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ETAT ACTUEL. — L'emplacement approximatif de l'ancienne habitation de la Très-Ste Vierge est indiqué aujourd'hui par la coupole qui est une des principales parties de la Mosquée el-Aksa, Cette coupole est supportée par 4 piliers flanqués chacun de deux colonnes de vert antique et à chapiteaux corinthiens. Elle est légèrement rétrécie à la base et couverte de mosaïques.

A l'extrémité S. on voit le Mihhrab vers lequel les musulmans se tournent pour faire leur prière. Ce mihhrab, orné de jolies colonnettes, est peint en mosaïque; 2 chandeliers portant chacun un énorme cierge sont placés devant. A l'O. près du Mihhrab, se dresse le Mimbar, belle chaire, très délicatement sculptée à Alep, par ordre du Sultan Nour ed-Dine qui monta sur le trône en 1151. C'est Salahh ed-Dine qui l'a fait placer ici. Entre la chaire à l'O. et le mur S. de la Mosquée, se trouve un lieu de prière à deux Mihhrabs. Le plus rapproché de la chaire est dédié à Moïse, et l'autre à Aïssa (Jésus). C'est dans ce dernier qu'on remarque l'

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Les

Empreinte d'un des pieds de Jésus-Christ. musulmans ont cette empreinte en grande vénération; mais il est très peu probable, comme l'ont cru quelques auteurs de bonne foi, que ce soit celle qui manque au lieu de l'Ascension.

Six nefs partent de la coupole, trois à l'E. et trois à l'O. Nous allons les visiter successivement en commençant par celles de l'Ouest. Les deux premières colonnes, à gauche de la nef du milieu, sont appelées

Colonnes de l'épreuve.- LÉGENDE. C'est à ces deux colonnes, si rapprochées l'une de l'autre qu'un homme d'une grosseur ordinaire peut à peine passer entr'elles, que se rapporte la légende suivante: Bienheureux, disait-on, l'homme qui peut se faufiler entre elles deux, car, après sa mort, il ira droit en Paradis. Dans cette persuasion un fidèle de l'Islam voulut, en Août 1881, malgré son embompoint, forcer ce terrible passage; il fit si bien qu'il en mourut sur place. Pour prévenir le retour d'accidents si regrettables, le haut clergé musulman, dans sa sollicitude paternelle, a fait occuper l'espace libre entre ces deux colonnes par un monument en fer surmonté d'un croissant, de sorte que personne ne peut plus tenter l'épreuve. A l'extrémité des nefs de l'O., on voit l'ancienne Salle d'armes des Templiers. DESCRIPTION. C'est une grande salle, divisée en deux parties par les piliers qui en supportent les voûtes. Elle est encore aujourd'hui en bon état.

D'ici, on retourne sur ses pas jusqu'au delà de la coupole, pour visiter les nefs de l'E.; après quoi, on entre par une porte qui donne de la nef S. dans une pièce blanchie à la chaux où l'on remarque, contre le mur S. de la Mosquée, le

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Lieu où Omar est venu faire sa prière. DESCRIPTION. Ce lieu est indiqué par un Mihhrab ayant de chaque côté deux colonnes torses accouplées, ornées de chapiteaux à la base et au sommet; ceux du sommet ne s'y trouvent que depuis 1873.

En se dirigeant vers la porte de l'E., on passe, à droite, devant un autre Mihhrab orné de jolies colonnettes. C'est là que, d'après les musulmans, S. Zacharie et son fils S. JeanBaptiste vinrent prier.

A la sortie de la Mosquée el-Aksa, on reprend sa chaussure, et l'on se rend directement à l'angle S-E. de l'Esplanade où on descend, par un escalier de 32 marches, dans une chambre appelée

Berceau de Jésus-Christ.-HISTORIQUE. L'Evangile nous apprend que, lorsque les jours de la Purification furent accomplis selon la loi de Moïse (1), la Très Ste Vierge Marie se rendit au Temple pour offrir son premier-né au Seigneur et le racheter ensuite au prix de deux colombes. Or le saint vieillard Siméon, par une inspiration céleste, reconnut en cet Enfant le Sauveur du monde. La tradition rapporte encore que Siméon, qui avait son habitation à l'angle S-E. du parvis du Temple, invita la Ste Famille à venir quelques instants chez lui et que cette faveur lui fut accordée. De là le nom de Berceau de J.-C. donné à cette habitation; et ce nom est ancien, car nous voyons, par le continuateur de Guillaume de Tyr (2), qu'il n'était pas inconnu des Croisés.

