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ainsi serait composé comme avant. Quant aux for-
mes acsi, je les croirais plutôt produites par ać si, et
ainsi, et l'italien cosi par cum sic, avec ainsi.
1. AIR (êr), s. m. || 1o Fluide invisible, transparent,
sans odeur ni saveur, pesant, compressible, élasti-

sées, VILLEH. XVIII. Dame, o vous remaindrai, puisqu'il en l'air, un coup en l'air, tirer sans viser de but; et vous plaist ainsi, Berte, LIX. Quant Tybers et les serve fig. Faire une démarche sans résultat. || Paroles, provoient qu'il va ainsi, 1b. LXXXIX. Puis qu'ainsi est jets en l'air, paroles, projets sans fondement, sans que [vous] estes des gens à nostre roy.... ib. cxvI. réalité. Ce ne sont pas là, mes pères, des contes en Vingt ans avoit Pepins; ainsi [je] l'out esmer, ID. l'air comme les vôtres, PASC. Prov. 16. Ils dépen. [Elle] dist qu'ainsi le fera, n'eut talent d'es-que, qui forme autour de la terre une couche nom-dent d'un discours en l'air, de mille occasions imcondire, tb. xiv. Tout ainsi s'en alerent, sans men-mée atmosphère, et qui est composé de 0,79 d'azote prévues, ID. Conv. 1. Vous l'accusez seulement en songe acointer, b. xix. Ainsi a nom [tel est le nom et de 0,24 d'oxygène. L'air était un des quatre élé- l'air de quatre faussetés, ID. Réfut. de la rép, à la de] la dame qui à Pepin est drue, ib. LII. ments de l'ancienne physique. L'air n'est pas un 12 Lett. Et si d'une offre en l'air votre âme encor -xvs. Puis qu'ainsy est, dist-elle, mon enfant, élément, c'est un corps composé. Les nuages sont frappée Veut bien s'embarrasser du rebut de PomQue de savoir son nom desirez tant.... CH. D'ORL. 10. portés dans l'air. L'air est l'aliment de la respiration. pée.... CORN. Sertor. IV, 2. Ces menaces en l'air vous Enfin ilz rendirent la ville au roy, par ainsi qu'ilz Un air pur, un air vif, un air tempéré. Ces émana- donnent trop de peine, ID. ib. v, 4. Un discours en s'en yroient leurs corps et leurs biens saufs, FENIN, tions ont infecté l'air. Un air lourd et épais. Si l'air l'air qu'il forge, ID. Le Ment. v, 2. Et d'une cause +442. Ainsi qu'ils assembloient, les coureurs dessus était plus épais, il n'aurait pas cette douceur qui en l'air il le faut bien leurrer, RAC. Plaid. III, 2. nommés s'en vinrent ferir sur eux.... FROISS. I, I, fait une nourriture continuelle du dedans de l'hom- Moïse ne parle point en l'air, il particularise et 440. Si fut durement courroucé et se tint ainsi que me, FEN. Exist. 14. Ces gardes, cette cour, l'air qui circonstancie toutes choses, BOSS. Hist. univ. II, pour deçu, ID. 1, 1, 189. Donc se logea le roi en la nous environne, Tout dépend de Pyrrhus et surtout 8. Ce discours en leur bouche n'est qu'un disville mesmement; et, tout ainsi que les seigneurs d'Hermione, RAC. Andr. I, 1. Je sais trop que je cours en l'air, ш. ib. 1, 13. La sincérité ne pervenoient, ils se logeoient, ID. I, I, 278. Mès les dois au bien de votre empire Et le sang qui m'a- met pas de donner des paroles en l'air, m. Lett. 52. aucuns ensi opposent Qu'il sont amé, puis qu'amer nime et l'air que je respire, CORN. Cid. IV, 3. Les Que de suppositions bâties en l'air! ID. Déf. com. osent, I. Espinette amour. Là demanda [le roi de habitants de l'air, les oiseaux. || 2o Au pluriel, les Il ne s'agit pas d'un soupçon en l'air, ID, Rem. Behaigue à la bataille de Crécy] aux chevaliers qui airs, l'espace au-dessus de nos têtes. Le ballon s'en- Quoiqu'il ait trouvé plus aisé de parler en l'air de lez lui estoient, comment l'ordonnance de leurs leva dans les airs. Avez-vous dans les airs entendu du droit des peuples, ID. Avert. 5. Ce n'est point un gens se portoit. Cils lui en recorderent la verité et quelque bruit? RAC. Iph.1, 1. Hélas! ma prière inutile fait qu'on avance en l'air, ID. Hist. I, 12. Ce n'est lui dirent: Monseigneur, ainsi et ainsi, tous les Se perdra-t-elle dans les airs? J. B. ROUSS. Cantate, 5. pas ici une prédiction en l'air, MASS. Car. Communion. Gennevois sont desconfits, ID. 1, 1, 288. Touteffois Ses foudres impuissants se perdaient dans les airs, il est venu arrêter les pensées vagues de l'esprit huque s'il avoit dit ne fait chose qui fust contre l'hon-VOLT. Henr. v. 3o Dans un sens général, air signifie main et fixer ses raisonnements en l'air, BALZ. SOneur du roi et que ainsi se trouvast par informa- gaz. L'oxygène, l'azote et l'hydrogène sont des airs crate, Disc. 4. Pour quelque Iris en l'air faire le lantion.... COMM. I, I. différents. L'ancienne chimie donnait le nom d'airs goureux, BOIL. Sat. ix. Il est qui fait la moue aux -XVI s. Ainsy perisse qui feaulx serviteurs blas- à tous les fluides aériformes qu'on appelle gaz au- chimères en l'air, REGNIER, Sat. x. Parler ainsi, mera, RAB. Gar. 1, 47. Et, ainsy que il feut on droit jourd'hui; de là le nom d'air atmosphérique attribué c'est parler en l'air, et vouloir être cru sur tout ce d'entre eulx, il luy demanda.... ID. Pant. II, 9. souvent à l'air proprement dit. Dans l'ancienne chi- qu'on s'imagine, FEN. Exist. 78. Ne vous amusez Ainsi que je reguardoys ce beau feu, sortirent plus mie, l'air fixe est le gaz acide carbonique; l'air in- pas à vous inquiéter en l'air, sev. 216. Je vous dis de six cens chiens, ID. II, 14. Par ainsi, je ne plaincz flammable est l'hydrogène. || 4 Air libre, l'espace cela extrêmement en l'air, ID. 210. Il me le dit en point ce que m'a cousté à les bancqueter, ID. II, 17. ouvert. On dit dans le même sens le plein air. Arbres l'air, ID. 379. C'est une chose qu'on dit souvent en Comme si le temps, ainsi que les vins, rendoit de plein air, arbres en plein air. Air confiné, dé- l'air, ID. 34. Il dit une parole en l'air à M. de Lales poësies meilleures, DUBELL. I, 21, recto. J'avois signe, par opposition à air libre, l'air des enceintes vardin, D. 684. Sur des soupçons en l'air je m'irais horreur des trop maigres, ainsi Comme j'avois des dans lesquelles séjournent des êtres vivants, et qui alarmer, MOL. Le Dép. I, 1. Contes en l'air, ID. Tart. trop grasses aussi, ID. IV, 75, recto. S'il vouloit se trouve par conséquent plus ou moins vicié. || 5° En iv, 3.Les personnages qu'il représente sont des perfaire paix, il y venoit aussi, Et en toute autre chose termes de théologie, le prince de l'air, Satan; les sonnages en l'air, ID. Imp. 3. A considérer cet ouvrage en usoit tout ainsi, ID, VIII, 51, recto....Quand on lui puissances de l'air, les démons. || 6° Mettre, exposer à comme un systeme, j'en trouve le fondement bien donne pour pourtraict quelque piece de pierre, de l'air, soumettre une chose à l'influence, à l'action de incertain, bien en l'air, DIDER. Lett. de Ramsay. Je bois ou d'or, comme ainsi soit qu'il [quoiqu'il] rem- l'air. I 7 Prendre l'air, respirer le frais, se prome- n'ai pas prétendu faire un système en l'air et qui plisse tout de son essence infinie, CALV. Instit. 53. ner.Je marche et je prends l'air avec plaisir, SEV. 261. n'eût aucun fondement, FONTEN. Mondes, Préface. Comme ainsi soit que les hommes ayent un amour Se faire porter dans son carrosse pour prendre l'air, Il fut question de Mlle d'Armagnac et de Mille de La d'eux-mesmes desordonné et aveuglé, ils se feront ID. 40. Il faudrait prendre l'air quand il est bon, ID. Trémouille, mais fort en l'air, ST-SIM. 28, volontiers accroire qu'il n'y a rien en eux digne 647. Prendre l'air à sa fenêtre, MOL. L'Av. 11, 6. Fig. Etre, mettre en l'air, en mouvement, dans l'agitad'estre desprisé, г. ib. 189. Ainsi soit que l'homme Prendre l'air, prendre la fuite. Il n'est rien tel que tion. Cette affaire mit toutes les têtes en l'air. Puisen sa creation ait eu faculté d'eslire la vie ou la mort, de mettre son crime ou son innocence au grand air que vous êtes en l'air, stv. 339. Je suis tellement en mais que sera-ce si nous respondons qu'il l'a perdue? [s'enfuir quand on est accusé], SÉv. 402. || 8° Fen- l'air que je m'en vais.... ID. 540. Enfin j'ai un pied ID. ib. 247. Et qu'il soit ainsi, nous ne le forgeons pas dre l'air, en parlant d'un oiseau, voler; et fig., tra- en l'air [je suis prête à partir], m. 142. Il faudra au plaisir de nostre cerveau, m. ib. 1063. Voilà com- verser l'espace avec rapidité. Les oiseaux fendent n'être plus ici un pied en l'air, comme vous y êtes toument ce qui en soy peut advenir ainsi ou ainsi l'air. La flèche fend l'air et vient frapper le but. jours, ID. 399. || En parlant des choses, être en l'air, [d'une ou d'autre façon], est determiné en une sorte L'exécution fut prompte : le jeune homme fendit les en désordre. Dans son cabinet tout est en l'air. au conseil de Dieu, ID. 2b. 143. Monseigneur, ain- airs, MONTESQ. Lett. pers. 141. || 9° Donner de l'air à sin que je voulois commancer cette lectre, cele une chambre, en ouvrir les fenêtres et en renouyequ'il vous a pleu escripre par mon homme est arriler l'air. I Fig. Donner de air à un tableau, en vée, MARG. Lett. XXXVIII. Ainsi marcha, ainsin alla, détacher les différents plans, de sorte que l'air semMONT. Avis VIII. Elle se forge ainsin [de la sorte] ble circuler entre eux. || 10° Air natal, le pays où une prinse frivole, ID. I, 21. Il n'est pas dangereux, l'on est né. C'est l'air natal qui séchera tes larmes, comme en une drogue medicinale, en un conte an- BÉRANG. Nostalg. || 11° Vent. Il fait beaucoup d'air. cien, qu'il soit ainsin ou ainsi, ID. I, 104. Ainsi du Il ne fait pas un souffle d'air. | Courant d'air, air reste, ID. I, 104. Ainsi [pendant] qu'il faisoit le en mouvement qui pénètre par les ouvertures d'un conte de la conjuration, ID. I, 255. Par ainsin appartement. La porte et la fenêtre ouvertes feront ils nous representent bien plus vifvement que les un courant d'air. Ne vous mettez pas dans le courant aultres.... ID.II, 89. Il voulut mourir, disant qu'ainsi d'air; vous en seriez incommodé. || Coup d'air, comme ainsi luy falloit il, un jour, franchir ce pas, fluxion ou douleur qui survient à la face, au cou, aux ID. II, 386. Or comme ainsi soit que les familles mâchoires, et qui est souvent causée par l'impression soient composées de differentes personnes, les unes d'un air froid. | 12° Prendre l'air du feu, un air de pour commander, les autres pour obeir, si ne doit- feu, se chauffer un moment, en passant. I 13° Cela est il pourtant y avoir aucun respect qui exempte les dans l'air, se dit de certaines conditions physiques ou uns plus que les autres d'en user [d'un esprit de morales qu'on croit provenir de la nature d'un pays, concorde], LANOUE, 44. Comme ainsi soit que la haine d'une société, etc. | 14° Porter le mauvais air en produise ordinairement le discord, toutesfois....quelque endroit, y porter la contagion; prendre le ID. 54. Il ne voyoit que sans defenses expresses, mauvais air, gagner la contagion. | Fig. L'air du et ainsi qu'ainsi declaratives d'hostilité, il peust re-monde est contagieux, la fréquentation du monde tirer ses subjects de la frequentation des pays de l'empereur, M. DU BELL. 505, S'ainsin estoit, toute peine fatale Me seroit douce et ne me chaudroit pas, RONS. 25. Ainsin Endymion soit tousjours ton amy, Ainsi soit-il toujours en ton sein endormy, D.

