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38. Et comme Lydda était près de Joppé, les disciples ayant appris que Pierre s'y trouvait envoyèrent vers lai deux hommes pour lui faire cette prière: Hate-toi de venir jusqu'à nous.

39. Or Pierre, se levant, vint avec eux. Et lorsqu'il fut arrivé, ils le conduisirent dans la chambre haute, et toutes les veuves l'entourèrent en pleurant et lui montrant les tuniques et les vêtements que leur faisait Dorcas.

40. Alors ayant fait sortir tout le monde, Pierre se mit à genoux et pria: puis se tournant vers le corps, il dit: Tabithe, lève-toi. Elle ouvrit aussitôt les yeux; et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.

41. Alors Pierre lui donnant la main, la fit lever et ayant appelé les saints et les veuves, il la leur rendit vivante.

42. Ce fait fut connu dans tout Joppé, et beaucoup crurent au Seigneur.

ETAT ACTUEL. Le vieux cimetière dans lequel se trouve l'emplacement de la maison de Tabithe est à présent décoré d'une belle chapelle russe à l'ombre d'un clocher à jour. En laissant à gauche la fontaine d'Abou-Nabout, on aperçoit, à droite, après 3 min. le chemin qui mène en 2 minutes au

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Caveau sépulcral.- HISTORIQUE. D'après la Tradition c'est là qu'a dû être ensevelie la pieuse Tabithe; mais on ignore laquelle des loges funéraires de ce caveau sépulcral a eu l'honneur de posséder la dépouille mortelle de cette sainte femme. ETAT ACTUEL. Ce caveau sépulcral, assez grand et bien distribué, est situé à 30 mèt. S. de la maison de M' Antoine Ayoub. Il contient plusieurs loges funéraires taillées dans le roc en forme de fours à cercueil. Tous les ans, le 4° dimanche après Pâques, la population de Jaffa se transporte en ce lieu, principalement à la fontaine d'Abou-Nabout, pour fêter la mémoire des vertus de Tabithe et du miracle dont elle fut l'objet. Cela prouve que le tombeau de cette sainte femme est encore en vénération dans le pays.

On continue la route qui passe, après 12 min., sur un pont en maçonnerie jeté sur un conduit creusé par les eaux pluviales en travers de la route. Avant la création de cette nouvelle voie, l'ancienne chaussée était quelquefois impraticable à cause de la quantité d'eau qui s'y rassemblait. Ici, on fait son entrée dans la Plaine de Sâron. — HISTORIQUE. Isaïe (1) vante la beauté de Sâron, rendue surtout célèbre par la ruse qu'employa Samson pour incendier les moissons des Philistins. Il prit 300 renards, les lia deux à deux par la queue, et y attachant des torches enflammées, il les lâcha dans les champs ennemis.

DESCRIPTION.

(1) Isaïe XXXV, 2.

La plaine de Sâron qu'on traverse dans la

1. P.

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direction du N-O. au S-E. en allant à Jérusalem, s'étend de ce côté jusqu'aux montagnes de la Judée. Sa largeur est d'environ 8 lieues, et elle n'a pas moins de 30 lieues de longueur. Çà et là on voit percer certains tertres, ou petites éminences de terre qui donnent à cette plaine un aspect assez semblable aux ondulations d'une mer encore un peu agitée. Malgré ces légères proéminences, elle est une des plus fertiles qu'on puisse trouver. Au printemps surtout, la végétation y est si luxuriante que la terre en friche se couvre spontanément d'une infinité de fleurs aux couleurs les plus belles et les plus variées, parmi lesquelles l'anémone ne tient pas le moindre rang.

Après 5 min. de marche dans la plaine de Sâron, on remarque à droite un établissement juif agricole fondé en 1870; 17 min. plus loin on passe, à droite, devant la

1re Tour.-HISTORIQUE. Ces Tours ou corps de garde furent bâties en 1860 par Souraya, Pacha (gouverneur) de Jérusalem, pour empêcher le brigandage.

ETAT ACTUEL.-Chacune des petites tours (1), échelonnées à des distances inégales les unes des autres sur la route de Jaffa à Jérusalem, étaient autrefois habitées par des soldats de la troupe irrégulière appelés Bachi bouzouks (gendarmes).

