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Dès les premiers siècles du christianisme, l'endroit où le Seigneur manifesta miraculeusement sa miséricorde envers les gentils vit s'élever successivement plusieurs églises. Peut-être la mosquée actuelle succéda-t-elle immédiatement à l'ancienne église des Pères de Terre-Sainte érigée par St Louis.

ETAT ACTUEL. Située près du phare, au bord de la mer, cette mosquée ne possède rien qui puisse exciter la curiosité du pèlerin, si ce n'est sa simplicité. Elle consiste en une pièce carrée de 8 à 9 mèt. de développement, recouverte d'une voûte et le tout blanchi à la chaux. Son mihrab n'a aucun ornement et son pavement en chaux battue disparaît sous une natte.

En sortant de la mosquée et de la pièce qui la précède on prend à droite; au bout de quelques pas la rue tourne à gauche. En la continuant, on remarque, à droite, quelques restes des anciennes fortifications. Après 7 minutes de marche, la rue tourne de nouveau à gauche (N). On aperçoit à sa droite l'hôpital et le couvent des Sœurs de St Joseph de l'Apparition. Continuant à cheminer par cette même rue on passe, au bout de 5 minutes, devant une des portes de la ville, à droite ; et à 4 minutes au-delà de cette porte, toujours par la même rue, on descend au bazar en tournant un peu à droite. Là on sort de la ville par la porte qu'on remarque à droite et on entre immédiatement dans le

Marché.- DESCRIPTION. Ce marché n'est guère fréquenté que par les indigènes qui s'y rendent de toutes parts, de sorte qu'on y trouve une grande variété de costumes et de gens. Les principaux articles exposés sont des oranges et des citrons. Il est en outre richement fourni de toutes les autres productions du pays; toutefois il ne s'y trouve pas de céréales. En revanche, vend toutes sortes de légumes dont quelques-uns sont peu connus dans beaucoup de contrées d'Europe.

on y

Si le Pèlerin veut voir de près la fertilité et la beauté des jardins de Jaffa, il n'a qu'à se diriger vers le N-E. par le grand chemin sablonneux qui, au sortir du marché, entre dans les

Jardins.— DESCRIPTION. La beauté de ces jardins ne consiste pas dans la configuration du sol, car on n'y voit aucune platebande, mais dans la grosseur, la multitude et la perfection de leurs produits parmi lesquels les oranges méritent le premier rang. Greffés sur des citronniers, les orangers se couvrent, au mois d'Avril, d'une infinité de fleurs qui embaument les alentours de Jaffa jusqu'à un périmètre de deux lieues. Les marins

respirent à cette distance en mer l'odeur suave de ces innombrables arbustes qui se chargent ensuite d'une quantité incroyable de fruits délicieux. Les grenadiers, tant par leur sombre verdure que par leurs fleurs en forme de petites roses, auxquelles leurs beaux fruits doivent leur couleur de sang, ne forment pas un des ornements les moins distingués de ces beaux jardins. A son tour la vigne tapisse le sol de ses larges feuilles et de ses énormes grappes gonflées d'alcool et de sucre. La canne à sucre y prospère à merveille et repose la vue du promeneur. Les bananiers, avec leurs feuilles de plusieurs mètres de long, attirent l'attention et excitent l'admiration des Européens. Le feuillage touffu du mûrier paraît inviter le voyageur à venir se reposer à son ombre. Les pastèques et autres fruits doux y abondent, et le tout est dominé par des palmiers qui s'élancent à des hauteurs considérables. Le sol de ces beaux jardins se compose d'un sable légèrement argileux. Chaque jardin possède au moins un puits d'eau surmonté d'un moulin mis en mouvement par un mulet ou un âne. Tout le mécanisme de ce moulin consiste simplement en deux roues qui font descendre d'un côté, en même temps qu'elles font monter de l'autre, un chapelet hydraulique composé d'un cable en bois flexible et tressé auquel sont attachés de nombreux vases en terre cuite. Pour continuer la promenade on chemine dans la direction indiquée jusqu'à la colonie prussienne se composant de quelques maisons bâties des deux côtés d'une rue sans pavé. Là, on prend le chemin à droite. Arrivé à l'autre bout de la colonie (2 min.), on se trouve dans un chemin transversal bordé de jardins. On le suit à droite, et 7 minutes après on arrive dans un autre chemin également sablonneux et bordé de jardins. On prend ce chemin à droite et on atteint en 8 min. le marché qu'on traverse de l'E. à l'O. pour entrer dans la ville. A peine a-t-on passé la porte, qu'on remarque à droite la belle Fontaine d'Abou-Nabout. HISTORIQUE. Cette fontaine, en marbre blanc, a été construite au commencement de ce siècle par Abou-Nabout (père de la massue), gouverneur de Jaffa.

