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tenaient leurs erreurs. Il suit toujours son substantif: Un raisonnement affirmatif; une proposition affirmative.

HIST, XIII S. Quand la preuve chiet sur la parole afirmative et non pas sur la negative, Ass. de Jérus. 109. Li clerc si dient, et il dient voir, que negative ne doit pas queoir [tomber] en proeve, mais afirmative i queoit, por ce qu'on le [la] pot et doit prouver, BEAUM. XXXIX, 47. || xv s. Affirmatif d'une chose incertaine, CH. D'ORL. Bal. 111. || XVI S. Ils n'estiment point qu'un homme soit chrestien, si non qu'il s'accorde à toutes leurs determinations, tant affirmatives que negatives, GALV. Inst.

928.

ETYM. Affirmativus, de affirmare, affirmer (Voy. AFFIRMER); proveng, affirmatiu; espagn, afir mativo; ital. affermativo,

AFFIRMATION (a-fir-ma-sion; de cinq syllabes en poésie), s. f. || 1o Action d'affirmer. J'avais besoin de votre affirmation pour croire ce fait. || 2° En termes de logique, caractère d'une proposition affirmative. L'affirmation est opposée à la négation. || 3a En termes de palais, assurance avec serment. Prendre acte d'affirmation.

SYN. AFFIRMATION, AFFIRMATIVE. L'affirmation est l'action d'affirmer; l'affirmative est une proposition qui a la propriété d'affirmer. Il soutint son affirmation, il soutint ce qu'il avait affirmé; il soutint l'affirmative, il soutint la proposition qui affirmait une opinion.

HIST. XIII s. Et cix afirmemens doit estre provés par tesmoins ou par recort d'ommes, BEAUM. XXXIX, 48. || XIV s. Et aussi comme affirmacion et negacion sont en la pensée ou entendement, semblablement et proporcionellement sont en l'appetit prosecution et fuite, ORESME, Eth. 174.

ETYM. Affirmatio (voy. AFFIRMER); provenç. affirmatio; espagn. afirmacion; ital. affermazione. Affirmation ne parait être que du xiv s.; auparavant on a dit afirmement. AFFIRMATIVE (a-fir-ma-ti-v'), s. f. Voy. AFFIR

MATIF.

AFFIRMATIVEMENT (a-fir-ma-ti-ve-man), adv. D'une manière affirmative. Nous croyons qu'il est ridicule de parler affirmativement et avec chaleur de quoi que ce soit, VAUVEN. Sur les anciens et les

mod.

AFFIRMÉ, ÉE (a-fir-mé, mée), part. passé. [Dans la magie] Il y a des faits embarrassants affirmés par des hommes graves qui les ont vus, ou qui les ont appris de personnes qui leur ressemblent, LA BRUY, 14.

AFFIRMER (a-fir-mé), v. a. || 1o Assurer qu'une chose est vraie. Affirmer avec serment. J'ose affirmer que.... Ne rien affirmer. || 2o En termes de logique, exprimer l'affirmation. Toute proposition affirme ou nie. || 3. En termes de palais, jurer, assurer par serment.

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FIXE).

+AFFLEURAGE (a-fleu-ra-j'), s. m. || 1° Action de délayer la pâte du papier. | 2o Se dit de la farine lorsqu'elle rend beaucoup.

†AFFLEURANT, ANTE (a-fleu-ran, ran-t'), adj. Terme de papeterie. Il se dit d'une pile qui délaye la pâte à maillet nu.

AFFLEURÉ, ÉE (a-fleu-ré, rée), part. passé. || 1o Mis de niveau. Deux planches exactement affleurées. Les bords étaient affleurés par l'eau qui croissait encore. || 2° En termes de géognosie, stratifications affleurées, stratifications, qui, en raison de leur épaisseur croissante, se rapprochent de la direction horizontale.

SYN. AFFLICTION, DOULEUR, L'idée commune à ces mots est de représenter notre âme comme sujette à une action qui lui cause du mal. La différence est que affliction porte l'esprit sur une cause qui a agi, tandis que, dans douleur, l'action de la cause est présente. On éprouve de la douleur; reçoit une affliction; mais, lorsque le coup est porté, être plongé dans la douleur ou être plongé dans l'affliction est d'une synonymie à peu près complète.

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HIST. XI S. [Qu'il] les prie et serve par grant afflictiun, Ch. de Rol. ccxxXVII. || XII s. [II] s'en est entrez à grant affliction, Ronc. p. 116. Quant ert entré laenz, dunc jut en oreisun, E en plur e en lermes e en afflictiun, Th. le Mart. 101. Certes je prierai al seignur de vertuz: Venge le sanc des tuens, Deus, qui est espanduz, E les afflictiuns, dunt numbres est ous [eu], ib. 76. || xins. Humeliez me sui en afflictions; sire Dieux, met moi en vie pardurable, Psautier, fo 146. || XIV s. Si comme aucune afflicion ou peine corporel, ORESME, Eth. 49. Car eulx punissent et establissent peines et afflic tions à tous ceux qui font mal, ID. ib. 72. || XVIo S. † AFFLEUREMENT (a-fleu-re-man), s. m. 1° Ac- Il n'appartient pas aux fideles d'affliger [frapper, tion d'affleurer; état de ce qui est affleuré. || 2 En punir] ne faire nuisance. Mais aussi ce n'est pas termes de mines, condition d'un filon qui se rap-faire nuisance ni afliger, de venger par le manproche de la surface du sol, dement de Dieu les afflictions des bons, CALVIN, Inst. 1198. Ils s'attendoient bien de recepvoir toutes les plus extremes afflictions et peines, que peuvent souffrir les vaincus d'un vainqueur justement indigné, AMYOT, Démétr. 55.

+AFFLEURÉE (a-fleu-rée), s. f. Terme de papeterie. Pâte fournie par une pile affleurante.

AFFLEURER (a-fleu-ré), v. a. 1° Mettre de niveau deux corps contigus, de manière que l'un ne fasse pas saillie sur l'autre. Affleurer les battants d'une armoire. 2° En termes de physique, enfoncer dans un liquide jusqu'à une marque précise. Affleurer un aréomètre. || 3o Arriver jusqu'à être de niveau. La rivière affleure ses bords. || 4° Etre tangent, en parlant du fil à plomb. || 5° V. n. Ces pièces de bois affleurent bien, elles sont bien de niveau. || 6 En termes de tourneur, rendre uni. || 7° Délayer la pâte du papier. || 8° Mêler ensemble de l'orge, du seigle et du froment.

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AFFLIGE, ÉE (a-fli-jé,jée), part. passé. || 1o Atteint d'un malheur. Affligé d'une peste terrible. Affligé d'un cancer. Affligé par tant de maux. [Gens] qui, par la délicatesse de leur complexion ou le dérangement de leur santé, sont affligés de fréquentes maladies, d'infirmités habituelles, souvent même de HIST. XVI® s. Ces remedes repoussent le sang douleurs très-aigues, BOURD. Pensées, t. I, p. 217. et les autres humeurs qui affleuroient à la partie, à|| 2° Qui a de la tristesse. Il est très-affligé de cette cause de la douleur et inflammation, PARÉ, X, 8.

ETYM. À et fleur (voy. FLEUR). On a dit dans le XVI s. fleurer: Enterrés des grands vazes de terre ou de bois, jusques à la gueule fleurans le plan de la terre, o. DE SERRES, 625.

+AFFLEURIE (a-fleu-rie), s. f. La fine fleur de la farine.

mort. Un cœur affligé. Une âme affligée. Il parut presque aussi affligé que moi, il versa des larmes, FEN. Tél. xv. Combien de fois l'a-t-on vu inquiété de leur salut, affligé de leur résistance, consolé par leur conversion! BOSS. Louis de Bourbon. Sa mort m'a changée D'implacable ennemie en amante affligée, CORN. Cid, v, 7. || On dit par antiphrase: Il est affligé de cent mille livres de rente, d'une santé robuste. || 3° Substantivement. Il est bon de consoler les affligés, de compatir à leurs peines et de les secourir dans leurs besoins, BOURD. Pensées, t. 1, p. 212. Quoi que j'aie pu dire ailleurs, peut-être que les affligés ont tort; les hommes semblent être nés pour l'infortune, LA BRUY. 44. || On fait suivre affligé de de REM. Bien que afflictif se dise particulière avec un infinitif ou de que avec le subjonctif: Je suis ment au féminin et dans la locution, peine afflic-affligé de voir les choses en cet état. Je suis affligé tive, il n'y a cependant aucune raison pour ne pas que vous ayez perdu votre procès. employer ce mot au masculin et d'une façon générale.

ETYM. A et fleur.
AFFLICTIF, IVE (a-fli-ktif, kti-v'), adj. Qui
frappe directement la personne. Ce qu'il y a d'afflic-
tif dans les peines, Peines afflictives. On y voit l'es-
prit du vainqueur dans les peines afflictives, MON-
TESQ. Esp. XXVIII 1. Il ne se place qu'après le
substantif.

