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rendre à Naples Il s'est embarqué sur un bâtiment anglais. D'après les journaux anglais, l'infant s'est dirigé sur Coimbre.

– L'infante Louise-Charlotte, princesse des Deux-Siciles, épouse de l'infant don François de Paule, frère du roi d'Espagne, est accouchée le 5 juin d'une princesse, qui a été baptisée sous les noms de Marie-Christine-Isabelle.

CHAMBRE DEs députés.

Le 17, M. le ministre des finances présente un projet de loi sur l'exploitation des salines. M. Mallet fait un rapport sur un chemin de fer d'Alais à Beaucaire. On achève la discussion de la loi sur l'instruction primaire. On en est resté à l'article 17, dans lequel la chambre avoit chargé le maire et le conseil municipal, à l'exclusion du curé, de la surveillance des écoles communales. La chambre des pairs, revenant à peu près au projet du gouvernement, a substitué un comité composé du maire ou adjoint, président, du curé ou pasteur, et de trois conseillers municipaux ou habitans notables, désignés par le conseil municipal. La commission de la chambre des députés, voulant en dernier lieu concilier ce vœu avec les exigences de l'opposition, a proposé l'établissement d'un comité où, au maire et au curé, seroient seulement adjoints un ou plusieurs habitans notables dêsignés par le comité d'arrondissement. Dans les lieux où il y aura plusieurs curės, ou choisira le plus ancien, et, s'il y a plusieurs cultes, on admettra un ministre de chacun, désigné par son consistoire. M. Guizot, dans le même esprit de concession, déclare donner son adhésion à cette modification.

M. Jouffroy s'oppose à l'intervention dos curés dans les comités communaux. M. Laurence soutient un amendement qu'il a présenté avec MM. Eschassériaux, Salverte et Taillaudier, et qui consiste à supprimer ces différens comités de surveillance, et à laisser au maire seul l'inspection des écoles. L'orateur parle beaucoup du danger de l'influence des prêtres, et craint, comme a dit M. Dupin, que l'on aiguise l'épée dont la poignée est à Rome et la pointe partout. M. de Sade se prononce pour le système de la chambre des pairs, que M. Guizot avoit approuvé. Il rappelle que beaucoup de maires ne sont pas en état de surveiller les écoles, et il apprécie la présence du curé, dans un comité, indispensable d'ailleurs. M. Salvertė ne veut aucun privilége pour les ecclésiastiques. M. Coulmann, qui est protestant, combat l'amendement collectif, parce que les pasteurs ne prendroient pas part à la surveillance de l'instruction primaire. Quant au clergé catholique, dit-il, si on lui ferme la porte de devant, il entrera par celle de derrière (Murmures et hilarité).

M. Eschassériaux, qui s'obstine à parler malgré l'impatience de la chambre, soutient que, si l'on admettoit l'amendement de la chambre des pairs, l'instruction primaire seroit perdue, et qu'il faut s'opposer à la moindre influence du clergé. (Longs murmures.) M. de Vatimesnil parle dans un sens opposé, et reçoit des félicitations. S'appuyant sur l'expérience qu'il a acquise au ministère, l'orateur montre jusqu'à l'évidence que l'on ne pourra faire aucun bien dans l'instruction

primaire sans le concours du clergé. M. Taillandier essaie, au milieu de l'improbation, de défendre encore l'amendement collectif de MM. Laurence et consorts ; mais il est rejeté. Un amendement de M. Bresson, donnant au curé une surveillance bornée, n'est pas appuyé. M. Dubois (de la Loire-Inférieure) ne partage pas l'avis de la commission. Il se prononce contre les comités, et voudroit qu'on laissât plus de pouvoir à l'autorité centrale.

M. Dumon, rapporteur, et M. Etienne, défendent l'amendement de la commission, et font observer que l'influence du curé sera bien diminuée lorsque le comité d'arrondissement aura choisi les personnes qui siégeront au comité communal. M. Eschassériaux dit qu'il préféreroit encore celui de la chambre des pairs, M. Guizot engage la chambre à s'en tenir au système de la commission. Il convient que la loi sera moins bien coordonnée, moins systématique ; mais elle sera plus pratique et ralliera plus d'esprits. M. Laurence, abondant dans le sens de M. Eschassériaux, demande la priorité pour l'amendement de la chambre des pairs. Cette priorité est rejetée, après une vive discussion à laquelle prennent part MM. Coul mann, Salverte, Rouillé de Fontaine, Demarçay et le ministre, qui pique la susceptibilité de l'assemblée en disant que l'on ne doit pas voter d'abord de préférence sur un amendement d'une autre chambre. M. Viennet demande alors qu'il y ait au moins trois notables dans le comité. Ce sous-amendement est rejeté à un majorité douteuse, et l'on adopte enfin l'amendement de la commission.

