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Au N. du souterrain s'élève le

Minaret ou Tour des Quarante-Martyrs.—HISTORIQUE. C'est du haut de cette Tour qu'en temps de guerre, on découvrait l'approche de l'ennemi.

OPINION Quoiqu'il n'ait jamais pu renfermer de cloche, quelques Pèlerins ont voulu y voir le clocher d'une très ancienne église ruinée. Mais s'il faut s'en rapporter au témoignage du R. P. Emmanuel de Nazareth, ancien curé de St Jean-dans-les-Montagnes, qui trouva un jour une pièce de monnaie du temps des croisades incrusté dans le ciment des murailles, ce minaret ne serait pas d'une construction aussi antique. En effet, une inscription, encastrée dans la tour même, nous apprend que ce minaret ou tour a été bâti par Kalaoun Sâlehy, en 1318.

ETAT ACTUEL. Cette tour de forme quadrangulaire mesure environ 9 mèt. sur chacune de ses faces. Les pierres qui la composent sont de dimension moyenne, mais régulières et bien agencées. Autrefois on y montait par un escalier en spirale de 126 marches éclairées par d'étroites fenêtres ogivales. De nos jours 108 marches conduisent à la plate-forme supérieure ; restent 11 marches dont l'ascension est très périlleuse, attendu qu'une partie de la tour est déjà tombée et que l'autre menace ruine.

Du haut de cette tour, principalement au coucher du soleil, on peut jouir d'un beau

Panorama. Au N. on aperçoit Yahoudîeh et du N. à l'E. Rentieh, Kefr-Auna, Medjdel-yaba ou Menjdel-Sâdeh, el Mouzeirîeh, Koûleh, Deïr-Tourif, et-Tireh, Lydda, Beït-Nabâla, elHhadîseh, Médieh, Kherbet-Danian, Djimzou et les montagnes. de la Samarie. De l'E. au S. on voit En-Nabeh, Koubab, el-Berrîeh, Beït-Maksir, Amoas, el-Latroun, Abou-Choûcheh, Saidoun. Du S. à l'O. on remarque Nâaneh, Ybena, el-Kbèbeh, Garbîch, Sarfand, el-Kherâb et la mer Méditerranée. De l'O. au N. se trouvent Ayoun-Kara ou Rich-Zion habité par des juifs, Sarfand, Jaffa, Yazour, Beït-Dedjan et Saffrîeh.

Au N-O. de l'édifice que nous venons de visiter, existe un sakîeh (puits) à moitié comblé, il est vrai, mais qui n'en est pas moins très remarquable comme construction.

Retour au couvent. Pour retourner au couvent on revient sur ses pas en traversant le cimetière musulman de l'O. à l'E., et l'on prend le sentier entre deux haies de cactus.

FIN DE LA VISITE.

DEUXIEME JOUR-DEUXIEME ETAPE.

De Ramleh

à Bab el-Ouâdi, 3 heures 42 minutes. à Sarris, 4 heures 41 minutes.

à Abougauche, 5 heures 31 minutes.

Renseignements. Du déjeuner. L'endroit le plus facile pour le déjeuner, pendant l'hiver, est le Khan BabQuâdi-Aali, situé sur le bord de la route, et l'on peut se procurer de l'eau, du café, du vin ordinaire, de la limonade, du pain et du fromage du pays.

Lorsque le temps est beau, on pourrait aussi aller déjeuner à 1 heure plus loin, sous les oliviers de Sarris. Il y a là une petite source appelée Aïn-Chamîeh, au pied N-O. de la montagne, à droite, et à 60 mèt. environ de la route. Je dois cependant faire remarquer que l'eau de cette source n'est bonne que pendant l'hiver. Si donc on voulait y déjeuner pendant les grandes chaleurs, il faudrait, pour se procurer l'eau dont on aurait besoin, aller jusqu'au village de Sarris placé sur le versant E. de la montagne, à 10 min. de la route. Toutefois, il vaut mienx, principalement pendant l'été, s'arrêter à Abougauche, sous quelques-uns des oliviers ou figuiers qui s'y trouvent. Il y a là également une source de très bonne eau. HEURE DU DÉPART. Il sera bon de quitter Ramleh, pendant l'été, vers 5 heures du matin, afin d'arriver au lieu du déjeuner avant la grande chaleur; et en hiver, à 6 heures, pour ne pas s'attarder.

