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lions de rentes nécessités pour l'achèvement de grands travaux. La commission a vu avec peine la diminution du fonds d'amortissement.

On passe à la discussion du budget des dépenses. M. Portal trouve que les traitemens des fonctionnaires sont trop foibles. M. de Montlosier examine la situation du pays, se plaint de la tolérance envers les sociétés secrètes, dont l'attitude devient telle, que le gouvernement pourra être à son tour mis en état de siége. Il approuve les fortifications de Paris, demande que l'on conserve Alger, et que l'on ne renonce pas aux impôts indirects, contre lesquels s'élèvent beaucoup de publicistes et de contribuables. L'orateur traite d'ailleurs une foule de sujets, et toujours avec des détails et des comparaisons qui excitent l'hilarité et l'impatience de la chambre. Les articles du budget sont successivement votés sans aucune réclamation, et l'ensemble passe à la majorité de 119 contre 2.

Le 25, tous les ministres sont présens.

L'ordre du jour est la discussion du budget des recettes de 1834. Le ministre des finances déclare que le gouvernement donne son adhésion aux amendemens de la chambre des députés. Aucun pair ne demandant la parole, les articles sont successivement votés, et l'ensemble passe à la majorité de 122 contre 2.

MM. de Tascher et de Germiny font ensuite un rapport de pétitions. La chambre passe à l'ordre du jour sur celle de trente-neuf propriétaires du département de l'Aisne, qui demandent, dans l'intérêt de l'agriculture, que les bergers et valets de ferme soient exempts du service de la garde nationale, et sur le mémoire d'un habitant de Paris contre les inhumations trop précipitées.

Le 26, M. le président du conseil apporte une ordonnance de ce jour, qui déclare close la session des deux chambres. M. le président Pasquier donne lecture de cette ordonnance, et la chambre se sépare sur le champ.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 26, après la lecture du procès-verbal, M. le président Dupin lit une lettre de démission de M. Accarié, député de la Haute-Saône.

M. le ministre de l'intérieur monte à la tribune, et donne lecture de l'ordonnance de clôture de la session. L'assemblée se sépare aussitôt.

Le Gérant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.-Bourse du 26 juin 1833.

Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 70 c. et fermé à 77 ír. 55 c. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 103 fr. 85 c. et fermé à 103 fr. 90 c. Actions de la Banque.

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0000 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AD, LE CLERE ET COMP.

SAMEDI 29 JUIN 1833.

(N° 2424

Sur l'OEuvre des Bons-Livres à Bordeaux et à Toulouse.

L'OEuvre des Bons-Livres, fondée à Bordeaux sous le pieux et vénérable M. d'Aviau, continue à prospérer. Nous avons parlé de cette œuvre à son origine : l'idée en est venue à M. l'abbé Barault, qui est parvenu à réaliser son projet, et qui l'a conduit, par son zèle et par ses sacrifices, en l'état ou on le voit actuellement. M. d'Aviau traça le plan de l'œuvre dans une ordonnance du 11 novembre 1825. L'association a pour but de répandre de bons livres ; elle ne se soutient que par les dons de la charité, qui consistent ou en souscriptions, ou en dons de livres, ou en dons en argent. Elle tient tous les ans une réunion générale pour rendre compte de la situation de l'œuvre. Cette réunion a lieu le lendemain de la fête de l'association. M. l'archevêque actuel de Bordeaux voulut présider la première réunion qui suivit son arrivée dans le diocèse. Le prélat célébra, le 27 mars 1827, une grand messe, et prononça le soir un discours sur les avantages des bonnes lectures. Dans la réunion, M. l'abbé Barault rendit compte des progrès de l'oeuvre. Il y avoit alors seize dépôts à Bordeaux, et quarantesix dans les autres parties du diocèse. Le total des volumes s'élevoit à quatorze mille. Les dons et souscriptions jusqu'à cette époque montoient à 14,500 fr., et les dépenses totales à 27,450 fr.; mais l'excédant des dépenses étoit une propriété de l'œuvre, et le don lui en avoit été fait antérieurement à son établissement. En 1831 et 1832, il n'y eut point de réunion générale. Seulement le directeur de l'œuvre, et M. l'abbé Taillefer, vice-directeur, rendirent compte devant une commission d'ecclésiastiques. De nouveaux dépôts s'étoient formés, et en 1832 il y en avoit quatre-vingt-quinze. Le nombre des livres en circulation s'élevoit à trent-cinq mille. Beaucoup de personnes recouroient journellement aux dépôts: il y en avoit plus de mille sur la seule paroisse saint Paul, qui est comme le centre de l'association, car c'est là qu'elle s'est établie. Le saint Siège avoit accordé à l'association des faveurs spirituelles.

