Page images
PDF
EPUB

enlève la Syrie au Sultan d'Egypte.

1518. La Syrie et la Palestine tombent au pouvoir de Sélim I, Sultan de Constantinople.

1595-1635. Fakhr ed-Dîne, prince druse, gouverne le Liban et la Palestine.

1779. Napoléon prend Jaffa. Bataille du mont Thabor.

1832. Méhémet-Ali, vice-roi d'Egypte, envoie en Syrie Ibrahim, son fils adoptif, qui s'en empare, et la possession lui en est confirmée par le traité de Koutayêh (Turquie d'Asie).Influence civilisatrice de son gouvernement.

1841. La Syrie et la Palestine sont rendues au Sultan.

1860. Massacres de Damas. Les disciples du Croissant, coalisés avec ceux qui ne vénèrent pas le signe de notre Rédemption,massacrent 10.000

Chrétiens.

1868. La coupole du St Sépulcre est reconstruite par la France, la Russie et la Puissance territoriale.

1873. Les Grecs non-unis emploient les armes blanches et les armes à feu pour usurper le Sanctuaire de la Nativité du Sauveur, à Bethléem; ils blessent grièvement cinq Pères de Terre-Sainte, et saccagent le Sanctuaire. La France rétablit les Religieux Franciscains dans leurs possessions.

1877. Guerre entre la Russie et la Turquie.

1878, 4 Juin. Convention par laquelle la Turquie obtient l'alliance formelle de l'Angleterre, moyennant la cession conditionnelle de l'île de Chypre.

1878, 13 Juin. Traité de Berlin. Les droits et privilèges traditionnels de la France en Syrie et dans les Lieux-Saints sont formellement reconnus.

1882. Entreprise d'une route carrossable de Jérusalem à Hébron; elle est achevée en 1888.

1893. Un grec non-uni tue un franciscain dans le S. Lieu de la Nativité de J.-C. à Bethléem.

SECTION III

ARCHITECTURE.

On trouve en Orient tous les genres d'architecture: le Bysantin, le Roman, le Gothique, l'ancienne architecture Grecque, etc. Quant aux monuments d'architecture appelée Salomonienne, dont il reste encore quelques vestiges, je pense qu'on n'en doit attribuer aucun aux Juifs. L'Ecriture-Ste dit formellement que, pour la construction de son temple et de son palais, Salomon eut recours aux étrangers.

SECTION IV"

LA TERRE-SAINTE MODERNE.

1. Population.

Rien n'est plus difficile que d'évaluer le nombre des habitants de ce pays, même approximativement. Je crois cependant que la Terre-Ste n'abrite guère plus de 700,000 habitants. En voici le tableau comparatif au point de vue religieux: vingtquatre mille Catholiques; vingt-cinq mille Grecs non-unis ; deux cents mille Juifs; six mille Druses; deux mille Métoualis; deux mille Arméniens. Tout le reste est Musulman.

2. Races.

Le peuple de la Palestine n'est pas véritablement Arabe, comme on le croit communément. Les Arabes, proprement dits, sont les Bédouins. Descendants d'Ismaël, les Bédouins sont un peuple nomade, hostile au gouvernement, sauf de rares exceptions. Ils n'exercent aucune industrie et tirent leur subsistance de leurs immenses troupeaux de chameaux, de moutons et de chèvres. Groupés en tribus et vivant sous des tentes, ils choisissent les lieux reculés et incultes, n'ayant d'autres lois que le Coran et des traditions plus ou moins anciennes, plus ou moins altérées. Chaque tribu a son Cheïkh ou chef qui jouit d'une autorité absolue. Ils sont alertes, sobres, généreux et hospitaliers. Excellents cavaliers, armés de lances, de sabres et de pistolets, ils pillent parfois les champs, les villages, et dévalisent les voyageurs, moins souvent pourtant qu'ils ne le souhaiteraient. Quant à la population indigène de la Palestine, elle se compose de Syriens qui forment presqu'entièrement le peuple des campagnes. Ils se font remarquer par l'animation de leur physionomie et par la dignité de leur démarche et de leurs mouvements. Ils sont patients et généreux, excepté dans les localités fréquentées par les Européens, auxquels ils ne vendent rien qu'à des prix exorbitants.