SOMMAIRE.

Birket el-Jamouse. Cimetière. Voie ferrée. Plaine de Sâron. Nahr er-Ramleh. — El-Berrîeh.

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En-Nabeh. Abou

Kofr-Tab. El-Koubab. Vue

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-Bir-Khéloueh. Bir-Ayoub. Deïr-Ayoub. - Khan Bab

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Indications. - En sortant du couvent des Pères de Ramleh, on regagne la grand'route, et tournant ensuite à droite, on se dirige d'abord à l'E. pendant 5 min.; puis la route

I. P.

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tourne au S-E. A 8 min. de là, on côtoie, à droite, un cimetière musulman, où l'on remarque Birket el-Jamouse (piscine des buffles); cette piscine n'offre rien de particulier. A l'extrémité du cimetière, on laisse à gauche un sentier ainsi que la Station du chemin de fer; ensuite on coupe la voie ferrée pour suivre la grand' route qui va au S.-E. On se trouve de nouveau dans la fertile plaine de Sâron, où David possédait de nombreux troupeaux gardés par Sétraï (1).

Après avoir cheminé pendant 15 min. à partir du cimetière musulman, on franchit le Nahr er-Ramleh (ruisseau de Ramleh) sur un pont en maçonnerie, et à 10 min. plus loin, on rencontre, à gauche, la 6me Tour de garde. Continuant la route pendant 30 min., on remarque, à droite, le village d'elBerrieh dont toutes les maisons sont construites en bois et en terre; à gauche, on laisse la 7me Tour de garde. On traverse, 7 min. plus loin, le sentier qui va d'el-Berrîeh au vil. lage musulman d'En-Nabeh, situé sur une hauteur à gauche, mais à peine visible, quoiqu'il soit assez considérable. La colline élevée, aperçue à droite de la route, à 30 min. plus loin, reconnaissable à un Ouèli appelé Abou-choûcheh qui en couronne le sommet, servit autrefois d'assiette à

et

Gezer. - HISTORIQUE. Ancienne cité chananéenne, Gezer avait pour roi Horam, lors de l'entrée des Hébreux dans la TerrePromise. Ce malheureux prince, ayant voulu secourir avec toutes ses forces le roi de Lakich, périt dans le combat, lui et tout son peuple (2). Dans le partage de la Terre-Promise, cette ville fit partie de la tribu d'Ephraïm (3). Mais les Ephraïmites n'en exterminèrent pas les habitants, ils les rendirent simplement tributaires, de sorte qu'ils habitèrent ainsi tous ensemble Gezer qui, par la suite, devint tout à la fois ville Lévitique et ville de Refuge (4). Elle dût cependant tomber plus tard au pouvoir des Philistins, car nous voyons combattre ces incirconcis à Gezer, où Sobochaï de Husathi tua le géant Saphaï (5). Malgré la victoire de David, les Philistins maintinrent néanmoins leur possession jusqu'à l'arrivée de Pharaon, roi d'Egypte, qui mit fin à leur domination en brûlant cette ville et en passant au fil de l'épée tous ses habitants.

(1) I Paral. XXVII, 29. (3) Josué XVI, 3.

(5) I Paral. XX, 4.

(2) Josué X, 33.

(4) Josué XXI, 21. - I Paral. VI, 67.

Pharaon donna l'emplacement de Gezer en dot à sa fille que Salomon avait épousée. Celui-ci la rebâtit (1). Judas Machabée, ayant défait les troupes de Gorgias près d'Emmaüs, les harcela jusqu'à Gezer (2). Après la mort de Judas Machabée, Bacchide, général de Démétrius, se rendit maître de cette place et la fortifia (3). Simon Machabée la reprit ensuite et y fit un grand nombre de prisonniers; puis il y plaça une garnison sous le commandement de son fils Jean-Hircan (4).

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ETAT ACTUEL. L'emplacement de Gezer n'a été retrouvé qu'en 1868 par M. Clermont-Ganneau, alors chancelier du consulat de France à Jérusalem. Cette ancienne localité a appartenu à Monsieur Bergheim qui y a construit une maison, en 1874, et livré le reste à la culture.

