Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]
[ocr errors]

où il mourrait le premier, à observer la conti- Les derniers ouvrages de Tertullien sont de nence et «à faire dans la viduité ce qu'il ne lui l'anpée 217 ou 218, et op place sa mort vers était pas possible de faire dans le mariage.» Ces l'an 220. paroles sont assez claires pour ne pas avoir besoin Oa divise ses ouvrages en deux classes : ceux d'explication.

écrits avant sa séparation de l'Église romaine; Tertullien ne put rester longtemps soumis à la ceux écrits après son adhésion au montanisme. marche régulière et méthodique de la société Je les ai tous distribués dans la table ci-jointe, chrétienne, les émotions des persécutions avaient, qui fera connallre l'époque présumée de leur comcomme on l'a vu, ouvert son coeur aux nouvelles position, et le nom des divers traducteurs francroyances, et dans les intervalles des persécutions, çais. Son ouvrage le plus célèbre est l'Apologétison esprit impatient cherchait encore des dangers que. J'ai réuni tous ceux de ses traités, au nombre à braver, des perfections à atteindre, des sacrifices de vingt-trois, qui m'ont paru propres à jeter du à faire, de la gloire à acquérir. Il lui semblait que jour sur l'histoire de l'Église chrétienne. Plusieurs les chrétiens mettaient trop de tiédeur dans leurs de ces traités n'avaient jamais été traduits en prières, dans leurs paroles, dans leurs privations, français. M. Collet a bien voulu se charger de cette dans leurs martyres. La vie élait pour lui une traduction. Ce n'est qu'en publiant des traités lutte dont une mort généreuse pouvait seule lui complets que l'on peut donner une idée exacte de faire gagner le prix. Le clergé italien, moins ar- l'histoire des hommes et de leurs idées. La crainte dent que le prêtre d'Afrique, l'engagea à plus de

de grossir trop démesurément ce volume, m'a ménagemens envers des chrétiens créés si faibles.

seule empêché de donner le petit nombre d'autres Il s'indigna. Ils s'emportèrent à leur tour contre traités qui restaient'. Les cinq livres contre Marcion lui et le blamèrent de sa facilité à se jeter hors des sont la partie la plus volumineuse de ce qui n'est voies reçues , pour suivre les traces de Montanus, pas publié ici.J'ai donne seulement l'extrait qu'en qui courait risque de tout corrompre en exagé- a fait l'abbé de Gourcy. Voici une courte analyse rant tout, et dont l'austérité voulait prescrire aux du traité sur l'Ame : hommes une perfection qui dépassait leurs forces.

« Nous avons, dit Tertullien, disputé avec Hermogène Tertullien, provoqué, poussa les choses à l'es

sur l'origine de l'ame, qu'il soutenait avoir été créée par treme et se sépara publiquement d'eux en adop

une suggestion de la matière plutôt que par le souffle de tant le montanisme.

Dieu, maintenant nous examinerons d'autres questions, «Ce que l'on peut dire de plus probable sur ce et sur beaucoup, nous entrerons en lulle avec les philosochangement, dit l'auteur d'une fort bonne disser- phes. Socrale, meme dans sa prison, s'occupa de l'élat de tation critique sur Tertullien et ses ouvrages',

l'ame, mais le temps et le lieu étaient mal choisis pour cet

examen. L'âme du philosophe étail consternée ou par c'est que comme la discipline de Montanus parais

les apprêts de la mort, les pleurs de sa femme, presque sait fort austère, que ses sectateurs affectaient

déjà veuve, les cris de ses jeunes enfans, déjà orphelips, une grande continence, qu'ils observaient de fré

ou par les efforts qu'elle faisait pour demeurer calme et queos jeunes et des dévotions outrées , qu'ils mul- in mobile au milieu de ces violentes secousses. Que tipliaient les prières, qu'ils élevaient le martyre devail chercher d'ailleurs tout homme eondamné injus. jusqu'à soutenir qu'il n'était permis ni d'éviter tement, et à plus forte raison un pbiloosphe, cet etre qui se

repait de gloire, qu'on ne peut consoler sans l'irriter, que la persécution par la fuite, ni de racheter la vie

devail-il chercher alors, si ce n'est dy soulagement à à prix d'argent, Tertullien, que son génie ardent

l'injustice qui le frappail ? Aussi Socrate, en présence de et sévère poussait à porter toutes choses dans les

la mort, invoquant l'immortalité pour son âme, présume excès, embrassa de lui-même une discipline qui cette vérité pour braver la vengeance d'Anytus et de s'accordait si bien avec son humeur. Il est vrai- Mėlitus. Mais il ne l'avait pas découverte. Qui en effet semblable, car on n'en peut rien dire de certain, peut connaitre Dieu sans connaitre le Christ, le Christ

sans connaitre l'Esprit-Saint, et l'Esprit-Saint sans le saque ce fut vers l'an 199 de Jésus-Christ.» chrétienne, il

