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quatis; et non sum solus: quia Pater mecum est.

Hæc locutus sum vobis, ut in me pacem habeatis. In mundo pressuram habebitis; sed confidite, ego vici mundum.

sois pas seul, parce que mon Père est avec moi".

19. Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous trouverez dans le monde la tribulation; mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde2.

18. Parce que mon Père est avec moi, qu'il est dans moi, et que mon Père et moi ne faisons qu'un; et que, si je le priais, il m'enverrait douze légions d'anges et plus.

219. J'ai vaincu le démon, le péché, les tentations, la mort, en souffrant tout avec patience.

6. Vous pleurerez et vous gémirez, et le monde se réjouira; et vous, vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. Tout ne finit point avec la vie présente : je n'en veux pour preuve que les afflictions des saints. Non, Dieu ne laisserait pas sans récompense, et sans une récompense abondante, les peines et les travaux de ses amis fidèles, qui, pendant leur vie, ont passé par mille épreuves, ont été exposés à mille périls. Il est donc certain qu'il a préparé une autre vie, plus heureuse et plus brillante, dans laquelle il doit couronner ces athlètes de la vertu, et les proclamer vainqueurs à la face de tout l'univers. Lorsque vous voyez un juste affligé, persécuté, accablé d'infirmités et de besoins, terminer sa vie dans les mêmes afflictions et les mêmes souffrances, dites-vous à vous-même : il y aura une résurrection et un jugement; sans cela, Dieu n'eût pas laissé partir de ce monde, sans aucune récompense, des hommes qui ont tant souffert pour lui. Oui, il leur a préparé une vie plus douce et beaucoup plus heureuse que la vie présente : sans cela, il n'eût pas versé les biens sur les impies, tandis que beaucoup de justes n'avaient en partage que les maux et les disgrâces. Mais comme il a disposé un autre ordre de choses dans lequel il doit traiter chacun selon son mérite, punir les crimes et récompenser les bonnes œuvres, c'est pour cela qu'il permet que l'homme de bien vive dans la détresse, et que le méchant quelquefois nage dans les plaisirs. (SAINT JEAN-CHRYSOSTÔME.)

6. Le monde se réjouira, et vous serez dans la tristesse. — Telle est la destinée du chrétien; mais, d'une part, vous ne voulez rien souffrir;

de l'autre, vous désirez être de toutes les fêtes du monde, et prendre part à toutes ses joies. Déchirez donc les pages de l'Évangile où il est écrit: Le monde se réjouira; vous, vous serez dans les pleurs. Si nous partageons les joies du monde, il est bien à craindre qu'un jour nous ne partagions aussi ses gémissements. Pleurons, au contraire, tandis qu'il est dans la joie, pour nous réjouir à notre tour quand il sera dans les larmes. Lazare, au sortir de la vie, est reçu en triomphe au sein d'Abraham; le mauvais riche est plongé dans un étang de feu. Voilà l'alternative qui compense les maux et les biens de cette vie : il faut choisir... Vous serez privés des biens et des honneurs du monde? consolez-vous d'autres joies et d'autres honneurs vous attendent, non sur la terre, mais dans le ciel. (TERTULLIEN.)

6. Votre tristesse se changera en joie.- Pourquoi vouloir être ingrat au point de ne pas reconnaître tant de différents plaisirs que Dieu a faits pour vous, ou de les regarder comme insuffisants? Quelle plus douce jouissance que celle de se voir réconcilié avec Dieu notre père et notre maître; d'avoir connu la vérité, découvert ses erreurs, et obtenu la rémission de tant de crimes laissés après soi dans la vie passée? Quel plus grand plaisir que l'éloignement du plaisir lui-même, que le mépris du siècle, que la jouissance de la vraie liberté, que le calme d'une bonne conscience, que la sainteté de la vie et l'exemption de toute crainte au sujet de la mort? Quelle satisfaction que de fouler aux pieds ces faux dieux qui tenaient la terre asservie et de vivre toujours pour le Dieu véritable! Voilà des plaisirs dignes de ce nom; voilà les spectacles des disciples du Christ, spectacles innocents, perpétuels, et qui ne coûtent rien. Voilà pour vous les jeux du cirque et les nobles exercices de votre pèlerinage; considérez-y le siècle dans sa course rapide, le temps qui se précipite comme un fleuve impétueux; supputez les distances, voyez le terme où tout doit aboutir; prenez-y le parti des sociétés chrétiennes; animez-vous à la vue de l'étendard céleste; éveillez-vous au bruit de la trompette de l'ange; aspirez à la glorieuse palme du martyre. Étes-vous sensibles à l'attrait de la science, aux charmes de la poésie? Nous avons assez d'autres livres que ceux des païens, assez de beaux vers, assez d'admirables sentences, assez de cantiques, assez de chœurs de musique. Au lieu de fables grossières, nous avons des vérités saintes; au lieu d'une vaine enflure de paroles,' nous avons une simplicité sublime. Demandez-vous des combats, des luttes, des victoires? Le christianisme vous en offre encore, et en grand

