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catalogues de la Bibliothèque nationale et des Archives, les tables de Brequigny et Pardessus. Sortant un moment de France, M. Franklin parle des Calendar of state papers, dont certaines séries sont d'une grande importance pour notre histoire nationale.

La 2e série est consacrée aux recueils de documents. L'auteur décrit successivement, en en faisant l'histoire et en en donnant le contenu, les grandes collections de Labbe, d'Achery, Mabillon, Martène, Montfaucon et des bénédictins de SaintMaur; il n'a garde d'oublier les Monumenta Germaniæ historica, de Pertz, nécessaires surtout pour l'histoire de nos premières races; puis viennent la collection de documents inédits relatifs à l'histoire de France, la collection de chroniques belges inédites; les publications de la Société de l'histoire de France, et de la Société de l'histoire de Belgique; les diverses collections de mémoires, dont la valeur respective est bien indiquée; la collection de dissertations de Leber; les Archives curieuses de Cimber et Danjou; la Revue rétrospective de Taschereau; la Bibliothèque des Chartes, etc. Cette partie, la plus importante et la plus étendue, est complétée par l'indication d'un certain nombre d'ouvrages qui, comme les Mémoires de la Lague, les Lettres et ambassades de Philippe Canaye, les Mémoires de Saint-Simon et de Dangeau, méritent une mention spéciale, quoique n'étant pas des recueils de documents.

Dans la 3 série, histoire ecclésiastique, M. Franklin passe en revue, outre le Gallia Christiania, les collections de Labbe et de Sirmond pour les conciles; les procès-verbaux des assemblées générales du clergé. A l'histoire ecclésiastique il a rattaché avec raison les recueils des historiens des croisades, que publie l'académie des inscriptions et belles-lettres, et la grande collection de Bongars, Gesta Dei per Francos. En passant, nous souhaiterons que les écrivains, même catholiques, qui attribuent au protestant Bongars l'invention de ce titre si justifié : Gesta Dei per Francos, et qui s'arment de cette origine pour le rejeter, daignent lire à la page 500 des Sources de l'histoire de France, le paragraphe consacré à l'ouvrage de Guibert de Nogent, Historia quæ dicitur gesta Dei per Francos; ils verront que la phrase reprise par Montalembert ne vient pas d'un

protestant du 17° siècle, mais d'un prédicateur célèbre du 14o.

Les 4 autres parties sont respectivement consacrées aux recueils de lois, aux recueils généalogiques, aux finances, et enfin à l'histoire littéraire. Dans cette dernière partie figurent, outre l'œuvre magistrale des Bénédictins, plusieurs grands ouvrages relatifs à l'université de Paris, notamment celui de du Boulay.

Enfin une table alphabétique des matières excessivement complète permet de trouver immédiatement les renseignements dont on peut avoir besoin.

Ce simple exposé du travail de M. Alfred Franklin suffit pour en démontrer l'importance et l'utilité. Nous nous bornerons à ajouter que les diverses indications sont d'une précision qui ne laisse rien à désirer; les renseignements sur les diverses éditions sont complets, cependant la phrase sur la réimpression du Gallia christiana par l'éditeur Palmé, sous la direction de dom Piolin, manque de clarté et permettrait de croire que cette réimpression n'est pas encore commencée, alors que plusieurs volumes ont déjà paru.

Nous n'avons pas parlé de l'exécution matérielle de ce volume; il suffit de dire qu'elle est sous tous les rapports digne de la maison Firmin-Didot.

AMÉRIQUE. SAINT-DOMINGUE. - Découverte des restes de Christophe Colomb.

Le 10 septembre 1877, en faisant des fouilles dans la cathédrale de Santo-Domingo, capitale de la République dominicaine, à l'occasion de divers travaux de réparation, le curé Billini a trouvé, dans une excavation pratiquée sous l'emplacement du siége archiepiscopal, une boîte de plomb de 49 centimètres de long sur 20 de large et 21 de hauteur. Cette boîte, contenant des ossements humains, est gravée des caractères suivants :

Extérieurement sur le couvercle: D. de la A. Per, ate.
Extérieurement sur le coté gauche : C.

Extérieurement sur la face antérieure: C.

Extérieurement sur le côté droit : A.

Intérieurement sur le couvercle: Illtre y Esc varon du Cris

tobal Colon.

Ce que l'on suppose devoir signifier: Descubridor de la America. Primer almirante, Illustre y Esclarecido Varon Don Cristobal Colon. Ces inscriptions sont en caractères gothiques allemands.

L'exhumation a eu lieu en présence des consuls et agents consulaires des diverses nations représentées à Santo-Domingo, du conseil des ministres et d'un grand concours de population.

La tradition locale voulait qu'en 1789, après le traité de Bâle, quand le gouvernement espagnol, avant de livrer à la France la partie est de l'île de Saint-Domingue, ordonna la translation des cendres de Colomb à la Havane, un chanoine ait substitué d'autres restes à ceux de Christophe Colomb et que ceux-ci eussent été déposés dans le choeur de la cathédrale, à gauche de l'autel.

