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comprennent pas une faute pareille de ́sa part. Un protestant! disent-ils; un protestant qui s'oublie au point de faire un éloge comme celui-là!... Eh! vraiment oui! si les passions ne vous bouchoient pas le cœur et l'esprit, vous tireriez de ce fait une conséquence qui feroit plus d'honneur à votre jugement; vous vous diriez à vous-mêmes que, pour amener M. Guizot à rendre un tel témoignage aux écoles de la doctrine chrétienne, il faut donc qu'il y ait en elle quelque chose de bien bon et de bien irréprochable, puisqu'un protestant ne peut se dispenser de les louer et de les encourager; car c'est là le beau de l'affaire, et la vraie gloire en pareil cas est d'en venir ́jusqu'à mériter les applaudissemens de ses ennemis naturels, jusqu'à faire taire les antipathies de religion qui semblent s'opposer à ces louanges: cela devroit se compter double.

· L'éclat de la révolution de juillet se ternit peu à peu. Voici deux faits particuliers qui semblent venir à l'appui de cette assertion. Un journal étoit spécialement consacré à la gloire des immortelles journées; il s'appeloit le Patriote de juillet. Dans les commencemens, il y avoit foule autour de ce flambeau pour recevoir quelques rayons de sa lumière; c'étoit là que le feu sacré paroissoit vouloir s'entretenir. Insensiblement le public s'est retiré, et voilà le feu sacré entièrement éleint; le Patriote de juillet est tombé d'abandon. Le second fait n'est pas moins 1riste. Il s'étoit établi dans la capitale un Café de la Charte ( de la Charte-vérité, bien entendu), et son nom lui promettoit les plus belles destinées. Mais il semble que toutes les gloires de 1830 menacent de s'en aller pièce à pièce. Voici que les chefs de brigade de M. le préfet de police, Gisquet, sont obligés de venir déposer en justice que le Café de la Charte est devenu le quartier-général des voleurs de la capitale. Quoiqu'il y ait de pires profanations que celles-là, c'en est une cependant qui nous paroît de bien mauvais augure pour les choses sacrées de la révolution de juillet.

On vient de publier un rapport du garde-des-sceaux sur l'administration cívile et commerciale en France, dans l'année 1830-1831. A la fin de l'exercice 1830, il restoit 43,133 causes civiles à juger. Il en a été, en outre, inscrit au rôle dans l'exercice en question, 122,853, 19,396 causes ont été portées aux cours royales, ce qui présente un excédant de 7,894 sur le terme moyen. Le nombre des procès a été de 1 sur 196 individus. Dans le ressort de la cour de Rennes, il n'y en a eu qu'un sur 763 individus ; mais le nombre a été de 1 sur 96 dans celle de Grenoble. La cour royale de Caen ne vient qu'après celles de Nimes, Lyon, Montpellier, Paris, Riom et Grenoble. Celle de Rouen est encore plus loin. La cour de Bordeaux se rapproche le plus du terme moyen. Au reste, il y a chaque année pour les différens pays des variations sensibles dans le plus ou moins de procès. On compte encore qu'il y a en France, dans le même exercice, un procès par 1,740 fr. de contribution foncière. En Corse, c'est de un sur 615 fr.; et à Angers de un sur 4,651 fr. Ce sont les deux extrêmes. Les cours de Nîmes et de Pau ont laissé un arriéré d'affaires considérable.

Les actes de la nature de ceux dont M. de Brézé a entretenu la chambre

des pairs seroient trop longs et trop pénibles à rapporter. Les journaux royalistes de l'Ouest en ont cité fréquemment. On lisoit encore, ces jours derniers, dans le Vendéen, le récit de onze meurtres, plus ou moins révoltans, auxquels des militaires se sont livrés, dans les premiers mois de cette année, sur seize réfractaires ou habitans, inoffensifs ou paroissant fuir. Dans le nombre figure M. le comte d'Hanache, sur qui les soldats déchargèrent leurs fusils après l'avoir tué à coups de baïonnettes; un vieillard sexagénaire fusillé en plein champ, parce qu'il cherchoit à s'évader; des réfractaires qui demandoient grâces à genoux, etc.

— L'administration gratuite de la prison d'Orléans, dit l'Orléanais, s'occupe sans relâche, avec un zèle digne de tous nos éloges, d'améliorer dans tout ce qui dépend d'elle le sort des malheureux détenus aux Ursulines. Nous savons tout ce qu'elle a fait pour les prévenus politiques de l'Ouest qui y ont été amenés, et tout ce qu'elle fait encore pour les infortunés que le crime ou la misère y conduit chaque jour. Si nous n'avons rien dit plus tôt de sa généreuse sollicitude envers les Vendéens, c'est que nous craignions, en la divulguant, de nuire à ceux qui en étoient l'objet ; mais nous devons aujourd'hui rendre cette justice à nos autorités locales, qu'elles ont dignement secondé la généreuse intervention des habitans de notre vile pour le soulagement des prisonniers de l'Ouest, et que presque toujours elles sont restées étrangères à quelques vexations que ces malheureux pères de famille ont eu de nouveau à subir ici. Aujourd'hui elles continuent envers les autres prisonniers la tâche qu'elles se sont alors imposée, et fa-vorisent bien les intentions toutes philanthropiques de l'administration gratuite de la prison. Nous allons citer quelques-unes des améliorations introduites par leur concours dans le service intérieur de la maison. Nous pouvons d'autant plus rendre cette justice à qui de droit, que non-seulement nous en avons été témoin, mais que nous nous sommes nous-même ressenti de ces améliorations. Depuis le premier janvier, le service des vivres des prisonniers a été confié à la tendre sollicitude des sœurs, dont il n'est pas besoin de faire l'éloge : on connoît assez leur charité, leur empressement à faire tout le bien qu'elles peuvent; c'est en dire assez pour faire comprendre que les prisonuters sont loin de se plaindre de ce nouveau mode de distribution.

