Ahasvérus

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Charpentier, 1842 - 401 pages
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Popular passages

Page lvii - La nature de la poésie la soumet à la loi de changer avec les sentiments populaires; autrement elle cesserait d'être vraie. Le poète ne peut sentir les sentiments d'une autre époque ; s'il les exprime, il ne peut qu'en copier l'expression : il est classique; ce qu'il produit n'est pas de la poésie, mais l'imitation d'une poésie qui n'est plus. Voilà pourquoi la mythologie n'est plus poétique; voilà pourquoi le christianisme ne l'est plus guère; voilà pourquoi la liberté le serait tant,...
Page xix - ... possède pas aujourd'hui une faculté de moins qu'il ya mille ans. Au bruit du canon des Pyramides , de Marengo , de la Moskowa , nos imaginations , quelque temps engourdies, se sont réveillées. Nous n'avons pas touché vainement le sol de l'Egypte et battu des mains à la vue des murs de Thèbes ; nous ne nous sommes pas assis impunément au foyer de l'Allemagne , cette terre de la rêverie ; nous n'avons pas bivouaqué en aveugles sous les créneaux moresques de l'Alhambra; Napoléon n'a...
Page 190 - Je vous avoue que plus d'une fois, en entendant les cloches d'une abbaye, j'ai frémi par tout mon corps; dans ce moment, j'enviais le repos d'un ermite dans son moustier. MOB. Ma secte, à moi, c'est le Méthodisme. La vie s'y passe à vivoter. Je vous 'la ferai connaître si vous le désirez. Imaginez-vous que nous avons réduit la vie entière à cinq ou six petites maximes qui, bien comptées, bien supputées, tiendraient ensemble dans une coquille d'œuf. Terre, ciel, eaux, nuées, tout ce qui...
Page 322 - Je me fais mille chimères sur l'amour divin : si je pouvais le goûter, sûrement elles se dissiperaient; car c'est une folie plus forte que moi qui me pousse à aimer plus que d'amour, et à adorer je ne sais quoi dont je ne connais pas môme le nom. Ce soir, pour en finir, je voudrais me noyer dans cette mer d'infini que je n'ai jamais vue. Avec toi m'y plonger ! avec toi y mourir!
Page lix - ... et de combinaisons; enfin, l'architecture plus compréhensive encore, plus indépendante du principe d'imitation, l'architecture, qui est comme l'épopée des arts plastiques, développe peut-être encore plus sûrement le sentiment poétique que le sentiment du beau. Mais, dira-t-on, qu'est-ce que le sentiment poétique? Je ne pense pas qu'il y ait un seul homme assez dépourvu d'imagination pour n'avoir pas éprouvé, au moins une fois en sa vie, cette surexcitation de l'intelligence, ce vertige...
Page 344 - Vois-tu? nos ailes de rochers qui rasent tes rivages sont plus blanches que tes murailles, et ton golfe d'amour nous aime mieux que toi, dans ton vaisseau de misère. Seigneur, j'étais jalouse des étoiles et des îles, de l'ombre de vos bois d'oliviers, des larmes de cristal de vos grottes. Pour vous plaire autant qu'elles, j'ai cueilli dans le marbre mes guirlandes d'acanthe; j'ai versé à pleine main ma gloire rapide et mes jours impatients. Jusque sur les sommets où les bois d'oliviers s'arrêtent,...
Page xxv - Il n'avait pas d'autre occupation que de marcher dans la salle sans rien dire; de frapper de sa main contre le mur et quelquefois contre sa poitrine, pour témoigner son regret d'avoir frappé la sainte face du Seigneur. Je trouve ces détails dans un ouvrage anonyme publié en allemand au milieu du dix-septième siècle, sous le titre singulier de Relation, ou bref 2.
Page 189 - L'équilibre des pouvoirs est d'abord la doctrine que je vous conseille. La monarchie a du bon. L'aristocrate sent son aïeul. Le démocrate est tout nerf et tout os. Le mélange est mon fait. Du positif, point de pathos. Le chiffre seul, nu, décharné, déchaussé, désossé, déhanché, entendez-vous.
Page 236 - Enfants, si vous pouvez, découronnez ma tête et reprenez vos rosés sur ma tige. LE PAPE GRÉGOIRE. Et moi, qu'ai-je à faire désormais de ma double croix et de ma triple couronne? Les morts s'assemblent autour de moi pour que je donne à chacun la portion de néant qui lui revient... Malheur!
Page xlvii - Moi! Ce moi de l'éternité solitaire , remplissant les abîmes de l'infini , survivant au monde des idées comme à celui des formes, et s'asseyant seule à la place de tout ce qui fut , même de ce qui fut Dieu, est le dernier mot de cette épopée dithyrambique. Je dis épopée , parce que je trouve empreint dans cet ouvrage le véritable caractère épique.

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