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tails pour ́établir que M. Perregaux a retiré 9 millions de bénéfices dans la maison Laffitte, et qu'il n'avoit point complété les 3 millions qu'il s'étoit obligé à fournir. La cause a été remise à quinzaine pour les répliques.

M. Pelling, l'ami et le collaborateur de Mirabeau, et qui après la mort de cet orateur étoit devenu secrétaire de M. Pitt, est mort à Paris le 13 mai.

M. l'abbé Forthomme, curé d'Ars-Laquenexy (Moselle), a été nommé chevalier de la légion-d'honneur en récompense de son dévoûment pendant le choléra.

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La cour royale de Lyon vient de décider en audience solennelle que l'adop ́tion d'un enfant naturel est permise par la législation. La jurisprudence des antres cours royales et de la cour de cassation est contradictoire à cet égard.

M. Granier, gérant de la Glancuse, journal républicain de Lyon, a comparu le 11 devant la cour d'assises de Lyon. Sur la plaidoirie de M. Dupont, avocat du barreau de Paris, il a été acquitté; mais il a encore plusieurs procès à subir dans la même session.

Le nommé Legentil a été condamné par la cour d'assises de Rouen à un an de prison et 600 fr. d'amende, pour voies de fait envers les gardes nationaux.

Outre le village d'Eutrange qui a été presque entièrement détruit par un incendie, une autre commune du département de la Moselle a eu le 7 de ce mois 27 maisons réduites en cendres : une femme a péri.

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Le contre-amiral Gage a été nommé au commandement de l'escadre anglaise des Dunes, en remplacement de M. Palteney-Malcolm qui se rend dans la Méditerranée.

- ́Il y avoit eu ́à l'élection de Westminster quelques manifestations républi– caines de la part d'un inconnu, qui s'écrioit qu'il falloit proclamer la république et nommer une convention nationale, et qui distribuoit des pamphlets dans ce sens. La police cut beaucoup de peine à s'emparer de cet individu, qui étoit soutenu par la multitude. Un événement plus grave devoit se passer à Londres le 13 mai. La société populaire, dite Union nationale des travailleurs, avoit convoqué, sous la signature de John Russell son secrétaire, une assemblée publique, à l'effet de délibérer sur les moyens d'établir une convention nationale, comme seul moyen de conquérir et d'assurer les droits du peuple. Le gouvernement s'empressa de faire afficher un avis, portant que cette réunion étoit défendue, et que toutes les mesures seroient prises pour l'empêcher. Un grand nombre de soldats de police, ayant à leur tête des magistrats, occupèrent en effet, le matin, le lieu du rendezvous. Cependant il s'y rendit environ 3,000 personnes, au nombre desquelles e trouvoient 150 individus portant des bannières sur lesquelles étoit écrit : Liberté ou la mort, et où l'on avoit figuré des bonnets de liberté. Plusieurs moteurs essayèrent de haranguer la multitude. La police ayant, alors cherché à dissoudre l'assemblée, il s'engagea une lutte fort vive et qui, devint sanglante. Une vingtaine de personnes tombèrent baignées dans leur sang, L'agent de police Cully fut tué; plu

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sieurs de ses camarades et un surintendant furent blessés. La force armée parvint enfin à se rendre maître du terrain, et à opérer un certain nombre d'arrestations. Le soir, la tranquillité étoit rétablie.

-Une mine a sauté dans le comté de New-Castle, par suite de l'inflammation du gaz; 47 individus ont péri.

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On a arrêté à Deux-Ponts le candidat en droit Barth, président du club libéral de cette ville; il est prévenu d'avoir cherché à susciter une révolte parmi lę peuple. Depuis les événemens de Francfort, la police redouble d'activité dans cette ville; des patrouilles ont lieu toutes les nuits, et des détachemens de cavalerie font des reconnoissances jusqu'à la frontière de France.

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Les Compagnons de la femme ( saint-simoniens), qui sous la conduite du prédicateur Emile Barault s'étoient embarqués le 23 mars à Marseille pour aller à Constantinople, y sont arrivés au milieu d'avril. A peine y furent-ils débarqués, que le gouvernement turc leur fit signifier de repartir. L'ambassadeur de France a temoigué du mécontentement de cette résolution.

- Don Miguel a ordonné à Lisbonne des prières publiques pour obtenir la cessation du choléra.

-

L'empereur de Russie a ordonné une levée en Pologne, en Volhynie et dans les provinces voisines, où le recrutement étoit suspendu depuis 1831.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 15, M. le garde-des-sceaux présente un projet de loi sur l'organisation et les attributions du conseil d'état.

