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Le docteur Bowring, chargé par le gouvernement anglais de préparer les bases d'un grand traité de commerce entre la France et l'Angleterre, vient d'arriver à Paris.

Le conseil municipal de Paris a adopté, le 31 mai, le cahier des charges relatif aux deux entrepôts du Gros-Caillou et de la place des Marais. Cette affaire est entièrement terminée pour lui, et les affiches de l'adjudication vont être apposées.

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M. Joseph-Gaspard Carré-Ellis de Laserrie vient d'être condamné par coudamné par contumace, à Blois, à huit ans de travaux, pour avoir pris part à l'insurrection de Ja Vendée. Il est fière de M. Alfred de Laserrie, qui subit en ce moment la peine de six ans de détention pour la même cause.

Un vol d'un assez grand nombre d'objets consacrés au culte à été commis, pendant la nuit du 20 au 21 mai, dans l'église Notre-Dame - des - Champs à Avranches. La valeur en est, dit-on, de 4,000 francs. Les coupables u'ont pu encore être découverts.

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Le maire de Boves et le secrétaire du conseil municipal de cette commune ont donné leur démission à la suite des désordres qui ont éclaté dans cette ville. L'affaire de la Belgique et de la Hollande est provisoirement arrangée. Le traité signé à Londres le 21 mai, entre les plénipotentiaires d'Angleterre, de France et de Hollande, a été ratifié le 29 par les trois cours. En conséquence, l'embargo va être levé, les prisonniers hollandais vont être mis en liberté, les hostilités suspendues, la navigation de l'Escaut entièrement libre et la Meuse ouver!e an commerce sous les conditions établies par la convention signée à Mayence le 31 mars 1831, pour la navigation du Rhin. Les communications entre la forteresse de Maëstricht et la frontière du Brabant septentrional, et entre cette forteresse et l'Allemagne, seront libres et sans entraves. Les parties contractantes s'engagent à s'occuper sans délai du traité définitif qui doit fixer les relations entre la Hollande et la Belgique. Elles inviteront les cours d'Autriche, de Prusse et de Russie à y concourir.

Aussitôt la signature de ce traité, le gouvernement a donné l'ordre de relacher les bâtimens hollandais retenus dans les ports de France. Un ordre du roi d'Angleterre, en conseil, en date du 29 mai, a prescrit également la levée de l'embargo, et permis aux navires britanniques de reprendre les relations avec la Hollande.

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Le duc d'Orléans a pris congé du roi d'Angleterre le 29 mai, et s'est rendu à Deal pour visiter l'escadre des Dunes. Avant son départ, il a eu des entretiens avec lord Grey, le prince de Talleyrand, et le prince de Liéven, ambassadeur de Russie. En quiitant Londres, le jeune prince a fait, dit-on, distribuer t0,000 fr. au clergé, aux anciens pensionnaires de la liste civile de France, et aux familles indigentes qui habitent cette capitale.

Le nommé Lee, orateur de la réunion de Cold-Bath-Fields, a obtenu sa liberté moyennant un cautionnement de 10,000 fr. Le gouvernement a promis

ensuite une récompense de 5,000 fr. à quiconque livreroit un ouvrier appelé Mee, qui a présidé l'assemblée. Celui-ci a voulu lui-même gagner la récompense; il s'est constitué prisonnier.

Le solliciteur - général ́ s'est pourvu devant la cour du banc du Roi contre la décision du jury, qui`avoit déclaré justifiable le meurtre commis, dans cetté émeute, sur l'agent de police Cully, attendu la conduite qu'avoit tenue l'autorité dans cette circonstance. Le solliciteur a insisté à la cour sur le besoin de casser un semblable verdict. Après une courte délibération, il a été rendu un arrêt qui a annulé cette décision.

Le gouvernement anglais s'est décidé à poursuivre le True-Sun, journal^ du soir, pour avoir conseillé de ne point payer l'impôt des portes et fenêtres, at pour avoir porté atteinte à la considération de la chambre des communes.

- Le roi de Sardaigne, considérant les funestes conséquences de là multipli ́cité des livres et journaux que l'on fait circuler dans ses états, a rendu, le 23 mai, un décret qui prononce une punition d'un an à cinq ans d'emprisonnement ou de fers pour l'introduction ou la publication de tout écrit ou dessin contraire aux principes de la religion, de la morale et de la monarchie. Ceux qui recevroient de semblables ouvrages devront les remettre de suite à l'autorité, à peine de deux ans de détention. La moitié de l'amende qu'encourront les délinquans sera donnéeaux dénonciateurs.

Le grand-duc de Mecklenbourg-Schwerin vient de perdre son fils, le duc Charles, qui étoit âgé de 51 ans.

Des jeunes gens ont cherché à exciter du trouble politique à la fête annuelle qui a eu lieu, le mardi de la Pentecôte, dans la forêt de Francfort. Ils ont fait entendre des chansons patriotiques françaises et polonaises, et les cris de: La liberté ou la mort! Plusieurs ont été arrêtés. A Hambach, les troupes ont. été obligées de faire des charges, et il y a eu un certain nombre de blessés.