Il ne reste plus que 11 min. de chemin à faire pour rencontrer, à gauche, le petit village d'

Yazour.- HISTORIQUE. Villamont dit y avoir vu les ruines d'une église; le fait ne serait pas étonnant, car la mosquée actuelle de ce village y ressemble parfaitement par sa forme extérieure.

ETAT ACTUEL. Yazour, consistant en quelques masures habitées par de pauvres cultivateurs Mahométans, est situé sur un tertre sablonneux au bord de la route de Jaffa à Ramleh.

En dépassant de 1 min. ce village, on arrive à un Ouèli (2), tout près duquel se trouve au N., un jardin planté d'orangers, de citronniers, de grenadiers, de figuiers, et arrosé par les eaux d'une source d'eau potable appelée Aïn-Dilbe (source du platane), laquelle jaillit au fond d'un puits près du jardin.

(1) Quelques unes de ces tours sont déjà abandonnées; d'autres tombent en ruines.

(2) L'Ouèli est toujours un lieu de prière; il consiste très souvent en un petit monument funèbre indiquant la sépulture d'un Imam, d'un Derviche ou d'un Cheikh (chef) célèbre. Ces petits monuments sont ordinairement construits en dôme; celui dont nous parlons est surmonté de neuf petites coupoles.

Bifurcation de la route de l'Ouèli-Aali à Ramleh

Renseignement.

par Lydda (I).

Les Pèlerins qui vont de l'Ouèli-Aali à Ramleh par la route directe ont ce monument à gauche; tandis que ceux qui prennent le détour par Lydda le laissent à droite. Après une marche de 14 min. vers le S-E., on remarque, à gauche, le petit village de Sâkieh; et cheminant ensuite pendant 17 min., on atteint.

Beït-Dedjan. (maison de Dagon). - HISTORIQUE. Ce village est mentionné dans les Livres Sts comme étant une ville de la tribu de Juda (2) située dans le pays des Philistins.

ETAT ACTUEL. Beït-Dedjan, dont la population professe la religion de Mahomet, est un assez fort village situé sur le bord de la route à droite.

(1) De l'Ouèli-Aali à Ramleh, par la route directe.
2 heures 12 min. de marche.

SOMMAIRE.

Tour de garde.

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Sâkieh et Beït-Dedjan.

Vieux oliviers.

Maktaleh. Sarfand. Tour de garde.-Arrivée au courent des Pères de Terre-Sainte.

Départ à cheval.

Indications.

De l'Ouèli-Aali on doit suivre tout droit la grand' route. Après 20 min. de marche, on trouve, à droite, la 2° Tour de garde et à gauche, les deux villages de Sakich et de Beït-Dedjan. A 6 min. de la un verger se présente à droite près du chemin, et 15 min. plus loin on rencontre d'abord un autre verger, puis à droite, la 3° Tour de garde; puis enfin la

Forêt de vieux oliviers.-HISTORIQUE. Cette forêt fut plantée par Colbert, ministre de Louis XIV, qui fonda une ferme en cet endroit. Napoléon I en se rendant à St-Jean-d'Acre campa à l'ombre de ces arbres.

A la distance de 25 min., on passe à droite, devant la 4° Tour de garde et on arrive alors à un endroit nommé Mâktaleh (coupe-gorge), parce qu'autrefois des brigands fameux y arrêtaient les voyageurs. De la il faut marcher pendant 22 min. pour rencontrer, sur le bord de la route, une fontaine à sec d'où l'on aperçoit, sur une petite élévation, le village de

Sarfand. HISTORIQUE. On a essayé d'identifier ce village avec Geth, patrie de Goliath, dont Josué n'extermina pas tous les habitants. Mais je crois que c'est à tort; l'emplacement de l'ancienne Sarfand se trouve, en effet, à une lieue plus au S. du village actuel, à l'endroit même où l'on voit encore quelques ruines. Il est également inutile de chercher la patrie de Goliath à Geth ou Geath, beau village situé sur une belle colline à l'extrémité N-E. de la plaine de Sâron, à une douzaine de lieues de Jaffa, (2) Josué XV, 41.

A 15 min. de Beït-Dedjan, on laisse à gauche un sentier qui se trouve à 8 min. d'un village situé sur le même côté de la route et appelé Safirieh. HISTORIQUE. C'est probablement l'ancienne Sariphée qui, aux premiers siècles du Christianisme, était un évêché. Stephanus, évêque de cette ville, assista en 636 au concile de Jérusalem (1).

