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2. Avec beaucoup règle d'après les bagages.

Le prix du passage se

de bagages.

Observation. Le bateliers ne sont jamais satisfaits de ce qu'on leur donne; mais il ne faut pas prêter l'oreille à leurs réclamations.

PRIX DES PORTEURS A TERRE. Lorsque le petit débarcadère de Jaffa est trop encombré, les bateliers arrêtent leurs barques à une certaine distance du rivage, et puis, comme ils sont solides et robustes, ils entrent dans l'eau, offrent leur dos aux passagers et les déposent sur la terre ferme. Si ce sont des dames, ils les portent assises sur leurs mains fortement croisées, et tout cela d'une façon très convenable. Le salaire de ces hommes est ordinairement d'une piastre (20 c.) par personne.

2. Débarcadère. - Deux sortes de gens attendent ici le Pèlerin. Ce sont: 1° le vérificateur des Passe-Ports; 2° les portefaix à la Douane. Souvent ces deux sortes d'hommes occupent le voyageur dans le même moment, de sorte qu'il doit faire provision de sang-froid, de patience et de fermeté.

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Vérificateur DES PASSE-PORTS. Quand on débarque, on se trouve de suite en présence d'un employé du gouvernement qui est là posté pour examiner les Passe-Ports, qu'il remet à chacun après en avoir pris connaissance. Personne n'échappe à cette formalité.

PORTEFAIX A LA DOUANE.

A peine les passagers ont-ils mis pied à terre, que les portefaix cherchent à s'emparer de leurs bagages, afin de les porter à la Douane où il faudra les rétribuer. Si donc on ne veut livrer ses bagages à personne, il faut

les garder par devers soi et continuer son chemin jusqu'à l'arrivée à la douane, qui d'ailleurs n'est pas difficile à trouver: le bureau de la douane est sur le bord du débarcadère. La plupart des voyageurs ont avec eux une infinité de menus bagages, tels que boîte à chapeau, sac de nuit, etc. et s'ils ne sont pas sur leurs gardes, voilà que chacun de ces objets va être saisi par un indigène qui le portera à la Douane et se fera payer à qui mieux mieux. Pour obvier à ces inconvénients, le voyageur fera bien de débarquer d'abord et de recevoir lui-mème ses bagages pour les faire prendre ensuite par les portefaix qu'il aura choisis, sans permettre à d'autres d'y toucher, dût-il employer pour cela des moyens énergiques, les seuls capables dans ces rencontres de mettre ces gens-là à la raison. En tout cas il ne faudra pas donner plus d'une demi-piastre (10 cent.) ou tout au plus une piastre entière pour chacun des objets dont ils se seraient emparés avant d'avoir eu le temps d'y penser. 3. Douane. - La visite à la Douane n'est pas sévère. Les douaniers n'ont pas l'habitude de fouiller minutieusement les malles des voyageurs, mais aussi, eu égard à cette délicatesse de procédés, espèrent-ils un pourboire qu'on leur donne bien volontiers, et qu'ils acceptent tel quel sans aucune difficulté. 4. Portefaix à domicile. Les portefaix, qui font le trajet de la Douane à domicile, sont payés d'après la distance; par exemple: de la Douane jusqu'au couvent des Pères Franciscains, il suffit de donner deux piastres et demie (50 c.) à chaque porteur, pourvu toutefois que les bagages ne soient pas trop lourds. Dans ce cas, on pourrait donner quelques centimes de plus.

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5. Logements. COUVENT. Les Pères de Terre-Sainte offrent une hospitalité gratuite à tous les Pèlerins, riches et pauvres. Tous sont accueillis avec la même charité et cordialité que s'ils étaient des parents, des amis et même des frères, et cela sans aucune distinction de nationalité ni de religion. Les Pères Franciscains font tout leur possible pour leur fournir une table abondamment servie et des mets convenablement préparés. Leur couvent est situé à deux pas du débarcadère, et la porte d'entrée, au-dessus de laquelle se trouve l'inscription suivante: Hospitium latinum, s'ouvre sur le quai. On y jouit d'un bon air et d'une belle vue sur la Méditerranée.