nombre: voyez l'impureté abattue par la continence, la perfidie vaincue par la bonne foi, la cruauté surmontée par la miséricorde, l'insolence atterrée par la modestie. Voilà les combats des chrétiens, voilà leurs victoires. Voulez-vous encore du sang répandu? vous avez celui de Jésus-Christ lui-même. (TERTULLIEN.)

8. Et vous aussi maintenant vous êtes tristes. Tant que l'âme n'aura pas déposé, à la porte du ciel, tout le fardeau des terrestres vertus; tant qu'il ne sera pas venu ce moment où elle sera libre enfin, même de l'espérance, l'âme captive ne connaîtra que des joies souffrantes! L'allégresse de la terre soupire, son bonheur pèse; et, pour qui connaît à fond cette vie, le plus grand miracle de la communion est de la rendre légère. Ces ravissements de l'amour, mêlés de tristesse, donnent, dans ce moment solennel, à la physionomie une expression sublime. Celle de la joie l'est rarement; celle de la joie est si fugitive et si fausse, qu'elle semble bien souvent communiquer à la figure humaine je ne sais quoi de l'air d'un insensé. La douleur, au contraire, ennoblit presque toujours la physionomie. Mais l'instinct de ma destinée primitive, froissé par ce contraste, cherche une autre dignité que celle du malheur. La vraie condition de l'homme est la réparation de sa misère, et sa figure ne revêt son plus beau caractère terrestre que lorsqu'elle est l'expression de ce mystère de douleur et de grâce, lorsqu'elle reçoit l'empreinte d'une joie divine descendue dans l'abîme de nos souffrances. Contemplez les traits de ce chrétien qui adore en lui son Sauveur : ne diriez-vous pas que si cette bouche, fermée par le recueillement, s'ouvrait tout à coup, une voix en sortirait, essayant, d'un ton plaintif encore, le cantique des cieux? Elle chanterait comme un ange gémit, elle gémirait comme chante un mortel. (Mgr GERBET.)

9. Ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Après avoir jeté sur l'humilité et la dépendance les fondements de la prière, il en explique la vertu. Quiconque veut donc prier, il doit commencer par se mettre véritablement et intimement dans le cœur cette parole: Vous ne pouvez rien sans moi, rien, rien encore une fois, rien du tout. Car c'est pour cela qu'on prie, qu'on demande, parce qu'on n'a rien, et, par conséquent, qu'on ne peut rien, ou pour tout dire en un mot, qu'on n'est rien, en matière de bien, un pur néant. Et c'est pourquoi il a dit qu'on ne doit prier et qu'on n'est ouï qu'au nom de Jésus-Christ, ce qui montre qu'on n'est de soi-même qu'un néant;

mais qu'au nom de Jésus-Christ on peut tout obtenir. Or, cela enferme deux choses. L'une, que quelque prière qu'on fasse, on n'est point écouté pour soi, mais au nom de Jésus-Christ. L'autre, qu'on ne peut ni on ne doit prier par son propre esprit, mais par l'esprit de JésusChrist, c'est-à-dire non-seulement selon que Jésus-Christ l'a enseigné en ne demandant que ce qu'il veut qu'on demande, mais encore en reconnaissant que c'est lui-même qui forme en nous notre prière, par son esprit qui parle et qui crie en nous. Autrement il ne serait pas véritable, et nous n'entendrions pas comme il faut cette parole qui est le fondement de la prière: Sans moi, vous ne pouvez rien. D'où il s'ensuit que sans lui, nous ne pouvons pas même prier, conformément à celte parole de saint Paul: Vous ne savez ce que vous devez demander par la prière ni comment vous devez prier; mais l'Esprit prie en vous avec des gémissements inexplicables. Mais en même temps que, pour prier, on se met dans l'esprit bien avant cette première vérité: Je ne puis rien: Sans moi, vous ne pouvez rien, on doit encore s'y en mettre une autre : Je puis tout avec celui qui me fortifie; je ne puis rien sans Jésus-Christ; je puis tout avec Jésus-Christ et en son nom. C'est pourquoi on entend toujours dans les prières de l'Église cetle conclusion aussi humble que consolante: Par Jésus-Christ notre Seigneur: humble, parce qu'elle confesse notre impuissance; consolante, parce qu'elle montre en qui est notre force. Et cela s'étend si loin, que lorsque nous interposons envers Dieu les intercessions et les mérites des saints, même ceux de la sainte Vierge, nous y ajoutons encore cette nécessaire conclusion: Par Jésus-Christ notre Seigneur, par où nous confessons qu'il n'y a de mérite, ni de prière, ni de dignité dans les saints, à quelque degré de gloire qu'ils soient élevés, que par JésusChrist et en son nom. (BOSSUET.)