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HIST. XII S. Mais il ne voleit pas la cote verte oster; Kar jo quid bien pur veir, e sil puis afermer, Qu'il out desuz [dessous] la haire, qu'il ne volt pas mustrer, Th. le mart. 162. || XIIIe s. Lors fu mandé li messager que Salehedin i avait envoiié, si lor fu AFFLICTION (a-fli-ksion; de quatre syllabes en poédit et affremé que il averoient bataille au jour que sie), s. f. || 1° Peine morale. Profonde affliction. Etre il avoient requis, Chr. de Rains, 26. Seigneur, se plongé dans l'affliction. Si vous voyez quelqu'un là fussiés, por voir vous puis conter, Très bien dans l'affliction. Le temps amortit les afflictions. peussiés dire et pour voir afermer Qu'ainc ne veïs- Dieu, qui voyez mon trouble et mon affliction, tes gent si vaillament errer, Ch. d'Ant. v. 401. Se li RAC. Athal. v, 7. Quelque soulagement pour votre barons [mari] revient.... et dist que li enfant sont affliction, CORN. Hor. v, 2. Les enfants ont des bastart, en afermant qu'il ne fu el pais par nuit ne joies immodérées et des afflictions amères sur par jor, BEAUM. XVIII, 14. || XIV s. Il avait donné à de très-petits sujets; ils ne veulent point souffrir de entendre de bouche et affermé aux dits courretiers.... mal et ils aiment à en faire : ils sont déjà des homBibl. des Chart. 2a série, t. III, p. 424. || xv° s. Les mes, LA BRUY. 11. Si, de tous les hommes, les uns Auglois se vantoient et affermoient que [les Bretons] mouraient, les autres non, ce serait une désolante les avoient mandés, et se tenoient leurs soudoyers, affliction que de mourir, ID. 11. Soyons tous dans FROISS. II, II, 68. || XVI s. Clitomachus affermoit les larmes, retranchons toutes les visites, comme n'avoir jamais sceu.... MONT. II, 238. Peu de gents au jour d'une grande affliction.... BOSS. Pensées faillent, notamment aux choses malaysées à persua- chrét. 7. Pendant que tant de mondains sur la terre der, d'affermer qu'ils l'ont veue, ID. IV, 179. Syl-nous assurent encore tous les jours et nous prenvestre la [la puissance du papel prefere à tous con-nent à témoin qu'il n'y a pour eux dans le monde ciles et tous decrets, affermant que toute la vertu qu'amertume, que trouble et affliction d'esprit.... de l'Escriture depend d'icelle, SLEIDAN, F. 3. La mere afferma qu'elle avoit conceu les deux enfants du Dieu Mars, AMYOT, Rom. 6.

ETYM. Affirmare, de af pour ad (voy. A), et firmare, rendre ferme (voy. FERME et FERMER); provenç. affermar; espagn. afirmar; ital. affermare. Affirmer est la forme moderne du mot, dont affermer est la forme ancienne (voy. aussi AFFERMIR). On a dit affermer dans tout le cours de la langue, même au XVI s., conformément à l'analogie française qui de firmus avait fait ferme, et qui, par conséquent, d'affirmare faisait affermer. Ce n'est qu'au XVII

SYN. AFFLIGE, ATTRISTÉ, FÂCHÉ, MORTIFIÉ. L'idée commune à ces quatre mots est, péniblement affecté. Mais attristé, venant de triste, indique quelque chose de général : on est attristé par tout ce qui cause la tristesse, aussi bien par des événements malheureux que par des modifications intérieures de l'âme. Une journée pluvieuse peut nous attrister, mais elle ne nous afflige pas. Affligé au contraire suppose un mal considérable qui nous est arrivé : on est affligé de la perte de ce qu'on aime, des malheurs publics. Fâché a le même sens, qu'il se rapporte à des peines moins grandes et surtout à des contrariétés. On fàche quelqu'un en suscitant sa mauvaise humeur; on l'afflige en portant des coups à son cœur. Mortifié s'adresse à l'amourpropre. On est mortifié d'une défaite, d'un manque d'égards, d'un refus d'honneur, des fautes qu'on a commises, d'un affront.

sauf

AFFLIGEANT, ANTE (a-fli-jan, jan-t'), adj. Qui afflige, qui cause de l'affliction. Des infirmités affligeantes. Cette vue est affligeante. A peine leur resteBOURD. Pensées, t. 1, p. 456. Calypso ressent une t-il quelque lueur pour se conduire; situation afflinouvelle fureur, voyant que l'affliction augmente la geante et presque accablante.... BOURD. Pensées, t. 11, beauté d'Eucharis, FEN. Tél. VII. || 2o Malheur, tri- p. 19. || Il est affligeant de, loc. impers. Il est falbulation. Il succomba sous les afflictions. Les pertes, cheux, triste de. Il est affligeant de voir comme ils se les afflictions, les disgraces. L'affliction et la mi-conduisent. || On peut mettre cet adjectif avant son sère publique dans les empires. Si toutes ces souf- substantif, quand l'harmonie le permet : Une noufrances et toutes ces afflictions étaient prises, ac- velle affligeante et Cette affligeante nouvelle. ceptées, offertes en sacrifice et présentées par un AFFLIGER (a-fli-jé. On met un e muet après le esprit de foi, tout profiterait alors pour la vie éter-g devant l'a et l'o), v. a. || 1 Causer un grand nelle, et rien ne serait perdu, BOURD. Pensées, t. I, dommage, désoler, tourmenter. De longues guer p. 215. Dans mes afflictions, dans toutes mes tra- res ont affligé l'Europe. Un grand malheur eut verses et tous les chagrins inséparables de la mi-affligé l'Etat. Etre affligé d'une maladie cruelle. Le

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† AFFLOUER (a-flou-é), v. a. Terme de marine. Ramener un bâtiment échoué à un endroit où il y a assez d'eau pour qu'il flotte.

ETYM. A et flot.

folé. || 2° En termes de marine, déranger l'aiguille aimantée. Un coup de foudre qui frappa le bâtiment, affola la boussole. || 3° S'affoler, v. réfl. S'affoler de quelqu'un, de quelque chose. Voyez-vous pas de tous côtés De très-décrépites beautés.... S'affoler de dévotion? VOLT. Ep. 31.