à esprit

c'est-à-dire un maitre perfide dans ses leçons. Les chré. tianisme et à prendre à partie chacune des sectes

Liens n'avaient pas encore démontré qu'une telle puisqui voulaient élever un drapeau indépendant. sance était toujours mauvaise, qu'elle était l'artisan des Lui-même les imita toutefois, en se séparant de ses erreurs des hommes, et l'enpensie de toute vérité. Cenouveaux amis les montanistes, et en créant une pendant la pythie déclara Socrate le plus sage de tous les

hommes. Combien alors doit être grande la sagesse de secte plus exaltée encore, et dont on trouvait encore

la religion chrétienne, qui a renversé de son souffle des traces en Afrique au temps de saint Augustin.

1 En tête d'une nouvelle édition de l’Apologétique, 1 ll en reste neuf, on les trouvera indiqués dans le tatraduite par Giry, Amsterdam, 1701, 1 vol. in-12. tableau qui suit cette notice.

[ocr errors]
[ocr errors]

n'en montra que plus d'ardeur a défendre le cherish Des sa jeunesse, un démon

, a ce qu'on dit, Lui fute cetacebit

.

[ocr errors]

loute la puissance des démons! C'est cette sagesse qui parque et Héraclite avec le feu, Hippon et Thalès avec repousse les dieux du ciel, ou, pour mieux dire, les dieux l’eau, Empedocle et Critias avec le sang, Épicure avec du siècle, qui s'avilirait en sacrifiant un coq à Esculape, ses atomes , Critias et ses péripatéticiens avec je ne sais qui n'établit pas un nouveau culte de démons, mais quelle quintessence. Les plaloniciens repoussent cette qui repousse l'ancien, qui ne corrompt point, mais af- opinion. Tout corps, disent-ils, est animé, ou inanimé. fermit la jeunesse dans de bonnes meurs, qui fait dispa- S'il est inanimé, il est mů ou peut être mu extérieureraitre l'erreur , au nom de la vérité, non pas d'une seule ment; s'il est animé, il est mù intérieurement. Or l'âme ville, mais encore de tout l'univers, qui se dévoue, pour n'est pas mue extérieurement, et elle n'est pas mue non soutenir cette même vérité, à tous les tourmens et à plus intérieurement; donc elle n'est pas un corps, puistous les supplices; c'est celle sagesse et non celle des phi- qu'elle échappe aux deux conditions qui font les corps. losopbes qui découvrira , en suivant les lois de Dieu, ce Or on ne saurait admettre la proposition de Platon. Si les qu'on doit croire sur l'ame. Certes nul ne peut mieux que corps seuls sont mus extérieureinent; l'âme qui est mue Dieu, qui l'a créée, en faire connaitre la nature. Qui en extérieurement, quị entre en colère, qui prophétise, qui effet révélera ce qu'il a formé ? Comment pourra-t-on se passionne en présence des objets extérieurs, est donc le savoir ? Il est plus sur d'ignorer, parce que Dieu n'a