De la fontaine d'Abou-Nabout on entre, sans changer de direction, dans un passage barré pour les animaux de charge et par lequel on arrive, après quelques pas, sur une petite place qui fait partie du bazar. Le centre de cette petite place est occupé par une autre fontaine monumentale en marbre blanc et construite aussi par Abou-Nabout. On traverse encore cette

place sans changer de direction, pour entrer dans la rue principale, bazar de Jaffa qui n'a rien de remarquable. Continuant encore dans la même direction, on laisse la première rue à gauche et on arrive ainsi sur le quai que l'on suit afin d'arriver, après avoir marché pendant 7 min. (depuis la dernière fontaine d'Abou-Nabout), au couvent des Arméniens non-unis situé à gauche. C'est là que se trouve l'emplacement de la

Salle des Pestiférés. — HISTORIQUE. On dit que le général Napoléon Bonaparte y fit empoisonner ses soldats atteints de la peste pour leur épargner la honte de périr par les mains meurtrières de leurs ennemis (1799).

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ETAT ACTUEL. Cette salle d'une grande simplicité est réduite aujourd'hui en plusieurs chambres. Elle est située au premier étage; ses fenêtres donnent sur la rue du côté de la mer.

A la sortie de cette salle et après avoir regagné la rue, on avance de quelques pas pour entrer par la première grand' porte dans le couvent des Pères de Terre-Sainte situé à gauche.

FIN DE LA VIITE.

CHAPITRE II.

VOYAGE DE JAFFA A JERUSALEM.

1o en chemin de fer, 3 heures 30 min. environ (voir pag. 106). 2° en voiture, 12 heures environ.

3° à cheval ou en chaise à porteur, 1 jour et demi, 3 étapes.

EN CHEMIN DE FER.

Description du trajet du débarcadère à la gare du chemin de fer.

Dans le cas où un pèlerin pressé voudrait se rendre du débarcadère directement à la gare du chemin de fer, il n'a qu'à suivre vers l'orient, pendant 8 minutes, la rue du débarcadère même, pour arriver à la porte orientale de la ville qui donne sur le marché. De cette porte il continuera sa route en côtoyant, à droite, le marché. Là, sans changer de direction, il marchera pendant 8 autres min. jusqu'à la rencontre d'une rue à gauche à ce point d'arrivée il peut voir devant soi, un peu à droite, la

Colonie Allemande. HISTORIQUE. En l'année 1866, vint s'établir, en ce lieu, une colonie américaine qui fut malheureuse: quelques-uns de ses membres moururent; d'autres se ruinèrent; et le reste s'en retourna.

Deux années plus tard (1868), cette colonie fut remplacée par des Wurtembergeois d'une communauté libre dite << du Temple Allemand ».

ETAT ACTUEL.

Cette colonie semble prospérer: les maisons y sont assez légèrement bâties, mais elles sont jolies et toutes espacées, de manière à permettre à chaque colon d'avoir un petit jardin.

POPULATION ET RELIGION. Les habitants de cette colonie sont au nombre de 250; quant à leur religion, ils n'en ont guère: ils ne reçoivent aucun sacrement, pas même le baptême; en beaucoup de choses ils imitent les luthériens. En laissant,

à droite, cette colonie et suivant, à gauche, la rue déjà indiquée, on parvient en 5 min. à la gare du chemin de fer.

Renseignements.

1o Les voyageurs qui voudraient visiter

LYDDA.-Devront descendre à la station portant ce nom, et marcher un bon kil. à pied. Pour cela il faut, à 1 min. au-delà de la Station, prendre, à gauche, le premier chemin que l'on trouve; après 5 min. de marche, on laisse le chemin de gauche. Déjà on peut voir la ville où l'on arrive en 6 min. Pour l'historique de cette localité, visite etc., voir p. 133 de ce volume. 2o RAMLEH. Les personnes qui veulent visiter cette ville, suivront la route carrossable vers l'O. pendant 10 minutes en consultant ce Guide, p. 138.

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3o Les pèlerins, qui désirent passer la nuit à Ramleh, trouveront l'hospitalité au couvent des Pères de Terre-Sainte. 4° DEÏR-ABANE. Cette halte se trouve à l'entrée des montagnes de la Judée; il y a aux environs plusieurs endroits assez remarquables par les souvenirs bibliques qui s'y rattachent, comme Sâraa, Bethsamèss, le lieu de la sépulture de Samson, etc. Si quelques voyageurs veulent y passer la nuit, ils trouveront l'hospitalité dans l'établissement agricole, dirigé par les RR. PP. Salésiens, à Beït-Gemale, situé à 5 Kil. SS.-O. de la Station.

Pour tous les renseignements relatifs à Jérusalem voir Jérusalem, 4me sortie.

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