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n'est pas salutaire au moral. L'air de cour est contagieux; il se prend à Versailles, comme l'accent normand à Rouen ou à Falaise, LA BRUY. 8. On suit le train du monde, on est de toutes ses compagnies, on en prend toutes les manières; et est-il surprenant alors que dans un air si corrompu on s'empoisonne -ÉTYM. Bourguig.ansin; picard, ensin; provenç. et qu'au milieu de tant de scandales on fasse des aissi, ayssi, aici; espagn. asi; portug. assim. Diez chutes grièves et mortelles? BOURD. Pensées, t. I, p. 85. pense que ainsi vient de æque sic; ce qui l'y déter- || 15° Fig. et familièrement. L'air du bureau, ce qui mine, ce sont les formes acsi dans le texte proven-paraît en bien ou en mal des dispositions de ceux qui çal du Boece, v. 145, le romagnol acsè, le brescian ont la décision d'une affaire. | 16° Diverses locuicsi, et le lombard inscì; de la sorte, il y rattache tions familières, proverbiales et figurées. Etre libre l'ital. così, le commencement du mot s'étant perdu, comme l'air, n'avoir aucune sujětion. || Ne faire ce qui n'est pas rare dans cette langue. Néanmoins je ne puis acquiescer à cette opinion: la forme la plus ancienne du français est issi, puis ensi, et ces deux formes conduisent à in sic, mot à mot en ainsi; et

que battre l'air, se donner inutilement beaucoup
de peine. || Vivre de l'air du temps, être dans la plus
profonde misère, n'avoir rien pour subsister. || En
l'air, loc. adv Au milieu de l'air, dans les airs. Tirer

61.

N'être pas solide. Toute sa fortune est en l'air. En termes militaires, on dit qu'une troupe est en l'air, quand elle n'est pas appuyée sur son flanc par un obstacle quelconque. L'aile droite de l'armée était en l'air. || En termes de fauconnerie, prendre l'air se dit d'un oiseau qui s'élève fort haut. Nouer [nager] entre deux airs, manière de voler par ticulière aux oiseaux de proie.

REM. En termes de marine, air de vent, chacune des trente-deux divisions du vent. Je suivais le même air de vent pour toute règle, J. J. ROUSS. Em. v. Les marins ont pris l'habitude d'écrire air de vent; mais ce n'en est pas moins une faute et une confusion d'air avec aire; l'expression propre est une aire de vent (voy. AIRE), c'est-à-dire la 32 partie de la surface ou cercle qui renferme la direc tion des trente-deux vents. On trouve aussi air pour vitesse: Ce vaisseau a de l'air, il va vite. C'est encore une faute, et c'est erre qu'il faut mettre (voy, ce mot): ce vaisseau a de l'erre.

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REM. Airs au plur. se prend dans deux sens différents. Air s'emploie pour gaz; en ce sens l'azote, l'hydrogène sont des airs différents l'un de l'autre. L'examen approfondi des propriétés nous apprend qu'il existe des airs d'espèces très-diverses, c'est-à-dire plusieurs airs, BIOT, C'est là le pluriel comme on l'entend ordinairement. Quand au contraire on dit s'élever dans les airs, entend-on parler de plusieurs airs, en tant qu'ils diffèrent les uns des autres? Non assurément; on veut seulement désigner la généralité de l'air; ce pluriel n'a donc qu'un sens collectif et non pas le sens distributif qu'exige la définition ordinaire du nombre pluriel, JULLIEN.

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HIST. XII s. Eles repairent à lor premiere matere et deviennent airs ansi come uns aniaus pert sa forme au fu et devient ors ou argens que il estoit ançois, Comput, f. 13. Et mout estoit li airs de froide atrempeûre, Berte, xuu. xiv s. Ele vit de l'aer

ETYM. Bourguig. et Berry, ar; provenç. aer, air, aire; ital. aria, aere; espagn. aire; du latin aer, le même que le grec ańp.

