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bquosdam cædentes, alios verò occidentes.

b Adhuc ergò unum habens filium charissi

mum, dixit dominus vineæ Quid faciam? mittam filium meum dilectum forsitàn, cùm hunc viderint, verebuntur.

b Et illum misit ad eos novissimum.

Agricolæ autem videntes filium, dixerunt intra se Hic est hæres; venite, occidamus eum, et habebimus hæreditatem ejus.

Et apprehensum eum ejecerunt extra vineam, et occiderunt.

Cùm ergò venerit dominus vincæ, quid faciet agricolis illis ?

Aiunt illi: Malos malè perdet; et vineam suam

ils les traitèrent de même, blessant les uns et tuant les autres.

7. Or, le maître de la vigne avait encore un fils unique qu'il chérissait; et il dit: Que ferai-je? J'enverrai mon fils bienaimé; peut-être qu'en le voyant ils le respecteront.

8. Et il leur envoya son fils après tous les autres.

9. Les vignerons, voyant le fils, pensèrent en eux-mêmes et se dirent l'un à l'autre: Celui-ci est l'héritier; réunissons-nous et tuons-le, et l'héritage nous restera.

10. Et l'ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent 1.

11. Or, que leur fera le maître de la vigne, lorsqu'il sera venu?

12. Ils lui dirent: Il perdra sans pitié ces locabit ali's agricolis, méchants, et louera sa vigne à d'autres vignerons qui lui en rendront les fruits aux temps marqués.

qui reddant ei fructum temporibus suis.

Veniet, et perdet colonos istos, et dabit vi

dixerunt illi: Absit.

13. Oui, reprit Jésus, il viendra, et il neam aliis. Quo audito, perdra ces vignerons; et il donnera sa vigne à d'autres. Ce qu'ayant entendu, les Princes des prêtres 2 lui dirent: A Dieu ne plaise !

Ille autem aspiciens ecs, ait: Nunquàm le

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14. Jésus, fixant son regard sur eux,

10. Le père de famille, c'est Dieu; la vigne, c'est la nation juive: la tour avec le pressoir, c'est le temple de Jérusalem avec les sacrifices que l'on y offrait; les vignerons, ce sont les magistrats et les docteurs, à qui Dieu avait confié la conduite de la nation; les serviteurs envoyés aux vignerons, ce sont les prophètes; le fils, c'est Jésus-Christ, qui fut mis à mort hors de Jérusalem.

2

13. Comprenant alors que c'était d'eux-mêmes que Jésus-Christ parlait.

gistis in Scripturis : Lapidem quem reprobave

fac

leur dit: N'avez-vous jamais lu dans les unt ædificantes, hic lac. Ecritures, La pierre qu'avaient rejetée ceux qui bâtissaient est devenue le sommet de l'angle ; ceci est l'oeuvre du Seigneur, œuvre merveilleuse à nos yeux?

A Domino factum est istud, et est mirabile in oculis nostris.

Ideò dico vobis, quia anferetur à vobis regnum Dei, et dabitur genti facienti fructus ejus.

Et qui ceciderit super lapidem stum, confringetur: super quem verò ceciderit conteret eum.

Et cùm audissent principes sacerdotum et Pha

le

15. C'est pourquoi je vous déclare que de Dieu vous sera ôté, et qu'il royaume sera donné à un peuple qui en produira les fruits 2.

16. Et celui qui tombera sur cette pierre se brisera; et celui sur qui elle tombera sera réduit en poudre.

17. Les Princes des prêtres et les Pharirisei parabolas ejus, cog- siens, en entendant ces paraboles, compri

noverunt quod de ipsis diceret.

Et quærentes eum te nere, timuerunt turbas;

tam eum habebant,

rent que c'était d'eux qu'il parlait.

48. Et ils cherchaient à se saisir de lui à

quoniam sicut prophe. l'heure même; mais ils craignirent le peuple, parce que le peuple le regardait comme un prophète.

Et respondens Jesus, disit iterùm in parabolis eis, dicens :

Simile factum est reg

num cœlorum homini

19. Jésus parlant encore en paraboles, leur dit :

20. Le royaume des cieux est semblable

regi, qui fecit nuptias à un roi qui fit les noces de son fils 3.

filio suo.

Et misit servos suos vocare invitatos ad nnptias, et nolebant venire.

21. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces, et ceux-ci ne voulurent point venir.

14. Jésus-Christ, rejeté comme une pierre de rebut par les chefs du peuple juif, chargés de travailler à l'édifice du Seigneur, est devenu la pierre fondamentale et angulaire de ce même édifice.

15. La vraie religion, l'honneur d'être le peuple de Dieu vous sera ôté pour être transféré aux Gentils.

20. Le noces sont l'alliance de Jésus-Christ, Fils de Dieu, avec son Église: 'es serviteurs envoyés vers les conviés, ce sont les prophètes envoyés à diverses reprises vers les Israélites, qui refusèrent de les écouter ou les mirent à mort.

Iterum misit alios ser vos, dicens: Dicite invitatis: Ecce prandium meum paravi, tauri mei et altilia occisa sunt, et

nuptias.

22. Il envoya encore d'autres serviteurs, avec ordre de dire aux conviés : Voilà que

omnia parata: venite ad j'ai préparé ce qu'il fallait pour mon festin ; les bœufs et les animaux engraissés sont tués et tout est disposé; vencz aux noces.

Illi antem neglexerunt et abierunt, alius in villam suam, alius verò ad negotiationem

suam:

Reliqui verò tenue. runt servos ejus, et contumeliis affectos occiderunt.

Rex autem cùm audisset, iratus est : et missis exercitibus suis, perdidit homicidas illos, et civitatem illorum succendit.

Tunc ait servis suis: Nuptiæ quidem paratæ sunt, sed qui invitati erant, non fuerunt digni.

Ite ergò ad exitus viarum, et quoscumque inveneritis, vocale ad nup

tias.

Et egresssi servi ejus in vias, congregaverunt omnes quos invenerunt, inalos et bonos et impletæ sunt nuptiæ discumbentium,

Intravit autem rex ut videret discumbentes, et vidit ibi hominem non vestitum veste nuptiali.

23. Mais, sans en tenir aucun compte, ils s'en allèrent, l'un à sa ferme, l'autre à son négoce.

24. D'autres se saisirent des serviteurs; et, après les avoir accablés d'outrages, ils les tuèrent.

25. Ayant appris cela, le roi, irrité, envoya ses armées, extermina ces homicides, et brûla leur ville 1.

26. Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes, mais ceux qui étaient conviés n'en étaient pas dignes.

27. Allez donc dans les carrefours et appelez aux noces tous ceux que vous trou

verez.

28. Les serviteurs, s'en allant par les rues de la ville, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, bons et mauvais; et la salle des noces fut remplie de convives.

29. Or, le roi entra pour voir ceux qui étaient à table; et, ayant vu un homme. qui n'était point revêtu de la robe nuptiale2,

25. Les Romains, envoyés en Judée par la colère de Dieu, y massacrèrent plus de onze cent mille hommes, firent quatre-vingt-dix mille prisonniers, brûlèrent le temple et la ville, et dispersèrent les restes de cette nation coupable.

4 29. C'est-à-dire qui avait refusé ou négligé de prendre la robe nuptiale que le roi donnait à chacun de ceux qu'il admettait à sa table, comme cela se pratiqua longtemps chez les Orientaux.

Et ait illi: Amice, quomodò húc intrâsti non habens vestem nuptialem? At ille obmutuit.

Tunc disit rex minis tris Ligatis manibus et pedibus ejus, mittite cum in tenebras exteriores: ibi erit fletus, et stridor dentium.

Multi enim sunt vocati, pauci verò electi.

30. Il lui dit: Mon ami, comment êtesvous entré ici sans la robe nuptiale? Et cet homme n'eut rien à répondre.

31. Alors le roi dit à ses serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres extérieures; là seront des pleurs et des grincements de dents.

32. Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.

7. Peut-être qu'en voyant mon Fils, ils le respecteront. - Il avait de quoi se faire respecter par sa doctrine admirable et par ses miracles. Mais, cependant, ils l'ont traîné hors de la vigne, hors de Jérusalem, sur le Calvaire, et ils l'ont inhumainement tué par les mains de PoncePilate et des Gentils. Admirez combien vivement Jésus les presse, comme il leur découvre ce qu'ils machinaient, ce qu'ils allaient accomplir dans deux jours. Ne devaient-ils pas être attendris et déconcertés, d'autant plus qu'ils venaient de prononcer eux-mêmes sur la conséquence de ce crime?... Écoute, chrétien! lis ta destinée et celle des Juifs; mais lis et écoule dans ton cœur; tu succèdes aux Juifs dans la vigne du Père de famille; sois fidèle à rendre à ton Maître les fruits de vertu que tu lui dois. (Bossuet.)