ETAT ACTUEL. L'ancienne ville de Sariphée, aujourd'hui Safirîeh, située sur le bord de la route à gauche, ne

plus qu'un assez grand village musulman.

forme

Du côté opposé à Safirieh, à droite de la route, il y a un sentier qui mène à Ramleh; mais il faut le laisser pour continuer la route. Quelques pas plus loin, on a un fort beau

Mais, comme on peut le conclure de plusieurs passages des Stes Ecritures et de St Jérôme, l'emplacement de cette ville doit se trouver vers Beït Jibrine (a). Geth, comme on le sait, était une des cinq principautés des Philistins; et s'il fallait la confondre avec Sarfand, ce serait ici le lieu de parler des deux retraites que David occupa dans le pays des Philistins. David fuyant devant Saül, se retira auprès d'Achis, roi de Geth; mais se voyant bientôt en danger pour sa vie, il fit l'insensé afin de pouvoir sortir plus facilement de ce véritable guet-apens. Il y revint plus tard avec six cents hommes et y reçut alors un très bon accueil.

ETAT ACTUEL. Sarfand est aujourd'hui un assez grand village dont la population ne se compose que de Musulmans. 11 est situé assez, près de la route directe de Yazour à Ramleh.

A 11 min. au-delà de Sarfand se présente à gauche la 5° Tour de garde. A 30 min. plus loin, on arrive au cimetière grec; au sud et attenant à ce cimetière se trouve le cimetière latin entouré de murs. Après 3 min. de marche, on atteint le couvent des Pères de Terre-Sainte dont l'entrée donne à droite sur la voie publique.

Récapitulation des distances de l'Ouèli-Aali à Ramleh
par la route directe.

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(1) Le Quien, Oriens christianus, t. III, p. 330.

(a) Hier. de Situ et Nomin. Loc. Hebr. De Libro Jesu, N. 222.

Coup d'œil sur les environs.-On aperçoit vers le S., la Tour des Quarante-Martyrs qui se trouve près de Ramleh et au N. de la route, (à gauche), on remarque plusieurs villages situés dans la plaine. Ces villages sont: Kefr-Auna, l'ancienne Ono qui fut fondée par Samad (1); plus loin el-Yahoudîeh au N-E.; Kefr-Jenize, près duquel on voit une ruine en forme de tour appelée el-Keniseh (l'église). Plus loin encore, on remarque Tîreh, Koûleh et Mouzeirich sur des hauteurs; el-Mejdel (ancienne forteresse) sur un point culminant; DeïrTourif et Beit-Nabâla sur le penchant des collines.

Ayant marché pendant 30 min., (depuis Safirîeh), on traverse la voie ferrée; et 10 min. après, on chemine entre deux haies de cactus; puis s'avançant pendant 20 min. encore, on laisse, à gauche, un sentier qui entre dans une petite forêt d'oliviers, et on arrive à un cimetière qu'il faut traverser en laissant la route à gauche. De là, en 4 min., on atteint l'entrée de Lydda. On suit la rue qui se présente devant soi et on arrive en 3 min. à l'église St Georges. Là, on s'arrête et on descend de cheval.

LYDDA.

I. Renseignement.

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GARDE DES CHEVAUX. Lorsque les Pèlerins sont descendus de leurs montures, ils sont obligés de les tenir jusqu'à ce que les moukres les prennent ou qu'ils se fassent remplacer par d'autres hommes, chose nécessaire lorsque les moukres sont peu nombreux. Mais dans ce cas le petit pourboire (bakchiche) qu'exigent les individus qui tiennent les chevaux pendant quelques instants, doit être payé par le drogman qui s'arrange ensuite avec les moukres.

II. Historique.

Lydda ou Diospolis, l'ancienne Lod, fut fondée par le benjamite Samad (2). Au retour de la captivité, Lod fut de nouveau habitée par les enfants de Benjamin (3). Le Romain Cassius, devenu depuis un des assassins de Jules-César, réduisit en servitude les habitants de cette ville (l'an 48 av. J.-C.) (4). Vainqueur de Cassius à la célèbre bataille de Philippes, An

(1) I Paral. VIII, 12. En 409, Ono était une ville épiscopale. (2) I Paral. VIII, 12.

(3) I Esdras, II. 33.

(4) Flav. Jos. ant. 1. XIV, 18.

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