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Produits agricoles. On peut dire en général que tous les légumes cultivés en Europe réussissent en Palestine; il suffit que la terre soit arrosée. Les pois, les haricots, les lentilles et les courges sont très abondants en Judée. Le Bâmier (hibiscus esculentus), les artichauts, les choux et les navets viennent admirablement bien en Palestine. Le froment, l'orge, le riz, le doura et le sésame se trouvent en abondance dans les plaines. Le maïs y vient aussi, mais il y est beaucoup plus rare. La culture du tabac est très répandue en Palestine; le tabac de Djébeil est célèbre dans le monde entier; il est l'objet d'un commerce important avec l'Egypte. La canne à sucre est cultivée avec succès, de Jaffa à Tripoli, le long de la Méditerranée. Les fruits sont d'excellente qualité et d'un goût exquis. Le dattier et le figuier donnent des fruits délicieux; il en est de même du figuier de barbarie (cactus) dont les fruits sont très recherchés par les indigènes. La culture des orangers donne lieu à un commerce assez étendu. Les pastèques et les melons sont savoureux en même temps que rafraîchissants. Les raisins enfin donnent un vin riche en alcool et très estimé.

Arbre. Les principaux arbres de la Palestine sont: les figuiers, les oliviers, les grenadiers, les abricotiers, les pêchers, les amandiers, les citronniers et les orangers qui, par leur abondante production, sont des arbres d'excellent revenu. Si l'on rencontre des poiriers, des pommiers, des pruniers, des cerisiers, ce sont des importations de l'Occident qui, à part quelques échantillons placés près de l'eau, ne laissent pas d'être ingrats envers leurs propriétaires. Le Sycomore (ficus sycomorus) est un arbre au tronc robuste, aux branches longues et horizontales, aux fruits ressemblant à de petites figues rondes, de couleur vcrte, mais insipides au goût. Le bois en est très dur et en même temps léger. Les Hébreux l'employaient autrefois comme bois de construction (1). - Le Noyer existe en Palestine, · L'Aubépine (alba spina) atteint ici la taille d'un arbre véritable et compte parmi les arbres fruitiers. Le Cyprès se lève droit et croît rapidement, cependant on ne le rencontre pas souvent. - Le Terebinthe, dont le bois est très lourd, très dur et d'une belle couleur rouge foncé, devient de plus en plus rare. Mais le plus bel arbre de ce pays, c'est le caroubier (ceratonia siliqua) dont les branches serrées, cou

mais il est rare.

(1) Isaie IX, 10.

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vertes de feuilles toujours vertes et persistantes, répandent une ombre des plus agréables; les fruits qui ressemblent à de larges gousses de haricots, servent de nourriture aussi bien aux hommes qu'aux bestiaux. Le jujubier (zizyphus vulgaris) prospère partout où il est cultivé. Le palmier se rencontre très souvent, mais les fruits n'en mûrissent pas sur les hauteurs. Le mûrier se trouve partout; les fruits en sont excellents, et les feuilles servent à nourrir les vers à soie et le bétail. Le micocoulier (celtis) est assez commun dans ces contrées, mais les fruits sont nuls, et le tronc de cet arbre est presque toujours creux à l'intérieur. Parmi les quelques acacias, on rencontre l'acacia mimosa qui, en fleurissant, répand au loin de suaves odeurs. Le peuplier ne se trouve qu'au bord de l'eau. Le pin maritime est rare. Plusieurs variétés de chènes verts (quercus virens et quercus ægilops) sont très communs. Le tamaris habite les endroits aquatiques et sablonneux. Le zakkoûm (elagnus angustifolia) se plaît à Jéricho et au pays de Galaad. Le daum (ramus nabeca) croît en arbre et en buisson et se rencontre fréquemment. Le laurier commun ou laurier sauce (laurus nobilis), si souvent chanté par les poètes, devient par la culture un arbre véritable; dans les forêts, principalement au Carmel, il vit en buisson. L'Aousedj, qu'on ne trouve qu'en buisson, et dont les branches ont servi à confectionner la couronne d'épines de N.-S.-J.-C.