un corps. pas révélé, que de savoir parce que l'homme a présumé. Mais tout corps se nourrit en s'assimilant d'autres Nous ne nions point cependant que les philosophes corps; c'est là une preuve de leur nature. Eh bien, l'âme n'aient pu quelquefois trouver la vérité. Au milieu des se nourrit au moyen des études. Bien plus encore, Sotempétes qui troublent le ciel et la mer, un port , par un ranus démontre que sans nourriture, elle faiblit, elle heureux basard , peut se montrer au pilole; et au sein languit, elle abandonne enfin le corps. des ténébres, un aveugle bonheur découvrir une issue. Cléanthe établit que les fils ressemblent à leurs pères Ainsi beaucoup de vérités nous sont suggérées par notre non par leur extérieur seulement, mais encore par leurs Dature ; mais quel fondement établir sur la philosophie ? qualités morales; et que l'âme se moule sur le corps. habile à construire et à détruire, et persuadant plus en Mais comment les sens corporels et intellectuels remdisant qu'en instruisant, elle régente la nature , la plissent-ils leurs fonctious chez l'homme ? Les qualités plie à ses lois, et contredit celles que le Créateur lui a des choses corporelles, comme terre, feu, eau, arbres, imposées. Bien plus, elle a puisé beaucoup de sa science répondent aux sens corporels, c'est-à-dire au taet , à la dans les livres sacrés (car l'antiquité a cru que des dieux vue, à l'ouïe, etc.; les qualités des choses incorporelles, avaient écrit des livres), et ces livres sont apocryphes. comme la bonté, la méchanceté, la douceur, répondeut Nous devons, à ce sujet, vous rappeler les faux prophetes aux sens intellectuels. et les esprits rebelles qui essayent par la ruse de leur génie Mais pour établir la corporalité de l'ame, nous avons de tromper les hommes; aussi faut-il n'accepter de leur assez cilé les philosophes; recourons à l'Évangile. Ce saint enseignement que ce qui est conforme à la loi et aux livre nous montre une âme dans les enfers, dévorée par les propbéles. Enfin chez ces philosophes, on trouve plus flammes et tourmentée par la soif; elle demande à l'âme de diversité que d'accord, et de grandes différences parmi d'un bienheureux qu'il daigne laisser tomber de son les membres d'une même école. Toutefois ils éniellent doigt une goutte d'eau. Pensera-t-on que le mauvais des vérités conformes à la Bible; et elles sont encore à riche qui se lamente et le pauvre qui se réjouit ne soient redouter, parce qu'elles y sont au service de l'erreur. qu'une parabole ? Mais ce n'est point uue parabole; on Tertullies annonce qu'il dégagera chez ces philosophes le donne à l'un d'eux le nom de Lazare. Mais lors même que vrai du faux, et combattra lorsque l'occasion se présentera ce ne serait point la vérité, e'en serait toujours une les opinions erronées qu'il soutiennent. Les philosophes et image. Si l'âme n'avait pas un corps, en prendrait-elle les médecins ont beaucoup écrit sur l'ame; partout ob- l'apparence, et l'Ecriture ferait-elle mention de ses scurile, disputes , incertitudes. Le chrétien n'a pas besoin membres? de beaucoup connaitre à ce sujet, car les choses certaines L'ame a donc un corps; il est conséquent qu'elle ait sont toujours peu nombreuses, et il ne lui est pas permis une figure, c'est-à-dire les trois dimensions matérielles. de chereber plus qu'il ne peut trouver. L'apôtre défend «Il est aujourd'hui une de nos soeurs, dit Tertullien, les questions sans bornes. Il n'est permis de trouver douée du pouvoir des révélations. En extase dans l'esprit, que ce qui est appris par Dieu, et ce qui est appris par elle les éprouve pendant les services divins; elle converse Dieu est tout. Après ce long préambule , Tertullien entre avec les anges, quelquefois avec le Seigneur ; elle voit en en matière et expose ses idées sur l'aine.

entend les sacremens, connait les creurs de quelques L'âme a été créée par le souffle de Dieu, et non par son hommes, et donne des reinèdes à ceux qui en ont be: esprit; elle est matérielle et composée d'une substance soin. Soit qu'oa lise les Écritures, qu'on chanto les différente du corps et particulière; elle a loutes les qua- psaumes , qu’on adresse des allocutions au peuple, ou lités de la matière, mais elle est immortelle; elle a une qu'on accorde des deinandes, elle trouve là malière a figure comme les corps; elle nait en même temps que ses visions. Par hasard je ne sais quelle chose nous la chair, et reçoit un caractère d'individualité qu'elle ne diines sur l'ame pendant qu'elle était dans l'esprit. Le perd jamais. Elle est complice des fautes du corps , et service saint célébré, et le peuple sorti.., «Entre autres coinme telle, elle est punie. Après la mort, elle descend choses, dit-elle, une âme s'est montrée à moi corporelleaux enfers où elle attend le jugement dernier.

ment, et je voyais l'esprit revélu entièrement d'une L'âme est créée, dit Tertullien, et il combat à ce sujet forme humaine, brillante, et d'une couleur d'azur l'opinion de Platon qui la fait exister de toute éternité. (ætlerii coloris). Voilà sa vision. » L'Écriture tranche toute difficulté en décidant que Dieu