La chambre reprend la discussion générale du projet de loi sur les conseils d'arrondissement et de département. M. Roederer se plaint de ce que la royauté fait plus aucune action dans ces conseils, il voudroit que le gouvernement hommat les membres sur la présentation d'une liste double de candidats, et qu'il choisit seul les présidens. Il propose, d'un autre côté, de rétablir l'amendement de la chambre des députés, qui exclut des conseils les ecclésiastiques salariés. M. de Montlosier partage l'avis du préopinant sur le premier point. Il trouve que le projet de loi se rattache trop an principe de la souveraineté du peuple, et qu'il faudroit maintenir la centralisation. Sous la restauration, il est vrai, il a réclamé la décentralisation; mais aujourd'hui la situation n'est plus la même : la liberté étoit alors menacée par la monarchie, aujourd'hui celle-ci est mise en danger par la liberté; c'est de même qu'en 1792. Le ministère ne se défend pas assez de Panarchie. Le discours de l'orateur, parsemé de comparaisons et de citations latines et hébraïques, excite, comme de coutume, une continuelle hilarité. Du reste, il veut bien voter pour le rétablissement des ecclésiastiques dans les conseils.

M. le ministre de l'intérieur répond au reproche qu'a fait la veille M. de Brézé áu gouvernement, d'avoir négligé pendant trois ans la présentation des lois d'institutions promises et garanties par la Charte de 1830. Il combat ensuite les ob

jections de M. de Montlosier, à qui il trouve trop d'affection pour l't acien régime. Gelni-ci déclare qu'il a soutenu effectivement les droits de la noblesse; mais que depuis il n'envisage que les vrais intérêts du pays.

M. de la Villegontier expose les avantages de la centralisation'; il repousse les amendemens introduits par la commission et ceux de l'autre chambre, et il propose de revenir aux bases posées par le gouvernement.

CHAMBRE DEs députés.

Le 15, MM, Duvergier de Hauranne présente son rapport sur le budget du ministère de l'intérieur et des cultes. Il ne propose aucun changement sur les dépenses du culte catholique; il approuve, au contraire, l'ordre avec lequel eltes sont présentées, et la division qui en a été faite, selon le vœu de l'ancienne commission, en chapitres du personnel et en chapitres du matériel, et il demande que la même classification ait lieu à l'avenir pour les cultes protestans, où les dépenses sout fort embrouillées. Les observations dans ce ministère ne portent que sur les frais de télégraphes, d'armement de la garde nationale, et sur différentes dépenses où la spécialité paroît nécessaire.

MM. Gillon et Dumon déposent également leurs rapports sur les budgets de l'instruction publique et de la justice. Le premier propose de voter, comme en 1833, un million et demi pour l'instruction primaire; et le second, de faire quelques augmentations aux traitemens des magistrats. La chambre décide qu'on discutera ces deux budgets après celui des affaires étrangères, et qu'on ne s'occupera qu'en quatrième licu du budget de l'intérieur et des cultes.

M. B. Delessert demande la reprise du projet de loi sur la municipalité de Paris, dans l'état où il étoit à la dernière session. Il n'espère pas qu'il soit adopté dans celle-ci; mais il lui paroît utile de le reprendre, pour que l'année prochaine on ne soit pas obligé de tout recommencer. Adopté. M. le colonel Paixhans voudroit, de son côté, que l'on remît à l'ordre du jour les projets de loi sur les fortifications de Paris et les écoles d'artillerie de Lyon et de Bourges; mais cette proposition n'est pas accueillie.

M. Alby propose de tenir séance le jour de l'Ascension. On écarte à une graude majorité cette motion par la question préalable.

La chambre reprend la délibération du projet de loi sur les attributions municipales. L'art. 41 porte que, lorsqu'il s'agira d'emprunts ou de contributions extraordinaires dans les communes dont les revenus n'excèdent pas 100,000 fr., le maire convoquera les plus forts contribuables en nombre égal aux conseillers municipaux. MM. de Rambuteau et Lecarlier demandent que les propriétaires non résidans, les veuves et mineurs, aient la faculté de se faire représenter par des fondés de pouvoirs. MM. Laurence et de Podenas voudroient que l'article fût applicable aussi aux grandes communes. Cette dernière modification est seule adoptée.