Il est arrivé de Boulogne à Porto un renfort de 500 Français, la plupart anciens militaires.

L'amiral anglais Pultney Malcolm est arrivé le 16 mai devant Lisbonne, et est monté ensuite à bord de la Britannia de 120 canons, pour se rendre dans l'Archipel.

Une dépêche télégraphique, expédiée de Toulon le 31 mai, porte que, lo 9 du même mois, le vice-roi d'Egypte a transmis à son fils Ibrahim l'ordre de repasser immédiatement le Taurus avec toutes ses forces.

Les Serviens continuent à poursuivre, par la voie des armes, l'évacuation: des différentes localités, encore occupées par les Turcs, dans les districts qui doivent être réincorporés à la Servie. A Nigodin, chef-lieu du district de Krana, qui étoit en grande partie habité par des Turcs, ceux-ci ayant refusé de se retirer, il s'engagea un combat qui coûta beaucoup de sang, et la place fut prise d'assaut par les Serviens.

CHAMBRE DÈS PAIRS.

Le 31 mai, M. le ministre des finances présente la loi transitoire sur l'amortissement. M. le président charge de son examen une commission composée de MM. de Fréville, de Gueheneuc, Louis, Molé, de Plaisance, Portal, Mollien et Roy.

M. Pasquier donne ensuite lecture d'un message de la chambre des députés relatif au rétablissement du divorce. Il désigne, pour examiner cette proposition, MM. de Barante, Boyer, Gautier, Molé, de Sacy, Siméon. La séance se termine par le renouvellement des bureaux.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 31 mai, la délibération continue sur le projet de loi relatif au crédit de 100 millions pour travaux publics. M. Petit voudroit `qu'on se bornât aux travaux les plus essentiels. M. Dubois approuve beaucoup le projet. M. Voyerd'Argenson pense que ces frais auroient dû être couverts par un impôt sur le luxe. M. Thiers soutient la nécessité d'achever les travaux indiqués, qu'on ne peut laisser tomber en ruine, et dont l'abandon seroit déshonorant aux yeux de l'Europe; on ne dépensera d'ailleurs que 30 millions par an. La discussion générale est fermée.

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On adopte l'art. 1o, qui affecte 17,024,000 fr. à l'achèvement des travaux de la capitale. Il y a 2,800,000 fr. pour l'église de la Madeleine: M., Salverte vouloit qu'on mît cette dépense à la charge de la ville; 1,350,000 pour l'église royale de St-Denis: M. Eschassériaux demandoit lc rejet de cette allocation; 3,450,000 fr. à l'hôtel du quai d'Orsay, d'abord destiné à la Bibliothèque, mais qui servira à recevoir le ministère du commerce et les administrations en dépendant; et le surplus pour l'arc de triomphe de l'Etoile, le Panthéon, le Muséum d'histoire naturelle, l'Ecole des beaux-arts, le monument de la Bastille, le collège de France, le pont et la place de la Concorde, etc. Un débat de goût s'est engagé sur le lieu où devra être posé l'obélisque ou aiguille de Luxor. Il a été dit ensuite que la ville n'ayant pas fait de travaux d'embellissement aux Champs-Elysées, la propriété lui en sera retirée. M. Thiers a déclaré que son avis seroit de faire abattre le mo-' nument élevé sur la place de l'Opéra.`

L'art. 2 porte qu'un fonds de 18 millions sera consacré à la continuation des travaux d'achèvement et de réunion du palais du Louvre et des Tuileries, et à l'acquisition des maisons et terrains nécessaires. M. Lherbette ́ trouve que c'est` mettre à la charge des contribuables une dépense de la liste civile, ce que la Charte interdit. Il croit que l'espace réservé à la Bibliothèque sera tôt ou tard insuffisant, et qu'en cas de révolution elle sera pillée, attendu que le peuple s'attaque aux maisons royales. M. de Bérigny, rapporteur, déclaré que la commission

s'est assurée qu'on ne pouvoit dépenser moins de 18 millions pour ces travaux, et qu'elle a reconnu qu'aucun local n'étoit, sous tous les rapports, plus convenable à la Bibliothèque. M. le ministre du commerce dit qu'il suit dans ces travaux un superbe plan de Buonaparte, dressé sur les dessius de célèbres artistes. On ne fera d'ailleurs pas l'achèvement complet du Louvre et des Tuileries; il coûteroit 52 millions. La chapelle du Louvre, qui coûtera 2 millions, sera terminée. On réunira dans ces monumens tous les produits des sciences et arts. Louis-Philippe se propose d'y faire confectionner les reliefs des principaux édifices du monde; il se chargera personnellement d'une dépense de 6 millions. MM. Baude et Salverte voudroient une garantie à ce sujet. M. Thiers, et M. Duchâtel, membre de la commission, leur répondent. M. Arago est persuadé que les ailes destinées à la Bibliothèque seront insuffisantes dans quelques années, et qu'il en sera comme de l'Observatoire, construit par l'habile Perrault, mais demeuré impropre à son institution. M. Jousselin croit que le dèfant de paralellisme du Louvre et des Tui- ́ leries n'est pas si choquant que le ministre le soutient, et qu'il n'est sensible que par l'érection de l'are de triomphe du Carrousel. Le ministre réplique. La discussion est renvoyée à lundi,

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Le I juin, on fait le rapport hebdomadaire des pétitions. A la suite de quelques débats, l'ordre du jour est prononcé sur une réclamation du sieur Michelet, qui se dit créancier pour fourniture à l'armée en 1812, et sur un mémoire du sieur Aiguillé, ancien chancelier du consulat français à Malte, dénonçant le consul comme s'étant rendu coupable d'actes de concussion.