Elle confirme une conséquence tirée de la corpoanima l'homme de son souffle. Un grand nombre de ralité de l'âme. Ainsi « lorsque Dieu eut soufflé le souffle philosophes établissent la corporalité de l'âme ; c'est Hip- de vie sur la face de l'homme, et que l'homme eut été

[ocr errors]
[ocr errors]

2

[ocr errors]
[ocr errors]

fait en ame vivante, ce souffle fut aussitôt par la face ni celles que la stérilité afflige. C'est vous, mères, qui rentransmis dans l'intérieur et répandu dans todtes les par- drez témoignage à la vérité, qui atlesterez vos souffrances. ties du corps ; et en même lemps il se condensa sous la Ne sentez-vous point pendant votre grossesse des mouvedivine aspiration, se coinprima dans les limites corpo- mens intérieurs qui fatiguent vos flancs, grossissent votre relles qu'il avait remplies comme s'il avait été jeté dans un ventre et le font tressaillir? Ces mouvemens font votre joie moule..., Ainsi, dès la création , l'ame fut placée dans le et votre bonheur; c'est pour vous une assurance que votre corps d'Adam, afin qu'elle devint la semence de la sub- enfant vit et joue dans votre sein. S'il cesse de remuer stance et de la condition de toutes les âmes.

ses petits membres, vous tremblez déjà. N'écoute-t-il Quoique celle ame soit répandue dans tout le corps, point en vous le bruit qui frappe vos oreille? N'éprouvezelle a néanmoins un séjour principal dans la partie du vous point pour son compte des appélits de nourriture corps où elle réside, et sans laquelle elle ne peut plus y ou des répugnances? Il ressent le contre-coup de votre demeurer. Cette partie vitale et sapientiale s'appelle hege- santé; il partage dans votre sein les douleurs qui vous monicum. Des philosophes la nient, d'autres l'établis- frappent, et il annonce par ses mouvemens qu'il prend sent; et d'après l'Écrilure, elle est placée dans le cæur. part aux injures que vous recevez. Cet enfant a donc une Dieu voit le secret des caurs; les prophètes en devinent ame. L'Écriture en effet nous montre les enfants des les mystères. Dieu dit à son peuple : « Que peusez-vous sainles femmes prophétisant déjà dans le ventre de leur de mauvais dans vos cours ? « David s'écrie : «0 mon mère. Ésau et Jacob se battent dans les entrailles de ReDieu ! donnez-nioi un cæur pur. » Et Paul :«Ceur, croyez becca. à la justice. » Et Jean dit : «Chacun est repris par son Mais si les ames naissent avec le corps , il s'ensuit caur. » Enfin « Celui qui désirera la femme d'autrui est qu'elles ne peuvent rien avoir appris d'un état antérieur, déjà adultère dans son ceur.)

et qu'elles ne se rappellent pas plus tard ce qu'elles ont Ensuite, Tertullien examine les reproches qui ont été su autrefois ; il s'ensuit aussi qu'elles ne peuvent avoir adressés aux cinq sens, parcourt les opinions des sys- partagé auparavant le sort d'autres individus. Tertullien tèmes philosophiques à leur sujet. Plaion établil leur attaque à ce sujet d'abord Platon, ensuite Pythagore impuissance à découvrir la vérité. C'était pour Tertul- et Héraclite. lien une question importante que de réfuter cette opi- Il reproche à Platon, après avoir égalé l'âme à Dieu, nion, car elle est la base de beaucoup d'hérésies. Il argu- en la faisant incréée, immortelle, éternelle, incorruptible, mente ainsi : « Les sens trompent-ils en effet ? Ils sont en incorporelle, d'une nature indivisible, raisonnable, ingénéral tidėles ; ils ne trompent que lorsqu'ils passent telligente, de la rendre capable d'oubli, Si l'âme est à travers des circonstances particulières, mais qu'on éternelle et incréée, le temps ne mesurera point son compeut prévoir. Ainsi un bâton plongé dans l'eau senible mencement, sa durée, sa fin; mais si elle n'est pas souse briser; mais c'est un effet physique dont l'on lient mise au temps, le temps n'aura aucune action sur elle; compte. Une tour carrée vue de loin parait ronde; mais donc elle ne pourra perdre la mémoire. Mais Platon étac'est un effet du trop grand éloignement, etc. Ces er- blit que cela a eu lieu par son emprisonnement dans le reurs des sens sont facilement prévenues. On ne doit corps; cet emprisonnement ne saurait rien changer à la pas en conséquence repousser le témoignage des sens. » nalure de l'âme. Or on la voit apprendre et chercher à

