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3. Elles disaient entre elles: Qui nous ôtera la pierre de devant l'entrée du sépulcre?

4. Mais, en regardant, elles virent que cette pierre, qui était fort grande, en avait été ôtée (d).

5. Et, entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme (e), assis du côté droit, vêtu d'une robe blanche, dont elles furent fort effrayées.

6. Mais il leur dit : Ne craignez point. Vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été, crucifié; il est ressuscité; il n'est point ici ; voici le lieu où on l'avait mis (f).

7. Mais allez dire à ses disciples (g), et à Pierre, qu'il s'en va

(d) Elles voient la pierre levée (sic Luc et Jean). D'après Matthieu, elles sont témoins du miracle et du tremblement de terre qui le détermine.

(e) Un ange dans le tombeau. Suivant Luc, il y en a deux ; suivant Jean, Madelaine, la seule témoin, n'a pas vu d'ange; suivant Matthieu, l'ange n'était pas dans le tombeau, mais sur la pierre.

(f) D'après Matthieu, c'est Jésus qui parle aux femmes et leur enjoint de dire à ses disciples d'aller l'attendre en Galilée.

(g) D'après Luc et Jean, deux et même plusieurs disciples, Pierre et Jean entre autres, seraient allés au sépulcre s'assurer de la disparition du corps. Sur ce point, Matthieu est d'accord avec Marc.

Toutes ces différences et contradictions sont inconciliables (cf. Strauss), et tout le profit qu'on en tire, c'est de montrer le progrès de la formation de la légende résurrectionniste.

A propos des anges ou de l'ange, remarquez que Marc parle d'un jeune homme, veavioxov; Luc de deux hommes, avdpas duo; le premier, comme les deux autres, vêtu d'habits blancs, à la façon des Esséniens. Ces personnages, présentés comme naturels, ramènent l'hypothèse d'une résurrection artificielle (cf. Jean, XIX), et les raisons de Strauss, pour l'écarter, ne sont pas suffisantes. Écartons toute idée de préméditation: Jésus fut enlevé de la croix par Joseph, alors qu'à peine il était mort, mis dans un sépulcre hors de

devant vous en Galilée (h); c'est là que vous le verrez, selon ce qu'il vous a dit.

8. Elles sortirent aussitôt du sépulcre, et s'enfuirent, étant saisies de crainte et de tremblement; et elles ne dirent rien à personne, tant leur frayeur était grande.

9. Jésus, étant ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Madelaine, dont il avait chassé les sept démons (i).

10. Et elle s'en alla le dire à ceux qui avaient été avec lui, et qui étaient alors dans l'affliction et dans les larmes.

11. Mais eux, lui ayant entendu dire qu'il était vivant, et qu'elle l'avait vu, ils ne la crurent point (j).

12. Après cela, il apparut, sous une autre forme, à deux d'entre eux, qui s'en allaient à une maison de campagne.

13. Ceux-ci vinrent le dire aux autres disciples; mais ils ne les crurent pas non plus.

14. Enfin il apparut aux onze, lorsqu'ils étaient à table; il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, de ce qu'ils n'avaient point cru ceux qui avaient vu qu'il était ressuscité.

15. Et il leur dit: Allez par tout le monde, prêchez l'évangile à toutes les créatures.

la portée du public, et le troisième jour il ne s'y trouva plus. Le fond commun du récit est que le matin de ce troisième jour, une ou plusieurs femmes trouvèrent le sépulcre ouvert, et dans ce sépulcre, au lieu du corps, un ou deux individus occupés à ramasser le drap mortuaire !... Qu'est devenu Jésus? Il est en Galilée !... (Cf. Matthieu, XXVIII). La vraie vérité est qu'il y a eu enlèvement du corps.

(h) In Galilæam (cf. Matthieu, xXVI, 32; Marc, xiv, 28; Matthieu, XXVIII, 10). La Galilée est partout annoncée comme le théâtre des apparitions de Jésus (cf. encore Jean, xx1). Mais tout cela est contredit par Marc, plus loin, 9-14, et surtout par Luc, XXIV.

(i) Il y a ici solution de continuité dans le récit, et contradiction avec le verset 1 et le verset 7.

Ce n'est que lorsqu'on s'est dit que Jésus est Messie, que comme tel il doit ressusciter, qu'on se met à croire à la résurrection.

16. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé; mais celui qui ne croira point sera condamné.

17. Ces miracles accompagneront ceux qui auront cru: ilschasseront les démons en mon nom; ils parleront de nouvelles langues (k).

18. Ils prendront les serpents avec la main; et s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront guéris (1).

19. Le Seigneur Jésus, après leur avoir ainsi parlé, fut élevé dans le ciel (m, où il est assis à la droite de Dieu.

20. Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant sa parole par les miracles qui l'accompagnaient (n),

(k) Promesses qui n'engagent à rien; car qui peut se vanter d'avoir la foi?

() VERS. 9-18.- Marc, on l'a remarqué, est un conciliateur entre le parti de Pierre et le parti de Paul. Il prend la résurrection de Jésus dans le sens du dernier. Suivant lui, Jésus apparaît, non comme le ferait un homme franchement ressuscité, mais à la manière d'un être qui, étant passé de vie à trépas, et ayant opéré sa transmutation, se manifeste aux vivants: revenant, esprit frappeur, ombre, etc. D'où l'on peut induire que, selon Marc, Luc et Paul bien entendus, non-seulement Jésus est bien mort, mais qu'il n'est pas du tout ressuscité. Seulement son corps s'est transformé et est devenu corps céleste. Est-ce bien ainsi que fut prise d'abord la résurrection?

(m) Assumptus est in cœlum, c'est-à-dire il ne parut plus sur la terre, comme autrefois Hénoch. Jésus-Christ a imité en cela les anciens législateurs, dont la fin était mystérieuse : Lycurgue, Moïse, Hénoch, Élie, Prométhée, Aaron, etc. Il serait difficile de rendre raison de cette singulière pratique. Ceux qui l'ont ainsi fait disparaître ont agi par piété et de bonne foi; ils se sont tus ensuite, et ils ont dû se taire; c'est quarante ans après seulement, lorsque Jérusalem est tombée, qu'il n'y a plus de Messie à attendre, que l'on fait l'apothéose

de Jésus et qu'on le fait ressusciter. Or, en 70 ou 71, Joseph d'Arimathée était mort sans doute; Pierre, Paul, etc., morts. Il n'y avait plus de témoins, si ce n'est le radoteur platonicien Jean.

(n) VERS. 9-20.

Tous ces versets sont regardés par de nombreux critiques comme ajoutés après coup, et manquent dans plusieurs anciens manuscrits.

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