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et par la version syriaque : « L'asceticon des moines de Tabennisi »; c'est une suite de récits, analogues à ceux de l'histoire lausiaque, car il y a analogie complète pour les titres et la disposition des matières : l'histoire lausiaque porte les titres suivants : (XXXVIII) Vie de l'abbé Pacôme et de ceux qui étaient avec lui; (XXXIX) Vie de l'abbé Aphthonios; (XL) D'une vierge sur laquelle on avait porté un faux témoignage; (XLI) D'une vierge qui simulait la folie; (XL) De saint Pitiroum. Les mss. grecs édités par les Bollandistes renferment des titres analogues non reproduits dans l'édition : Le ms. de Milan après la Vie de saint Pacôme portait le texte qui nous occupe sous le titre : Vita ex asceticis de iisdem capita XIV et chacun de ces quatorze chapitres avait son titre Sur saint Théodore, etc., jusqu'à la fin '. Le ms. de Florence déjà cité (Plut. XI, Cod. IX) porte le titre adopté par les Bollandistes: 'Ex To Bíou TOU żyίou Пxyouμíou, puis (p. 191 v. à 200 v.) compte dix-huit chapitres et leur donne les titres suivants : 1. Περὶ τοῦ ἁγίου Θεοδώρου (cf. infra ? 9). ΙΙ. Περὶ Σιλ βανοῦ (% 12). ΙΙΙ. Περὶ τοῦ ἄνευ ψαλμῶν ταφέντος ἀδελφοῦ (% 17). IV. Sans titre (? 26?). V. Περὶ τοῦ θέλοντος μαρτυρῆσαι ἀδελφοῦ (8 36). VI. Sans titre (3 52?). VII. Περὶ τῆς θεωρίας τῆς ψυχῆς (3 20). VIII. Περὶ τῶν δαιμόνων τῶν λεγόντων· ἴδε ὁ εὐλογημένος ἄνθρωπος τοῦ Θεοῦ ( 22). ΙΧ. Περὶ τῆς ἀποκαλύψεως (8 28). Χ. Περὶ τῶν ἑκατὸν νομισμάτων του σίτου ( 33). ΧΙ. Περὶ τῆς νυκτερινῆς φαντασίας (β 39). ΧΙ. Περὶ τοῦ Ῥωμαίου ( 44). XIII. Περὶ τῆς συκῆς (? 46). XIV. Περὶ τοῦ εὐκτηρίου ( 50). XV. Περὶ τῶν τὰ τρίχινα φορούντων αἱρετικῶν (? 51). XVI. Περὶ τοῦ δείξαντος τὰ ψιαθία ἃ ἐποίησεν (3 66). XVII. Περὶ τοῦ κελέφου ( 67). XVIII. Κατὰ εἰδωλολατρείας. Ce dernier chapitre semble appartenir en propre à la rédaction du ms. de Florence.

Les mss. présentent donc cette pièce comme un extrait « ex Asceticis >> ou « Ex ToỮ Bíou ». C'est, selon nous, un extrait de la Vie A (cf. infra II, 1o, p. 412) [ou plutôt de son prototype] légèrement remanié pour compléter l'histoire lausiaque3. Cet extrait a été inséré dans certains mss. de l'histoire lausiaque où le traducteur syriaque l'a trouvé et traduit. Nous désignerons cette édition par P ou Paral.

1. Acta SS., Maii, III, p. 333. Notons que ce ms. de Milan semble n'avoir été utilisé ni pour la fin de la Vie précédente ni pour celle-ci, car on lit, p. 44, * note cc: Ad alia festinantibus, non licuit ecgraphi nostri Florentini partem reliquam cum iis conferre verbotenus satisque habuimus raptim dispicere et cognoscere quod eadem utrobique contineretur sententia, sola quandoque verborum lectione variante. Il reste à savoir quels chapitres manquaient dans le ms. de Milan, car le manuscrit de Florence en a dix-huit au lieu de quatorze; l'ordre des deux mss. est-il le même? la rédaction de Milan n'est-elle pas celle de AD?

2. Catalogus codicum mss. bibliothecæ Medicex laurentianæ... A. M. BANDINUS, t. I, Plut. XI, Cod. IX, Florence, 1764.

3. Le compilateur a donc omis la règle de Pacôme qui figure au commencement de A (infra § 1 à 8) parce qu'elle se trouvait déjà dans l'histoire lausiaque. Il a commencé ses extraits au § 9 (infra p. 430).