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non pas pur et sans mangier, ORESME, Eth. 23. | ID. 623. || * Accueil. Elle nous fit un air honnête, pour toi des airs, je te les veux chanter, A. CHÉN. 46. xvs. Car estoit tané de tant avoir esté à Bruges SEV. 419. Vous avez vu l'air gracieux que S. M. m'a Vivent les grands airs Du conservatoire! BERANG. sans changier air, G. CHASTEL. Chr. des D. de Bourg. fait, HAMILT. Gram. 6. || 5° En termes de peinture Musique. Que leur nom retentit dans les airs que , oh. 169. Et pour la puantise des bestes que on et de sculpture, un air de tête, des airs de tête, l'at-l'on chante, REGNIER, Sat. in. || N'être pas dans l'air, tuoit en l'ost, l'air en estoit ainsi qu'à demi cor- titude d'une tête. Pour former ce vif coloris, ces at- ne pas chanter exactement un air. || Fig. Je connais rompu.... et vint le roi loger, telle fois fut, à Male, titudes si variées, ces airs de tête si passionnés, FÉN. des paroles sur cet air-là, j'ai déjà entendu les mêmes pour esloigner ce mauvais air, FROIS. II, II, 232. Exist. 8. || 6o Le bel air, les manières élégantes. J'ai choses, les mêmes opinions, les mêmes excuses, etc. XVI s. [Le vent] barbe et cheveux tous blancs vu les personnes du bel air, MOL. Pourc. I, 2. Ap-|| Fig. Avoir l'air à la danse, annoncer des disposime fait branler, Ne plus ne moins que feuilles d'ar- prendre le bel air des choses, ID. Préc. 5. Croyant in- tions à réussir dans ce qu'on fait, être disposé à bre en l'air, MAROT, I, 395. D'un toict de tortue qui troduire le bel air en traitant les Anglais d'étrangers, faire ce dont il s'agit, être vif et dispos. eschappa des pattes d'un aigle en l'air, MONT. 1, 74. HAMILT. Gramm. 6. Les beaux esprits et les gens du REM. 1. Elle a l'air fâché ou fâchée. L'adjectif L'on ne leur demandoit qu'un titre en l'air, au lieu bel air traiteront d'imbécile un homme qui professe se rapporte également au sujet du verbe ou à de quoy on leur offroit realement et de faict les cho- le désintéressement, DIDER. Disc. prélim. Ce n'est son propre substantif. Quelques grammairiens ont ses dont ilz avoient plus grant besoin, AMYOT, Sertor. plus la mode du bel air, sév. 42. Votre frère est dans voulu régler l'emploi de ces deux accords et fon35. Si tost que les deux compagnons ouirent parler | Îe bel air, ID. 42. Un chapeau du bel air, ID. 456. der sur des nuances fines, mais arbitraires, le choix de cette rumeur, ils prirent l'air sous couleur d'aler Quand on la voit habillée du bel air, ID. 282. Ils ont de l'un ou de l'autre ; mais l'usage a rejeté avec à la guerre, et depuis on a su leurs projets, D'AUB. pourtant été d'un assez bel air, ID. 232. Tout le bel raison ces distinctions, et conserve à celui qui parle Hist. 1, 60. Ou je suis fol, encores vaut-il mieux air [le beau monde] était sur le théâtre, ID. 112. Les ou qui écrit une entière liberté. Il est toujours enAimer en l'air une chose incogneue Que n'aimer dames, les jeunes gens, tout le bel air de la cour était tendu que, pour que cette liberté existe, l'adjectif rien.... RONS. 215. pour M. de Luxembourg, ST-SIM. XVII, 201.|| 7° Le grand doit pouvoir se rapporter aux deux substantifs. S'il air, le ton du grand monde. Quels biens sur vous un était impossible qu'il se rapportât à l'un des deux, prince va répandre! D'abord viendra l'étiquette aux il faudrait nécessairement l'accorder avec l'autre. grands airs, BERANG. Belges. || Grand air, un grand Ainsi on dira: Cette femme a l'air enceinte, et non 2. AIR (êr), s. m. || 1o Apparence extérieure. D'a- air, une belle et noble apparence. La duchesse de pas l'air enceint, puisque enceint n'a pas de mascubord on ne l'avait point regardé, à cause de ses ha- Bourgogne avait un grand air, une taille noble, VOLT.lin dans ce sens. Ils ont l'air fâchés de ce qu'ils vienbits simples et négligés, de sa contenance modeste, Louis XIV,27. || En mauvaise part, les grands airs,nent d'apprendre, parce que le complément de ce de son silence presque continuel de son air froid des manières hautaines et fastueuses. Barbezieux, qu'ils viennent d'apprendre ne peut être une cause et réservé, FÉN. Tél. vi. Ne vous y fiez pas, elle a, ma avec tous ses grands airs, sentait plus l'intendant que de fâcherie que pour les personnes et non pour l'air, foi, les yeux fripons; je lui trouve l'air bien coquet, le général d'armée, ST-SIM. 23, 5. || 8° Bon air, ma- JULLIEN, p. 234. On peut ajouter que, quand le su301. Héros de romans. Les blessures du visage y don-nière élégante, distinguée; mauvais air, les manières jet est un nom de chose, il vaut mieux accorder l'adnent d'ordinaire certain air violent et guerrier qui de la mauvaise compagnie. On voit l'impudence jectif avec ce nom qu'avec air. Cette poire a l'airmûre; ne sied pas mal, HAMILT. Gramm. 7. Je ne suis point devenue un bon air, MASS. Pan. Ste-Agnès. Vous cette maison a l'air gaie. En effet, on ne peut que d'avis qu'on vous peigne en amazone; vous avez l'air accoutumez les pécheurs à regarder la débauche difficilement concevoir que l'air de la poire, de la trop doux, FONTEN. Lett. XLI. Elle a l'air bien furi- comme un bon air en l'opposant au ridicule de maison, soit mûr ou gai. Cette proposition n'a pas bond, VOLT. L'Écoss. 1, 5. Elle avait l'air timide, la vertu,ID. Car. Inj. du monde. La profession d'incré- l'air sérieuse, VOLT. Remarque sur les Horaces. Ceembarrassé, ID. L'Enf. prod. IV, 7. Qu'elle est laide dulité est presque devenue un bon air parmi nous, ID. pendant quelques écrivains ont, même en ces cas, à présent, et qu'elle a l'air mauvais ! REGNARD, Dém. Doutes. L'extérieur de la piété est un mauvais air dont accordé l'adjectif avec air. La tuile a l'air plus propre amour. IV, 7. De grâce, dites-moi, parlant sincère- on se cache, MASS. Vices. Il y en a à Vitré qui ont fort et plus gai que le chaume, J. J. ROUSS. Emile. En ment, Sous l'habit de Vénus aurais-je l'air charmant ? bon air, sév. 555. Il cherchait le bon air, PASC. edit. voilà une [statue] qui a l'air bien grossier, FÉN. ID. ib. Mon Dieu! qu'elle est jolie et qu'elle a l'air mi- Cous. Cela n'est point du bon air, D. Préf. génér. Fable, xxv, 3. || 2. Grand air, air grand. Ce sont gnon! MOL. L'Étour. II, 11. Je l'ai vu; son même air, Il n'affecte point d'avoir son chapeau cloué sur sa tête deux choses bien différentes. On dit d'un homme qui son même habit de lin, RAC. Athal. 11, 5. J'admirais pour montrer qu'il sait les bons àirs, J. J. ROUSS. Hél. vit en grand seigneur : il a le grand air. On dit d'un sa douceur, son air noble et modeste, ID. ib. Elle a VI, 9. Vous avez tout à fait bon air avec cet habit, homme dont la physionomie est noble et la mine l'air doux et semble assez docile, cOL. D'HARLEV. Célib. MOL. Bourg. II, 4. M. le comte a tout à fait bon air, haute, qu'il a l'air grand, BOUHOURS, Remarques sur le I, 10. Un inconnu qui avait un air majestueux, FEN. ID. Comtesse, 29. Il est bien fait, oui, ce petit pen- langage. || 3. De même, ne confondez pas mauvais air Tél. xxiv. Votre père me regardait avec un air de com- dard, il a bon air, bonne physionomie, ID. la Princ. avec air mauvais, bon air avec air bon, etc. Il a maupassion, I. ib. xv. Protésilas reprenant son air sé-m, 5. || Absolument. Elle n'avait point de taille, vais air, il a des manières de mauvaise compagnie; vère et hautain, FÉN. Tél. XIV. || 2° Un air de famille, encore moins d'air, HAMILT. Gramm. 6. Il avait le il a l'air mauvais, il paraît méchant. Il a bon air, il a une sorte de ressemblance. Avoir un faux air de quel- visage fort agréable, la tête assez belle, peu de des manières de bonne compagnie; il a l'air bon, qu'un. Vous avez un peu de l'air de Mme de Sotten- taille et moins d'air, D. ib. 8. Au lieu de mettre de paraît d'un bon caractère. || 4. De Caillières (1690) reville, Sev. 153. Elle a de l'air du coadjuteur, ID. 86. l'accent dans son parler, il y met de l'air, J. J. marque qu'à la cour on dit: Il se donne d'un air || 3° Manière, façon. Il est vrai, madame, que ce ROUSS. Em. 1. || Bon air, en parlant des choses. Rien d'homme à bonne fortune; ces sentiments-là vous jeune prince a fait voir une adresse peu commune, n'est d'un meilleur air pour la maison que de bâtir donnent d'un air de vieillard; et Bouhours, Nouv. et que l'air dont il aparu a été quelque chose de sur-pendant le procès, Sév. 479. Un château qui a le rem. dit : « Prendre l'air, c'est ainsi qu'on parle; prenant, MOL. Princesse d'Él. ш, 5. Parlez, Don Juan, meilleur air du monde, ID. 354. Le carrosse qu'on prendre de l'air, comme disent quelques-uns, c'est et voyons de quel air vous saurez vous justifier, D. avait fait pour le roi n'avait pas trop bon air, HAMIL. mal dit. » Ces locutions sont mauvaises, et le de ne Fest. 1, 3. Et traitent du même air l'honnête hom- Gramm. 7. || 9° Sorte de manière affectée qui con- peut être accepté. Mais que faut-il penser de ces me et le fat, ID. Mis.1, 1. Au contraire, j'agis d'un air siste à faire entendre ce qu'on ne témoigne pas. phrases-ci : Cela a bien de l'air d'une chimère, LE tout différent, ID. L'Étour. v, 13. Vous preniez tout Faire une chose par air. Tout cela était un air PRÉSIDENT HÉNAULT; et: Vous ne devez pas trouver l'air d'un méchant garnement, ID. Tart. 1,1. Les gens pour me faire savoir qu'elle a un équipage, SEV. 69. étrange que, vous aimant comme je le fais, je sois de mon air, ID. Mis. m, 1. Et je me vis à demeurer Quand je vous ai demandé si vous n'aviez point si facile à m'alarmer sur toutes les choses qui ont de d'accord Que l'air dont vous viviez vous faisait un jeté mes lettres, c'était un air, ID. 98. | Prendre, l'air d'une faute, RACINE, Lettre 19 à son fils. Féraud peu tort, w. ib. III, 5. Et l'école du monde en se donner des airs, de grands airs, affecter un fait observer, à l'occasion de ces deux phrases, que l'air dont il faut vivre Instruit mieux à mon gré ton, des manières au-dessus de son état. Bien loin de ce de est inutile et contre l'usage; en effet, ce n'est que ne fait aucun livre, ID. Ec. des mar. 1, 2. se donner de ces airs que prennent les gouverneurs que quand on parle de la ressemblance qui existe L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris; il en pareille occasion, HAMILT. Gramm. 8. Vous voyez entre les traits du visage de deux personnes, que le s'est aussi répandu dans les provinces, ID. Préc. les airs qu'elle se donne, ID. ib. 8. S'étant aperçue de s'emploie avant le mot air: Ils ont bien de l'air rid. 1. Et voyez cependant de quel air on m'écrit, des airs que Sydney se donnait, ID. ib. 10. Avec cela, l'un de l'autre; ils ont beaucoup d'air l'un de l'auCORN. Sertor. 1, 2. Promenades où il n'y ait ni dis-on fait le fier, on se donne des airs, VOLT. L'h. aux tre. Mais ici on doit dire que ce de est partitif, sipation dans les airs ni indécence dans les ha- 40 écus. || Se donner l'air de, prendre l'air de, se mon- et atténue la force de l'expression dans la phrase bits, FLÉCH. Serm. 1, 334. Ces dévotions superfi-trer comme.... Pour parer mon discours et me don-de Racine, ainsi : sur toutes les choses qui ont de cielles qui retranchent à l'extérieur quelques airs l'apparence d'une faute. Quant à l'exemple du prémondains et qui laissent au cœur la liberté de sident Hénault, le de est sans doute amené par l'adses désirs, D. Panég. II, p. 315. Qu'est-ce que ces verbe de quantité bien qui le précède. airs de franchise, de simplicité, de cordialité, que nous affectons quelquefois en parlant au prochain, et lui disant certaines vérités très-désagréables? BOURD. Pensées, t. I, p. 299. Ils disent d'un air envenímé ce qui n'avait été dit qu'avec des intentions innocentes, MASS. Pard. Rien ne l'égalait [Louis XIV] ni pour les grâces de sa personne, ni pour la grandeur de son air, HAMILT. Gram. 5. Ce fut d'un air et d'un regard à lui faire croire que c'était Vénus avec toutes ses grâces qui venait de lui parler, ID. ib. 8. Elle connut à l'air et aux manières de son mari.... ID. ib. Il n'y avait point à la cour d'homme de meilleur air, ID. Gram. 9. Il me lâcha par la ville pour perdre l'air de la campagne, ID. ib. 3. J'avais tellement l'air de la cour et du monde.... ID. ib. 3. Elle n'aura point un air de gouvernante, Boss. Lett. abb. 108. Elles auront assez de l'air d'une dame de province, Súv. 220. Il a pris le mauvais air des officiers subal ternes, ID. 336, Le roi l'avait regardée d'un bon air,