Après celle digression, Tertullien examine si l'intel- s'instruire sur les choses de l'autre monde ; c'est donc lect se trouve toujours dans l'ame. En effet certains phi- qu'elle n'en a jamais rien su. losophes croyaient que dans l'enfance l'homme n'avait Platon émet l'opinion que les vivans naissent des morts ; point d'intellect et qu'il lui était donné extérieurement à mais cette maxime est fausse; elle a été einpruntée à Py. un age plus avancé; mais à peine sorti du sein de sa mère, thagore, à un imposteur. Ce philosophe se fit passer pour l'enfant salue la lumière par ses vagissemens ; il comprend mort, et pendant sept ans se cacha dans un souterrain ; qu'il est né; il fait usage de ses sens, il odore, il goute, il là il se faisait raconler par sa mère ce qui se faisait chez voit. Il se plaint d'une position incommode, et ses larmes ses concitoyens, Enfin il sortit de sa caverne comme s'il en réclainent le changement. Son esprit distingue déjà sa échappait aux enfers. Qui, après avoir cru à sa mort n'eût mère, sa nourrice , les personnes qui veillent sur lui ; il pas cru aussi à sa résurrection, surtout en l'entendant repousse le sein d'une élrangère et distingue son petit rapporter des faits qu'il paraissait n'avoir pu apprendre berceau. Tertullien voit dans ces indices la preuve de que chez les morts? De là aussi cette maxime que les vil'intelligence de l'enfant dès sa naissance.

vans naissent des moris. Mais Pythagore pourrait-il me Il seinble que Tertullien edt du exposer ses idées sur persuader ses diverses transformations ? qu'il a été Éphalil'origine de l'âme que d'auires faisaient descendre du ciel

des, Euphorbe et le pécheur Pyrrhus et Hermippas avant pour animer le corps, ou sur la conception de l'âme, que d'etre Pythagore ? Peu importe qu'il reconnaisse le boud'autres conduisaient dans le corps aprés l'enfantement. clier d’Euphorbe consacré à Delphes, qu'il ait dit lui

L'âme, suivant lui, ne descend pas du ciel, mais elle vient appartenir et qu'il l'ait prouvé au peuple! Songez au soudu souffle de Dieu ; elle existe en même temps que la chair. terrain et croyez. Si celui qui se disait Euphorbe et le prou

liest des hommes audacieux, ajoute-t-il, qui soutiennent vait par son bouclier, l'était réellement, coinment ne que l'âme n'est point conçue dans l'utérus avec la formation reconnut-il aucun Troyen de ses compagnons ? Comment de la chair, mais que l'accouchement opéré, elle est intro

personne autre que lui ne peut-il se rappeler les transduite dans le corps de l'enfant. Cette opinion est partagée formations éprouvées ? Il est impossible de concevoir par les složciens, par OEnésidéme, et par Platon, lorsqu'il aussi qu'une mèine ame se soit manifestée avec des appadit que l'enfant reçoit l'ame avec son premier souffle et rences si contradictoires dans l'esprit de Pyrrhus, d'Euqu'elle s'enfuit avec le dernier souffle de l'homme. Ter- phorbe, d'Éphalides, de Pyibagore. Ces bommes étaient tullien a ici un beau mouvement. « 0 mères, ò femmes en- différens d'inclination, de manières et d'état. ceintes, répondez. Je ne veux point interroger les hommes Si les vivans venaient des morts et les morts des vi

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

vans, il y aurait toujours un même nombre de vivans , dans ses sens, elle parcourt les mers, les terres, elle commais on voit le contraire. Une infinité de nations ne pou- merce, elle s'enrichit, elle s'inquiète, elle pleure, elle rit vant plus pourrir une population trop abondanle, ont elle poursuit le juste ou l'injuste, elle montre ainsi ce été forcées d'envoyer des colonies.

