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senté une motion, ayant pour objet de demander la réduction, dans le bill de Réforme, de la clause qui refuse l'exercice du droit électoral à tout électeur u'ayant pas acquitté sa portion d'impôts et de taxe des pauvres, attendu que cette mesure ne tend qu'à favoriser la corruption et à éloiguer un grand nombre d'électeurs. Lord Althorp a combattu cette 'motion, qui a été rejetée à la majorité de 84 contre 24.

La Saint-Philippe a été tromblée au Moule, île de la Guadeloupe. Des hommes de couleur ont parcouru la ville en criant: « A bas les blancs! » Il s'est formé des rassemblemens qui n'ont été dissipés que par la force.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 19, M. le président lit un message de la chambre des députés, contenant la proposition de loi sur les créanciers et pensionnaires de l'ancienne liste civile. Il nomme pour l'examiner une cominission composée de MM. Allent, de Choiseul, de Crillon, de Germiny, Mallonet, de Jaucourt, de Ségur.

M. le ministre des finances présente le budget des dépenses de 1834, et expose les motifs des réductions de la chambre des députés. Airivant à l'amendement relatif à la suppression des évêchés créés en 1821, M. Humann déclare cette disposition attentatoire à la prérogative royale, à la Charte, aux lois et à la liberté des cultes, et il annouce qu'à tout événement le gouvernement nommera aux siéges vacans. (Approbation générale. ) La question des traitemens restera seule en suspens jusqu'à la prochaine session; mais l'on espère que la chambre des députés réviendra sur son vote, adopté précipitamment à une foible majorité, et contraire á celui qui a été émis dans les trois sessions précédentes. Ce n'est que d'après ces considérations, et pour ne pas faire manquer l'adoption du budget, que le gou vernement donne son adhésion à l'amendement Eschassériaux.

M. Pasquier charge de l'examen du budget. MM. d'Aragon, 'Decazes, de Fréville, Roy, Mollien, St-Cyr-Nugues, de Tascher.

La commission qui a éxaminé le projet de loi pour l'achèvement des travaux publics a nommé dens rapporteurs; M. de Barante pour les monumens ́ét les routes, et M. Dupleix de Mézy pour les canaux. Tout en concluant à l'adoption, ces deux orateurs font des observations critiques, signalent des améliorations, et récommandent des économies dans les travaux. M. de Barante insiste sur ce qu'il y a de choquant à avoir chassé la religion du Panthéon. Il approuve la résolution de la chambre des députés sur le Louvre et la Bibliothèque, propose de couserver sur la place de la Bastille l'éléphant, que l'on pourroit dédier à la révolution de juillet, et s'élève contre le système de routes stratégiques de l'Ouest, en rappelant que c'est plutôt les remèdes de douceur et de morale qu'il faut employer dans ce pays. M. de Mézy entre dans de longs détails sur les projets de canalisation.

La chambre se forme ensuite en comité secret pour s'occuper de son budget particulier.

Le 20, M. le duc d'Orléans assiste à la séance.

M. Gautier fait son rapport sur la proposition de loi tendant à rétablir le divorce. Il annonee que la commission a examiné avec une nouvelle attention ce projet, qu'elle a déjà repoussé, et qui lui a été plusieurs fois représenté depuis. Il pense qu'il y a des motifs suffisans de rejet, sans s'arrêter aux principes de conscience d'après lesquels il se trouve interdit par les religions professées en France D'ailleurs, ajoute M. Gautier qui est protestant, ni les chrétiens réformés, ni les israélites ne réclament le rétablissement du divorce à titre de complément nécessaire à l'égalité de protection que nos lois assurent à leurs croyances. L'orateur établit que les intérêts de la morale, de la société et des enfans s'opposent à la mesure, et qu'elle est particulièrement funeste à la femme. L'expérience a constaté que, toutes les fois que le divorce a été facile, il a été corrupteur. Le scandale public du divorce est pire pour les mœurs que la dépravation secrète de quelques individus ; n'est pour la plupart du temps qu'une satisfaction donnée à des passions, et il sème toujours le trouble et la division dans les familles. La preuve que le divorce n'est pas une nécessité, c'est qu'il n'est point réclamé par les cours et tribunaux, par les conseils-généraux, ou par des ́pétitions collectives. L'immense majorité est pour l'indissolubilité du mariage. M. Gautier termine en discutant les idées de la minorité de la commission, et en proposant le rejet de la proposition de la chambre des députés. Il émet seulement le vœa que l'on décrète une disposition qui suspende, pendant la durée de la séparation par corps, la présomption de paternité qui résulte du mariage.

M. le ministre des finances présente le budget des recettes de 1834. M. Pasquier charge de son examen MM. de Bérenger, de Brissac, Duchâtel, Augustin Périer, de Plaisance, de Sussy.