Presqu'en regard de l'Ouèli Abou-choucheh on voit, à gauche de la route, un autre Ouèli qui s'élève au milieu des ruines d'une localité appelée

Kofr-Tab.

HISTORIQUE. Kofr-Tab est probablement l'ancien Thopo fortifié par le général Bacchide (5).

Après avoir dépassé de 15 min. l'Ouèli dont nous venons de parler, on voit

El-Koubab. - HISTORIQUE. Ce doit être le même que l'ancien Cobeh, mentionné dans le Talmud, comme étant situé sur les limites territoriales d'Israël et des Philistins (6).

ETAT ACTUEL. Ce village, qu'on rencontre, à gauche de la route, assis sur un tertre pierreux, est assez grand et s'étend de plus en plus chaque année.

A 5 min. de là on laisse, à gauche, la 8me Tour de garde. En descendant la hauteur d'el-Koubab située à l'extrémité de la plaine de Sâron, on peut apercevoir, à l'E. 20 degrés S., au pied d'une montagne, le village de

Beit-Nouba. - HISTORIQUE. Beït-Nouba, l'ancienne Nobé, était une ville sacerdotale. C'était là que demeurait le GrandPrêtre Achimelech qui donna d'abord à David les pains de proposition, puis lui remit l'épée de Goliath, parce qu'il n'en avait pas d'autre plus convenable.

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(6) Gemera Sanhedrin, ch. 11. Voir M. de Sauley, Voyage en Terre-Sainte,

t. 1. p. 81.

Saül l'ayant appris, et croyant Achimelech d'intelligence avec David dont il cherchait à se défaire depuis longtemps, fit mourir ce pontife avec quatre-vingts autres prêtres qui étaient également de Nobé, et massacra tous les habitants de cette ville, sans épargner les animaux (1).

ETAT ACTUEL. Beït-Nouba, qu'on voit à peine, est un village musulman assez considérable qui n'offre rien de particulier à visiter.

Arrivé au bas de la hauteur d'el-Koubab, on franchit d'abord un pont en maçonnerie jeté sur un torrent; puis 20 min. au delà, on voit la 9me Tour de garde à droite; 26 min. plus loin on remarque, à gauche, le chemin qui conduit au couvent des RR. PP. Trappistes d'

El-Latroun. †— HISTORIQUE. La tradition place en ce lieu la demeure de l'égyptien Dismas, surnommé le Bon-Larron, parce qu'il se convertit sur la croix, en voyant souffrir notre Divin Sauveur.

ÉVANGILE SELON S. LUC, CH. XXIII.

39. Or l'un des voleurs qui étaient suspendus en croix blasphemait contre lui en disant: Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même et nous aussi. 40. Mais l'autre, dans sa réponse, le reprenait disant: Ne crains-tu point Dieu, toi qui subis le même supplice?

41. Encore pour nous c'est avec justice, car nous recevons ce que nos actions méritent: mais celui-ci n'a rien fait de mal.

42. Et il disait à Jésus: Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous serez arrivé dans votre royaume.

43. Et Jésus lui dit: En vérité je te le dis, aujourd'hui même, tu seras avec moi en paradis.

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El-Latroun possédait autrefois de nombreuses ruines attestant une antiquité assez reculée, entr'autres une église (2) qui a disparu, ainsi qu'un château-fort qu'Ibrahim Pacha fit démolir, parce qu'il était devenu un vrai repaire de voleurs. Les RR. PP. Trappistes ont acheté cette localité, et s'y sont établis en 1890. ETAT ACTUEL. L'établissement des RR. PP. Trappistes s'élève au pied N-O. d'El-Latroun, belle colline fertile quoique pierreuse; on y remarque la 10° Tour de garde, et au N-O., plusieurs puits d'eau potable. C'est là que ces religieux s'efforcent d'établir un vaste jardin potager. Leurs autres terrains, assez étendus, sont ensemencés et en bon rapport.

A 10 min. de marche, au N-E. d'el-Latroun, est situé un village caché en partie derrière un pli de terrain et appelé (1) 1 Rois, XXII.

(2) Quaresmius, t. 2. p. 12 et suivantes

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