ner l'air d'habile homme, MOL. Méd. m. lui, ш, 1.
Ces airs mystérieux qu'on se donne, FLECH. M. de
Mont. Je ne saurais me donner des airs de singula-
rité, MASS. Visit. Mme Guyon continue à se donner
un air prophétique, Boss. Relat. Pour leur apprendre
à prendre un air de guerre, SEV. 559. || Familière-
ment. Se mettre sur son air, prendre une certaine
manière d'être. Enflé de ses premières prospérités,
il s'était mis sur son air vainqueur pour achever
cette dernière conquête, HAMILT. Gramm. 6. || 10° En
parlant des choses, avoir l'air, avoir un air de, pa-
raître. Votre dernière lettre a un air de gaieté, SEV.
49. Nous voulûmes donner à cette chambre un air
d'accouchement, ID. 5. Cela a toujours l'air d'un mi-
racle, ID. 478. Quoique ces paroles aient un air de
dureté bien sec, BOSS. Dév. I. Et ses effets soudains ont
de l'air des miracles, MOL. Éc. des f. m, 4. || 11° En
termes de manége, allure du cheval. Airs bas, ceux
où le cheval manie près de terre; airs relevés, ceux
où le cheval s'enlève davantage. || 12° Suite de tons
et de notes qui composent un chant. Il se dit aussi du
chant et des paroles. Chanter des airs à boire. J'ai fait

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il

SYN. AIR, MINE. Les auteurs de synonymes adjoignent d'ordinaire physionomie; mais physionomie ne s'appliquant qu'au visage ne peut pas être synonyme de mine et d'air qui s'appliquent à toute la personne. Mine et air sont très-voisins. Ce qui paraît le plus les distinguer, c'est que mine se rapporte plutôt à l'apparence de la personne, et air plutôt aux manières et au maintien. Un homme de bonne mine, c'est un homme dont la personne est d'un bon aspect; un homme de bon air est un homme dont les manières sont bonnes. Un malade a meilleure mine, quand des signes du retour de la santé se manifestent. Un jeune homme a meilleur air, quand il s'est habitué à la politesse du monde.

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HIST. XI S. Ahi! cuivert, mauvais hom de pute aire, Ch. de Rol. 69. || xirs. Mais se vos œil ne mi sont de male aire, Couci, 2. || x s. Kar estes fel et de put aire, MARIE DE FRANCE, t. II, p. 377. Nés fu da Mazovie et nourri de vostre aire, DU CANGE, aren.

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|| xvI' s. C'est une ladrerie spirituelle qui a quelque | se souvient des unes, et on oublie facilement les
air de santé, MONT. I, 62.
autres.
HIST. XII s. Sonent buisines d'arain et de me-
tal, Ronc. p. 78. E areim mult de grant maniere prist
de dous citez Adadezer, Bethe e Beroth, Rois. 147.
| xm s. Ne keuvres [cuivre], ne arains, ne estains,
ne fiers, TAILLIAR, Recueil, p. 25. Arains, coires
et tout autre maniere de metal hors mis or et ar-
gent, monneé et à monoier, chascun fès à home,
soit petis soit grans, doit obole de rivage, Liv. des
Met. 304. Par devers destre [il y a un oisel;
D'arain est trestous trejetés; Onques mais ne fu
veus tes [tel], Fl. et Bl. 1986. || XIV s. Li ma-
rissaus [le maréchal] a bien tout che fait acordé:
Il a un cor d'arain grailloët et sonné, Baud. de
Seb. x, 748. || xvi s. Œil d'airein, quand l'œil est
rous, fier et estincelant comme un lion: ainsi les ont
les ladres, PARÉ, XV, 5.

-ETYM. Provenç, aire; catal. ayre; anc. ital. aire
(cuore di bon aire). Les dictionnaires confondent
air, fluide gazeux, et air, manière, façon. Il est
bien difficile de voir comment l'air atmosphéri- |
que aurait fini par signifier l'apparence, la manière.
Diez a senti la difficulté, et il tire air dans le se-
cond sens de l'allemand art, manière, façon. Mais
on ne voit pas comment le t aurait disparu. Dans
un travail subséquent, il est disposé à réunir air
de l'atmosphère et air manière, par le sens de
souffle, spiritus, qui, donnant esprit, conduirait à
manière, caractère. Le vieux français, à ma con-
naissance, n'emploie pas aire dans le sens d'air at-
mosphérique; et il a air auquel il ne donne pas le
sens de manière. Le provençal, qui a aer, air
atmosphérique, ne s'en sert pas pour signifier
manière, non plus que l'ancien catalan de son
aer, et l'italien de son aer ou aere. Le provençal
et l'espagnol emploient aire, ayre, dans le dou-
ble sens de manière et d'air atmosphérique : c'est
donc sur aire seul que porte le double sens; c'est aire
seul qui a permis une confusion; car en effet aire
(Voy. AIRE) existe, dans l'ancien français du moins,
avec le sens de place et nid. Voici dès lors comment je
conçois la filiation des sens: place et nid; demeure,
famille; qualité, manière. Puis air et aire se se-
raient confondus dans les langues romanes. Air
de vent et aire de vent est un exemple d'une
confusion analogue. C'est, je crois, la fauconnerie
qui, en signalant le faucon de bon aire, a permis le
passage d'idée entre aire, nid, et extraction, famille,
qualité.

ETYM. Provenç, aram, eram; portug. arame; espagn. arambre, alambre; ital. rame, cuivre; de æramen, airain, de æs, airain, cuivre. Comp. l'allem. eisen, fer; angl. iron; goth.eisarn; celt. iarunn; sanscr. ayas, fer.

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AIRELLE (è-rè-l'), s. f. Terme de botanique. Sous-arbrisseau (vaccinium) portant des baies dites aussi airelles, grosses comme la merise, noires, violacées, aigrelettes.

ETYM. Portug. airella.

ÉTYM. Aire.

† AIRURE (è-ru-r'), s. f. Terme de minéralogie. Extrémité d'une veine de charbon de terre, qui finit en s'amincissant.

ETYM. Aire.

AIRE (ê-r'), s. f. || 1° Surface unie et dure où l'on bat les blés. L'aire d'une grange. I 2° Toute surface plane. L'aire d'un plancher. L'aire d'un bassin, le fond d'un bassin. Aire d'un pont, partie sur la- AIRER (è-ré), v. n. Faire son nid, en parlant des quelle on marche. Aire d'une maison, espace com- oiseaux de proie. L'aigle avait airé sur un rocher pris entre les murs. Il eût fallu commencer par net-escarpé. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. toyer l'aire et écarter tous les vieux matériaux, J. J. ROUSS. Orig. 2. || 3o En termes de géométrie, surface terminée par des lignes, eu égard surtout à l'évaluation de sa superficie. L'aire d'un carré, l'aire d'un triangle. Appliquant l'attention de mon es† AIRAGE (è-ra-j'), s. m. Technologie. On nomme prit à l'aire qu'ils renferment, DESC. Médit. 6. || 4° En AIS (ê), s. m. || 1° Planche de bois. Il se trouve ainsi l'angle que forment les ailes d'un moulin à vent, astronomie, l'espace parcouru dans un temps donné derrière un long ais de menuiserie que porte un ouou mieux la voile de chaque aile, avec le plan de leur par le rayon vecteur d'un astre. Toute planète dévrier, LA BRUY. 11. L'un me heurte d'un ais dont je circulation, lequel est perpendiculaire à la direction crit des aires égales en temps égaux, VOLT. Newt. I, suis tout froissé, BOIL. Sat. VI. Sur l'ais qui le soudu vent; et, chaque aile étant une surface gauche, 2. Quels sont, dans les révolutions des planètes, les tient auprès d'un Avicenne Deux des plus forts l'airage varie généralement de 9 à 26 degrés, rapports des aires parcourues en temps égaux? J. J. mortels l'ébranleraient à peine, ID. Lutrin, v. A ces aux différents points d'attache de la voile, LEGOA-ROUSS. Sciences. 2. || 5° Terme de marine. Aire de mots, il saisit un vieil infortiat, Inutile ramas de vent, direction du vent. On distingue trente-deux gothique écriture, Dont quatre ais mal unis foraires de vent principales. Quelle aire de vent devions- maient la couverture, ID. ib. Ses ais [du lutrin] nous tenir ? CHATEAUB. Itin. II, 91. Plusieurs marins demi-pourris, que l'âge a relâchés, Sont à coups de font ce mot du masculin et l'écrivent air; c'est une maillet unis et rapprochés, ID. ib. III. La table où l'on faute (voy. AIR). || 6° Nid, c'est-à-dire surface plane servit le champêtre repas Fut d'ais non façonnés à de rocher où l'aigle fait son nid, et, par exten- l'aide du compas, LA FONT. Philém. Six douves de sion, nid des grands oiseaux de proie. C'est un ai- poinçon servaient d'ais et de barre, RÉGNIER, Satire glon qui retombe dans son aire, J. J. ROUSS. Em. 11. On mange sur un ais dans le carrosse, SÉV. 425. II. || 7 Le plus petit des bassins carrés d'un ma- Ce fut bien pis quand l'homme de Mayence [Gutenrais salant. 80 Dessus d'une grosse enclume. berg] eut imaginé de serrer entre deux ais la feuille | 9° Terme d'eaux et forêts. Couper les bois à tire qu'un autre fit de chiffons réduits en pâte, P. L. et à aire, les couper entre les lisières marquées, en COUR. I, 210. || 2° Au jeu de paume, un coup d'as, ne laissant que les arbres de réserve et sans choisir le coup que la balle donne de volée dans un ais qui est çà et là. || 10° On trouve aussi, en termes de marine, du côté du service. || 3° Sorte de planchette à l'usage aire pour vitesse, sillage d'un vaisseau; ce navire à des relieurs. || 4o Etabli sur lequel le boucher débite de l'aire (voy. ERRE). la viande. || 5° Outil du fondeur en sable.