Après avoir entendu un rapport favorable de M. Devaisnes, la chambre s'occupe de la loi d'exprópriation pour cause d'utilité publique, à laquelle la chambre des députés a fait de nouvelles modifications. M. Molé essaie en vain de rétablir un amendement de la chambre des pairs sur les cautions à donner par les usufruitiers de biens à indemniser. MM. Boyer et Tripier combattent ses observations, et la loi est adoptée définitivement, sans nouveau changement, à l'unanimité moins 4.

M. Guizot rapporte le projet de loi sur l'instruction primaire, et engage la chambre à adopter les modifications votées par la chambre des députés sur les comités communaux de surveillance. La chambre adopte ensuite différens projets de lei d'intérêts locaux.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 19, M. Martin déclare que la commission chargée d'examiner la proposition de M. Laffitte sur le desséchement des marais s'est occupée avec zèle de cet objet important; mais qu'à raison du peu de temps qui reste, elle ne peut achever son travail. Il se borne à déposer sur le bureau le résumé de ses premières observations. M. Eschassériaux demande que ce résumé soit imprimé et distri

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bué, afin que l'on puisse du moins y réfléchir dans l'intervalle des deux sessions. Le bruit de dissolution de la chambre s'est répandu, et il y croit; mais les corps politiques doivent toujours avoir confiance dans leur vitalité, même jusqu'au terme de leur existence. M. Jaubert s'oppose à la publication du rapport, afin que l'on soit obligé de tout recommencer dans une autre session. Il se prononcé d'ailleurs contre le projet qu'il regarde comme une loi d'expropriation pour cause d'utilité privée de certaines compagnies. Les desséchemens ne devroient s'opérer qu'en suivant les formalités de la loi d'expropriation pour cause d'utilité publique, autrement la charte seroit violée.

M. le président dit que le travail de la conimission doit être, d'après les règles établies, imprimé et distribué. Il annonce qu'il n'y a plus rien à l'ordre du jour, et que la chambre ne se réunira que lorsque ses membres recevront une convocation à domicile (ce sera la séance de clôture). La séance est levée à deux heures.

Découverte du Calendrier perpétuel du style grégorien (1).

Chacun sait que l'année qu'on appelle 1583 fut la première année entière du style grégorien; donc le calendrier perpétuel de ce style doit commencer avec cette année, selon les chronologistes et les computistes. Cette conclusion ne sera contes›tée de personne, puisque ce calendrier doit renfermer toutes les années de ce style. Ensuite, il doit être composé d'une durée type, dans laquelle doivent circnfer par similitude toutes les durées égales postérieures, sans quoi le mot perpétuel devient une absurdité. Or, ces deux conditions n'ont pas été remplies 'jusqu'à ce jour; donc mon tableau du Calendrier perpétuel, du style grégorien, est bien une déconverte. C'est d'ailleurs le témoignage que lui ont rendu plusieurs journaux, et notamment le National du 13 avril 1833, qui s'exprime ainsi :

« M. l'abbé Lachèvre, qui se livre depuis long-temps à de savantes recherches ayant pour objet de perfectionner l'étude de la chronologie, principalement sous He rapport de la division civile et astronomique des temps, vient de publier un Calendrier perpétuel du style grégorien, seul tableau où les saisons soient fixées, eu admettant que ce style soit exact. La clef de ce Calendrier est très-facile à saisir, sans autres explications que celles que l'anteur y a ajoutées en très-peu de lignes. Cette ingénieuse découverte mérite l'attention de toutes les personnes qui s'occupent de la connoissance des temps.

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Le rédacteur de ce journal a parfaitement caractérisé mon tableau; mais il ne l'a pas considéré sous le rapport d'un almanach perpétuel de cabinet, dont il a la forme, étant sur carton, et qu'il peut remplacer avantageusement, pour trouver le quantième du mois et le jour hebdomadaire des fêtes immobiles. Les lettres dominicales se trouvent aussi dans les colonnes des aunées (au bas), de sorte qu'il n'y aura qu'à regarder pour les connoître; ce qui fait que le Calendrier perpétuel,

(1) Prix: 1 fr. 75 c. Chez Ad. Le Clere et comp., quai des Augustins, n. 35.

en fenille, plié dans le Bréviaire, remplaceroit toutes les tables temporaires qu'on y trouve. Les pâques y sont marquées depuis 1833 à 1900 exclusivement, c'est-àdire pour 67 ans, ce qui le rend calendrier à vie pour les fêtes mobiles. Parıni ces années, ou en voit quatre dont la pâque tombe le jour de la pleine lune; ce sont 1849, 1845, 1849 et 1869, selon la règle que j'ai donnée dans le n° 1184 de lAmi de la Religion, à l'occasion de 1825, où la chose arriva, ce qui fit assez de bruit. Cette règle consiste dans la rencontre de l'épacte et de la lettre dominicale: 1842 a xvi d'épacte, et B pour dominicale au 13 mars; l'épacte de 1845 est xxii, et sa dominicale E au 9 mars ; pour 1849, c'est vi, et G au 25; et pour 1869, xvn, et C au 14.

