Le Décalogue

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Félix Alcan, 1927 - 162 pages
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Page 158 - D'autre part, elle devait aboutir à une transformation de la prophétie. Celle-ci va maintenant devenir une forme particulière de religion sociale. Le prophète ne prédit plus seulement les décisions divines, mais il enseigne aussi les commandements divins, et il exhorte à les observer; il a déjà des préoccupations de piété individuelle, il doit chercher chez qui il trouve la justice, et il annonce aux uns la récompense, aux autres le châtiment. Il apporte une manière de « prédication...
Page 162 - L'auteur a vu la nature de ce dieu unique dans la morale sévère, il est vrai, mais dans la morale pure et simple et non pas dans la puissance et la majesté terrifiantes. Cet élément moral implique aussi la confiance, le mysterium fascinosum. La morale juste éveille la confiance. Luther n'a donc pas tout à fait tort en se servant du terme « aimer ». Il n'ya pas beaucoup de documents religieux dans l'histoire qui aient su exprimer tant de choses en si peu de mots que le décalogue. Ce qu'il...
Page 154 - C'est à cette coutume que les liturgies des psaumes prophétiques (étudiées plus haut, v. III) font allusion. e) Nous comprenons maintenant le rapport entre les décalogues et les psaumes du renouvellement de l'alliance d'une part, et les décalogues et les torot de l'entrée d'autre part. Les décalogues sont issus, comme règles du sanctuaire, des questions et des réponses qui étaient formulées lors de l'arrivée des participants à la fête et qui se trouvent, sous leur forme complètement...
Page 129 - ... l'exhortation à la fidélité à l'égard de l'alliance et la promesse de bonheur, mais encore l'allusion à la création du monde et à la royauté de Yahvé. Après tout ce qui précède, nous pouvons affirmer avec certitude que les récits de J et de E sur les événements du Sinaï ne sont autre chose qu'une reproduction traduite dans le langage du mythe historique d'une fête du nouvel an, de l'intronisation et du renouvellement de l'alliance, célébrée à Jérusalem. De toutes les histoires...
Page 126 - Je suis Yahvé, ton dieu, [qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte] l. Ensuite, Yahvé manifeste sa volonté sous forme de réprimande. Il y présuppose la première alliance comme base de celle qui va être renouvelée à présent, et ce renouvellement de l'alliance est représenté sous la forme de l'épiphanie. Il est vrai que cette idée de renouvellement de l'alliance...
Page 129 - Les prophéties cultuelles de la fête du nouvel an et l'introduction de J ont en commun non seulement les deux éléments principaux, à savoir l'exhortation à la fidélité à l'égard de l'alliance et la promesse de bonheur, mais encore l'allusion à la création du monde et à la royauté de Yahvé. Après tout ce qui précède, nous pouvons affirmer avec certitude que les récits de J et de E sur les événements du Sinai ne sont autre chose qu'une reproduction traduite dans le langage du mythe...
Page 162 - ... progrès sur les décalogues plus anciens, et, même dans une certaine mesure, sur la prédication fougueuse et quelque peu utopiste dans laquelle les anciens prophètes annonçaient le jugement. La prophétie d'Amos était trop radicale pour être vraiment féconde pour l'avenir. Dans le décalogue par contre, la religion morale des prophètes est placée sur le terrain de la réalité empirique, et l'élément extatique et mystique n'y apparaît plus d'une façon directe. Ainsi le décalogue...
Page 126 - Dans les révélations de rêves par lesquelles Ningirsû , dieu de la cité, se manifeste et donne des instructions au sujet de la construction du temple: «Je suis Ningirsû qui — » etc.; comp. AIX, 20 sq., v. Thureau-Dangin dans VABT. 6 «Je suis le chemin, la vérité et la vie > ; «je suis la porte»; «je suis le bon berger», cje suis la vigne».
Page 121 - C'est ainsi que la1 fête a reçu toujours davantage une empreinte historique*. Selon la conception des peuples primitifs, la cérémonie par laquelle est assurée la prospérité de la nouvelle année est un acte créateur. Par le culte, et plus tard par l'action de la divinité qui apparaît dans le culte, la prospérité passée est renouvelée, la nature morte ressuscite, le « pays », le « monde
Page 130 - Le psaume L qui est de date récente, condamne la fausse piété de celui qui observe les préceptes rituels et qui néglige les commandements moraux; et voici l'énumération de ces commandements : Ne pas faire cause commune avec des voleurs, ne pas tolérer des gens qui se sont rendus coupables d'adultère, ne pas prononcer des malédictions mensongères; en outre, le chant cultuel d'actions de grâce est recommandé expressément de préférence aux sacrifices sanglants1 (L,1«-26).