13. Oui, reprit Jésus, il viendra; et il perdra ces vignerons, et il louera sa vigne à d'autres. Comme la vengeance divine s'est appesantie sur le peuple juif depuis que les perfides vignerons, à qui le père de famille avait confié le soin de la vigne, ont tué les serviteurs qu'il leur avait envoyés, et jusqu'au Fils de Dieu lui-même! Chassés de leur ville, ils n'ont la liberté d'entrer dans Jérusalem que pour un seul jour. Ils n'y viennent que pour déplorer la perte qu'ils en ont faite : encore faut-il qu'ils achètent à prix d'argent la permission de pleurer la ruine de leur patrie. Comme autrefois ils ont acheté le sang de Jésus-Christ, ils sont maintenant contraints d'acheter leurs propres larmes ; et jusqu'à leurs pleurs, tout leur est vendu. A l'anniversaire du jour où Jérusalem fut prise et ruinée par les Romains, on voit accourir les restes

de ce malheureux peuple avec les marques du deuil : les femmes courbées sous le poids de l'âge, les vieillards chargés de haillons, comme d'années, se mêlant dans la foule, portant sur leur corps, et presque sur leur visage, l'expression visible de la colère divine. Cette multitude lugubre déplore la ruine du temple, pendant que la croix du Sauveur, placée sur le sommet de l'église du Calvaire, brille à tous les yeux; pendant qu'au-dehors comme au-dedans de l'Anastasie, église de la résurrection du Sauveur, l'or éclate de toutes parts, et que, de tous les endroits de la ville de Jérusalem, on aperçoit l'étendard de JésusChrist déployé sur le mont des Oliviers. Ce double spectacle fait sentir la profonde misère de ce peuple ingrat; mais il n'excite point la compassion, dont son opiniâtreté le rend indigne; ses larmes seraient intarissables; et les femmes, dont les cheveux sont épars et les bras livides. à force d'en frapper leurs poitrines, ne cesseraient pas de s'affliger, si le soldat avare ne comptait ces moments, et ne mettait une nouvelle taxe sur de nouvelles larmes. (SAINT JÉRÔME.)

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13. Oui, reprit Jésus, il viendra, et il perdra ces vignerons; et il donnera sa vigne à d'autres. Ce qu'ayant entendu, les Princes des prêtres lui dirent: A Dieu ne plaise! Ils avaient en horreur ce qu'ils faisaient. Ils étaient ceux qui, après avoir tué les prophètes, voulaient encore tuer le Fils; et néanmoins, quand on leur dit qu'ils le voulaient faire, ils s'écrient: A Dieu ne plaise! ne se connaissant pas eux-mêmes et ne voulant pas croire que celui qu'ils faisaient mourir pût être le Christ, ni que sa mort pût attirer la réprobation de la nation; car ils ne connaissaient pas que la contradiction et la souffrance était un des caractères du Messie dans son premier avénement. Mais le Sauveur leur ouvrait les yeux par deux prophéties: La pierre qu'ils ont rejetée en bâtissant est devenue la pierre de l'angle, la pierre principale, le nœud et le fondement de tout l'édifice. Cette pierre principale était sans doute le Christ. Or cette pierre devait être rejetée : le Christ devait donc être rejeté, par qui sinon par ceux à qui il venait de parler? Il n'y eût rien eu de merveilleux qu'il ne fût pas écouté ni reçu de ceux à qui il ne parlait pas, tels qu'étaient les Gentils. Mais les Juifs qui devaient bâtir l'édifice spirituel réprouvèrent cette pierre, qui devint par ce moyen la pierre de l'angle qui unit dans un seul bâtiment les Juifs et les Gentils. Et c'est ce qui nous a paru merveilleux et un ouvrage que Dieu seul pouvait accomplir. Voici encore un passage d'un autre prophète, ou plutôt deux passages prononcés par le même esprit, et pour cela

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