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vous mettra à mort croira faire une œuvre agréable à Dieu. - Partout les disciples de Jésus-Christ sont poursuivis comme des bêtes féroces: les supplices ordinaires paraissaient trop doux pour des hommes rcgardés universellement comme les ennemis des dieux et de la patrie. On renouvelle, on épuise, on invente des tourments qui font frémir. Partout les chrétiens sont battus de verges, écorchés par des ongles d'airain; on les déchire par le fer; on les consume par le feu; on les suspend sur des chevalets, on les cloue sur des croix; on se fait un jeu barbare de les voir mettre en pièces par les chiens, dévorer par les lions. Ils sont couverts de laines embrasées, assis sur des chaises ardentes, plongés dans l'huile bouillante, brûlés à petit feu. On les brise sous des meules; on les submerge dans les flots, on les enterre tout vifs, on les coupe par morceaux. Dans leurs corps couverts de blessures on ne déchire plus que des plaies; on ménage avec cruauté les moments qui leur restent à vivre; on choisit parmi les supplices ceux qui font mourir le plus lentement, on les guérit par des soins barbares, pour les mettre en état de souffrir de nouveau. La pitié est éteinte pour eux dans les cœurs des hommes; et le peuple, qui voit presque toujours avec quelque mouvement de compassion les plus grands criminels sur l'échafaud, applaudit aux tourments des chrétiens par des cris d'allégresse. La mort même ne les met point à couvert de la rage de leurs persécuteurs. On s'acharne sur les tristes restes de leurs corps; on les réduit en cendres, et on les jette au vent pour les anéantir, s'il est possible. L'horreur qu'on a contre eux n'est pas satisfaite du supplice de quelques particuliers. Rome s'enivre de leur sang; elle en fait couler des fleuves; elle en inonde la terre. On n'épargne ni âge, ni sexe, ni rang, ni condition. Ce n'est point une persécution de quelques jours, de quelques mois, de quelques années; c'est par des siècles qu'il faut compter le temps des souffrances de l'Eglise. On ne peut la suivre durant trois cents ans qu'à la trace du sang de ses martyrs. » (BULLET.)

25. Il prendra de ce qui est à moi, et il vous l'annoncera. — L'Esprit-Saint prend du Père dont il procède primitivement; et en prenant du Père, il prend ce qui est au Fils, puisque tout est commun entre le Père et le Fils, excepté sans doute d'être Père; car c'est cela qui est propre au Père, et non pas commun au Père et au Fils. Le Fils a donc tout ce qu'a le Père, excepté d'être Père; il a donc aussi d'ètre principe du Saint-Esprit : car cela n'est pas être Père; le Fils prend cela du Père; et le Père, qui, en l'engendrant dans son sein, lui communique tout excepté d'être Père, lui communique par conséquent d'être le

principe productif du Saint-Esprit. C'est pourquoi le Saint-Esprit est l'Esprit du Père comme du Fils, envoyé en unité de l'un et de l'autre, procédant de l'un et de l'autre, comme d'un seul et même principe: parce que le Fils a reçu du Père d'être principe du Saint-Esprit. Et pourquoi Jésus-Christ ne dit pas, Il prendra de moi, c'est parce que ce serait dire, en quelque façon, qu'il en serait le seul principe, et que le Saint-Esprit procède du Fils, comme le Fils procède du Père : c'est-àdire de lui seul. Mais il n'en est pas ainsi: car le Saint-Esprit procède du Père radicalement; et s'il procède du Fils, c'est du Père que le Fils a pris de le produire : et c'est pourquoi il dit plutôt, Il prendra du mien; que de dire, Il prendra de moi. Parce qu'encore qu'en effet il prenne de lui, il ne prend de lui que ce que lui-même a pris du Père. L'EspritSaint procède donc du Père et du Fils; mais il procède du Père par le Fils; parce que, par cela même que le Saint-Esprit procède du Fils, le Fils l'a reçu du Père, de qui il a tout reçu. (BOSSUET.)

ÉLÉVATION.

