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3. Unité monétaire.

L'unité monétaire est la piastre,

en arabe kerch (au pluriel kroûch). La piastre vaut invariablement 40 paras ou fâddah; le para vaut au moins la moitié d'un centime, quelquefois davantage (1).

4. Banques. Les voyageurs qui n'auraient pas emporté tout l'argent nécessaire pour le voyage, devront s'adresser aux correspondants des banquiers d'Europe qui leur ont ouvert un crédit sur les villes de Jérusalem et de Beyrouth.

9. Mœurs. Usages.

1. Circoncision. C'est à l'âge de 6 à 7 ans et même plus tard que sont circoncis les fils des musulmans. Cette cérémonie légale et religieuse s'exécute quelquefois avec pompe. L'enfant, appelé à subir cette opération, est conduit processionnellement dans les rues; il porte d'ordinaire un turban et des vêtements de jeune fille aussi précieux que possible. Monté sur un cheval richement harnaché, parfois sur un chameau, il doit se couvrir la moitié de la figure d'une pièce d'étoffe. En tête du cortège et entouré de musiciens, marche le barbier qui doit pratiquer la mutilation. Quelquefois l'on conduit ainsi plusieurs jeunes garçons ensemble.

2. Mariage. Les jeunes filles sont mariées à 10 ou 12 ans et quelquefois même plus tôt. Ce sont des parentes ou des entremetteuses qui procurent au jeune homme la fiancée, mais à moins que celle-ci n'appartienne à une classe tout à fait inférieure, le jeune homme ne doit la voir que le jour de son mariage. L'accord fait, on traite la question de la dot qui varie beaucoup selon les circonstances. Ordinairement les deux tiers de la somme, sur tanlaquelle on marchande sans fin, sont payés immédiatement, dis que l'autre tiers est réservé à la future pour le cas où son mari viendrait à mourir ou bien lui imposerait le divorce (2). Avant la noce, lors du cortège nuptial, la fiancée, pompeusement parée, est conduite au bain. Cette procession s'appelle la Zeffet el-hhammâme. En tête marche la musique composée d'un ou deux hautbois et de tambours; après eux s'avancent deux à deux les amis

(1) Les voyageurs auront soin de ne pas recevoir de pièces de monnaie trouées ou trop usées de peur de les voir refuser. Il importe également que les pièces rendent un son clair lorsqu'elles trébuchent; celles qui sont félées ou dont le son est douteux sont généralement refusées.

(2) Les Musulmans ne peuvent pas renvoyer leur femme ni en épouser une antre, sans se présenter à qui de droit, avec des témoins.

et les parents mariés de la fiancée, et à leur suite un certain nombre de jeunes filles. Le costume, que revêt la fiancée, la cache complétement aux regards; d'ordinaire elle est enveloppée dans un châle de cachemire et porte sur la tête un bonnet ou une couronne. D'autres musiciens ferment le cortège qui observe une marche très lente. Les cris de joie, que poussent à chacun des actes importants les femmes de la classe inférieure, s'appellent Zagnârît. C'est dans le même appareil que la nouvelle épouse est reconduite chez son mari.

3. Convoi funèbre. Les funérailles, chez les Mahométans, offrent des particularités qui ne manquent pas d'un certain intérêt. Lorsqu'une personne meurt dans la matinée, l'enterrement se fait le jour même; il est rare qu'on le remette au lendemain. Immédiatement après le décès on lave le corps du défunt, et, tandis que des maîtres d'école récitent certains chapitres du Coran, la famille assistée de pleureuses (mèndabeh), témoigne par des cris et des gémissements sa profonde douleur.

Ces préliminaires achevés, on procède à l'enterrement solennel. En tête du cortège marchent les pauvres, au nombre de six au moins (1), chantant la profession de foi musulmane: « il n'y a d'autre Dieu que Dieu; Mahomet est l'envoyé de Dieu; Dieu lui soit propice et le garde. A ce groupe succèdent les femmes du défunt en grand deuil, les cheveux épars, accompagnées de pleureuses qui ont soin d'entrecouper de sanglots les éloges qu'elles donnent au défunt. Viennent ensuite les porte-drapeau et enfin le cercueil, ou, pour mieux dire, la civière, sur laquelle est étendu, la tête en avant, le cadavre enveloppé dans un linceul, et porté par trois ou quatre amis qui se relaient de distance en distance. La procession se dirige tout d'abord vers une mosquée dont le Saint inspire le plus de confiance; on y récite quelques prières, après quoi on se rend avec le même cérémonial au lieu de la sépulture. D'autres prières se disent près de la fosse, et le corps, la tête tournée vers la Mecque, est déposé dans sa dernière demeure. AVERTISSEMENT. Pour ne pas s'attirer des désagréments qui pourraient devenir tout à fait fâcheux, le Pèlerin évitera de s'arrêter trop près des personnes du sexe, soit pour les regarder, soit pour considérer leur étrange coiffure; car, principalement dans l'intérieur du pays, les habitants sont généralement jaloux et très soupçonneux. Le danger n'en serait pas moins

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1) On choisit de préférence ceux qui sont aveugles.

grand si, rencontrant de petites fiilles, on se mettait à leur faire quelques caresses, quoiqu'innocentes du reste.

SECTION V.

Langue.

1. Notions préliminaires.

De la langue. — La langue officielle de la Palestine, comme de toute la Turquie, est la langue turque. Cependant, dans les villes fréquentées par les voyageurs, on rencontre des indigènes qui savent parler une ou plusieurs langues européennes, principalement le français, l'italien, l'allemand, l'anglais, l'espagnol. Mais la langue du peuple est l'arabe. J'ai cru faire une chose tout à la fois utile et agréable aux voyageurs, en leur donnant un petit vocabulaire français-arabe qui contient les expressions les plus usuelles.

2. Prononciation. — Il y a deux formes verbales dont la première exprime le temps passé, et la seconde, à la fois le temps présent et le temps futur. L'alphabet français n'a aucune lettre qui puisse rendre exactement le son de la lettre ain. Pour en approcher le plus possible, je me suis servi de deux A (aa) dont le premier porte un accent circonflexe comme devant être prononcé plus long que le second; cependant, tous les. deux n'ont que la valeur d'un A guttural. La lettre he indique une aspiration gutturale forte, difficile à exprimer pour les Européens et dont le son ne peut être rendu par aucune de nos lettres; je la représente par deux hh. Une autre hé, dont le son est plus gutural encore, je l'ai rendu par la syllabe, khé. Le ghain est une lettre également difficile à prononcer. Le véritable son est un R fortement grassayé: on peut le rendre par rh ou gh; je me suis servi, de préférence, de la dernière transcription. Le h qu'on trouve fréquemment à la fin des mots est muet, il sert à faire prononcer l'E qui le précède comme l'E en latin.

2. Traduction de quelques mots
arabes très en usage.

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Moaddenn.

Petit amas de pierres.

Chantre ou crieur musulman qui annonce l'heure de la prière..

Mihhrâb.

Niche vers laquelle les mahométans se tour

nent pour prier.

Mêdaneh. Minaret. Tour d'où le Moaddenn annonce l'heure de

Mânbar.

Moghârat.

Moukâri.

Nahr.

Narghileh.

Quâdi.

Quèli.

Keurch.

Aaloueh.
Rase.

la priêre musulmane.

Chaire.

Grotte.

Muletier. T

Fleuve, rivière, torrent.

Instrument à fumer du tabac persan.
Vallée.

Petit monument funèbre en vénération.
Pièce de monnaie turque d'environ 20 cen-
times selon les contrées.

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Charbâte."

Talâah.

Zâouieh.

Angle.

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