choléra, parti de l'Inde, vint affliger l'Occident. La
guerre est le plus grand des maux dont les dieux affli-
gent les hommes, FÉN. Tél. x. Je serai du parti qu'af-
fligera le sort, CORN. Hor. 1, 1. Il affligera d'impôts la
gloire du royaume, PASC. Proph. 25. Quand la mort AFFLUENCE (a-flu-an-s'), s. f. || 1° Écoulement
affligeait un corps innocent, PASC. édit. Cousin. Si abondant d'eau, de liquides. L'affluence des eaux fit
le ciel.... Veut encor m'affliger par une longue vie, déborder la rivière. L'affluence des humeurs. || 2° Fig. HIST. XII S. [Je] Chanterai pour mon courage,
RAC. Bérén. III,1. Tout cela [les pénitences imposées Grande abondance de choses. Une affluence con Que je veuil reconforter; Car avec [malgré] mon
par le confesseur] devient impossible; pourquoi ? sidérable de marchandises. Le bonheur du peu- grant domage, Ne veuil mourir n'afoler, Dame de
Parce que tout cela afflige les sens et qu'on ne pré-ple ne consiste pas seulement dans l'affluence des Faiel dans Couci. Plus est ferms que la piere qui
tend rien leur retrancher de leurs commodités fruits de la terre, FEN. t. XXII, p. 375. Cette affluence, siet sur vive mole; Vicaries est saint Pierre, bien
et de leurs aises, BOURD. Pensées, t. I, p. 340. De ce crédit, cette autorité, ces titres, ces trésors, seis, n'est pas ventvole; Duns, presens ne preiere jà
quelles austérités affligez-vous votre corps? ID. ib. voilà ce que Dieu abandonne indifféremment au vice nel muet ne afole, Th. le Mart. 86. || xIIIe s. Nule autre
p. 352. L'on s'insinue auprès de tous les hommes, et au libertinage, BOURD. Pensées, t. 1, p. 331. L'au chose ne demant, Ne me sers jamès autrement, Et
soit en les flattant dans les passions qui occupent guste maison d'Autriche, où, durant l'espace de lesse ta pensée fole Et le fol Dieu qui si t'afole, la
leur âme, ou en compatissant aux infirmités qui af- quatre cents ans, on ne trouve que des rois et des em- Rose, 6928. || XVI s. Carneades s'en trouva si affolé
fligent leur corps, LA BRUY. 11. 2° Causer de l'af- pereurs et une si grande affluence de maisons roya- [de la soif de savoir] qu'il n'eut plus le loisir de se
fliction. Cette mort nous afflige. Peu de chose nous les, avec tant d'Etats et de royaumes, qu'on a prévu, faire le poil et les ongles, MONT. I, 181. En espan-
console, parce que peu de chose nous afflige. Je viens il y a longtemps, qu'elle en serait surchargée, Boss. dant toutes ces mocqueries sur cet homme, qui, au
de l'affliger, c'est à moi d'adoucir Le déplaisir mortel Marie-Thérèse. || 3° Grand concours de monde. Af-demourant, n'estoit pas guere sage, ils le gasterent et
qu'elle a dû ressentir, VOLT. Zaïre, III, 1. Il m'adore, fluence extraordinaire. Au milieu de l'affluence des l'affolerent encore davantage, AMYOT, Démétr. 17.
Phædime, et les mêmes douleurs Qui m'affligeaient ici spectateurs. Il y eut une grande affluence à ses ob- Ceste passionnée affection de Dionysius estoit un mal-
le tourmentaient ailleurs, RAC. Mithr. II, 1. Je l'afflige- sèques. Les habitants sortaient des villes et des heur à Platon, car il en estoit affolé, ne plus ne
rais trop si j'osais achever, ID. Phèd.v, 3. Son visage bourgades en affluence. L'affluence des étrangers moins que sont les jaloux de leurs amours, ID. Dion,
odieux m'afflige et me poursuit? ID. Esth. 11,1. J'ai dans cette ville.
19. Heureux celui que ta folie [Calliope] affole, RONS.
tantôt sans respect affligé sa misère, ID. Iphig. III, 1. SYN. AFFLUENCE, CONCOURS. Il n'est pas besoin 397. Elle vouloit, tant le plaisir l'affole, Tout à la
O Dieu, vous plaît-il de m'abaisser ou de m'élever, d'indiquer que ces deux mots diffèrent essentielle fois desgorger sa parole, ID. 642.
de m'affliger ou de me consoler, de traverser mes des- ment de multitude et de foule, par l'idée de mou-
seins ou de les favoriser? BOURD. Pensées, t. II, p.73. vement qui y est incluse. Concours et affluence se
|| Par extension. Ils voudraient toucher les cœurs et confondent souvent; pourtant toutes les fois qu'il
ne font qu'affliger les oreilles. 3° Mortifier. Vous importera de distinguer l'arrivée en masse d'une
pouvez réparer, en affligeant votre chair, vos volup-foule ou l'arrivée successive d'une foule, on se ser-
tés criminelles, MASS. Car. Vocation. L'austérité vira dans le premier cas de concours et dans le se
d'une haire presque perpétuelle affligeait l'innocence cond d'affluence.
de son corps [de Saint-Louis], ID. St Louis. J'ai af-
fligé mon âme par le jeune, ID. Resp. Comment as-tu
pensé.... que, pendant que tu te permets tout, tu
eusses le droit d'affliger tous mes désirs? MONTESQ.
Lettr. pers. 161. || 4° S'affliger, v. réfl. Eprouver de
ETYM. Provenç. et espagn. afluencia; ital. af-
l'affliction. S'affliger des malheurs d'un ami. Je m'affluenza; de affluentia, de affluens (voy. AFFLUENT).
flige de voir que.... La contrition est une douleur et,
AFFLUENT, ENTE (a-flu-an, an-t'). || 1° Adj. En
par conséquent, un acte de la volonté qui s'afflige, parlant d'un cours d'eau, qui a son embouchure dans
qui hait, qui déteste, BOURD. Pensées, t. I, p. 288. un fleuve ou dans une autre rivière. Le Rhin et les
Sans vous en affliger, présumez avec moi.... CORN. rivières affluentes. || 2° S. m. L'Indre et le Cher sont
Poly. 1,3. Ne nous affligeons point vainement l'un et des affluents de la Loire. La Seine a de nombreux
l'autre, RAC. Baj. III, 4.
affluents. || On le dit aussi des fleuves qui se jettent à
la mer. Le Danube est un des affluents de la mer
Noire. || 3° Adj. En termes de médecine, se dit des
humeurs qui se portent en abondance dans quelque
partie. Sang affluent; sérosité, salive affluente.
ETYM. Affluer.

-HIST. XII°s. Par veue et par oïe eret il justes, si manoit entre ceaz ki de jor en jor afflient l'arnme [âme] del juste par lor malvaises cevres, Job, 441. Cant la severiteiz de la deventriene [intérieure] visitation enflammet l'afflite pensée encontre soi-mimes.... ib. 484. Elyphas, qui premiers entre les amis Job parolet, si forvat juske al ramponnement del afflit, ib. 476. XIII s. C'est le Baudrain qui fist nostre roi si affire Que par force le fist desus son arçon gire, Du CANGE, affligere. | xv s. Et vers la nuit les Ecossois.... prindrent le roy qui moult estoit las et afflict, J. DE TROYES, Chron. 1465. || XVIos. Affligé de longue hydropisie.... MONT. II, 26. J'ay aultrefois esté employé à consoler une dame vrayement affligée, ID. III, 291. Il n'est pas raisonnable de laisser et abandonner l'affligé en son affliction sans luy donner quelque reconfort, AMYOT, Démosth. 31. Nous souspirons avec les affligés, compatissons à leur mal, CHARRON, Sagesse, 1, 33.

ETYM. Wall. affligi, bossu; de affligere, de ad (voy. A) et fligere, frapper. Fligere est le même que le grec nyelv (voy. PLAIE). Le latin affligere, ayant l'accent sur fli, n'aurait pu donner, que par méprise de conjugaison, affliger; aussi ne l'a-t-il pas donné dans l'ancien français. Le verbe y est aflire et le participe aflit, de afflictus. C'est au XVI siècle que affliger, calqué sur le latin, a fait oublier l'ancienne forme régulière.

+AFFLORINEMENT (a-flo-ri-ne-man), s.m. L'ensemble de l'évaluation des fiefs. D'autres gentilshommes ont demandé si c'est mon père ou moi qui paye l'afflorinement des fiefs, terme barbare que j'espère voir bientôt bannir de la langue provençale, MIRAB. Collect. t. 1, p. 415.

-HIST. XVI s. Et non seulement vescurent en affluence plantureuse de tous biens, ains encores amasserent ilz de l'argent pour l'entretenement de la guerre, AMYOT, Timol, 34.

ETYM. A et fou (voy. Fou); provenç. afolir. +2. AFFOLER (a-fo-lé), v.a. Blesser, endommager, léser. Ce qui me console, C'est que la pauvreté comme moi les affole, REGNIER, Sat. I. Il m'a perdue, il m'a toute affolée, LA FONT. Papef. || Ce mot est tombé en désuétude.

HIST. XII S. Defendez-moi de honte et d'afoler, Ronc. p. 2. Jà fust Rolant et mors et afolé, ib. p. 91. L'on ne doit pas son baron afoler [faire tort à], ib. p. 180. Lors verrez vous son corps destruire et afoler, "b. p. 201. || x1 s. Miex vosisse, voir, qu'afolé M'eûst l'en d'un pié ou d'un oil, Ren. 5558. Sunt en terre establi li juge.... Por ceus pugnir et chastoier Qui,por ceste amor renoier, Murdrissent les gens et afolent, Ou ravissent, emblent et tolent, la Rose, 5490. Mès li archiers qui moult s'efforce De moi grever et moult se paine, Ne m'i lest mie aler sans paine; Ains m'a fait, por miex afoler, La tierce floiche au cuers voler, b. 1771. Ne voil ge pas que les gens aiment De cele Amor dont il se claiment En la fin las, chetis, dolant, Tant les va amors afolant, ib. 4364. N'ert pas grans los, si con je cuit, Se il les deus enfans afole, Fl. et Bl. 3020. Si comme se uns hons convenence à un autre qu'il tuera un home por cent livres, ou afolera, ou batera.... BEAUM. XXXIV, 2. Si est aussi comme s'on me prestoit un ceval de vingt livres sain de toz membres, et il afoloit avant que je le rendisse, ib. XXXIV, 18. Se je l'ai servi de ronci [cheval] sain, et il l'afole tant comme il le tient, ID. XXVIII, 5. Sur ses piez. tu acolas [tes cheveux] En baisier les, et en mouiller De tes lermes dont feis courcier [courroucer] Dyables HIST. XIV s. Ge donne et laisse à tousjours mès que lors tu affolas, J. DE MEUNG, Tr. 888. || xvo S. aux paroissiens affluans chacun an en l'eglise Grand foison y en eut de mors et d'affolés, Bouciq de Juigné au jour de Pasques.... DU CANGE, recep-1, ch. 30. [Messire Olivier d'Auterme et autres] se

AFFLUER (a-flu-é), v. n. ||1° Couler vers. Les fleuves affluent dans la mer. Le sang afflue vers le cœur. 2° Fig. Abonder, survenir en grande quantité. Les biens, les honneurs, tout leur afflue. Voilà pourquoi tout afflue à Paris, J. J. ROUSS. ÉM. V. 3° Survenir en grand nombre. Les étrangers affluent à Paris. On affluait à Rome de toutes les parties du monde.

tio.

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FLUX).

ETYM. Affluxus, de ad, à, et fluxus, flux (voy.

contrevengerent sur des navieurs de la mort de leur ETYM. Affluere, de ad,à, et fluere, couler (voy. cousin et les decouperent trop vilainement.... et les FLUX). renvoyerent à Gand ainsi affolés.... FROISS. II, II, AFFLUX (a-flu), s. m. Terme de médecine. Ac-61. Luy sembloit [au roy] que son pays [du duc de tion d'affluer, en parlant des liquides du corps. L'af- Bourbon] estoit foible et que tantost l'auroit affolé. flux du sang vers la tête. COMM. 1, 2. || XVI s. Vous nous affolerez de coups, monsieur, cela est seur, RAB. Pant. IV, 16. Et leur sembloit que c'estoit affoler les mysteres de Venus que de les oster du retiré sacraire de son temple, MONT. II, 350. Les flesches, pierres et traictz les alloient assener jusques là où ilz estoient escartez au loing, de maniere qu'il y en eut beaucoup affolez, AMYOT, Marcel. 25. Ilz venoient à deschirer leurs playes davantage, et consequemment à se perdre et affoler eulx mesmes, ID. Crass. 47.... Qu'il ne chaloit point aux dieux, si aucun s'estant affolé un pied [boiteux] venoit à estre roy, mais..., ID. Agésil. 4. ̧

+ AFFOLAGE (a-fo-la-j'), s. m. Maladie des anémones qui les fait pousser en feuilles et les empêche de fleurir.