M. Bodin propose de donner le droit au ministre, sur le rapport du comité d'arrondissement, de dissoudre le comité communal et de le remplacer par un comité spécial, où personne ne sera admis de droit. L'adoption de cette disposition a lieu au milieu du bruit, et excite beaucoup de surprise. On adopte ensuite les différentes modifications de la chambre des pairs, sans s'arrêter à des amendemens de MM. Havin et Jouvencel. Enfin, M. Aug. Giraud propose d'astreindre au serment politique les membres des comités d'arrondissement et communaux. Deux épreuves paroissent douteuses. Au scrutin secret, cet amendement est rejeté à la majorité de 145 contre 98.

Le 18, M. le maréchal Clausel a la parole pour des interpellations au ministère sur Alger. Il déclare que ce n'est pas comme propriétaire de la ferme-modèle, ni comme général qu'il s'y détermine, mais d'après l'assurance qu'il a acquise que l'on pourroit tirer le plus grand avantage de ce pays. Il présente sommairement ses idées sur la colonisation et l'administration de ce pays, et conclut en demandant, 1° si l'on veut occuper seulement quelques points sur la côte de la régence d'Alger; 2° si l'on veut coloniser Alger; 3° si l'on se propose de céder ou d'abandonner ce pays. M. le président du conseil répond que le gouvernement n'a pas d'idée arrêtée sur la première question, mais que l'on occupe les trois points les plus importans; que le gouvernement ne pense pas qu'il soit dans l'intérêt de l'administration de s'occuper lui-même de la colonisation, mais qu'il favorisera les compagnies qui se présenteroient pour l'entreprendre; qu'enfiu il n'a pris aucun engagement avec des puissances pour l'évacuation d'Alger, que cela n'est pas entré dans sa pensée,

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que cependant il est libre de faire ce que l'honneur et l'intérêt de la France exigent. Après quelques mots pour établir l'utilité de conserver ce pays, M. le maréchal Clausel déclare ètre satisfait de la réponse.

La chambre vote à la majorité de 219 contre 57 le projet de loi amendé sur l'instruction primaire. M. Isambert a essayé en vain de faire accueillir un amendement tendant à ce que les ecclésiastiques ne puissent être admis dans les comités qu'avec l'agrément du roi,

M. B. Delessert, rapporteur du projet de loi relatif au traité avec les EtalsUnis, déclare que la commission ne peut rien proposer dans cette session, attendu qu'elle n'a pas reçu de documens suffisans. M. le ministre des affaires étrangères dit qu'il n'est pas encore en état de les fournir. L'affaire est ajournée.

On passe à la discussion du budget des recettes de 1834. M. le ministre des finances déclare qu'il adhère aux conclusions de la commission; mais qu'une augmentation d'impôt auroit été nécessaire pour couvrir un déficit de 20 millions qui aura lieu l'année prochaine, par des décroissemens de revenus de la loterie, etc., et les dépenses que nécessitera l'organisation de la réserve de l'armée; sans parler des 25 millions pour les Etats-Unis, des fonds votés pour l'ancienne liste civile et des éventualités. M. Salverte voudroit qu'on vendît les anciens domaines de la couronne. On rejette divers amendemens, dont l'un, de M. Muntz, pour réduire l'impôt sur le sel; et un autre de M. de Tracy, pour supprimer la rétribution universitaire. On adopte des articles additionnels de M. Coulmann sur les recettes des consulats; de M. Duchâtel, pour autoriser les communes à s'imposer en faveur de l'instruction primaire; de M. Prunelle, pour supprimer facultativement les entrepôts particuliers de vins lorsqu'il y en a un général; et de M. H. d'Aulnay, pour établir que désormais le budget sera présenté avant les réglemens de comptes. M. Mauguin demande si l'on s'occupe de faire payer les frais de campagne d'Anvers. M. le ministre des affaires étrangères fait une réponse évasive. M. Vatout reproduit la proposition de M. Laffitte en faveur des libraires débiteurs de l'Etat : elle est ajournée.

Le budget des recettes, fixé à 983,669,307 fr., est voté à la majorité de 239 contre 69. La chambre adopte ensuite à l'unanimité, moins 10, le projet de loi qui autorise une compagnie à établir un chemin de fer d'Alais à Beaucaire.

Le Gérant, Adrien Le Clerc.

COURS DES EFFETS PUBLICS.- - Bourse du 19 juin 1833.

Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 75 c., et fermé à 78 fr. 00 c. Cinq pour 100, jouiss, du 22 mars, ouvert à 103 fr. 85 e., et fermé à 104 fr. 00 c. Actions de la Banque.

. 0000 fr. oo c.

IMPRIMERIE D'AD, LE CLERE ET COMP".

SAMEDI 22 JUIN 1833.

(N° 2148.)

Instruction et ordonnance de M. l'évêque de LucoYAL.

déclare schismatique le sieur Guicheteau.