Tome LXXV1. L'Ami de la Religion.

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Léon XII par un rescrit du 22 mai 1824, et Pie VIII par des rescrits des 24 septembre et 16 novembre 1830, out enrichi de nombreuses indulgences l'OEuvre des Bons-Livres. Grégoire XVI y a joint des privilèges pour l'association. MM. Barault et Taillefer proposent aux sociétés des bons livres existant en différentes villes de s'affilier à celle de Bordeaux, afin de s'animer mutuellement à faire le bien. M. l'archevêque de Bordeaux a approuvé ce rapport, en implorant les bénédictions du Seigneur sur cette excellente œuvre et sur tous ceux qui y contribuent; cette approbation est du 13 mars de l'année dernière. Le rapport fait cette année par les directeur et vice-directeur annonce la formation de six nouveaux dépôts dans le diocèse. Un dépôt d'affiliation s'est établi à Limoges. Les volumes en circulation sont au nombre de quarante mille environ. Des œuvres semblables formées à Toulouse et à Tours ont demandé à s'affilier à celle de Bordeaux. Les rapporteurs insistent sur la nécessité de bien examiner les livres que l'ou met en circulation :

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Sans parler des livres dont le titre seul alarme la religion ou les mœurs, combien en est-il d'autres dont on ne pense pas à se défier, et dont néanmoins la lecture peut avoir des suites bien funestes! Quelles infernales ruses n'ont pas imaginées les apôtres du mensonge? Ils ont altéré les productions des auteurs les plus respectables. Ainsi, des ouvrages qui paroissent édifians, et auxquels le nom seul de l'écrivain semble donner la plus sûre garantie, peuvent avoir eu des éditeurs qui en ont fait un moyen de séduction. Un de nos collaborateurs a vu le Petit-Caréme de Massillon précédé d'une préface où l'hérésie étoit ouvertement préchée. Une édition des Pensées de Pascal porte des notes où l'on révoque en doute l'existence même de Dieu. Ces désolantes expériences nous ont forcés de revenir avec ane attention scrupuleuse sur les ouvrages inscrits dans notre catalogue.

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Les rapporteurs sollicitent donc le concours des amis de la religion pour les aider dans l'examen des livres. Déjà une commission d'ecclésiastiques, présidée par un grand-vicaire, s'occupe de cet objet. Des ecclésiastiques et des laïques la secondent. Des dames même sont invitées à concourir à la formation d'une bibliothèque d'éducation. Le rapport déplore la facilité avec laquelle les parens et les instituteurs mettent entre les mains de la jeunesse des livres dangereux ou frivoles, et ils ont cru devoir indiquer quelques-uns de ces

livres. Ce rapport, qui est rédigé avec beaucoup de sagesse, est approuvé par M. l'archevêque de Bordeaux, qui, dans une note du 8 mars dernier, parle avec beaucoup d'intérêt de l'OEuvre des Bons-Livres, et fait des voeux pour elle.