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- ETYM. Affoler, 1.

AFFOLE, ÉE (a-fo-lé, lée), part passé. || 1° Rendu fou et, par extension, qui aime d'une manière folle. Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandre, MOL. Méd. m. lui, III, 7. || 2o En termes de marine, aiguille affolée se dit de l'aiguille d'une boussole qui est dérangée soit par le voisinage du fer, soit par un orage.

fAFFOLEMENT (a-fo-le-man), s. m. Action de devenir fou et surtout fou par amour.

ETYM. À et florin. En Provence les contribu-
tions étaient réparties entre les trois ordres. C'é-
taient les biens et non pas les personnes qui les
devaient. La noblesse répartissait entre les fiefs la HIST. XVIe s. Lorsqu'Apollon vient troubler sa
part d'impôt qui retombait à sa charge. A cet effet, prestresse De son divin et sainct affollement.... Du
la valeur de chaque fief était représentée par un BELLAY, V, 34, verso. Ta raison toujours attrempée
certain nombre d'unités qu'on nommait florin. Le Ne veut souffrir estre trompée Par leur mignard
florin, monnaie de l'empire, n'était plus en Pro-affolement [des passions et des plaisirs], RONS.
vence, ni une monnaie de compte, ni une monnaie 519.
ayant cours; c'était une mesure commune qui servait 1. AFFOLER (a-fo-lé; dans le xvi s. Palsgrave,
à estimer le prix et le revenu de chaque fief. p. 23, recommande de prononcer les deux f), v. a.
AFFLOUAGE (a-flou-a-j'), s. m. Terme de ma- | 1o Rendre fou, et particulièrement rendre fou d'a-
rine. Action d'afflouer un pavire
mour. Il y a de quoi l'affoler. Cette femme l'a af-

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- ETYM. Bas-lat. afforagium, du bas-lat. afforare, mettre un prix, de af pour ad (voy. A), et forum, marché (voy. FOR, FUR, FORUM). +AFFORER (a-fo-ré), v. a. Terme de féodalité. Mettre le prix aux vins, aux denrées. +AFFORESTAGE (a-fo-rè-sta-j'), s. m. Droit d'usage qu'on exerce dans une forêt. +AFFORESTER (a-fo-rè-sté), v. a. Concéder un droit d'usage dans une forêt.

ÉTYM. A et forêt.

seigneurial en ladite ville de Laigny, appellé droit | vous marchez sur la terre semblables aux esprits | niers, mais affranchir des esclaves, des serfs. L'af d'afforaige ou tavernerie, DU CANGE, afforagium. célestes, BOSS. Letellier. Sortis des figures qui pas franchissement ne s'applique qu'au passage d'une sent et des ombres qui disparaissent, nous arri- condition sociale à une autre; la délivrance s'applivons au règne de la vérité, où nous sommes af- que à toute sortie hors d'une situation où la liberté franchis de la loi des changements, In. duch. d'Orl. nous est ôtée. Quant au sens métaphysique, ces deux Sans attendre, comme d'autres, qu'on lui fasse hon- mots se confondent beaucoup. nêteté pour l'inviter à monter plus haut, il se croit affranchi de cette loi de hiérarchie et prévient de lui-même cette cérémonie, BOURD. Pensées, t. II, p. 104. Il demandait à Dieu d'être affranchi de l'esclavage où le vice le tenait captif et comme enchaîné, ID. ib. t. 1, p. 284. D'une si longue erreur pleinement affranchie, CORN. Cinna, v, 3. Promettez : affranchi du péril qui vous presse, Vous verrez de quel poids sera votre promesse, RAC. Baj. II, 3. || 2° Substantivement. Esclave à qui on a donné la liberté. Horace était fils d'un affranchi. Une affranchie. Rome à trois affranchis fut longtemps asservie, RAC. Brit. 1, 2. Jamais un affranchi n'est qu'un esclave infâme; Bien qu'il change d'état, il ne change point d'ame, CORN. Cinna, IV, 7. Un affranchi vient lui parler en secret: c'est Parménon, qui est favori, qu'elle soutient.... LA BRUY. 3. ETYM. Bas-lat. affoagium, du bas-lat. affo-3° Fig. Il n'y eut que les trois affranchis du parcare, mettre au foyer, de ad, à (voy. A), et focus, lement, Noailles, Canillac et d'Effiat, qui troufoyer (voy. FEU). vèrent cette grâce [faite au premier président] bien placée, ST-SIMON, 454, 139.

AFFOUAGE (a-fou-a-j), s. m. Droit de prendre dans une forêt la quantité de bois nécessaire pour se chauffer, ou répartition, entre les habitants d'une commune, du bois dont ils ont la propriété en commun. Entretien en combustibles d'une usine. I Terme d'anciennes coutumes. Droit sur chaque feu

ou maison.

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HIST. XIV S. Donnons encore aus diz religieux l'affouage pour le four, et pour leur affouage de la dite maison à prendre dou mort boys, Du CANGE, affoagium.

ETYM. Voy. AFFOUAGE. +AFFOUILLEMENT (a-fou-lle-man, 17 mouillées), 8. m. Action produite par les eaux dont le courant a fouillé, a dégradé un ravin, une pile de pont, une berge. Il faut réparer le dommage causé par cet affouillement.

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- ETYM. A et fouiller.

AFFOURAGE, EE (a-fou-ra-jé, jée), part. passé. +AFFOURAGER (a-fou-ra-jé), v. a. Donner du fourrage sec aux bestiaux à l'écurie, à l'étable ou à la bergerie.

-

HIST. XIV S. Et quant Grisilidis au vespre re venoit et ramenoit ses bestes à l'hostel de son pere, elle les affouragoit, Ménagier, 1, 6. Que vos bestes soient bien afouragées pour la nuit, ib. II, 3. || XVI s. Qu'on se donne bien garde de les desdaigner de manger par trop de viande, comme cela avient quand desordonnement on les affourage, le trop leur ostant l'appetit, O. DE SERRES, 282.

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HIST. XII s. Vendre [elle] me peut ou donner, Ses sers [je] sui sans racheter; Jà ne m'en quier afranchir, Couci, p. 123. || xIII's. Se clers est marceans, il ne pot pas afrancir se [sa] marceandise par le priviliege de se [sa] clergie, BEAUM. XI, 36. I laist bien à afranquir ses enfans et non à aservir, ID. XLV, 21. || XIV s. Et se tu veus dire que tu ne Es mie subgès de fortune, Et que ta grant attrasion [descendance] Afranchist ta condition, MACHAULT, p. 96. || xv s. Nous voulons que tu nous affranchisses à tous les jours du monde [les paysans révoltés au roi d'Angleterre], FROISS. II, II, 113. || XVIo S. A fin que sa mort l'affranchist de l'obligation.... MONT. I, 30. Qu'ils les delivroient de toutes garnisons, et affranchissoient de toutes tailles, subsides et impots, AMYOT, Flamin. 19. Trouvant un fossé, le voulut affranchir: et l'ayant sauté.... PARÉ, XIX, 7. Ceux des quartiers de Bordeaux qui vendent le bois avec le vin ne se peinent que d'affranchir [purifier] leurs tonneaux neufs pour une seule fois, 0. DE SERRES, 205, etc. Mesme les beliers sont affranchis [purgés de mauvais goût] par le chastrement, bien que longuement ils aient servi à saillir les brebis, ID. 222.

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ETYM. Provenç. afranquir, afrancar; espagn. afrancar; ital. affrancare; de af pour ad (voy. A), et franc, adj.

AFFRANCHISSEMENT (a-fran-chi-se-man), s. m. || 1 Action d'affranchir. L'affranchissement de ces esclaves. L'affranchissement des colonies qui devinrent les Etats-Unis. || 2° Exemption de charges, d'impôts. L'affranchissement d'une terre, d'une ville,

8° Acquittement préalable des frais de port soit d'une lettre, soit d'un paquet. L'affranchissement des journaux et des circulaires est obligatoire. || 4° Affranchissement de l'esprit, de la pensée. La possession de ces vérités, l'affranchissement de ces erreurs ne sauraient être plus longtemps le privilége exclusif des naturalistes. || 5o Terme de jardinage. Etat d'un arbre affranchi.