Les Turcs sont peu nombreux en Palestine. Ils habitent les villes, exercent les hautes fonctions et parlent communément leur propre langue.

3. Gouvernement.

FORME. Le gouvernement de la Turquie est une monarchie absolue dans la forme, mais tempérée dans la réalité, d'abord

par les institutions et les conditions mêmes de la souveraineté, ensuite par les mœurs qui là, comme ailleurs, modifient ou limitent même, jusqu'à un certain point, l'action du pouvoir. Dépositaire de la loi le Sultan ou Padischah la fait exécuter, et aussi la tempère par l'intermédiaire du Vizir, chef suprême de l'administration, et par celui du Moufti, chef des Ulémas (1). Les conditions, que l'autorité suprême s'est faite à elle-même, se trouvent résumées dans le khatti-chérif de Gulhaneh, promulgué le 3 novembre 1844, cinq ans après l'avènement d'Abdul-Medjid, et portant sur trois points principaux: 1° garanties propres à assurer à tous les sujets de l'empire l'entière sécurité de la vie, de l'honneur et de la fortune; 2° assiette et levée des impôts; 3° levée des soldats et durée du service. Ce ne sont là que des principes abstraits que le tanzimatt (recueil de lois) a développés et convertis en loi. Le tanzimatt se divise en quatre parties: 1o conseils du gouvernement; 2o division administrative et financière; 3° offices judiciaires: 4° emplois de l'épée. Il serait exagéré de nier les heureux résultats qu'il a déjà opérés; mais la vérité oblige à dire que ces principes ont trouvé dans les mœurs une résistance dont ils sont loin d'avoir triomphé.

MINISTÈRE. Les ministres d'Etat, décorés du titre de Mouchirs, ont des attributions à peu près analogues à celles des ministres dans les autres Etats de l'Europe. Assistés de fonctionnaires du premier rang, ils composent avec le Cheïkh elIslam et sous la présidence du Vizir, le conseil privé qui délibère sur toutes les questions d'intérêt général et de politique extérieure. Dix conseils supérieurs complètent cette organisation: 1° le conseil d'Etat; 2° celui de l'administration publique; 3° de la guerre; 4° de l'artillerie; 5° de l'amirauté; 6° des comptes; 7° de l'agriculture; 8° des mines; 9° de la police; 10° des fabriques militaires. Le Divan ou Chancellerie d'Etat comprend la généralité des emplois qualifiés emplois de la plume.

(1) L'insurrection de l'Herzégovine et du Monténégro en 1875-1876, suivie de la guerre de la Servie, et la situation précaire dans laquelle se trouvait la Turquie, au moment où l'armée russe passa le Danube, décidèrent le Sultan à instituer une chambre de députés et à partager avec elle le pouvoir législatif; mais c'est là un fait exceptionnel et unique dans l'histoire de l'empire ottoman; aussi depuis longtemps déjà les députés ne sont-ils plus convoqués.

MAISON IMPÉRIALE. Le Sultan avait autrefois son trésor particulier (khazneh), dont les ressources annuelles dépassaient celles de l'impôt. Il reçoit maintenant une liste civile fixée, pour chaque année, à 75 milions de piastres (17,250,000 fr.) destinés à pourvoir à l'entretien de sa maison. La modicité relative de cette somme fait pressentir combien doit avoir perdu de son éclat et de son luxe la cour des Sultans, jadis proverbiale sous ce rapport.

