dirigé. Toute métaphore s'adresse à nos sens. Mais pourquoi, trompeuse déesse, S'il est vrai que tu n'as point d'yeux, Est-ce plutôt à de hauts lieux Qu'à des toits de bergers que ta rigueur s'adresse? ROTROU, Antig. III, 1. Mon frère, au nom des dieux protecteurs de la Grèce, Car vers eux maintenant votre zèle s'adresse, ID. ib. 11, 2. C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser, RAC. Ath. IV, 6. Je vois qu'en m'écoutant vos yeux au ciel s'adressent, ID. Esth. II, 7. Le seul [cœur] où mes regards prétendaient s'adresser, ID. Andr. III, 4.

ADRESSER, v. n. Toucher droit où l'on vise. Bien adresser n'est pas petite affaire, LA FONT. Fab. I, 17. C'est assez.... qu'une aveugle pensée.... vous ait fait adresser Au plus haut objet de la terre, MAlh. v, 8.

ADRESSE (a-drè-s'), s. f. ||1° Indication de la personne à qui il faut s'adresser, de la maison, du lieu où il faut aller, envoyer. L'adresse d'une lettre. Une lettre à l'adresse de son père. J'en connais l'écriture, elle est de Bélisaire, Et le défaut d'adresse en marque le secret, ROTROU, Bélis. IV, 8. Elles avaient un billet d'adresse ; mais il n'en fut pas besoin; le cocher.... HAMILT. Gramm. 10. Grégoire thaumaturge écrit une lettre au diable; la lettre parvient à son adresse, VOLT. Phil. II, 371. Je ne doute pas que ce grand pays [la Grande-Grèce], où tout est grec, ne me fournît aisément de quoi vous intéresser et rendre mes lettres dignes de leur adresse, P. L. COUR. Lettr. 1, 149. On n'en trouverait aucun vestige [de Persépolis], si l'Araxe n'en donnait l'adresse, VAUGEL. Q. C. 309. || Fig. et familier. Cela va à l'adresse, est à l'adresse d'un tel, c'est-à-dire ce trait malin est dirigé contre lui. || Bureau d'adresse, établissement où l'on s'adresse pour obtenir des renseignements. || Figurément, bureau d'adresse se dit d'une maison où l'on débite beaucoup de nouvelles, ou d'une personne qui aime à savoir et à répandre les.nouvelles. Allant trouver celle-là, qui est un vrai bureau d'adresses, qui sait toutes les nouvelles, BOSS. Sil. 3. || 2° Écrit ayant pour objet une demande, une adhésion, une félicitation, etc., présenté par un corps constitué, par une réunion de citoyens. L'adresse de la chambre des pairs en réponse au discours de la couronne. La difficulté est qu'il n'y a point d'adresse aux évêques, BOSS. Lettr. Quiét. 446. Richard Cromwell n'emporta [de Whitehall] que deux grandes malles remplies des adresses qu'on lui avait présentées pendant son petit règne, CHATEAUB. Stuarts, 289. || 3° Habileté à s'y prendre soit dans les exercices du corps, soit dans les choses de l'intelligence. Son adresse à manier un fusil, un cheval. Un tour d'adresse. Persuadé qu'il fallait user d'adresse. Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse, CORN. Pomp. 1, 3. L'avis de Léonice est sans doute une adresse, ID. Rod. III, 2.... mais j'aurais tort d'instruire ton adresse, ID. Sert. 11,1. Toi, va par quelque adresse ADRESSER (a-drè-sé), v. a. || 1o Envoyer avec une XIII s. Nous otroions le pardon à tous ceux amuser sa visite, ID. Théod. III, 6. Et j'ai trouvé indication. Il leur adressa son ami avec beaucoup qui confès morront, por cest forfait adrecier, VILl'adresse, en lui faisant la cour, De relever mon sort de recommandations. Je vous ai adressé à l'homme LEH. 98, Dont fist li rois Richars atourner ses sur les ailes d'amour, ID. Méd. I, 1. Enfin, j'ai vu le qui pouvait le mieux vous renseigner. Je ne savais nés [nefs], et monta sour mer, et s'adrecha au monde et j'en sais les finesses; il faudra que mon où vous adresser ma lettre. Montrons l'ordre cruel plus droit et au mius qu'il pot vers Alemaigne, homme ait de grandes adresses, Si message ou pou-qui vous fut adressé, RAC. Baj. 1, 2. La voici mon et prist port, Chron. de Reims, p. 46. Belle Doette let de sa part peut entrer, MOL. Éc. des F. iv, 6. Il bonheur me l'adresse, ID. Brit. III, 2. || Mal adresser, s'est en estant dressie; Voit l'escuier, vers lui s'est soustrait d'adresse, et pour un bel ouvrage, donner une fausse adresse, une fausse indication. s'est adrecie, Romancero, p. 47. Vers une riviere ROTROU, Antig. 1, 2. Et puisse ton supplice à jamais Paix, voici votre père; le vilain usurier est avec lui. m'adresce, Que j'oi près d'ilecques bruire, la Rose, effrayer Tous ceux qui, comme toi, par de lâches -Vient-il demander ce que je lui dois? Il serait 104. En tex peris les met jonesce, Qui les cuers adresses, Des princes malheureux nourrissent mal adressé, REGNARD, Sérénade, IV. || 2° Par exten-à delit adresce, ib. 4486. Et tel sentier si furent les faiblesses, RAC. Phèd. IV, 6. Le ciel punit ma sion, adresser la parole à quelqu'un, lui parler di- fait pour soi adrecier de grant quemin [chemin] à faute et confond votre adresse, ID. Baj. II, 5. Vous rectement. Adresser une question, des vœux. Je ne autre, BEAUM. xxv, 2. Fai premier ce qu'il affert savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine vous adresse pas ce reproche. Il ne m'a pas trouvée à Dieu, et il te adrescera toutes ces autres besoisait cacher ses trompeuses adresses, ID. Mithr. 1, 5. assez bien faite pour m'adresser ses voeux, MOL. gnes, JOINV. 194. Li rois de France, qui sot [sut] ile éternellement mémorable par les conférences de Princ. d'Élide, v, 2. Mon esprit, il est vrai, trouve que il estoient là, s'adreça tout droit là pour comdeux grands ministres, où l'on vit développer toutes une étrange voie Pour adresser mes vœux au com- battre à eulx, ID. 404. Et se il ne vouloient adrecier les adresses et tous les secrets d'une politique si ble de leur joie, ID. l'Étour. IV, 2. Entre ceux la treve que il li avoient rompue.... ID. 261. Et se il différente... BOSS. Marie-Thérèse. Il avait eu l'a- qui t'adressent leurs veilles, BOLL. Disc. au Roi.i a aucune chose à amender, si l'amende et adresce dresse de sortir de prison, FEN. Tél. II. Les hommes Sur un plus digne objet adresse ta pensée, RO-[redresse], et les [tes sujets] tien en faveur et en sont fort pénétrants sur les petites adresses qu'on TROU, St-Gen. III, 6. Quoi! c'est lui dont les vœux amour, ID. 304.