+AFFOUAGEMENT (a-fou-a-je-man), s. m. Terme d'ancienne administration. Impôt payé par feux. Les AFFRANCHIR (a-fran-chir), v. a. || 1° Rendre fonctions des municipalités consistent principale-franc, exempt d'impôt. Le roi affranchit cette ville de ment à choisir et à établir des impositions suffisan- la taille. Cette marchandise est affranchie de tous tes pour produire la somme qu'exige la quotité de droits à l'entrée. || 2° En termes de féodalité, affranleur affouagement,'opération très-simple, qui rend chir un héritage, libérer un héritage de quelque en quelque sorte l'impôt volontaire par le choix de servitude, de quelque charge. || 3° Affranchir une ceux qui doivent le supporter, MIRAB. Collect. t. II, lettre, un paquet, en payer le port en envoyant la p. 378. lettre, le paquet. I 4 Rendre libre. Affranchir un esclave. Les noirs des colonies ont été affranchis moyennant indemnité. Thrasybule affranchit des trente tyrans la ville d'Athènes. Dieu ayant affranchi son peuple de la tyrannie des Egyptiens, BOSS. Hist. 1, 4. La gloire d'affranchir le lieu de ma naissance, CORN. Cinna, III, 3. je veux l'affranchir ensemble et la venger, ID. ib. II, 2. Et d'un si rude joug affranchissons ces lieux, ID. Nic. IV, 6. || 5° Délivrer, en général, de ce qui gêne. Affranchir d'un tribut, de la crainte, du chagrin. || 6° Figurément. Délivrer d'un mal. Si je puis de sa honte affranchir mon époux, CORN. Hor. v, 3. Allons donc -HIST. XVI S. Il y feit proclamer publiquement l'affranchir de ces frivoles craintes, ID. Pomp. III, et solennellement la delivrance et affranchissement 3. Combats pour m'affranchir d'une condition Qui general de toute la Grece, AMYOT, Flamin. 20. Par me livre à l'objet de mon aversion, ID. Cid, v, 1. divers moyens l'on parvient à tel affranchissement J'attendais que, le temple en cendres consumé, [purification des tonneaux], tels que ceux qui s'enElle vint m'affranchir d'une importune vie, RAC. suivent, o. DE SERRES, 205. Et suffit pour tout af Athal. v. 2. J'aurai d'une rivale affranchi votre franchissement [pour ôter le mauvais goût aux béliers] amour, ID. Baj. v, 6. On affranchit Néron de la d'estordre les genitoires, puisqu'avec la force enfoi conjugale, ID. Brit. III, 3, .... vos invincibles gendrante s'esteint de mesme la chaleur qui en mains Ont de monstres sans nombre affranchi les rend mauvaise la chair, ID. 223. Cest affranchissehumains, ID. Phèd. v, 3. 7° En termes d'équita- ment se pratique à souhait es meuriers de tous aation, affranchir un fossé, sauter par delà. || 8 Af-ges.... sur les plus petits arbres de la bastardiere, franchir un tonneau le nettoyer, le purifier, o. DE SERRES, 464. quand le bois est neuf. || 9° Affranchir un animal, le ETYM. Affranchir; provenç. afranquiment. châtrer. || 10° Terme de marine. Affranchir la pompe, lui faire jeter une quantité d'eau plus considérable que celle qui entre dans le bâtiment. || 11° S'affranchir, v. réfl. A Rome, les esclaves pouvaient s'afAFFOURCHER (a-four-ché), v. a. || 1° Mettre à franchir à l'aide de leurs épargnes. Tel fut l'accord califourchon. Affourcher un enfant sur un âne. de la Gaule pour s'affranchir que.... Quand les âmes || 2° S'affourcher, v. réfl. Changé sera lors en rhino-se seront affranchies des liens du corps. S'affranchir céros L'ailé cheval qu'on appelle Pégase; Et l'on verra sur une selle rase Maitre curé s'affourcher sur son dos, CHAUL. à Mme du Maine. || 3° En charpenterie, joindre ensemble deux pièces de bois, dont l'une est à languette, et l'autre à rainure. 4 En termes de marine, disposer les câbles de deux ancres en fourche. Affourcher un bâtiment. I V. n. Le vaisseau affourche. | S'affourcher, v. réf. On s'affourche pour mieux tenir contre le vent.

ETYM. A et fourrage.

AFFOURCHE (a-four-ch'), s. f. Terme de marine. Ce qui sert à affourcher un bâtiment. Ancre, câble d'affourche.

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ETYM. A et feurre ou fouarre, paille.

† AFFRAÎCHIE (a-fre-chie), s. f. Terme de marine. Se dit du vent lorsqu'il devient plus fort. - ETYM. A et fraichir.

AFFRANCHI, IE (a-fran-chi, chie), part. passé. || 1o Esclaves affranchis par leur maître. Les esclaves des colonies anglaises et françaises ont été affranchis. Les Américains du Nord affranchis de la domination de la Grande-Bretagne. Affranchi de tout souci. [Doctes interprètes des lois] Tout l'univers a les yeux sur vous: affranchis des intérêts et des passions, sans yeux comme sans mains,

d'une règle. Pour s'affranchir d'un joug injustement
imposé, BOSS. Polit. Un homme gémit de l'esclavage
où il est [de ses passions]; et un fonds d'équité, de
droiture, de conscience qu'il a dans l'âme, lui fait
désirer cent fois de secouer le joug et de s'affran-
chir d'une telle tyrannie, BOURD. Pensées, t. 1,
p. 229. Il se faut affranchir des lois de votre em-
pire, MALH. V, 11. Et pour s'en affranchir, tout
s'appelle vertu, CORN. Cinna, II, 1. Je saurai
m'affranchir, dans ces extrémités, Du secours dan-
gereux que vous me promettez, RAC. Iphig. v, 2.
Tu voudrais t'affranchir du joug de mes bienfaits,
ID. Brit. v, 6. Et c'est pour m'affranchir de cette
dépendance Que je la fuis partout, que même je
l'offense, ID. ib. 11,2. || 12° S'affranchir, en jardinage,
se dit d'un arbre greffé, quand de l'endroit greffé
se produisent des racines qui s'enfoncent en terre.

SYN. AFFRANCHIR, DÉLIVRER. Affranchir, c'est
rendre franc; délivrer, c'est rendre libre. Rendre
franc, c'est élever d'une condition servile à celle
d'homme franc; rendre libre, c'est ôter tout ce qui
captive. Délivrer est donc beaucoup plus général et
moins précis. Délivrer des esclaves peut aussi bien
s'entendre d'esclaves auxquels on donne la liberté,
que d'esclaves qu'on arrache au pouvoir de l'ennemi.
En revanche, on ne dira pas affranchir des prison-

+ AFFRANCHISSEUR (a-fran-chi-seur), s. m. || 1° Celui qui affranchit. || 2° Homme qui fait le métier de châtrer les animaux.

HIST. XVI S. Le protecteur et affranchisseur de la Grece, AMYOT, Flamin. 20.

- ETYM. Affranchir. AFFRE (a-fr'), s. f. Grand effroi. Après les affres de la mort, elle ressentit les horreurs de l'enfer, BOSS. Anne. Mme de Montespan était tellement tourmentée des affres de la mort, qu'elle payait plusieurs femmes dont l'emploi unique était de la veiller, ST-SIMON, 180, 155. Les premiers moments du vide extrême que laissait la mort de la Dauphine, la douleur, les affres dont elle [Mme de Maintenon] était aiguisée, ID. 325,

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MENT).

ÉTYM. Affreuse au féminin, et ment (voy.

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ETYM. A et l'ancien verbe fríoler, qui veut dire frire légèrement. On trouve dans le patois normand frioler, avoir grande envie.

AFFRITER (a-fri-tė), v. a. En termes de cuisine, affriter une poêle neuve, la rendre propre à faire une bonne friture, en la préparant par divers moyens. - ETYM. A et frit, de frire.

:

