Page images
PDF
EPUB

COUVENT DE ST SAUVEUR.

I. Historique.

Ce couvent fut très probablement bâti au Ve siècle par Vachtang, roi de Géorgie, et restauré plus tard par l'empereur Justinien. Les Géorgiens, pour qui il avait été construit, en conservèrent la propriété jusqu'en 1542, époque où ils le vendirent aux Franciscains.

II. Etat actuel.

Le couvent de St Sauveur n'offre pas cette parfaite régularité que l'on remarque dans la plupart des couvents d'Europe; bien des améliorations cependant y ont été apportées depuis la construction de la nouvelle église. Le couvent de St Sauveur est assez vaste pour loger 100 religieux; il renferme, en outre, un orphelinat pour les garçons et plusieurs ateliers d'apprentissage.

III. Visite.

Dans l'intérieur du couvent de St Sauveur on visite l' Eglise paroissiale Latine. -DESCRIPTION. Cette église, due en grande partie à la munificence de sa Majesté François Joseph 1er, empereur d'Autriche, vient d'être tout récemment construite. Depuis longtemps déjà les Pères de Terre-Ste désiraient agrandir leur église trop petite pour les besoins de la population catholique; mais bien des obstacles s'opposaient à la réalisation de ce pieux projet. Aujourd'hui, grâce à Dieu, toutes les difficultés ont été aplanies. L'église, en style corinthien, est située au premier étage; et huit piliers massifs, disposés en deux séries, la partagent en trois nefs qui se terminent elles-mêmes par un mur droit. Elle possède 9 autels et 4 confessionnaux. Elle a été consacrée, en 1885, par son Excellence Révérendissime Monseigneur Vincent Bracco de cher et vénéré souvenir.

INDULGENCES. - On y gagne trois Indulgences Plénières, transférées du Cénacle par décision Pontificale. Les autels désignés à cet effet sont:

1° l'autel du St-Esprit, élevé en mémoire de la Pentecôte; c'est le maître-autel; 2o l'autel de l'Institution de la Ste Eucharistie, du côté de l'Evangile; 3° l'autel de l'Apparition de N.-S. J.-C. à St Thomas, du côté de l'Epître.

Après avoir dépassé la porte du couvent, on remarque à gauche, après 2 min. de marche, l'orphelinat paroissial pour les filles, dirigé par les sœurs franciscaines; on descend tout droit la rue Chrétienne jusqu'en face de la 3me rue à gauche. Là, on voit à droite le

Couvent des grecs non-unis de S. Caralambos. HISTORIQUE. Ce couvent, avec ses dépendances, occupe une partie de l'établissement des chanoines du St-Sépulcre. Après le départ des chrétiens de la Ville-Ste (1187), cet établissement devint la propriété d'un musulman, nommé Ishak-Bec, qui lui donna son nom, sous lequel il fut longtemps désigné.

Devant soi on remarque l'Hospice pour les pèlerins Allemands. La porte de cet établissement, s'ouvrant au-dessus d'un escalier, est surmontée d'une croix de Malte au-dessous de laquelle on lit ces mots: Iohanniter ordens hospice (hospice des chevaliers de St Jean).

De là on avance jusqu'au carrefour de la rue pour voir la

COLONNE DE LA SENTENCE. +

I.Historique.

D'après une tradition très respectable, c'est sur cette Colonne qu'on afficha l'arrêt de mort de N.-S. J.-C. On vient d'y établir une chapelle (1894).

II. Etat actuel.

Cette colonne, qui semble occuper encore sa base primitive, se peut voir dans la chapelle située au rez-de-chaussée, qui s'ouvre du côté de l'E. Cette colonne perce la voûte de la chapelle inférieure et pénètre dans une chapelle supérieure élégamment ornée. Du côté de l'Orient et à l'extérieur de cette chapelle, on a placé une pierre commémorative sur laquelle se trouvent gravées les armoiries de l'ordre de St François, ainsi que l'inscription suivante: Porta judiciaria. Columna ubi affixa fuit sententia mortis D. N. J. C. Ita traditur. An. D. 1875. La chapelle et la chambre forment l'angle S-E. du carrefour.

En face de l'inscription susdite, de l'autre côté de la rue, c'est-à-dire à la distance de 6 mèt., se trouve l'

EMPLACEMENT

DE LA PORTE JUDICIAIRE. †

I. Historique.

La tradition dit que c'est par cette Porte que N.-S., portant sa croix, sortit de la ville coupable pour aller au supplice. En 1670, cette porte était murée (1).

II. Etat actuel.

On y remarque encore aujourd'hui, dans les pieds-droits soutenant la voûte, de grosses pierres qui sont très probablement des restes de l'ancienne Porte.

En quittant la porte judiciaire, on continue à descendre la rue. Après un parcours de 60 mèt., lorsqu'on n'est plus qu'à la distance de 6 mèt. d'une maison posée à cheval sur la rue, on aperçoit à droite l'

EMPLACEMENT

DE LA MAISON DE STE VERONIQUE. †

I. Historique.

D'après la tradition, c'est là l'emplacement de la maison de cette Ste Femme, qui fendit la foule pour aller essuyer l'auguste Face de Jésus. Pour récompenser une si grande charité, le Sauveur laissa l'empreinte de ses traits sacrés sur le voile de cette juive compatissante, que nous appelons Véronique. La maison, qui passait pour occuper l'emplacement de la demeure de cette héroïne, a été achetée par les grecs-unis; ceux-ci l'ont transformée en église, et l'ont fait bénir solennellement par leur Patriarche melchite, en 1895.