HÔTELS. Au dehors de Jaffa, il y a trois hôtels où l'on est également bien servi. Le premier porte le nom d' Hôtel

Howard; il est tenu par M' Howard, maronite. Prix: 7 à 12 fr. par jour, vin non compris. Le second se nomme Hôtel de la Colonie; il est tenu par M E. Hardegg. Prix: 7 à 10 fr. par jour, vin non compris. Le troisième, c'est le Grand Oriental situé dans la colonie Allemande et tenu par M Ed. Peyrer. Prix de 8 à 12 fr. par jour, vin ordinaire compris.

6. Drogmans. Jaffa a plusieurs drogmans dont voici les noms: ALI CAPTAN, mahométan, parlant l'anglais et l'arabe; HOWARD, maronite, qui parle le français, l'anglais et l'arabe; Dimitri Benath; Halil Ghandour, Jean Tamâri, Salem Mouça.

II. Historique.

Yaffa, Yoppé (agréable) ou Jaffa, passe pour une des plus anciennes villes du monde. La tradition la fait exister avant le déluge. C'est à Jaffa, dit-on, que Noé construisit l'arche selon l'ordre qu'il en avait reçu de Dieu. (1) Détruite par les eaux qui couvrirent la terre, elle fut de nouveau rebâtie par Japhet (fils de Noé) dont elle prit le nom.

Avant l'entrée des Israélites dans la Terre-Promise, les habitants de Jaffa adoraient Ceto (2), divinité fabuleuse moitié femme et moitié poisson. Dans le partage que Josué fit de la terre de Chanaan au peuple de Dieu, Jaffa échut à la tribu de Dan (3). On ne peut dire à quelle époque précise elle est devenue un des ports de la Méditerranée; mais la Bible nous fait connaître positivement que les bois coupés sur le Liban pour être employés à la construction du temple du vrai Dieu, y furent transportés sur des radeaux par les soins d'Hiram, roi de Tyr (4). C'est encore là que s'embarqua, sur un vaisseau faisant voile pour Tharsis, le prophète Jonas qui avait reçu du Seigneur la mission de se rendre à Ninive pour y prêcher la pénitence; et c'est là qu'il cherchait à se soustraire à cet ordre divin (5).

L'an 164 av. J.-C., Judas Machabée, pour venger la mort de 200 Juifs que les habitants de Jaffa avaient traîtreusement noyés, incendia la ville, détruisit le port, et fit périr par l'épée tous ceux qui avaient échappé aux flammes (6).

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Peu après Jaffa fut relevée et occupée par les troupes d'Apollonius général de Démétrius; puis les Machabées, Simon et Jonathas, vinrent s'en emparer (1). Immédiatement après la sortie de ce héros, les habitants se déclarèrent une seconde fois pour Démétrius; mais Simon reprit la ville de force et y plaça une bonne garnison (2). Ce vaillant guerrier, ayant vaincu tous ses ennemis, rétablit la paix en Judée. Ce pays devint alors très florissant; profitant de ce calme, Simon fortifia Jaffa et rétablit son port (3). Cependant, suivant le témoignage de l'historien juif, ce port paraît n'avoir prêté de tout temps qu'un très faible abri aux navigateurs qui y cherchaient un refuge contre la tempête (4). Les vents y accumulaient une telle quantité de sable, que les navires chargés, ne pouvant y entrer, étaient obligés, s'ils voulaient séjourner, de jeter, comme ils le font encore aujourd'hui, l'ancre en pleine mer. C'est pour parer à ce grave inconvénient qu' Hérode-le-Grand construisit plus tard, à Césarée, un autre port moins exposé aux vents du S. O. Pompée déclara Jaffa ville libre, appartenant à la province de Syrie (5). Pendant quelque temps elle fut en la possession de Cléopâtre qui l'avait reçue d'Antoine; mais, après la bataille d'Actium, Auguste la donna à Hérode (6). Après la mort d'Hérode, Auguste ayant partagé le royaume entre les fils de ce monarque, Jaffa passa sous l'autorité de l'Ethnarque Archélaüs qui la gouverna jusqu'à l'an 6 de notre ère.