M. de Laborde propose d'astreindre au serment politique les imposés, qui seront

ainsi appellés pár adjonction. MM. de Tracy et Dulong repoussent cette nouvelle atteinte aux droits des citoyens. M. Jaubert montre combien l'amendement seroit injuste. Un grand nombre de personnes aisées, attachées par affection à l'ancien gouvernement, ne peuvent se présenter aux élections ni aux fonctions municipales à cause du serment qu'on impose; il en résulte qu'ils ne peuvent défendre leurs intérêts, ni user de leurs droits de contribuables. Ne devroit-on pas plutôt chercher à se les attacher, sinon par des moyens de conciliation, du moins en leur accordant la protection qui leur est due? L'orateur établit sans peine que le serment politique ne sauroit être exigé que des fonctionnaires, et qu'il n'y a pas lieu de le demander à des citoyens convoqués temporairement, et d'ailleurs pour un objet étranger à la politique. MM. de Laborde et Giraud répliquent tant bien qué mal à ces observations. M. Dupin met l'amendement aux voix, en ayant soin que l'on vote par assis et levé, attendu, dit-il, qu'on ne doit pas craindre de manifester son opinion sur cette question. Deux épreuves sont fort douteuses. M. Dupin décide néanmoins que la motion de M. de Laborde est adoptée.

La chambre adopte ensuite les art. 42 et 53, dont voici le résumé. Les budgets des communes seront votés par les conseils municipaux, et approuvés par le préfet ou par le Roi, si le revenu de la commune excède 100,000 fr. Il y aura dans chaque commune, sous le titre de receveur municipal, un comptable pour celles dont le revenu dépasse 20,000 fr., qui sera nommé par le Roi, sur la présentation de trois candidats. Le percepteur, qui exercera de droit ces fonctions dans les petites communes, pourra les cumuler dans les grandes. Les conseils-généraux pourron i être chargés de la comptabilité des hospices et des œuvres de bienfaisance. Ļes comptes des receveurs municipaux seront jugés par les conseils de préfecture et la cour des comptes. Les contribuables auront la faculté d'en prendre connoissance à la mairie ; et dans les grandes communes, ils seront rendus publics par la voie de l'impression, si l'on juge convenable cette dépense. Les délibérations municipales, ayant pour objet des acquisitions ou ventes d'immeubles, devront être approuvées par ordonnances royales, ou seulement par le préfet, s'il s'agit d'ouverture de rayon de chemin. Il en sera de même de l'acceptatión ou répudiation des dons et legs, s'ils sont au-dessus ou au-dessous de 300 fr. Les partages de biens communaux et de terres vagues ne pourront être autorisés que par le gouvernement, à la suite d'une enquête.

Le Gérant, Adrien Le Clère,

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Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 78 fr. 00c., ei fermé à 78 fr. 15 c. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 102 fr. 80 e., et fermé à 102 fr. 75 c. Actions de la Banque.

0000 fr. oo c.:

IMPRIMERIE D'AD, LE CEERE ET COMP.

MARDI 21 MAI 1833.

ROYA

(No 3004.)

Sur le cours de M. l'abbé Frere en Sorbonne.

ÉTUDE SUR L'HOMME, (Suite.) -- Ses rapports avec la société.
(Leçon du 28 février.)

Après avoir considéré l'homme dans sa nature, dans ses rapports avec Dieu, dans ses rapports avec lui-même, examinons dans cette leçon un troisième de ses rapports, celui par lequel il est appelé à vivre en société.

Un principe incontestable est celui-ci que tout ce qui ne se fait pas, dans ce monde, selon les lois qui régissent les êtres, n'est pas durable. Les sciences les plus exactes, les sciences naturelles, celles qui ont acquis quelques degrés de certitude, ne sont utiles que parce qu'elles sont appuyées sur les lois qui régissent les êtres dont ces sciences sont l'objet.

Depuis quelques siècles les esprits sont généralement portés à l'examen des lois qui régissent la nature, et vous savez que c'est à Bâcon que l'on est redevable de cette révolution dans l'étude des sciences: quels immenses résultats n'en sont pas survenus! Des lois donc régissent les êtres, lois essentielles, permanentes et persévérantes. Voulez-vous conserver ces êtres, suivez les lois qui les concernent. Pourriez-vous inventer, créer quelque chose hors de ces lois? Non; car tout est régi par ces lois, émanées, comme nous l'avons vu, du Créateur, la souveraine sagesse.

les

Cet examen, cette étude, cette observation que l'on fait sur les sciences, il faut les employer à connoitre les lois qui régissent la nature humaine; et si tous les hommes réunissoient leurs efforts et leurs découvertes, si tous étoient coordonnés par lois qui doivent les régir, croyez-le bien, notre état social seroit le meilleur possible, et l'on seroit rassuré contre le principe de dissolution et d'anéantissement qui nous menace. La conservation ou la dissolution d'une société dépendent de l'observation ou de la violation des lois qui régissent l'individu ou la société.

Que notre étude du moins ne soit

pas stérile! que nos entre

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

I

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