Oeuvres complètes, Volume 14

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J.-J. Benichet aîné, 1810
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Page 34 - Vous étiez; car vous étiez marque un temps passé et une succession. Vous êtes; et il n'ya qu'un présent immobile, indivisible et infini que l'on puisse vous attribuer. Pour parler dans la rigueur des termes, il ne faut point dire que vous avez toujours été ; il faut dire que vous êtes; et ce terme de toujours, qui est si fort pour la créature, est trop faible...
Page 5 - Dieu est intelligent comme les esprits, et qu'il a en lui tout le positif, c'est-à-dire toute la perfection de la pensée, quoiqu'il n'en ait point la borne. Mais enfin, quand il envoie Moïse avec tant d'autorité pour prononcer son nom, et pour déclarer ce qu'il est, Moïse ne dit point : Celui qui est esprit m'a envoyé vers vous; il dit : Celui qui est. Celui qui est, dit infiniment davantage que Celui qui est esprit. Celui qui est esprit n'est qu'esprit. Celui qui est, est tout être, et est...
Page 101 - Suivant ce système , en ôtant toute réelle liberté , on se débarrasse de tout mérite, de tout blâme et de tout enfer; on admire Dieu sans le craindre , et on vit sans remords au gré de ses passions. Voilà le système qui charme tous les libertins de notre temps. 3°...
Page 119 - L'un aura beaucoup plus d'activité et de pénétration d'esprit que l'autre ; il paraîtra né philosophe , amateur passionné de la vérité et de la vertu , désintéressé , généreux, et uniquement occupé des plus hautes spéculations ; mais observez-le de près ; vous trouverez un homme amoureux de son esprit et de sa sagesse, qui cherche la sagesse et la vertu pour enrichir son esprit, pour s'orner et s'élever audessus des autres : cet amour-propre l'indispose pour la découverte de la...
Page 80 - L'encens des hommes n'est pour vous qu'une vile fumée ; vous n'avez besoin ni de la graisse ni du sang de leurs victimes ; leurs cérémonies ne sont qu'un vain spectacle ; leurs plus riches offrandes sont trop pauvres pour vous, et sont bien plus à v'ous qu'à eux : leurs louanges mêmes ne sont qu'un langage menteur, s'ils ne vous adorent point en esprit et en vérité. On ne peut vous servir qu'en vous aimant. Les signes extérieurs sont bons, .quand le cœur les fait faire; mais votre culte...
Page 22 - ... divisant et en la multipliant , comme je suis moi-même multiplié. A force d;être plusieurs pensées , dont l'une n'est point l'autre, je ne suis plus rien , et je ne puis pas même voir d'une seule vue celui qui est un , parce qu'il est un , et que je ne le suis pas.
Page 14 - Ce qui est parfaitement et souverainement un est parfait , est l'être souverain, est l'être infini, parce que l'unité et l'être sont synonymes. Un nombre pluriel ou une infinité d'infinis seraient infiniment moins qu'un seul infini. Ce qui est composé consiste en des parties, dont l'une réellement n'est point l'autre . dont l'une est la borne de l'autre. Tout ce qui est composé de parties bornées est un nombre borné , et ne peut jamais faire la suprême unité qui est l'être suprême et...
Page 22 - Ce sont des nombres magnifiques, et qui semblent promettre les unités qui les composent; mais ces unités ne se trouvent point. Plus on presse pour les saisir, plus elles s'évanouissent. La multitude augmente toujours, et les unités, seuls véritables fondements de la multitude , semblent fuir, et se jouer de notre recherche. Les nombres successifs s'enfuient aussi toujours : celui dont nous parlons, pendant que nous en parlons n'est déjà plus : celui qui le touche, à peine est-il , et il finit...
Page 130 - On veut être son propre dieu; on n'en admet aucun autre. On sent bien que le Dieu jaloux ne peut être admis sans déposséder l'homme de lui-même. Il faut mourir à soi pour vivre à Dieu. Il faut se perdre pour se retrouver. Il faut renverser et briser l'idole du moi. Il faut mettre Dieu dans la place suprême qu'on occupait follement, et se rabaisser jusqu'à la place où l'on n'avait point de honte de mettre Dieu.
Page 169 - Ainsi il ne peut fixer son ouvrage à aucun degré qui n'ait une infériorité infinie à son égard. Tous ces divers degrés sont plus ou moins élevés les uns à l'égard des autres ; mais tous sont infiniment inférieurs à l'Être suprême. Ainsi on se trompe manifestement quand on veut s'imaginer que l'être infiniment parfait se doit à lui-même, pour la conservation de sa perfection et de son ordre, de donner à son ouvrage le plus grand ordre et la plus haute perfection qu'il peut lui donner....

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