Cette instruction et ordonnance, datée du 25 mai dernier,de commence par exposer les faits :

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François Guicheteau, prêtre, intrus dans la paroisse de Pouillé, est celui que notre devoir nous oblige à vous signaler. Il avoit été long-temps l'objet de notre sollicitude et de notre bienveillance particulière. Hélas! Dieu nous reprochera peut-être de n'avoir pas assez pesé les conseils du grand apôtre avant de lui conférer le saint et redoutable sacerdoce, et d'avoir confié à des mains trop peu éprouvées le plus saint des ministères. Placé aux Herbiers, sous la direction d'un des plus respectables prêtres de notre diocèse, sa conduite ne tarda pas néanmoins à exciter nos inquiétudes les plus vives. Après plusieurs représentations paternelles, après avoir été plusieurs fois trompé par ses fausses promesses, nous reconnûmes qu'il étoit nécessaire de l'éloigner d'occasions trop périlleuses, nous lui ordonnâmes d'aller en qualité de vicaire à SaintJean-de-Monts. Il hésita, il chancela, il se résolut enfin, et partit; mais il n'y resta que peu de jours, et, malgré nos défenses expresses, il retourna aux Herbiers. Des motifs trop pressans exigeoient son changement, et il ne nous étoit pas possible d'autoriser par notre tolérance une pareille infraction à la discipline ecclésiastique, nous lui donnâmes l'ordre, sous peine d'interdit, de retourner à Saint-Jean-de-Monts. Il s'éleva alors dans le coeur de ce misérable de le ces combats que son peut de vertu n'étoit pas capable de soutenir. Lui-même nous a dit qu'il avoit été excité à la désobéissance, et qu'un prix annuel de sa révolte lui étoit offert s'il vouloit la consommer. Nous avons été témoins des tristes hésitations de ce malheureux après cette offre perfide.... Au mépris des promesses qu'il nous avoit faites au pied des saints autels, il consomma sa révolte; et depuis, dépouillant l'habit sacerdotal.... enrôlé sous les drapeaux d'une société ennemie de l'Eglise.... sa vie fut le scandale des fidèles et la honte des pasteurs.

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" Etouffant encore une fois les remords qui le poursuivoient, résistant encore aux conseils charitables des curés de Saint-Jeande-Monts, des Herbiers, et de plusieurs autres prêtres recommandables, sourd à nos propres exhortations, refusant le pardon que,

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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par une indulgence trop grande peut-être, nous lui offrions encore, et pour lequel nous n'exigions que son repentir et la réparation de ses scandales, pour consommer sa ruine, il notifia à l'un de nos vicaires généraux qu'il renonçoit à la communion et à la foi de l'Eglise romaine, et s'unissoit à je ne sais quelle secte nouvelle dite de Châtel.

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Ce n'étoit pas assez un prêtre ne sauroit ni se sauver ni se perdre tout seul. Le malheureux Guicheteau, joignant l'intrusion à l'apostasie, est venu planter l'étendard de son schisme dans une des paroisses de ce diocèse, à Pouillé, où, violant à la fois les lois de l'Eglise et de l'Etat, soutenu d'une bande armée, il s'est emparé de l'Eglise, d'où il n'a pu être expulsé que par la force publique.

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Nous avons été profondément affligé, N. T. C. F., à la vue de ces désordres; mais notre douleur a été à son comble quand nous avons su qu'une partie des habitans de cette malheureuse paroisse, égarés et fascinés, s'attachoient à un tel culte et à un tel ministre, quand nous avons reçu nous-même, du maire et du conseil municipal de la commune de Pouillé, une délibération dans laquelle, renonçant, au nom de tous les habitans, à la foi catholique, ils osent nous enjoindre de regarder désormais cette portion de notre troupeau comme séparée de la bergerie et soustraite à notre juridiction délibération nulle sans doute et illégale, mais qui n'en montre pas moins les ravages qu'y a déjà faits l'intrus.

Ainsi, le sanctuaire a été profané. L'intrus Guicheteau, pr`vé de toute juridiction, sans pouvoirs spirituels, frappé d'une peine qui lui interdit toute fonction sacerdotale, exerce maintenant à Pouillé un ministère de mort, dénature la religion de Jésus-Christ, souille ses mystères et profane ses sacremens. Son audace et son oubli des règles de l'Eglise vont jusqu'à s'arroger le droit d'unir par des mariages sacrilèges les parens les plus proches, même au premier degré, nonobstant les empêchemens dirimans si sagement établis par l'Eglise, dans l'intérêt de la société chrétienne et des bonnes mœurs. Et s'il peut y avoir quelque chose de plus déplorable, c'est de voir l'impiété elle-même persécutant la piété des chrétiens restés fidèles. Des femmes menacées des plus grands malheurs si elles n'assistent pas aux mystères de l'intrus, on si elles font donner le saint baptême à leurs enfans par des prêtres fidèles à la foi; enfin, l'entrée de la paroisse interdite, pour ainsi dire, à un prêtre catholique, jusque-là que ce n'est qu'à la faveur des ténèbres de la nuit qu'une personne mourante a pu recevoir d'un pasteur légitime les derniers secours de la religion. "

Le prélat expose ensuite les principes sur l'autorité de l'Eglise, sur la nécessité de la mission pour les pasteurs, et

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