Cet inconvénient, que le savant père Clavius, jésuite (qui mit la dernière main au système des épactes), craignoit tant, est arrivé par une erreur de calcul dans ce travail immense. Ce défaut seroit facile à réparer, puisque j'ai prévu son effet pour les quatre années ci-dessus, et que je puis le prévoir pour tous les temps; mais c'est au saint Siége qu'appartient l'initiative de cette réforme, et aucun catholique ne doit se faire scrupule de célébrer la fête de Pâque avec les juifs en ces années, puisque c'est contre les intentions de l'Eglise que les choses arrivent ainsi. Ses sentimens à cet égard sont bien connus, puisqu'elle regarde comme hérétiques les quarto-décimans, qui vouloient célébrer la pâque le jour de la pleine lune, c'està-dire le 14 jour de la néomenie, seizième ordinaire de la conjonction, parce qu'ils célébroient la pàque du crucifiement, et que l'Eglise célèbre la pâque de la résurrection, arrivée le troisième jour, à partir de la pleine lune. L'Eglise ne suivra donc jamais l'avis de M. Delambre, qui dit, dans son Astronomie, qu'i! seroit mieux de régler la pâque sur le seul cours du soleil. Ce n'est cependant pas que cet astronome connût le défaut du système des épactes; il n'auroit pas manqué de le reprocher au père Clavius, sur la frayeur duquel il plaisante. Il croyoit, an contraire, le système des épactes conforme aux intentions du père Clavius; il doune mème des formules algébriques pour le calcul de la pâque, et ce qu'il blâme, c'est cette complication des phases de la lune avec l'équinoxe, qui entraîne en effet des calculs très-embarrassans, surtout d'après la manière dont on a procédé. L'abbé LACHÈVRE, bachelier ès-sciences.

Le Gérant, Adrien Le Clerc.

COURS DES EFFETS PUBLICS.—Bourse du 21 juin 1833.

Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 78 fr. 30 c. et fermé à 78 fr. 20 c. Cinq pour 100, jouiss, du 22 mars, ouvert à 104 fr. 00 c. et fermé à 104 fr. 00 v. Actions de la Banque.

1807 fr. 50 c.

(MPRIMERIE D'AD, LE CLERE ET COMP",

MARDI 25 JUIN 1833.

(N° 2119.)

Sur la manière dont s'exécutent envers l'Eglise catholique les dispositions de la Charte concernant la liberté des cultes.

Nous ne voulons pas de sa domination, disoient les juifs dans leur haine aveugle pour le divin Médiateur: Il n'y a plus de religion de l'Etat, s'écrient à peu près dans le même sens les perpétuels détracteurs de notre culte, auquel appartiennent trente millions de Français. Mais ces paroles, où se mêle tant d'aigreur, justifient-elles les conséquences qu'on en tire? La France, il n'est que trop vrai, sous l'influence révolutionnaire, oubliant l'exemple de tous les peuples anciens et modernes, offrit dans des jours sinistres et offre de nouveau le triste spectacle d'un Etat, d'un gouvernement sans nulle croyance religieuse, sans culte, sans dieu; athéisme social dont les plus redoutables effets retombent sur le pouvoir. Mais la foi catholique trouve en elle-même une force qui lui est propre, et contre laquelle l'impiété ne peut rien. Sage et patiente, elle se plie, suivant les temps et les lieux, à toutes les formes politiques des sociétés humaines : il lui suffit que la conscience soit intacte. On accuse le sanctuaire d'ambition. Etrange reproche dans l'abaissement et la spoliation où il est réduit! Mais ne voit-on pas tous les jours ses ministres plus prompts à refuser qu'à accepter les dignités, les honneurs? L'Eglise de France, il est temps d'en convenir, n'a que des prétentions aussi légitimes que bornées et modestes. Ce titre même de Religion de l'Etat, dans la réalité, ne fut jamais un privilége. Sous la restauration, comme sous l'empire, les plus scrupuleux ménagemens ne lui étoient pas réservés, elle eut à subir de rudes épreuves. Toutes les constitutions qui, malgré leur immortalité, sent tombées les unes sur les autres, lui assuroient la même liberté, la même protection qu'aux autres cultes : heureuse si cette égalité n'eût pas été trop souvent méconnue à son égard, et si, encore aujourd'hui, elle étoit, pour ce qui la concerne, exempte de toute déception!

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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