M. de Rambuteau dépose son rapport sur le budget du ministère du commerce et des travaux publics.

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M. le ministre de l'instruction publique rapporte le projet de loi sur l'instruction primaire, amendé par la chambre des pairs. Il se borne à présenter quelques considérations sur l'urgence de cette loi. Plusieurs membres demandent le renvoi à l'ancienne commission. MM. Guizot el Renouard s'y opposent, en représentant qu'elle n'existe plus, par suite de la clôture de la session. La chambre décide qu'il en sera nommé une nouvelle.

On passe à la proposition de M. Dupin, fendant à porter à 6,000 fr. la pension de la veuve du général Daumesnil, gouverneur du château de Vincennes. M. Vėrollot trouve que ce seroit un précédent fâcheux, en ce qu'il disposeroit la chambre à voter de semblables peusions. M. Madié de Montjan fait valoir les services de Daumesnil. M. le général Delort, qui étoit d'abord favorable à la proposition, déclare s'y opposer, par suite du rejet de celle relative à la veuve du général Decaen. Il trouve d'ailleurs que l'on devroit plutôt payer l'arriéré des légionnaires, et qu'il est bien d'autres veuves de généraux privées de fortune. Il n'y a, dit-il, que dans la carrière de la magistrature où l'on peut amasser. M. Dupin aîné combat les objections qu'a soulevées sa proposition. Il s'étonne de la parcimonie qui se manifeste en cette occasion, lorsque l'on vote des millions pour les Grecs, pour les réfugiés, et qu'on ose même réclamer des secours pour

les ex-pensionnaires de la liste civile. M. Dupin est ici interrompu avec chaleur par M. de Schonen, qui répète que ces malheureux pensionnaires meurent de faim. M. le ministre de la guerre regrette que M. Delort ait voulu établir une comparaison entre les services des généraux Daumesnil et Decaen. Il appuie d'ailleurs la proposition que cet orateur désire reproduire au sujet du second, dont la veuve est bien plus misérable, M. Auguis essaie, lors du vote des paragraphies, de substituer la veuve Decaen à la veuve Daumesnil; mais le vice président s'y oppose, attendu qu'il y a eu décision de rejet.

La proposition de M. Dupin est adoptée par assis et levé à une très-foible majc-, rité. On procède au scrutin d'usage, et elle se trouve alors rejetée à une majorité de 30 voix. (Sensation.)

M. le ministre de l'intérieur rapporte la loi départementale amendée par la chambre des pairs, et que venoit de réclamer M. Glais-Bizoin. M. Martin, rapporteur de la loi sur l'expropriation, demande que l'on s'en occupe de suite, attendu qu'elle pourra être renvoyée à l'autre chambre. On décide que ce sera la première en délibération.

Elémens de géologie mis à la portée de tout le mon·le; par M. Chaubard (1)..

L'auteur avoue que l'on pourra être étonné qu'après la chute successive de tant de systèmes géologiques it ose présenter des vnes nouvelles; mais il regarde son travail comme hors de toute catégorie, et comme ne ressemblant en rien à tout ce qui a précédé. On n'y trouvera point, dit-il, d'hypothèses, ni même une idée hasardée. Il assure n'avoir employé comme matériaux que les faits géologiques et les faits historiques. Il distingue quatre grandes formations de terrains à la surface du globe, les terrains primitifs, les terrains intermédiaires, les terrains secondaires et les terrains tertiaires. Il rapporte ces différentes formations à quatre époques ou cataclysmes; savoir, le moment où la terre sortit du chaos, le temps où elle étoit couverte par le déluge, le temps plus ou moins long où les eaux se retirèrent, et enfin le déluge de Deucalion. Ces quatre grandes invasions d'eaux, selon l'auteur, expliquent tous les phénomènes. Il les décrit en quatre chapitres, ́ où il présente d'abord les notions géologiques, puis les rapprochemens historiques, puis des considérations gênérales. Les rapprochemens historiques sont presque tous puisés dans la Bible, seul monument que nous ayons des anciens temps,

M. Chaubard ne parle de là Genèse qu'avec respect. Un journal l'avoit cru protestant; il nous déclare qu'il est catholique de cœur, d'esprit et de conviction; il blâme les savaus du dernier siècle d'avoir rejeté le récit deMoïse sur le déluge avec toute la rudesse et la présomption que l'on ·

(1) In-8°, prix, o fr. oo c. A Paris, chez l'auteur, rue de Seine, no 68; et au bureau de ce journal.

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