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Arbustes. Parmi les arbustes, citons le hennah (lansonia) qui croît ordinairment en buisson, et dont les feuilles cuites à l'eau, puis séchées et pulvérisées, donnent une couleur rouge dont les femmes se teignent les ongles; le laurier-rose (nerium oleander) qui orne la plupart des ruisseaux de Palestine; le genêt qui sert de combustible aux Bédouins; le mattan, arbuste dont les chameliers font des cordes pour charger leurs chameaux; le cotonier qui se plait dans les plaines et dans les vallées, mais la culture de cet arbuste est de plus en plus abandonnée. Le coton de la Palestine n'est pas très long, mais il est très fin et d'une blancheur éclatante; le ricin (ricinum communis) dont la fève devient une huile purgative; en quelques endroits, cette plante prospère à l'état sauvage; à la fontaine d'Elisée, (Jéricho) par exemple, elle devient un arbre; la vigne est cultivée avec succès et donne d'excellents raisins; la réglisse croît principalement le long de la rive gauche du Jourdain.

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Herbacées. - Parmi les herbacées nous dons signaler la mandragore (mandragora officinarum), plante biblique qui croît sans culture; les fruits ressemblent parfaitement aux tubercules de la pomme de terre et mûrissent au mois de Mai; on rencontre la soude (salsola) dans les plaines du Jourdain, ainsi que la saponaire; le fenouil, le chaumar des indigènes, se rencontre assez souvent dans les champs, mais principalement dans les terres non cultivées.

Fleurs. - La Palestine offre une belle collection de fleurs variées. Ce sont: le lys, la jonquille, l'hyacinthe, le cyclamen aux tons divers, qui orne si bien les fentes des rochers; la tulipe (tulipas acutifolia), dite œil de soleil, on la rencontre rarement; le narcisse qui répand au loin ses odeurs printanières; une petite iris qui se plaît au bord des chemins, et une autre, plus grande, qui habite ordinairement les cimetières: l'anémone qui émaille les terres non labourées; la renoncule à fleur rouge (ranonculus asiaticus), et la mauve qui sert ici de nourriture à l'homme.

5. Zoologie.

1. Quadrupèdes.

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1o Animaux domestiques. Mouton. Chèvre. En première ligne figure le mouton. Les troupeaux de moutons constituaient, dans l'antiquité, une partie importante de la richesse du pays. Aujourd'hui, plusieurs localités de Palestine ne fournissent plus un pâturage suffisant pour les faire vivre. Aussi trouve-t-on, principalement aux environs de Jérusalem, beaucoup plus de chèvres que de moutons. Ces deux espèces d'animaux appartiennent à la race angora, c'est-à-dire, moutons à forte queue, et chèvres aux oreilles démesurément longues. Bœuf. Le boeuf de Palestine est petit et doux de caractère; il a beaucoup de rapport avec la race bovine appelée race bretonne. La chair en est peu succulente; aussi coûte-t-elle moins cher que celle du mouton ou de la chèvre.

Chameau. Le chameau, à bosse unique, est élevé par les tribus nomades ou Bédouins, et vit même dans les localités du désert où la vache et la chèvre chercheraient en vain leur subsistance. Cet animal tient lieu, à certaines tribus de Bédouins, de bœuf, de mouton et de bête de somme. C'est en cette dernière qualité qu'on le rencontre sur toutes les voies publiques de Palestine. Il n'est guère employé comme monture,

si ce n'est dans le désert; mais il est quelquefois attelé à la charrue.

Cheval. Le cheval arabe constitue, à mon avis, la meilleure race chevaline du monde entier. Il se distingue particulièrement par la douceur de son caractère et par sa grande sobriété; l'orge et la paille triturée constituent sa nourriture. Les meilleurs chevaux arabes se trouvent chez les Bédouins qui ne les vendent qu'à regret et seulement lorsqu'ils s'y croient plus ou moins forcés. Il arrive parfois qu'une belle jument arabe appartient à plusieurs individus, ce qui en rend l'achat très difficile.