AFFRONT (a-fron; le t se lie: un affron-t odieux;
AFFREUX, EUSE (a-fred, fred-z'), adj. || 1o Qui au pluriel I's se lie des a-fron-z indignes), s. m.
excite une sorte de terreur, au sens physique et au sens 1 Acte ou parole d'un mépris jeté en face. Les
moral. C'est affreux. La blessure qu'il a reçue est af- affronts à l'honneur ne se réparent point, CORN.
freuse. Une affreuse tempête. Nous passâmes une nuit Cid. 11,3. Quand je lui fis l'affront, ID. ib. 2. Dès
affreuse. Vie plus affreuse que la mort. Ses malheurs que j'ai vu l'affront, j'ai prévu la vengeance, ID.
et les miens viennent d'une passion qui cause les ib. Si on veut vous faire un affront par des pa-
désastres les plus affreux; c'est l'amour, FÉN. Tél. roles, PASC. Prov. 7. Celui qui veut nous faire
xv. Les taureaux les plus furieux qui auraient mugi un affront, ID. ib. 14. Le chevalier nous fit un
dans leurs combats, n'auraient pas fait un bruit grand affront, stv. 479. Voilà l'affront que je fais
aussi affreux, ID. ib. Cette vie, tout affreuse qu'elle à vos lettres, ID. 324. Il faut que cette offense de
est, m'eût paru douce loin des hommes ingrats et Dieu, que cette perte de la grâce de Dieu me tienne
trompeurs, ID, ib. Pour mieux comprendre l'extrême plus au cœur que l'affront le plus sanglant qui me
folie et l'affreux déréglement de raison où tomba ce couvrirait de confusion, BOURD. Pensées, t. I, p. 291.
pécheur, BOURD. Pensées, t. I, p. 386. J'ajoute à ces || Boire, avaler, dévorer un affront, le souffrir pa-
tableaux la peinture effroyable De leur concorde im- tiemment. || Essuyer un affront, le subir, le rece-
pie, affreuse, inexorable, CORN. Cinna, 1, 3. Que voir. || Ne pouvoir digérer un affront, en garder le
vois-je durant ce temps? Quel trouble! Quel affreux souvenir, en conserver du ressentiment. || 2° Déshon-
spectacle se présente ici à mes yeux ! BOSS. Anne de neur, honte. Il fait affront à toute sa famille. Sau-
G. A son âge et avec un corps nourri si mollement, vez-moi de l'affront de tomber à leurs pieds, CORN.
on n'entre pas dans une carrière si affreuse à la Rod. v, 4. Qui n'est point de son sang ne peut faire
nature corrompue, comme dans un chemin couvert d'affront Aux lauriers immortels qui lui ceignent le
de fleurs, MASS. Ste Madeleine. | 2° Extrêmement front, ID. Hor. v, 3. Sauvons de cet affront mon nom
désagréable, mauvais, détestable, laid. Un temps et sa mémoire, RAG. Bér. III, 1. Mais si dans le combat
affreux. La pluie a rendu les chemins affreux. D'af- le destin plus puissant Marque de quelque affront son
freuses habitudes. Des mœurs affreuses. J'ai recueilli empire naissant, ID. Baj. I, 1. Pour éviter l'affront de
les voix et je leur prononce [aux femmes] de la part tomber dans leurs mains, ID. Mithr.v, 4. || 3°Familie-
de tous les hommes, ou de la plus grande partie, que rement. Sa mémoire lui a fait un affront, la mémoire
le blanc et le rouge les rendent affreuses et dégoû- lui a manqué, íl est resté court. || 4° Faire l'affront
tantes, LA BRUY. 3. Pour moi, j'arrivai dans des dé- de quelque chose à quelqu'un, le lui reprocher. Chut!
serts affreux; on y voit des sables brûlants au mi-je veux à vos yeux leur en faire l'affront, MOL. l'É-
lieu des plaines.... FÉN. Tél. II. Un dévot aux yeux tour. III, 10. || 5° En avoir l'affront, ne pas réussir. S'il
creux et d'abstinence blême, S'il n'a point le cœur voulait m'aider à terminer cette affaire, je crois que
juste, est affreux devant Dieu, BOIL. Sat. 11. C'est je n'en aurais pas l'affront, SÉV. 565.
un homme affreux, il est capable des actions les
plus noires. || Je ne l'aurais pas cru, c'est bien mal,
c'est affreux. Il Il est affreux d'assister à un tel spec-
tacle. Il est affreux que le sang ait coulé dans cette
circonstance. Il m'est affreux, seigneur, de vous
déplaire, VOLT. Zaïre, III, 6.

SYN. AFFREUX, HIDEUX, HORRIBLE. Le sens de ces trois adjectifs est, qui blesse les sens ou l'âme. Mais une distinction y est manifeste affreux indique ce qui fait peur; hideux, ce qui soulève le dégoût; horrible, ce qui fait frissonner.

HIST. XVI s. Parlons de l'affrontement de deux escadrons, LANOUE, 312.

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AFFRONTER (a-fron-té), v. a. || 1o Se mettre avec intrépidité en face de. Affronter l'ennemi. || 2° Fig. Affronter la mort, les tempêtes, les périls de la mer. Aussi intrépide que son mattre, le cheval voit le péril et l'affronte, BUFF. Cheval. Et s'il faut affronter les plus cruels supplices, CORN. Poly. I, •. [Pourquoi] vouloir affronter des travaux infinis? RAC. Mithr. III, 1. Vous allez de la mort affronter la présence, ID. Baj. II, 5. Ma prompte obéissance Va d'un roi redoutable affronter la présence, ID. Esth. 1, 4. | 3° En termes d'art, mettre front à front, de niveau. Ces deux panneaux sont bien affrontés. || 4° Tromper effrontément quelqu'un jusqu'à l'outrager et à s'exposer à sa vengeance. Courons donc le chercher, ce pendard qui m'affronte, MOL. Sgan. 17. Si j'y retombe plus, je veux bien qu'on m'affronte, ID. Ec. des f. 11, 6. Ah! vous me faites tort! s'il faut qu'on vous affronte, Croyez qu'il m'a trompé le premier à ce conte, ID. l'Etour. iv, 7. Un cœur ne pèse rien, alors que l'on l'affronte, ID. Dép. am. II, 4. Par votre foi, le Mogol est-il homme Que l'on osat de la sorte affronter? LAFON1. Mandr. [II] instruit ce malheureux pour affronter Carlos, CORN. D. San.v, 4. || 5° S'affronter, v. réfl. Si vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent.... LA BRUY. 12,

HIST. XII S. Le jor [il] eust maint des noz [nôtres] lapidé [tué]; Mès Renoars l'ot moult tost affronté A [avec] son tinel [massue] qui devant fu ferré, Bat. d'Aleschans, 5330. || xш s. Ja n'i viengne il sainte ne saint; Vassal, vassal, se Diex me saint [sauve], A poi que ge ne vous affronte [frappe sur le front, tue], la Rose, 15037. N'il ne m'osent veoir de honte, Par quoique chascun ne s'afronte [se déshonore], ib. 10162. De voir sachiez que cíl s'afronte Qui le mauvais loe et amonte, ALARS DE CAMBRAI, Ms. de Gaignat, f 160, dans STE PALAYE. || XVI s. AfSYN. 1° FAIRE AFFRONT, FAIRE UN AFFRONT. En- fronter les ennemis, MONT. I, 5. Ces esquadrons de tre ces locutions est une nuance assez marquée; le lances, s'estans affrontez avecques nos files de genpremier a plus d'étendue et annonce une suite d'ac- darmerie, les ont aisement renversées, LANOUE, 288. tes d'où naissent la honte, le déshonneur; au lieu que Encores que l'esquadron de lances face sa charge vale second indique un seul acte. L'enfant qui fait af-leureusement, il n'en peut succeder grant effect; front à sa famille, est celui dont les habitudes vicieu- car à l'affronter, il ne tue personne, ID. 312. Autres ses font rougir ses honnêtes parents; le prédicateur courent par ci et par là, pour tromper et affronter à qui la mémoire fait un affront, est celui qui une ceux.... ID. 477. Il ne fault point faire compte de tout fois manque de mémoire. || 2° AFFRONT, INSULTE, OU- cela, ains aller droit affronter les hommes et s'atTRAGE. Ces trois mots expriment une offense, et ils tacher hardiment à eulx, AMYOT, Thém. 15. Les uns sont synonymes dans une grande étendue de leur si- reculoient, les autres n'ozoient affronter ce batailgnification. Quand, dans le Cid, le comte donne à D. lon de Macedoniens, ID. P. Em. 33. Il avait touDiègue un soufflet, il lui fait un affront, une insulte, jours esté choisi pour estre du nombre des trois ou un outrage, comme on voudra. Mais outrage, déri- quatre qui s'affrontoient hardiment dans les delibevant de la préposition outre, et indiquant que l'on rations avec les deputez du roy, D'AUB. Vie, AFFRIANDÉ, ÉE (a-fri-an-dé, dée), part. passé. passe toute mesure, est plus général et s'applique à Encores le pont pour en sortir estoit affronté et blo||1° Rendu friand. L'enfant affriandé par de la pâtis-tout ce qui offense; aussi dit-on l'outrage du temps, qué de bons retranchemens garnis de mousqueterie, serie. || 2° Fig. Affriandé par des promesses. || 3°Af- tandis qu'on ne dit ni l'insulte ni l'affront du temps. En ID. Hist. 11, 436. Il donna tant de vollées dans les friandé de ou à, qui est friand de. Les soldats étaient effet affront est ce qui s'attaque directement au front, bataillons que l'amiral avoit affrontés [mis en front] affriandés au butin. Je ne restai pas même affriandé à la face de la personne offensée, et n'implique pas, au ruisseau, que.... ID. ib. I, 304. de jolies femmes, J. J. ROUSS. Conf. II. comme quelques-uns l'ont dit, la présence de téAFFRIANDER (a-fri-an-dé,) v. a. 1° Rendre moins; l'insulte est une agression physique ou mofriand. N'affriandez pas les enfants. || 2° Attirer par rale. Mais ces deux mots se distinguent en ce que inl'appât de quelque chose d'agréable au goût. Onsulte est plus étendu, désignant ou pouvant désigner affriande les oiseaux, les poissons par l'appåt. || 3o En termes de fauconnerie, affriander c'est encourager un oiseau, en lui offrant une nourriture qu'il aime. 4 Fig. Attirer par quelque chose d'agréable, d'avantageux. Rien n'affriande comme l'espoir du gain.

HIST. XVI S. Sautant du lict elle s'est resyeillée: Nuds pieds, sans robe, affreuse [en désordre], eschevelée, RONS. 630.

ETYM. Affre.

toute espèce d'agression offensante. Ainsi, dans
cette phrase, Les tribuns à Rome avaient été créés
pour protéger la plèbe contre les insultes des patri-
ciens, affront ne conviendrait pas; il ne dirait pas
assez.