Grâce à la manoeuvre de ce chanoine, inspiré soit par un sentiment de patriotisme local, soit par le respect des dernières volontés de Colomb, fixant Santo-Domingo comme le lieu choisi pour sa sépulture, ce ne seraient pas les cendres du grand navirateur que l'Espagne posséderait à la Havane, mais probablement celles de son frère Diego. La découverte du 10 septembre semble donner raison à la tradition.

TROADE. — Les différentes Fondations et les divers emplacements de la ville de Troie.

Nous avons déjà parlé des découvertes faites par M. Schliemann, des ruines de la ville de Troie et des trésors du roi Priam (t. vi, p. 317, 402.). Depuis lors, de nouvelles découvertes ont été faites et elles ont été résumées par M. Maxime du Camp dans une brochure sur l'Emplacement de l'Ilion d'Homère. Nous en extrayons ce qui suit :

M. du Camp, qui a deux fois visité la Troade, est absolument convaincu non-seulement de la parfaite authenticité des découvertes de M. Schliemann, mais de l'exactitude de l'assimilation qu'il a faite entre la seconde couche des ruines superposées découvertes par lui et la Troie d'Homère. La comparaison des recherches archéologiques de M. Schliemann résumées et discutées avec une si haute compétence par M. du Camp, avec les études historiques, plus récentes encore de M. Gladstone, permet aujourd'hui de tenter d'esquisser le petit tableau

chronologique qui suit sur l'existence successive des diverses villes ayant occupé l'emplacement de Troie.

Au 17e siècle avant l'ère vulgaire (?), Dardanos (?) et les ancêtres des Ilens fondent, au lieu nommé aujourd'hui BouvarBaschi (?), Dardania, dont les ruines cyclopéennes sont retrouvées par Mauduit en 1811.

Au 15° siècle (?), Ilios transporte la ville au lieu nommé aujourd'hui Hissarlick; c'est la première Ilion, dont les ruines cyclopéennes, en gros blocs non équarris, sont retrouvées par Schliemann en 1873, de 16 et 14 à 10 mètres de profondeur.

Première moitié du 14° siècle (?), Hercule (?) détruit la première Ilion, et Priam (?) fonde la deuxième Ilion, dont les ruines en briques crues sont retrouvées de 10 à 7 mètres de profondeur.

Fin du 14° siècle (1317 ou 1316 environ): Troie deuxième est incendiée par les Grecs achéens.

Au 12e siècle (??). Un peuple inconnu fonde une troisième Ilion dont les ruines, trouvées de 7 à 5 mètres, sont celles d'habitations en pierres reliées par de l'argile.

Au 10e siècle (??). Une autre peuplade inconnue fonde une quatrième Ilion, dont les ruines, trouvées de 5 à 4 mètres, seat celles de maisons de bois incendiées par les Grecs lydiens.

Fin du 8e siècle : les Lydiens fondent la cinquième Ilion, dont les ruines, en pierres reliées à la chaux, sont retrouvées de 4 à 2 mètres de profondeur.

Fin du 4° siècle avant l'ère vulgaire Lysimaque fonde la sixième Ilion, ville gréco-romaine; les ruines en sont retrouvées de 2 mètres de profondeur à la surface.

Milieu du 4 siècle après notre ère: Ilion gréco-romaine est détruite par Constance II.

Il est bien entendu que certaines époques sont plutôt destinées à arrêter la mémoire qu'à indiquer des dates précises; mais enfin, si nous avons pu former ce court tableau, c'est grâce aux études des hommes éminents qui, dans ces dernières années, ont repris par la base cette question; car le propre des recherches faites par les esprits supérieurs est précisément de présenter les sujets sous de nouveaux points de vue, qui ouvrent à l'étude un champ où tout homme de bonne volonté peut glaner. Charles BOISSAY.

Le Directeur-Gérant: A. BONNETTY.

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DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE.
Numéro 94. - Octobre 1878.

Enseignement Catholique.

CONFERENCES SUR LA THÉOLOGIE dans ses Rapports avec la Philosophie.

DERNIÈRE CONFÉRENCE DOGMATIQUE DE LA 1re ANNÉE 1834-1835 1. Le péché originel.

Nous avons supposé dans ce qui précède le péché originel. Il nous faut présentement examiner en elle-même et résoudre cette question: La nature humaine est-elle dans un état de maladie ou dans un état de santé? Cette question est en quelque sorte le mystère fondamental du Christianisme, en ce sens qu'il est impossible d'entendre les enseignements de l'Eglise, relativement au dogme de la Rédemption, si l'on n'admet pas le péché originel.

La solution de cette question est aussi très-importante dans le point de vue philosophique, puisque l'aspect sous lequel on considère le genre humain doit varier suivant que l'on admet que la nature humaine est dans un état de santé ou dans un état de maladie. Nous ne nous occuperons actuellement que de constater l'enseignement de la Tradition, relativement à cette question.

L'enseignement de l'Eglise, relativement à la nature humaine, se rapporte à trois principes:

1° Elle nous apprend : l'existence d'un état supérieur ; 2o Le péché ;

3o La transmission du péché.

I. Relativement au premier principe, la tradition nous ap

Voir le dernier article au N° précédent, ci-dessus, p. 165.
VI SÉRIE. TOME XVI.- No 94; 1878 (95° vol. de la coll.)

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