RANT.

ÉTYM. Air. AIRAIN (è-rin),s. m. 1° Alliage de cuivre et d'étain, plus sonore et plus fusible que le cuivre. Statue, vase d'airain. Le fer et l'airain, n'étant plus polis par les Cyclopes, commençaient à se rouiller, FEN. Tel. n. Aussitôt on assembla des ouvriers pour travailler sur le fer, sur l'acier, sur l'airain, ID. ib. xi. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé, Tenait après son char un vain peuple occupé, Et, gravant en airain ses frêles avantages, De mes Etats conquis enchaînait les images.... RAC. Mithr. III, 1. La campagne autour est couverte d'hommes qui taillent et qui coupent, qui roulent et qui charient le bois du Liban, l'airain et le porphyre, LA BRUY. 6. || 2o Un ciel d'airain, sécheresse excessive. Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, RAC. Athal. 1, 1. Le ciel est d'ai- HIST. XII S. Les aires des salines [areas salirain sur sa tête, BOSS. Pass. 1,3. L'Egypte, ce climat narum], Machab. 1, ch. 2. Il est venus à l'aire si fertile sous un ciel d'airain, J. J. ROUSS. Sciences. [place] où cele est qui ses bons Est preste d'asseuir || 8° Un front d'airain, un front sans pudeur qui ne [suivre sa volonté].... AUDEF. LE BAST. Romancero, rougit jamais. Ce sont des monstres [ces femmes] p. 34. Salomons de Bretaigne fu en pié en mi l'aire qui ont un front d'airain, SEV. 452. Pour le nier il le lieu de l'assemblée], Sax. xxxi. Quant il vinfaut avoir un front d'airain, BOSS. Avert. 1. S'étant drent al aire Nachor, Oza estendid sa main vers fait un front d'airain, il fit semblant de ne pas le l'arche, Rois, 140. Fist l'emperere el paleiz faire reconnaitre, HAMILT. Gramm. 14. || Un front d'ai- Banc à siege envirun l'aire, WACE, Rou, 8275. rain signifie aussi une attitude inébranlable. A ces | xures. S'il s'enfuioit, le edefises de se [sa] maiadversités oppose un front d'airain; Reçois d'un vi- son seroit abattus; et li meuble et li aire seront l'esage serein La nouvelle de ta défaite, CHAUL. La vie veske, TAILLIAR, Recueil, p. 514. A terre l'estut champ. || 4° Avoir un cœur d'airain, être impitoya- sommeillier; S'ele dormi, ce ne fu gaires; N'ot ble. 15° En termes de mythologie, le siècle d'airain, pas toz jors geû en aires, RUTEB. II, 119. Quant li le siècle intermédiaire entre le siècle d'argent et le ostoirs [autour] se fu assis, Ses oiseaux [ses petits] siècle de fer. Un siècle d'airain, un temps de ca-laidist et blasma, Par maltalent leur reprova, lamité. 16 Un mur d'airain, une barrière infran- Que vingt ans ot aire tenue. Unques si grart deschissable. || 7° Fig. et poétiquement, canon. J'en- convenue Si oisel ne li firent mès, MARIE, fable 80. tends l'airain tonnant de ce peuple barbare, VOLT. Se tu veus trouver l'aire du triangle equilatere.... Alz. 11, 6. || 8° Cloche. Les pontifes saints autour Comput, f 16. Et certaine chose est, se la meson de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain ardet, l'en ne doit pas loage ne de l'aire ne des palent et sombre, A. CHEN. 90. Ou l'airain gémis- reiz, Liv. de Just. 134. || xiv s. Chacun sextier sant, dont les sons éperdus Annoncent aux mor- dou 'mellieur, qui ès aires dou dit Pont sera vendu, tels qu'un malheureux n'est plus, LAMART. Médit. DU CANGE, aera. Nidos seu ayres avium de rapina, -ETYM. Berry, ais, prononcé aisse; espagn. exe; 1, 5. Ecoutez.... l'airain sonne, il m'appelle, il vous DU CANGE, area. Desoresnavant à tous jours li dit re- portug. eire; ital. asse; de assis, planche. crie Que l'instant est venu de sauver la patrie, DE- ligieus se souffreront de clore et de bailier à prez, à AISANCE (è-zan-s'), s. f. Îl 1° Absence de LAV. Vepr. Sicil. IV, 4. || 9o Dans le langage de l'E- aires ou à autre waingnage [pâturage] plus que clos et peine, facilité. Porter avec aisance un fardeau. criture, l'airain sonnant, un vain bruit. Les vérités baillié en ont, ID. ib. Au trait d'un arc de leur 2o Liberté de corps ou d'esprit. Il fait toute chose les plus terribles ne sont pour eux qu'un airain son- dit aire [des éperviers], Ménagier, 11, 2. || xv s. avec aisance. L'aisance de ses manières. La liberté nant et une cymbale retentissante, MASS. Parole. Une aire de bois contenant environ demi arpent, et l'aisance doivent régner dans les conversations. Nous ne sommes plus pour vous qu'un airain son- ID. ib. Aire de marais salant, ID. ib. Aires où ||| 3° Etat de fortune qui permet de se procurer les nant, ID. Car. Inconst. || 10° En termes d'antiquité, se font les lins, ID. ib. Icelui Bustór dit qu'il es- commodités de la vie. Il est dans l'aisance; il jouit airain de Corinthe. C'était un composé d'or ou d'ar- toit bon maronier [marinier] et qu'il savoit bien d'une honnête aisance. Ces gâteaux étaient les gent et de cuivre, dont on coulait des statuettes et en quel are de vent la lune et le soleil estoient, seuls présents que Virginie pût faire de l'aisance do des vases fort recherchés. || Proverbe. Les injures s'é- ID. ib. || XVI S. Le vaultour est chose bien rare, l'habitation, BERN. DE ST. P. Paul et Virg. || 4° Au crivent sur l'airain et les bienfaits sur le sable; on ei mal aisée à veoir, et ne treuve l'on facile-plur. Lieux, cabinet, fosse d'aisances; latrines DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE. 2

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HIST. XIII s. Me fet crever le cuer ou ventre Li ors vens del pertuis punais; Miex vosisse estre sor un ais D'une privée [latrines] où me geüsse, Ren. 17176. Lors veist on celes et ceus Qui en la chambre erent adès, Hurtez as parois et as es Lor chies [têtes].. L'escoufle. Nous entendons de certein que tous les es de vostre nef sont tous eslochez, JOINV. 283. || xvo S. Et là le [le pont] trouverent-ils fort pourvu de Flamands qui le defaisoient ce qu'ils pouvoient; et quand ils en avoient osté un ais, ils le couvroient de fiens, FROISS. II, II, 175. Le dessus du pont estoit couvert d'aiz seullement pour la pluye, côмм. IV, 9. Il se força tant, qu'il arracha l'ais percé du retrait et le repporta à son col, LOUIS XI, Nouv. LXXII. Deux charges de aes ou assennes, DU CANGE, aes. Jehan, qui avoit sur son espaulle ung aes, ID. ib. || xvi s. Il rompit un ais qui estoit entre la chambre de sa maistresse et celle où il couchoit, MARG. Nouv. 1. Je ne sçay s'il le demande [relié] en aix de bois, ou en aix de papier [carton], DESPER. Cymbal. 74. Ung infini nombre d'aisses semées de poinctes.... pour la deffence d'une bresche, CARL. v, 32.

I.

13

15° Terme de jurisprudence. Servitude, commodité, service qu'un voisin retire d'un autre en vertu de convention ou de prescription.

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REM. Plusieurs personnes entendent par là, un air aisé et dégagé. Il y a pourtant des gens délicats qui ne peuvent souffrir ce mot, à cause de la signification qu'il a au pluriel, D BOUHOURS Nouv. Rem. Heureusement cette puérilité n'a pas prévalu; et aisance est resté dans le bon usage. HIST. XVI s. Ils s'abstenoyent tant qu'il estoit possible de tout ce qui appartenoit à l'aisance et soulagement du corps, CALVIN, Instit. 1013. Cette aysance que les bons esprits ont de rendre ce qu'ils veulent vraysemblable, MONT. II, 329. L'aysance qu'il a trouvé à desgosiller un passant, ID. I, 402. Si aucun a jardin ou terre labourable, estable, cheminée ou aisances contre un mur metoien, il y doit faire contre mur, LOYSEL, 291. Il avoit à faire bien long chemin sans trouver aisance d'eau quelconque, AMYOT, Pomp. 53. Et estoit une belle assiette pour loger un camp à seureté, ayant commodité et aisance de toutes choses, ID. Marius, 38.

mode, c'est-à-dire des aises de la vie qui, quoi- | Elle ne pouvait rier. promettre qui me fit si aisë,
que absolument permises, ne laissent pas de fo- VOIT. Let. 66. Ce que vous me dites me fait aise, MOL.
menter la rébellion de la chair, BOURD. Carême, Fest. ¤, 2. Votre lettre me trouvera bien sain et
t. 1, p. 86. || 9° À l'aise, loc. adv. Commodément, me fera bien aise, P. L. COUR. Lett. 1, 27. Elle en
librement. Qu'on est assis à l'aise aux sermons de sort plus aise de s'être acquittée d'un devoir onė-
Cottin, BOIL. Sat. IX. Celui qui n'a de partage avec reux où elle n'a trouvé rien de plus consolant que le
ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut plaisir de le voir finir, MASS. Car. Chute, Tiedeur.
être officier, LA BRUY. 6. || Mettre à l'aise, don-Cette joie d'un père toujours aise de voir ses enfants,
ner de l'espace. Les spectateurs étaient fort ser- ID. Conf. Zèle pour les âmes. Aussi aise d'être em-
rés; on les mit à l'aise avec des bancs qu'on ap- ployé aux ministères les plus obscurs qu'aux plus
porta. || Fig. L'expédient pour rendre intelligible un éclatants, ID. Conf. Vices. Je suis bien aise d'appren-
auteur si concis et étroitement enveloppé dans son dre cela, MOL. Scapin, II, 5. Je suis bien aise de
style, c'est de mettre ses pensées plus à l'aise dans cette rencontre, D. Mar. f. 2. J'ai voulu vous parler
une juste étendue de discours. A son bel aise, en secret d'une affaire, Et suis bien aise ici qu'aucur
loc. adv. A son aise. A son bel aise aura lieu de s'ins- ne nous éclaire, ID. Tart. III, 3. Mais vous seriez pour
truire, LA FONT. Mazet. La Fontaine a fait ici aise lui fort aise d'obéir, CORN. Agésil. ¤, 7. Je serai fort
du masculin; aise en effet a été longtemps d'un aise de vous dépeindre ce pays, FEN. Tel. VIII. Vous se-
genre indécis; mais aujourd'hui il est fixé au fé- rez bien aise de recevoir Nestor, ID. ib. xxi. On fut
minin; et il ne faudrait pas employer cette locution aise de le visiter, avant que la cour y vienne,
de La Fontaine.
295. Je suis aise que, veut le subjonctif: 11 est
bien aise que vous lui ayez écrit.