10. Demandez, et vous recevrez.- La prière n'est pas encore échappée de nos lèvres, que déjà le Seigneur l'a inscrite dans le livre de vie. Nous pouvons compter ou qu'il nous accordera ce que nous lui demandons, ou qu'il nous donnera ce qu'il saura nous être le plus avantageux; car souvent nous ne savons pas ce qu'il faut demander Alors, prenant en pitié notre ignorance, il nous refuse par bonté ce qu'il vaut mieux que nous ne recevions pas, ou du moins que nous ne recevions pas sur-le-champ. Mais notre prière ne reste pas sans fruit. Et telle est la bonté de Dieu à notre égard, que, si nous lui demandons par ignorance une chose qui ne nous servirait de rien, il

refuse ce que nous désirons, et nous accorde quelque chose de meilleur. (SAINT BERNARD.)

14. Je suis sorti de mon Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je retourne à mon Père. -- Notre-Seigneur dit cette belle parole en la personne de ses fidèles, aussi bien qu'en la sienne: je puis même ajouter qu'elle nous convient, en un certain sens, plus qu'à Jésus-Christ; puisque, vivant sur terre, il était déjà avec son Père, selon sa divinité, et que, même selon sa nature humaine, son âme sainte en voyait la face. Il était toujours avec lui; et dans un temps où il semblait encore éloigné de retourner au lieu de sa gloire avec son Père, il ne laissait pas de dire, Je ne suis pas seul : mon Père, qui m'a envoyé, et moi, sommes toujours ensemble. C'est donc à nous, qui sommes vraiment séparés de Dieu, après être sortis de ses mains pour passer en ce monde, c'est à nous surtout à dire Je quitte le monde, et je m'en vais à mon Père... je quitte le monde. Domaines, possessions, palais magnifiques, séjours enchanteurs, pourquoi voulezvous m'arrêter? vous tomberez un jour, ou si vous subsistez, je ne serai plus moi-même pour vous posséder: adieu, je passe, je vous quitte, je m'en vais, je n'ai pas le loisir d'arrêter. Et vous, plaisirs, honneurs, dignités, pourquoi étalez-vous vos charmes trompeurs? Je m'en vais; vous ne m'êtes plus rien. Mais où allez-vous? Je vous l'ai dit, je m'en vais à mon Père: c'est la seconde raison de hâter mon départ. Le monde est si peu de chose, que les philosophes l'ont quitté sans même savoir où aller. Mais moi, je sais où je vais : je vais à mon Père. Que craint un enfant, quand il va dans la maison paternelle? Ce malheureux prodigue, qui s'était perdu en s'en éloignant, et qui s'était jeté en tant de péchés, en tant de misères, trouve une ressource en disant: Je me lèverai, et je retournerai chez mon père. Prodigues, cent fois plus perdus que celui de l'Évangile, Jésus-Christ vous apprend à dire, non pas, J'irai à mon Père, mais, J'y vais, je pars à l'instant. Allez donc, marchez! Quand le monde serait aussi beau qu'il s'en vante et qu'il paraît à vos sens, il le faudrait quitter pour la beauté de Dieu et de son royaume. Mais maintenant que le monde n'est rien, comment pouvez-vous hésiter? (BOSSUET.)

19. Vous trouverez dans le monde la tribulation. - Aujourd'hui, grâce au ciel, nous jouissons d'une paix profonde: les princes et les magistrats, soumis au joug de la foi, rendent témoignage à la vérité; les peuples, les villes, les nations, tous ont abandonné l'erreur, et

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