On a fait imprimer aussi un catalogue des livres adoptés pour les bibliothèques de l'OEuvre. Le premier catalogue, publié en 1832 (54 pag. in-8°), renferme un assez grand nombre d'ouvrages d'histoire, de piété, de morale, de controverse, d'éducation, de voyages, etc. Les rédacteurs du catalogue ne présentoient leur travail que comme provisoire. Ils viennent de faire imprimer un supplément, où ils donnent quelques explications sur le premier catalogue. Il a pu se glisser dans celui-ci des livres médiocres, ou seulement passables. L'inscription d'un ouvrage dans le catalogue ne prouve pas que ce soit le meilleur possible. Du reste, les rédacteurs remercient les personnes qui leur ont communiqué des listes de livres propres à être admis dans les bibliothèques, ou qui les ont avertis des défauts des livres portés sur le catalogue. Outre une liste alphabétique de livres, le supplément contient une liste des mêmes ouvrages rangés sous différentes classes, afin que chacun trouve plus aisément le livre qui lui convient. Ainsi, on distingue les livres d'une instruction sérieuse, ceux d'une instruction amusante, les livres de piété, ceux d'histoire, de science et de voyages, ceux d'éducation, ceux de variétés, etc. Il y a sur chaque ouvrage un jugement assez court, mais qui nous a paru généralement fort sage. A la fin on indique les livres qui ont été exclus du catalogue: la liste en est assez courte; mais les éditeurs paroissent disposés en donner une plus longue par la suite. Nous croyons qu'en cela ils rendroient service à bien des personnes confiantes qui sont souvent trompées par un titre imposant.

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Ces détails suffisent pour montrer avec que! zèle et quelle sagesse cette OEuvre est dirigée. On ne s'y propose que le plus grand bien des fidèles. Nulle vue d'intérêt ou de vaine gloire n'y est mêlée. Le bien qu'a fait l'association est un puissant motif pour se precurer ailleurs le même avantage. Déjà, dans quelques diocèses, on a désiré avoir les statuts et règlemens de Bordeaux. Plusieurs sociétés ainsi unies s'éclaireroient sur les moyens de mieux remplir le but de leur insti

tution et de lutter contre les obstacles que l'on rencontre toujours dans la route du bien. M. l'archevêque de Toulouse établit en ce moment l'OEuvre à Toulouse. Dans un mandement du 25 mai dernier, le prélat montre la nécessité d'opposer une digue au torrent des mauvais livres qui menace de tout inonder. Cette digue sera la propagation de bons livres qui dissiperont l'ignorance, l'erreur et les préjugés, qui feront connoître et aimer la vérité, qui préserveront le peuple de la séduction des ouvrages licencieux, qui combattront les faux systèmes, qui développeront et orneront l'intelligence. M. l'archevêque ne croit pouvoir rien faire de mieux que de prendre pour modèle ce qui a été fait à Bordeaux. La nouvelle OEuvre, à Toulouse, sera donc affiliée à celle de Bordeaux, et participera aux mêmes grâces spirituelles. L'association est érigée sous l'invocation de la sainte Vierge et sous la protection des saints apôtres et des patrons des paroisses. M. l'archevêque en sera le chef, et lui donnera des réglemens. Les curés en auront la surveillance dans leurs paroisses respectives. L'église de SaintEtienne sera le lieu des exercices religieux; l'association sera installée dans cette église le 30 juin prochain. L'annonciation de la sainte Vierge sera la fête patronale. Une messe sera célébrée le second vendredi de chaque mois pour les bienfaiteurs. vivans ou morts. Un réglement particulier sera dressé plus tard. Nous ne doutons point que cette OEuvre ne prospère aussi à Toulouse par les soins et le zèle d'un sage prélat, et par le concours empressé des pieux fidèles.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

PARIS. Le sacre de M. l'évêque de Maroc, qui devoit avoir lieu le jour de Saint-Pierre, est remis au mois de juillet, M. l'archevêque de Besançon n'étant pas encore parfaitement rétabli de son indisposition. On a dit que c'étoit par erreur que nous avions parlé de M. l'évêque de Dijon comme devant être assistant aur sacre. Il est certain que le prélat avoit été appelé d'abord dans ce dessein; que ce fut une méprise ou nou, des raisons qu'il est aisé de pressentir ont fait changer d'avis. On avoit écrit à M. l'évêque de Saint-Flour, nommé à Albi, pour l'inviter à prêter son concours à la cérémonie; et, sans attendre sa réponse, on a cru pouvoir annoncer que ce prélat assisteroit M. l'archevêque de Besançon. Mais M. de Gualy avoit manifesté déjà l'intention de ne point venir à Paris pour ses informations, et en effet ses infor

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