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ETAT ACTUEL. Cette chambre souterraine est une petite mosquée appelée par les musulmans Saïdna-Aïssa. Une niche en pierre du pays, sculptée en forme de coquille à sa partie supérieure, et couchée horizontalement sous un dais supporté par quatre colonnettes en marbre blanc, est appelée par les disciples du Croissant le Berceau de Jésus.

(1) Lev. XII.

(2) « A main sénestre, si comme l'on avalait del haut pavement el bas, << la voit il un moustier que l'en apeloit le Bierz dont Dieux fu berciez en << s'enfance, si comme l'en disoit (p. 499). D'illeucques vers oriant en l'angle << dedenz le clox du Temple etoit la couche ou li bainz Nostre sirez et li liz << Sainte Marie et le sépulcre St Siméon. p. 509 ».

De cette petite Mosquée, par une porte au N., on peut descendre dans un

Souterrain. - HISTORIQUE. Ce souterrain ne peut être qu'une construction d'origine Salomonienne; mais il aura été voûté par Hérode et restauré en dernier lieu par les Croisés. Sans nul doute ce lieu a dû servir d'écurie, très probablement au temps de Salomon, mais assurément au temps des Croisades. Les Templiers y logeaient leurs chevaux et leurs bêtes de somme; c'est en ce sens que Jean de Wirzbourg en parle (1). D'ailleurs, on voit encore aux angles des piliers les trous où l'on passait les licous des animaux qui y étaient attachés.

DESCRIPTION. - A la partie occidentale du mur S, existe une triple porte donnant dans trois galeries qui conduisaient au parvis du Temple (cette porte est murée depuis des siècles). Deux des galeries ont été déblayées en 1885. On y remarque vingt piliers encore debout, et vers l'extrémité S. du mur E., devant une ouverture murée, gît un trumeau; probablement qu'il y avait ici un balcon. Les voûtes en plein-cintre de ce souterrain sont soutenues par 88 piliers carrés; c'est aux angles de ces piliers qu'on voit les trous dont j'ai parlé plus haut.

Pour sortir du souterrain, on retourne sur ses pas. Remonté sur l'esplanade, on avance vers le N. sur un espace de 200 mèt. environ. Là on descend un escalier de 22 marches, pour arriver devant une grille en fer dans laquelle s'ouvre une porte à clairevoie donnant sur une petite cour pavée; de là, par une autre porte de fer à jour, on entre dans la

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Porte-Dorée. HISTORIQUE. (Voir la 4° sortie, p. 395.) DESCRIPTION INTÉRIEURE. C'est une porte double et complètement murée, du côté de l'E. Deux énormes colonnes monolithes en pierre du pays (2) divisent ce monument en deux nefs l'une est appelée Bab et-Taubeh (la porte du repentir), et l'autre Bab er-Rahhmeli (la porte de la miséricorde). Les parois de ces deux nefs sont ornées de pilastres au sommet desquels court une frise richement sculptée; l'édifice est éclairé par les fenêtres des deux coupoles qui le surmontent.

(1) Stabulum mire et tantæ capacitatis ut plusquam duo millia equorum aut mille et quingenta camelorum excipere possit.

(2) D'après une légende, ces deux colonnes sont un cadeau fait à Salomon par Nicaulis, reine d'Egypte et d'Ethiopie. Cette princesse voulait en apporter un plus grand nombre; mais comme elle s'était proposée de les transporter elle-même sur ses augustes épaules, pour ne pas commettre d'imprudence, elle se contenta d'apporter celles-ci.

Un peu plus loin, dans la direction du N., on passe, à droite, devant le

Koursi-Soleiman (Siège ou Trône de Salomon).- LÉGENDE. D'après plusieurs personnes, c'est sur ce siège que Salomon aurait été trouvé mort.