Le collége électoral de Saint-Malo est convoqué pour le 6 juillet, à l'effet de nommer un député en remplacement de M. Blaise, démissionnaire.

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La loi sur l'emprunt gree vient d'être promulguée.

Le budget de 1834 est totalement voté à la chambre des députés. On croit que cette chambre ne se réunira plus qu'une ou deux fois, attendu qu'elle ne seroit plus en nombre, et que dans une huitaine de jours aura lieu la séance de clôture.

· Les députés partent en foule de Paris. On a encore eu de la peine à réunir ces jours derniers le nombre de suffrages suffisans.

Le jour que l'on refusoit à la chambre des députés les fonds pour les fortifi

cations de Paris, on adjugeoit à l'Hôtel-de-Ville la construction des cinq forts, dont trois seront nommés : forts d'Orléans, de l'Epine et des Bruyères, et les deux autres seront construits à Charenton et sur la butte Saint-Chaumont.

Le maréchal de camp Bellair, colonel de la 4 légion de la garde nationale de la banlieue de Paris, est nommé au commandement militaire du département du Cantal.

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On se rappelle qu'un sieur Degouet fut arrêté le 5 de ce mois par ordre du président de la chambre des députés, pour avoir troublé la séance. Get individu, qui ne jouit pas, dit-on, de toute la plenitude de sa raison, a été mis en liberté par ordre du juge d'instruction.

La chambre des mises en accusation de la cour royale de Paris vient de confirmer l'ordonnance rendue par la chambre du conseil de Chartres, qui renvoie trente-deux accusés devant la cour d'assises de cette ville, par suite des troubles de Lèves et du pillage de l'évêché. Cette affaire sera jugée les 27 et 28 de ce mois, et prendra plusieurs audiences. M. Didelot, substitut du procureur -généra!, ira soutenir l'accusation.

La reine des Belges vient de donner à la bibliothèque de Bourgogne un ancien manuscrit qui est une copie de la traduction française de la Cyropėdie de Xénophon. Il paroît que ce volume étoit dans les bagages du duc Charles-leTéméraire, qui fut tué devant Nancy le 5 janvier 1477. Depuis plus de trois siécles, on ignoroit le sort de ce livre précieux, qui avoit été fait pour la bibliothèque de Bourgogne.

l'aris.

Lord Grandville, ambassadeur d'Angleterre, est revenu de Londres à

- Après de longues négociations, M. Conte, directeur de l'administration des postes, est parvenn, sous l'influence du prince de Talleyrand, à conclure avec le duc de Richmond un traité pour accélérer et améliorer le service des postes entre la France et l'Angleterre. Le résultat de ce traité sera une correspondance journalière entre les deux pays, la faculté pour les expéditeurs d'affranchir ou de ne pas affranchir les lettres jusqu'à destination, le paiement des droits de passage par la France des lettres de plusieurs pays étrangers pour l'Angleterre. On pourra désormais recevoir en 36 heures les nouvelles des deux capitales, qui ne parvenoient par la voie ordinaire qu'au bout de trois et quelquefois quatre jours. Le passage du détroit sera fait sur des bâtimens à vapeur appartenans à l'Etat, an lieu d'être confié à un entrepreneur. I! paroît que ce nouveau service ne sera mis en activité qu'au 1er janvier prochain.

Le prince de Soutzo, agent de la Grèce, vient d'être accrédité à Paris. comme ministre du roi Othon.

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La population d'Uzès vient d'être consternée par un événement dû aux progrès de l'irreligion. Le 12 juin, à dix heures et demie du soir, quatre jeunes gens

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de 20 ans, connus par l'exaltation de leurs opinions philosophiques et républicaines, sortirent du Café du Commerce dans l'intention d'aller se donner la mort. Munis chacun d'un pistolet, et emportant quatre bouteilles de vin blanc et une de liqueur, ils se dirigèrent vers une métairie, où ils allumèrent une lumière. L'un d'eux rogne les balles qui n'étoient pas du calibre des pistolets, et, tirant ensuite sa montre qui marquoit onze heures moins cinq minutes, il dit à ses camarades : Nous avons encore cinq minutes à vivre. » A onze heures, un autre propose de remettre le coup à minuit; mais le premier s'y oppose, et, après avoir engagé ses camarades à procéder comme lui, il se fait sauter la cervelle. Un second alloit suivre cet exemple, lorsque le troisième lui arrête le bras et parvient à triompher de sa résolution et de celle du quatrième. Ces trois jeunes gens revinrent à la ville, et dénoncèrent le fait au procureur du roi, qui se transporta sur les lieux à une heure du matin.