qu'elle peut sans l'office des corps, et ce que nous devons Il ajoute ensuite contre la doctrine de la métempsycose: attendre après la fin de cette vie. qu'il ne peut y avoir de rapport entre les âmes des hom- Lorsque la mort s'est emparée du corps, l'âme le quitte mes et celles des bêtes. « Comment, dit-il, l'âme d'un aussi et il n'en reste rien dans son enceinte. C'est en vain homme remplira-t-elle un éléphant ou s'introduira-t-elle qu'on cite la croissance des ongles, de la barbe et des dans un poceron? elle ne pourrait le faire qu'en ajou- cheveux, qui s'opère après la mort. C'est là un effet tant à sa nature, ou en en perdant. Or, si elle faisait cela, physique qu'on peut expliquer par l'action de l'air, mais elle ne serait plus la même ame : il ne saurait donc y qui ne peut prouver qu'une parcelle de l'ame reste dans avoir métem psycose. •

le corps ; car la mort est indivisible et parce qu'elle alAprès ces questions accessoires, Tertullien examine les laque l'âme indivisible et immortelle de sa nature, et différentes qualités de l'ame. Ayant établi que toutes les parce que de sa nalure elle est indivisible aussi. Platon imes étaient d'une même substance, il lui importe de compare le corps à une prison, mais l'apolre de Dieu dit: dire comment il se fait qu'elles n'aient point un même que lorsqu'il est avec Jésus-Christ, il est un temple. Cecaractère, une même intelligence, de mêmes dispositions. pendant il est vrai que le corps renferme l'âme, l'obsToutes les qualités, expose-t-il, sont renfermées en un curcit, la souille par la lie de la chair, par son contact germe dans la substance de l'ame; en d'autres termes, (et concretione carnis infecat); la lumière ne lui parFame a la faculté de tout faire, mais elle rencontre dans vient que confuse et comme à travers une corne. et ses actes des circonstances intérieures ou extérieures , dès quelle a brisé les entraves qui la retenaient, elle requi lui donnent une direction plutôt que telle autre. Se- vient à soi, se reconnait dans sa propre substance, et neque, d'accord avec nous, dit que l'ame a en germes

semble sortir d'un souge. L'âme, en s'échappant du corps, tous les arts et toutes les sciences. De là la différence descend dans les enfers, c'est-à-dire dans une immense des caractères, des génies entre les hommes. L'âme de l'un élendue souterraine , placée dans les entrailles de la terre. suit une pente ; l'âme d'un autre une autre. C'est ainsi « Nous ne croyons point, dit-il, que les enfers soient que les graines d'une même plante se développent différem- un souterrain tout nu, et une sentine recouverte d'un ment et ne donnent pas la même qualité de fruile. L'air, toit dans quelque partie du monde. Les enfers sont, suile sol, l'exposition des lieux, l'état du corps, son embon- vant lui, placés sur les abimes inférieurs. Toutes les ames point, sa maigreur, ses maladies, contribuent à modifier et descendent dans les enfers et y sont renferınées jusqu'au à diriger les expressions des ames. Elles sont aussi aiguil- jour du jugement. « Mais, répondra-t-on, Jésus-Christ lonnées par les passions ou s'en meltent plus ou moins å y est descendu et nous en a rachelés! Qu'on n'oublie point l'abri, élevées vers Dieu ou tentées par le démon. Mais que les ames ne peuvent éire transporlées au ciel que lorsquoi qu'il en soit, l'ame bumaine n'a qu'une seule subs- que la troinpette de l'archange sonnera. Ainsi elles deslance, celle que Dieu donna à l'âme d'Adam, et qu'il cendent loutes aux enfers, dis-lu? Pendant cette demeure nous a transmise de génération en génération.

transitoire dans ce lieu , souffrent-elles et sont-elles réL’aine est le directeur et en quelque sorte le cocher du compensées selon leurs mérites ? Sans aucun doute, car corps; néanmoins on dit que la chair est pécheresse ; dans l'attente du jugenient qui sera prononcé, elles se réc'est que l'ame, en commettant des fautes , n'est pas jouissent ou sont rongées dans leur cour. » seule coupable, le corps lui prête ses offices; et quelquefois ce sont les mauvais penchans du corps, sa four- La première édition dc Tertullien est celle de mandise, sa luxure, qui entrainent l'ame dans la violation des lois morales. Ainsi le corps est justement puni

Froben. Bale, in-fol., 1521 , avec une préface et

des notes. avec l'ame.

L'ame est toujours en état d'action; elle ne connait L'édition sur laquelle j'ai collationné les trapoint le repos comme le corps. Tandis que celui-ci, épuisé ductions est celle de Wibourg. 2 vol. in-12, sous les fatigues du jour , remet par le sommeil le calme 1780 et 1781.