Pourquoi donc, Seigneur, nous tant préoccuper d'obtenir la louange et les applaudissements des hommes? Vous avez dit que le servileur n'est pas plus grand que le maître le monde vous a persécuté; réjouissons-nous donc si nous devenons aussi l'objet de sa haine ou de son mépris. Craignons surtout quand il applaudit à nos actions, à nos paroles, que ce ne soit parce qu'il nous compte au nombre de ses sectateurs. Seigneur, nous ne préférerons plus à l'avenir les voies tortueuses du péché au chemin que vous nous avez vous-même tracé, et qui peut seul nous conduire à un bonheur sans fin comme sans mesure. Nous veillerons sans cesse et ne nous rassurerons point sur ce que nous ne sommes pas au nombre de vos ennemis; pour diminuer notre confiancé en nous-mêmes et nous rendre plus humbles, nous nous rappellerons qu'il sera beaucoup exigé de celui qui, par une providence spéciale, avait reçu plus de grâces, parce que la résistance aux bonnes inspirations annonce une plus grande perversité de cœur. O Jésus! qui devez être la gloire et la couronne de ceux que vous avez rachetés, que vos souffrances ne soient pas la cause de notre ruine! Nous ne nous contenterons plus de dire de bouche que nous Vous appartenons; nous le dirons du fond du cœur, et surtout nous le témoignerons par nos œuvres.

1-9. Jésus-Christ dispose de tout ce qui est à Dieu, son Père; il va quitter ses disciples, mais pour les revoir bientôt et combler leur joie. 10-13. Dieu le Père exaucera leurs prières par amour pour eus. 14-19. Jésus leur déclare d'où il vient, et les tribulations qu'ils auront à souffrir dans le monde (jeudi saint, après la cène).

Omnia quæcumque habet Pater, mea sunt,

JEAN, XVI, 15-33.

1. Tout ce qui est à mon père est à moi.

Proptereà dixi: Quia de C'est pourquoi j'ai dit : Il prendra de ce qui est à moi1, pour vous l'annoncer.

meo accipiet, et annuntiabit vobis.

Modicum, et jam non videbitis me : et iterùm modicum, et videbitis me, quia vado ad Patrem.

Dixerunt ergò ex discipulis ejus ad invicem :

2. Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez2, parce que je vais à mon père.

3. Sur cela, quelques-uns de ses disciQuid est hoc quod dicit ples se dirent l'un à l'autre : Que signifie

nobis: Modicum, et non videbitis me; et iterùm modicum, et videbitis me, et quia vado ad Patrem ?

Dicebant ergò : quid

cette parole qu'il nous dit 3, encore un peu

de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je m'en vais à mon Père?

4. Ils disaient donc : Que signifie cette

11. Avec l'essence divine, le Saint-Esprit reçoit du Fils toute la science divine. Mais il ne l'a pas communiquée tout entière aux apôtres, la nature créée en étant incapable; et c'est de la portion qu'il leur a communiquée que le Sauveur dit, Il prendra de ce qui est à moi, pour vous l'annoncer; ce qui revient à ceci : Ce qu'il vous annoncera, il l'aura reçu de moi.

2. Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus, parce que, pendant trois jours, je serai dans le sépulcre; encore un peu de temps, et vous me verrez, c'est-à-dire pendant quarante jours, quand je serai ressuscité.

3. Il est vraisemblable que ce n'est pas seulement à cause de leur tristesse que les disciples ne comprenaient pas ces paroles; mais parce qu'elles étaient réelle. ment obscures pour eux, rien ne leur indiquait encore ce que pouvait être ce peu de temps, et ils ignoraient que cette nuit même il devait être saisi par les Juifs. 4. Cette question, soulevée par quelques-uns, s'agitait alors entre tous.

est hoc quod dicit modi parole encore un peu de temps? Nous ne savons de quoi il parle.

cum? nescimus quid loquitur.

Cognovit autem Jesus quia volebant eum interrogare, et dixit eis: De hoc quæritis inter vos, quia dixi Modicum, et non videbitis me, et iterùm modicum, et videbitis me.

Amen, amen dico vobis, quia plorabitis, et flebitis vos, mundus autem gaudebit; vos autem contristabimini, sed tristitia vestra vertetur in gaudium.