-HIST. XVI S. Faire un affront pour braver un
HIST. XVI s. Aucuns d'iceux sont aussi afrian-homme est de notre siecle [est une expression nou-
dez des soldes estrangeres, LANOUE, 179. Affriandé velle], PASQUIER, Recherches, vIII, p. 662. Il faut que
au travail par la beauté de sa besongne, D'AUB. Hist. les harquebusiers soyent à la teste pour faire ce
II, 485. Le millet frit dans du miel affriandit les dommage à l'affront [attaque], LANOUE, 322. Nostre
pigeons dans le colombier pour ne l'abandonner ja- cavallerie a une furieuse boutée à l'affront, ID.
mais, O. DE SERRES, 400. Les Florentins, Luquois, 360.
Genevois afriandez de la grandeur du profit, ap-
porterent une infinité d'or et d'argent en France,
J BOYVIN, Disc. sur les monnoyes. Elle l'a trop af-
riandé [en parlant d'un enfant], PALSG. p. 483.
ETYM. A et friand; bourguig. efriandé.

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– ÉTYM. Affront; provenç. afrontar ; ital. affron

AFFRONTEUR, EUSE (a-fron-teur, teû-z'), s. m. et f. Qui trompe. Et ainsi, c'est vous qui êtes l'affronteur, BALZ. Liv. vii, lett. iv. Un affronteur public, D'ALEMB. v, 221. Voilà comme vous faites, bons affronteurs, vous ordonnez souvent les choses à tort et à travers, HAUTER. Crispin M. III, 12. -ETYM. Affronter; bourguig. efronteu; provenç. afrontier.

+AFFRUITER (S') (a-frui-té), v. réfl. Terme de jardinage. Se mettre à fruit, en parlant d'un arbre. Ce poirier s'est affruité cette année.

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- ETYM. A et fruit. Dans le Berry, affruiter est verbe neutre : cet arbre bien taillé affruitera.

AFFUBLÉ, ÉE (a-fu-blé, blée), part. passé. Affublé d'une robe. Etre affublé de ridicules, être couvert de ridicules.

AFFUBLEMENT (a-fu-ble-man), s. m. Action d'affubler; ajustement singulier, ridicule. Que signifie cet affublement? c'est une vraie mascarade.

ETYM. Affubler. On trouve dans l'ancien fran. çais afublail, Rois, 93, et dans le provençal afublalh.

AFFUBLER (a-fu-blé), v. a. || 1° Habiller d'une manière irrégulière, bizarre, ridicule. Ce fut elle [la maréchale de Villeroy] qui sans y penser affubla I. - 10

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chand qu'il s'arrestast, D'AUB. Hist. III, 298. Qu'ils | Ilaient si bien affusté leur cas, que.... CARL. I, 37.

M. de Brissac de ce bonnet qu'ils ont mis [dans leurs armes], ST-SIM. 10, 115. || 2° S'affubler, v. réfl. s'était affublé d'un costume singulier.

-ÉTYM. Affût; bourguig. efusté. Autrefois affus-
ter avait le sens général de disposer; et on trouve
dans la " édition du dict. de l'Académie : affusté
(l's se prononce), préparé: Il s'est affusté pour cela.
AFFÛTIAU (a-fu-tiô), s. m. Bagatelle, brimbo-
rion. Je ne saurais trouver dans tous vos affûtiaux,
HAUTER. Crispin M. II, 11. || Terme populaire.
ETYM. Affûter.

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HIST. XIS. Afublez est d'un mantel zabekin, Ch. de Rol. XXXIV. || x• s. [II] afublé ot un petit mantel gris, Ronc. p. 14. Il fu bien afublez d'une pelice vaire, Sax. XXXI. A la curt en ala, quant il i fu mandez; Par desus le surpliz s'est de l'estole armez, D'une chape à canoine par desus afublez, Th. le Mart. 37. | XIIIe s. Lors prent li air son mantel inde, Qu'il vest trop volentiers en Inde, Si s'en afu- AFIN (a-fin) conj. Marque la fin pour lable, et si s'apreste De soi cointir et faire feste, la quelle on agit, le but qu'on se propose. Afin se Rose, 18215. Si tost com povreté l'afuble De son hi-joint à la préposition de, suivie d'un infinitif, ou à deus mantel onuble.... ib. 4811. El [pauvreté] n'a- la conjonction que, suivie du subjonctif. Ils envoyè voit plus que afubler, Grant loisir avoit de trembler, rent un courrier afin de faire savoir. Afin que cela ib. 453. Quant les borgoises du chastel, Affublées soit plus facile. Afin que les mauvais exemples et de lor mañtel, RUTEB. II, 177. || XV's. Affublé d'un les mauvais discours ne surprennent point leur mantel, FROISS. II, II, 30. Philippe se leva moult ignorance, FLÉCH. Serm. 11, 280. La plupart des tost et affubla une gonne, ID. II, II, 192. La damoi- hommes croient faussement qu'il leur suffit d'être selle fut affublée par son serviteur d'un seau d'eau inutiles ou dans l'indigence, afin que la république et de cendres, LOUIS XI, Nouv. XXXVII. Si ce ne fust soit engagée à les placer ou à les secourir, LA pas l'amour de vos bons amis, je vous ferois affubler BRUYÈRE, 2. Afin de tourner ensuite nos armes la prison de ceans, ID. ib. XCIV. || XVI s. Il s'en va le contre cet autre ennemi plus puissant, FÉN. Tél. coiffer comme d'un chapeau d'albanois, le lui affu- XI. Le marchand surfait sa marchandise pour la blant du costé qu'il estoit rompu, DESPER. Contes, vendre plus cher qu'elle ne vaut; il a des marques XXII. Puis s'affubla la teste avec sa robbe, AMYOT, Dé- fausses et mystérieuses, afin qu'on croie n'en donmosth. 42. Luy s'estoit retiré à part, sans lumiere, ner que son prix; un mauvais aunage, pour en ligisant la teste affublée, de peur de voir personne, vrer le moins qu'il se peut; et il a un trébuchet, ID. Crassus, 52. Puis un beau guimple affubla par afin que celui à qui il l'a livrée, la lui paye en dessus, Prime, dougé [délicat au toucher], filé de or qui soit de poids, LA BRUY. 6. Tu m'as laissé main sçavante, RONS. 638. Generalement toutes la vie, afin qu'elle te serve, CORN. Héracl. 1, 2. les opinions superstitieuses dont sont affublés les en- REM. 1. Peut-on commencer par afin de et finir fans, femmes et esprils foibles, CHARRON, Sagesse, par afin que ? Par exemple, peut-on dire : Afin de faire I, 41. voir mon innocence à mes juges, et que l'imposteur ne triomphe pas de la vérité? Du temps de Vaugelas, plusieurs blamaient cette manière de parler. Mais c'est pousser trop loin le scrupule; de bons auteurs ont donné l'exemple de cette tournure, qui a quel quefois de l'élégance en variant la construction. Afin de juger plus sainement, et que nous ne pensions pas que... DESC. Méth. Le marchand fait des montres pour donner de sa marchandise ce qu'il y a de pire; il a le cati et les faux jours, afin d'en cacher les défauts et qu'elle paraisse bonne, LA BRUY. 6. || 2. Quand on veut mettre entre afin et le verbe qu'il régit une incise, il faut toujours se servir de afin que, et non de afin de Charles XII projetait de passer l'hiver dans l'Ukraine, afin que, s'étant assuré de ce pays, il pût conquérir la Moscovie au printemps prochain, VOLT. Ch. XII, 4.

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ETYM. Affubler est pour affibler, de af pour ad (voy. A), et fibula, boucle, diminutif de fiber, qui est à l'extrémité (voy. FIBRE); bourguig. effeublai; normand, affluber; picard, affuler; wall. afûler; ital. affibbiare; bas-lat. affibulare, affiblare.

+AFFUSION (a-ffu-zion), s. f. Terme de médecine. Moyen thérapeutique qui consiste à verser en nappe et seulement de quelques centimètres de hauteur une certaine quantité d'eau sur une partie du corps. L'affusion diffère de la douche, en ce que, pour celie-ci, l'eau est versée d'un lieu élevé.

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HIST. XVI s. Comme la lumiere d'une lampe qui est amortie par affusion de trop d'huile, PARÉ, XVIII, 73.

ÉTYM. Affusio, de affundere, de ad,à, et fundere, verser (voy. FUSION).

AFFÛT (a-fu. Le t ne se lie pas : l'affût est brisé, dites l'afu est brisé), s. m. 1 1° Endroit où l'on se poste pour attendre le gibier. Le chasseur qui est à l'affût. La chasse à l'affût. Tirer un lièvre à l'affût. || Par extension. Ceux qui devaient se mettre à l'affût aux environs de Péronne, HAMILT. Gramm.5. || 2o Fig. Etre à l'affût, épier le moment favorable pour faire une chose. Être à l'affût des occasions. Il est à l'affût de ce qui se dit sur son compte. Cupidité toujours à l'affût. || 3° Pièce ou assemblage de diverses pièces de bois ou de métal qui supporte une bouche à feu. Je dormis sur l'affût des canons meurtriers, v. HUGO, Oaes, v, 9. Par extension. L'affût d'un télescope. || 4° Scie à découper.