[ocr errors]

N. B. Les titres en italiques indiquent les traités compris dans ce volume.

TITRES.

(ÉPOQUE DE LA COMP.

1 TRAD. FRANÇAISE. TRAD. INSÉRGES 16, AVANT SON ADOPTION DU MONTANISME. Du Baptême..

. Vers l'an 190. Le père Caubere. 1733. Le père Caubère. De la Penitence.

[d.,

Manessier. 1667. Traduction originale, De l'Oraison...

|Id.

Hobier. 1640. Traduction originale

[ocr errors]

DEPUIS SON ADOPTION DU MONTANISME.

(DIVISÉS EN QUATRB CLASSES. ) 1. Ceux qui regardent la discipline. — 2. Ceux qui combattent les héréliques. 3. Ceux qui attaquent l'Église. — 4. Les ouvrages apologétiques et l'Exhortation au martyre. Contre les Spectacles.

L'an 203, à l'occasion Le père Caubere. 1733. Le père Caubere.

des feles données à
Carthage le jour de

naissance de Géta. ,
De l’Idolålrię, .
L'an 203.

Traduction origioale.
De l'Ornement des Femmes. Id.

Le père Caubère. 1733. Le père Caubère 10 CLASSE. Des Habillemens des Femmes. Id.

Traduction originale.
A sa Femme.
Id,

'Traduction origipale.
Du Voile des Vierges.
Id.

Traduction originale. Exhortation à la Chasietė. Id..

Tradnction originale. De la Couronne du Soldat. L'an 208.

Audebert Macéré 1572. Audt bert Macéré. Du Manteau..

L'an 208. .

Manessier. 1665. Traduction originale.

Contre Marcion, ...

Id.

De la Chair de Jésus-Christ.

De la Résurrection de la Chair. 2e CLASSE. ( De l'Ame. ,

Contre les Juifs.
Contre les Valentiniens.
Contre Praxée.
Contre Hermogene.
Scorpiaqiie.
Prescriptions.

L'an 207.(Tertullien dit Extrait fait par l'abbé De Gourcy.

lui-même, 1. 1. c. 15, de Gourcy. 1785.
l'avoir écrit la 15e an.

du règne de Sévère.
Id.

Louis Giry. 1661. Giry.
Id.

Louis Giry. 1661. Giry.
Non traduit.

Extr. dans cetle notice.
L'an 208.
Non traduit.

Non inséré.
Non traduil.

Non insére.
L'an 209.
Non traduit.

Non insére.
Non traduit.. Non inséré.
Non traduit.

Non inséré.
L'an 209.

Labroue. 1612. - He-Gourcy.

bert. 1683. Brayer.
1725.-- Gourcy. 1780.

Id. :

De la Pudicité.

De la Fuite dans la Persécution: 30 GLASS B. Des Jeunes.

De la Monogamie.

Extase.
Contre Apollonius.

Non traduit..
Non traduit.
Non traduit..

Non traduit. .
Mentionnés par saint

Jérôme ; mais au-
jourd'hui perdus.

Non insére.
Traduction originale.
Non josére,
Non inséré,

Apologétique.

Témoignage de l'Ame.
4 Scapula.
Aux Nations.

4e CLASSE.

Exhortation au Martyre..

De la Patience. .

L'an 217.

Audebert Maréré, 1562. Gourcy.

--Giry. 1701.- Vas.
soult. 1714.-Gourcy.

1780.-- Meunier. 1822
Non traduit.

Traduction originale. Non traduit.

Traduction originale.
Fait en même temps Non traduit. Traduction origigale.

que l'Apologie pour
s'adresser au peuple
tandis que l'Apolo-
gie s'adressait aux
magistrats.
L'an 217.

Mancssier. 1667.- Co-Traduction originale.

Jomés ..
Hobier. 1640. Le Le père Caubere.

père Caubere. 1733.
SUPPOSÉS.
A la suite des Pres-

criptions.
Probablement de Sal-

viat, évêque de Mar.

seille.
1b.
Anteur inconnu.
Id.
Probablement de ve-

recundus, évêque

d'Afrique.. Auteur inconnu.

Catalogue des Hérésies.

La Genèse, poëme .

Sodome, poëme.
Au Senateur. poëme.
Contre Marcion, poëme.
Jugement de Dieu , poëme.

Jonas et Ninive, poëme.

« PreviousContinue »