5o Une version syriaque très ancienne dont il ne semble exister qu'une seule rédaction. On la trouve dans le Paradisus Patrum compilé à la fin du VII° siècle par Enanjésu, moine Nestorien du couvent de Beit-Abé, à la demande du patriarche Georges (661 à 680)'. Cette version syriaque semble plus ancienne qu'Enanjésu, car elle se trouve déjà parmi les récits relatifs aux pères Égyptiens dans un ms. de Londres du vir° siècle : add. 17173. Ce manuscrit renferme : fol. 82, des récits sur les pères Égyptiens; fol. 90 vo, l'Asceticon des moines de Pacôme; fol. 109 vo, la vie de Malchus; fol. 115 ro, la vie de Jean de Lycopolis. Le syriaque traduit, sans doute possible, le texte des Paralipomena y compris la courte introduction, mais sans le chapitre XVIII contre l'idolâtrie. De plus le syriaque suit l'ordre non des Paralipomena mais des mss. AD (cf. infra II, 1o et 2o) et représente donc un état intermédiaire. Il semble que le texte commun aux mss. AD a été inséré dans le même ordre, mais avec quelques modifications de rédaction, dans un manuscrit grec du Paradisus Patrum. Ce manuscrit grec a été traduit en syriaque (d'où l'add. 17173), puis cette traduction syriaque a été comprise telle quelle à la fin du VII° siècle dans la compilation d'Ebedjésu. Le même texte grec a été extrait à nouveau du manuscrit du Paradisus Patrum (ex Asceticis ou iz toũ Bíov), à l'exclusion des récits de l'histoire lausiaque, pour compléter la Vie de Pacôme des Acta. On a interverti cette fois plusieurs paragraphes et on a ajouté à la fin un long sermon sur l'idolâtrie pour constituer ainsi les Paralipomena3.

La version syriaque a été éditée par le R. P. Bedjan' et, plus récemment, par M. W. Budge. Nous la désignons par la lettre S et en donnons une traduction française.

1. Cf. W. WRIGHT, Syriac literature, Londres, 1894, p. 174 à 176 et R. Duval, La littérature syriaque, Paris, 1899, p. 156 à 157.

2. La version syriaque est encore contenue dans la première partie du ms. du British Museum add. 12175 qui est du viro ou du vire siècle; dans le ms. de Berlin Sachau 321 qui est daté par M. Sachau de l'an 741 et pår M. M.-A. Kugener du ix° siècle (cf. Patrologie Orientale, t. II, p. 205, note 1); dans les mss. syriaques de Paris 234, du xir° siècle, et 236 du x11o, enfin dans les mss. nestoriens qui renferment la compilation d'Ebedjésu éditée par le R. P. Bedjan (Acta martyrum et sanctorum, t. VII) et par M. Budge (The book of Paradise, Londres, 1904, cité plus bas). Notons que le ms. de Londres add. 14668, daté de 866, en contient aussi un fragment.

3. L'édition des Paralipomena donnée par les Bollandistes est divisée en 41 paragraphes. Voici l'ordre primitif conservé par AD et par le syriaque et l'arabe : 1 à 6 (= § 9 à 18 infra); 13 à 16 (= § 20 à 25); 7 (= § 26 à 27); 17 à 23 (= § 28 à 35); 8 à 11 (= § 36 à 38); 24 à 33 (= § 39 à 51a); 12 (= § 52); 34 à 36 (= § 66 à 68). Enfin 37 à 41 correspondent à l'addition contre l'idolâtrie.

4. Acta martyrum et sanctorum, t. V, Paris, 1895, pp. 122 à 176 et 701 à 704.

5. The book of Paradise of Palladius edited and translated by E. A. WALLIS Budge, 2 vol., Londres, 1904. Nous nous sommes assuré que les deux éditions reproduisent le même texte. Leurs différences sont de l'ordre des variantes que le R. P. Bedjan a données

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6° Plusieurs versions coptes éditées et traduites par M. Amélineau dans les Annales du Musée Guimet, t. XVII, Paris, 1889, pp. 1-334, et dans les Mémoires de la Mission archéologique française au Caire, t. IV, Paris, pp. 521-608.

7° Une version arabe publiée et traduite par M. Amélineau dans les Annales du Musée Guimet, Ibid., pp. 337 à 712. M. P. Ladeuze a démontré que le copte provient hors peut-être quelques récits - du grec des Acta et que l'arabe est une compilation récente de toutes provenances'. Rappelons seulement que le compilateur arabe a traduit (pp. 605 à 639) les Ascetica qui ne figuraient pas auparavant dans son œuvre; il est remarquable qu'il suit non pas l'ordre des Paralipomena, mais celui de ADS. Voici la concordance: arabe 605-608(= A, 17-19 P, 5-6); 608 (= A, 20-21 = = P, 13); 608-611 (= A, 24-26 P, 15-16); 611-613 (= A, 27 P, 7); 613-620 (= A, 28-31 = P, 17-19); 620-625 (= A, 33-35 = P, 21-23); 625-633 (= A, 39-51 33); 633-635 (= A, 52 = P, 12); 635-639 (= A, 66-68 P, 34-36). De plus 643-652 (= A, 69-71, manque dans P). Ainsi les nos 7 et 12 de P sont placés dans l'arabe au même endroit que dans ADS.