ETYM. À et fút. L'accent circonflexe est mis à ce mot et aux suivants, à cause de fút; mais pourquoi ne le met-on pas à futaie, futaille, futé, qui ont aussi fût pour radical? Af-fût, c'est au bois. AFFÛTAGE (a-fu-ta-j'), s. m. ||1° Action d'affuter, d'aiguiser des outils. || 2° Assortiment d'outils nécessaires à un ouvrier. || 3o Autrefois, action d'affûter

un canon.

- ETYM. Affûter. AFFÛTÉ, ÉE (a-fû-té, tée), part. passé. Burin af

fûté.

AFFÛTER (a-fu-té), v.a. || 1° Aiguiser un outil. Les graveurs affûtent leur burin. Affûter un crayon, en refaire la pointe. || 2o Ajuster les outils aux fûts qui servent à les maintenir dans la position la plus propre pour les faire couper. || 3° Autrefois, affûter un canon, le disposer pour tirer; maintenant on dit met

SYN. AFIN, POUR. Ces deux mots signifient qu'une chose est faite en vue d'une autre, et, dans une foule de circonstances, ils sont exactement synonymes. Il travaille pour s'instruire, ou il travaille afin de s'instruire n'offrent aucune différence sensible. Cependant il y aura des cas où le sens étymologique, qui est dans afin (à fin), se réveillera et indiquera un but plus particulier, une intention plus précise. Ainsi, toutes les fois que cette idée précise manquera, il faudra se servir de pour, qui est plus indéterminé. Dans cette phrase: Pour faire telle chose, il suffit que.... il faut que.... il est nécessaire de.... pour est préférable à afin. En résuou pour s'emploie; mais pour peut se mettre dans mé, afin ne peut pas se mettre dans tous les cas tous les cas où afin est usité, pour étant plus gé

néral.

HAMILT. Gramm. 6. Petite bonne agaçante et jolie,
BERANG. Célib.

AGACE ou AGASSE (a-ga-s'), s. f. Oiseau appelé ordinairement pie. Le hasard les [aigle et pie] as semble en un coin détourné; L'agace eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien diné, La rassure.... LA FONT. Fab. xii, 11.

-HIST. XIII s. Et tout aussi comme l'agache Par son crier et agachier Nul oisel ne laisse anichier Près de li, ains les fait fuir.... DU CANGE, agazia.

ETYM. Bourguig. aiguaisse; picard, agache; Berry, aguiasse, ageasse, égeasse, ouasse; angoumois, ajasse; wallon, aguèse; norm. agase; bas-lat. agasia, aigatia; provenç. agassa, gacha, guacha; ital. gazza, gazzera; romagnol, argaza; de l'anc. haut-allem. agalstra, pie; allem. ælster, elster, holland. aakster, aaxter.

AGACE, ÉE (a-ga-sé, sée), part. passé. || 1° Qui éprouve de l'agacement. Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en sont agacées, BERNARDIN DE ST-PIERRE. Ch. Ind. préamb. || 2° Qui reçoit des agaceries. Le chat était souvent agacé par l'oiseau, LA FONT. Fab. XII, 2. Le cardinal de Retz avait beaucoup d'esprit; mais il était très-laid: ce qui ne l'empêcha pas d'être agacé par les plus jolies femmes, DIDER. Princ. de polit.

AGACEMENT (a-ga-se-man), s. m. || 1° Sensation désagréable produite par le contact des substances acides, et l'action de la lime et des sons aigus sur les dents. Agacement des dents. Ce bruit me cause un agacement tout à fait désagréable. || 2° Irritation légère. Agacement des nerfs.

HIST. XIII S. Se vous volés removoir le aacement des dens qui sovent avient.... ALEBRAND, Régime, f 37, verso.

ETYM. Agacer.

AGACER (a-ga-sé. Le c prend une cédille quand il se trouve devant un a ou un o), v. a. || 1° Causer de l'agacement. Ce bruit agace les dents. || 2° Agacer les nerfs, causer une irritation intérieure. Il 3° Figurement, faire des agaceries. Je voudrais qu'on les agaçat pour les exciter à parler, J. J. ROUSS. ÉM. V. Las de l'avoir inutilement agacé sur d'autres sujets, HAMILT. Gramm. 4. Mme Duplessis agaçait ma fille; ma fille la battait, sEv. 70. Au salon ou sur la pelouse, Laure, jamais ne m'agacez, BÉRANG. Passer, j. filles. || 4° S'agacer, v. réfl. Devenir agacé. Cette femme s'agace d'un rien. || S'agacer l'un l'autre. Quel plaisir de.... Manger sur nos genoux nos fruits et notre pain, Nous agacer du coude et nous prendre la main, LAMART. JOC. IX, 342. Et plus loin des valets l'un l'autre s'agaçans, BOIL. Sat. VI.

REM. Boileau a accordé ce participe présent, suivant en cela l'ancienne règle qui le traitait absolument comme un adjectif; depuis, la grammaire a changé; et, en des cas pareils, ce serait aux poêtes à voir s'ils veulent ou non suivre l'archaisme. HIST. XIII s. De la noix [ils] vont rongeant l'escorce, Mais ne savent qu'il a dedens; Pechez leur aace les dens, saint Léocade, éd. BARBAZAN, 1, 277. Pautonniers qui.... Et le descirent et agacent [un fou], Amadis et Ydoine, ms. 6987. || XVI s. Les Israelites, ayans esté longuement affligez de diverses peres avoyent mangé du vert-jus, et que les dens calamitez, avoyent un proverbe commun, que leurs des enfans en estoyent agacées, CALV. Instit. 287. Avoyt il mangé prunes aigres sans peler? avoyt les dens esguassées ? RAB. Pant. IV, nouv. prol. Il les agacea tant enfin par ses paroles picquantes, que.... MONT. 1, 353. Les viandes aigres agassent les dents, O. DE SERRES, p. 906. Il me voulut volontiers agacer, PALSGR. p. 657. Les arquebuzades et les zagayes des Mores qui agaçoient à toute heure

il

HIST. XIV s. Si comme l'armeuriers tent affin que le cheval soit bien armé; et le chevalier le veult affin que il se combate, ORESME, Eth. 11. Afin que par semblables guises il peussent les leurs terres deffendre et gouverner, BERCHEURE, fo1. Afin de les chacier de la terre et de les arester, ID. f 7, verso. || xvs. Afin que ce soit chose ferme et estable à tou-l'armée.... BRANT. Gouast. jours, Bibl. des Chartes, 10 série, t. v, p. 487. Il ETYM. Norm. agasser, crier après quelqu'un se commença à aider et escarmoucier d'icelle pelle, avec aigreur; picard, agacher, agucher; bourguig. afin de pouvoir trouver et recouvrer ses diz chape- agaçai; ital. agazzare, provoquer. Ménage tire ce ron et bonnet, ib. p. 489. || xvIe s. Et si avoit, afin mot de l'italien allegare qui a le sens de agacer les que l'entendez, Son arc alors et ses yeux des-dents; mais agacer est ancien dans la langue, et n'a bandez, MAROT, 1, 344. Par leurs mains seras sous-pas une origine italienne. Diez le fait venir de l'anlevé, Afin que d'adventure Ton pied ne choppe et cien haut-allemand hazjan, nouvel allemand hetzen, soit grevé Contre la pierre dure, ID. IV, 306. A fin poursuivre, harceler, avec la particule romane d qu'ils n'attirassent l'ire des dieux sur eulx, ID. I, 19. - ETYM. A et fin, s. f. picard, achafin; vermandois, acerfin. AGA (a-ga), s. m. Chef militaire chez les Turcs. Aga des janissaires. Hier.... J'avais quarante agas contemplant mon visage, v. HUGO. Orient. 16. AGAÇANT, ANTE (a-ga-san, san-t'), adj. || 1° Qui agace, qui fait mal aux nerfs. Ce bruit est agaçant. Cette femme est agaçante par son bavardage. 12 Qui excite, qui attire. Propos agaçants, manières agaà l'alarme, les soldats s'affustent et crient au mar-çantes. Des yeux pleins de feu, des regards agaçants,

tre en batterie.

-HIST. XV s. Et affuterent grant nombre d'artillerie, COMM. 1, 9. | xvi s. Aprèz, les afusta justement vene contre vene, nerf contre nerf, spondyle contre spondyle, affin que il ne feust torty colly, RAB. Pant. I, 30. Or mouchez vos nez, petits enfans, et vous aultres, vieulx resveurs, affustez voz besicles, et pesez ces motz ou poys du sanctuaire, ID. Progn. Pant. préf. Le medecin a besoing de trop de pieces pour affuster justement son desseing, MONT. III, 217. Le gouverneur nommé Mousa court

ce qui a permis de changer h en g. Cette dérivation
a beaucoup pour soi. Cependant il faut faire entrer
en considération l'ancienne forme aacer; elle ne
s'explique ou qu'en supposant un verbe composé de
aŭ-
à et un radical acer, comme aovrir, aorer,
ner, etc. (mais alors comment ce radical n'a-t-il pas
gardé l'h de hasjan, et n'est-il pas ahacer?); ou
bien qu'en admettant que leg est tombé, comme tom-
baient beaucoup de consonnes intermédiaires entre
deux voyelles. Mais cette seconde hypothèse con-
duirait à considérer aacer comme formé de agace,

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