DESCRIPTION.Cet édifice renferme un cénotaphe en maçonnerie affectant la forme de dos d'âne. Il occupe toute la largeur de la pièce; par-devant descend un rideau vert. On peut apercevoir l'intérieur de l'édifice à travers une grille en fer, à laquelle les musulmans attachent de nombreuses petites pièces d'étoffes pour obtenir des faveurs par l'intercession du grand Roi. De là, on continue dans la direction du N., pour sortir par la porte appelée Bab el-Asbate que l'on voit devant soi. De cette porte on arrive, après un trajet de 70 mèt., à celle de S. Etienne ou de Madame Marie (Bab Sitti-Mâriam); et alors s'effectue le Retour à Casa Nova. INDICATION. A la porte de Bab Sitti-Mâriam on tourne à gauche; on passe devant l'établissement de Ste Anne qu'on laisse à droite; on continue tout droit son chemin, laissant un peu plus loin une rue à droite et une autre à gauche; 80 mèt. au delà on laisse encore une rue à droite et l'on arrive enfin à la caserne turque où commence la voie douloureuse. (Voir 3me Sortie p. 328).

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NORD DE JÉRUSALEM.

Renseignements.

BAKCHICHE POUR LA VISITE DE LA GROTTE DE JÉRÉMIE. Les musulmans, pleins de vénération pour le prophète Jérémie, font garder la grotte qui porte son nom par un derviche, lequel est là aussi pour protéger les tombeaux de quelques santons inhumés en cet endroit.

Ce derviche est libre de laisser entrer qui bon lui semble et pour le bakchiche qu'il lui plaît. Si l'on est seul, il est difficile de le contenter avec moins de 50 cent.; mais si l'on est cinq ou six, 1 fr. 50 c. suffit.

BOUGIE. Pour visiter les Cavernes Royales (Moghâret elKittane), le Tombeau des Rois (Qobour el-Molouk) et le Tombeau des Juges (Qobour el-Kodah), on a besoin de lumière. On fera donc bien de se munir de bougies.

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Pour les visiter il

Sur la visite DES CAVERNES ROYALES. serait prudent de se faire accompagner par une personne qui en connaisse parfaitement l'intérieur; autrement on courrait risque de s'y perdre (1).

SOMMAIRE.

Birket Sitti-Mariam. — Angle N-E. du mur de la ville (Position de Godefroy de Bouillon). — Restes probables du Tombeau du Foulon. - Lacus Legerii. — Bab ez-Zâhéreh. — Grotte de Jérémie. Position de Robert, duc de Normandie. Cavernes Royales. - Porte de Damas. — Emplacement de l'église S. Etienne. Tombeaux des Rois. Colline des Cendres. Tombeaux des Juges. — Tour de Pséphina, campement de Titus. Hôpital S. Louis. — Emplacement de l'Hôpital des Lépreux.

Départ à pied ou à cheval.

Indications.

(Voir pour l'indication de la route, la 1o Sortie, page 196, jusqu'à la Scala Sancta, et la 3me Sortie, page 328, jusqu'à la porte S. Etienne.)

En sortant par la porte S. Etienne, on prend, à gauche, le premier chemin qui longe le fossé et le mur de la ville, tous deux taillés en partie dans le roc vif.

Au bout de 2 min., on voit, à gauche, une piscine appelée Birket Sitti-Mâriam (piscine de Madame Marie) à laquelle ne se rattache aucun souvenir.

En avançant 3 ou 4 min. plus loin, on arrive à l'angle N-E. de la ville; c'est par là que Godefroy de Bouillon entra le premier dans Jérusalem (1099). Vis-à-vis, à l'E., sur le bord de la vallée de Josaphat, on remarque les restes d'une construction qui a dû être le Monument funèbre du Foulon (2). On suit les fortifications de la ville qui prennent la direction de l'O., en inclinant vers le S., et on arrive, au bout de 3 min., à une piscine appelée au moyen-âge Lacus Legerii (3); 1 min. plus loin, on remarque une porte que les Européens appellent, je ne sais pour quel motif, Porte d'Herode, et les indigènes Bab ez-Zâhéreh, (porte des fleurs). Cheminant pendant 3 autres min., on ren

(1) Depuis 1889, les cavernes Royales sont fermées et ne s'ouvrent que par l'ordre du Pacha Gouverneur de la province. On peut obtenir un permis d'entrée par l'entremise de son Consul respectif.

(2) Flav. Jos. G. 1. V, 13.

(3) Cartulaire du St-Sépulcre, p. 306.

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