Aux premiers jours du christianisme, Jaffa compta dans son sein un certain nombre d'adorateurs de J.-C. Elle fut, dans la résurrection de Tabithe, le théâtre de l'un des plus grands miracles de St Pierre. Plus tard, lorsqu'eut éclaté l'insurrections des Juifs contre les Romains, le proconsul Cestius s'en empara, et, après l'avoir pillée, la brûla et en mit à mort les habitants au nombre de 8,400 (7). Rebâtie bientôt après par les Juifs révoltés qui infestaient les côtes de la Syrie, elle devint un véritable nid de pirates. (8) Pour mettre un terme à leur brigandage, Vespasien leur reprit cette ville pendant la nuit et la détruisit de fond en comble, après les avoir tous massacrès.

(1) I Mach. X, 75.

(3) I Mach. XIV, 5 et 34.
(5) Flav. Jos. Ant. 1. XIV, 8.
(7) Flav. Jos. G. 1. II, 27.

(2) I Mach. XII, 33.

(4) Flav. Jos. Ant. 1. XV, 13.
(6) Flav. Jos. Ant. 1. XV, 11.
(S) Flav. Jos. G. L. II, 37.

A la place, il bâtit une citadelle (1) qui ne tarda pas à être entourée d'une nouvelle ville. A partir du règne de Constantin, Jaffa devint le siège d'un évêché jusqu'en 636, époque de l'invasion arabe. En 1099, les Croisés, ayant trouvé la ville abandonnée par les musulmans, se contentèrent d'en occuper la citadelle; mais, après la prise de Jérusalem, Godefroid de Bouillon donna ordre de la fortifier, afin qu'elle pût offrir un asile sûr aux pèlerins qui y débarqueraient. Il en donna de plus la possession à Roger, seigneur de Rosay; mais celui-ci ne jouit pas longtemps seul des revenus qu'elle lui rapportait; car Baudouin ler, ayant succédé à Godefroid, en attribua une partie à Gérard, chevalier de sa maison, en récompense des services que ce dernier lui avait rendus pendant la guerre (2). En 1103, Baudouin I concéda l'église de St Pierre de Jaffa aux chanoines du St Sépulcre, et embellit la ville qui fut érigée en comté. Baudouin II la donna à Hugues du Puiset, comte de Roucy. Celui-ci étant mort en 1122, son fils Hugues lui succéda. Plus tard, (1150), Jaffa appartenait à Amauri, frère de Baudouin III. Baudouin commença par remettre à la communauté des Pisans la moitié des droits de leurs marchandises; puis il leur donna une rue pour y bâtir des maisons, et enfin une place, pour y construire une église. Vers 1176, Guillaume, marquis de Montferrat, surnommé Longue-Epée, fut créé comte de Jaffa et d'Ascalon. Guillaume étant mort, Guy de Lusignan épousa sa veuve et fut mis par ce mariage en possession du comté. Après la malheureuse bataille de la plaine d'Hattine, Jaffa fut prise par Salah ed-Dine (Saladin) et démantelée; mais par la trève conclue après la bataille d'Arsur, en 1192, entre Salah ed-Dine et Richard Coeur-de-Lion, elle fut rendue aux chrétiens. C'est alors que Richard en rebâtit les fortifications, et la restitua à Geoffroy, frère de Guy de Lusignan. (3) Après la mort de celui-ci, elle fut gouvernée par Amauri frère de Geoffroy; mais Amauri ou Aimeri, ayant été appelé à la souveraineté de Chypre, fut obligé de céder Jaffa à Henri, comte de Champagne (4). En 1197, Mélek-el-Adel, sultan d'Egypte, s'en empara et fit passer au fil de lépée 20,000

(1) Flav. Jos. G. I. III, 29.
(3) Familles d'outre-mer, p. 344.

(2) Familles d'outre-mer, p. 338. (4) Familles d'outre-mer, p. 346.

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