4. Divisions administratives.

Le territoire de l'empire ottoman est divisé depuis 1863 en gouvernements généraux (vilayets), dont l'administrateur prend le titre de Ouâli (gouverneur général), suivant l'importance de la conscription à la tête de laquelle il se trouve. Les Ouâli sont nommés par le Sultan et assistés d'un Conseil d'administration, dont les éléments sont empruntés aux diverses populations musulmanes et non musulmanes de la province. Chaque Vilayet se subdivise en Sandjaks ou Liouas (arrondissements); les Liouas se subdivisent en Kazas (cantons ou districts); les Kazas, à leur tour, se subdivisent en Nahiés (communes).

Le Liouas est administré par un Moutessaref ou Kaïmakam (préfet), nommé également par le sultan, et assisté d'un conseil d'administration (medjlis) qui veille à l'assiette de l'impôt. Le Kaza est administré par un Moudir (sous-préfet) qui relève du Moutessaref et est assisté d'un conseil cantonal. Les Nahiés ont à leur tête des Moukhtars (maires) élus par les habitants; ils sont assistés d'un conseil, dit des anciens, qui veille à la répartition des impôts et remplit l'office d'un tribunal de paix. Disons en passant que les populations latine, grecque, arménienne et juive sont représentées dans le conseil par les évêques et les rabbins, et qu'à côté se trouvent des âzza-medjlis. La création de cette institution, dont le caractère libéral est frappant, remonte au khatti-chérif de Gulhaneh (1844).

5. Impôts.

La Palestine est soumise aux impôts suivants:

1o Le Verko. (impôt sur les immeubles). Les terrains sont taxés à 4 pour 1000 en raison de leur valeur; mais les terrains aux alentours de Jérusalem paient un impôt de 8 pour 1000, seulement ils sont exempts de la dîme.—Les maisons louées, et celles dont la valeur dépasse 20,000 piastres, subissent un

impôt de 8 pour 1000; toutes les autres maisons sont taxées 4 pour 1000. Les maisons, situées dans l'enceinte de Jérusalem, seules sont exemptes d'impôt.

2' La Dime. C'est l'impôt que l'Etat, censé propriétaire du sol, prélève sur les productions de la terre. Quant aux animaux, dont l'elévage se rattache à l'économie rurale, les chèvres et les moutons paient annuellement 3 piastres par tête. Les chameaux, les chevaux, les bœufs et les ânes sont exempts d'impôts, mais, en cas de vente, le vendeur paie 2 piastres par tête. Une voiture de place paie 1 fr. 12 par jour à la municipalité. 3 L'Ascarieh (impôt pour l'exonération du service militaire). Tout homme qui ne professe pas la religion mahométane, est tenu de payer annuellement au gouvernement la somme de 38 piastres, et par là il se trouve libéré du service militaire.

4° Les Douanes. Les douanes prélèvent, sur toutes les marchandises sans distinction importées dans l'empire ottoman, un droit fixe et invariable de 8 0,0 et de 1 0/0 sur les marchandises exportées.

5 Les Droits de succession. Les héritiers paient 4 pour 1000 de leur héritage.

6o Les Impóts indirects. Tels sont les droits de patente pour la vente du tabac et des spiritueux; les droits sur les timbres; etc. Les marchands et ceux qui professent un art ou un métier paient 3 0,0 sur leurs bénéfices. (1)

6. Religion.

1er RELIGION D'ÉTAT.

La religion de l'empire turc est le Mahométisme professé par la grande maj›rité des habitants. Tout homme, qui ne le pratique pas, est plus ou moins méprisé du peuple et du gouvernement. Les plus opposés à leur culte, ceux que la loi ne leur permet pas de tolérer, ce sont les idolâtres, et après eux, les chrétiens en général, sans exception de rite. Les chrétiens, même ceux qui sont sujets ottomans, ne peuvent jamais jouir de tous les droits d'enfants du pays.

Hiérarchie.

Jusqu'à un certain point le Sultan est à la fois le chef du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Je dis

(1) Les marchands et les artisans qui habitent la ville de Jérusalem sont exempts de cet impôt.

1. P.

5

« PreviousContinue »