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GUIZOT.

paise,

SÉV.

-SYN. AISE, CONTENT. On donne aussi ravi comme synonyme; mais ravi est un terme d'une bien plus grande énergie et sur lequel personne ne peut se tromper. Aise et content expriment tous deux un état qui affecte l'âme agréablement; mais on aura une idée de la nuance qui les sépare en comparant ces deux exemples: Je suis content de mon sort; je suis aise de mon sort; le premier signifie que mon sort me satisfait et que je ne désire rien de plus; le second signifie que mon sort me cause un sentiment de bien-être qui dépasse le contentement. Là est la distinction entre les deux termes, qui se manifeste aussi dans cette phrase: Je suis aise que vous soyez content de moi.

REM. Locution vicieuse : On ne peut pas avoir tous ses aises; dites: on ne peut pas avoir toutes ses ETYM. Aise. On trouve dans les contrats de aises. vente de la fin du xv s. : Maison, court, puits, SYN. AISES, COMMODITÉS. Les aises disent quellieux, aisances et appartenances, ainsi qu'elle se que chose de voluptueux et qui tient de la mollesse. comporte. De là, selon M. Léon de Laborde, lieux Les commodités expriment quelque chose qui facid'aisance (par abus). lite les opérations ou la satisfaction des besoins, et † AISCEAU (è-só), s. m. Terme de tonnellerie. qui tient de l'opulence. Les gens délicats et valétuInstrument recourbé qui sert à polir le bois. dinaires aiment leurs aises. Les personnes de goût, AISE (ê-z'), s. f. 1° Sentiment de bien-être et de et qui s'occupent, recherchent leurs commodités, contentement. Ils avaient toute l'aise que la situation comportait. L'aise est vive et peut se manifester par HIST. XII s. Car qui a à la gloire celestial pardes mouvements du corps. Tressaillir d'aise. Saint tir, Li covient estre el cors à les eises fuir, Ensi cum Jean l'entend etil saute d'aise, BOSS. u, Visit. 1.Ce pê- sainz Polz dict.... Th. le Mart. 79. Jamais [nous] cheur d'aise tout transporté, CORN. D. Sanc.v, 8. Vous n'aurons tel aise [facilité] de nos hontes vengier, le pardonnerez à l'aise de vous voir, ID. le Ment. 1, 5. Sax. VI. || xm s. Lors furent li nostre mout à aise HIST. XII S. Or est ele mout aise, mais tost L'aise de voir la terre à son pouvoir soumise, ID. et mout riche, VILLEH. CXXXII. || XV s. L'aise que sera dolente, Berte, x. Je ne sui pas si aise com le Pomp. I, 1. Ne dois-je point encore en témoigner j'ay, dire je ne sauroye, CH. D'ORL. Bal. 38. En ce poisson qui noe [nage], ib. xxxIII. Et mais [elle] ne de l'aise ? ID. Médée, 1, 5. En l'aise de la victoire mortel monde ne faut y prendre ses aises ni consti- sera aise de ci qu'aura seû Se c'est Berte sa fille, ib. Rien n'est si doux que la gloire, MALH. II, 2. Aime.... tuer sa fin, AL. CHART. Consolation des trois vertus. cxxin. Je vous di que soiés tout aese, que vostre esmaintenant l'aise de nos yeux, ID. II, 8. Sans jamais Et ainsi qu'ils venoient [les Ecossais], ils se logeoient tat plet miex à nostre seigneur en ce cas que ne fait en son aise un mal-aise éprouver, ID. I, 4. Prince, à l'usage de leur pays, et n'avoient pas tous leurs le mien, JOINV. 198. || xv s. Comment ils pourroient l'aise et l'amour des âmes et des yeux, RACAN, Sonaises, FROISS. II, II, 235. C'est un mol chevalier qui faire pont pour passer cette riviere et les crolieres net. 2° Etat commode et agréable, liberté. Il est à ne veut autre chose que ses aises, de boire et de [fondrières] plus aise et plus seurement, FROISS. 1, son aise partout, comme s'il était chez lui. J'étais là manger et de aloer le sien follement, ID. II, III, 12. 1, 133. Et la tint toute aise selon son estat [le sire bien à mon aise pour mentir, CHATEAUB. Itin. 209. Je le remercie grandement des beaux presens qu'il d'Aubrecicourt qui reçut la reine Isabelle], D. I, I, Je me trouve fort à mon aise toute seule, SEV. 222. m'a presentés; mais ce n'est mie l'aise ni la paix du 12. Et si en mourray plus aise [si vous accomplissez Il est bien à son aise quand il est avec elle, ID. 580. roi d'Angleterre, monseigneur, que je les retienne, mon vœu], ID. I, 1, 47. Un souper est tantost passé, Que j'en ai de vous voir belle et bien à votre aise, ID, I, I, 300. Pour avoir l'aise de eux et de leurs vous serez demain plus aise [mieux traité], LOUIS RÉGNIER, Sat. XIII. Voilà les ecclésiastiques bien à leur chevaux, ID. II, II, 3. Le roy d'Angleterre lequel ay-x, Nouv. XCIX. || XVI s. Des tristes tristeur desaise, PASC. Prov. 6. || A votre aise, elliptiquement, moit fort ses aises et ses plaisirs, COMM. IV, 3. Et tournoit, Et l'homme aise en aise tenoit, MAROT, MI, à votre commodité, quand vous voudrez. || Etre prierent le dit Anthoine qu'il se parteist de leur escot 232. La bonne comtesse a esté très-aise de veoir que mal à son aise, être indisposé. J'étais mal à mon aise, et les laissast à leur privé et faire leur aise, DU CANGE, le roy se porte bien, MARG. Lett. 38. Je suis bien aise sav. 359. Quand l'enfant pleure, il est mal à son aise, aisamenta. || XVI s. Ne pleurons plus si ce n'est que vous estes de mon opinion, ID. Nouv. LXX. AuJ. J. ROUSS. Em. 1. Etre mal à son aise, être de grand'aise, Puis qu'envers nous l'ire de Dieu s'ap- guste fut bien ayse d'avoir trouvé un........ MONT. 1, 129. embarrassé. Devant lui il était mal à son aise. Tant nous aymant, que de mortel mesaise Tire Ceux là sont pleins et ayses [riches] qui peuvent non || 3° Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, dis- le roy, MAROT, II, 272. Et de ma part, tant pour pas seulement entretenir leur maison, mais encores siper sa timidité. Le prêtre l'écoutait, le mettait à vostre aise que pour la nostre, il vous en prie autant la combler de reserves, LA BOËTIE, 199. Les uns bien son aise, J. J. ROUSS. Em. Iv. || Se mettre à son aise, que luy est possible, MARG. Lett. 1. Je sens vostre aise aises de son malheur, AMYOT, Timol. 20. pousser la familiarité jusqu'à l'oubli des convenan- tel pour avoir Mme la Mareschale avecques vous, qu'il ces. Il se met à son aise partout, et nulle considéra- ne vous souvient de vos amys, ID. ib. 2. Là, assis à tion ne le gêne. 4° Familièrement. N'en prendre nos aises, chacun dira quelque histoire, MARG. Nouv. qu'à son aise, travailler en son temps, ne faire que Préface. Vous en parlez bien à votre aise; mais.... ce qui platt. 5° En parler à son aise, discourir de ID. Nouv. 18. Elle vequit longtemps, par sa finesse sang-froid des choses au succès desquelles on n'est fort à son aise; - c'est un aise bien malheureux, dit pas intéressé. Vous en parlez bien à votre aise, PASC. Oisille, quand il est fondé sur le peché, ID. ib. XXXIX. Prov. 2. Vous en parlez bien à l'aise, MOL. Fem. sav. Se mettre à son ayse, MONT. I, 8. L'ame doibt faire ¤, 9. À votre aise vous en parlez, ID. Prol. Amph. Ce luire jusques au dehors son repos et son aise, ID. I, missionnaire fait son métier, il en parle bien à son 175. Les sœurs de Pernette estoient jalouses de son aise, FLÉCH. Serm. ¤, 208. Elle lui dit qu'il en parlait aise, et de ce qu'elle marchait la première, DESPER. fort à son aise, HAMILT. Gramm. 10. 16° Être, vi- Contes, cxxix. Puis l'ayant prié de prendre son aise vre à son aise, être dans une situation de fortune [de s'asseoir], commencerent à deviser de diverses modeste, mais heureuse. Des louanges toutes pu- choses, YVER, p. 638. Le reste de l'armée eut tout res ne mettent pas un homme à son aise MOL. le loisir de marcher à son aise jusques là, AMYOT, Fab. Bourg. G.1, 1. On ne vaut et l'on n'est heureux qu'au 17. Ceste nouvelle joye survenue par dessus l'aise de tant qu'on se voit à son aise et bien pourvu, la victoire.... ID. Marius, 38. BOURD. Exhort. t. 1, p. 465. L'argent est rare, c'est ETYM. Bressan, éso; franc-comtois, aze; bour-reviennent de leurs égarements; et plus même ils pour cela que les paysans sont à leur aise, J. J.guign. ase; wallon, dhe; namurois, auje; provenç. ROUSS. Hel. 1, 23. Celui qui travaille est aussi à son ais; anc. ital. asio; ital. mod. agio; anc. catal. aise; aise que celui qui a cent écus de revenu sans tra- portug. azo; angl. ease; anglo-sax. ddhe, eadhe, vailler, MONTESQ. Esp. xxII, 29. Voilà un homme facile; vieux sax. odhi, ôthi, facile; gaél. athais, adbien riche, bien à son aise, SEV. 608. Ceux qui sont hais, aise; corn. aizia, mettre à l'aise; bas-bret. éaz, mal à leur aise, PASC. Prov. 8. || Il n'est malade que ez, aisé. Mot d'origine incertaine. On l'a rattaché au de trop d'aise, se dit d'un homme riche qui a de gothique azets, aisé. Quant au basque, aisia, aisina, fréquentes incommodités. || 7° Paix et aise, dou-il paraît venir du provençal et non en être l'origine. cement, commodément. Il n'a pas un grand bien, En somme, il y a dans l'allemand et dans le celtique mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cette une racine adh, az, ais, qui est sans doute la source construction). Je ne demande que paix et aise. du mot roman. 118° S. f. plur. Les commodités de la vie. Dieu se contente de vous priver d'une partie de vos aises, FLÉCH. Serm. II, 203. Les petites règles qu'il s'est faites et qui tendent toutes aux aises de sa personne, LA BRUY. II, 45. Elle nous prive du com