II. Etat actuel.

On continue toujours à descendre. Arrivé au bout de la rue, on entre immédiatement dans celle qui vient de la Porte de Damas (du N. au S.). A ce point d'arrivée on voit, à droite, et à cheval sur cette rue, la

Maison du mauvais riche. HISTORIQUE. Une légende nous indique cette maison comme étant celle du mauvais riche.

(1) Gonzalès, t. I, p. 380.

ETAT ACTUEL.

Elle est reconnaissable à sa construction en pierres rouges, noires et blanches; elle se dresse à cheval sur la rue.

La maison de gauche, formant l'angle entre la rue d'où l'on sort et celle dans laquelle on vient d'entrer, passe pour être l'

Habitation du pauvre Lazare. de ce pauvre est dans l'

...

[ocr errors]

HISTORIQUE. L'histoire

EVANGILE SELON S. LUC, CH. XVI.

19. Il y avait un homme riche qui était vêtu de pourpre et de fin lin; et il faisait chaque jour des festins somptueux.

20. Il y avait aussi un mendiant, nommé Lazare, couché à sa porte, couvert d'ulcères.

21. Il désirait se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, et personne ne lui en donnait; mais les chiens venaient et léchaient ses ulcères.

22. Or il arriva que le mendiant mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi ; et il eut pour sépulcre l'enfer. 23. Or levant les yeux, lorsqu'il était dans les tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.

24. Et s'écriant, il dit: Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare, afin qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau pour rafraîchir ma langue; car je suis tourmenté dans cette flamme.

25. Et Abraham lui dit: mon fils, souviens-toi que pendant ta vie tu as reçu les biens, tandis que Lazare n'a eu que des maux; or maintenant il est consolé et toi tu es tourmenté.

26. De plus, entre nous et vous, il y a pour jamais un grand abîme, de sorte que ceux qui voudraient passer d'ici à vous, ou de là venir ici, ne le peuvent pas.

27. Et le riche dit: je vous prie donc, Père, de l'envoyer dans la maison de mon père

28. Où j'ai cinq frères, afin qu'il les avertisse et qu'ils ne viennent pas aussi eux-mêmes dans ce lieu de tourments.

29. Mais Abraham lui repartit: ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les

écoutent.

30. Et il dit: non, Père Abraham, mais si quelqu'un va des morts vers eux, ils feront pénitence.

31. Abraham lui répondit: s'ils n'écoutent point Moïse et les prophètes, quand même quelqu'un des morts ressusciterait, ils ne croiraient pas.

De la maison du pauvre Lazare, on se dirige au N. en laissant derrière soi la maison du mauvais riche. Après un parcours de 20 mèt. on remarque, à droite, une ruelle, et 20 mèt.

plus loin, s'ouvre du même côté une large porte donnant sur un petit parvis, d'où à l'E. on monte par 7 marches à l' Eglise de Notre-Dame du Spasme. †

HISTORIQUE. Une tradition, que l'on croit très ancienne, rapporte qu'en cet endroit la Très Ste Vierge éprouva une très grande douleur, lorsqu'elle vit son Divin Fils, chargé du fardeau de la croix, se diriger vers le lieu du supplice.

Il est à présumer qu'on aura construit un oratoire (1) en ce lieu vénérable. Cependant, à l'époque des croisades, aucun auteur ne parle de cet oratoire; de plus, au XIIe siècle, l'emplacement de l'église du Spasme était occupé par un couvent et une église dédiée à St Jean l'Evangéliste. Ce couvent appartenait aux Bénédictines de l'abbaye de Béthanie; elles s'y rendaient chaque fois que les croisés étaient en guerre avec les musulmans (2). En 1308, l'église de St Jean l'Evangéliste figure sur un plan de Jérusalem sous le titre de Pasm. Vgis (3); ce qui prouve que jusqu'alors la tradition s'était fidèlement conservée. Il est vrai qu'à l'époque des croisades il est peu fait mention de cette tradition; mais à partir de 1320 (4) elle semble avoir pris une nouvelle consistance, car bon nombre d'auteurs la rapportent.

Le Couvent des Bénédictines subit diverses modifications: converti d'abord en établissement de bains, il finit en dernier lieu par servir d'écurie.

VISITE. Ce qu'il y a de plus intéressant à visiter c'est la crypte ou église souterraine, dans laquelle existe encore un ancien pavé en mosaïque grossière, et aussi, sous l'autel de la nef méridionale, deux pieds représentés sur le pavé en mosaïque polycrome. HISTORIQUE. Aucun auteur, à notre connaissance, ne fait mention de ces deux pieds incrustés dans le pavement; ils n'y ont cependant pas été mis sans motif; n'indiqueraient-ils pas l'endroit précis où se tenait la T. Ste Vierge, quand elle apercut son Divin Fils portant sa croix.

(1) Il est plus que probable que l'oratoire du Spasme a été démoli par Chosroès (614) et qu'il n'a pas été rebâti comme tant d'autres. Gonzalės p. 374, dit que ce S Lieu fut doté d'un oratoire par St Hélène (?).

(2) A chief de cele voie devers le Temple. En cel endroit avoit un moustier de S. Jehan l'Evangéliste, et si y avoit un grant manoir. Cil manoir et cil moustiers estoit des nonnains de Bethanie; la monoient eles quant il estoit guerre de Sarrasins. Cites de Jherusalem, VIII.

(3) Plan de Jérusalem, de l'an 1308. Tiré des voyages en Terre-Sainte de Marino Sanuto, dit torcello. De Vogüé, Les églises de la Terre-Sainte p. 438. (4) Odorici de Fore Julii, liber de Terra Sancta.

« PreviousContinue »