Mulier cùm parit, tristitiam habet, quia venit

5. Jésus connaissant qu'ils voulaient l'interroger, leur dit : Vous vous demandez l'un à l'autre ce que signifie cette parole que je vous ai dite encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps, et vous me verrez.

6. En vérité, en vérité, je vous le dis: Vous pleurerez et vous gémirez, et le monde se réjouira; et vous, vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie.

7. La femme en enfantement est dans hora ejus; cùm autem pe la tristesse, parce que son heure est venue:

perit puerum, àm non meminit pressuræ propter gaudium, quia natus est homo in mundum.

Et vos igitur nunc quidem tristitiam habetis : iterùm autem videbo VOS, et gaudebit cor vestrum ; et gaudium vestrum nemo tollet à vobis.

Et in illo die me non rogabilis quidquam. Amen, amen dico vobis, si quid petieritis Patrem in nomine meo. dabit vobis.

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Usquè modò non petistis quidquam in nomine meo: Petite, et

mais lorsqu'elle a enfanté un fils, elle oublie la douleur dans la joie qu'elle éprouve de ce qu'il y a dans le monde un homme de plus.

8. Vous aussi, en ce moment, vous êtes dans la tristesse; mais je vous reverrai,

et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.

9. Et en ce jour-là vous ne m'interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez à mon père en mon nom, il vous le donnera1.

10. Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom : demandez, et vous

9. Demander au nom de Jésus-Christ, c'est ne rien demander que par rapport aux biens éternels qu'il nous a mérités par sa mort: c'est demander avec une pleine confiance en ses seuls mérites, persuadés par la foi que Dieu ne reçoit favorablement nos adorations, nos prières, nos actions de grâces, que lorsqu'elles sont présentées par Jésus-Christ, notre unique médiateur.

accipietis, ut gaudium vestrum sit plenum.

Hæc in proverbiis locutus sum vobis. Venit hora cùm jam non in proverbiis loquar vobis, sed palàm de Patre onnuntiabo vobis ;

In illo die in nomine meo petetis; et non dico vebis quia ego rogabo Patrem de vobis:

Ipse enim Pater amat vos, quia vos me amâstis, et credidistis quia ego Deo exivi.

Exivià Patre, et veni in mundum; iterùm relinquo mundum, et vado ad Patrem.

Dicunt ei discipuli

:

ejus Eccè nunc palàm loqueris, et proverbium nullum dicis.

Nunc scimus quia scis omnia, et non opus est tibi ut quis te interroget: in hoc credimus quia à Deo existi.

Respondit eis Jesus: Modò creditis?

Eccè venit hora, et jim venit, ut dispergamini unusquisque in propriâ, et me solum relin

recevrez, afin que

votre joie soit accomplie. 11. Je vous ai dit ces choses en paraboles. Vient l'heure où je ne vous enseignerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement de mon père.

12. En ce jour, vous demanderez en mon nom; et je ne vous dis point que je prierai pour vous mon Père :

13. Car mon Père aussi vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.

14. Je suis sorti de mon Père1, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde et retourne à mon Père.

15. Ses disciples lui dirent: En ce moment vous parlez ouvertement, et sans aucune parabole.

16. Maintenant nous savons que vous connaissez toutes choses2, et qu'il n'est pas besoin que l'on vous interroge : c'est pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu 3.

17. Jésus leur répondit: Maintenant vous croyez?

18. Voici venir l'heure, et déjà elle est venue, où vous fuirez tous chacun de son côté, et me laisserez seul, bien que je ne

1 14. Je suis sorti de mon père en prenant une forme humaine; je suis sorti de sa majesté et de sa gloire pour descendre dans la pauvreté et l'abjection. Saint Paul a dit: Lui qui avait la nature de Dieu, s'est anéanti lui-même en prenant la forme d'e-clave et se rendant semblable aux hommes.

2 y 16. Puisque vous avez connu que nous voulions vous interroger; puisque Vous avez pénétré nos désirs.

3 y 16. Ces paroles indiquent un accroissement de foi, et non un commencement. 16

III.

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