= =

=

P, 24

381-382); 9-11

439-440); 53 420-424); 59a

Les autres paragraphes des Ascetica figurent auparavant dans l'arabe et c'est sans doute pour cela que certains ont été supprimés ici. Ainsi AD 3 3 à 5 (= arabe 366-369); 6 (= 379-380); 7 (= 376-379); 8 (= 430-432); 12 à 16 (= 518-533); 22-23 (= 366); 36-38 400-402); 54 à 56" (= 575-578); 57 (= 409-410); 58 ( 603); 59b (= 424-425); 61 (= 434); 62 (= 411-412); 63 (= 569-570); 64 572-573); 65" (= 446-448); 65b (= 441-442); 69-71 (= 441-442); 69-71 (= 643-652). Nous n'avons pas trouvé dans l'arabe de passage parallèle aux paragraphes 32, 56, 60 et 72.

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1ο Βίος τοῦ μακαρίου Παχουμίου. Ce texte grec est conservé dans le ms. de Paris du x° siècle n° 881, fol. 222 à 255; il comprend : a) une partie des récits. déjà contenus dans l'histoire lausiaque (2 1 à 8), b) tous les récits des Paralipomena dans une rédaction et un ordre différents (2 9 à 52 et 66 à 68), c) d'autres récits qui se trouvent aussi dans la vie dite métaphrastique et dont le texte grec n'a pas encore été édité (2 53 à 65 et 69 à 73). Nous avons déjà dit que l'ordre des récits du ms. 881 est exactement l'ordre suivi dans la version syriaque, cf. supra I, 5°. Nous allons éditer ci-dessous cette rédaction. Nous la

p. 122 à 176 et 701 à 704. Dans notre traduction nous avons tenu compte des variantes lorsqu'elles correspondaient au texte grec original.

1. Étude sur le cénobitisme Pakhomien pendant le IVe siècle et la première moitié du Ve, 8°, Louvain, 1898.

2. Hors la courte introduction et la longue conclusion. Voir supra, p. 411, note 3, la concordance du texte A avec les Paralipomena.

désignerons par la lettre A. Dans les variantes la lettre A désigne le ms. 881'. 2o Une rédaction provenant du Mont Athos: Les premiers feuillets sont perdus, les suivants sont conservés partie à Chartres (ms. n° 1754) et partie à Paris (ms. suppl. grec 480). La partie conservée ne présente aucune lacune2, le ms. de Paris fait suite immédiate aux feuillets de Chartres 3. C'est à M. l'abbé Clerval, professeur à l'Institut catholique de Paris, que nous devons d'avoir pu collationner le ms. 1754. Nous désignons ce ms. (Chartres-Paris), ainsi que sa rédaction de la Vie de Pacôme, par la lettre D. C'est un ms. palimpseste. D'après M. Omont, le texte sous-jacent est en général du vIII° siècle et la Vie de Pacôme, récrite par-dessus, est du xiv. Cette rédaction commence par les Ascetica du ms. A. C'est la même rédaction et le même ordre depuis le 2 13 ci-dessous jusqu'au 2 49°. A partir du 2 50 ci-dessous, les différences ne tardent pas à s'accentuer; le ms. D présente des omissions, concorde tantôt avec P et tantôt avec les Acta pour suivre enfin franchement jusqu'à la fin (hors en quelques points) la rédaction des Acta (voir Planche 1).

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Nous donnons ci-dessous la collation du ms. D aussi longtemps qu'il renferme le même texte que le nôtre (2 13 à 49; manuscrit 1754 de Chartres, fol. 1 à 24 et ms. suppl. grec 480 de Paris, fol. 1). Nous éditons ensuite le passage intermédiaire (suppl. grec 480, fol. 2 à 14) où D suit tantôt A, tantôt P et tantôt les Acta. Enfin à partir de l'endroit où D offre le même texte que les Acta, nous nous bornons à l'analyser, en indiquant le commencement et la fin de chaque chapitre avec les omissions, additions ou modifications.

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3o Rédaction utilisée par Nicon. Il est regrettable que la première partie du ms. D soit perdue, mais l'étude des citations de la Vie de Pacôme qui sont faites par Nicon au x1° siècle nous a conduit à conclure qu'il utilisait la rédaction du ms. D et que cette rédaction devait porter, avant les Ascetica, la première partie de la Vie des Acta.

