La tentation de Saint Antoine

Front Cover
Louis Conard, Libraire-Éditeur, 1924
0 Reviews
Reviews aren't verified, but Google checks for and removes fake content when it's identified
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Common terms and phrases

Popular passages

Page 194 - J'ai envie de voler, de nager, d'aboyer, de beugler, de hurler. Je voudrais avoir des ailes, une carapace, une écorce, souffler de la fumée, porter une trompe, tordre mon corps, me diviser partout, être en tout, m'émaner avec les odeurs, me développer comme les plantes, couler comme l'eau, vibrer comme le son, briller comme la lumière, me blottir sur toutes les formes, pénétrer chaque atome, descendre jusqu'au fond de la matière, — être la matière...
Page 195 - Tout au milieu, et dans le disque même du soleil, rayonne la face de Jésus-Christ. Antoine fait le signe de la croix et se remet en prières. INDEX des noms propres et des termes rares utilisés dans La Tentation de Saint Antoine (Version de 1874) Ces notes sont extraites de l'édition Conard de La Tentation de Saint Antoine.
Page 30 - Toutes celles que tu as rencontrées, depuis la fille des carrefours chantant sous sa lanterne jusqu'à la patricienne effeuillant des rosés du haut de sa litière, toutes les formes entrevues, toutes les imaginations de ton désir, demande-les ! Je ne suis pas une femme, je suis un monde.
Page 666 - Il ya en moi, littérairement parlant, deux bonshommes distincts, un qui est épris de gueulades, de lyrisme, de grands vols d'aigle, de toutes les sonorités de la phrase et des sommets de l'idée ; un autre qui fouille et creuse le vrai tant qu'il peut, qui aime à accuser le petit fait aussi puissamment que le grand, qui voudrait vous faire sentir presque matériellement les choses qu'il reproduit.
Page 411 - Souvent, à propos de n'importe quoi, d'une goutte d'eau, d'une coquille, d'un cheveu, tu t'es arrêté, immobile, la prunelle fixe, le cœur ouvert. L'objet que tu contemplais semblait empiéter sur toi, à mesure que tu t'inclinais vers lui, et des liens s'établissaient; vous vous serriez l'un contre l'autre, vous vous touchiez par des adhérences subtiles, innombrables; puis, à force de regarder, tu ne voyais plus; écoutant...
Page 594 - J'ai besoin d'aboyer, de beugler, de hurler! je voudrais vivre dans un antre, souffler de la fumée, porter une trompe, tordre mon corps, — et me diviser partout, être en tout, m'émaner avec les odeurs, me développer comme les plantes, vibrer comme le son, briller comme la lumière, me blottir sous les formes, pénétrer chaque atome, circuler dans la matière, être matière moi-même pour savoir ce qu'elle pense!
Page 654 - Si quelqu'un vient à moi, et ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple (4).
Page 379 - Nous avons des couronnes de papier peint, des sabres de bois, du clinquant sur nos habits; si notre cœur tout vide bondit comme un ballon gonflé, c'est qu'il se soulève aux moindres brises, n'ayant rien qui le ramène à terre. Du matin au soir nous jouons les rois, les héros, les brigands; nous nous mettons des bosses dans le dos, des nez postiches sur le visage, et de grandes moustaches pour faire peur. Les faux diamants brillent mieux que les vrais; les maillots rosés valent les cuisses blanches;...
Page 1 - Eressoir où l'on vendange, les bœufs qui battent i paille. Ses enfants jouent par terre, sa femme se penche pour l'embrasser. Dans l'obscurité blanchâtre de la nuit, apparaissent ça et là des museaux pointus, avec des oreilles toutes droites et des yeux brillants.
Page 661 - Le grotesque triste a pour moi un charme inouï; il correspond aux besoins intimes de ma nature bouffonnement amère. Il ne me fait pas rire, mais rêver longuement. Je le saisis bien partout où il se trouve et comme je le porte en moi ainsi que tout le monde. Voilà pourquoi j'aime à analyser; c'est une étude qui m'amuse.

Bibliographic information