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Une tentative d'assassinat a eu lieu, il y a quelques jours, au presbytère de St-Lattier, diocèse de Grenoble. Quatre individus masqués s'introduisirent dans la maison, à une heure du matin, après avoir brisé les barreaux d'une fenêtre. Parvenus dans la chambre de la domestique, ils se disposoient à l'étrangler, lorsque le curé qui est octogénaire, entendant du bruit et croyant qu'on l'appeloit pour un malade, descendit et fut lui-même saisi par les scélérats. Cet ecclésiastique n'échappa à la mort qu'en offrant le pen d'argent qu'il posséduit. Pendant que les quatre hommes montoient dans son appartement, la servante sonna la cloche de l'église pour appeler du secours. Les brigands, craignant d'être surpris, se hâtèrent de prendre largent et de s'enfuir. On croit que ces voleurs sont dans les environs; déjà trois individus ont été arrêtés à St-Marcellin.

Le résultat de l'instruction judiciaire, à laquelle ont donné lieu les troubles d'Anzin, a été le renvoi en police correctionnelle de 19 charbonniers, dont 10 en qualité de chefs de coalition; 3 des prévenus, paroissant moins coupables, ont été mis en liberté provisoire.

Le procureur-général, près la cour royale de Rennes, s'est pourvu en cassation contre l'arrêt qui confirme l'acquittement de Mlles Duguigny.

La cour d'assises de Nantes a condamné le gérant du Rénovateur à treize mois de prison, 1,500 fr. d'amende et 5,000 fr. de dommages-intérêts, comme cou pable de diffamation envers le procureur du roi, Demangeat, en parlant de la conduite de ce dernier envers M. Berryer.

Le préfet de la Côte-d'Or a suspendu M. Curot, chef de bataillon de la garde nationale de Seurre, qui, lors de sa reconnoissance à la tête de la garde, avoit fait hautement profession de républicanisme.

Un effroyable incendie vient de détruire 105 maisons du village de Bouneuil, canton de Breteuil (Oise). Le vent étoit tellement violent que les secours auroient été inutiles. En moins d'une demi-heure, 500 habitans ont été sans asile.

Le hameau de Rimbecourt, commune de Crisolles, a été presqu'entièrement détruit par un incendie. Treize maisons ont été consumées.

Les trente réfugiés italiens, qui résidóient depuis un an à Moulins, ont reçu le 13 l'ordre de quitter cette ville dans les 24 heures, et la France sous dix jours. En partant, ils ont fait insérer une protestation dans le Patriote de l'Allier.

M. Thouret, ancien rédacteur du journal de la Révolution, a été arrêté à Douai en vertu d'un avis transmis par le télégraphe.

M. l'abbé Sergeand, curé de Quesnoy-sur-Aizames, a reçu de Louis-Philippe, sur sa demande, une somme de 300 fr. pour les pauvres de sa paroisse. Le Patriote de Juillet, ne pouvant se soutenir à Toulouse, cesse de paroître.

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La cour royale de Montpellier vient d'invoquer l'affaire des troubles des premiers jours de ce mois, pendant lesquels des royalistes et des femmes ont été blessés par des patriotes et des militaires, et où l'on assure même que plusieurs personnes ont été tuées.

Une partie des condamnés politiques de la Vendée sont transférés au mont Saint-Michel.

Une douzaine de saint-simoniens ont fait une seconde apparition à Genève. Ils ont voulu parler en public contre le despotisme des autorités et l'inhumanité des riches; mais ils ont été interrompus par les huées et les menaces, et ils n'ont eu que le temps de s'enfuir de la ville.

Les journaux anglais parlent de quelque apparence de rentrée au ministère pour lord Wellington et M. Peel. Le succès qu'a obtenu le premier à la chambre des lords dans la question du Portugal, et le refus du Roi de faire une création de pairs, viennent accréditer ces bruits.

M. Grant, président du bureau de contrôle de l'Inde, a présenté le 13 juin, à la chambre des communes, le projet ministériel de Charte des Indes orientales. Il a proposé de conserver le gouvernement de cet empire à la compagnie des Indes, dont il a vanté l'administration sous le rapport de la civilisation et du bienêtre des indigènes. Quant au maintien à cette société du monopole du commerce avec la Chine, il s'en est référé à la chambre.

Lord Althorp a proposé à la même chambre d'accorder une indemnité au clergé irlandais pour les dimes non payées en 1831, 1832 et 1833. M. O'Connell a applaudi à cette mesure, tout en demandant l'abolition complète des dimes.

L'ouverture des Etats de Hessé-Cassel a été faite le 10 juin par M. de Mootz, ministre des finances, au nom du prince co-régent.

L'infant don Carlos a quitté Lisbonne avec sa famille, le 2 juin, pour se

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