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AISE (ê-z'), adj. || 1° Qui a de l'aise, qui est content. Combien il sera aise, en apprenant cette nouvelle! Je suis aise que vous ayez réussi. Cela me rend fort aise. On peut juger si Camille était aise, LA FONT. Court. Elle était aise de parler à quelqu'un, sev. 12.

ETYM. Provenç. ais (voy. AISE, s. f.). AISE, EE (è-zé, zée), adj. || 1° Qui se fait ou qui est sans peine. Tout deviendra aisé. Il est aisé de prouver. Il était aisé à la reine de faire sentir une grandeur qui lui était naturelle, Boss. Reine d'Angl. il était encore plus aisé au roi de lever des soldats que de les armer, D. ib. Ce beau feu dont pour vous ce cœur est embrasé, Trouvera tout possible et l'impossible aisé, ROTR. Vencesl. v, 2. Il n'est pas bien aisé de m'obtenir de moi, CORN. Rodog. II, 4. Que vous êtes heureuse! et qu'un peu de soupirs Fait un aisé remède à tous vos déplaisirs! ID. Poly. II, 2. Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler, VOLT. Zaire, IV, 7. Il est aisé de juger à quels mouvements et à quelles contentions tout cela engage, BOURD. Pensées, t. 1, p. 259. De grands pécheurs ouvrent les yeux, écoutent les remontrances qu'on leur fait, sont grands pécheurs, plus il est quelquefois aisé de les émouvoir, m. ib. p. 208. Sous ce terme nous comprenons tout ce qu'il y a dans le monde qui peu éblouir les yeux, charmer les sens, piquer la curiosité, nourrir l'amour-propre, rendre la vie aisée, commode, agréable, molle et délicieuse, ID. ib. p. 224. Votre profession et tous les engagements, bien loin d'être encore pour vous un fardeau aussi pesant qu'ils l'étaient ou qu'ils vous le semblaient, vous deviendront aisés et vous porterez le joug du Seigneur avec une sainte allégresse, ID. ib. t. ш, р.396. Il y a des places, des rangs, des professions, où la réputation est beaucoup plus précieuse, plus délicate, plus aisée à blesser que dans les autres, ID. tb. t. I, p. 164. Gloire aisée, RAC. Phèd. II, 1. Vous avez trouvé toutes choses si aisées qu'elles se pouvaient

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sens. Aisé suit d'habitude son substantif.

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- ETYM. Provenç. aissela; catal. axella; ital. ascela; du latin axilla. Allem. Achsel; suéd. axel; anc. haut all. ahsala; gaël. achlais, asgall, aslaich, bras, aisselle, sein.

AISSIEU (è-sieu), s. m. Voy. ESSIEU. +AISSON (e-son), s. m. Terme de marine. Petite ancre à quatre bras.

AITIOLOGIE (6-ti-o-lo-jie), s. f. Voy. ÉTIOLOGIE. +AJOINTER (a-join-té), v. a. Technologie. Joindre des tuyaux bout à bout; joindre deux planches ensemble.

AJONC (a-jon), s. m. Arbuste fort épineux, à fleurs légumineuses, dit aussi genêt épineux.

HIST. XIII S. Autres terres qui sont appelées adjoubs, DU CANGE, adjotum. Pour la moitié d'un adjoub, seant vers le bois de Arcies, m. ib. || XIve s. Pour ce que le dit Pierre Sarre, sans congié ou consentement du dit chevalier, en icelle terre ou fief, avoit cueilli et emblé certains biens et choses du dit chevalier appelez ajoous selon le langage du pays [diocèse de Luçon].... ajous sont défendus de cueillir et prendre sanz licence de celui à qui il appartient; et yceulx ajous avoit mis sur une jument et sur une mule.... m. ib. En laquelle terre avoit ajoous, is. ib. || xvi s. Ajous, furze, sorte de genêt, COTGR. Dict. gall. angl.

quasi faire d'elles-mêmes, BALZ. Liv. IV, lett. 18. on met vin et tout aisement d'or et d'argent, DU | mants, D'AUB. Fœn. iv, 7. La puanteur des ziscelles
Cela est aisé à dire, se dit quand quelqu'un CANGE, aisamenta. Une place où ils pourront edifier vient.... PARÉ, XVI, 39.
donne un conseil difficile à pratiquer et qu'il n'est pas à lor aisement une mareschaussée, ID. ib. Entre les
obligé de suivre. || 2° Où l'on est à l'aise. Route autres cozes que noz avons dites des aisements com-
aisée. Une voiture aisée. Un habit aisé. Des souliers muns que cascuns doit avoir es quemins por aler et
aisés, larges. || 3. Fig. Libre, dégagé. Une taille por venir pesivlement, BEAUM. XXV, 25. || XIV s. Le
aisée. Un air aisé. Mouvements aisés. || 4° En termes prisonnier demanda pour Dieu au dit sergent qu'il le
de peinture, pinceau aisé, celui dont la touche est defferrast, pour aller faire son aisement [ses besoins],
franche, libre, facile. En gravure, pointe aisée, celle DU CANGE, ib. Louis fit fuir le dit sergent tout au hors
qui est nette et coulante. || 5° Peu sévère, relâché. Une de son lit, le poursuivit jusques à uns aisemens où
dévotion aisée. Une morale aisée. || 6° Facile, agréa-il s'estoit retrait, ID. ib. || xv s. Vous veez tous les
ble. Des vers naturels et aisés. Manières aisées. Oh! aisements de ceans; veez là mon lit, et là sus gis-
que j'aime bien mieux cet auteur plein d'adresse Qui, sent mes enfans, FROISS. II, II, 457. La tierce bataille
sans faire d'abord de si hautes promesses, Me dit d'un eut le roi pour son corps, et grand foison, selon l'ai-
ton aisé, doux, simple, harmonieux.... BOIL. A. P. II. sement où il estoit, de bons chevaliers et escuiers,
117° Qui jouit de quelque fortune. C'est un homme. I, 1, 284. Le deable, qui onques ne dort, res-
aisé. Cette famille est aisée. | 8° Familièrement. Cetveilla ceux de Bruges à faire fossés pour avoir l'ai-
homme n'est pas aisé, il est d'une humeur, d'un sement de la riviere du Lis, ID. II, II, 52. || XVI s.
caractère difficile. || Cet homme est aisé à vivre, Heureuse fut d'honneur et d'aisement La chere es-
il est d'un commerce facile et doux. Les conditions pouse à un roy tant heureux, J. MAR. V, 88.
les plus aisées à vivre selon le monde sont les plus
- ETYM. Anc. franç. aisier, rendre facile (voy.
difficiles à vivre selon Dieu, PASC. P.jés. 19. || 9° S.m.AISE).
plur. Les gens à leur aise, qui ont quelque fortune. AISÉMENT (è- zé-man), adv. || 1° Sans peine.
La taxe des aisés. Le rôle des aisés. Vieux en ce Celui qui a l'habitude de mentir se parjure aisément.
On n'aime point à passer pour une personne que l'on
puisse aisément attaquer et qui ne sache pas se défen-
dre, BOURD. Exhort. t. 1, p. 499. Ne me demandez pas
d'où vient qu'ils résistent si rarement à la tentation,
qu'ils y succombent si aisément, qu'ils se relèvent si
ETYM. Berry, aujon, ajon, ajonsi; bas-lat.
difficilement, D. Carême, t. 1, p. 232. Obsédées de adjotum, ajoudum. Les formes de l'ancien français
tant d'adorateurs qui les flattent.... et qui leur ten- et du bas-latin ne permettent pas de rattacher ce
dent des piéges. à quoi elles ne se laissent prendre que mot à jonc. Un adjoub, adjotum, est une terre
trop aisément, m. ib. p. 239. Mais qu'aisément l'a- plantée d'ajoncs. Faudrait-il y voir la préposition d
mour croit tout ce qu'il souhaite! RAC. Baj. 1, 4. Votre et une forme altérée de genista? Il y a, dans l'an-
cœur aisément se montre magnanime, m. 1phig. 1, cien français, jaam, avec une signification très-ana-
SYN. AISÉ, FACILE. Ils marquent ce qui ne coûte 3. S'il est prêt à partir, il peut en ce moment Enle-logue: De hous et de jaam sauvage, Vie du bien-
pas de peine. En ce sens ils sont à peu près syno- ver avec lui son otage aisément, CORN. Nicom. V, 5. heureux Thomas.
nymes, et il est difficile d'y saisir une nuance, mal- Je doute que le flot des vulgaires humains À ce
gré les efforts des auteurs pour en signaler. Une dé- discours pourtant donne aisément les mains, BOLL.
monstration aisée, ou une démonstration facile; cela Sat. I. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
est aisé à apprendre, ou cela est facile à apprendre, Et les mots pour le dire arrivent aisément, ID. A. P. 1.
ne présentent pas de distinction bien sensible. Mais Si nous ne savions qu'il est le fils d'un mortel, on le
les distinctions deviennent manifestes dans les em- prendrait aisément pour Bacchus, pour Mercure,
plois dérivés un habit est aisé, et non facile; le ou même pour le grand Apollon, FEN. Tél. VII.
cœur, le caractère, un homme, sont faciles, c'est-|| 2° Commodément. Ce cheval va, galope aisément.
à-dire qu'ils inclinent à des actes d'indulgence et Le discours marche plus aisément.
de bonté, et non aisés. Mais on dit également facile
à vivre, et aisé à vivre. Une chose est aisée à croire,
c'est-à-dire à être crue; mais une personne est facile
à croire, c'est-à-dire qu'elle croit facilement.