Ane. L'âne d'Orient est plus vif et tient plus de l'âne sauvage que celui d'Europe, mais il n'est pas meilleur en général. En Palestine il se divise en trois races: 1o l'âne commun qui est petit et très en usage pour toute espèce de transports; 2o l'âne noir, aussi grand que le cheval ordinaire de Syrie et plus fort que le mulet; on le rencontre particulièrement à Damas; 3° l'âne blanc de grande taille, d'un caractère très doux et servant de monture; il est élevé par une tribu de Bédouins appellée Slèb qui se trouve ordinairement, à l'orient de Damas, à la distance de trois bonnes journées de marche.

Mulet. Le mulet est sans contredit l'animal le plus utile de la Palestine; il sert de monture et de bête de somme; il est attelé aussi bien au chariot qu'à la charrue et sait aussi bien traîner la voiture que tourner la meule, il est d'une grande sobriété et d'une extrême longévité; j'en ai connu un qui a tourné la meule pendant 35 ans. On élève ces animaux en grand nombre à Saphet.

Les excréments de tous ces animaux, depuis le mouton jusqu'au mulet, servent de combustible.

Porc. Il faut aussi mentionner le porc, quoique cet animal ne trouve pas beaucoup de sympathie en Orient; à peine le rencontre-t-on dans de rares basse-cours. La présence de troupeaux de porcs en Syrie, dans l'antiquité, semble devoir être attribuée à l'influence grecque. Bon nombre de chrétiens, nés en Palestine, éprouvent une répulsion instinctive pour cette chair qui, du reste, devient facilement nuisible en été. Chat. L'Orient est richement pourvu de chats; les plus doux sont ceux de race angora; ils se distinguent des autres par leur long poil, leur grasse et belle queue,

I. P.

Chiens. Il y a aussi quelques chiens domestiques, mais dans les villes et les villages on rencontre un certain nombre de chiens errants dont le nombre varie suivant l'abondance de détritus de toute sorte qu'ils trouvent pour nourriture. Quoiqu'ils aboient beaucoup, ils attaquent rarement l'homme, à moins cependant qu'ils ne soient provoqués; quant aux chiens de bergers, ils sont ordinairement méchants et courageux. Par rapport aux races, il n'y a qu'une seule espèce de chiens errants, qui se distingue par un museau allongé. Lorsqu'on leur donne à manger, ils accompagnent quelquefois le campement; ils suivent alors le bagage et les domestiques des voyageurs, et peuvent exercer pendant la nuit une très utile surveillance. Dans les lieux habités, ces animaux se chargent du service sanitaire en dévorant rapidement les immondices. Les habitants reconnaissants les protègent, de sorte que maltraiter un chien c'est irriter les indigènes. Il n'est guère possible en Orient de mener un chien avec soi, sans que tous les autres l'assaillent de toute part dans les rues. Ces chiens errants connaissent le quartier où ils séjournent d'habitude, et ne peuvent le quitter sans être attaqués eux-mêmes par leurs congénères du quartier qu'ils traversent.

2o Animaux Sauvages.-Chacal. Les plus communs et les plus nombreux des animaux sauvages sont les chacals. Dès le coucher du soleil, on les entend crier dans les campagnes et dans les lieux déserts; leur glapissement rappelle le vagissement des petits enfants et ils se répondent à de grandes distances; ils se rassemblent la nuit et courent par bandes; ils se font entendre de nouveau vers l'aurore et regagnent ensuite leurs tanières. Ces animaux ressemblent beaucoup aux renards dont ils ont toutes les mœurs, principalement l'attrait pour la volaille. Le chacal n'attaque pas et par conséquent n'est nullement à craindre.

Renard. Il y a des renards en Orient; mais ils sont très rares. Loup. On rencontre assez fréquemment le loup en temps de neige, mais il n'attaque jamais l'homme.

Hyène. La hyène n'est pas rare non plus dans ce pays, mais elle se nourrit de préférence de bêtes mortes, de sorte qu'elle n'est pas à craindre.

Ours. L'ours est devenu rare; on ne le trouve plus que dans le Liban.

Lion. Le lion ne se voit plus en Palestine.

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