Les nuits, les ennuis et les âmes de nos plus notoires contemporains

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Perrin et cie, 1896 - 402 pages
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Page 366 - Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, DONNEZ-NOUS AUJOURD'HUI NOTRE PAIN QUOTIDIEN, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal.
Page 334 - ... personnages de Thaïs et de Paphnuce. En des vers un peu durs, parfois incorrects, et pleins de naïves chevilles, le poète nous décrit longuement la beauté, la vie et les amours de Thaïs. Un soir, passant dans les rues de la ville, elle est accostée par un groupe sordide et repoussant, — car ...chez les chrétiens, c'est un signe de race D'avoir l'haleine infecte et de suer la crasse, — qui s'apprête à la lapider. Survient « un grand vieillard farouche » qui, la prenant sous sa...
Page 10 - ... et un peu jolies — sans plus? Ou aurait-il désiré composer un traité de la Liberté, se délivrer, délivrer les jeunes hommes de cette époque de maîtres délicieusement tyranniques, et les obliger doucement, en dépouillant de leur prestige leurs idoles — ou en les faisant cesser d'être odieuses — à devenir euxmêmes, à se révéler à eux-mêmes — ce qui serait d'ailleurs une tâche difficile.
Page 3 - Jeunesse quand il en écrit comme ces autres : « Quant aux autres hommes qui, en un tumulte dolent, en une grise théorie de soupirs et de pleurs viennent à l'improviste révéler la beauté saignante de leurs âmes, ils ont tout rétrospectif loisir de n'avoir tenu aucun des propos que mon éloquente indulgence leur prête (2) ». Et l'on en retrouverait mainte autre par surcroît dans la prose quotidienne de Catulle Mendès.
Page 46 - C'étaient des nuits sans sommeil, des jours sans espérances; c'était la morne immensité d'une mer sans tendresse, d'un désert sans horreur; c'étaient les heures de doute où la bouche se plisse, sèche et mauvaise, où l'âme se fait oublier, paresseuse et perfidement timide ; c'étaient les regards morts, les bras morts des matelots qui rament sans amour, les yeux absents, les seins soudainement glacés des femmes qui ne consentent plus qu'à peine à être belles, à être aimées ; c'étaient...
Page 85 - Le paysage de tes livres ! C'est une cour de lycée et de lycée de province, la cour des moyens. Grise, et un coin d'ombre où l'on est tranquille, à trois ou quatre, où l'on peut s'asseoir sur la pierre, railler, conspuer, s'aigrir et s'embêter... Tu es entré dans la vie non avec une âme ardente et d'indignation prompte, mais avec une âme de mauvais élève, simplement tu la mets en valeur, tu tires dessus avec les dents...
Page 315 - On aurait, Pu pleurer sur Elvire et relire l'Itinéraire de Paris à Jérusalem. L'heure Est venue où c'est sur son heure que l'on pleure. Nous sommes venus par la ville Chercher du génie, Nous en avons cherché dans René Ghil, Nous en avons cherché z'à la Bastille Nous n'avons rien trouvé du tout, Ça nous a fait faire des tomes Et construire des vélodromes Et mâcher un peu de dégoût.
Page 95 - Et pourquoi une interview ? Est-ce que mes interviews ont jamais appris quelque chose ? Et pourquoi vous acharner sur un pauvre homme ? Parce que je suis doux, parce que je parle! Belle affaire ! Et vous pourriez si bien, mon ami, faire autre chose, un livre, que sais-je? Oui, je parle. Et je parle pour ne pas vous faire de peine et aussi pour me reposer. Ne m'interrogez pas sur Romé^ ne m'interrogez pas sur Lourdes, ne m'interrogez pas sur Paris.
Page 96 - Eh bien ! tout cela n'est pas crai : ce sont inventions, et ce sont sourires, et — retenez bien ceci, Monsieur — j'aurais eu une enfance, j'aurais eu une jeunesse, jamais je n'aurais publié une ligne. Je suis donc né à vingt-cinq ans peut-être ou à trente, à Nîmes, à Saint-Denis ou à Gênes — peu importe. — Et qu'on ne me reproche pas d'être né tantôt à Nimes, « * .-ïàiïtôt à Saint-Denis, et tantôt à Gènes ; je ne sais pas, vraiment je ne sais pas.
Page 33 - C'est que la divinité pousse, malgré eux, la main à quelques hommes. Ils se croient des âmes hardies et révoltées, envahies par un doute très doux qui les caresse et qui les grise, qui leur fait trouver bonne l'existence, belles les femmes, heureux les épicuriens. Ils sont les jouets d'une volonté pkis puissante.

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