REM. Il est aisé (impersonnel) prend de avec l'infinitif: Il est aisé de voir. Cependant, au temps de Descartes, cela n'était pas constant: Il est aisé à remarquer que cette altération estsentie, DESC. Pass. 1, 33. Mais aisé prend à devant un infinitif dans les autres cas, c'est-à-dire quand il n'est pas employé impersonnellement: Cela est aisé à faire; homme aisé à vivre. Mme de Sévigné a dit aisé à, dans le sens de qui se laisse aller : Si j'étais aussi aisée à succomber à l'envie de vous entendre.... 402.

SYN. AISÉMENT, À L'AISE. L'emploi en est bien distinct. Aisément répond à facilement, et à l'aise à commodément. Où l'on marche aisément, on marche sans difficulté; où l'on marche à l'aise, on marche sans embarras ni gêne.

fort pour passer son ost aisement et sans peril,
FROISS. I, 1, 273. || xvi° s. Aiséement, AMYOT, Phi-
lop. 11.

ETYM. Aisée et ment. L'adverbe régulier est, comme dans Amyot, aiséement, d'où par contraction aisément. Aisement de Froissard est l'adverbe de

+AISSADE (è-sa-d'), s. f. Terme d'agriculture. Sorte de pioche en fer pointue.

+AISSANTE (è-san-t'), s. f. Technologie. Bout de planche mince qui sert à faire une couverture de toit.

HIST. XII s. De quoi je sui certein que se il
eussent esté en leur cloistre, il ne fussent pas si ai- -HIST. XIV s. Plus aisiéement, Ménagier,11,5.
sié comme il sont avec le roy, JOINV. 288. L'un des|| xv s. Entrementes fut le pont refait, bon et
poins de la loy Haali est que quant un homme se fait
tuer pour faire le commandement son seigneur, que
l'amé de li en va en plus aisié cors qu'elle n'estoit
devant, m. 260. || xvi s. Et s'il te plaist, menu les
briseras, Aussi aisé comme un vaisseau de terre,
MAROT, IV, 228, Au demeurant vous m'avez laissée
en une compaignie tant aisée à vivre, que je n'ayaise.
encores ouy une seule parole que une seur ne deust
dire à l'autre, MARG. Lett. XCVII. Enfin, Cinna, je
t'ai rendu accommodé et si aysé [à son aise, ri-
che] que.... MONT. I, 129. Ils sont plus aysez à
concevoir qu'un conte de Boccace, ID. I, 180. A me-
sure qu'elle se treuve plus molle, il est plus aisé à y
empreindre quelque chose, ID. I, 199. Je suis bien
aysé que les tesmoings nous sont plus à main où
nous en avons plus affaire, ID. 1, 309. J'avais prins
un cheval bien aysé, ID. I, 52. Un mesme pas de
cheval me semble tantost rude, tantost aysé, ID. II, AISSELLE (è-sè-l'), s. f. || 1o Cavité qui se trouve
324. Ceulx qui estoient plus aysez desfrayoient les au-dessous de la jonction du bras avec l'épaule. Au
plus necessiteux, ID. I, 175. L'aysé et le malaysé lui printemps, on les [les vers à soie] arrose de vin et
sont un, ID. II, 151. Sa voix estoit doulce, sa langue d'eau tiède : ils sont couvés sous les aisselles des fem-
diserte et sa parole aisée, AMYOT, Péric. 11. Il n'est mes, FÉN. XIX, 470. || 2° Terme de jardinage. Inté-
pas aisé de dire quelle raison l'en detourna, ID. Fab.rieur de l'angle formé par une feuille avec un ra-
34. Entendement aisé [vif, pénétrant], ID. Marcel.
27. Son pere luy faillit en l'aage de sept ans, et le
laissa assez aisé, car son bien ne valoit gueres moins
de quinze talents, ID. Démosth. 6. Quant à Marius,
qui estoit pesant et mal aisé de sa personne, AMYOT,
Marius, 67.

ETYM. Participe de l'anc. franç. aiser, aisier, faciliter; picard, aisié ; provenç. aisado; angl. easy (voy. AISE).

AISEMENT (ê-ze-man), s. m. Commodité. A son point et aisement, à ses bons points et aisements, à son aise, à son loisir. || Vieux.

AJOUPA (a-jou-pa), s. m. Espèce de hutte portée sur des pieux et qu'on recouvre promptement de feuilles et de ramée. Je te ferai avec les feuilles [d'un palmiste] un ajoupa pour te mettre à l'abri, BERN. DE ST. P. Paul et Virg. p. 72. La pureté de l'air et la douceur du climat nous permettaient de dormir sous un ajoupa au milieu des bois, ID. b.

p. 107.

†AJOURÉ, ÉE (a-jou-ré, rée), adj. Terme de blason. Il se dit de pièces percées à jour. ETYM. A et jour.

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AJOURNÉ, ÉÉ (a-jour-né, née), part. pass. 1 Ajourné à comparaître. || 2o Différé. Nos projets sont ajournés.

AJOURNEMENT (a-jour-ne-man), s. m. || 1o Terme de pratique. Assignation, sommation de comparaître en justice à un jour désigné. Exploit d'ajournement. Etre décrété d'ajournement. Dès le lendemain de la représentation il reçut un ajournement personnel, BALZ. Le prince, ch. xxv. || 2° Remise d'une affaire. Il y a ajournement à quinzaine. 3 En général, retard. Ajournement d'une dé

cision.

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HIST. XIII s. Sire, sauve vostre grace, je n'enten que je tel ajornement deie acuillir, come voz me faites, Ass. de J. 81. || xiv s. Illec se reposa jusqu'à l'adjornement [retour du jour], Guescl. 1358 Il xv s. Aucuns preux chevaliers et bacheliers d'E+AISSAUGUE, ASSAUGUE ou ESSAUGUE (è-so- cosse chevaucherent à la fois, et par vesprées, et gh', a'sô-gh'), s. m. Terme de pêche. Filet formé de par adjournemens, reveiller l'ost aux Anglois, deux ailes ou bras, avec une manche placée au milieu. FROISS. I, 1, 58. Droit à un ajournement et un †AISSEAU (è-sô), s. m. Petit ais ou planche très-petit devant soleil levant arriverent à Mortaigne, mince, qui sert à couvrir comme la tuile.

meau, par un rameau avec une branche, par une
branche avec une tige. || 3. Terme de marine. Aisselles
d'une ancre, angles formés par la verge et les bras de
l'ancre. || 4° En architecture, partie de la voûte d'un
four, depuis la naissance de cette voûte jusqu'à la
moitié de sa hauteur.

ID. I, 1, 79. || xv s. Tous ajournemens doivent estre faits à personne ou domicile, LOYSEL, 691.

ETYM. Provenç. ajornament Voy. AJOURNER. AJOURNER (a-jour-né), v. a. || 1° Assigner quelqu'un en justice à un jour marqué. || 2° Renvoyer une affaire à un autre jour. Ajourner une affaire, une délibération. || 3o Remettre à un temps indéterminé. Ajourner un projet, un travail, une dépense. Ajourner la guerre. Trop de sécurité fit ajourner les précautions.

HIST. XI s. Com pesmes [très-mauvais] jurz nous est hoi ajurnez [s'est levé pour nous]! Ch. de Rol. CLXVIII. || XII s. Quant li rois vit le matin ajorHIST. Xшs. Le roy sailli en la mer, dont il funer, Ronc. p. 167. Tute la nuit erreient entresqu'à en yaue jusques aus esseles, JOINV. 215. Et il mist l'ajurner; E le jur se muçowent d'ici qu'à l'avesle glaive dessous s'essele et l'escu devant li, et eust prer, Od muines, od noneins, en bois, pur els celer, couru sus aus Sarrazins, se ses preudeshomes li Th. le Mart. 49. | xin s. Lors commença à eussent souffert, ID. ib. || xv s. Messire Tresilien fut ajorner, et li os [ost] commença à armer tout delivré au bourrel.... et puis pendu au gibet du roi communalment, VILLEH. LXXXV. Devant l'aube HIST. XII s. Si ferai je certainement, Se j'en par les aisselles. Ainsi fina messire Robert Tresilien, aparant, ains qu'il fust ajourné.... Berte, xv. puis avoir l'aisement, la Rose, 21638. Je ne dis pas FROISS. II, III, 76. Boutant son sac soubz son esselle, Me sire li rois vous semont et ajourne à Paris, sa qu'en doigne [donne] quan qu'en a requesté, Mais Il vint racompter la nouvelle A ses compaignons, et cité, d'ui en quarante jours, Chr. de Rains, p. 432. selon l'aisement que Diex t'ara presté, J. DE MEUNG, comment Il falloit faire sagement, VILLON, 2° Repue Et estoit ainsi establi que, se nus des ouvriers des Test. *370. Aisemens d'hostel, c'est assavoir vaissel où | fr. | xvI s. Avoir l'eseille surette et les pieds fu- mestiers dessuz diz fussent adjourné devant le dit

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