Nous avons étudié la collection de Nicon dans le ms. 37 du fonds Coislin et avons trouvé que cet auteur, sous le titre uniforme de éx tòv ßiòv (sic) toữ

1. Sur le ms. 881, cf. infra p. 421.

2. Les feuillets du ms. de Chartres ont été intervertis par le relieur et doivent être lus 9 à 24, puis 1 à 8.

3. Cf. infra § 47, p. 474 Le passage d'un ms. à l'autre se fait au milieu d'un mot : Stá est dans le ms. de Chartres et pas dans le ms. de Paris.

4. Nous donnons plus loin l'analyse des mss. palimpsestes de Chartres nos 1753 et 1754.

5. Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale, t. III. 6. D omet seulement la fin du § 31 et le § 32 (cf. infra, p. 452, aux variantes). Ce ms. présente aussi quelques additions manifestes; sa rédaction est donc postérieure à A (cf. § 15, 16, 18).

7. Nicon, moine du Sinaï, aurait vécu sous Constantin Ducas (1059-1067). Cf. KRUMBACHER, Byz. Litt., deuxième édition, p. 155.

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άyíou Tax@piou, cite au fol. 84 v°, Acta, 69 à 70; au fol. 92 ro, A, 28 (cf. infra, p. 447); au fol. 196 v°, D fol. 23 v° (cf. infra, p. 510); au fol. 218 v°, Acta, 5, 43, 55; au fol. 228, A, 51; au fol. 244 v°, Acta, 4; au fol. 319, A, 2 (cf. infra, p. 425), puis D fol. 23 ro (cf. infra, p. 509). Tous ces passages se trouvent dans le ms. D'. De plus les récits de D fol. 23 v° et 23 ro (ange du mercredi et visite de Macaire) ne se trouvent que dans la Vie du ms. D. C'est donc cette compilation qui a été utilisée par Nicon. Or comme celui-ci cite encore une partie de la règle de Pacôme (A, 2) et les numéros 4 et 5 de la rédaction des Acta (et non de la rédaction métaphrastique), nous pouvons en conclure avec bien des probabilités que la rédaction D renfermait d'abord la première partie des Acta. puis le commencement du texte A ci-dessous.

4° Nous avons écrit que la rédaction dite métaphrastique est encore inédite (cf. supra I, 2o). Nous en avons déjà transcrit ou collationné cinq manuscrits et en ferons l'objet d'une prochaine publication. Nous avons collationné aussi les très nombreuses citations de cette rédaction qui figurent dans le recueil de Paul le moine ou Paul Euergétinos (E) (+ 1054)3.

La Vie métaphrastique se compose de deux parties bien distinctes; la première, 274 à 134 (SURIUS, chap. I à XLIII; DENYS, chap. 1 à XXXVII), est plutôt une Vie de Pacôme, tandis que la seconde, 2 135 à 205 (SURIUS, ch. XLIV à Xc; DENYS, ch. XXXVIII à LIV), est plutôt l'histoire des moines de Pacôme, ou mieux encore n'est qu'une collection d'Ascetica. Le ms. 881 du fol. 255 au fol. 278 vo ne renferme que la première partie; le scribe renvoie ensuite à la Vie A qui est écrite auparavant (ms. 881, fol. 222 à 255). Cette première partie aussi (chap. 1 à XLIII) a été seule utilisée par le rédacteur des Acta. Par contre la seconde partie se retrouve plus ou moins complète à l'exclusion de la première, dans A et dans tous les recueils d'Ascetica.

Il est à noter encore que le dernier chapitre de Surius (ch. xc), qui semble un hors-d'œuvre dans la Vie métaphrastique, ne se trouve pas en effet dans le ms. Bet a donc chance de n'avoir pas appartenu dès l'origine à cette rédaction.

1. Hors Acta 3, 4 et A, 2 qui ne pouvaient trouver place que dans la partie perdue du ms. D.

2. Nous avons aussi comparé Nicon, fol. 219 ro, avec D, fol. 10 v°, et Acta, fin de 55, et avons trouvé dans Nicon plusieurs des petites particularités propres à D.

3. Dans cette édition, nous citons ce recueil d'après le ms. de Paris no 856, mais, pour l'édition de la Vie métaphrastique, nous disposerons, grâce au R. P. S. Vailhé, de l'édition publiée à Athènes en 1901 : Συναγωγὴ τῶν θεοφθόγγων ῥημάτων καὶ διδασκαλίων.... παρὰ Παύλου τοῦ ὁσιωτάτου μοναχού... τοῦ εὐεργετίνου ἐπικαλουμένου.... νῦν δὲ τρίτον ἐκδίδοται ἰδίαις δαπάναις ὑπὸ 'AVT. ET. Tεopyíou. Sur Paul, voir Échos d'Orient, nov. 1906, p. 366-373.

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