ETYM. Voy. ADRESSER. Le sens propre de adresse est de mettre à droit, de là les sens divers: indication pour aller trouver quelqu'un; dans l'ancien français, chemin qui mène où l'on veut aller; puis manière d'aller à droit, c'est-à-dire dextérité. Bourguig. aidroisse; picard, adrèche; wallon, adièse. Dans le Berry, adresse signifie direction, et les adresses, comme au xvr s. les êtres d'une maison. ADRESSÉ, ÉE (a-drè-sé, sée), part. passé. Une lettre adressée au ministre. Cet homme adressé à un grand personnage. Coup bien adressé.... une victime à moi seule adressée, RAC. Andr. IV, 3. Je fixe ses regards à moi seul adressés, VOLT. Zaïre, 1, 1. Ce beau nom que l'amour grava dans votre coeur N'est point dans cette lettre à Tancrède adressée, ID. Tancr. II, 1.

REM. Pascal a employé adresser dans le sens de dresser: On les avertirait de l'embûche qu'on leur adresse, Prov. 11. C'est un archaïsme (voy. l'historique).

HIST. XII s. Face le sis prelaz en sa chartre lancier; Qu'il ne puisse jamais hors d'iluec repeirier; Iluec pourra, s'il volt, ses mesfeiz adrecier [redresser], Th. le Mart. 31.

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