Gustave Flauberts Versuchung des heiligen Antonius nach ihrem Ursprung, ihren verschiedenen Fassungen und in ihrer Bedeutung für den Dichter

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1903 - 100 pages
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Page 83 - Il ya en moi, littérairement parlant, deux, bonshommes distincts, un qui est épris de gueulades, de lyrisme, de grands vols d'aigle, de toutes les sonorités de la phrase et des sommets de l'idée ; un autre qui...
Page 96 - ... la nature dans un ébattement plein de délire et de joies, nous regrettions que nos yeux ne pussent aller jusqu'au sein des rochers, jusqu'au fond des mers, jusqu'au bout du ciel, pour voir comment poussent les pierres, se font les flots, s'allument les étoiles ; que nos oreilles ne pussent entendre graviter dans la terre la formation des granits, la sève pousser dans les plantes, les coraux rouler dans les solitudes de l'océan.
Page 96 - A force de nous en pénétrer, d'y entrer, nous devenions nature aussi, nous sentions qu'elle gagnait sur nous et nous en avions une joie démesurée; nous aurions voulu nous y perdre, être pris par elle ou l'emporter en nous.
Page 83 - two distinct personalities' as a writer: 'un qui est epris de gueulades, de lyrisme, de grands vols d'aigle, de toutes les sonorites de la phrase et des sommets de 1'idee; un autre qui fouille et creuse le vrai tant qu'il peut, qui aime a accuser le petit fait aussi puissamment que le grand, qui voudrait vous faire sentir, presque materiellement les choses qu'il reproduit...
Page 96 - ... des granits, la sève pousser dans les plantes, les coraux rouler dans les solitudes de l'Océan. Et dans la sympathie de cette effusion contemplative, nous aurions voulu que notre âme, irradiant partout, allât vivre dans toute cette vie pour revêtir toutes ses formes, durer comme elles, et, se variant toujours, toujours pousser au soleil de l'éternité ses métamorphoses ! Mais l'homme n'est fait pour goûter chaque jour que peu de nourriture, de couleurs, de sons, de sentiments, d'idées.
Page 38 - J'ai envie de voler, de nager, d'aboyer, de beugler, de hurler. Je voudrais avoir des ailes, une carapace, une ecorce, souffler de la fumee, porter une trompe, tordre mon corps, me diviser partout, etre en tout, m'emaner avec les odeurs, me developper comme les plantes, couler comme 1'eau, vibrer comme le son, briller comme la lumiere, me blottir sur toutes les formes, penetrer chaque atome, descendre jusqu'au fond de la matiere, etre la matiere.
Page 65 - C'est peut-être un goût pervers, mais j'aime la prostitution et pour elle-même, indépendamment de ce qu'il ya en dessous. Je n'ai jamais pu voir passer aux feux du gaz une de ces femmes décolletées, sous la pluie, sans un battement de cœur, de même que les robes des moines avec leur cordelière à nœuds me chatouillent l'âme en je ne sais quels coins ascétiques et profonds.
Page 35 - ... travers; le fard rehausse la joue d'ardeurs violentes, les appâts de coton excitent à l'adultère, et le galon d'or de nos guenilles, qui claque au vent quand nous dansons dans les carrefours, fait faire des réflexions philosophiques sur la fragilité des choses humaines.
Page 99 - Enfin, si les accidents du monde, dès qu'ils sont perçus, vous apparaissent transposés comme pour l'emploi d'une illusion à décrire, tellement que toutes les choses, y compris votre existence, ne vous sembleront pas avoir d'autre utilité, et que vous soyez résolus à toutes les avanies, prêts à tous les sacrifices, cuirassés à toute épreuve, lancez-vous, publiez...
Page 35 - ... ronfler nos phrases et traîner nos manteaux. L'orchestre bruit, la baraque en tremble, des miasmes passent, des couleurs tournent, l'idée se bombe, la foule se presse, et, palpitants, l'œil au but, absorbés dans notre ouvrage, nous accomplissons la singulière fantaisie qui fera rire de pitié ou crier de terreur.

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